- Speaker #0
C'est une abeille ça non ?
- Speaker #1
Oui c'est une abeille solitaire
- Speaker #0
Rendez-vous le podcast Bonjour Laetitia.
- Speaker #1
Bonjour Jean-Christophe.
- Speaker #0
On va passer un peu de temps ensemble. J'espère que ça s'entend au micro, mais on est en plein milieu de la nature, dans le pays d'arrêt. On est à l'endroit où il y aura prochainement un centre de soins pour la nature sauvage. Tu vas nous en dire plus tout à l'heure. Dans un premier temps, on va parler un petit peu de toi, savoir qui tu es, d'où tu viens et pourquoi, ce qui explique un petit peu ce que tu fais aujourd'hui. Et dans un deuxième temps, tu auras une carte blanche, où tu as une minute pour nous dire un petit peu... un coup de gueule, un coup de cœur, ce dont tu as envie. Et puis après, on parlera de l'association Faunalis en profondeur pendant les dix dernières minutes. Ça te va ?
- Speaker #1
C'est parfait.
- Speaker #0
Du coup, on va juste commencer à te présenter simplement qui tu es, ce que tu fais.
- Speaker #1
Eh bien, je m'appelle Laetitia Jochot, j'ai 28 ans et je suis capacitaire pour l'élevage et le soin de la faune sauvage européenne. Après avoir fait des études dans le milieu du tourisme, je me suis orientée vers les centres de soins pour la faune sauvage en détresse. Un centre de soins, c'est un lieu qui accueille, soigne et réhabilite les espèces de la faune sauvage française qui sont retrouvées blessées ou en détresse. J'ai travaillé pendant cinq ans dans différents centres de soins en France, dont au centre vétérinaire de la faune sauvage de Nantes, où j'ai été endernée.
- Speaker #0
Ça veut dire quoi, capacitaire ?
- Speaker #1
Alors, c'est une personne qui est titulaire d'un certificat de capacité. Donc, ça veut dire que je suis officiellement apte à m'occuper de ces espèces. Donc, c'est un gros dossier. C'est comme une thèse qu'il faut monter devant un jury et prouver de son expérience et de son savoir-faire auprès de toutes ces espèces.
- Speaker #0
Peux-tu nous en dire un peu plus sur ta formation, ce que tu as fait avant ?
- Speaker #1
Alors, avant d'être dans les centres de soins, j'ai passé un bêtise tourisme. Donc, j'étais à l'époque guide animalier. après dans un parc animalier pas très loin d'ici. Donc j'emmenais les gens découvrir les espèces de la faune sauvage du monde. Donc là, pour le coup, toutes les espèces type girafe, lion, etc. Et en fait, c'est là où ça m'a amenée à réfléchir sur les espèces qu'on avait aussi chez nous en France et en Europe. Et c'est pour ça que je me suis orientée vers le milieu des centres de soins.
- Speaker #0
Les animaux, c'est une passion ?
- Speaker #1
Oui, c'est une passion, comme beaucoup quand on est enfant. On adore aller observer les animaux, recueillir l'oisillon qui est tombé du nid. Et ça ne m'a jamais lâchée. Donc c'est pour ça que j'en suis là aujourd'hui.
- Speaker #0
Tu peux nous en dire plus un peu sur ces passions que tu peux avoir avec les animaux, dans ta vie peut-être un peu perso ?
- Speaker #1
Donc moi, pour le coup, quand je pars en vacances, c'est souvent lié aux animaux. C'est-à-dire que je ne pars pas en vacances pour aller bronzer au soleil. ou me baigner dans la mer, moi c'est vraiment pour aller observer la faune sauvage en France ou à l'étranger. Un petit exemple, là je reviens, il y a deux jours j'étais dans les Pyrénées avec une amie, on a été faire une semaine de randonnée pour aller observer les espèces qui sont présentes dans les Pyrénées et on a eu l'incroyable chance de tomber sur des groupes de vautours fauves, de vautours percnoptères, on est tombé sur des nids de faucons, enfin voilà. Vraiment, moi c'est ma petite passion, c'est d'aller en vacances pour observer la faune sauvage sur place.
- Speaker #0
Tu as des animaux, j'imagine ?
- Speaker #1
Oui, j'ai des animaux, dont deux chiens, qui me prennent beaucoup de temps au quotidien.
- Speaker #0
Je vois qu'on a des points communs avec les chiens, alors, apparemment. Allez, il est venu le temps de ta carte blanche, tu as une minute.
- Speaker #1
Alors, on était présents à l'EcoPeach 1, qui était vraiment top. Nous, c'était une première pour nous, donc ça nous a permis de rencontrer pas mal de personnes qui, au sein de leur entreprise, ont mis des choses en place contre le gaspillage. pour recycler les matériaux, etc. Donc, on a beaucoup apprécié. C'est pour ça qu'on se lance cette année dans l'EcoPitch 2 avec toi. Voilà, donc on espère, une fois de plus, rencontrer de nouvelles personnes, découvrir des nouveaux pitchers hyper intéressants avec des projets et des envies qui valent le coup d'être partagés. Donc voilà, on espère rencontrer du monde. On espère aussi faire connaître notre association auprès de toutes ces personnes. Et puis, on espère passer un moment convivial comme l'an passé.
- Speaker #0
Yes, super, merci. Je crois que le message est passé. Rendez-vous le podcast. Dans une deuxième partie, maintenant, on va parler de l'association Faunalis. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu les origines de cette association, tout simplement ?
- Speaker #1
Alors, comme je vous le disais juste avant, moi, j'ai travaillé dans des centres de soins pour la faune sauvage en détresse. Et on se rend compte qu'il y a énormément de demandes de prise en charge d'animaux, mais qu'on a de moins en moins de place dans les centres. On est de plus en plus surbookés. Et puis, le centre de soins de Nantes intervient sur toute la région. Et en l'occurrence, il n'y a pas de centre de soins ni en Vendée, ni dans le sud de la Loire-Atlantique, donc le pays de rue est dépourvu de centres de soins. Donc voilà, avec une amie, on est parti sur ce constat-là, en fait, pour pouvoir créer le projet, créer l'association, qui a pour but aussi de sensibiliser le grand public à la protection de la faune sauvage. Donc on vient intervenir en fait en amont. En même temps, la création du centre de soins pour la faune sauvage en détresse, pour pouvoir prendre en charge les animaux qui sont dans le Pays de Ré et en Vendée.
- Speaker #0
Ce projet a été lancé quand ? Et quelles ont été les différentes étapes ?
- Speaker #1
Alors on a lancé le projet en juin 2020, donc les différentes étapes ont été tout d'abord de créer en fait l'association, de se faire un peu connaître au niveau local, donc au niveau des communes sur lesquelles on intervient principalement. On a tout d'abord axé nos... Nos objectifs sur vraiment la partie sensibilisation, donc en réalisant des stands, en réalisant des sorties naturalistes pour tout public. Et là, on est dans la phase numéro 2, la création du centre de soins, donc là qui demande quand même beaucoup plus d'investissement de notre part, beaucoup plus d'implication et beaucoup plus de temps parce qu'il y a énormément de démarches administratives à réaliser, énormément de travail en fait, que ce soit en termes de construction, de travaux, de papier. Voilà, donc là, on est dans la grosse, grosse phase de la création du centre de soins qui, si tout va bien, devrait ouvrir ses portes. très prochainement.
- Speaker #0
Prochainement, prochainement. On a des infos là-dessus.
- Speaker #1
Alors, on aurait aimé dès cet été. On n'est pas encore sûr de pouvoir le faire. On espère en tout cas pouvoir l'ouvrir là dans quelques mois.
- Speaker #0
C'est une histoire de moi parce que quand on s'était vu il y a un an quasiment, le projet n'était pas encore aussi abouti. Ce n'était pas aussi proche.
- Speaker #1
Oui, exactement. Donc là, ça y est, on a fait quand même du beau travail. On a bien avancé sur le projet. Et voilà, donc si tout va bien, vous pourrez nous amener des animaux blessés dans quelques semaines.
- Speaker #0
Donc c'est un travail de longue haleine, c'est un engagement bénévole. Est-ce que tu peux présenter un peu ce qu'ils sont ? Tu es les autres bénévoles, tu parlais d'une cofondatrice.
- Speaker #1
Exactement. Donc, on est deux cofondatrices à avoir lancé l'association. Donc, ma collègue Anne-Julie Bazin et moi-même. Donc, c'est nous qui vraiment, on va dire, tenons le projet à bout de bras, portons le projet à bout de bras. Et on est aidé par de nombreux bénévoles, dont j'en citerai quelques-uns. Marjorie, Jean-Claude, Nicolas, Jérôme, Vanessa, Laurence. Enfin, voilà, on en a quand même plusieurs. plusieurs à notre actif. On va dire qu'on a une vingtaine de bénévoles actifs quand même pour réaliser les chantiers, les stands, pour nous aider sur les sorties naturalistes, etc.
- Speaker #0
Et c'est quel tissu relationnel qu'il faut créer pour développer l'association ? Il faut aller taper à toutes les portes. Tu parlais des collectivités tout à l'heure. Quels sont vos partenaires ?
- Speaker #1
On a plusieurs partenaires. On va avoir des communes, comme la commune de Saint-Marc-de-Coutey ou la commune de Mâche-Coul-Saint-Même. On a aussi des associations. L'association BMC Conservation, Boissière de Mervant Conservation, qui nous aide financièrement tous les ans. On a des mécènes. On a Mathieu Saurin. On a aussi la belle vie, Toit et Turcanin, à Beauvoir-sur-Mer. On a pas mal de monde qui nous aide. Et on a aussi ponctuellement des fondations comme la Fondation Nature et Découverte, la Fondation Banque Populaire du Grand Ouest qui nous ont financé pour le coup. une volière, ou la fondation RTE qui nous a également aidé sur l'avancée des travaux dans le bâtiment. Tout ce monde vient en plus des particuliers, donc de n'importe qui, qui nous aide financièrement. Notre plus gros fonds pour le moment, ça reste les dons de particuliers, qui sont soit ponctuels, soit mensuels. Mais voilà, c'est vraiment notre plus gros soutien, ce sont vraiment les particuliers.
- Speaker #0
En termes de budget, vous avez besoin de combien encore à lever ?
- Speaker #1
Alors si on parle de la totalité du projet, oui beaucoup. Il faut rénover un bâtiment de 350 mètres carrés, donc là on parle en plusieurs centaines de milliers d'euros. Là à l'instant T, on a surtout besoin de vivre au quotidien. Une fois que le centre sera ouvert, il faudra pouvoir payer le salaire des soigneurs animaliers qui seront sur place, des services civiques qui viendront aider, et puis payer aussi tous les frais pour les animaux, que ce soit les frais alimentaires ou que ce soit les frais des soins vétérinaires. Là, on a encore besoin d'argent pour pouvoir rester ouvert sur le long terme. En termes de quantité, on est à peu près à 50 000 euros par an pour l'instant.
- Speaker #0
OK. Après, quand le projet sera abouti, il faudra continuer. Il y a un modèle économique ? C'est le modèle économique du don, c'est ça ? Ou il y a d'autres leviers ?
- Speaker #1
Alors non, c'est vraiment le modèle économique du don. C'est vraiment là-dessus que jouent les associations. Et surtout, c'est là-dessus que nous, en tant que centre de soins, on est. c'est que la plupart des ressources des centres de soins sont vraiment des dons de particuliers ou d'entreprises.
- Speaker #0
Ok, donc projetons-nous dans quelques mois, peut-être quelques semaines, il y aura ici un centre de soins, comment il se matérialise ? Est-ce que tu peux lui présenter ce futur centre de soins ? Combien il fait de mètres carrés ? Qu'est-ce qu'on peut y faire ? Qu'est-ce qu'on peut y amener ?
- Speaker #1
Alors pour l'instant, on a été lauréat du budget participatif de Loire-Atlantique, qui nous a permis d'acheter des modulaires, donc 35 mètres carrés de modulaires. Ça va être notre premier centre de soins. Donc en fait on va pouvoir faire les soins dans ces modulaires là, donc on va avoir une salle d'accueil, une salle de soins et une salle d'hospitalisation, avec une petite partie bureau pour nous justement pour continuer à faire la fameuse paperasse dont on parlait tout à l'heure. Et l'objectif à long terme, c'est de rénover ce fameux bâtiment de 350 m² pour y installer d'autres salles d'hospitalisation, des boxes où les animaux un peu plus grands pourront être mis à l'intérieur. Donc ça, c'est la partie, on va dire vraiment soins intensifs. Et on a la seconde partie qui va être la partie réhabilitation. Donc c'est là où on se trouve actuellement, avec les volières juste derrière moi. Voilà, donc on aura un grand complexe de volières pour pouvoir réhabiliter les animaux avant de pouvoir les relâcher dans leur milieu naturel.
- Speaker #0
Ok, donc des tables de soins aussi, des tables vétérinaires, des choses comme ça ?
- Speaker #1
Ouais, c'est un peu ça. C'est une table de soins avec tout le matériel nécessaire pour soigner une plaie, faire un bandage pour une aile cassée ou autre. Et puis la partie hospitalisation, c'est vraiment là où les animaux sont, on va dire, au calme en attendant les prochains soins du lendemain.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des conseils à donner à nos futurs utilisateurs ? Tu te rappelles, si on s'est rencontrés, c'est à cause d'un héron blessé. qui était mortellement blessé, mais nous on ne le savait pas quand on l'a ramené, on avait bien galéré pour te l'amener, en fait tu ne l'as pas su ça, mais quand toi tu as eu juste le carton avec des trous, mais pour le mettre dedans, on avait quand même un peu galéré. Et peut-être qu'aussi, à l'avenir, il y aura un devoir ou un besoin de formation des gens qui amèneront des animaux.
- Speaker #1
Alors vu que tout le monde en trouve, malheureusement on ne peut pas former tout le monde sur cette découverte, par contre on va effectivement former des bénévoles, qu'on appelle des bénévoles rapatrieurs, donc ce sont des personnes qui peuvent aider les particuliers qui ont trouvé un animal sauvage blessé. pour attraper l'animal, le mettre en carton, puis ensuite le ramener vers le centre de soins. Voilà, par contre, à toute personne qui nous écoute, si vous trouvez un petit animal type un moineau, un écureuil ou autre, il n'y a pas de souci, vous pouvez l'attraper et le mettre avec des gants dans un petit carton. Si vous trouvez par contre un animal qui présente un peu plus de danger, comme par exemple une cigogne, un renard ou encore un blaireau, vous pouvez contacter les pompiers. Les pompiers sont formés tous les ans à pouvoir attraper justement ces animaux avant de les transférer vers les centres de soins.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu arrives à gérer tout ça ? Tu as un vie perso, pro ? C'est un futur projet professionnel pour toi ou c'est 100% bénévole ?
- Speaker #1
Alors c'est un futur projet pro pour moi, étant donné que si tout se passe bien, je serai la responsable capacitaire du centre de soins. Pour l'instant, j'ai un travail à côté, j'ai deux enfants en bas âge, j'ai toute une ménagerie d'animaux à la maison. Et en plus de ça, je fais du bénévolat pour la création de l'association et du centre de soins. Donc je ne dirais pas combien d'heures je suis par semaine, parce que je pense que ça en ferait pleurer plus d'un mois, surtout la première. Mais en tout cas, on s'implique à fond parce qu'on croit au projet. Et c'est pour ça qu'on a autant de motivation et qu'on a des bénévoles aussi autant motivés que moi.
- Speaker #0
Dernière question, si on veut t'aider, où est-ce qu'il faut qu'on aille ? On se connaît quelque part ? On appelle un numéro ?
- Speaker #1
Alors, on a une collecte de fonds sur la plateforme Hello Asso. Donc voilà, sur la plateforme Hello Asso, il y a des collectes de fonds pour nous aider justement financièrement à soigner et à prendre en charge la faune sauvage blessée. Si par contre, vous voulez donner aussi de votre temps, ça c'est possible, on recherche toujours des bénévoles pour un peu tout, les stands, les chantiers de bricolage ou le soin aux animaux, eh bien là, il faut nous envoyer un petit mail à contact.fonalis. arrobase gmail.com L'un d'entre nous répondra favorablement au mail.
- Speaker #0
Rendez-vous le podcast. Merci beaucoup pour ce moment passé ensemble.
- Speaker #1
Merci à toi et puis à bientôt.