Speaker #1Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de la fabrique du sommeil. Aujourd'hui, je vous propose quelque chose d'un peu différent. Dans cet épisode, je ne vais pas vous expliquer comment mieux dormir, je ne vais pas vous donner de technique, ni vous parler du fonctionnement du sommeil. Je vous propose plutôt de regarder la place que le sommeil a prise dans votre vie. Alors aujourd'hui, je vous propose simplement de faire une pause, de prendre instantané de votre relation avec le sommeil. Pas pour la juger, pas pour la réparer, juste pour l'observer. Parce que ce n'est peut-être pas le sommeil qui vous fatigue le plus, mais la place qui l'a prise. C'est parti ! Je vous propose tout d'abord de débuter par un instantané de 2. Quand tout commence à tourner autour du sommet. Alors, commençons par le commencement. Comment est-ce qu'on en arrive là ? Comment est-ce que le sommeil peut prendre une place aussi grande dans une vie ? Parce que personne ne se réveille un matin en se disant « à partir d'aujourd'hui, je vais organiser toute ma vie autour de mes nuits » . Non, ça ne se passe jamais comme ça. C'est progressif, c'est discret et souvent... invisible. Ça commence par de petits ajustements, des choix qui semblent raisonnables, logiques même. Et puis un jour, on réalise que le sommeil n'est plus simplement une partie de la vie. Il est devenu le point autour duquel beaucoup de choses s'organisent. Peut-être que vous avez commencé à organiser vos journées en fonction de la nuit à venir. Vous avez arrêté le café après 14 heures, puis le thé, puis certaines tisanes au cas où. Vous évitez le sport le soir, pas parce que vous n'en avez plus envie, mais parce que vous avez lu, entendu et intégré que cela pouvait retarder l'endormissement. Vous déclinez plus facilement les invitations en fin de journée, les apéros après le travail, les sorties improvisées, trop tard. Trop excitant, trop risqué. Le soir, vous surveillez l'heure, vous baissez les lumières assez tôt, vous mettez votre téléphone de côté. Parfois, vous enfilez même votre pyjama alors que vous n'avez pas encore sommeil. Et si l'idée de regarder un film vous traverse l'esprit, vous la repoussez. Ce n'est peut-être pas raisonnable. Peu à peu... Sans toujours vous en rendre compte, la journée n'est plus vraiment vécue pour elle-même. Une grande partie de votre énergie est mobilisée non pas pour vivre pleinement, mais pour anticiper la nuit. Je ne dis pas que tout cela est inutile. Certaines habitudes soutiennent réellement le sommeil. Mais quand chaque heure de la journée est pensée, pesée, ajustée, non pas pour être vécue, mais pour... Tentez de sécuriser la nuit. Alors quelque chose se déplace. Il y a aussi ces renoncements discrets. Vous savez, ces moments où vous dites non. Alors même que vous auriez envie de dire oui. Un dîner entre amis, un spectacle, une sortie qui vous ferait du bien. Mais c'est le soir, ça finit tard. Et au cas où ça perturberait la nuit, vous préférez éviter. Alors vous dites non. Pas parce que vous êtes trop fatigué, mais parce que l'anticipation de la nuit prend toute la place. Petit à petit, certaines invitations disparaissent, les week-ends se vident, les projets se réduisent. Et vous finissez par vous dire, de toute façon, je suis trop fatigué pour ça. Alors que bien souvent, ce n'est pas la fatigue qui empêche de vivre, c'est la vigilance permanente autour du sommeil. Et puis il y a ce moment très particulier, le matin, juste avant d'ouvrir les yeux. Cette question silencieuse. Alors, comment j'ai dormi ? Vous passez la nuit en revue, vous comptez les réveils nocturnes. Vous évaluez la qualité. Et selon le verdict, la journée prend déjà une couleur. Si la nuit a été correcte, vous vous dites « ça va, je vais tenir » . Mais si la nuit a été mauvaise, tout semble déjà compromis. L'humeur est plus fragile, la patience plus courte, l'énergie déjà entamée. Et parfois, ce qui pèse le plus, ce n'est même pas la fatigue physique. C'est la déception, la frustration, le sentiment d'avoir encore échoué. Peu à peu, le sommeil devient un baromètre, un indicateur de tout, de votre forme, de votre morale et parfois même de votre valeur. Une bonne nuit devient la preuve que vous tenez, une mauvaise nuit la preuve du contraire. Chaque nuit, ressemble à un examen, chaque réveil à une note et chaque matin à un verdict. Voilà comment ça commence. Petit à petit, le sommeil prend de la place, il s'invite dans vos choix, dans vos journées, dans votre humeur, dans l'image que vous avez de vous-même et sans toujours vous en rendre compte, vous ne vivez plus vraiment. Vous anticipez, vous ajustez. Vous évitez. Et c'est là que ça devient vraiment, vraiment fatigant. Pas tant à cause du manque de sommeil, mais à cause de toute l'énergie mobilisée jour après jour, non pas pour vivre pleinement la journée, mais pour tenter de mettre toutes les chances de votre côté pour la nuit. Arrêtons-nous maintenant. sur le coût invisible de cette focalisation. Parce que c'est ça le paradoxe. On met toute cette énergie à protéger son sommeil, à l'organiser, à le surveiller, à le préserver. Et pendant ce temps, on s'épuise. Pas forcément à cause des nuits difficiles, mais à cause de tout ce qu'on en mène en place autour. Et ça, c'est un coût invisible. Un coût... qu'on ne voit pas tout de suite, parce qu'ils ne se mesurent pas en heure de sommeil. Ils se mesurent autrement. D'abord, ils se mesurent en charge mentale permanente. Il y a cette petite voix intérieure qui ne s'arrête jamais vraiment, qui calcule, qui anticipe, qui surveille. Il est quelle heure ? Combien de temps il me reste avant d'aller me coucher ? que je devrais déjà commencer à ralentir. Oh là là, je suis trop excitée, ça va m'empêcher de dormir. Ce café, ce n'était peut-être pas une bonne idée. Cette conversation, je la sens mal pour ce soir. C'est comme un radar mental. Même quand on est avec ses enfants, même quand on travaille, même quand on fait quelque chose d'agréable, il y a toujours une partie de l'attention occupés par le sommeil. Et ce bruit de fond-là consomme énormément d'énergie. Une énergie qui pourrait servir à être vraiment présente, à penser à autre chose, ou simplement à ne rien calculer pendant quelques heures. Mais tant que le sommeil reste là, en arrière-plan, cette légèreté-là n'existe pas vraiment. Ce coup se mesure aussi à votre degré d'hypersurveillance intérieure. À cette charge mentale s'ajoute souvent une hyper-surveillance de soi. On devient très attentive à son corps, à ses sensations, à ses signaux. Là, je baille ces bons signes. Mes paupières sont plus lourdes, est-ce que je devrais aller me coucher maintenant ? Je me sens tendue, ça va m'empêcher de dormir. Mon cœur bat plus vite, je ne vais jamais m'endormir. Peu à peu... On devient une observatrice permanente de soi-même. On se scrute, on s'analyse, on se juge. Les moments du quotidien ne sont plus vécus par eux-mêmes. Regarder un film, lire, disquitter, se détendre, tout devient un moyen. Un moyen d'essayer d'arriver au sommeil dans de bonnes conditions. Et plus on surveille, plus le sommeil s'éloigne. Parce que le sommeil ne se force pas. Non, il ne se contrôle pas. Il arrive quand on lâche un peu. Et quand on est en vigilance permanente, on ne lâche jamais vraiment. Et ça, c'est épuisant. Épuisant de s'observer sans cesse. Épuisant de se surveiller. Épuisant de ne jamais être simplement là. dans ce qu'on est en train de vivre. Le coup, on peut aussi le mesurer à comment on met sa vie entre parenthèses. Cette façon de reporter, de différer, de remettre à plus tard. Quand je dormirai mieux, je ferai ça. Quand mon sommeil sera revenu, je pourrai en profiter. Quand je serai vraiment en forme, je me lancerai. En attendant, on attend. On met certaines envies en pause, certains projets aussi. Pas parce qu'ils ne sont plus importants, mais parce qu'ils semblent incompatibles avec l'état dans lequel on se sent. Alors la vie continue, mais comme à distance. Et parfois, sans s'en rendre compte, les occasions passent, les moments ne reviennent pas. Et on commence à sentir une forme de tristesse sourde. comme l'impression de passer à côté de quelque chose. Et au fond, c'est peut-être ça le coup le plus lourd. Cette impression de ne pas pouvoir vivre pleinement tant que le sommeil n'est pas revenu. Comme si la vie était suspendue à une condition. Quand je dormirai, je serai moi-même. Quand ce sera réglé, je pourrai enfin respirer. En attendant... On retient son souffle, on se met en mode survie, on tient, on gère, on essaie de tenir le coup, mais on ne vit pas vraiment. Et parfois, doucement, on réalise qu'on est devenu spectatrice de sa propre vie, comme si on attendait un feu vert qui ne vient jamais. Voilà, c'est ça le co-invisible. Il n'est pas spectaculaire. il n'est pas dramatique, il est juste lourd. Lourd de cette charge mentale permanente, lourd de cette surveillance intérieure, lourd de cette vie mise entre parenthèses. Et c'est ça qui épuise, pas le sommeil en lui-même, mais tout ce qu'on met autour de lui. Et le sommeil devient alors le centre de gravité. Et c'est là qu'on touche à quelque chose de plus profond, quelque chose qui s'est déplacé, souvent sans même qu'on s'en aperçoive. Le sommeil n'est plus vraiment du sommeil, il est devenu autre chose, quelque chose qui prend trop de place. Tout tourne autour de lui, tout dépend de lui, tout est conditionné par lui et forcément ça change tout. Au départ, le sommeil, c'est un besoin naturel. Un besoin vital, bien sûr, mais un besoin parmi d'autres, comme manger, comme boire, comme respirer. On ne passe pas ses journées à penser à sa respiration. On ne refuse pas une sortie parce qu'on a peur de mal respirer ce soir-là. On ne se réveille pas le matin en se demandant « comment j'ai respiré cette nuit ? » . La respiration se fait naturellement, sans effort particulier. Et en théorie... Le sommeil devrait fonctionner de la même façon. Quelque chose qui vient, quelque chose qu'on accueille quand il arrive. Mais quand le sommeil devient fragile, ce rapport simple se transforme. Il n'est plus seulement un besoin, il devient un objectif, une mission, quelque chose qu'il faut réussir. Le soir, on ne va plus se coucher. On entre en mode sommeil. avec une stratégie, avec des étapes, avec cette peur sourde de ne pas y arriver. Le sommeil n'est plus quelque chose qui arrive, c'est quelque chose qu'on poursuit, qu'on traque, qu'on essaye de provoquer. Et plus on essaie de l'attraper, plus il s'éloigne. Parce qu'on ne peut pas forcer un besoin naturel. On ne peut pas le gérer comme une tâche sur une to-do list. Et quand on en arrive là, quelque chose d'essentiel se perd. La spontanéité du sommeil. Sa légèreté. Ce rapport simple, instinctif, presque, oublié. Progressivement, le sommeil devient un enjeu. Ce n'est plus seulement « est-ce que je vais dormir ce soir ? » mais plutôt « est-ce que je vais… » réussir à dormir ce soir. Et la différence est énorme. Dans le premier cas, c'est une question. Dans le second, c'est un défi, un combat. Un enjeu, par définition, c'est quelque chose qu'on peut gagner ou perdre, quelque chose qui a du poids. Et à partir de là, chaque nuit devient une épreuve. Le moment du coucher se charge de tension, Une boule dans le ventre, une appréhension diffuse, comme si la nuit était quelque chose à affronter, comme si chaque soir ressemblait à un examen dont on ne connaît jamais le résultat. Le sommeil n'est donc plus alors un moment de repos, il devient une performance, un test à réussir. Et cette pression-là, évidemment, n'aide pas à dormir, parce qu'on ne peut pas s'endormir sereinement. quand on sent qu'il y a quelque chose à réussir, quand on se dit qu'on ne peut pas se permettre d'échouer encore une fois. Peu à peu, le sommeil prend une autre place encore. Il devient un juge, un juge silencieux mais très présent, un juge qui évalue, qui note, qui tranche. Chaque matin, le verdict tombe. Tu as bien dormi ? Alors tout va bien. Tu gères. Tu es à la hauteur. Tu as mal dormi ? Alors quelque chose ne va pas. Tu es moins capable, moins solide. Le sommeil devient un critère de valeur, une preuve de légitimité. Si la nuit a été bonne, on se sent autorisé à exister pleinement. Si la nuit a été mauvaise, on se sent diminué. Comme s'il fallait une bonne nuit pour avoir le droit d'être fatigué, d'être fragile, d'être humain. Ce juge est là au réveil. Il est là, devant le miroir. Il est là quand on vous demande « ça va ? » et que vous répondez « oui, mais j'ai mal dormi » . Comme si cette phrase explique tout. Comme si elle justifiait votre mauvaise humeur, votre fatigue, votre vulnérabilité. Et portez ce regard-là sur soi. Jour après jour, c'est épuisant. Épuisant de se sentir jugé, épuisant de se sentir coupable à chaque réveil difficile, épuisant de porter ce poids. Et puis presque, sans s'en rendre compte, le sommeil devient une condition. Une condition à tout le reste. Quand je dormirai bien, je serai une meilleure mère. Quand mes nuits seront réglées, je pourrai enfin m'occuper de moi. Quand j'aurai retrouvé le sommeil, je pourrai être heureuse. Le sommeil n'est plus un élément de la vie. Il devient le point de départ obligatoire pour que la vie commence. Tout est suspendu à cette condition. L'énergie, la joie, le plaisir, même les choses qui faisaient du bien avant, sont mises de côté. Pas parce qu'elles n'existent plus, mais parce qu'on se dit « ce n'est pas le moment, je n'ai pas assez dormi pour ça » . Alors on attend. On attend d'aller mieux. On attend d'être en état. Et pendant ce temps-là, on ne vit pas vraiment. On met sa vie en suspens en attendant un feu vert qui ne vient jamais. Parce que le sommeil ne sera peut-être jamais parfait. Il ne correspondra peut-être jamais à l'idéal qu'on s'est construit. Et pendant ce temps-là, la question reste là. Qu'est-ce qu'on fait de sa vie pendant qu'on attend ? Voilà le basculement. Le moment où le sommeil n'est plus simplement du sommeil, mais devient un enjeu, un juge, une condition. Et à partir de là, tout se complique. Parce qu'on ne porte plus seulement la fatigue d'une mauvaise nuit. On porte le poids de tout ce que le sommeil est devenu. Et ça, ça c'est beaucoup plus lourd. Maintenant, j'aimerais qu'on s'arrête un instant. Parce que si vous vous reconnaissez dans ce que je viens de décrire, si vous réalisez que oui, le sommeil a pris une place très importante dans votre vie, je veux que vous sachiez une chose. Ce n'est pas une erreur. Ce n'est pas un défaut. Ce n'est pas une faiblesse. C'est juste compréhensible. Et même, c'est logique. personne ne devient focalisé sur son sommeil du jour au lendemain. Personne ne se réveille un matin en se disant à partir d'aujourd'hui je vais organiser toute ma vie autour de mes nuits. On en arrive là parce qu'on a été fatigué, vraiment fatigué, longtemps. Des nuits hachées, des réveils multiples, des matins... où l'on se sent déjà vidé avant même que la journée ne commence. Des journées vécues en mode survie. À se demander comment on va tenir jusqu'au soir. Et quand on a connu cette fatigue-là, celle qui pèse sur tout, celle qui rend chaque chose plus lourde, celle qui transforme le quotidien en succession d'efforts. Évidemment qu'on finit par se dire « je dois faire quelque chose » . Évidemment qu'on cherche à protéger son sommeil, à tout faire pour qu'il revienne, à organiser sa vie autour de lui, parce qu'on ne veut plus jamais ressentir cet épuisement-là, cette impression de ne plus rien pouvoir gérer, de ne plus rien pouvoir contrôler. Et puis il y a parfois autre chose encore, une peur. Une peur très profonde, une peur de ne pas tenir, la peur de craquer, la peur même de s'effondrer. Ce moment où on a eu l'impression d'être sur un fil, où l'on s'est dit intérieurement, si je ne dors pas, je ne vais pas y arriver. Si je ne récupère pas, tout va s'écrouler. Quand on a vécu ça, le sommeil ne devient plus simplement important, il devient... vital, comme une question de survie. Et alors on s'y accroche. On fait tout pour le préserver. On refuse ce qui pourrait le perturber. On met certaines choses de côté parce qu'on a peur. Peur que si l'on le lâche, ne serait-ce qu'un peu, si l'on assouplit une règle, si l'on se permet un écart, tout s'effondre à nouveau. Cette peur-là n'est pas exagérée, elle n'est pas irrationnelle, elle est la trace de ce que vous avez traversé. Alors, se recentrer sur le sommeil, c'est souvent une tentative de protection, une stratégie de défense, face à une fatigue trop intense, face à une peur trop forte, face aussi à une période où l'on a eu l'impression de perdre pied. Alors, on fait ce qui semble logique. On essaie de reprendre le contrôle. Et quand on dort mal, reprendre le contrôle, ça ressemble souvent à ça. On organise, on planifie, on surveille, on protège. Puis on anticipe, on évite, on sécurise. Au départ, cette stratégie rassure. Elle donne l'impression d'agir, de ne plus subir, d'avoir une prise sur la situation. Et parfois au début, ça apaise vraiment. Mais le problème, c'est qu'on ne s'arrête pas toujours. On continue à protéger, même quand le danger... est passée. On continue à surveiller, même quand la situation s'est apaisée. Parce que la peur, elle, elle est restée. Et tant qu'elle est là, on n'ose pas desserrer. Alors si vous vous reconnaissez dans tout ce qui vient d'être décrit, je ne veux surtout pas que vous pensiez je suis ridicule, je fais n'importe quoi. Non, vous avez fait ce que vous pouviez. Vous avez fait du mieux que vous pouviez, avec la fatigue que vous aviez, avec la peur que vous ressentiez, avec les ressources dont vous disposiez à ce moment-là. Et c'était légitime, compréhensible, sans doute même nécessaire. Alors maintenant, je vous propose quelque chose de très simple. Rien n'a changé, rien n'a corrigé, rien n'a réussi, juste... Déplacez légèrement le regard. Peut-être que depuis le début de cet épisode, vous avez reconnu des choses, des habitudes, des réflexes, des pensées, et peut-être aussi une certaine fatigue. Pas celle du manque du sommeil, mais celle d'avoir été en vigilance pendant si longtemps. Alors, ici, il ne s'agit pas de faire différemment. Il s'agit simplement d'observer. Peut-être que pendant longtemps, la question a été comment faire pour mieux dormir. Et c'est une question légitime. Mais aujourd'hui, peut-être qu'une autre question peut doucement apparaître. Pas à la place, juste à côté. Qu'est-ce que je fais pour protéger mon sommeil et qui me coûte plus que ça ne m'aide ? Il ne s'agit pas de toucher au sommeil lui-même. ni de le provoquer, ni de le forcer, mais simplement de regarder la place qu'il occupe, dans les pensées, dans les décisions, dans la façon de vivre la journée, sans chercher à enlever, sans chercher à corriger, juste constater. Et parfois, rien que le fait de voir qu'on protège encore beaucoup, même quand le danger n'est plus là, peut déjà créer un... tout petit espace, pas un lâcher-prise, pas une révolution, juste un espace où l'on respire un peu plus, où l'on se dit peut-être que je n'ai pas besoin d'être aussi vigilant tout le temps. Et c'est dans cet espace-là, parfois, qu'autre chose peut revenir. Une envie, un élan, un moment vécu sans arrière-pensée. Pas parce que le sommeil va mieux, mais parce que pendant un instant, il n'est plus au centre. Comme vous l'aurez compris, le sommeil n'a pas besoin d'être repoussé, ni combattu, ni corrigé. Il a juste besoin de retrouver sa juste place. Ni trop grande, ni trop petite. Une place parmi les autres. Et parfois, le simple fait de déplacer le regard suffit à amorcer quelque chose de nouveau. Et si vous avez envie de prolonger cette réflexion, je vous partage aussi ces questionnements dans ma newsletter. Le lien est dans la description de cet épisode. Je vous remercie pour votre attention et je vous dis à très bientôt dans la Fabrique du Sommeil.