Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans la Bulle Express, le podcast qui débloque une compétence ou un savoir sur la prise de parole en moins de 10 minutes. Moi c'est Jean Corentin, coach et formateur en pitch et prise de parole. Et aujourd'hui on va parler d'un outil que tout le monde adore mais que très peu de gens savent vraiment utiliser, les anecdotes. On entend partout que le storytelling est essentiel. qu'il faut raconter des histoires, qu'une bonne anecdote vaut mieux qu'un long raisonnement. Et dans le fond, c'est vrai. Une anecdote bien racontée, ça capte l'attention, ça crée de l'émotion, ça rend un message mémorable. Tout simplement, on aime tous les histoires, pas pour rien que tout le monde connaît le père Castor. Le problème, c'est que dans la vraie vie, les anecdotes sont souvent confuses, trop longues, mal rythmées, ou tout simplement inutiles. Et au lieu de renforcer ton message, elles le diluent. Donc aujourd'hui, je te propose... cinq règles simples, très concrètes, pour raconter des anecdotes claires, impactantes et surtout agréables à écouter. Première règle fondamentale, raconte ton anecdote au présent. Arrête avec le passé, que ce soit le passé composé, le passé simple ou je ne sais quoi. On veut des histoires au présent. Pourquoi ? Parce que le présent, il met ton auditeur dans la scène. Ce n'est pas un souvenir, un instant dont on est détaché, c'est un moment qu'on vit avec toi. Regarde un peu, si je te dis j'étais en réunion et là mon client m'a regardé bizarrement. On est sur quelque chose de beaucoup plus détaché que si je te dis je suis en réunion, le client me regarde et il ne dit rien. Et là, je comprends que ça ne va pas se passer comme prévu. En soi, c'est la même histoire. Simplement, l'impact est différent parce que dans la deuxième version, tu découvres avec moi, tu vis avec moi ce moment-là. Donc... « Entraîne-toi à raconter les choses au présent » , ça ne veut pas dire que le passé est interdit, simplement le présent est le temps de base sur lequel se place la cohérence du dispo. Deuxième règle, tout ce qui ne change rien à l'histoire doit disparaître. C'est le principe du fusil de Tchékov au théâtre. Si je place un fusil sur le mur dans mon acte 1, il faut qu'il est tiré avant le dernier acte. Alors on supprime. toutes les précisions inutiles, toutes les digressions qui n'apportent rien. Là-dessus, je vais vous donner un exemple typique, quelque chose que j'entends très souvent. C'est quelqu'un qui commence à raconter son histoire. Il m'est arrivé un truc de dingue mardi dernier, il faut absolument que je te raconte. En gros, je sors du boulot. Attends, non, non, je te dis mardi. Non, non, pardon, ce n'était pas mardi, c'était mercredi, je crois, parce que c'est ça, j'avais mon rendez-vous. Non, non, c'est ça, j'avais mon rendez-vous, c'était bien mardi, j'avais mon rendez-vous avec le dentiste ce jour-là. Mais en fait... que ça soit mardi ou mercredi, on s'en fout, sauf si vraiment il y a un truc très important dans l'histoire sur le fait que ça soit mardi ou mercredi. Mais a priori, ça ne change strictement rien à ce que tu racontes. Au contraire, ça va casser le rythme, perdre l'attention et fragiliser la crédibilité du récit. Alors là-dessus, une règle simple, si un détail ne sert ni la compréhension, ni l'émotion, ni la chute de ton discours, il faut que ce détail saute. Troisième règle, active les cinq sens de l'auditoire. Une anecdote, ce n'est pas juste quelque chose qu'on doit comprendre, c'est quelque chose qu'on doit vivre, qu'on doit ressentir, comme ce que je te disais sur le fait de le dire au présent. Donc il faut que tu décrives un maximum de choses. Ce que tu vois, ce que tu entends, parfois ce que tu sens, ce que tu touches, ta propre réception, c'est-à-dire ce que tu ressens physiquement, mais toujours en respectant la règle précédente, c'est-à-dire pas un catalogue descriptif. L'objectif, ce n'est pas de peindre un tableau détaillé, c'est plutôt de poser une ambiance, de nous mettre dans le contexte de ce que tu vis à ce moment-là. Par exemple, je peux dire, je suis debout, la salle est silencieuse, j'entends juste le projecteur derrière moi, je sens la chaleur de ce vidéoprojecteur qui propulse sa lumière sur moi et je sens que tout le monde attend ma réponse. Je vois leurs yeux river sur moi. Avec ces quelques éléments simples, Déjà, je place mon auditoire dans la pièce avec moi. Juste par ces éléments du sens, il comprend ce que je ressens. Quatrième règle, une anecdote sans chute n'est pas une anecdote. C'est juste un souvenir raconté à voix haute. Donc, il faut assurer la chute. La chute, c'est le moment où quelque chose bascule. Une décision, une prise de conscience, un non ou un oui inattendu. Et surtout, c'est le moment où on s'arrête. Notre auditoire comprend que le récit est terminé. L'erreur classique, c'est de continuer à parler après la chute pour être sûr que les gens ont bien compris. Ben non, si ta chute est bien faite, elle a fait le taf. Toi, tu te laisses respirer et tu enchaînes sur ton message. Et surtout, tu évites d'avoir à terminer sur un
Speaker #0Dernière règle, et celle-ci, elle change beaucoup de choses, l'énergie. Une anecdote peut être parfaitement construite, et pourtant complètement plate si elle est racontée sans vie. Donc il faut que tu joues avec la voix, le rythme, les silences, parfois rajouter une onomatopée, parfois un changement de posture, ou bien jouer sur la gestuelle, sur un changement de voix. Tu n'es pas en train de lire un rapport, tu dois raconter une scène. Et surtout, tu ne fais pas que raconter une scène, tu dois nous faire vivre une scène. Donc si toi-même tu t'ennuies en la racontant... Il n'y a pas de raison que ton auditoire vive autre chose. Alors rappelle-toi, rends le tout dynamique, transmets-nous ton énergie. Alors on récapitule rapidement. Raconter au présent, supprimer les détails inutiles, activer les cinq sens, assurer la chute et surtout mettre de l'énergie. Le storytelling, ce n'est pas forcément quelque chose de long. Le but, ce n'est pas d'en raconter le plus possible. c'est de raconter le mieux possible. Et une anecdote bien racontée, elle peut parfois avoir plus d'impact qu'un long raisonnement, même s'il est parfaitement structuré. Si cet épisode t'a été utile, je t'invite à faire deux choses très simples. D'abord, laisse une note ou un avis sur ta plateforme d'écoute, c'est super important pour le podcast. Et ensuite, et là c'est pour toi, si ça t'intéresse, je t'invite à t'abonner à ma newsletter. C'est un canal sur lequel je partage beaucoup plus d'outils ou de méthodes concrètes pour devenir meilleur. en art oratoire. C'est le canal sur lequel je partage mes méthodes et mes meilleurs outils pour devenir un meilleur orateur. Et nous, on se retrouve très vite ici pour débloquer une nouvelle compétence oratoire. Allez, ciao !