Speaker #0Bonjour et bienvenue à la Fabrique du Sommeil, le podcast dédié à celles qui aspirent à des nuits sereines et des journées énergisées de manière naturelle. Je suis Corinne Baudoin, sophrologue et hypnothérapeute spécialisée dans le sommeil et le stress depuis plus de 10 ans. J'accompagne les femmes stressées à retrouver durablement un meilleur sommeil et leur énergie durant la journée. Et cela sans somnifère et sans dopant, juste en vous apprenant à utiliser les fabuleuses compétences de votre corps et de votre esprit. Si vos nuits vous échappent et que vous ne comprenez pas pourquoi votre sommeil tombe en panne, vous êtes au bon endroit. A chaque épisode, je vous apporte des éclairages, des stratégies et des techniques simples et efficaces. Seule ou accompagnée d'invités, nous explorerons les rouages de la mécanique du sommeil pour réinventer vos nuits et transformer vos jours. Prête pour relancer efficacement la fabrique de votre sommeil ? Alors, ça commence maintenant avec l'épisode du jour. Bonne écoute ! Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de la fabrique du sommeil. Aujourd'hui... J'aimerais vous parler d'une situation que je rencontre quand même très souvent en accompagnement. Celle où vous avez l'impression d'avoir déjà tout essayé pour dormir et où peu à peu le découragement et l'impuissance s'installent. Vous avez peut-être écouté des séances d'hypnose sur YouTube, essayé la mélatonine, essayé les fameuses gommes sommeil, les tisanes. la respiration ou même la méditation, vous avez peut-être coupé les écrans, surveillé votre dîner, essayé de vous coucher plus tôt ou plus tard ou de tenir des horaires plus réguliers. Vous n'avez pas démérité. Vous avez cherché, vous avez testé, vous avez appliqué et pourtant le sommeil reste fragile. L'endormissement prend du temps, les réveils nocturnes reviennent Le mental se rallume au mauvais moment et une question finit par s'installer. Mais qu'est-ce que je n'ai pas encore essayé pour que mon sommeil aille mieux, pour retrouver mes nuits d'avant ? Alors aujourd'hui, je vous propose de regarder comme à mon habitude la situation autrement. Parce que le sujet n'est peut-être pas de trouver une astuce supplémentaire. Le sujet est peut-être de remettre de l'ordre dans tout ce que vous savez déjà, pour comprendre ce qui, chez vous, maintient encore les veilles actives. Quand je reçois mes clientes, des femmes en séance, elles ne sont pas ignorantes. Au contraire, elles ont souvent lu, entendu, testé beaucoup de choses, mais tout est parfois en vrac. Alors mon travail, souvent, ce n'est donc pas d'ajouter tout de suite une nouvelle technique. C'est d'abord de faire le point et de remettre les choses à leur place. De remettre à leur place la pression de sommeil, l'horloge biologique, le chronotype, les habitudes et cette fameuse bascule entre l'éveil et le sommeil. C'est ce que nous allons explorer ensemble aujourd'hui dans cet épisode. C'est parti ! Chercher une solution quand on dort mal n'a rien d'absurde. C'est même une réaction plutôt intelligente. Car quand quelque chose nous fait souffrir, notre cerveau cherche naturellement comment réduire cette souffrance. Quand on a mal, on cherche ce qui peut soulager. Quand on est perdu, on cherche un repère. Et quand on ne dort plus correctement, on cherche surtout à retrouver ses nuits d'avant. Et ce réflexe-là n'est pas une erreur. Parce que c'est aussi cela l'insomnie. Ce n'est pas seulement une histoire d'heure de sommeil. C'est cette sensation très inconfortable que quelque chose vous échappe. Le corps est fatigué mais il ne dort pas. La tête sait qu'elle devrait se reposer mais elle continue à penser. La journée réclame de l'énergie mais la nuit n'en procure pas assez. Alors forcément, vous cherchez. Et parfois, les solutions essayées peuvent vraiment aider. Une tisane peut être réconfortante, une respiration peut apaiser, une séance d'hypnose peut accompagner le relâchement, une routine du soir peut donner un cadre, des horaires réguliers peuvent soutenir le rythme du corps. Bien sûr, je ne suis pas en train de dire que tout cela ne sert à rien. Au contraire. Les règles d'hygiène du sommeil sont même essentielles, mais elles ne répondent pas toutes aux mêmes besoins. Et surtout, elles ne répondent pas toujours à ce qui entretient le plus vos difficultés. C'est là que les choses deviennent plus subtiles. Le problème n'est pas d'avoir cherché des solutions. Le problème, c'est que le sommeil ne se réinstalle pas toujours parce qu'on ajoute une astuce de plus. Parfois, la solution essayée est intéressante, mais elle ne suffit pas parce qu'elle ne répond pas à ce qui maintient l'éveil trop actif. C'est un peu comme si vous aviez devant vous plusieurs fils en mêlée. Vous tirez sur l'un d'eux, il se passe quelque chose, mais le nœud principal, lui, ne se défait pas. Et plus vous tirez, plus vous pouvez finir par vous dire « quand est-ce que je vais en voir le bout ? » C'est là que le sentiment d'impuissance peut apparaître. Et je crois que c'est l'un des aspects les plus douloureux des troubles du sommeil. Pas seulement être fatigué, pas seulement avoir mal dormi, mais avoir essayé, avoir fait des efforts, avoir appliqué des choses super sérieusement et ne pas constater de changement durable. Parce que dans ces cas-là, Eh bien, vous pouvez alors commencer à vous demander pourquoi ça marche de soir puis plus rien. Pourquoi je réussis parfois à m'endormir mais je me réveille quand même ? Pourquoi tout semble fonctionner chez les autres et pas chez moi ? Et même aller jusqu'à vous poser la question « est-ce que je vais retrouver mon sommeil un jour ? » Et là, la difficulté de sommeil prend une autre dimension. Elle ne touche plus seulement la nuit, elle touche. La confiance, la confiance dans votre corps, dans votre capacité à récupérer, dans l'idée qu'un sommeil plus stable puisse revenir. Et c'est souvent à ce moment-là que les astuces même utiles ne suffisent plus à rassurer. Parce que ce n'est plus seulement une question de pratique, c'est une question de compréhension. Qu'est-ce qui se passe vraiment ? Qu'est-ce qui entretient encore l'éveil ? Qu'est-ce qui n'est plus à sa juste place? Pour répondre à cela, il faut revenir à une idée simple. Le sommeil repose sur plusieurs mécanismes qui doivent pouvoir travailler ensemble. Le premier mécanisme, c'est la pression de sommeil. Pour le dire simplement, c'est le besoin de dormir qui monte au fil de la journée. Plus vous restez éveillé longtemps, plus ce besoin augmente. Cette pression dépend aussi de la manière dont vous vivez votre journée. L'activité physique, la lumière naturelle, les moments de repos, les siestes, le niveau de stimulation. Si la pression du sommeil n'est pas suffisante ou si elle est diminuée au mauvais moment, eh bien le sommeil peut être plus difficile à trouver. Le deuxième mécanisme, c'est l'horloge biologique dont je vous... parle très souvent. Je vous rappelle qu'elle donne le tempo, elle aide le corps à savoir quand il est plutôt temps d'être éveillé et quand il est plutôt temps de dormir. Elle adore les repères, la lumière du matin, des horaires de lever relativement réguliers, des repas qui rythment la journée, des journées qui gardent une certaine cohérence d'un jour à l'autre. Cette horloge biologique est aussi liée à votre chronotype. Je vous le rappelle, nous n'avons pas tous le même rythme naturel. Certaines personnes sont plutôt du matin, d'autres plutôt du soir. Et ce n'est pas seulement une préférence, c'est une tendance biologique. Alors si vous êtes naturellement une couche tôt, mais que vous repoussez très souvent votre coucher tard le soir, peut finir par perturber le sommeil. Et les raisons sont nombreuses de prolonger sa soirée. Parce que vous voulez terminer quelque chose, parce que la maison est enfin calme, parce que c'est le seul moment où personne ne vous demande rien. Et oui, il faut le souligner, parce que vous voulez récupérer un morceau de soirée pour vous et franchement, c'est très compréhensible. Mais votre corps, lui, avait... peut être ouvert une fenêtre favorable au sommeil plus tôt. Et donc, vous êtes passé devant. Vous ne l'avez pas prise. Et quand vous revenez plus tard, le sommeil n'est plus forcément au même endroit, comme un train que l'on a laissé partir. Il faut attendre que le prochain vienne. Le troisième mécanisme concerne les habitudes et les conditions de sommeil. C'est là qu'arrivent les fameuses règles d'hygiène du sommeil. Et je vais être claire, elles sont importantes. Elles donnent au corps des repères. Elles créent un environnement plus favorable au sommeil. Cela peut passer par plus de régularité, par une meilleure exposition à la lumière le matin, par une activité physique suffisante dans la journée, par une attention portée aux excitants, par une alimentation du soir plus adaptée. par une vraie transition entre la journée et la nuit. Tout cela compte. Et oui, autant que possible, c'est important de respecter ces bases sérieusement. Mais parce qu'il y a un mais, elles ne disent pas tout. Et c'est là que beaucoup de femmes se sentent parfois incomprises. Parce qu'elles ont déjà entendu 10, 20, 30 fois couper les écrans, Détendez-vous, couchez-vous à l'heure fixe, essayez de ne pas penser. Alors là, permettez-moi une petite pause. Essayez de ne pas penser est sans doute l'un des conseils les plus irritants de l'histoire du sommeil. Parce que si l'on pouvait simplement décider d'arrêter de penser, je vous assure que beaucoup de femmes auraient déjà réglé leur insomnie depuis longtemps. Bien sûr, je le comprends, l'intention est souvent bonne. Mais quand ces conseils sont répétés comme s'ils expliquaient tout, ils peuvent devenir agaçants. Pas parce qu'ils sont fous, mais parce qu'ils donnent parfois l'impression que l'on n'a pas entendu la personne qui dort mal. Et pourtant, elle fait de son mieux. Et pourtant, elle dort encore mal. C'est pour cela qu'il est important de remettre les choses à leur place. L'hygiène du sommeil prépare le terrain. créer des conditions plus favorables. Mais elle ne suffit pas toujours si, au moment où le corps devrait glisser vers le sommeil, le système d'éveil reste trop actif. Et c'est là que l'on arrive au mécanisme souvent oublié, la bascule entre l'éveil et le sommeil. Cette capacité du corps à quitter progressivement le mode. Je suis disponible, attentive, réactive et prête à gérer pour aller vers le mode je peux relâcher, récupérer, dormir. Chez beaucoup de femmes, la journée laisse très peu de véritable zone de relâchement. Mais quand elle s'arrête physiquement, une partie d'elle reste disponible. Pour prévoir, pour ajuster, pour gérer l'imprévu, pour penser à ce qui manque et aussi à ce qu'il ne faut pas oublier. Le corps peut alors passer la journée dans une forme d'activation discrète, presque banale, parce qu'elle fait partie du quotidien. Rien de spectaculaire en apparence, mais à l'intérieur, le système d'éveil reste sollicité encore et encore. Et le soir, lorsque la lumière s'éteint, le corps n'a pas toujours reçu le message que la journée est vraiment terminée. La journée peut s'achever dans l'agenda, mais pas toujours dans le corps. Et cela change tout. Parce que vous pouvez avoir respecté beaucoup de règles, vous pouvez avoir coupé les écrans, préparé votre chambre, bu votre petite tisane, faire votre respiration, lancé votre séance d'hypnose, mais si à l'intérieur le système d'éveil reste actif, Le sommeil peut avoir du mal à reprendre sa place. Le sommeil peut avoir du mal à faire son travail. C'est un peu comme un téléphone portable. En apparence, l'écran est éteint, tout semble au repos, mais en arrière-plan, plusieurs applications restent ouvertes. Elles consomment de l'énergie, elles continuent à envoyer des notifications, elles empêchent le système de se mettre vraiment au repos. Pour le corps, c'est souvent la même chose. De l'extérieur, la journée est terminée, la lumière est éteinte. Vous êtes dans votre lit, mais à l'intérieur, certaines applications continuent de tourner. Les pensées, les tensions, les choses à ne pas oublier, les émotions de la journée, les anticipations du lendemain. Et c'est là qu'une solution seule peut montrer ses limites. Non pas parce qu'elle est mauvaise, mais parce qu'elle se retrouve face à un système qui n'a pas encore reçu suffisamment de signaux de sécurité. Par exemple, une respiration peut aider, mais si elle est utilisée avec l'idée « il faut absolument que ça marche » , elle peut devenir une pression supplémentaire. Autre exemple, une méditation peut apaiser, mais si vous passez toute la séance à vérifier si vous êtes assez calme, ce n'est plus vraiment une méditation, c'est un contrôle technique nocturne. Une séance d'hypnose peut accompagner le relâchement. Mais si vous l'écoutez en vous disant « si même ça, ça ne marche pas, c'est que mon cas est grave » , alors l'outil se retrouve chargé d'un poids énorme. Il ne s'agit plus seulement de se laisser guider, il faut réussir. Il faut sentir quelque chose, il faut décrocher, il faut dormir. Et là... La solution que vous avez choisie, que vous expérimentez, n'est plus un soutien. Elle devient un examen de passage. Avec en arrière-plan cette question redoutable, est-ce que cette fois je vais enfin y arriver ? Or le sommeil aime assez peu les examens. Lui, ce qu'il aime, c'est la sécurité, la régularité, la confiance, le relâchement. Il aime que le corps puisse se sentir progressivement. Je peux baisser la garde. Je n'ai pas besoin de tout surveiller. Je peux laisser la nuit faire son travail. Alors peut-être que si vous avez essayé beaucoup de choses, l'enjeu n'est pas d'en ajouter encore une. Peut-être que l'enjeu est d'abord de remettre de l'ordre. Par exemple: Est-ce que votre pression de sommeil est suffisante ? Est-ce que votre horloge biologique reçoit des repères réguliers ? Est-ce que votre chronotype est respectée, au moins un peu ? Est-ce que vos habitudes créent vraiment un terrain favorable ? Est-ce que votre système d'éveil reste trop actif au moment où le sommeil devrait reprendre sa place ? Ces questions ne sont pas là pour vous donner une nouvelle liste de choses à réussir. Surtout pas ! Le but n'est pas de transformer votre sommeil en projet de performance avec tableau Excel, indicateur, bilan hebdomadaire et comité de pilotage de vos nuits. Non, non, non. Le but est d'observer, d'identifier, de comprendre, de remettre de la clarté, de sortir du grand vrac des conseils et peut-être de cesser de croire que si une solution ne suffit pas, c'est que vous avez échoué. Si vous avez essayé beaucoup de choses et que votre sommeil reste fragile, cela ne veut surtout pas dire que vous êtes incapable de dormir. Cela ne veut pas dire que vous avez mal fait. Cela ne veut pas dire que votre corps est défaillant. Cela veut peut-être simplement dire que les solutions essayées ne répondent pas au mécanisme le plus actif chez vous. Et cette nuance est importante. Elle permet de passer de « il me faut encore une astuce » à « j'ai peut-être besoin de comprendre ce qui entretient encore mon état d'éveil » . Nous arrivons à la fin de cet épisode. Et j'aimerais que vous reteniez ceci. Si vous avez essayé beaucoup de choses pour dormir, cela ne veut pas dire que vous avez échoué. Cela veut peut-être simplement dire que vous avez cherché une solution avant d'avoir identifié le bon mécanisme. Car le sommeil ne dépend pas d'un seul facteur. Il dépend de plusieurs éléments qui doivent retrouver leur juste place. La pression du sommeil, l'horloge biologique, le chronotype, les habitudes, l'état intérieur et cette capacité du corps à basculer de l'éveil vers le sommeil. Alors au lieu de vous demander sans cesse qu'est-ce que je n'ai pas encore essayé, vous pouvez commencer à vous demander qu'est-ce qui, chez moi, maintient encore l'éveil actif ? Cette question change tout, car elle permet de sortir de l'accumulation d'astuces, elle permet de remettre de l'ordre et surtout, elle permet de ne plus faire de vos nuits un examen. à réussir. Parce que dormir, ce n'est pas réussir une technique, c'est permettre au corps de retrouver peu à peu les conditions dans lesquelles il peut faire son travail. Et souvenez-vous, le sommeil n'a pas toujours besoin qu'on lui ajoute une solution de plus. Parfois, il a simplement besoin qu'on comprenne ce qui l'empêche de reprendre naturellement sa place. Je vous souhaite une très belle journée. Je vous remercie pour votre écoute et je vous dis à très bientôt dans un nouvel épisode de La Fabrique du Sommeil. J'ai été ravie de partager ce moment avec vous. J'espère que vous y avez trouvé des ressources, du réconfort et des inspirations pour embellir vos nuits et dynamiser vos journées. Pensez à vous abonner à mon podcast pour ne manquer aucun de nos prochains rendez-vous. Et si cet épisode vous a plu, partagez-le avec ceux qui, comme vous, méritent des nuits sereines et des journées zen. Des questions ? Des sujets que vous aimeriez que j'explore ? N'hésitez pas à m'écrire à contact@corinnebaudoin.fr A très bientôt pour de nouvelles pratiques et astuces sommeil. D'ici là, je vous souhaite comme je le souhaite chaque soir, avant de fermer les yeux à ceux qui me sont chers:" Bonne nuit, faites de beaux rêves !"