Speaker #0Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Bérénice, je travaille chez Oloméa et je suis passionnée par la bio-inspiration et la manière dont fonctionnent les humains entre eux. Bienvenue sur La Fluence, le podcast qui explore la coopération. La Fluence, c'est une occasion de se poser des questions, d'explorer, de découvrir, d'apprendre et surtout de partager. Coopérer, oui, mais pour quoi faire ? Comment mettre en mouvement et engager autour de projets qui ont du sens ? Comment relier son travail et ses valeurs avec ses convictions personnelles ? Entre chaos et opportunités, explorons ensemble de nouvelles manières de construire les collectifs. Dans cet épisode, on va décortiquer la coopération. Un mot que l'on connaît tous et toutes, et pourtant si on cherche la définition sur internet par exemple... On trouve parfois des contradictions. Alors qu'est-ce que ça veut dire coopérer ? À quoi ça sert ? Comment on fait ? Et est-ce que ça s'apprend ? Déjà la première question à laquelle on va essayer de répondre, c'est qu'est-ce que la coopération ? Alors la coopération, c'est le fait de participer à une œuvre, à un projet commun. La capacité de travailler ensemble à cette action commune et de tisser des liens pour la réaliser. Le tout en intégrant... les contraintes des autres. Donc c'est vraiment le fait de travailler sur un projet déjà avec les autres, donc en interaction avec les autres, en intégrant leurs contraintes, c'est-à-dire on les prend en compte et on les intègre dans ce qu'on est en train de faire. Donc maintenant que j'ai donné la définition de la coopération, il y a un point quand même qui est très important qu'il faut retenir, c'est que la coopération ce n'est pas une injonction. C'est vraiment quelque chose qui s'observe en situation, c'est impossible de dire à un groupe de personnes « allez-y, coopérez maintenant » , ça ne va pas marcher. C'est souvent quelque chose qu'on observe, et souvent on l'observe d'ailleurs dans des situations qui sont difficiles, des situations d'adversité. Parce qu'en effet, si on coopère, on s'intéresse aux forces et aux contraintes de tous les membres du collectif, et en fait c'est là qu'on est capable de s'aider mutuellement et de faire émerger des solutions pertinentes. Alors la coopération c'est aussi un ensemble d'ingrédients, ce qu'on appelle des ingrédients de coopération. Et l'un des ingrédients qui est fondamental déjà, s'il n'y est pas la coopération, ne peut pas avoir lieu. c'est la présence d'un destin commun. Ce qu'on appelle un destin commun, ça peut être un objectif, un résultat, quelque chose vers lequel on se dirige ensemble et qui nous dépasse personnellement. C'est-à-dire que finalement nous, nos objectifs personnels vont être dépassés, vont être presque transcendés par cet objectif commun qui nous rassemble en fait. Pour réaliser ce destin commun, donc si on veut coopérer, ça veut dire qu'on va être dans un collectif avec d'autres personnes. Et un des ingrédients de la coopération, justement, c'est d'avoir une bonne conscience individuelle et collective. Ce que j'appelle une conscience individuelle et collective, c'est-à-dire avoir connaissance des forces et faiblesses de chacun, à la fois à l'échelle individuelle et à la fois à l'échelle collective. Comment est-ce que moi je réagis en situation de stress, par exemple ? Comment est-ce que je communique ? Quels sont les modes de communication des personnes autour de moi ? Comment elles, elles ont tendance à réagir ? En fait, plus on a conscience de soi à l'échelle individuelle et plus on a conscience du collectif, plus ça va être facile d'intégrer les contraintes des autres. Tout à l'heure, quand on donnait la définition, on disait que la coopération, c'était le fait de non seulement prendre en compte, mais intégrer les contraintes des autres dans la réalisation d'un objectif commun, d'un destin commun. Plus on a une conscience élevée de son collectif, plus ça va être facile d'intégrer les contraintes des autres, et donc de coopérer. Un des ingrédients de la coopération, justement, en lien avec ça, c'est la diversité. dans notre collectif, plus il est diversifié, plus on va pouvoir bénéficier des complémentarités de chacun. Et en lien avec ça, avec cette diversité, cette complémentarité, et pour bénéficier des complémentarités, il y a quelque chose qui est essentiel également dans les ingrédients de la coopération, c'est les interactions. Avoir des interactions en quantité suffisante et de qualité. C'est-à-dire qu'on prend le temps de se dire les choses, on prend le temps d'avoir... des réflexions sur le sujet, de se réaligner, etc. On communique, on provoque de l'interaction entre les personnes. Et ça, ça va faciliter énormément la coopération. En ayant des temps d'interaction, ça va nous permettre d'arriver sur les deux autres ingrédients de coopération. Le premier, c'est savoir agir au bon endroit, savoir sentir quel est le rythme, quelles sont les priorités du moment, sur quoi est-ce qu'on agit en ce moment, en fonction des interactions qu'on a eues, en fonction de l'état du collectif, en fonction de l'état du contexte. où est-ce qu'on agit ? Agir au bon endroit ? Et il y a aussi agir au bon moment, avoir une espèce d'intelligence de situation, de savoir se réajuster. On est dans un monde où tout fluctue, donc vraiment savoir se réajuster, se réadapter par rapport au contexte, c'est très très important, et c'est ce pourquoi la coopération est essentielle. Et donc en fait, grâce à ça, un des autres ingrédients de cette coopération-là, c'est la résilience, la robustesse que notre collectif peut avoir, parce qu'on va pouvoir s'adapter. et s'appuyer aussi sur les forces et faiblesses de chacun. Et donc en fait, ces ingrédients de la coopération, ils se mettent en place avec, pour moi, deux éléments qui se font comme un socle de coopération. Le premier, c'est vraiment le temps. À la fois le temps pour construire le collectif et pour l'entretenir, et puis aussi le fait qu'il y ait un climat de confiance qui règne, et c'est quand même en lien avec le temps, parce que le climat de confiance, il vient... avec les expériences de coopération, c'est-à-dire que plus on coopère ensemble, plus on apprend à coopérer, plus on a confiance les uns en les autres. Et donc ça, évidemment, ça prend du temps. Et pour moi, les ingrédients de la coopération vont pouvoir prendre vie et s'observer en situation encore plus facilement s'il y a un climat de confiance et s'il y a eu du temps qui a permis de s'entraîner à cette coopération. Maintenant, je vous ai donné des éléments de définition justement sur la coopération. Je vous ai dit que ce n'est pas une injonction, que c'est quelque chose qui s'observe. Je vous ai donné des différents ingrédients qui font qu'on est amené à coopérer. Mais j'aimerais quand même nuancer un petit peu et vous expliquer ce que c'est que la différence avec la coordination. Parce que c'est vrai que souvent, c'est des mots qui se ressemblent. C'est des mots où il peut y avoir des confusions ou des préjugés justement sur ce que signifient ces deux mots-là. Donc moi je vais pas vous faire un cours de sémantique, mais je vais vous dire en quoi est-ce que je pense que c'est différent de la coordination. Déjà parce que la coordination, dans sa définition, c'est le fait d'agencer les parties d'un taux dans l'objectif d'avoir un résultat donné. Donc ici, en fait, ce qui se passe c'est qu'on se répartit les tâches, on agence et on obtient ce qu'on avait prévu. On n'a pas forcément connaissance des contraintes des autres, on n'a pas particulièrement d'interaction, juste on fait notre truc. L'autre, il fait son truc, et puis à la fin, on se rassemble et on s'est coordonnés. On obtient ce qu'on avait prévu, ok. Mais dans un monde de fluctuants et de transitions, le contexte est amené à changer entre le moment où on avait décidé ce qu'on avait prévu et puis le moment où on obtient ce qu'on a prévu. Par contre, petite nuance, c'est pas parce qu'on coopère que dans la coopération, on fait tout tout le temps ensemble. Dans la coopération, il y a aussi une partie de coordination. Il y a aussi une partie où chacun va faire peut-être un aspect plus particulièrement du destin commun, et puis après on va se réunir, on va se coordonner, etc. Mais j'ai envie de dire, en plus de tout ça, il va y avoir tous ces ingrédients dont on a parlé tout à l'heure, les interactions, la vision globale, l'intelligence de situation, la conscience du collectif, etc. Donc peut-être je vous invite à faire une petite pause et à vous poser quelques questions. On avait dit dans l'introduction que dans l'affluence, on allait se poser des questions. Donc c'est le moment. Est-ce que vous, peut-être dans ce que vous vivez, est-ce que plutôt vous avez tendance à vous coordonner ou est-ce que vous avez tendance à coopérer ? Est-ce que vous avez des objectifs qui sont plutôt individuels ou est-ce que vous avez des objectifs aussi communs ? Est-ce que vous avez des interactions qui sont fréquentes et de qualité ? Et est-ce que finalement les résultats que vous produisez sont adaptés à votre contexte ? Voilà, alors bon courage avec toutes ces questions. Mais c'est toujours intéressant de se les poser, de se faire une petite introspection justement sur ce qu'on vit. Et puis, moi je vais enchaîner en répondant à cette question, à quoi est-ce que ça sert de coopérer ? On a dit coopérer, oui, mais pour quoi faire ? À quoi ça sert finalement de se contraindre avec des interactions, d'apprendre à se connaître, d'avoir conscience du collectif, de passer du temps ? temps à s'entraîner pour coopérer. Finalement, ça prend du temps, c'est pas facile. Bon, pourquoi est-ce qu'on le ferait ? Pourquoi est-ce qu'on le ferait ? Déjà parce que on a envie que les projets aboutissent. Dans le cas où les projets sont en échec, souvent il y a une zone aveugle et cette zone aveugle, c'est le collectif. Souvent, on trouve une excuse technique, on se dit oui, mais en fait ce capteur, machin, il était mal réglé. Oui. Mais il était mal réglé, j'ai envie de dire, il y a forcément quelqu'un dans l'équipe qui le savait. Pourquoi est-ce qu'on ne l'a pas su ? C'est ça en fait, c'est cette zone aveugle-là. qui est pourquoi est-ce qu'à ce moment-là il n'y a pas eu d'interaction ? Pourquoi à ce moment-là est-ce qu'il n'y a pas eu de coopération ? Pourquoi en fait ça s'est mal passé ? Et pour que ça fonctionne, c'est essentiel de prendre soin du collectif. Un des autres avantages de la coopération, c'est que ça permet, dans un monde en transition, de faire face aux imprévus, aux fluctuations, etc. Pourquoi ? Parce qu'en fait, quand on coopère, comme on a cette vision globale partagée, comme on a cette diversité de profils, Comme on a cette intelligence de situation, cette intuition, ce destin commun qui finalement nous transcendent tous et toutes, et bien en fait grâce à ça, quelles que soient les fluctuations, quelles que soient les imprévus, on va être capable d'être adaptable. L'adaptabilité c'est une des propriétés aussi qu'on retrouve dans le monde du vivant. Et c'est ça en fait qui permet, en coopérant, de faire face aux imprévus. Et justement en fait la coopération ça nous permet également de construire des projets complexes. Des projets qui ne pourraient pas être portés que par une seule personne parce qu'ils sont systémiques, parce qu'ils sont non-prédictibles, parce qu'ils ont besoin d'adaptabilité. Et enfin, à l'échelle d'une entreprise, par exemple, ça peut aussi permettre d'élargir le champ d'action en bénéficiant des compétences de chacun, de chacune, et donc d'élargir tout simplement les compétences que l'on a au sein d'un même collectif. Et puis, à titre plus personnel, pourquoi est-ce que finalement la coopération... C'est un effort nécessaire, même si c'est très difficile. Pourquoi est-ce qu'en fait on aurait avantage à le faire ? Déjà, le fait d'avoir des relais, des appuis. Comme on disait tout à l'heure, dans un collectif, il peut y avoir une diversité de personnes, de profils, d'appétence, de compétences. Et donc le fait d'avoir des relais, d'avoir des appuis, ça fait que tout n'est pas dépendant d'une seule personne. Et ça, c'est quand même agréable à un niveau personnel, de se sentir aussi faire partie d'un tout. Et puis ça permet aussi d'être relié à un projet qui fait plus de sens, un projet qui finalement nous tient à cœur parce qu'on a la vision sur ce destin commun. Ce qu'on observe en fait en ce moment aussi avec les phénomènes de Big Quit, etc., c'est qu'il y a de plus en plus de personnes qui perdent de vue cet objectif commun dans lequel ils se sont embarqués. Et puis tout simplement, c'est aussi une manière d'avoir une bonne expérience au travail. Et ce qu'on observe quand la coopération n'est pas là, souvent c'est des symptômes qui sont assez récurrents, c'est le manque de temps pour se parler, la perte de sens, l'échec de ses projets. Et tout ça, c'est vrai que ça fait vivre une expérience au travail qui peut être assez négative, qui peut être assez coûteuse en énergie. Et souvent on se rend compte que faire partie d'un projet beaucoup plus coopératif, ça redonne de l'énergie, ça redonne aussi de l'envie par rapport au projet. Et tout simplement on passe un meilleur moment à travailler pour ça. Puis il y a un aspect aussi de sécurité psychologique. Parce que si on se plante, ça ne va pas nous retomber dessus personnellement, parce que de toute façon, on sait que rien ne va se passer comme prévu, on est dans un monde fluctuant. Et puis, on est ensemble et on a collectivement intérêt à réussir. C'est-à-dire que ça nous dépasse finalement à titre individuel et personne ne va finalement nous faire retomber la faute dessus parce que quelque chose s'est mal passé. on sait que ça se va mal se passer on le prévoit, on l'anticipe et on fait tout pour que le collectif puisse justement prendre le relais à certains moments et pour avoir aussi la conscience des fluctuations du contexte. Alors maintenant on a vu ce que c'était la coopération, on a vu quels étaient les différents ingrédients, on a vu aussi en quoi ce n'était pas que de la coordination et à quoi c'est ce que ça servait. Mais finalement, comment on fait ? Est-ce que ça s'apprend ? pas de recette magique. Tout simplement, je vous l'ai dit au début, la coopération, c'est pas une injonction. Mais, je peux vous partager quelques astuces. Déjà, ce que je disais un peu plus tôt dans l'épisode, pour moi, il y a deux choses qui sont essentielles, c'est le temps et la confiance. Le temps de construire son collectif, de l'entretenir, de faire en sorte que les personnes se connaissent entre elles, se connaissent aussi individuellement et créer en fait des liens, ce qu'on a appelé des liens de qualité, des liens de confiance. Pour moi, ce qui est aussi très important si on veut coopérer, c'est vraiment cette vision collective partagée d'une situation, de l'écosystème. Il y a des outils qui sont très intéressants pour ça, qui offrent une vision vraiment de toutes les parties prenantes sur un sujet, qui permettent de reposer et de le construire ensemble. Ça montre aussi quels sont les points de vue chacun, quels sont les enjeux pour chacun et ça permet vraiment d'avoir une meilleure conscience de son collectif. Une des astuces aussi très concrètes pour coopérer. c'est le fait de prendre des temps qu'on appelle réflexifs, qui sont ni dans la production, ni totalement inactifs. et pendant lesquelles vraiment on va faire le point sur les avancées, sur les imprévus, sur l'évolution du contexte. On s'assure que ce qu'on a fait c'est toujours, d'une certaine manière, relié à notre destin commun. Et puis il y a aussi une partie peut-être un peu plus intangible, peut-être un peu plus de l'ordre du ressenti. Le fait de prendre soin de son collectif, de ressentir tous les signaux faibles, tous les petits... choses qu'on perçoit mais qu'on sait pas trop comment formuler, tout ça en fait c'est important de le prendre en compte et les ressentis ça fait aussi partie d'une certaine manière de la perception que l'on a de son contexte et puis ce qu'on peut faire tout simplement pour coopérer déjà c'est aussi apprendre à se connaître, apprendre à connaître ses réactions émotionnelles, à comprendre celles des autres et vraiment prendre ce temps là d'introspection et aussi de finalement de de comprendre comment fonctionne l'autre, d'aller discuter avec lui, d'aller échanger, et justement de créer ces liens de confiance. Et puis de prendre des temps d'entraînement à la coopération, d'avoir une attention forte à ce qu'on est en train de faire, comment on le fait, comment est-ce que ça se déroule. Nous c'est ce qu'on appelle nos objectifs cachés. Quand on fait un accompagnement par exemple, on a des objectifs cachés, qui sont en fait ce qu'on ressent, ce qu'on essaye de faire passer, mais sans le dire vraiment. Et en fait, tout ça, c'est prêter attention à ce qu'on fait quand on est dans un travail collectif, comment on le fait, comment ça marche. Et est-ce que ça s'apprend ? Bah écoutez, oui, ça s'entraîne même, on peut s'entraîner à coopérer. Plus on le fait, plus on va justement tisser des liens avec les personnes, et plus ça va être facile de le faire. Alors pour conclure, si vous deviez retenir quelques points de cet épisode sur la coopération, déjà, c'est que ce n'est pas... pas une injonction, mais c'est vraiment quelque chose qui s'observe en situation. Ça se définit par le fait de travailler à plusieurs pour un destin commun, mais ça s'observe surtout par la présence d'ingrédients comme la diversité, la qualité des interactions, etc. Coopérer pour quoi faire ? Finalement, c'est pour faire que les projets réussissent, qu'ils soient adaptés au contexte et à sa complexité, et pour faire face aux imprévus de plus en plus récurrents dans notre monde en transformation, et puis à titre plus individuel pour passer un meilleur moment dans son contexte professionnel. Et puis, finalement, dans notre contexte de transition, coopérer, c'est vraiment la clé. C'est un effort qui est difficile, mais qui est nécessaire, et qui va vraiment, selon nous, nous aider à faire face aux fluctuations que nous sommes en train de vivre. J'espère que cet épisode sur la coopération vous aura plu. Les épisodes du podcast de La Fluence sortiront... une fois par mois et vont former un recueil de témoignages, de vécus liés aux transformations des pratiques qui vous permettra à vous aussi d'avoir des clés pour faire évoluer à votre échelle votre environnement professionnel. Et puis chaque trimestre, dans un format un peu plus court comme celui-ci, nous explorons un thème ou un concept qui abordera un nouvel éclairage sur les expériences partagées par nos invités. Pour ne rater aucun épisode et pour faire grandir ce podcast, vous pouvez en parler autour de vous, vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée et nous laisser des étoiles si vous nous écoutez depuis Spotify ou Apple Podcasts. Merci beaucoup pour votre écoute et à bientôt pour un nouvel épisode.