Speaker #0Bonjour et bienvenue dans la joie de créer le podcast dédié au financement de projets à impact porté par des femmes. Dans ce podcast, tu découvriras des conversations avec des créatrices engagées, des leaders conscientes et des entrepreneurs sociales qui viendront nous raconter comment elles ont financé leurs projets à impact. Mon intention à travers ces retours d'expérience est de t'apporter de la clarté sur les leviers à ta disposition pour permettre toi aussi à ton projet de grandir. Je suis Axelle Roy, la nôtre, je suis entrepreneuse depuis 10 ans, je suis maman de deux petits garçons de 4 ans et 5 mois, je suis conférencière et experte en stratégie de financement pour les projets à impact. Je suis moi-même passionnée par le processus créatif, d'où le nom de ma boîte, la joie de créer, par la manière dont on donne vie à ses rêves et dont on les concrétise en un projet stable, pérenne et robuste, au service d'une vie riche et pleine de sens. Je suis convaincue que financer son projet devient une véritable source de joie avec la bonne stratégie pour soi. Et c'est ce que nous allons explorer au fil des épisodes. Hello, bienvenue dans ce nouvel épisode. Est-ce que tu as regardé le show de la mi-temps du Super Bowl du week-end dernier ? Alors, personnellement, moi j'adore ce show. Déjà parce qu'il s'agit de la plus grande scène du monde, à mes yeux. On parle quand même de plus de 130 millions de spectateurs et 7 millions de dollars pour les 30 secondes de pub. Et j'adore ce show aussi parce que la mise en scène, la production et la réalisation sont à chaque fois époustouflants. Géniaux. Moi, ça me permet aussi de redécouvrir tous les ans l'univers d'un artiste, dont je connais parfois un petit peu l'œuvre, mais très peu que les titres connus, et sans jamais m'être plongée dans la profondeur de son œuvre. et du coup ça me permet vraiment de redécourir et de replonger dans son oeuvre, tout simplement. L'an dernier par exemple, j'avais passé mon mois de février à écouter la discographie complète de Kendrick Lamar, puisque c'était l'artiste qui avait fait le halftime show du Super Bowl, et je suis presque devenue un collab, c'est pour te dire à quel point le halftime show pour moi ça crée quelque chose chez moi en tout cas. Bref, tu l'auras compris, le halftime show du Super Bowl... C'est bon pour mes yeux, c'est bon pour ma culture musicale pop et c'est aussi bon pour mon engagement. Parce que depuis quelques années, peut-être que tu en conviendras, ce show prend un tournant résolument engagé et même, je dirais presque, politique. Ça avait déjà commencé avec l'édition en 2020, où Shakira et J-Lo avaient dénoncé, avec une mise en scène super puissante à base d'enfants enfermés dans des cages, les dérives de la politique anti-immigration de Trump lors de son premier mandat. J.Lo raconte d'ailleurs, dans le documentaire Half Time que tu peux trouver sur Netflix, comment elle a préparé cette performance et ce qui a failli lui coûter d'aller jusqu'au bout de sa démarche, notamment en termes, je dirais, de censure. Tu pourras aller regarder, moi vraiment, ce documentaire, je l'ai vu et je te le recommande. Toujours est-il que, six ans plus tard, avec la performance de Bad Bunny, je crois qu'on a atteint vraiment un paroxysme en matière de show politique. Et au-delà d'un simple show politique même, je trouve que c'est une véritable masterclass d'intégrité que Bad Bunny nous a offert le 9 février dernier. D'abord, je vais donner un peu de contexte sur qui est Bad Bunny. Bad Bunny, c'est un artiste portoricain qui est régulièrement récompensé aux Grammy Awards, donc plutôt classé comme un artiste de reggaeton ou de dembow. C'est l'artiste en 2025 qui a été le plus streamé au monde. Donc, sauf erreur de ma part, je crois que c'est la première fois dans l'histoire de la musique qu'un artiste latino-américain hispanophone occupe une telle place dans l'industrie musicale. Je ne sais pas si tu te rends compte à quel point c'est énorme le phénomène Bad Bunny. Peut-être que tu ne le connais pas. En tout cas, j'espère qu'après cet épisode de podcast, tu auras envie de découvrir toi aussi son oeuvre. Et d'ailleurs, c'est parce qu'il est... aussi exceptionnel, enfin voilà, pionnier, que la National Football League et Roc Nation. Roc Nation, c'est la boîte de production qui pilote depuis quelques années maintenant le halftime show du Super Bowl. Donc c'est la boîte qui appartient à... C'est une boîte qui appartient à Jay-Z, notamment, au label Roc-A-Fella. C'est pour ça que la NFL et Roc Nation ont choisi cet artiste, pour se produire lors de la mi-temps du Super Bowl 60. Bad Bunny, pour te résumer un petit peu son œuvre, c'est un artiste qui est connu pour sa musique urbaine, festive et très dansante. Il est surtout aussi connu pour être très engagé pour la reconnaissance de la culture de son île natale, qui est Puerto Rico. Pour te dire à quel point il est engagé dans ce sens-là, je vais te donner deux exemples. Déjà, premièrement, en 2019, il a suspendu pendant plusieurs semaines sa tournée internationale pour participer aux manifestations à Puerto Rico qui ont conduit à la démission du gouverneur Ricardo Rosselló, qui était entre autres accusé de corruption. Donc déjà, voilà, premier exemple, le gars, il a lâché sa tournée pour rentrer au pays, rentrer sur son île. et manifester avec ses concitoyens. Et en 2022, autre exemple, il a sorti Ella Pagone, qui est un titre très critique, qui parle de la gentrification qui est en cours à Puerto Rico, du fait d'investissements immobiliers états-uniens massifs et dérégulés même, et qui parle aussi des très fréquentes coupures de courant sur l'île de Puerto Rico qu'il y a eu depuis le passage de l'ouragan maria en 2017. d'ailleurs contre lesquels le gouvernement fédéral ne fait pas grand-chose, si on écoute bien les paroles. Voilà, donc ça c'est vraiment sur son engagement par rapport à sa culture. Et plus récemment, il a utilisé sa notoriété et son exposition médiatique pour prendre position contre les décisions de l'administration Trump 2, et plus particulièrement contre la politique anti-immigration et les opérations en cours actuellement très controversées de l'Aïs. Lors de la cérémonie des Grammys en janvier dernier, il a déclaré « Ice out » . Et pour sa tournée internationale de 2026, donc la tournée qu'il a prévue cette année, il a refusé de faire des dates aux Etats-Unis. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il y a fort à parier qu'il y ait des « immigrés » illégaux qui participent, qui achètent des places pour aller à ce concert. Et donc pour éviter que son public se fasse piéger, Par des potentielles opérations de l'A.S., il a décidé tout simplement de ne pas faire de date aux Etats-Unis. Je ne sais pas ce que tu en penses, je trouve que le bonhomme, il a quand même, on va dire, du culot pour rester poli. Voilà. Donc déjà, tu vois, Bad Bunny, c'est un artiste qui s'illuse vraiment par, pour moi, son intégrité et son amour pour son île. Il aime aussi donner à voir l'authenticité de la culture de son île. Et il n'hésite pas à prendre la parole pour dénoncer des injustices ou des incohérences. Alors, maintenant, pourquoi ce half-time show a-t-il été, selon moi, une masterclass d'intégrité ? Déjà parce que, pour la première fois depuis 1993, 90%, allez 95% de la performance a été réalisée en espagnol. Pour un événement aussi emblématique aux Etats-Unis avec une telle ampleur, je sais pas si tu te rends bien compte, mais c'est une vraie prouesse d'audace. C'est même presque un acte d'insolence que de proposer un show dans cette langue. Donc déjà, c'est quand même assez puissant. Ensuite, parce que la performance, en fait, si tu la regardes, c'est vraiment un hommage pur et simple à la culture portoricaine, caribéenne et même latino-américaine plus largement, et sans aucun compromis, sans aucune trahison. Moi qui ai vécu une partie de ma vie en Amérique latine, J'ai retrouvé beaucoup d'éléments que j'ai connus et ça m'a fait du bien d'ailleurs. Mais en tout cas, j'ai été sensible à ça et ça m'a permis aussi de me rendre compte quel est le poids finalement de cette partie de l'Amérique dans la culture pop contemporaine internationale. Bad Bunny, il n'a pas hésité pendant le show à utiliser des symboles très forts, notamment pour rappeler la contribution et la place de Puerto Rico. et des Caraïbes à ce qu'on appelle l'Amérique. D'accord ? Voilà. Donc, par exemple, tu pourras voir, si tu vas voir la vidéo, bien sûr, parce qu'elle est disponible sur YouTube, tu vas voir plusieurs références à des travailleurs dans les plantations de canne à sucre. Tu vas voir aussi... Tu vas retrouver le péréo et la culture urbaine telle qu'elle est pratiquée sur cette île-là et dans les pays des Caraïbes notamment. Il y a une petite référence à la Marqueta à New York qui est un supermarché emblématique de la communauté puertoricaine à New York. Il y a tout un passage aussi où il reprend Ella Pagone justement où il a mis en scène carrément des poteaux électriques. des pylônes électriques qui disjonctent pour vraiment rappeler la précarité énergétique dans laquelle est l'île. Au passage, il a porté son message, il a dit « Eh oh, ne nous oubliez pas » . Voilà, il y a autant de thématiques et de symboles qui rappellent justement... La place et la contribution de la culture portoricaine à la culture américaine, mais aussi, c'est des thématiques et des symboles, finalement, qu'on retrouve dans l'œuvre musicale de Bad Bunny. Et vraiment, un symbole que j'ai aussi beaucoup aimé, c'est qu'il n'a pas non plus oublié de rappeler que l'Amérique, ce n'est pas ce grand concept qui est brandi par la sphère MAGA, Make America Great Again, c'est en fait tous les pays d'Amérique, du nord au sud. Donc, il y a les États-Unis, bien sûr, mais il y a tous les autres pays. Et ça, ça a vraiment été le point d'or, je dirais, de la prestation. Il l'a vraiment beaucoup accentué. C'était sur la fin, c'était la conclusion en plus, donc c'était d'autant plus puissant. Et surtout en prônant un message d'unité. Et enfin, il avait annoncé quelques jours avant le Have Time Show pourquoi c'était une masterclass d'intégrité. Parce que ça a été une grande fête. Et je voudrais juste rappeler que le reggaeton et la dembo, à la base, ce sont des musiques qui sont faites pour danser et pour faire la fête. C'est fait pour communier, c'est fait pour se rencontrer, c'est fait pour s'amuser, pour s'aimer aussi. Et justement, ce n'est pas pour se faire la guerre. Donc pour moi, ces musiques-là, finalement, le message derrière, c'est que quelle que soit la langue dont on parle ou quelles que soient nos opinions politiques, on peut faire la fête ensemble. Et justement, il a tenu sa promesse là-dessus, il est resté fidèle à son message et il a terminé aussi en ponctuant « The only thing more powerful than hate is love » . La seule chose plus puissante que la haine, c'est l'amour. Pourquoi je te parle de ça dans un podcast dédié au financement de projets à impact porté par des femmes ? Eh bien tout simplement parce que c'est souvent une peur que je croise chez les projets que j'accompagne ou même chez les femmes engagées qui les portent et que j'accompagne du coup. C'est cette peur que le fait de faire entrer plus d'argent et s'exposer davantage médiatiquement demande de se compromettre, de s'édulcorer, de gommer certains aspects de sa personnalité, de gommer des pans entiers de son projet, ou en tout cas de cacher, de ne pas être complètement transparent, de ne pas être trop militant, de ne pas être trop engagé, de négocier un peu sur sa vision aussi. Bref, il y a toujours un petit peu cette peur de se trahir. Et c'est là que je trouve l'exemple du half-time show qu'a porté Bad Bunny ces derniers jours très inspirants. Ça montre en fait que pour accéder à ce niveau de notoriété et d'impact, il est vraiment très important de rester fidèle à ses valeurs, à son message et à rester entièrement et complètement soi. À mon sens, et c'est mon opinion, quand on se donne l'autorisation d'être intégralement soi, comporte un message qui résonne avec tout. toutes les parts de soi. Et c'est là, pour moi, qu'on crée des changements extraordinaires, qu'on rayonne et qu'on attire les bonnes opportunités pour soi et particulièrement des opportunités de financement. Vraiment, pour moi, dans une économie où la majorité des projets sont financés sur une simple idée, qu'elle ait fait ses preuves ou non, je dirais même que rester entière et intègre, c'est vraiment un gage de confiance et de stabilité. Pourquoi ? Parce que il suffit qu'on aille regarder un peu Merci. sur tes réseaux sociaux, qu'on aille regarder un peu l'historique de ton projet, qu'on aille un peu regarder qui tu es, pour se rendre compte qu'en fait, ce n'est pas de la poudre aux yeux ce que tu proposes. C'est vraiment du concret, c'est vraiment quelque chose que tu portes, que tu incarnes. Et ça, c'est vraiment un gage, encore une fois, de confiance, de stabilité. Et voilà. Et c'est pourquoi moi, je travaille énormément cette dimension-là avec les projets et les clientes que j'accompagne, notamment en coaching individuel, one-to-one. J'espère en tout cas que ce bref épisode de cette brève analyse t'aura plu. Je serais très curieuse de connaître ton ressenti sur cet épisode. Et si tu veux savoir si une recherche de financement est la bonne voie pour ton projet, je t'invite à m'écrire à contact.axelrois.fr. Je te remets l'adresse mail en description de l'épisode. Je te remercie. Je te souhaite à la prochaine fois pour un nouvel épisode. Et d'ici là, porte-toi bien. Ciao !