- Speaker #0
Hello et bienvenue dans la lecture obscure, le podcast où le tarot rencontre le business sans détour. Je suis Gaëtan Balester, tarologue, et j'aide les pros du bien-être à communiquer pour atteindre les clients qui ont vraiment besoin d'eux. Carte bien-être stratégie, tout ce que les pros de l'ésotérisme n'osent pas dire à Roi Mouton. Si tu construis ta pratique ou si tu veux la faire grandir, tu es exactement où il faut. Ouais, c'est chouette.
- Speaker #1
Ah, c'est ça qu'il filme ?
- Speaker #0
Les deux nous filment. Ah,
- Speaker #1
les deux nous filment,
- Speaker #0
ok. C'est vrai que ça fait plusieurs fois qu'on doit faire cette interview. C'est grave. C'est quand la première fois qu'on s'est rencontrés ? C'est bientôt il y a un an, lors d'un salon. Ouais,
- Speaker #1
le salon de la motte.
- Speaker #0
On avait vachement matché.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
c'est clair. Non, pas à la motte, c'était à Trans-en-Provence. T'as raison. Et après on s'est suivis à la motte, à OPS, là tout dernièrement à Villecreuse, et puis nos agendas. Nos agendas collent pas, on veut se voir, on veut faire un truc ensemble depuis le départ, depuis tout premier, où mon podcast n'était pas encore en vidéo. Je t'ai dit, ouais, j'aimerais bien t'inviter, et on n'a pas trouvé le prétexte. Enfin, si, on a trouvé le prétexte, on a envie de se revoir, mais on n'a pas trouvé le temps. Et c'est vrai que nos entreprises, la vie d'entrepreneur, des fois, ça bloque sacrément nos agendas, et puis il y a toute notre vie derrière aussi. Marie-Amélie Leroux. Qui es-tu ? La question large !
- Speaker #1
On t'a dit qu'on avait 20 minutes ou
- Speaker #0
3h30 ? On a 20 minutes mais pas que pour cette question !
- Speaker #1
Marie-Amélie Leroux, j'ai 43 ans, je suis hypnothérapeute à Trans en Provence. Je propose dans le cabinet de l'hypnose un équivalent de l'EMDR et de l'accupération intuitive qui est un soin énergétique.
- Speaker #0
Alors si vous n'avez pas tout compris, c'est normal. Pas tout le monde sait ce qu'est le MDR ou la culpression. Tout ça, on va y venir. Ou peut-être pas parce qu'on n'a que 20 minutes. En l'occurrence, il faudra peut-être découvrir tes réseaux pour en apprendre davantage. Tu as toujours fait ça ?
- Speaker #1
Non, je n'ai pas toujours fait ça. J'ai ouvert le cabinet il y a plus de deux ans maintenant, après une reconversion. J'ai commencé ma vie professionnelle en événementiel, en communication événementielle. J'organisais des séminaires en France et à l'étranger pour des grandes entreprises françaises. Merci. Je ne suis pas seule dans ce cas-là, mais il y a un gros burn-out qui est passé par là. Un burn-out qui vraiment, quand on parle de burn-out, c'est vraiment le cerveau qui, pour moi, a complètement brûlé, avec une perte de cognition et deux ans d'arrêt, avec une notion de se dire « Est-ce que je vais être en capacité de me reformer, de réapprendre des choses, de retrouver de la cognition ? » Et oui, heureusement. Et c'est chouette pour moi de voir aujourd'hui, déjà, qu'on peut vraiment y arriver, alors qu'à un moment donné, je ne sais pas. de ne pas être capable de ça, et de se rendre compte que finalement, ce n'est pas si éloigné que ça, on a l'impression qu'on fait des reconversions. Et en réalité, on suit un même projet d'accompagnement. J'avais vraiment cette... En fait, ce que je suis au Calais aujourd'hui, c'est exactement qui j'étais déjà avant. Je travaillais en événementiel avec déjà beaucoup d'humains. J'accompagnais des chefs de projet, des entreprises, des gens, des humains, en fait, à effectivement organiser un événement pour leur entreprise, mais surtout à se mettre aussi en valeur dans leur entreprise par rapport à leur direction. Et moi, je travaillais, je mettais un point vraiment d'orgue et j'avais des clients qui me disaient, on a vu la différence après, quand tu as arrêté, je faisais une autre agence. Moi, je disais, je suis dans l'ombre. J'avais cette notion vraiment d'être très discrète sur les événements, de ne pas me mettre en avant, etc. et de valoriser la personne. Et au final, le travail que je fais aujourd'hui, moi, je tiens vraiment à cette notion d'accompagnement. L'hypnose, ça peut se faire de plein de façons différentes, mais ma façon de faire, c'est vraiment de suivre la personne. Et d'être là pour l'aider, l'accompagner vraiment à se révéler ses propres ressources et même ses problèmes et sa façon de résoudre les choses.
- Speaker #0
Justement, on va y venir sur ta façon de pratiquer l'hypnose. Parce que ça aussi, c'est un sujet. Mais avant, je voudrais qu'on reste un petit peu autour de ce burn-out que tu as fait. Avec le recul, est-ce que tu arrives à identifier les choses qui t'y ont emmené, poussé ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'il y a eu pas mal de thérapie par là. Je pense que je suis venue aussi avec l'accompagnement parce que j'ai été énormément accompagnée et j'ai vu à quel point ça m'avait fait progresser, laisser des choses derrière moi. Je pense que je suis venue parce que j'étais clairement sur régime, plus plus depuis dix ans. J'ai mes amis qui m'ont dit, on savait que ça allait arriver, on ne savait juste pas quand. Et quand je regarde en arrière, déjà, il n'y a pas... Cette notion de vouloir bien faire, de perfectionniste, de vouloir être meilleur, plus, plus, plus, toujours plus.
- Speaker #0
Et concrètement, tu as un exemple, un moment où tu as fait beaucoup plus que ce que tu aurais dû ou que ce qui était attendu.
- Speaker #1
J'en ai un seul.
- Speaker #0
On n'aura pas le temps de tous les faire un bien précis.
- Speaker #1
Un seul qui me marque encore aujourd'hui, c'est de me dire en événementiel, j'étais 20h sur 24 debout pour des événements, à avoir perdu la sensibilité de mes pieds pendant 6 mois parce que je n'écoutais pas mon corps, parce que je n'écoutais pas ma fatigue. Enfin, tu vois, il y a un côté hyper robotique là-dedans. Ça te va comme exemple ?
- Speaker #0
Moi, ça me va et surtout, ça fait un énorme écho avec l'entreprenariat. Parce que quand on est entrepreneur, on peut se pousser à s'oublier, pour s'aliéner dans son entreprise, se perdre, oublier notre identité pour se plonger corps et âme dans notre entreprise, ne pas écouter notre corps. Moi cet été, j'avais des douleurs aux chevilles, mon corps a été très généreux, il m'a laissé me balader et accompagner les marches. Et en même temps, c'est pas hyper sain, et j'en ai conscience. Oui,
- Speaker #1
tu as parlé de prendre des vacances bientôt, d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est pour ça que j'ai prévu de prendre des vacances bientôt. Merci de me le rappeler.
- Speaker #1
C'est fini, là. Tu peux plus t'en refaire. Non,
- Speaker #0
mais c'est important, justement. Mais ce que je trouve hyper intéressant, c'est aussi qu'il ne faut pas penser que l'entrepreneuriat nous sauve du burn-out. On peut aussi y aller, et beaucoup y vont, parce que c'est autre part. C'est quelque chose à identifier et à ne plus reproduire.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Pour moi, c'est cette notion de ne pas reproduire, de comprendre comment t'as poussé ton corps au-delà de toute limite, à quel moment tu n'as écouté aucun symptôme avant, alors qu'en fait tu les vois après. Et qu'est-ce que tu mets vraiment en place pour changer des choses ? J'étais tout le temps avant dans cette anticipation, dans les to-do list, dans qu'est-ce que je peux faire avec des mantras, ne remets pas au lendemain ce que tu peux faire aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est à chaque jour suffit sa peine. Il y a vraiment un changement de mentalité. Aujourd'hui, je suis beaucoup plus sur le temps présent et ce qui se passe aujourd'hui pour ne pas être dans l'anxiété. En fait, je n'ai pas l'impression de faire moins de choses qu'avant. Je ne mets pas la même énergie, la mauvaise énergie, de vouloir faire une chose en étant en train de penser encore aux 20 prochaines. Et ça, ça a énormément changé parce que quand tu es en burnout, tu n'as pas l'énergie. Du coup, t'es obligé de minimiser ton énergie parce que sinon tu fais une chose dans la journée et t'es KO. Donc du coup, d'avoir une gestion de l'énergie qui est très différente d'avant.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, du coup, quelles sont toutes ces choses que tu fais dans ton quotidien pour ton entreprise ? La semaine, comment elle s'organise autour de ton entreprise ?
- Speaker #1
Déjà, je suis beaucoup plus à mon rythme. C'est un ensemble de choses en fait. Il y a aussi une énorme hygiène de vie qui s'est mise en place. Le fait d'être rythmé par les rendez-vous ici. le temps que je donne au rendez-vous, parce que j'ai des séances qui sont longues, et en même temps, de consacrer aussi une vraie plus grande part à ma vie personnelle, puisque je suis maman, et que ce soit tout ce qu'on peut faire à côté. Être entrepreneur et maman, c'est encore un autre challenge double entreprise. Oui,
- Speaker #0
je comprends bien. Moi, pour me sécuriser, j'ai créé des blocs temps. J'ai des blocs où je sais que je dois travailler sur une tâche, j'ai les rendez-vous. Bien sûr, mais comme j'aime communiquer, je pense que les auditeurs le voient. C'est quelque chose qui m'anime au-delà d'être hyper important pour mon entreprise. Je suis quand même obligé de me mettre des garde-fous pour ne pas être dans un rapport boudimique et faire ça jusqu'à ne plus avoir aucune énergie. Donc j'ai dans mon agenda des créneaux pour la communication, pour prendre du temps avec des amis. pour aussi gérer tout ce qui va être administratif, ce que je déteste, il faut bien qu'on se le dise. Et cette façon de fonctionner en bloc-temps me créait une satisfaction que je n'avais pas avant, parce qu'on peut toujours aller plus loin, surtout si on est perfectionniste, ce qui n'est pas mon cas, il faut que je l'avoue. Mais on peut toujours chercher à aller plus loin et au bout d'un moment, ne jamais se satisfaire de ce qu'on a produit. Et au bout d'un moment, craqué. Toi, c'est quoi les serments que t'as pris vis-à-vis de toi-même pour ne plus reproduire ce que tu as fait quand tu étais... Non, c'est rien.
- Speaker #1
Je te dis déjà, changer ses mantras, ce truc d'aller jusqu'à l'épuisement au moment de se coucher, etc. Ça, c'est... Non.
- Speaker #0
Et comment tu l'identifies ? Parce que c'est ça qui... Moi, l'épuisement, je le vois quand j'y suis.
- Speaker #1
Et bien moi j'entends beaucoup plus les signaux avant de fatigue, je me laisse beaucoup plus de temps de repos, beaucoup plus de temps de...
- Speaker #0
C'est quoi ton signal de fatigue, justement ? On veut du concret, Marie-Amélie !
- Speaker #1
Mon signal de fatigue ? Déjà, j'ai encore, parfois, quelques moments où mon cerveau bug. C'est-à-dire, vraiment, tu me demandes un truc de maths hyper basique, et je ne l'ai pas. Ou une mémoire d'un truc que j'ai fait le matin, et je ne l'ai pas. Donc ça, c'est des restes du burn-out. J'ai des clients qui, des fois, me disent « ça fait super peur et tout, quand ils ont été en burn-out » . Enfin, moi, ça date. déjà et il m'arrive encore quelques journées comme ça ou quand il y a de la fatigue, quand il y a un manque d'hydratation etc. d'avoir ces petits bugs du cerveau et je me dis ouf, attention voilà donc ça c'est très concret après c'est marrant ce que tu disais sur les blocs temps moi j'ai choisi de pas faire ça parce que ça me correspond pas en fait tout simplement c'est trop rigide pour moi et au contraire à l'inverse de toi je me laisse une énorme souplesse une énorme adaptation et ça me contraint moins c'est à dire je me dis avec l'énergie que j'ai aujourd'hui je peux faire ci, je peux faire ça et je sais que j'ai la ténacité et l'organisation suffisante pour finalement arriver à tout faire ce que j'ai prévu dans la semaine, mais de me dire, là j'ai l'énergie, je fais ça, là j'ai moins d'énergie, ok, l'idée c'est de toujours être en mouvement, et de toujours faire quelque chose, mais pas forcément exactement ce que j'ai prévu, parce que sinon je me mets une pression qui est très énergivore, et du coup qui me ramène un peu à ma façon de fonctionner avant, où j'écoutais pas ces moments, et t'es un homme, mais en tant que plus, en tant que femme, on a des cycles, on a des moments où on est plus fatigué, moins fatigué, etc, et j'écoute beaucoup plus ça aussi.
- Speaker #0
J'adore ce que tu introduis là avec les notions de cycle, de notre bio, notre écosystème intérieur. Le biohacking, on en parle de plus en plus, mais il n'y a pas encore suffisamment d'experts sur le sujet, à mon sens. Et moi, je dis à toutes mes clientes d'écouter, justement, leur façon de fonctionner, leur cycle. Moi, je sais qu'il y a certaines choses sur lesquelles je suis très productif le matin et pas du tout efficace l'après-midi. C'est aussi comme ça que j'ai établi mes blocs temps. Et mes blocs temps, je ne mets pas d'objectif dessus. C'est juste pour canaliser mon attention, pour ne pas faire uniquement ce que j'aime bien.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est tentant, pour être honnête.
- Speaker #0
Mais effectivement, après, il faut s'écouter, il faut voir les méthodes qui vous plaisent. Est-ce que pour vous, ça va être de manger le crapaud, c'est-à-dire de faire la chose qui vous rebute le plus le matin pour que ce soit fini pour la journée ? Est-ce que ça va être... de vous mettre dans un état de flot et de vous autoriser trois heures vraiment pour être sur une tâche et y être à fond et parfaitement.
- Speaker #1
Je trouve que c'est vraiment ça. Moi, je pousse les gens à se connaître, en fait. C'est ce que je propose aussi beaucoup à Cabinet. C'est finalement sortir un peu de tout ce qu'on a appris comme étant il faut faire comme ça, il faut faire comme ça. Oui, mais toi, comment tu fonctionnes, en fait ? Et il y a des gens qui fonctionnent en bloc temps. Il y a des gens qui ont besoin de poser une attention très longue sur une tâche. Moi, j'ai toujours été habituée par l'événementiel à switcher d'un dossier à un autre. donc ça Ça m'effacie, j'ai une fluidité par rapport à ça. Donc je peux passer d'un sujet à un autre, ça ne me gêne pas. Ok, du coup, je peux m'en servir et je fonctionne avec cette souplesse-là. Mais ça pourrait ne pas du tout convenir à plein de gens qui auraient ce truc en mode « c'est horrible, tu es en train de voir 30 sujets en même temps, ouais, ben ouais, mais ce n'est pas grave » . Et voilà, se connaître, s'adapter à soi, c'est ça qui est le moins énergivore en fait, par rapport à répondre à une injonction. Le matin, il faut faire les rédactions. À midi, il faut faire le réseau social. Non,
- Speaker #0
c'est vrai. C'est apprendre à se connaître, de toute façon, je trouve que l'entrepreneuriat nous aide énormément pour ça. On découvre des parts de nous qu'on n'aurait peut-être jamais explorées sans ça.
- Speaker #1
Ça repousse un peu les limites.
- Speaker #0
C'est challengeant. Et d'ailleurs, on dit apprendre à se connaître, on est dans une société qui nous pousse à nous mettre dans des cases. Et ta profession aussi. L'hypnose, on a vraiment deux cases. Je vais les décrire avec mon prisme d'observation. Je me suis formé en hypnopratique il y a quelques années. C'est génial parce que j'adore cet outil que je n'ai pas envie de partager. Je l'utilise dans les méditations collectives ou autres, mais je n'ai pas eu l'appel plus que ça de cet outil. Mais moi, j'ai l'impression que pour beaucoup de monde, l'hypnose, il y a soit mes smer, ou vous êtes dans une salle, on va vous endormir et on va vous faire faire la poule, soit... Une bonne dame dans un cabinet aseptisé qui va vous parler et vous faire arrêter le tabac en trois séances. Ou retourner à des traumatismes d'enfance en fermant les yeux. C'est un peu les caricatures qu'il y a autour de la profession. Comment est-ce que déjà ces caricatures, elles te plaisent, elles te contrarient ? Comment on compose avec ça ?
- Speaker #1
Alors ces caricatures, oui, elles me contrarient parce que forcément on est obligé d'expliquer. en tout cas j'ai expliqué vraiment comment je travaille parce que j'étais très éloignée de ça évidemment quand quelqu'un arrive en cabinet et te dit vous allez me faire faire la poule là tu fais quel est l'intérêt thérapeutique vraiment parce que oui aujourd'hui il y a des émissions de télé qui passent avec cette hypnose de spectacle qui est une hypnose de spectacle c'est de l'entertainment, il faut avoir cette notion là et j'essaie d'expliquer ce sont des personnes qui sont très volontaires pour aller jouer comme on irait sur scène sur un... Un camping l'été pour aller s'amuser à quelque chose, etc. Et les gens jouent le jeu. Mais ça n'a pas d'intérêt thérapeutique, déjà, première chose. Et ça véhicule une image de l'hypnose qui est non consentie. Alors que c'est tout l'inverse, en fait. L'hypnose, c'est un état naturel du corps. Donc l'idée, c'est qu'il n'y a rien qui est forcé. En tout cas, ici, dans ce cabinet, il n'y a rien qui est forcé. L'idée, c'est que la personne puisse aller explorer, justement, un champ amplifié de conscience. Ça, c'est des termes un peu techniques, mais on parle souvent d'état modifié de conscience. Moi, j'aime beaucoup dire que c'est un état... amplifié de conscience, parce qu'on a sa conscience habituelle, plus accès à autre chose, que ce soit les mémoires oubliées, des ressources, effectivement le passé, mais... L'idée, ce n'est pas de faire quelque chose. Et puis d'ailleurs, ils ne feront pas quelque chose qu'ils n'ont pas envie de faire. Mais au-delà de Mesmer, c'est déjà le livre de la jungle, en fait, avec ce truc « Dormez, faites ce que vous voulez » . Et confiance. Et confiance, tout ça. C'est aussi des films qui véhiculent qu'on peut aller tuer quelqu'un parce qu'on a été hypnotisé. Donc oui, il y a un énorme conditionnement médiatique, en fait, à croire que l'hypnose, on est endormi. Ce n'est pas vrai. on fait n'importe quoi, on dit des choses qu'on n'a pas envie de dire, c'est pas vrai et que, enfin voilà moi j'aime beaucoup en salon, et tu le sais parce que tu as déjà suivi un peu mes conférences j'aime justement aller casser un peu ces idées reçues, que tout le monde n'est pas hypnotisable c'est faux, tout le monde est hypnotisable puisque c'est un état, je le rappelle, naturel du corps, on est nous-mêmes tout le temps hypnotisés, puis même par la vie on est hypnotisés en fait je le sais,
- Speaker #0
tu le sais, mais je pense que c'est intéressant de l'expliquer à nos auditeurs Est-ce que tu peux donner trois exemples d'états d'auto-hypnose, de situations dans lesquelles on se plonge en état d'auto-hypnose ?
- Speaker #1
Ok. Les situations qui parlent le plus souvent quand j'en parle aux clients, un c'est le premier, voilà, t'as bloqué sur quelque chose, t'es parti dans tes pensées, et en fait t'as des gens autour, tu les entends plus, t'as perdu la notion du temps, et d'un coup il y a quelqu'un qui passe la main devant, et t'es dans la lune, cette expression-là un peu. Ça c'est ce que les gens remarquent le plus facilement. Le deuxième assez courant, c'est que tu es en voiture, tu es passé d'un point A à un point B, tu es rentré chez toi, tu te dis « je ne me souviens même pas de la route en fait » . Tu as conduit en version automatique. L'état d'hypnose, c'est du coup l'état du subconscient qui gère aussi la respiration, la contraction des muscles, etc. On ne conscientise pas, on ne pense pas à respirer ou à marcher en contractant tel ou tel muscle. De la même façon, on a conduit sans être consciemment. Et en même temps, s'il y avait à un moment donné un danger, le conscient prendrait le relais sans plus, évidemment. Donc on n'est pas complètement pas là. C'est pour ça que c'est intéressant de comprendre que l'hypnose aussi, ce n'est pas un état où on n'est plus là. Il y a des gens qui pensent, je ne vais pas me souvenir, je ne vais plus être là du tout. Non, ils sont très étonnés de sortir de l'état d'hypnose en disant, mais j'ai tout entendu, j'étais là. Oui, le conscient, il est juste en coulisse, il est juste en veille. Il n'est pas absent. Et un troisième exemple que je peux donner, le côté, on est en train de regarder un film et on est tellement absorbé dans le film qu'on pleure comme si on était l'héroïne ou qu'on est à pleurs. peur comme si on était dans le film d'horreur, etc. En fait, c'est juste que les bons acteurs sont des extrêmement bons hypnotiseurs. Ils arrivent par mimétisme, en effet miroir. On ressent par empathie, on est avec eux. Et en fait, on est hypnotisé dans l'histoire qu'ils proposent.
- Speaker #0
Merci, parce que c'est exactement les exemples que j'avais envie que tu partages. Mais c'est vrai que je pense que c'est important de le rappeler. Et c'est très concret quand on met ces images dessus, qu'on se rend compte. qu'on réalise que dans notre quotidien, on se met souvent dans ces états d'auto-hypnose, que l'hypnose est partout, en fait, dans notre vie. Oui. Mais, même si on a plein d'arguments, tu vois, moi, le tarot, il y a beaucoup de personnes qui ont un imaginaire autour. On me dit souvent, ah ben, vous n'avez pas l'air de tirer les cartes. Je dis, effectivement, je n'ai pas pris un turban, ma boule de cristal et mon eyeliner à la Madame Irma.
- Speaker #1
Bon, ben, moi, je n'ai pas de pendule comme ça. effectivement il n'y a pas ces clichés là d'ailleurs c'est intéressant ce que tu dis parce qu'en hypnose les gens ils disent vous allez me parler tout doucement comme ça pour m'hypnotiser non pas forcément au contraire on est beaucoup sur l'utilisation de la voix et des modulations et c'est complètement ok tout comme l'hypnose c'est pas allonger les yeux fermés on peut faire de l'hypnose les yeux ouverts debout, être très actif et au contraire moi je conseille aux gens d'être très actif de leur état, il n'y a pas de c'est chacun en fait,
- Speaker #0
il n'y a pas de chose toute faite et moi par rapport à ce c'est chacun C'est vrai qu'il y a eu une période où je défendais que mon approche du tarot était introspective, était x ou y chose différente par rapport à la vision de la voyante. Et puis au bout d'un moment, j'ai lâché. Parce que pour moi, qu'importe que j'explique à la personne en face, non, ça ne va pas se passer comme ça, ça va être différent. Si la personne s'auto-persuade qu'elle veut avoir une séance de voyance, et qu'elle réserve avec moi une séance parce qu'elle veut que je lui annonce son avenir, j'ai beau lui expliquer le contexte, qui est rédigé sur mon site, ma façon de pratiquer, il va se passer une partie de... Elle va chercher une partie de ce qu'elle souhaite. Donc maintenant, je préfère m'économiser cette énergie d'explication qui parfois, en plus, des fois, peut créer une friction initiale dans la séance. Pas nécessaire. pour proposer ce qui doit être proposé, et après, c'est la personne qui fait le reste du chemin.
- Speaker #1
J'entends complètement, mais t'as raison, parce que le cerveau est prédictif, en fait. Si elle prévue d'avoir ça, elle va chercher de toutes les manières, le cerveau va vouloir chercher à retrouver ce qu'elle voulait. Là où moi, je suis un petit peu obligée quand même d'interagir par rapport à ça, c'est quelqu'un qui pense qu'il va être passif, et qui doit être actif. De la même façon, j'ai une énorme phase d'explication, ce qu'on appelle un discours pré-hypnotique, pour expliquer à quel point la personne doit s'engager. et doit être en capacité de parler pendant son hypnose, puisque ce qui se passe souvent, c'est que la personne rentre en état d'hypnose, va finalement explorer sa problématique. Moi, je travaille beaucoup en exploration libre, ce qui n'est pas tout les hypnothérapeutes. Donc, c'est l'idée d'utiliser la trance comme étant déjà un état de résolution. Et en général, on arrive à la problématique, il y a un blocage à un moment donné, et d'être en capacité de pouvoir amener différentes solutions, pas mes solutions, juste des propositions. pour que la personne trouve une autre façon de résoudre ça. Mais tu vois, si je n'explique pas qu'il faut être engagé, la personne peut être dans justement ses idées reçues sur l'hypnose que, parce que c'est déjà arrivé, des gens qui arrivent dans « allez-y, faites votre truc ! »
- Speaker #0
Oui, je comprends, je comprends. Parce que là, vraiment, on est sur une différence de forme plus que de fond. Et je connais, j'ai accompagné d'ailleurs des... des tarologues, des personnes qui souhaitaient intégrer les cartes dans leur pratique et plusieurs qui utilisent l'hypnose et rendre la personne actrice par le geste de tirer une carte qui impulse la séance, qui impulse aussi peut-être les... ça devient le geste d'induction Ça, l'induction, ça fait longtemps mes cours.
- Speaker #1
L'induction, du coup, pour expliquer, en fait, c'est la phase qu'on décrit comme étant, on passe de son état conscient à un état d'hypnose, d'avoir un petit pied de conscience. Mais, voilà, c'est pas forcément une phase qui est visible pour les gens. C'est ça qui est intéressant, c'est quand on rentre, par exemple, profondément dans une émotion, quand on rentre dans un souvenir, quand, à un moment donné, on commence à avoir de l'imagination, de la visualisation qui vient, ou de la limite à... limite de l'hallucination, on rentre dans un état modifié sans forcément qu'il y ait une phase d'induction. Mais ce que tu décris, j'ai l'impression, c'est la notion qui est hyper intéressante, c'est de se reconnecter à soi pour suivre son intuition. Parfois, j'ai des clients qui disent « je ne sais pas à quel sujet je dois traiter aujourd'hui, il y a plusieurs sujets qui ont émergé, et je fais simplement fermer les yeux deux secondes, respirer, je vous énonce les sujets, et naturellement, il y a un truc, je sais que c'est ça. » Comme quoi, en fait, on est en capacité vraiment de se poser, mais parfois, il faut le cadre d'un cabinet, le cadre de quelqu'un à côté qui veut dire « Oh, stop sur ce que tu vis depuis, sur l'histoire que tu te racontes un peu en boucle. » Et finalement, écoute-toi, tu sais ce que tu dois bosser, quoi.
- Speaker #0
Et le cabinet, justement, pour toi, quand t'as commencé, comment ça s'est passé, la quête du lieu ? Parce qu'il te fallait un lieu ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est vrai que toutes les pratiques ne nécessitent pas un lieu, mais pour l'hypnose, c'est quand même... Certains le font à distance. Je sais que ça marche aussi, mais ça ne résonne pas avec tous les praticiens. Ou en tout cas, on peut avoir l'envie aussi d'accueillir dans son cocon, dans un lieu. Toi, ça a été ton envie ?
- Speaker #1
Ça a été mon envie rapidement, puisque la base, c'est que... Moi, je propose aussi des soins énergétiques. Et je ne me sentais pas de faire un cabinet que sur l'énergie éthique. Donc, j'ai voulu amener la dimension. OK, c'était un soin corporel, physique, énergétique. Mais je voulais une dimension aussi plutôt psychologique, mentale. Et l'hypnose, c'est la méthode qui m'avait, moi, le plus aidée à avancer. Donc, ça m'a semblé très logique de me former à ça. Et ça restait de l'état modifié de conscience. Puisque moi, en acupression, je suis moi-même en état modifié de conscience. Donc, on était sur un sujet qui était très cohérent. Donc pour l'énergie particulièrement, cette notion de concombre, elle est très importante d'avoir ses propres énergies, d'avoir un lieu dans lequel on est bien, qui est nettoyable facilement, qui a une énergie positive. Donc ça c'était important, c'est vrai que moi je suis plus sur du présentiel sur l'hypnose, parce que d'être présente à la personne physiquement, d'autant plus aujourd'hui, les gens, une des problématiques c'est quand même de manquer de contact. de manquer de présence, de manquer d'écoute parfois simplement être là s'autoriser une heure et demie, deux heures de rendez-vous pour soi, dans un cadre qui est apaisant, qui est relaxant C'est déjà une thérapie en fait.
- Speaker #0
Ah mais exactement. Et en même temps, le physique a aussi l'inconvénient de son avantage. Certaines personnes ne sont pas disponibles en journée. Certaines personnes ne vont pas s'autoriser à prendre plus que le temps de la séance. Et donc se déplacer, aller au lieu, revenir. Donc c'est un questionnement à porter en vous. Et puis on peut coupler les deux. On peut faire du présentiel et du distanciel en même temps. Et tout ça, c'est des questions, mais on les abordera dans un prochain épisode de la lecture obscure. Avant qu'on se quitte, Marie-Amélie, est-ce que tu peux partager un conseil à nos auditeurs qui envisagent peut-être, sans doute pour beaucoup, de se lancer dans le milieu du bien-être, enfin, de se reconvertir ?
- Speaker #1
De chercher à être thérapeute et de ne pas... faire le thérapeute ? Ce serait ça ce conseil. Je ne dis pas que ça se prend une journée.
- Speaker #0
Je veux que tu le creuses du coup maintenant.
- Speaker #1
Vraiment de s'écouter sur ce qu'on a envie de proposer. Quand tu me demandais le cabinet, comment je l'ai trouvé, une des premières questions que je me suis posée au départ, c'est est-ce que j'amène ma chienne ? Parce qu'il y avait ce côté, on est quand même sur un domaine bien-être, est-ce que ça correspond ? Et je me suis dit, mais c'est mon cabinet. Si je ne le fais pas dans mon cabinet, je ne le fais pas alors que j'en ai envie. donc c'est se poser la question qu'est-ce que t'as envie de faire et moi du coup je m'autorise à faire de l'art thérapie à poser des post-it au sol à être debout en fonction de ce que je sens et au fur et à mesure j'ai du chemin encore à faire très clairement sur ça en termes de challenge je parlais aussi de la visio c'est mon challenge 2027 mais de s'autoriser à dire qu'est-ce que j'ai envie de faire, quel accompagnement j'ai envie de proposer au départ je culpabilisais de me dire attends je fais des séances qui sont longues pas bien et tout bah ouais mais en fait c'est comme ça aussi que moi je suis bien dans cette pratique là et donc de trouver vraiment ces nuances de rentrer dans une case qu'on croit attendue bah oui parce qu'en fait comme dans tout on a énormément d'injonctions autour de nous un thérapeute ça ressemble à ça, ça fait ça ça fait ci, ça a telle formation, ça se forme en continu en fait on peut vite être à se dire syndrome de l'imposteur de fou, je suis pas assez alors qu'en fait moi j'aime beaucoup j'ai une formatrice qui m'a dit quelque chose qui m'a beaucoup aidé sur ça, qui me dit quoi qu'il arrive à tous les stades Merci. de l'évolution de qui tu seras. Oui, dans dix ans, tu proposeras autre chose, mais aujourd'hui, tu aides les gens qui ont besoin de toi, aujourd'hui, et qui ne seraient pas en capacité d'aller voir un praticien qui a peut-être 20 ans de pratique, mais qui, du coup, va être peut-être plus bousculante, qui va peut-être donner moins de temps, etc. Donc, je trouve que c'est un super conseil. De s'autoriser aussi, c'est ma superviseuse aussi qui m'avait dit ça, de s'autoriser à tester plein de choses en début de pratique et de dire où est-ce que tu es confortable et à accepter de bouger les lignes de ton cadre tout le temps. Et pareil que tout à l'heure, le garder souple. Je n'ai pas deux accompagnements pareils. Il y a des personnes à qui je donne plus de temps que d'autres parce que le ressenti, le feeling que c'est nécessaire. Il y a des personnes avec qui je fais de l'hypnose, d'autres un peu moins. Donc c'est vraiment aussi d'être très adaptatif aux gens qui sont là.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
De rien. Merci à toi.
- Speaker #0
Réécoutez ce passage vraiment, si vous l'avez écouté en état d'auto-hypnose, à moitié, en train de conduire. Réécoutez-le parce que c'était très précieux. Merci pour ce rappel. On se retrouve, nous, la semaine prochaine pour un prochain épisode de La Lecture Obscure. Toujours pour parler d'entrepreneuriat dans le milieu du bien-être, avec toutes ses particularités, toutes ses différences, parce qu'on n'est pas là pour rentrer dans une seule case, on est là pour créer la nôtre.