- Speaker #0
vidéaste, réalisateur, écrivain, éducateur, notre invité du mardi, Tanguy Louvel.
- Speaker #1
L'invité du mardi, Jean-Christophe Rieu. Chaque semaine, nous partons à la rencontre d'une personnalité qui nous raconte son parcours, ce qu'elle aime, ce qu'elle vit. Témoignages, partages, rires, émotions. Voici l'invité du mardi.
- Speaker #0
Et comme promis aujourd'hui, nous sommes avec... Tanguy Louvel. Tanguy, bonjour.
- Speaker #2
Bonjour Jean-Claesof.
- Speaker #0
On va faire connaissance avec vous. On a une demi-heure pour cela. Une demi-heure, ce n'est pas assez, je pense. On fera peut-être en deux fois, parce qu'il y a une grosse actualité avec votre dernier livre qui vient de sortir.
- Speaker #2
Manifeste pour une autre jeunesse, oui.
- Speaker #0
Et ça, on en parlera dans un deuxième épisode, si vous le voulez bien, parce qu'on a quand même beaucoup de choses à dire.
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #0
Nous sommes ici, Place du Commerce à Nantes, à la croisée des trams, à la croisée des chemins, on pourrait dire. Justement, votre chemin, il est riche depuis 1977.
- Speaker #2
Voilà, date de ma naissance.
- Speaker #0
Dans le Finistère, où vous étiez tout d'abord enseignant-éducateur, principalement en collège, je crois. C'était une vocation ça, enseignant-éducateur, ou c'était un concours de circonstances ?
- Speaker #2
C'est un concours de circonstances. En fait, j'ai découvert l'éducation grâce au scoutisme. Donc j'ai été scout assez tard, j'ai commencé comme assistant chef scout. dans une troupe à Landerneau. Et puis c'est là que j'ai été interpellé par une amie qui était guide elle-même à Brest et qui me dit, ce serait mon père est chef d'établissement, il cherche un cadre d'éducation pour son collège, est-ce que tu ne veux pas présenter ta candidature ? Et c'est comme ça que je suis arrivé comme CPE dans un collège à Guipava, à côté de Brest. Et j'ai suivi en même temps ma licence en sciences de l'éducation et une qualification de cadre d'éducation. Et j'ai passé trois années passionnantes. dans un collège et ensuite j'ai continué et mon aventure m'a conduit à Derval où j'ai passé 12 années en tant qu'enseignant et maître d'internat.
- Speaker #0
Donc c'était un choix de vie, c'était quand même une vocation, une orientation de vie qui était désirée et plus ou moins sur le moyen ou le long terme je suppose.
- Speaker #2
Oui alors c'est vrai que je ne l'ai pas formulé comme ça quand j'étais... Au départ quand j'étais étudiant je faisais de l'administration économique et sociale et Je m'étais dit que je ferais de la logistique ou de l'humanitaire, quelque chose qui m'inviterait au voyage. Finalement, c'est vrai que chemin faisant, c'est comme ça que je suis arrivé dans le monde de l'éducation, que j'y ai pris vraiment goût et je me suis passionné pour ce métier. J'ai commencé à me former évidemment et j'ai aussi beaucoup écouté les témoignages de mon chef d'établissement, des enseignants plus âgés que moi qui avaient quelque chose à m'apporter. Et donc c'est comme ça que je me suis formé aussi.
- Speaker #0
Alors, vous êtes toujours dans l'enseignement en tant qu'éducateur-enseignant, toujours actuellement à Nantes, mais il y avait également et il y a toujours une autre passion dans votre vie, qui est le cinéma. Je vous ai présenté comme, on va dire, multimédia, homme multimédia, c'est comme ça qu'on m'a présenté à vous au début. On m'a dit, tu vas rencontrer quelqu'un qui est incroyable, il a fait des films, des documentaires, il est vidéaste, il est réalisateur de cinéma. Je vous ai présenté comme homme multimédia, donc le cinéma c'était quand même une passion qui remonte, elle y a plusieurs années.
- Speaker #2
Alors j'ai toujours aimé effectivement le cinéma, alors d'abord le cinéma de fiction, je regardais beaucoup de films quand j'étais plus jeune, mais c'est aussi quelque chose qui m'est venu par l'éducation justement, je voulais trouver un moyen qui passionne mes élèves. Et c'est comme ça que... Alors avec mon épouse, qui travaillait aussi à Derval au collège Saint-Donatien, nous nous occupions de la troupe de théâtre. Et c'était une institution dans l'institution. Et donc c'était un club qui était très exigeant parce qu'on préparait pendant toute une année une pièce de théâtre avec nos élèves. Et c'est comme ça qu'une année, quand nous avons attendu notre premier enfant, notre fils aîné, il n'était plus possible de mener cette... troupe de théâtre, donc je me suis dit, innocemment, je vais faire un film, ce sera plus simple. Faire un film ? Voilà, j'ai écrit un scénario pendant les vacances d'été, et en septembre, j'arrive avec mon projet de réaliser un film. C'était un film qui devait être assez long, parce que j'avais plus de 80 pages de scénario écrite, et puis l'équipe éducative tout de suite s'est enthousiasmée pour le projet, les élèves tout autant, et c'est comme ça qu'on a vécu cette année 2009-2010 avec ce projet tout au cours de l'année. Donc j'ai recruté une équipe technique. pour des élèves qui étaient formés à comment manier la caméra, la perche avec le son, les projecteurs, enfin vraiment. On avait une équipe technique. Ensuite, on a recruté avec un casting des comédiens et ensuite des figurants. Et puis finalement, tout le monde a contribué d'une manière ou d'une autre à la réalisation de ce film qui s'appelle Les Aventuriers de Sainte-Dôme. et qui est sorti donc au mois de juin 2010 quand à la fin d'année on l'a présenté alors on avait deux projections avec plus de 500 personnes c'était assez enthousiasmant et puis ce film fait 62 minutes donc c'est un long métrage c'est un long métrage c'était le premier
- Speaker #0
vrai film il y a eu des difficultés je pense, ça s'appelle non plus... là ça paraît très simple, on vous entend, je suis persuadé que ça n'était pas tant que ça Non,
- Speaker #2
il y a évidemment des contraintes techniques. Et puis ensuite... quand on se trouve confronté à de jeunes élèves, il y a un moment la motivation qui retombe. Donc voilà, il y a eu évidemment plein de défis à relever. Mais ce qui était enthousiasmant, c'est que ce projet, finalement, je n'étais pas seul à le porter. Et ce qui m'a fait prendre conscience qu'un film ne se réalise jamais seul. Et donc, c'est comme ça qu'en s'appuyant les uns sur les autres, on a réussi à aboutir à ce film en fin d'année. Et aujourd'hui encore, je croise des élèves régulièrement, des anciens élèves qui ont maintenant la trentaine et qui me rappellent cette période. de période.
- Speaker #0
C'est une super expérience ça c'est clair, vous étiez néophyte dans le cinéma à l'époque vous aviez des relations, des connaissances dans le monde du cinéma ?
- Speaker #2
J'avais un ami qui était pas très loin, qui habitait pas très loin chez nous, qui lui avait créé une web tv et il faisait du reportage vidéo et il était passionné de cinéma et donc il avait une culture cinématographique très importante et il est venu nous aider sur le tournage et donc j'ai pu bénéficier là aussi de son expérience et de son... Et c'est connaissant. Et donc, on a vraiment appris ensemble à réaliser un film, à la fois les élèves et moi.
- Speaker #0
Comment vous faisiez pour le matériel ? C'était du matériel professionnel, semi-professionnel, amateur ?
- Speaker #2
J'ai acheté ma première caméra professionnelle à cette occasion. C'était une Panasonic, une grosse caméra d'épaule. Alors, c'était une caméra... Donc, voilà, c'était ma première caméra. Donc, je l'ai encore. Elle ne me sert plus. Parce qu'évidemment, c'était du... C'était du HD, ce n'était pas encore du 4K. Donc on a investi dans du matériel. Et finalement, ce matériel m'a ensuite servi encore à d'autres occasions, puisque j'ai continué à faire du film. J'ai fait un deuxième long métrage de fiction, avec cette fois l'association des guides et scouts d'Europe, en 2011-2014. Le projet a commencé en 2011, et puis le film est sorti en 2014. Lui est passé à la télévision, il a été diffusé sur la chaîne KTO.
- Speaker #0
On va en reparler. On reste sur le premier projet. Donc on trouve du matériel professionnel que vous achetez. Il y a déjà un investissement. Ensuite, il faut faire le montage.
- Speaker #2
Oui, et là aussi, j'ai appris sur le tas à faire tout seul. J'avais toujours cette amie qui était là, qui m'a effectivement donné des conseils pour le montage. Je lui ai fait voir l'ours. Donc évidemment, il m'a commenté. Il m'a dit ça, c'est trop long. Ça, c'est très bien. Ça, c'est pas là. Donc j'ai... En fait, quand on veut apprendre, il faut savoir écouter d'abord, savoir demander conseil et savoir accepter les remarques que nous font ceux qui sont un peu plus experts que nous.
- Speaker #0
Donc il vous guide, vous réussissez à faire le premier film. La distribution, ça se passe comment ?
- Speaker #2
Alors c'est un film qui n'a pas été distribué. C'était interne à l'établissement ? Oui, interne à l'établissement. On a fait des projections publiques au sein de l'établissement. Ensuite, aujourd'hui, on peut le visionner sur ma chaîne YouTube. Mais voilà, c'est un film qui est resté, comment dire, pour nous.
- Speaker #0
Interne à l'établissement. Disponible maintenant forcément sur Internet. On donne le titre. Vous voulez aller le voir sur Internet, sur YouTube, vous tapez ?
- Speaker #2
Les Aventuriers de Sindo.
- Speaker #0
Les Aventuriers de Sindo. Je pense que quand on arrive, quand on est néophyte, on arrive à faire comme ça un premier film. En plus, ça fonctionne. On a envie d'en faire un deuxième.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #0
C'est ce qui s'est passé.
- Speaker #2
C'est ce qui s'est passé. Alors l'année suivante, j'ai été contacté par l'association des guides et scouts d'Europe. Donc j'avais été moi-même scout, donc j'avais quelques relations. Et à ce moment-là, ils s'apprêtaient déjà à réfléchir à comment célébrer les 100 ans de la guerre de 14-18 et les 20 ans de ce qu'on appelle la route chantante, qui est un camp d'été qui rassemble des guides et des scouts âgés, enfin plus âgés, disons des routiers. et qui participent pendant tout un camp à prendre à des chants et à interpréter des veillées publiques dans les villages. Et donc on vient me voir, on me dit on voudrait faire un film, on a vu que tu en avais fait un, et on voudrait en faire un aussi pour les routiers, c'est comme ça que... J'ai visité avec eux un site qui s'appelle Confrécourt. Ça se trouve dans l'Aisne, à côté de Vic-sur-Aisne. Et c'était un lieu sur lequel se trouvait la ligne de front de 14-18. C'est un lieu de calcaire. Il y a des grandes carrières de calcaire creusées dans la pierre. Et à l'intérieur desquelles, les soldats de 14-18 étaient stationnés. Et finalement, ils ont sculpté ou dessiné sur toutes les parois de ces calcaires. carrière et aujourd'hui quand on visite ces carrières et ben on se trouve au milieu des poilus dans cette ambiance dans dans cette dans ces lieux incroyables et et puis on me dit ben voilà on voudrait que ce film soit dans ce lieu là et donc on a pris appui sur ce lieu pour créer cette aventure qui s'appelle le secret de confrécourt que vous trouverez aussi sur sur youtube et qui lui donc est un film de 71 minutes Donc qui a demandé tout autant d'implication parce qu'en 2011, Noël 2011, je visite le site. J'écris le scénario jusqu'en août 2012. 2012-2013, on commence le tournage. Donc là pareil, on recrute une équipe technique de routiers, de guides. On recrute des acteurs, pareil. Et on commence à travailler. et sur trois... Trois camps qui se sont déroulés entre 2010 et 2013. On a fait le tournage de ce film qui aujourd'hui est un film long métrage aussi.
- Speaker #0
Long métrage que nous pouvons trouver sur internet. Qui est un film documentaire ou une fiction ?
- Speaker #2
C'est un film de fiction. C'est une véritable histoire inventée. Donc on est parti d'un camp de routiers et de guides qui se trouvent dans ce lieu. Et qui trouvent des lettres de poilus. et ces lettres de poilus leur permettent de relier la petite histoire à la grande histoire Parallèlement à ça,
- Speaker #0
vous étiez encore enseignant
- Speaker #2
Oui, je continuais à enseigner à Saint-Donatien à Derval
- Speaker #0
Mais là vous vous dites créer, je dis bien le mot créer créer un film, c'est possible de A à Z, c'est-à-dire on cherche l'histoire, on écrit le scénario on trouve les moyens techniques les acteurs ont le film, on fait le montage et on assure la... La diffusion interne, mais la diffusion quand même, ou maintenant sur internet. On se dit c'est possible.
- Speaker #2
C'est possible, pas tout seul, mais c'est possible. Parce que j'ai évidemment, donc cette histoire je l'ai écrite, après je l'ai réalisée, mais j'avais avec moi évidemment des jeunes qui étaient tout aussi passionnés que moi de cinéma, certains qui faisaient des études de cinéma, donc qui avaient une expérience et des compétences à apporter, et voilà, donc on était vraiment nombreux à la réalisation de ce film.
- Speaker #0
Quelle a été la principale difficulté ?
- Speaker #2
La principale difficulté c'était de manager tout ce monde-là, parce qu'au total, au générique, on avait à peu près 200 personnes. On avait même pris le parti de créer carrément la bande-son. Il y avait un orchestre national des guides et scouts d'Europe qui était venu... enregistrer à Derval la musique, la bande originale du film. La musique, on l'avait créée parce que j'avais un petit air qui me trottait dans la tête et donc je le chante à Jean-Luc qui était le porteur de projet, qui lui-même était musicien et artiste, enfin qui compose la musique. Et donc à partir de là, il a créé toute une bande son qui à la fois est originale et en même temps qui reprend évidemment des... Des chants scouts et autres qu'on avait envie de mettre dans le film. Et donc, on a eu cet orchestre, ce chœur qui est venu enregistrer le film, la bande originale. Et ensuite, évidemment, tous ces temps de tournage qui n'étaient pas forcément évidents parce que c'était tous des amateurs de bonne volonté, mais à qui il a fallu coordonner, à qui il a fallu apprendre aussi à jouer et à faire ce qu'on attendait d'eux.
- Speaker #0
Et alors... Quand le film est diffusé, il est diffusé en interne ?
- Speaker #2
Alors effectivement, ce film-là, on a commencé à le diffuser en cinéma. C'est-à-dire que j'ai pris contact avec des cinémas et je suis allé le présenter un peu partout en France, dans des cinémas où évidemment on avait essentiellement un public scout, guide, donc de famille et autres. Et puis ensuite, Cateo a racheté les droits de diffusion de ce film et a diffusé le film pendant 3-4 ans, pendant toutes les années du centenaire de la guerre 14-18.
- Speaker #0
En télévision donc sur leur chaîne KTO. Quand le film sort au cinéma, Tanguy Louvel, qu'est-ce que vous vous dites ? Je suppose qu'il y a un tournant de vie quand même qui est en train de s'opérer. Est-ce que je reste dans l'éducation où je suis en tant qu'enseignant éducateur ou est-ce que je me donne à fond dans le cinéma professionnel ?
- Speaker #2
J'ai effectivement posé la question et avec mon épouse on y a longtemps réfléchi de savoir si je me consacrais complètement à la réalisation de films. Et à l'époque, je n'avais pas encore essayé de réaliser un film documentaire. Parce que, comment dire, le film de fiction, réaliser un film de fiction, c'est quand même ambitieux. Et je ne suis pas attaqué à la réalisation par la petite porte. J'ai déjà pris la grande porte dès le début. Donc il a fallu se dire aussi, est-ce que le film de fiction est une possibilité ou non ? Et c'est vrai que... Vouloir devenir réalisateur de films de fiction, c'est pas forcément évident quand on veut commencer. Et puis en même temps, j'arrivais à un moment un peu de lassitude dans mon métier d'enseignant. Il y avait une énième réforme de l'éducation nationale qui arrivait, qui m'a particulièrement agacé. Et donc je me suis dit, bon, je vais prendre une année sabbatique, là on est en 2016. Donc en 2016, je prends une année sabbatique. Et je me lance dans un projet d'écriture de film, de documentaire. Alors là, j'écris un sujet autour d'une abbaye qui s'appelle l'abbaye de Melleray. Et donc, c'était une abbaye cistercienne pendant 800 ans. En Loire-Atlantique. En Loire-Atlantique, tout à fait. Et les moines qui étaient présents arrivaient et devenaient âgés. Ils n'étaient plus suffisamment nombreux pour... s'occuper de cette abbaye et ils ont confié leur abbaye, ils ont donné leur abbaye à la communauté du Chemin Neuf. Et je me suis dit, il y a quelque chose à filmer parce que c'est quand même un moment important à la fois pour cette abbaye, mais aussi pour l'histoire de l'église. Et donc je me suis dit, je vais écrire ce sujet. Et j'ai proposé ce sujet à la chaîne KTO. Parce que vous aviez le lien,
- Speaker #0
vu qu'ils avaient diffusé le deuxième film.
- Speaker #2
Tout à fait, j'avais créé des liens et on avait continué à... à correspondre. Donc ils me disent qu'ils sont intéressés par ce film. Mais ils me disent, il faut maintenant trouver un producteur pour le film. Donc décembre 2016, j'avais envoyé mon dossier à... Je ne sais pas, j'ai dû envoyer mon dossier de film documentaire à plus d'une trentaine de producteurs, à la fois sur Paris, sur Nantes, sur Rennes. Et je n'avais pas de réponse, ça faisait déjà un mois que j'avais envoyé mon dossier. Et puis j'étais en vacances de Noël 2016, juste avant de partir en vacances chez mes parents, donc de vacances de Noël, avec la famille. Et puis j'ai un appel téléphonique et c'était un producteur à Rennes qui me dit « j'ai lu votre dossier et c'est un dossier qui m'intéresse, où est-ce que vous en êtes ? » Et je dis « je suis à la recherche d'un producteur » . Il me dit « bon ben c'est bon, je produis votre film » . Au téléphone ? Au téléphone.
- Speaker #0
Premier rendez-vous téléphonique ?
- Speaker #2
Et puis c'est comme ça que j'ai fait la reconnaissance de Franck et Marie-Laurence Dolonnet, qui étaient un couple de producteurs. Ils avaient fondé Candela Productions, qui était une société de production sur Rennes. Ils produisaient beaucoup de films, notamment pour Télé-Rennes. Et c'est comme ça que j'ai commencé une belle collaboration avec eux, puisqu'ensuite ils ont produit trois autres de mes films. Et donc, on a... Commencez à travailler ensemble la réécriture du projet et à partir de juillet 2014 j'ai tourné le film. Alors j'étais pas tout seul, j'étais avec Emmanuel Massou qui est...
- Speaker #0
Juste avant de parler au tournage du film, on va y revenir tout de suite. Une question que je me pose, vous avez déjà écrit, tourné deux films, on en est au troisième. Vous avez l'idée générale, donc l'abbaye de Melleray, on rappelle, les moines cisterciens s'en vont, une nouvelle communauté arrive, le chemin neuf, on va filmer la transition. Vous trouvez un... producteur, le film passera sur KTO, ce qui est un accord est-ce que le producteur vous impose des choses, entre guillemets, qui vous plaisent pas, ou il faut tout refaire ou est-ce que vous suivez ?
- Speaker #2
Ce qui est intéressant, Franck est à la fois un documentariste c'est-à-dire qu'il a lui-même réalisé du documentaire et Marie-Laurence, son épouse aussi et ils en produisent donc il a un regard très... très télévisuel c'est à dire qu'il sait ce qui fonctionne le rythme qu'il faut donner il sait ce qu'il faut apporter les ingrédients qu'il faut apporter dans un film pour le rendre intéressant il me laisse carte blanche pour écrire mais en me conseillant sur ce qu'il faut justement les éléments les entretiens qu'il faut trouver pour pouvoir avoir les éléments pour donner un bon film documentaire donc en fait il m'apprenne à faire un film documentaire là encore j'ai appris Merci.
- Speaker #0
On passe de la fiction au documentaire grâce à ce producteur qui vous guide, qui vous aide. Le tournage a été comment ? Simple ou difficile ?
- Speaker #2
Très simple. Avec vous, tout est simple. Je ne sais pas si... Avec vous, tout est simple. Peut-être que c'est aussi une manière de voir les choses. Il y a évidemment des complications parce que, si, je me souviens, on avait prévu un historien qui devait venir apporter tout le côté historique de l'abbaye. Le jour du tournage arrive et ne veut plus du tout répondre aux questions parce que ça ne l'intéressait plus ou je ne sais plus les raisons qu'il m'a données. C'est pas grave. En fait, j'ai appris notamment par le scoutisme à m'adapter à toute situation et qu'il n'y a pas de problème, il y a juste des solutions à trouver. Donc je pense que c'est une philosophie de vie. de voir les choses toujours d'une manière positive et de positiver ce qui nous arrive. Non, effectivement, il n'y a pas eu de difficultés majeures. J'avais avec moi un chef opérateur, un cadreur, Emmanuel Massou, qui lui est un réalisateur de documentaires et d'émissions de télé qui pendant une quinzaine d'années avait réalisé un magazine sur TVRN. Il avait une belle expérience de l'image qu'il m'a apportée sur son tournage. Et puis, on avait un jeune opérateur son qui était étudiant en école de cinéma et qui voulait une expérience de prise de son. Donc, on était à trois. On a eu un temps magnifique. Et puis, le film est sorti en décembre 2017 dans les pas des moines. Mon premier film documentaire.
- Speaker #0
Notre invité du mardi, Tanguy Louvel, réalisateur de cinéma, enseignant, éducateur avec lui. On parle de sa carrière et on parle du cinéma qui a pris une place de plus en plus importante. Le troisième film, donc, dans les pas des moines, sort. Il est diffusé en télévision, donc sur KTO. C'est un peu la consécration là aussi.
- Speaker #2
C'est vrai qu'il y a une fierté, évidemment, de voir ces films diffusés à la télévision, à l'écran. Et puis, évidemment, de pouvoir apporter aussi une vision. Parce que quand on présente un film documentaire, on présente sa vision du monde et sa compréhension des choses. Et bien voilà, c'est quelque part, c'est effectivement, on a une fierté de pouvoir présenter un film documentaire à un public et surtout d'accueillir l'accueil du public, c'est toujours une belle chose.
- Speaker #0
Là vous êtes toujours enseignant dans l'éducation nationale ?
- Speaker #2
Alors je termine cette année sabbatique en août 2017. Et là, pendant le tournage, je suis contacté par une orthopédagogue à Rennes. qui avait entendu parler de moi et de mon expérience et qui me dit qu'elle cherchait un enseignant de second degré pour créer un établissement à Rennes, hors contrat, pour un projet éducatif autour des intelligences multiples. Et c'est comme ça qu'en septembre 2017, je rejoins une équipe et on crée un établissement qui s'appelle Holy School avec ce projet un peu fou de créer cette école hors contrat. au coeur de Rennes.
- Speaker #0
Donc que vous avez créé ?
- Speaker #2
Là encore on était plusieurs.
- Speaker #0
Vous étiez plusieurs.
- Speaker #2
On crée une cette école, école primaire et collège à Rennes, avec ce projet pédagogique autour des intelligences multiples.
- Speaker #0
Mais entre la carrière cinématographique et la carrière d'enseignant, il y a quand même un lien, c'est la transmission.
- Speaker #2
Exactement. J'ai un peu un leitmotiv ou une maxime. Pour moi, éduquer et réaliser, c'est révéler le beau. C'est vraiment cet objectif, c'est de toujours éveiller ce qui est beau chez chacun. Les élèves que je peux accompagner, mais de ce que je peux montrer dans un film aussi.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez poursuivi avec le cinéma et de quelle manière ?
- Speaker #2
Alors, j'ai dirigé l'établissement Holy School à Rennes pendant 4 ans, de 2017 à 2021. Et en 2021, là encore, il y avait un projet. C'est un projet de loi qui m'avait... Alors avec mon épouse, on avait fait le choix pour nos enfants de faire l'instruction en famille. Donc mon épouse Thérèse a éduqué plutôt... instruit nos enfants à domicile, à la maison, depuis leur plus jeune âge. Et en 2021, il y avait ce projet de loi d'interdiction de l'école à la maison. Et donc, c'était pour nous un choix de vie qui était remis en cause et pour lequel on s'était dit, soit on accepte et donc on met nos enfants à l'école, soit on veut conserver cette liberté et dans ces cas-là, il faut être prêt à partir, prêt à partir à l'étranger peut-être pour pouvoir continuer ce projet. Donc, fin d'année scolaire 2020-2021, on était au mois de mars-avril quand ces projets de loi étaient vraiment discutés. J'annonce à l'équipe d'Holiscol, au conseil d'administration, je leur dis, écoutez, il va falloir que je songe peut-être à partir à l'étranger pour pouvoir continuer notre choix de vie, parce que pour nous, c'était un vrai choix de vie. Donc, je pense qu'il vaut mieux que je passe la main. Et c'est comme ça qu'en septembre, en juin 2021, j'ai passé la main à ma collègue avec qui j'avais créé l'établissement. Donc elle a repris complètement la direction de l'établissement. Et je me suis retrouvé libre en septembre 2021. On attendait un peu de voir comment cette loi allait être mise en application. On a continué à obtenir l'autorisation de pouvoir continuer l'école à la maison pour nos enfants. Donc on est resté finalement là où nous habitons. Et donc je me suis remis à faire du film. Et c'est comme ça que j'ai fait, pendant entre septembre 2021 et juin 2023, j'ai fait trois films documentaires.
- Speaker #0
Ah oui, depuis trois films documentaires ?
- Speaker #2
En deux ans, oui.
- Speaker #0
On peut les citer ?
- Speaker #2
D'accord, oui tout à fait. Donc Léontine d'Olivet, comme le bon Dieu voudra, ça c'est un film qu'on a réalisé, ce qu'on appelle un docu-fiction, donc qui mêle à la fois l'aspect documentaire, avec des entretiens et des témoignages, et en même temps des scènes de reconstitution. de la vie de Léontine de Livet qui est une dame qui a vécu à Béton au nord de Rennes et qui a consacré sa vie à la catéchèse des garçons et aujourd'hui il y a un procès en béatification qui est ouvert et donc ce film était là un peu pour présenter la vie de cette dame qui a enseigné à beaucoup d'hommes de jeunes hommes, des garçons de son village qui aujourd'hui sont de vieux messieurs pour beaucoup et qui nous ont donné des témoignages vraiment bouleversants Merci. Après ce film-là, il y a eu un autre film que j'ai réalisé en suivant en octobre 2022 des jeunes routiers en pèlerinage, qui s'appelle donc Une Autre Jeunesse, et ce film documentaire-là aussi était diffusé sur KTO. Et un troisième film qui s'appelle Marcel Callot, Une Empreinte Indélébile, qui raconte là aussi avec la docu-fiction la vie de Marcel Callot, qui est un jeune qui est parti au STO en 1942. et qui est mort en camp de concentration à Gusen-Mauthausen en 1945.
- Speaker #0
Quand on réalise tous ces films, là vous en êtes au sixième je crois, sixième ou septième ?
- Speaker #2
Quatre films documentaires et deux films de fiction, oui.
- Speaker #0
Voilà, là on se dit qu'on va vraiment rester dans le cinéma, qu'on va vraiment faire carrière dans le cinéma, qui sera peut-être à se rapprocher de Paris, non ? Des décideurs ?
- Speaker #2
Non, parce qu'en fait, je comprends assez vite que le... Vivre de ce métier, c'est quand même compliqué. D'abord, pour pouvoir en vivre, il faut obtenir le statut d'intermittent du spectacle pour pouvoir concilier à la fois des jours de cachet, des jours de rémunération et des jours de vacances. Vacances vacarées,
- Speaker #0
on ne travaille pas.
- Speaker #2
mais bon Pour moi, ça paraît compliqué. Et effectivement, si on n'habite pas Paris, si on n'est pas auprès de ces gens-là qui décident, on n'est pas forcément dans les bons circuits. Et comme je n'ai pas envie d'aller vivre à Paris, et donc plutôt de rester vivre dans notre belle province, je comprends assez vite que ce ne sera pas pour moi une manière de vivre. En tout cas, je ne réaliserai pas pour en vivre. Je réaliserai des films... que par passion.
- Speaker #0
Que par passion, ça c'est parfait. Tanguy Louvel, notre invité du mardi, nous parlons cinéma avec vous, nous parlons de votre vie, donc également enseignant, éducateur en Loire-Atlantique. Le cinéma, on le garde quand même dans un coin de la tête au cas où il y ait une opportunité, parce que vous gardez des liens avec le fameux producteur à Rennes, dans les Pas des Moines, et puis avec KTO, qui était le principal diffuseur.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. J'ai encore d'autres projets de films. Je présente régulièrement des projets à Cateo. Ceux-ci ne sont pas forcément toujours acceptés. Là, j'ai présenté notamment un film sur la suite de Marcel Callot. En décembre dernier, il y a 50 martyrs du STO qui ont été béatifiés par l'Église catholique. Et l'idée que je portais, que je présentais à Kateo, était de pouvoir présenter soit une série de fiction, une série plutôt documentaire de films qui présentent ces martyrs, soit un film générique de 52 minutes pour pouvoir avoir une approche documentaire sur ces martyrs. Bon, le projet n'a pas encore abouti. Et puis je porte un autre projet de film sur, cette fois, un autre domaine qui est la réserve militaire. que je connais par ailleurs et qui est en cours de discussion avec des chaînes de télévision pour pouvoir être produit donc peut-être un jour ce film pourra-t-il être réalisé.
- Speaker #0
C'est un projet qui est avancé ? Qui avance encore un petit peu ?
- Speaker #2
Tout à fait, le dossier est écrit j'ai un autre producteur puisque Franck et Marie-Laurence ont pris leur retraite donc ils ne produisent plus de films actuellement donc j'ai cherché un autre producteur j'en ai un actuellement sur Paris qui... qui a été intéressé par ce projet de film sur la réserve militaire. Et donc, c'est aujourd'hui lui qui a le dossier en main, qui va frapper aux portes des chaînes de télévision pour obtenir un diffuseur.
- Speaker #0
Pour obtenir surtout des subventions, on essaie de trouver le financement, on va dire.
- Speaker #2
Exactement. En fait, de trouver un diffuseur, donc une chaîne de télévision qui diffuse le film, ça ouvre droit ensuite à ce qu'on appelle des... des aides automatiques au Centre National de Cinématographie, le CNC, qui aide au financement des films.
- Speaker #0
Nous avons parlé cinéma avec vous, Tanguy Louvel, enseignant-éducateur, vidéaste, réalisateur-cinéaste. Vous vous adressez au grand public, forcément, avec vos films, et à l'aube de vos 50 ans, vous avez choisi un autre média pour... Parlez justement au grand public, c'est le livre.
- Speaker #2
Oui, alors il y a quand même un point commun entre un livre et un film, c'est qu'on commence toujours par une écriture. Un film, il y a toujours cette partie d'écriture, de scénario pour un film de fiction ou de note d'intention pour un film documentaire. Et finalement, le pas est assez vite passé. Alors moi, j'ai choisi ce qu'on appelle un manifeste, donc un essai sur l'éducation. Alors pourquoi écrire ? Parce que, effectivement, comme vous le dites, j'arrive à 50 ans. J'ai à peu près 25 ans d'expérience éducative. Aujourd'hui, avec l'éloignement de l'âge de la retraite, je me dis que je suis à peu près à la moitié de ma vie professionnelle. Donc je pensais qu'il était intéressant de pouvoir poser sur papier cette expérience, de me poser les questions, de savoir quels ont été les leviers qui m'ont permis de... de réaliser mes missions et pouvoir les partager au plus grand nombre.
- Speaker #0
On rappelle le titre du livre.
- Speaker #2
Manifeste pour une autre jeunesse et c'est paru aux éditions Salvatore.
- Speaker #0
Est-ce que les motivations sont les mêmes quand on écrit un livre et qu'on réalise un film ?
- Speaker #2
Elles sont celles de partager toujours, oui. De transmettre à la fois une expérience mais aussi des... ma vision du monde, donc oui, c'est le même parti pris, de révéler le beau, toujours, et par contre le média est différent, et autant un film, je pense qu'il peut être vu par plus de monde, le livre est un média plus difficile visiblement à partager. Le début de cette parution, ça me paraît toujours un peu lent.
- Speaker #0
On a l'impression que le livre, c'est un peu plus personnel aussi.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Là, je suis vraiment dans un partage d'expérience et surtout de ma vie personnelle. Donc, on est beaucoup plus dans... Je partage, oui.
- Speaker #0
Tes convictions aussi. Oui,
- Speaker #2
tout à fait. Beaucoup plus que le film. Tout à fait. Ma manière de comprendre l'éducation, de voir... le monde et de... Oui, c'est ça. C'est une vision personnelle des choses.
- Speaker #0
Le livre, je vous propose qu'on en parle dans un deuxième entretien parce qu'on aura beaucoup de choses à dire. On va « éplucher » le livre du début jusqu'à la fin.
- Speaker #2
Avec joie.
- Speaker #0
Et on va pouvoir en parler et découvrir justement un peu plus sur vous, Tanguy Louvel. Merci beaucoup. Merci beaucoup, Jean-Claude. D'avoir accepté notre invitation d'être l'invité du mardi.
- Speaker #1
L'invité du mardi. A retrouver chaque semaine sur toutes les plateformes de podcasts et réseaux sociaux. Une production, l'autre agence nantaise.