Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans la Bulle Express, le podcast qui débloque une compétence ou un savoir sur la prise de parole en moins de 10 minutes. Moi c'est Jean Corentin, coach et formateur en pitch et prise de parole. Depuis 2020, j'ai accompagné des centaines d'entrepreneurs, de dirigeants et de C-Levels dans la préparation de leurs prises de parole les plus importantes. Et aujourd'hui, on va parler d'un truc qui vous concerne tous et qui pourtant est massacré par 9 personnes sur 10, la vision. Entre-tien d'embauche, rendez-vous client, point d'équipe, comex, formation, démo-produit... Depuis quelques années, la visio est devenue LE format pro par défaut. Et pourtant, la plupart des gens y arrivent comme si c'était un simple coup de fil. Le micro de la webcam, la lumière du plafonnier, l'onglet Amazon ouvert, le regard sur l'écran... Bref... On saigne en silence et on se demande pourquoi le prospect ne signe pas, pourquoi le recruteur ne nous rappelle pas, ou pourquoi l'équipe décroche au bout de 5 minutes. Alors dans cet épisode, je vais vous donner 5 règles concrètes applicables dès votre prochaine visio. Et croyez-moi, la cinquième, presque personne ne l'applique. On commence par le cadre. Et par cadre, je veux dire... tout ce que votre interlocuteur voit derrière vous quand votre vignette s'affiche. Première chose là-dessus, pas de fond virtuel. Je sais, c'est tentant, on croit que ça fait pro, ça cache le bordel derrière. Sauf que le rendu est toujours mauvais. Le contour de la tête baigne un peu, vos cheveux disparaissent quand vous bougez, et ça donne un côté gadget qui décrédibilise tout le reste. Au pire, mettez un fond flouté, l'algorithme s'en sort un peu mieux. Au mieux, mettez un vrai décor. Une bibliothèque, un mur avec 2-3 objets, un cadre. Quelque chose qui dit qu'il y a quelqu'un derrière et que ce quelqu'un a une vie, c'est un être humain. Deuxième chose, évitez le mur blanc. C'est froid, impersonnel, ça donne l'impression que vous appelez depuis une salle d'attente d'hôpital. Troisième chose, la lumière. Idéalement, une lumière face à vous. Jamais dans le dos, sinon vous allez devenir une silhouette complètement sombre. Franchement, une fenêtre devant ou une lampe d'appoint, ça suffit. Pas la peine d'acheter un matos pro, mais juste une lumière bien placée. Et enfin, dernière chose, ça peut paraître une évidence, mais choisissez un lieu calme. Et là, je vais vous raconter une histoire qui m'est arrivée récemment. Il y a deux semaines, des travaux ont commencé dans ma rue. Marteau-piqueur, klaxon, le combo. Alors, je ne vous cache pas que ça m'a un poil énervé parce qu'on avait eu toute une communication pour nous dire que ça commencerait la semaine d'après. Et on n'a pas été prévenu que ça commençait une semaine plus tôt. Donc j'avais pris les mesures qu'il fallait pour ne pas avoir de rendez-vous pendant ce temps-là. Mais du coup, il se trouve que ce jour-là, j'avais trois rendez-vous prévus. Eh bien, je les ai tous reportés. Les trois. Parce que je préfère décaler que faire un rendez-vous où mon client se concentre plus sur le bruit que sur ce que je dis. Pour un coach en prise de parole, c'est quand même compliqué d'expliquer pourquoi il y a du BTP en fond sonore. Donc, règle simple. Si le lieu n'est pas tenable, vous reportez. Il suffit de l'expliquer, personne ne vous en voudra, tout le monde comprendra. Mais ça veut dire aussi qu'il faut prendre les mesures pour que ça arrive le moins possible. Deuxième règle, vérifiez la technique avant l'heure de lancement. Pas à 9h59 pour un rendez-vous à 10h. La veille ou au moins 15 minutes avant. 4 points à checker. Premier point, la connexion. Allez sur speedtest.net Vous lancez le test, ça vous dit en 2 secondes si votre débit tient une visio. Et en cas de doute, vous testez le partage de connexion depuis votre téléphone. Mieux vous découvrir que votre box RAM à 9h45 plutôt qu'à 10h pile devant le DRH. Ensuite le micro, et là je vais être direct, oubliez le micro intégré de votre ordinateur. C'est rarement de bonne qualité, ça capte tout ce qui traîne comme bruit et votre voix sort très métallique. L'idéal, c'est un micro dédié. On en trouve à moins de 100 euros qui durent des années. C'est l'investissement le plus rentable de votre carrière pro si vous faites de la visio toutes les semaines. Et à défaut, prenez le micro intégré à vos écouteurs. C'est déjà 10 fois mieux que le micro de l'ordi. Et d'ailleurs, s'il vous plaît, mettez des écouteurs. Toujours. Ça évite les échos, les larcènes, ça évite que votre interlocuteur s'entende parler avec un délai d'une demi-seconde. Donc sans écouteurs, vous polluez la conversation. Après ça, la webcam. Placez-la à hauteur d'yeux. Si elle est trop basse, on voit vos narines et le plafond. Si elle est trop haute, vous regardez vers le bas, l'air complètement abattu. Une pile de livres sous votre ordinateur, ça suffit largement. Et mettez-la aussi à la bonne distance. On n'a pas besoin d'un gros plan sur votre front. L'idéal, c'est de voir votre buste. Comme ça, on voit à la fois vos mains et votre visage en entier. Et quand vous avez installé tout ça, le petit truc en plus que tout le monde oublie, avant le début de la visio, Vérifiez dans l'application que ce soit bien les bons micros, les écouteurs et la webcam qui sont sélectionnés. Le nombre de fois où je vois un client lancer le rendez-vous avec le micro de la webcam alors qu'il a enfilé son casque, trois clics dans les paramètres et voilà, vous êtes tranquille. Avant de vous donner la troisième règle, si vous êtes encore là, c'est sans doute que le sujet vous intéresse. Donc pensez à vous abonner pour ne pas manquer les prochains épisodes. J'en sors un toutes les semaines. Troisième règle, préparez son bureau. Et là, on touche à un truc que personne ne fait correctement. Quand je parle du bureau, je parle du bureau virtuel, de votre ordinateur. Avant le rendez-vous, vous fermez tout. Vraiment tout. Vous gardez ouvert uniquement ce dont vous avez besoin pour la visio. Votre support de présentation, le PDF à partager, l'onglet du devis et point. Le reste... C'est fermé. Pas juste réduit, etc. Vraiment fermé. Trois raisons à ça. Première raison, vous y retrouvez facilement quand vous partagez l'écran. Au lieu de chercher pendant 30 secondes le bon onglet parmi les 47 ouverts, vous cliquez direct. Deuxième raison, vous libérez de la bande passante pour votre PC. Et à la fois de la bande internet, mais aussi de la mémoire. Parce qu'il y a aussi tous les logiciels qui tournent en arrière-plan sans que vous les voyez. Drive qui synchronise un dossier de 4 Go T. Dropbox qui pousse une vidéo, Spotify qui charge une playlist, les mises à jour automatiques, tout ça, ça mange du débit. Et c'est ce qui fait que votre image se fige au moment où vous prononcez le prix. Troisième raison, et c'est le plus important, vous ne montrez pas ce qu'il ne faut pas montrer. Imaginez, vous partagez votre écran avec un prospect, et au moment où vous présentez votre offre, une notification tombe tout en Ausha droite, mail du concurrent, votre proposition de partenariat. Ou même mieux. Votre conjoint qui vous envoie un message du genre « Est-ce que tu peux penser à passer prendre du PQ ce soir ? » en pleine signature du contrat. Oui, c'est arrivé à plein de gens. Donc on coupe les notifs, on ferme tout ce qui peut surgir, y compris les apps en arrière-plan, et on respire. Quatrième règle, regardez la caméra. Là c'est contre-intuitif, donc accrochez-vous. Quand vous parlez en visio, votre public n'est pas... dans la mosaïque en bas de votre écran. Votre public est derrière la caméra. C'est là et seulement là qu'il reçoit votre regard comme si vous vous adressiez directement à lui. Si vous fixez les vignettes à l'écran pendant que vous parlez, votre interlocuteur a l'impression que vous regardez en dessous, comme si vous parliez à quelqu'un d'autre dans la pièce. Et ça crée une distance immédiate, même si elle est inconsciente. Donc c'est simple, quand vous parlez, vous regardez la caméra. Pas l'écran, pas vos notes, pas votre propre vignette pour vérifier votre coiffure. La caméra, le petit point noir au-dessus de l'écran. C'est lui qui transmet votre regard. Mais attention, je ne vous dis pas de la fixer comme un robot pendant 45 minutes. Quand votre interlocuteur parle, vous pouvez et même vous devez regarder son visage à l'écran. Observer ses réactions, voir s'il fronce les sourcils, s'il sourit, s'il décroche. C'est ce qui vous permet de vous adapter en temps réel. Donc disons... 80% de caméras quand vous parlez et l'œil sur le public quand c'est lui qui s'exprime. Grâce à ça, ils se sentent vus, ils sentent que vous leur parlez à eux, ça change tout. Et on arrive à la cinquième règle, celle que personne n'applique, mettez 10 fois plus d'énergie. Je m'explique. La visio, ça écrase tout. Et quand je dis tout, c'est vraiment tout. La caméra lisse les expressions du visage. Ce qui passe pour un grand sourire en présentiel devient un demi-sourire à l'écran. Le micro compresse la voix. Donc une intonation marquée arrive plate de l'autre côté. Et il manque tout le reste. Les mains, la posture, le mouvement, les déplacements. Tout ce qui fait l'énergie naturelle d'un orateur quand il est là, en chair et en os, disparaît dans un cadre de 720 pixels de haut. La conséquence directe de ça, c'est que ce que vous croyez incarner à 100%, arrive seulement à 3 sur 5 chez votre interlocuteur. Donc vous pensez être engageant, mais vous paraissez mou. Vous pensez être enthousiaste, et vous paraissez à peine souriant. Vous pensez insuffler une bonne dynamique, et vos interlocuteurs sont en train de checker leur mail. Donc une seule règle, il faut surjouer, volontairement. Placez la voix un cran au-dessus de votre niveau habituel. Appuyez les variations d'intonation, marquez les sourires, et quand vos mains sont visibles, Faites des gestes plus amples. Bref, poussez l'énergie au global. Au début, c'est inconfortable. Vous avez l'impression d'en faire trop et c'est normal. Mais regardez le replay et vous verrez que ce qui semblait excessif à vivre au moment où vous le faisiez passe juste ce qu'il faut à l'écran. C'est exactement ce qui sépare le commercial qui signe en visio du commercial qui signe une fois sur cinq. Pas le contenu, c'est l'énergie. On résume. D'abord, soignez le cadre. Un fond propre, une bonne lumière. un lieu calme. Deuxièmement, vérifiez la technique avant, la connexion, le micro, les écouteurs, la webcam et les bons réglages dans l'application. Troisièmement, préparez son écran, fermez tout ce qui ne sert pas à la visio. Quatrièmement, regardez la caméra quand vous parlez. Et cinquièmement, mettre dix fois plus d'énergie parce que la visio écrase tout. La visio, c'est pas juste du téléphone avec une image. C'est une vraie prise de parole avec ses propres codes. Et la bonne nouvelle, c'est que la majorité des gens autour de vous ne le savent pas. Donc à équipement et discours équivalents, c'est vous qui allez faire la différence dès demain si vous mettez tout ça en place. Et comme d'habitude dorénavant, la fiche récap de cet épisode est dispo gratuitement dans la description. Je vous laisse aller la télécharger. Alors testez ça sur votre prochaine vidéo et dites-moi ce que ça change. Sur LinkedIn, en commentaire, par mail, peu importe, je lis tout. Merci d'avoir suivi cet épisode jusqu'au bout. Si vous l'avez trouvé utile, laissez-moi une note sur votre plateforme d'écoute et partagez-le autour de vous, j'en ai besoin pour faire vivre ce podcast. Nous, on se retrouve la semaine prochaine pour débloquer une nouvelle compétence oratoire. Allez, ciao !