- Speaker #0
J'ai pas été courageux, j'avais pas le choix. À l'intérieur de moi, il n'y avait que ça. Il n'y avait rien d'autre. 9 conférenciers sur 10 sont mauvais. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas l'outil.
- Speaker #1
C'est comme de parler d'hygiène dentaire au Moyen-Âge. Est-ce que c'est un sujet de discussion ? Non. Pourtant, est-ce que ça aurait été intéressant de le bosser ? Sans doute.
- Speaker #0
Il y a une agression permanente de la parole féminine. C'est un coup de foudre amoureux. Tu ne te dis pas, elle est à 300 kilomètres ou à 500, quoi qu'il arrive, tu seras au rendez-vous parce que c'est ta folie. Bon, c'est ça la passion.
- Speaker #1
Bonjour à tous et bienvenue dans La Bulle Rhetorique, le podcast où on parle de la parole sous toutes ses formes. Aujourd'hui, je suis ravi de t'accueillir, Jean. Bienvenue dans cet épisode.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Je t'en prie. Jean, tu es coach vocal. Tu as accompagné des clients dans de très nombreuses... dans de très nombreuses sociétés, Disney, Free, je ne vais même pas toutes les citer parce que je pense que ça tiendrait le podcast entier. Tu es aussi créateur de contenu, on peut te retrouver sur TikTok, sur Instagram, sur LinkedIn, un peu partout, on en reparlera peut-être au cours du podcast. Tu es aussi auteur d'un livre, La Voix, cet outil du pouvoir, et c'est justement de ça dont on va parler aujourd'hui, c'est de la voix. Et je précise aussi qu'avant cette carrière en tant que coach vocal, tu es avant tout un artiste, et notamment un artiste chanteur, et ce qui est assez exceptionnel, et j'avoue que je t'envis, ou en tout cas que j'aurais adoré assister à ça, c'est que tu as fait les premières d'artistes dont je suis absolument fan, comme Jean Ferrat, Léo Ferré, ou encore Georges Brassens, dont je chantais toutes les musiques. Et actuellement,
- Speaker #0
il y a un artiste que j'aime beaucoup, qui s'appelle Vincent Delerme, qui me rend hommage dans son spectacle. Donc, je suis encore vivant. Voilà,
- Speaker #1
formidable. En pareil, là aussi, je ne savais pas que tu travaillais avec lui.
- Speaker #0
Je ne travaillais pas avec lui. Moi, je me suis éloigné du spectacle. Mais à titre de référence du passé, de gens qu'il aime, il m'accorde une séquence dans son spectacle.
- Speaker #1
Et justement, est-ce que tu peux nous, avant qu'on aille un peu plus loin, nous raconter déjà un peu, en bref, en tout cas, les grandes lignes de ton parcours ?
- Speaker #0
Alors, moi, je viens d'un monde qui n'était pas du tout, du tout... tout brancher là-dessus. Je viens d'un monde, à l'époque, on disait ouvrier. Et dans ce monde-là, l'idéal pour un enfant, pour les parents, pour son enfant, c'était qu'il ait un bon métier. Pour mon père, un bon métier, c'était d'être dessinateur industriel. C'était le top du top. Et la vie fait que, sans entrer dans le détail, par le hasard des choses, Un de mes cousins m'a emmené un jour au spectacle. Moi, j'allais jamais au spectacle. Au spectacle dans un petit musical, je me souviens, qui était le théâtre Mouffetard.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et là, j'ai vu des jeunes d'un petit peu plus que mon âge. Moi, je devais avoir 16 ans, 16 ans et demi. Ils devaient en avoir 20. Et j'ai vu des jeunes dans la lumière qui chantaient avec les yeux braqués sur eux, qui étaient sur scène, c'est-à-dire un truc magique pour moi. Et comme ça arrive dans la vie sur différents points, j'ai eu le coup de foudre. Jusque-là, ma vie était un certain nombre de choses. Et à partir de là, j'ai voulu faire ça.
- Speaker #1
Tu avais quel âge à ce moment-là ?
- Speaker #0
J'avais 16 ans et demi à peu près.
- Speaker #1
Et tu n'avais jamais été voir de spectacle ?
- Speaker #0
Jamais, jamais. Il n'y avait pas de musique chez moi, il n'y avait pas spécialement de livres. Il n'y avait rien avec ça. Alors j'étais sensible. À la radio, j'écoutais, bah oui, il y avait des chanteurs. Donc, j'avais une sensibilité latente. Mais rien, rien qui me prédestinait, ni d'exemples autour de moi, ni de frères. Je suis fils unique. Et c'est vraiment le flash, quoi.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Et à partir de là, pour faire court, je n'ai eu qu'un désir, parce que je n'avais aucune idée de talent, de création, de rien. Je me suis dit, ils ont une guitare. Il me faut une guitare. Donc, à partir de là, j'ai écourté tout pour gagner juste ce qu'il fallait d'argent pour m'acheter une guitare.
- Speaker #1
Donc là, tu as 16 ans et demi, tu as 17 ans, on va dire. On va dire que tu as 17 ans, ouais,
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #1
Tu achètes cette guitare. Et comment est-ce que tu te mets à l'utiliser, à jouer de la guitare et sans doute à chanter, puisque c'est aussi ce que tu as fait après ?
- Speaker #0
Alors, tu sais, finalement, quand les choses sont, entre guillemets, révélées, c'est très simple. C'est-à-dire que j'ai acheté, en même temps que j'ai acheté la guitare, j'ai acheté un petit livret. Je ne me souviens plus du nom, mais c'est une méthode toute simple. Donc tu poses, tu poses, tu poses, tu te fais mal pour poser les trois premiers accords, mais... Je peux résumer en disant que dès que j'ai posé mes doigts sur les cordes, j'ai tout de suite eu des musiques. C'est un peu comme une baguette magique. En fait, j'étais inspiré. C'est pour ça d'ailleurs qu'ensuite les choses se sont facilitées pour moi, parce que j'étais ce qu'on appelle un mélodiste, quelqu'un qui vient. J'ai d'ailleurs encore là aussi un autre plan. J'ai encore une mélodie qui tourne au Portugal, qui a été reprise par une trentaine de groupes.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Voilà, pour faire court. Donc, je dirais que tu as d'abord le flash et tu commences à vouloir apprendre après. C'est-à-dire, d'abord, tu fais, tu patauges dans ce qui t'est donné. Et bien sûr, tu comprends qu'à un moment donné, si tu veux faire quelque chose, il faut travailler la question.
- Speaker #1
Oui, ce que j'allais dire, parce que moi, j'étais un peu plus tôt que toi. je pense 14-15 ans, je voulais faire de la musique aussi. Pas de mon métier, mais juste vraiment pur plaisir. Alors je voulais faire de la batterie et bien évidemment, comme tous parents, mes parents n'ont pas voulu que je fasse de batterie parce que ça fait beaucoup de bruit, ils ont bien voulu que je me mette à la guitare. Et donc j'ai pris une guitare et pour te dire justement, le premier... Alors c'était des... C'est même pas des partitions, c'était des tablatures. J'avais pris le premier livre de tablatures, c'était des musiques de Georges Brassens. Parce que c'est moi qui voulais prendre ça, j'adorais Brassens.
- Speaker #0
T'as dû faire du picking avec la méthode Daddy, non ?
- Speaker #1
Alors je vais te dire, justement, c'est là que ça arrive, c'est que j'ai pas du tout été travailleur là-dessus. Donc j'ai bossé un peu, mais vraiment pas assez. Et ce qui fait que j'ai assez vite arrêté. Donc il y a vraiment ce besoin du travail. Toi, c'est parce que t'avais un truc en tête que t'as travaillé ? Alors,
- Speaker #0
j'ai même pas en tête. Je vais te donner un équivalent, t'as un coup de foudre amoureux. Tu ne te dis pas, elle est à 300 km ou à 500, ou elle n'est pas libre avant 10h du soir ou à 3h du matin. Quoi qu'il arrive, tu seras au rendez-vous parce que c'est ta folie. Au fond, c'est ça, la passion. D'autres veulent grimper en haut de l'Everest, d'autres veulent faire de la danse. Et au fond, je dirais, pour faire court, tu n'as pas le choix. Tu n'as pas le choix. Et je dis souvent, au fond, quand j'ai des amis qui ont... qui ont souvent rêvé de faire de la musique. On va me dire, tu as été courageux. Je dis, mais non, je n'ai pas été courageux. Je n'avais pas le choix. C'est-à-dire qu'à l'intérieur de moi, il n'y avait que ça. Il n'y avait rien d'autre. Donc, tu fais ce qu'il faut. Comme dit Goldman dans une de ses chansons, saigner sur les guitares. C'est-à-dire que tu as les doigts qui sont quasiment sains. Je me souviens que j'avais des cloques au bout des doigts.
- Speaker #1
Ça me fait penser à une scène d'un film, c'est Bienvenue à Gataca, où ces deux frères, en gros, pour simplifier une des petites histoires du film, c'est deux frères qui sont en rivalité, qui de temps en temps se challengent. Il y en a un qui a une nature qui a été génétiquement améliorée, en tout cas sélectionnée, et l'autre non, et donc qui est naturellement plus faible que l'autre. Et malgré tout, il le bat sur une course pour aller le plus loin possible dans la mer. Et il lui dit, mais comment tu fais pour gagner ? Il dit, je ne me suis jamais économisé pour le retour. Et je pense que c'est un peu ça, en fait. Oui, oui, je l'ai fait. Tu ne penses pas à ce qui se passe si tu échoues ? Non,
- Speaker #0
et puis tu as 16, 17, 18 ans, 20 ans, tu as l'âge de l'énergie, de la folie, de la passion. Et ensuite, je dirais que ma chance, mais je pense que ça arrive à d'autres, ma chance, c'est que j'avais vraiment, et je le dis sans vanité, j'avais vraiment le talent. J'étais vraiment inspiré. D'ailleurs, encore une fois, disons que j'étais inspiré, mais... psychologiquement, ça c'est une autre histoire, je n'étais pas prêt du tout. Au fond, t'as l'inspiration, et l'inspiration c'est mystérieux. Moi je ne sais toujours pas comment une musique te vient. Je ne sais pas. Je sais comment éventuellement, si on revient à la réalité actuelle, je sais comment éventuellement améliorer un texte pour LinkedIn, pour machin, il y a de là où on entre dans le raisonnable, dans le structurel. Mais une mélodie, c'est magique. Et t'es toi-même. Tu es toi-même, comment dire, fasciné par ta propre création. Elle te vient. Moi, je me souviens de mélodies que je tournais, je tournais, j'étais en boucle sur la guitare ou dans ma tête.
- Speaker #1
Mais en plus,
- Speaker #0
c'est des langues qui, avec un crayon, te dessinent.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Mais je trouve que cet élan inspirationnel, on va dire, cet élan créatif, finalement, en tout cas, l'impression que j'en ai moi, c'est qu'on l'a finalement tous au cœur de nous. En tout cas, moi, c'est l'impression que j'ai sur la musique, parce que c'est aussi pour ça que je voulais faire de la musique. Des musiques en tête, j'en avais plein, des airs qui venaient. Et pourquoi j'ai voulu faire de la guitare ? C'est pour apprendre à les retranscrire, à se dire, cet air, il faut bien que je le note. Sauf qu'un air, ce n'est pas comme une idée. Je ne peux pas l'écrire avec des mots. Il y a une mélodie, il faut savoir l'écrire, il faut savoir la retranscrire, éventuellement la travailler.
- Speaker #0
Ça, c'est secondaire. Moi, je ne savais pas écrire. Je dirais qu'on a tous des talents, mais certains ont une urgence ou pas. On a tous des talents, d'autant que le monde aujourd'hui fait qu'à peu près tout un chacun peut créer, même en numérique, des mélodies, des machins, peut se donner l'impression. Entre guillemets, moi, c'était à la dure. T'as rien. T'as ta guitare, tes doigts. Et je ne savais même pas noter les notes. Je ne savais pas noter. Donc, j'ai vu récemment, il me restait un cahier ou deux, des trucs décolliers. Tu vois, je... Bref. Disons que l'élan vient avant la structure.
- Speaker #1
Alors, pour reprendre le fil de ton parcours, donc là, tu te lances dans la musique. J'imagine que ça ne marche pas directement, ou peut-être que si, d'ailleurs.
- Speaker #0
Non, alors, disons que j'ai tout de suite été dans le milieu des artistes très, très aimés. Je me souviens, j'ai débuté dans un petit cabaret, j'étais un peu la mascotte, parce que j'avais quelque chose d'assez magique. Alors, j'étais très timide, et en même temps, je pense que j'avais une certaine grâce, j'avais un petit côté certainement... un peu petit prince, un truc qui étonnait tout le monde. Donc j'ai tout de suite, on va dire, séduit le milieu de la musique. Un petit milieu, ce qu'on appelait les cabarets à l'époque. Mais petit à petit, ça a commencé à faire écho. Et effectivement, le producteur de Jean Ferrat est venu, puis ensuite, ça a été Phonogramme, Brassens, etc. Mais au fond, je... Je dirais que c'était la continuation de mon talent naturel sans que j'aie su, j'ai jamais eu de stratégie. Au fond, le problème global que j'ai eu, c'est que le bonhomme, pour faire court, je le résume comme ça, était en dessous de son talent. Quand je dis le bonhomme, c'est-à-dire dans ma relation avec les gens, avec les... les producteurs, parce qu'à un moment donné, j'avais le directeur artistique de Serge Gainsbourg. Moi, j'étais chef de l'Ogramme, je faisais partie des jeunes pousses. Mais quand tu n'as pas le comportement, les mots, la stabilité, qu'il y a une usine derrière qui a besoin de stabilité, qui sont à peu près cohérents, et que tu as un type qui fait comme ça, au bout d'un moment, tout le monde se fatigue.
- Speaker #1
Mais malgré ça, tu fais tous ces concerts ? Oui, j'ai beaucoup tourné,
- Speaker #0
j'ai beaucoup tourné, j'ai beaucoup tourné en France, dans le monde entier. Le parcours que faisaient beaucoup de chanteurs dans les années 70, et puis bien sûr, j'ai beaucoup tourné avec Jean Ferrat, je suis passé un mois avec Brassens à Bobineau. Non, c'est des moments extraordinaires, c'est vraiment... Oui, c'est des moments super.
- Speaker #1
On reviendra sans doute là-dessus. un peu plus tard, mais après ça, il y a un moment donné où tu vas devenir coach vocal. Comment est-ce que t'es passé de l'un à l'autre ? Ou est-ce qu'il y a eu des étapes entre les deux ?
- Speaker #0
Alors, ça rejoint ce que je te disais tout à l'heure. Tu as l'élan, mais tu n'as pas la construction. Donc, dans ma manière de chanter, pour être technique, dans ma manière de chanter, c'était n'importe quoi. C'est-à-dire, je poussais de tous les côtés et je me fatiguais. Je n'avais pas de structure. À l'époque, il n'y avait pas de coach. professeur de chant, mais je ne connaissais pas. Donc, je me suis vraiment fatigué et irrité. À un moment donné, j'ai dû, un phognatre m'a envoyé subir une petite opération des cordes vocales. Pourquoi ? Parce que j'avais comme une ampoule, ce qu'on appelle un œdème. Logiquement, ça aurait pu être résolu avec un peu de médecine douce. Bon, l'opération, c'était brutal. Tu te réveilles dans une salle, dans une chambre de clinique, et là, c'est silence absolu pendant 15 jours. Se taire, se taire, se taire. Pour un chanteur, imagine, ce n'est pas que la voix, c'est tout ce qui se passe dans la tête. Donc vraiment, à partir de là, moi, je ne m'intéressais pas à la voix. Mon job en tant qu'auteur-compositeur, c'était d'écrire des chansons, de les répéter avec les musiciens, de les enregistrer, ensuite de me produire en spectacle, d'avoir de la presse, et puis de recommencer chaque année. La voix, j'avais une voix naturelle. Mais naturel, mais que j'ai quand même trop sollicité. Et donc, à la suite de cette opération, ça a été comme un effondrement, une révolution. Et à partir de là, dans ma tête, je me disais, mais pourvu qu'elle revienne, et si elle revient, je vais m'en occuper, je vais m'occuper de ça. Et c'est vrai qu'à partir de là, à partir du réveil, tout s'est normalement passé. J'ai ensuite enchaîné pendant 2, 3, 4 ans. Des formations, des formations, des formations, des formations à la voix, au souffle, au théâtre, à la danse primitive, à tout, Parce que j'avais le sentiment que c'était effectivement une construction globale, j'avais cette intuition. Et en faisant ça, petit à petit, j'ai commencé à donner des conseils aux uns, aux autres,
- Speaker #1
parce que je devenais bon techniquement,
- Speaker #0
je savais de quoi on parlait. Et j'ai développé une petite méthode tout en continuant à chanter. Et ce que je faisais, ma méthode, est arrivée jusqu'aux oreilles de Radio France. Il y avait un journaliste qui me connaissait, qui a dit, mais il faut vraiment que tu rencontres la direction artistique, enfin la direction RH à l'époque. Et j'aurais proposé mes services et ils m'ont dit, bon, écoutez, on va... On va voir avec une équipe comment ça fait. Donc, au départ, on a programmé une session de trois jours avec huit journalistes de Radio France, c'est-à-dire toutes les régions et tout. Et puis, comme ça a tellement bien marché, je les ai enchaînés. C'est-à-dire que pendant cinq ans, je suis un peu devenu le coach de Radio France.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Et je dis souvent dans mes formations, c'est là que j'ai mal tourné. que petit à petit, j'ai quitté la scène artistique, où je sentais que je n'avais pas fait ce qu'il fallait pour la scène, on va dire, sociale, le coaching. Et quand ça s'est arrêté avec Radio France, je pensais dans ma tête, bon, je vais pouvoir offrir mon service à l'éducation nationale, où je pensais aux jeunes profs, etc., qui arrivent, qui n'ont pas de bagage, qui se retrouvent avec des classes. Et puis, quand j'ai compris que l'éducation nationale était une forteresse... imprenable.
- Speaker #1
Je valide.
- Speaker #0
J'ai gagné du temps et j'ai commencé à chercher vers les entreprises, vers les cadres, vers les managers. Au fond, j'ai commencé à découvrir. Et c'est vrai que j'ai fait le choix, comme j'ai fait un choix récemment, là j'ai fait le choix de m'occuper de la voix parlée. Parce qu'il y avait déjà beaucoup de gens sur la voix chantée, il y en a toujours beaucoup et très bons. Et je pense... avoir été l'un des premiers, sinon le premier à décliner en petits exercices, à entrer dans la matière elle-même.
- Speaker #1
Je pense d'autant plus que ce sujet du coaching vocal, du travail de la voix parlée, il s'est développé d'abord aux États-Unis, mais il a mis très longtemps avant d'arriver en France. Et je pense qu'effectivement, au minimum sur la voix, je pense que tu as été effectivement... si ce n'est le, en tout cas, au minimum, l'un des premiers, c'est-à-dire une multitude, à travailler ça. Et je reviens sur quelque chose que tu disais juste avant, parce que en fait, je trouve ça assez amusant, la façon dont tu parles de la voix. Je trouve que tu as un rapport très charnel à la voix, parce que tu nous dis que ça a été un coup de foudre pour le chant. Et ensuite, j'ai presque l'impression d'une relation de couple quand tu dis, elle est partie, je voulais qu'elle revienne, j'avais peur qu'elle ne revienne pas. Comme un couple qui se sépare et qui a besoin de se retrouver, et qui en plus après évolue. presque se mettre au bien du couple et qui change de carrière. Un peu l'artiste qui trouve un boulot pour sa femme, que sa femme reste. Oui,
- Speaker #0
oui. Non, mais pour moi, c'est quelque chose de charnel. Et bon, je t'en dirai plus ensuite sur les positions que je prends maintenant. Mais c'est clair que pour moi, je le résume un peu comme ça, la voix, c'est la vibration de la personne. C'est la vibration animale. C'est-à-dire qu'avant même de savoir qui est qui, d'où il vient, etc., tu as quasiment un diagnostic sensible de l'humeur de la personne, de sa forme, de son autorité, de son inquiétude, en une demi-seconde. Donc c'est quelque chose que je trouve passionnant. Même si... Et effectivement, en France, on a fait beaucoup de progrès. Mais parce que longtemps, j'ai essayé d'approcher les centres d'appel, etc. À chaque fois, on me disait parce que venant de Radio France, je me disais que ça les intéresserait. Donc oui, à chaque fois, il me dit oui, la voix, c'était. Mais on n'a pas de problème. À chaque fois, on n'a pas de problème. Et au fond, je suis arrivé à la conclusion que c'était un non sujet. C'est un non sujet. C'est-à-dire que les gens ne se réveillent pas en disant « je n'ai pas de voix » , etc. Ils se réveillent éventuellement en disant « j'ai raté mon entretien, je n'ai pas été convaincant » . Mais la source n'y est pas. Ça a bien avancé depuis, mais il y a encore des choses à faire.
- Speaker #1
En fait, la différence que je mets, ce n'est pas que c'est un non-sujet. C'est que c'est un sujet sans conscience. Il n'y a pas de conscience de l'enjeu.
- Speaker #0
Alors je dirais, oui, tu as raison. Quand je dis un non-sujet, c'est que c'était, dans l'opinion, dans le ressenti des gens, c'était soit le sujet de la performance, le chant.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Soit le sujet, à chaque fois on me disait, ah oui, il y a une voix de radio extraordinaire. Soit le sujet de l'extraordinaire. Mais jamais le rapportant à soi-même. Toi, tu en parles maintenant à un niveau... tout petit peu plus conscientisé. Mais pour beaucoup de gens, comme il y a peut-être un siècle, la santé...
- Speaker #1
C'est exactement ce que je vais dire. Pour moi, c'est comme de parler d'hygiène dentaire au Moyen-Âge.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Est-ce que c'est un sujet de discussion ? Non. Pourtant, est-ce que ça aurait été intéressant de le bosser ? Sans doute.
- Speaker #0
Quand tu vois les visiteurs...
- Speaker #1
Dans ce que j'avais en tête. Donc, il y a un sujet réel, mais dont il n'y a pas de prise de conscience par ceux qui devraient l'avoir. Mais effectivement, il y a une évolution qui n'est pas encore aboutie. Je pense qu'il y a beaucoup... Non, non, il y a du boulot. Alors justement, donc là, tu as passé ce cap, tu as formé beaucoup de personnes. Et tu me dis que récemment, tu as acté une décision ou en tout cas pris une orientation un peu différente.
- Speaker #0
Alors, j'ai pris une orientation qui aurait pu venir plus tôt. Bon, c'est vrai que j'étais dans... Je suis toujours dans la prise de parole, la voix à la prise de parole. Mais depuis quelque temps... comme c'est quelque chose que je vérifie dans les formations que je reçois, je reçois beaucoup de femmes. Et en fait, ça m'est apparu pourtant, ça m'est apparu clairement alors que j'aurais pu le voir avant, c'est qu'en fait, la voix féminine en grande partie est en souffrance. C'est que c'était Simone de Beauvoir qui disait on ne naît pas femme, on le devient. C'est un peu pareil pour la voix. Bon, l'homme étant la référence, ne se pose pas trop de questions, même si les hommes ont besoin d'évoluer sur la question. Mais l'histoire de la voix féminine est marquée. Au fond, c'est un sujet politique. Je m'explique, c'est que la voix de la femme est marquée par les premiers âges de la religion. Je m'étais noté ça, par exemple, je m'étais noté des phrases qui sont fortes. c'est dans Saint-Paul par exemple, que les femmes se taisent dans les assemblées et encore plus fort ça je trouve ça merveilleux, la femme doit se taire dans l'église car c'est Ève la première qui a parlé au serpent, c'est Ève la première qui a parlé au serpent si tu vois une petite fille qui grandit tu dis toi tu es une petite fille Mais c'est les filles qui, les premières, ont parlé au serpent. Alors, on s'est dit oui, mais c'est vieux, etc. Mais non, parce que...
- Speaker #1
Je me parlais là-dessus. En fait, ce n'est pas une question que ce soit vieux, ni une question même de mise en contexte. C'est plutôt une question d'interprétation en réalité. Souvent, la parole des apôtres, etc. n'est pas prendre d'interprétation. Ah non,
- Speaker #0
Il y a quelque chose quand même de très fort. C'est que la féminité, d'ailleurs... D'ailleurs, ce qui s'est passé aussi, c'est derrière, ensuite, en fait, la voix de femme est associée à la séduction, dans les premiers cœurs, à la séduction et donc au désordre. Donc, qu'est-ce qui va se passer jusqu'au, en gros, jusqu'au XVIe siècle ? Sachant que l'idéal de la voix étant d'atteindre le ciel, c'est-à-dire d'être pur, la voix des anges, que les femmes ne peuvent pas l'intégrer, donc l'idéal, c'est la voix enfantine. Mais comme les enfants grandissent et maturent, donc on ne peut pas faire chanter les femmes, les enfants grandissent, d'où viennent ensuite les castras. Les femmes sont réintroduites comme la musique. Alors on peut se dire, oui, c'est historique. Non, parce que... longtemps, longtemps, longtemps, dans notre culture, même il y a 20 ou 30 ans en arrière, l'idéal féminin de la bonne conduite, du bon ton, de la justesse, c'était d'avoir une voix un petit peu légère, un peu juste, un peu amicale, souriante. qui ne prend pas de place et qui reste dans ce retrait. Ce qui se passe, c'est que, quand tu dis que je parle de façon charnelle des choses, c'est que ça s'inscrit dans le corps. Ça s'inscrit dans le corps. Ça s'inscrit comment ? Quand dans l'enfance, on te dit « Toi, tais-toi » ou « Laisse parler les grands » ou qu'il y ait des informations spécifiques. spécialement sur les femmes, c'est quelque chose qui s'inscrit dans la restriction. Tu respires moins, tu ouvres moins. Et en plus, comme pour les femmes, c'est quelque chose qui vient à jour maintenant, les agressions sexuelles et tout ça, toutes ces agressions jouent, alors là, plus sur la morphologie, jouent sur la gorge, sur les soins internes, la gorge, etc. C'est-à-dire que depuis environ 2000 ans, dans notre civilisation, il y a une agression permanente de la parole féminine. Une agression qui se joue dans les deux sens, parce qu'il y a le regard, bien sûr, sous le regard des hommes, c'est-à-dire le jugement dans l'entreprise ou ailleurs, mais il y a aussi l'autodénigrement, parce que beaucoup de femmes n'aiment pas leur voix. Alors, des hommes aussi, mais beaucoup de fois n'aiment pas leur voix. pas leur voix, quand elles ont une petite voix un petit peu bloquée ou qu'elles ne peuvent pas parler fort. Il y a un double, tu vois, une double régressivité, un double conflit qui fait que c'est douloureux. Et je me dis qu'il y a quelque chose à faire là, il est temps, parce que ça n'est pas qu'une question d'égalité, c'est une question de dignité, de justesse, quoi, voilà.
- Speaker #1
Oui, et je pense que, en fait, c'est même pas un sujet d'égalité, comme tu le dis, entre les sexes ou quoi, c'est un sujet d'individus. qui doivent se saisir de leur voix.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Quand tu parles de ça, moi, la première personne à laquelle je pense, et je pense que tu l'as aussi en tête, c'est Valérie Pécresse, qui, pendant sa campagne de 2022, alors elle a de base une voix qui est relativement grave, mais a essayé de la rendre encore plus grave, comme s'il fallait qu'elle parle absolument comme un homme pour conquérir le pouvoir.
- Speaker #0
Il y a une petite note. Il me revient sur Valérie Pécresse, c'est-à-dire avant qu'elle fasse son meeting, j'avais lu le journal du matin où le journaliste lui demande est-ce que vous êtes préparé ? Et elle dit oui, bien sûr, avec mon équipe, on s'est préparé, etc. Mais elle dit texto, sans coach vocal. Sous-entendu, moi, je ne suis pas comme Hollande ou comme Sarkozy. Sous-entendu aussi, parce que ça, c'est très français. Moi, je suis sincère. Moi, je suis spontané. Moi, je ne calcule pas. qu'en France, travailler sur cette question, sous-entendu, c'est fabriqué. Et voilà. Mais je peux te dire une chose, c'est que quand je dis que c'est un non-sujet, bon, là, je laisse le côté des femmes, mais je le dis pour mes amis conférenciers, mais sans être méchant, bon, ça, c'est mon truc, mais neuf conférenciers sur dix sont mauvais. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas l'outil. Ils n'ont pas l'outil. Ils ont l'intelligence, ils ont le sujet, ils ont la compréhension, la structure, voire la dialectique, la rhétorique. Mais tu t'emmerdes, tu comprends ? Tu t'emmerdes, tu les écoutes. J'exagère un peu, il y a de tout. Mais il y a vraiment un outil. Moi, je reviens à la guitare. Si tu poses tes doigts à peu près sur les cordes, ça ne sonne pas.
- Speaker #1
Oui, il faut les appuyer complètement.
- Speaker #0
Et pareil à la trompette ou à la batterie. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
C'est de la précision. C'est pour ça que je dis que c'est un non-sujet. Parce que, oui, moi, je parle, je n'ai pas de problème. Oui, non, non, on me comprend. C'est-à-dire qu'on ne fait pas la différence entre la voie d'usage qui est tout à fait conversationnelle et ça va bien et la voie en situation. Alors, je ne dis pas qu'il faut fabriquer quelque chose, mais il faut. C'est un instrument, c'est un outil.
- Speaker #1
Oui, c'est ça qu'on va accorder, qu'on va peut-être brancher un peu différemment. Typiquement, un guitariste, quand il va sur scène, il va mettre son micro de guitare, je ne sais pas comment ça s'appelle, mais il va brancher sa guitare pour qu'on l'entende mieux. Le but n'est pas de travestir le son, c'est simplement de l'adapter au contexte.
- Speaker #0
C'est simplement travailler la question, savoir que quand tu as un instrument, il faut qu'il sonne.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Point barre. Et c'est ce qui fait la différence entre un amateur et un professionnel. Et quand tu écoutes les Américains, parce qu'ils grandissent dans cette culture. Ils grandissent dans cette culture de la tchatche, de l'impact. Tu prends n'importe quel jeune sur YouTube qui vend une application, tu as l'impression qu'il parle de sa mère. C'est la plus belle, la plus grande, la plus magnifique pour un petit truc que tu as branché.
- Speaker #1
D'ailleurs, c'est pour ça qu'on me demande souvent pourquoi je ne fais pas de conférence. Je ne fais pas de conférence parce que j'estime que la différence entre une conférence et une formation ou un atelier ou quelque chose comme ça, c'est que la conférence, il y a cette notion de spectacle qui n'est pas forcément dans la formation. Et j'estime que je ne maîtrise pas assez cette notion de spectacle pour faire de la conférence. Je fais de la formation de groupe, mais pas de la conférence.
- Speaker #0
Tu vois, mon cher Corentin, c'est un petit peu pour ça aussi que moi, je ne fais pas de conférence parce que j'ai fait beaucoup de scènes. J'en ai vraiment été très heureux, mais ça m'a également beaucoup coûté. J'ai pris beaucoup sur moi. J'avais le trac, etc. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, je pense que je peux décemment conseiller des gens parce que je connais le sujet, mais je ne veux plus me mettre la rate au courbouillon. Mais voilà, c'est pareil, pas de conférence.
- Speaker #1
Donc on est au même point.
- Speaker #0
Oui, sauf que toi, tu es un peu plus jeune.
- Speaker #1
D'ailleurs, je pense bientôt me faire accompagner pour travailler cette question-là. Moi, j'ai fait du chant, mais j'ai fait un peu de chant choral quelques années. Ce n'est pas la même chose. On ne travaille pas de la même façon. C'est très fort.
- Speaker #0
On peut être tout seul sur la chaîne. C'est dire sous-entendu à des gens, vous arrêtez de vivre pendant 10 minutes, une demi-heure ou une heure pour m'écouter, moi.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Est-ce que je vaux le coup ? C'est, comment dire, très orgueilleux. Alors, j'exagère un petit peu, mais il y a un petit peu de ça.
- Speaker #1
Si, il y a de ça.
- Speaker #0
Alors, en même temps... vu de l'autre côté, on se dit « Ah ouais, c'est un défi, monte sur scène, etc. » Il y a tous les trucs. Mais c'est vrai, et là tu l'as dit tout à l'heure, se mettre seul sur scène, c'est, entre guillemets, même si on n'aime pas le dire pour les conférenciers, c'est un spectacle. Mais ça ne veut pas se dire parce qu'on est censé être, entre guillemets, naturel. Alors moi, je dis souvent, mais on peut comme authentique, on peut être authentiquement chiant. On peut être sincèrement chiant.
- Speaker #1
Toi, dire qu'il faut être naturel, si c'est naturel, on ne parle pas devant 100 personnes. C'est rien de naturel dans le fait de parler devant 100 personnes. Exactement. Je suis entièrement d'accord. Je n'aime pas parler de paroles naturelles, paroles authentiques. Ça ne veut pas dire grand chose.
- Speaker #0
Il y a plein de concepts dont on se gargarise. Alors, en même temps, il y a des conférenciers qui, tout à fait modestement. savent ce qu'ils font pour un public. Par exemple, si tu donnes une conférence technique pour des gens qui sont venus écouter de la technique ou tu prends la parole à un anniversaire, à un mariage, dans des contextes où c'est bien, c'est juste, très bien. Mais dès qu'il y a la notion d'argent, plus ou moins, parce qu'inconsciemment...
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Si je lui ai rémunéré, il faut que... dès qu'il y a un euro même symbolique tu entres sur le marché et qu'est-ce que tu me présentes c'est exactement ça encore une fois des ateliers oui mais c'est pas la même chose il n'y a pas le même enjeu, je sais pourquoi on me paye et c'est pas pour faire un spectacle, c'est pour transmettre une information,
- Speaker #0
une technique une méthode etc parmi mes qualités tu as parlé de la musique etc mais c'est vrai que depuis justement on parle de conférences, j'ai écrit pour quelqu'un, j'ai écrit une conférence, un spectacle pour Josette Khalifa, comment je suis devenu une géante, et bon je suis mal placé pour le dire, mais c'est très très bien reçu. Oui,
- Speaker #1
j'en ai beaucoup entendu parler, je n'ai pas eu l'occasion d'y assister, mais je connais un peu, pas personnellement, mais je suis un peu ce que fait Josette, et j'ai vu effectivement que tu avais participé à la préparation et à la création de cette conférence, c'est moi qui lui ai écrit. Ah oui, j'en ai entendu beaucoup de bien, donc allez le voir. Je vois que le temps file un peu, et je voudrais quand même qu'on parle aussi un peu de technique. Est-ce que tu peux nous dire comment on peut améliorer sa voix ? Je sais que tu ne vas pas en quelques minutes nous donner le grand truc qui va changer radicalement nos voix, mais déjà, quelques petites choses qu'on peut travailler assez efficacement ou facilement. On revient aux fondamentaux. Mais actuellement, c'est vrai,
- Speaker #0
je suis tellement dans cette dimension politique que j'ai envie de dire... Avant de penser à la voix, aux nuances, à la modulation, etc. Comment faire qu'un être humain, qu'une femme en l'occurrence, puisque c'est aujourd'hui pour moi le sujet le plus blessé, comment faire qu'une personne intègre déjà sa dimension, sa légitimité de femme, c'est-à-dire déjà comprendre que ta voix n'est peut-être pas ta voix. C'est-à-dire que ta voix... C'est la somme culturelle. Tu as peut-être, au fond, la voix de ta grand-mère ou de ta mère qui t'ont élevé dans un monde qui n'a pas du tout les mêmes critères qu'aujourd'hui et tu en souffres déjà. Donc, se réconcilier avec soi-même en essayant de comprendre que la première chose à faire, ça va être quitter l'adversité. J'aime pas ma voix, j'aime pas ceci, pour commencer à dialoguer avec soi-même. Ensuite, bien sûr, alors comment... On va passer par les fondamentaux qui sont la respiration, qui sont l'ouverture, qui sont la diction. C'est-à-dire que dans la notion de diction, il y a la notion de morsure. C'est-à-dire qu'à travers les dents, tu prends le pouvoir sur les mots. La parole, c'est du corps articulé. Je dirais que c'est à la fois la liberté totale intérieure qui descend jusqu'au niveau des sphincters, jusqu'au niveau du bas-ventre, etc. Le lâcher complet. Et en même temps, quelque chose de très tonique, de très tenu. C'est cet équilibre entre le lâcher prise complet, c'est un peu le côté félin, et le côté mordant. Tu prends un chat, il est tranquille, et puis d'un coup, il y a une espèce de...
- Speaker #1
Une tonicité qui t'éveillera. Tonicité,
- Speaker #0
ajustée, affinée. Mais c'est vrai d'ailleurs pour toutes les voix. Mais c'est un peu plus vrai, je dirais, pour beaucoup de femmes, parce que quand tu es en conflit, quand tu es en conflit avec quelque chose que tu n'aimes pas, tu es en restriction avec toi-même. C'est-à-dire que tout... C'est pareil avec le stress, d'ailleurs. Tout ce qui est... Tout ce qui est, comment dire, facia, c'est-à-dire tout ce qui est... organique, viscère, etc., est sous tension, plus ou moins sous tension. Donc, même si tu fais des efforts, ça t'enferme. Beaucoup de personnes, hommes ou femmes, vivent sous stress. Donc, ils vont faire des efforts pour la voix, mais il y a quelque chose qui ne lâche pas. Donc, tu es toujours en train de lutter. D'ailleurs, je dirais que c'est un vrai chemin. C'est un chemin passionnant. Mais c'est un chemin, justement, de liberté aussi. C'est un peu, comment dire, il y a deux phases. Je dirais, c'est retourner à soi et être aidé, bien sûr, retourner à soi pour d'autant mieux rebondir. Et rebondir, ça va être effectivement le souffle, ça va être l'ouverture, surtout le lâcher, lâcher la gorge qui est le lieu de... de coupures chez beaucoup de femmes qui sont en voie de tête, comme ça, beaucoup. C'est un lieu blessé parce qu'effectivement, quand le corps a été agressé, blessé ou menacé, c'est comme s'il y avait une porte qui se fermait là. Donc, tout se passe au-dessus. Et comment faire que cette petite porte qui mesure 2,5 cm, les cordes vocales, comment faire qu'elle se lâche, elle se réouvre ? Donc, c'est un apprivoisement à la fois simple, il faut que ça s'ouvre, et à la fois complexe, parce que comment, de l'intérieur, faire que des choses se lâchent ? Donc, respiration basse, je dirais, respiration basse, c'est-à-dire sentir que tu te laisses le temps de respirer. Et c'est un peu ce temps de la respiration basse, c'est le temps où... l'espace respiratoire s'élargit pour d'autant mieux ensuite porter la voix, donner de l'élan, etc. Et ensuite, au fond, il y a l'élan de la voix par de la structure et ensuite il y a la précision. Je le traduirais comme ça, en bas, il y a tout ce qui est physique, animal, en haut, il y a tout ce qui est culturel, social. Et tu l'entends dans la diction des gens qui ne parlent pas tout à fait précisément, qui parlent avec une voix un petit peu retenue. Tu entends quelque chose n'est pas tout à fait affirmé, souvent avec les ados, souvent d'une autre manière. Donc là, on entre ensuite dans les symptômes des gens qui parlent très, très vite et qui mangent les mots, par exemple. Donc, c'est au fond, inconsciemment. Il y a un autre mot qui résume bien ce qui se passe dans le corps, un mot tellement simple, c'est le mot expression. Expression. Gérer la pression. C'est la pression de l'air, puisque tu as de l'air qui pulse sur des cordes vocales qui se mettent en vibration, et la pression émotionnelle.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et la pression émotionnelle qui, elle aussi, agit donc sur les viscères, sur le corps, quand tu le sais, quand tu as le stress, quand il y a quelque chose qui se noue. Donc le mot expression, l'étymologie est formidable pour ça. Et quand tu es sous pression, qu'est-ce qui se passe ? Soit la voix monte de plus en plus, soit elle va de plus en plus vite, parce que ça pousse,
- Speaker #1
Et puis on a le souffle qui ment. Ah bah oui ! Tu as de la pression,
- Speaker #0
au moins tu adhères, parce que tu ne laisses pas l'air, donc tu es dans un compartiment de plus en plus resserré, donc un air d'air bon.
- Speaker #1
Et en plus, en faisant ça, en général, on va chercher à prendre de plus en plus d'air, de plus en plus vite, ce qui fait qu'on va finalement en prendre de moins en moins. de plus en plus souvent. Et la pression ne va faire que se renforcer pour finalement desservir la voix.
- Speaker #0
Alors, à l'intérieur de ça, c'est pour ça que quand tu connais la structure, tu comprends comment fonctionne également le silence, tu comprends comment fonctionne le phrasé, tu comprends comment va se structurer le discours. Non pas simplement par l'intention des mots, mais par l'intention du corps. Les gens qui... Il y a des gens qui sont vraiment très très bons, je pense à des noms, quelqu'un comme Thierry Vatley, quelqu'un comme Michael Aguilar, il y en a d'autres certainement. Ce sont des gens, soit qu'ils l'aient appris, mais je sais que Thierry Vatley l'a appris, soit qu'ils l'ont exercé. Mais tu entends qu'il y a quelque chose qui pulse parce qu'en dessous, tout est OK. Mais si tu ne te laisses pas reprendre de l'air, si tu ne te donnes pas le temps... Tu es sous pression. Et puis voilà.
- Speaker #1
Oui, et puis en plus, chez les deux que tu as cités, il y a effectivement ce silence qui est très bien maîtrisé. Et tu vois, j'écoute parfois des orateurs. Je citais le premier qui me vient en tête. Ce n'est pas une opinion politique ou peut-être que c'est le cas. Peu importe si c'était le cas. Philippe Devilliers, qui passe, je crois que c'est le vendredi, sur CNews. J'adore l'écouter parler, ne serait-ce que pour entendre la voix. Parce qu'il a une façon de raconter les histoires. qui est très lente, très posée, où des petits détails, des petites phrases viennent s'ajouter. Et je trouve que c'est un compteur hors pair, quoi qu'on pense de ses idées. Ce qui est remarquable, c'est le silence, je trouve, qui donne cette petite danse à son récit.
- Speaker #0
Ensuite, effectivement, tu as le talent de chacun, le talent de la personnalité. Disons, on parle des bases, mais à partir de là... D'ailleurs, même... C'est ça qui est fort, c'est qu'on parle des bases pour ensuite les oublier. Tu prends quelqu'un comme Gainsbourg, par exemple, qui était un timide viscéral. Il en a fait son truc, son art. D'autres femmes, justement, je parlais des femmes à la voix un peu blessée ou à la voix un peu enfantine, etc. Mais certaines ont fait leur art parce qu'elles ont décidé. Jeanne Birkin, par exemple, ou Brigitte Bardot avec sa voix qui traîne un peu. certaines en ont fait leur truc. Bon, ensuite, il y a le talent de chacun.
- Speaker #1
Bien sûr, oui. Jean, on va arriver à la fin de ce podcast. Avant qu'on termine, est-ce qu'il y a un dernier sujet sur lequel tu voudrais revenir ou quelque chose sur lequel tu voudrais insister ?
- Speaker #0
Non, vraiment dire aux femmes que le sujet de la voix, même si ça paraît loin, c'est le sujet aussi de leur liberté. Parce que quand tu n'aimes pas quelque chose en toi, tu le gardes. Donc inconsciemment, comme quelqu'un qui n'aimerait pas son visage, il va éviter les rencontres en société, il va s'effacer. Quelqu'un qui n'aime pas quelque chose de sa voix, et sa voix, ce n'est pas que la voix sonore, c'est la voix intime qui te parle. Et que tu n'aimes pas, c'est tellement intégré que tu l'as oublié. Je vais donner un exemple très court. Je me souviens d'une femme que j'avais accompagnée qui faisait du téléphone et qui me disait que quand elle avait 13 ans, elle devait en avoir 35 à l'époque, quand elle avait 13 ans, sa femme qui s'était mise avec un autre homme en montant dans la voiture lui dit « Toi, tu te mets au fond avec ta petite voix de Cressel. » Et 22 ans après, elle s'en souvenait encore. C'était une marque. C'était stigmatisé. Et il y a des millions de femmes qui n'y pensent pas. C'est pas obsédant, bien sûr. Mais il y a 10 millions de femmes qui vont plutôt se taire que de dire parce que c'est une seconde nature, c'est devenu une seconde nature. Et pour résumer, je dis souvent aux gens, au fond, comme de la même manière qu'on devient femme, notre voix, toutes les voix de bébé sont égales. qu'est-ce qui fait, alors bien sûr ensuite il y a des physiologies, des anatomies avec moi j'ai pas les cordes vocales de Johnny Hallyday bon bah je peux faire des efforts, je les aurais pas quoi, mais à part les exceptions, on a tous le même patrimoine en gros et qu'est-ce qui fait que certains l'évoluent, comment dire, évoluent en le développant et d'autres l'enferment c'est l'histoire de chacun,
- Speaker #1
chacune d'ailleurs sur ce sujet des phrases qu'on peut nous dire quand on est enfant Toujours faire attention à ce qu'on dit. J'ai écouté l'autre jour un podcast qui s'appelle Les Lueurs et qui recevait, je crois que c'est François Berléand, qui explique que quand il était enfant, son père lui a dit un jour, sans plus de raison que ça, je crois, toi, t'es vraiment le fils de l'homme invisible. Le fils de l'homme invisible. Et qui y a cru. Et en fait, ça a eu des grandes conséquences après sur ta vie. Et je vous invite vraiment à l'écouter, ça c'est passionnant parce qu'il explique que... tout ce que ça a entraîné pour lui après.
- Speaker #0
Absolument, absolument.
- Speaker #1
Écoute Jean, on va arriver à la fin de cet épisode. Je pense qu'on aurait pu parler encore des heures parce que le sujet est passionnant et je pense que tu as encore beaucoup de choses à nous partager. Mais d'ailleurs, tu les partages beaucoup sur les réseaux sociaux. Est-ce que tu peux nous redire où on peut te retrouver ?
- Speaker #0
Alors, là, je suis, disons que je suis dans une phase intermédiaire. Donc, j'essaye d'exister sur LinkedIn. Ça, c'est une chose. Tu parles de me retrouver en ligne ou me retrouver physiquement ?
- Speaker #1
D'abord en ligne, disons.
- Speaker #0
En ligne. Alors, en ligne, c'est pas mal sur LinkedIn, mais je suis en train de revenir sur YouTube, etc. Parce qu'effectivement, on est en train de préparer un programme en direction des femmes, justement, qui d'ailleurs devrait s'intituler Femmes d'action, en finir avec la petite voix.
- Speaker #1
OK, très bien.
- Speaker #0
Femmes d'action, en finir avec la petite voix. Et donc, je vais être pas mal sur YouTube, un petit peu sur Instagram, etc. Alors, j'ai des aides. C'est drôle parce que je suis devenu une multinationale. J'ai un assistant technique qui est à Québec. J'ai un monteur qui est à Bandol. J'ai un programmeur qui est à Cotonou. Et une assistante marketing qui est à Ouagadougou. Le monde comme il va. Voilà,
- Speaker #1
la multinationale sommaire.
- Speaker #0
Magnifique.
- Speaker #1
Parfait. De toute façon, je mettrai tous les liens, bien sûr, dans la description. Et tu disais en physique, on peut te retrouver aussi quelque part en physique.
- Speaker #0
Alors, je donne des stages, des séminaires à raison d'un séminaire par mois, à peu près un week-end de deux jours. Je donne depuis quasiment 15 ans. Ça se passe à Paris et c'est pour un petit groupe de huit personnes. Ce qui fait qu'on peut à la fois utiliser le groupe comme élément de public. vraiment interactif. Et en même temps, il y a du temps pour chacun pour vraiment faire du bon travail. En deux jours, je dis souvent, c'est faire le tour du propriétaire, que chacun reparte avec la connaissance de qui il est. Ensuite, il développe plus ou moins.
- Speaker #1
Parfait. Écoute, là aussi, je vous mets le lien dans la description. Un grand merci, Jean, pour tout ce que tu nous as partagé.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Et puis, pour vous qui nous suivez, je vous invite, si ce n'est pas le cas, à vous abonner. Ou surtout ne pas le faire si vous voulez être certain de louper les prochains contenus. Donc, vous l'aurez compris, abonnez-vous. Et j'en profite d'ailleurs parce que je fais le moins souvent ces contenus vidéo. Vous pouvez aussi me retrouver en podcast, là où vous écoutez tous vos podcasts, Apple Podcasts, Spotify, Deezer, peu importe. On se retrouve là et je publie sur ce contenu toutes les semaines. Alors à très bientôt. Allez, ciao !