- Speaker #0
Le musée Sacem et l'union des librairies musicales présente un podcast imaginé et mis en onde par Olivier Delevingne et raconté par Vanessa Bertrand. Librairie musicale, hashtag derrière les notes.
La musique que l'on entend dans les films, documentaires, publicités, bandes-annonces, vidéos YouTube, est souvent issue d'une immense réserve de morceaux composés et produits spécialement pour donner l'impression qu'ils ont été réalisés sur mesure. La série « La librairie musicale, hashtag derrière les notes » fait découvrir au fil de ses podcasts les coulisses de la création de ces millions de titres qui n'attendent qu'à illustrer des images animées. Au début du XXe siècle, en Grande-Bretagne, un éditeur de musique propose des partitions de morceaux destinées à illustrer des films muets. Depuis les débuts précurseurs de la société de Wolf, la librairie musicale s'est développée, structurée, pour proposer une offre diversifiée et qualitative, afin de répondre aux demandes croissantes. La France a su s'imposer sur la scène internationale et se hisser au troisième rang mondial. En Europe, elle est leader du marché et devance l'Allemagne et l'Italie, les deux autres grands pays du continent à avoir développé une filière de musique d'illustration depuis près d'un siècle. De nombreux compositeurs français perçoivent aujourd'hui plus de droits issus de diffusion à l'étranger que sur le territoire national. Ce succès trouve son origine dans les années 1960. grâce à des éditeurs et des compositeurs dont l'identité de certains vous surprendra peut-être. La librairie musicale derrière les notes, hashtag, les origines et la library French Touch. L'un des grands pionniers des éditions d'illustration musicale est Roger Tokartz. ancien vendeur en électroménager qui a créé la société Télémusique en 1967 et dont le catalogue très recherché a permis aux créations françaises de devenir l'identité sonore du Loto, l'indicatif de Radio France, du journal télévisé ou de nombreuses publicités. L'éditrice Isabelle Boiseau.
- Speaker #2
Roger Tocard m'a fait une proposition. J'ai pris la gestion, le management du copyright de Télémusique.
- Speaker #1
Pour avoir travaillé chez Télémusique, ... Isabelle Boiseau a été témoin des grandes heures de ce label aux 30 000 titres.
- Speaker #2
Un fameux Noël, j'ai un manche-disque, orange ou jaune, on avait tous le même, et j'avais un 45 tours. C'était Ok Chicago, qui est une œuvre de télémusique. Il y avait un bruit de mitraillettes, il y avait un bruit de policiers, des sirènes de police, et je pense que je l'ai usé, le disque. C'était du non-stop, mes parents voulaient me tuer. Et en fait, c'était le titre de Roger Tocard dans ses débuts. Quand Roger Tocard m'a appelée, dès que je suis rentrée chez Télé Musique, je me souviendrai toute ma vie de ce disque d'or avec Ok Chicago. Et j'ai même récupéré, donc j'ai à la maison, le 45 tours, parce que j'avais perdu le mien, que je garde précieusement.
- Speaker #1
Roger Tocard, ça suit s'entourer. de compositeurs et de musiciens qui savaient d'instinct ce qui conviendrait pour les habillages musicaux. C'est ainsi qu'il a confié au jeune Pierre Bachelet la réorchestration d'un air composé par Lalo Shiffrin pour la bande originale du film The Fox et dont la version télémusique est désormais indissociable d'une grande marque de collants.
- Speaker #2
C'est la pub DIM. DIM a fait partie de notre vie et moi j'ai travaillé 15 ans avec Projet Tocars, donc il n'y avait pas une semaine. Sans que Roger Tocquart se mettait en avant ce moment extraordinaire avec la pub d'Ym, donc la publicité. Il faut revenir au début de l'histoire. La pub, ce n'était pas à la télé. La pub, c'était à la radio. Et Roger était très, très proche des gens de radio. Donc, il avait tout compris. Je propose une musique pour la pub. Et puis, tiens, si je faisais l'habillage. Donc, c'était ça. Tout se faisait dans l'enceinte de la radio. Il n'y avait pas de fichier MP3. Il n'y avait pas tout ça. Donc, le plus facile. Et tant, effectivement, de le faire à la maison, y compris l'écriture des textes. Il y avait une salle où les ayants droit, oui, écrivaient, composaient, où tout était monté. Donc, tout se faisait en interne.
- Speaker #1
Le musicologue Serge Elaïk, auteur de l'ouvrage de référence sur les arrangeurs, a fréquenté les compositeurs et musiciens de talent qui ont contribué à bâtir la notoriété des catalogues français.
- Speaker #3
Matt Camison était déjà ancré dans la musique de variété avant qu'il se tourne. vers la musique d'illustration sonore. En 1972, donc, Matt Camison fait la connaissance de Roger Tocars qui dirigeait les éditions Sforzando et deux labels, les labels Sirocco et Télémusique. Roger Tocars présente à Matt Camison Pierre Bachelet, qui n'était pas connu comme il l'a été après. Et Matt et Pierre vont commencer à écrire des musiques pour Télémusique. Très vite... Pierre Bachelet demande à Matt Camison d'écrire une mélodie pour une histoire d'attaque de gangsters au temps de la Prohibition. Et on entend dans le disque la voiture qui démarre, les coups de feu, la poursuite. Il y avait donc un mélange de bruitage et de musique. Et on entend Pierre Bachelet qui dit lui-même au début du morceau « Ok, Chicago » .
- Speaker #1
Comme nous l'avons vu dans d'autres épisodes de la série. La musique de librairie, malgré son originalité nécessaire, doit savoir s'effacer pour accompagner un programme audiovisuel. Cela explique que seule compte la musique elle-même, plus que le nom de son auteur, et qu'il n'y ait pas de star system contrairement à la musique du commerce. Néanmoins, de nombreux compositeurs, par ailleurs connus pour leur composition de musique contemporaine, de variété ou pour l'image, ont aussi touché à l'illustration, ce qui leur a permis de travailler autrement. Sans pression, sans promotion à assurer, sans tournée à faire. C'est notamment le cas de Gabriel Yared ou de Jean-Michel Jarre chez les compositeurs. Mais aussi de beaucoup d'interprètes, comme ceux du groupe disco au succès phénoménal Voyage, composé de Marc Chantereau, Pierre-Alain Dahan, Slim Pezin et Sauveur Malia, qui ont contribué à faire les grandes heures de télémusique et de la scène disco française. Un autre catalogue iconique de la même époque est l'illustration musicale, dont les pochettes étaient reconnaissables par les monteurs grâce à son logo, où les deux initiales en lettres minuscules se fondaient l'une dans l'autre. Un catalogue de 26 albums, qu'on peut aujourd'hui encore écouter sur Internet et utiliser, au style très différent allant de la bossa au jazz, en passant par la revisitation moderne de thèmes classiques. On trouve notamment dans ce catalogue des morceaux de Guy Pedersen, compositeur du génial générique de Thalassa, probablement conçu graphiquement sur le morceau, tant les coquillages et autres objets symboliques du milieu marin se transforment au rythme de la musique. Grâce à l'audace de l'un de ses compositeurs phares, Roger Roger, l'illustration musicale a même été le premier label à populariser la musique électronique en utilisant des instruments alors tout récents, les synthétiseurs, comme dans l'album intitulé 100% électronique de 1973. Chez l'illustration musicale, le compositeur, chef d'orchestre et éditeur Eddie Warner a su s'entourer de grandes personnalités comme Nino Nardini, Bernard Fèvre ou encore Roger Roger. Le musicien et critique musical Michel Thibault qualifie en 2005 la musique d'illustration en écrivant qu'il s'agit d'un « commentaire sonore dont le paradoxe consiste à ne pas être remarqué lorsqu'il est présent, tout en manquant cruellement lorsqu'il est absent » . Roger Roger, et c'était ses vrais noms et prénoms ? est pour lui l'un des maîtres du genre. Mais dans une famille de musiciens, ce compositeur particulièrement éclectique, qui a écrit des musiques de film comme les scènes de pantomime des Enfants du Paradis ou accompagné via son orchestre Edith Piaf ou Charles Aznavour, a eu une carrière aussi riche que surprenante. Il a œuvré pour la librairie musicale dès 1955. Petit flashback. par Serge Elaïk, qu'il a bien connu.
- Speaker #3
Roger Rouget était un des tout premiers à être écrivain de musique de ce type-là, tout en étant lui-même très éclectique. Il savait tout faire, Roger Rouget, le nouveau musical. Il avait un don extraordinaire. Ses parents étaient musiciens. Le père Edmond Rouget était le chef de l'orchestre de l'Opéra de Paris pendant une certaine période. Sa grand-mère maternelle était Maria Luther, qui était une cantatrice. Donc il était vraiment dans une ambiance musicale à 100%, Roger, quand il était gamin. Et comme je l'ai écrit dans mon livre, dès 5-6 ans, avant même de pouvoir écrire des mots, il connaissait les notes de musique. Sa vie, c'est la musique. Roger Roger était un homme canne, discret, joyeux. C'est pour ça qu'il a écrit de belles musiques joyeuses, d'ailleurs, pour ses émissions de radio. Roger Roger composait régulièrement des morceaux d'intermède musical. Donc ces mélodies que composait Roger Roger dans les années 50 au départ, comme elles faisaient partie des missions qui devenaient internationales, par exemple Paris Heure des Étoiles, les responsables de la Maison Chapelle qui était basée à Londres et qui avait ouvert un département spécialisé en musique d'ambiance ont été très vite intéressés par ce que faisait Roger Roger et lui ont demandé d'écrire donc Merci. des musiques de durée variable. Certaines de ses musiques qu'il a composées ont été utilisées lors de célèbres feuilletons. Le Prisonnier, énorme comme diffusion, Les Feux de l'Amour, n'en parlons pas. Il a noirci, comme m'a dit son épouse, des kilomètres et des kilomètres de portée. Sa vie entière, c'était l'écriture musicale. Il était ami de M. Moog, le créateur de cet instrument, Robert Moog, et c'est vrai qu'il s'est très vite pris de passion pour cet instrument. D'ailleurs, en 1969, il enregistre sous le pseudonyme de Cécile Luther, pour rappeler sa grand-mère maternelle, Maria Luther, l'album pop électronique, vraiment chef-d'œuvre technologique. Créé à la même époque que Popcorn, qui était créé en 1969. Par Gershon Kingsley, Roger Roger était tout le temps en train de courir d'un studio à l'autre à Paris pour enregistrer les nombreuses musiques qu'il créait. Il y en avait un peu assez. C'est pour ça qu'au milieu des années 60, il a décidé de créer, là où il résidait finalement, à Jouy-en-Josas, le studio Ganaro. Gannaro vient du nom de Francis Gastambide, qui était le chargé de la partie commerciale. Nard, ça vient de Nino Nardini, son véritable ami musical, on va dire. Et le troisième mot de Gannaro, c'est forcément Roger. C'est comme ça que le studio Gannaro est né en milieu des années 60 et qu'il a très bien fonctionné pendant des décennies.
- Speaker #1
Un récit des origines ne peut pas contourner Montparnasse 2000, créé en 1968 par André Fary, alors patron d'un cabaret, et le compositeur Robert Vigée. En reprenant dans le nom du label un célèbre quartier parisien, les deux fondateurs démontrent une volonté de conquérir le marché international. Ils s'entourent du compositeur et musicien Louis Delacour comme directeur artistique, qui s'est illustré dans les années 1950. comme chef d'orchestre d'un ensemble latino. Il fait appel aux compositeurs innovants de l'époque, tels Jean Konilovitch, qu'il publie dans les catalogues Neuilly ou Saint-Germain-des-Prés. Jean Konilovic est un compositeur monténégrin né à Istanbul, qui a depuis élu domicile en France.
- Speaker #4
En 1969, j'avais connu un voisin, il a su que j'étais pianiste, il m'a dit je suis directeur à Montparnasse 2000, est-ce que vous voulez qu'on fasse un disque ensemble ? Alors, on fait le premier disque, il me fait un contrat, etc. Je dis moi je fais ce que je veux, je prends les musiciens que je veux, et tant qu'à faire j'ai pris les meilleurs. Et on a sorti ce disque et c'était du jazz rock. Europe 1, c'était les premiers quand ils ont entendu cette musique, ils ont beaucoup aimé, et moi j'étais dans ma voiture, et j'entends soudainement le premier morceau de Psycho-Impression, mon premier disque. Je dis c'est bien, oh tiens je suis content. Ensuite ils se terminent, ils mettent le deuxième. Et donc je me suis arrêté, ils ont passé le disque. Recto, verso. Et là je suis rentré à la maison, ma femme me voit, mais qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as eu un accident ? Je pleurais. Je dis c'est qu'impression, c'est mon premier disque à faire succès. RTL a pris la suite. Radio France a pris la suite, Monte Carlo, on est devenus des copains, Sud Radio, enfin tout ça.
- Speaker #3
Rappelons que Yanko Ninovic est d'origine monténégrine.
- Speaker #1
Serge Elaïk
- Speaker #3
Il est né en Turquie par ailleurs. Vu ses origines, il a été très inspiré par la musique balkanique. Dès son adolescence, il s'intéresse à ces musiques et très vite, il est passionné par toutes les musiques. Yanko a cette... La subtilité d'avoir non seulement été baigné dans la musique balkanique, mais aussi, il a adoré très vite, très jeune, adolescent, par le jazz, le rock, le rhythm and blues, la musique latino-américaine. Finalement, comme beaucoup de ces musiciens qui, très jeunes, sont baignés dans la musique, ils ne veulent rien faire d'autre. Et ils n'arrivent pas à faire un autre métier que celui de la musique. La majorité des grands arrangeurs dont je parle dans mon ouvrage, C'est des gens qui ne voulaient rien faire d'autre que de la musique. Non pas pour se montrer comme le chanteur est obligé de se montrer. Eux, c'était vraiment en retrait. Travailler pour eux-mêmes, entendre à un moment donné les compositions qu'ils avaient pu écrire, interpréter par des orchestres, c'était ça leur plaisir. Ils ne cherchaient pas la notoriété, pas du tout même. C'est ce que j'ai pu retrouver au fil de toutes les interviews que j'ai faites pendant une trentaine d'années.
- Speaker #1
Son éclectisme le fait passer de la world music au rock psychédélique, dont un titre, à la grande surprise du compositeur, a été samplé par les rappeurs Jay-Z et Dr Dre.
- Speaker #4
C'est le premier sample. Je ne savais pas ce que ça veut dire, le sample. Et j'ai appris par la suite. La première chose que j'ai dit à tout le monde, j'ai dit « il a pris le plus mauvais titre » . Et puis après, hop, mais combien de... L'ensemble aussi, je me demande ce qu'il n'y aura plus là-dedans, alors que j'ai fait des choses cent fois mieux. Suite à Jay-Z, il y a eu Dr. Dre, il y a eu Joe Badass.
- Speaker #1
Le riche catalogue de Montparnasse 2000 affiche aussi des titres de compositeurs aussi variés que Martial Solal, Vladimir Kosma ou encore François Bell, compositeurs du groupe. de recherche musicale, connu pour son travail sur l'innovation sonore et créateur de l'acousmonium. L'Empire Montparnasse 2000 a aussi donné sa chance à Jean-Jacques Perret, compositeur qui passe avec aisance du traditionnel accordéon à l'ondioline, petit clavier créé en 1941 dans la lignée du thérémine et des ondes marteneaux. Ce précurseur de la musique au synthétiseur analogique a lui aussi connu le bonheur d'avoir été s'en plaît ou d'avoir entendu certains de ses morceaux repris pour des indicatifs sonores. Parmi les pionniers des grandes années, on pourrait aussi évoquer Tessie Press, fondée par Pierre Belmar, qu'un voyage aux Etats-Unis a transformé. Non seulement il y découvre le prompteur, qui l'impose en France, et permet aujourd'hui à tous les présentateurs d'improviser leur texte, mais aussi le télé-achat. Et le fait que ce type de programme est consommateur de musique d'illustration, ou plutôt de musique de fond, dont il pouvait tirer un bénéfice non négligeable en l'éditant et en la produisant lui-même via sa société. L'un des faits remarquables qui traverse l'histoire de la librairie française est qu'elle a toujours encouragé la création avant-gardiste, permettant à des compositeurs atypiques, peu ou pas encore commerciaux, d'avoir carte blanche pour innover. La recherche de l'inattendu est peut-être ce qui a incité Francis Dreyfus ... a conseillé au jeune Jean-Michel Jarre, alors inconnu du grand public, de faire son tout premier album signé aux éditions américaines Sam Fox. Fraîchement sorti des séances expérimentales du GRM auprès de Pierre Schaeffer dans les studios de Radio France, le fils d'un célèbre compositeur de musique à l'image a commencé sa carrière en créant une musique susceptible d'appeler une image avec des sons improbables issu d'un synthétiseur relié à des magnétophones à l'aide d'un bricolage construit dans une boîte à chaussures. Et on sait la carrière que Jean-Michel Jarre a eue par la suite.
- Speaker #0
Donc il m'a proposé, en me disant ce que ça t'intéresserait, de concevoir un album qui soit totalement électronique et totalement différent de ce que faisaient les Américains. C'est un exercice de style intéressant d'imaginer la musique de film en devenir. C'est-à-dire que moi j'ai toujours considéré en fait... La musique instrumentale, c'est-à-dire la musique que je fais comme étant la bande-son du film ou de l'histoire que les gens qui vous écoutent peuvent se fabriquer, peuvent créer, peuvent inventer.
- Speaker #1
La France est réputée pour l'exigence musicale et sonore de ses titres de librairie. L'étiquette dégradante de musique d'ascenseur, comme s'il y avait de la musique dans tous les ascenseurs, est essentiellement due à l'explosion de l'équipement en home studio au milieu des années 1990. Cette période a connu une inflation de morceaux de qualité inégale, produits par des créateurs improvisés et pas toujours capables d'utiliser ce matériel à bon escient, contrairement aux professionnels. Hormis cette décennie transitoire qui a pu porter ombrage au secteur, la recherche de qualité et d'innovation a toujours été au cœur du travail éditorial et de composition. C'est ainsi que des compositeurs tels Denis Levaillant, réputé dans le monde classique contemporain, Ou encore Bernard Parmigiani, pionnier de la musique électro-acoustique et ayant appartenu au GRM, ont pu faire des morceaux auxquels le grand public a eu accès. Bernard Parmigiani avait déjà créé le générique de l'émission légendaire Stade 2 et l'indicatif qui ponctuait l'attente des voyageurs dans les halls de l'aéroport de Paris-Rouissy, quand l'éditeur Frédéric Lebovitz a proposé à ses deux compositeurs de créer un album de librairie intitulé Générique potentiel
- Speaker #0
Une musique que j'avais entendue Frédéric Lébovitz et qui a été le déclencheur d'un des premiers albums que j'ai fait. C'était une association avec le compositeur qui s'appelle Denis Le Vaillant et qui consistait à justement faire entrer dans la librairie musicale des gens qui n'étaient pas du tout faits pour parce que c'était beaucoup des gens de la musique classique et du GRM.
- Speaker #1
Parmi les signatures inattendues dans la librairie musicale se retrouvent celles de Carlo El Rubio et Cisco El Rubio, qui ne sont autres que quelques-unes des facettes pseudonymisées du génial François de Roubaix, comète disparu à l'âge de 36 ans et qui a offert à la musique de film certaines de ses plus grandes compositions, dont Le Samouraï avec Alain Delon ou Dernier domicile connu. thème samplé par Robbie Williams dans Love Supreme, mais aussi l'entêtant générique de la série d'animation Chapi-Chapeau. Véritable aventurier du son et adepte des générateurs de fréquences et de la manipulation des bandes magnétiques, il est passé maître dans l'art de faire de la musique expérimentale un vecteur de dialogue avec le public. Et ses nombreux morceaux composés pour la librairie musicale en sont l'exemple parfait et ont contribué au rayonnement international de la Library French Touch. Depuis les années 1970, que certains appellent l'âge d'or, la Library French Touch n'a jamais cessé d'être un secteur particulièrement dynamique en France. Une musique qui s'exporte et se renouvelle sans cesse, tant dans sa composition, dans la recherche de nouvelles sonorités, dans l'analyse pertinente des besoins des utilisateurs et la facilitation commerciale, technique. et juridique des morceaux. L'éditeur Sébastien Bonneau, président de l'Union des librairies musicales, analyse les clés du succès des œuvres françaises.
- Speaker #5
Il faut produire une musique qui est susceptible d'être utilisée, je devrais même dire très susceptible d'être utilisée. Avant, le métier consistait, d'où l'appellation pendant des années de musicomètre, qui a eu peut-être à un certain moment une certaine légitimité, je dis bien une certaine entre guillemets, c'est qu'en fait avant, on produisait la musique et on la vendait, et elle se vendait. Aujourd'hui, il y a une exigence qui est là, qui est très présente. On doit produire une musique qui doit, un, répondre à une demande, De qualitativement se positionner sur un marché extrêmement concurrentiel de par le fait qu'aujourd'hui il y a notamment une telle inflation au niveau de la production musicale qu'il y a une réelle compétition.
- Speaker #1
À la tête de l'agence musicale Sésame, l'éditeur Frédéric Lebovitz s'est lancé à l'assaut du marché chinois, où là aussi les catalogues français rencontrent un grand succès.
- Speaker #0
L'expérience de la Chine est très très intéressante. Il y a une culture musicale très très vaste. Tous les élèves à l'école font... soit un instrument de l'école occidentale, soit un instrument chinois. On peut penser que le droit d'auteur, les gens piratent et tout ça, absolument pas. Parce qu'il y a eu des procès qui ont fait jurisprudence, entre chinois d'ailleurs, pour des vols de photos, et ça s'est soldé par des amendes très très élevées. Et donc tous les producteurs en Chine sont très très attentifs à ça. Par exemple, pour les contrats que l'on fait avec la télévision, ils nous demandent d'apporter nous la preuve que vous êtes bien le propriétaire.
- Speaker #1
Des qualités qui assurent aujourd'hui encore à la librairie musicale française une place unique dans le monde. C'est vraiment au niveau des résultats, un des catalogues qui s'exporte le mieux. Juliette Metz, éditrice.
- Speaker #2
Un catalogue SACEM qui s'exporte le mieux, dans les derniers chiffres que j'ai vus passer. La librairie musicale représente 10% des revenus totaux des éditeurs en France.
- Speaker #1
Et par contre, au niveau de l'export, c'est trois fois plus. Donc c'est vraiment un catalogue très exporté, très apprécié, très recherché. Le compositeur Brice Davoli est un exemple des ambassadeurs de la Library French Touch.
- Speaker #0
Nous, Français, on va utiliser beaucoup de librairies américaines pour tout ce qui est trailer. Et à contrario, eux vont utiliser beaucoup de musique à nous. qui sont très européennes, dont des œuvres pour orchestre, qui ont une tradition beaucoup plus européenne, beaucoup plus française.
- Speaker #1
Quand on s'intéresse à la librairie musicale des origines à nos jours, il est fascinant de constater que les morceaux, en théorie discrets et faits pour commenter plus que pour être écoutés, sont en réalité emprunts de la personnalité de leurs créateurs et que des éditeurs spécialisés ont su les répertorier avec expertise pour qu'ils soient encore aujourd'hui identifiables et disponibles. Nous allons donc interroger un moteur de recherche. French Touch, historique, dynamique. Et voilà un morceau pour illustrer notre épisode.