- Speaker #0
Rendez-vous, le podcast. Bonjour Cécile.
- Speaker #1
Bonjour Jean-Christophe.
- Speaker #0
On va passer un petit moment ensemble. Dans la première partie, tu vas nous raconter un petit peu qui tu es professionnellement, quelles ont été les étapes de ta formation, ton parcours professionnel, ce qui explique un petit peu ce que tu fais aujourd'hui. Tu auras ta carte blanche et puis après, pendant 10 minutes, on parlera de ton activité actuelle. Ok ?
- Speaker #1
Ok, super. Allons-y.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te présenter pour commencer en 30 secondes, puisqu'on aura tout le temps de parler de ton activité après ?
- Speaker #1
Oui, alors je m'appelle Cécile Ménard, j'habite à Saint-Herblain, j'ai 41 ans, j'habite dans cette région depuis l'âge de 22 ans, où je suis venue faire mes études à l'école des Beaux-Arts. Eh bien moi je suis animatrice en herboristerie et découverte des plantes sauvages comestibles. Je fais cette activité depuis l'automne dernier 2023. C'est le fruit d'un long parcours, d'une passion, d'une longue réflexion aussi. Je suis ravie de mettre en œuvre une activité qui correspond à mes convictions profondes, parce que j'ai envie de partager avec les gens autour de moi, et qui, à mon avis, est essentiel pour être dans l'élan écologique actuel.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu fais concrètement aujourd'hui ?
- Speaker #1
J'anime des ateliers, des balades botaniques, des jeux collectifs en entreprise. et aux pôles particuliers, pour sensibiliser aux plantes médicinales, aux plantes sauvages comestibles, et sensibiliser du coup à leur protection, parce que je suis persuadée que ce qu'on protège mieux que ce qu'on connaît bien. J'ai envie de faire découvrir ce monde végétal qui nous entoure, même entre deux pavés en centre-ville, pour comprendre comment ça pousse, pourquoi, à quoi ça sert, comment est-ce qu'on peut préserver tout ça.
- Speaker #0
Quel a été ton parcours, ta formation ?
- Speaker #1
Alors j'ai un parcours très varié, très riche. Je m'en rends compte maintenant. Avec le recul, moi j'ai fait d'abord des études de droit, plutôt faire plaisir à mon papa. Et puis ensuite, je me suis tournée vers quelque chose qui m'attirait beaucoup. Donc je suis allée à l'école des beaux-arts faire une formation artistique, travailler plus sur tout ce qui est vidéo. Et puis ensuite, en parallèle, j'ai beaucoup travaillé en médiation culturelle auprès d'un jeune public, parler d'art contemporain avec les petits. et donc j'ai fait beaucoup de médiation culturelle pour des collectivités principalement, ou des biennales d'art contemporain. Et puis en parallèle de ça, j'ai continué à développer ma pratique artistique qui est arrivée vers de la couture, donc je suis revenue artisan-couturière en même temps, que j'ai développée après sur des marchés d'artisans, etc., donc je faisais de la création. que je vendais, que je ne vendais pas très bien. Mais par contre, je me suis rendue compte à cette période que j'aimais beaucoup vendre le travail des autres et que je m'y avais beaucoup rassemblée autour de valeurs communes, etc. J'ai notamment créé à ce moment-là un collectif avec d'autres artisans en milieu rural, un collectif d'artisans, pour faire découvrir l'art en milieu rural. Et de fil en aiguille, je me suis rendue compte qu'en fait, j'avais envie de faire autre chose, que j'ai beaucoup suivi mon instinct dans mon parcours pro. Mon instinct, mon cœur, mes convictions. Et donc, j'ai repris mes études. J'ai refait un master en gestion de projets d'innovation. Et c'est là que j'ai découvert le monde de l'ESS, l'économie sociale et solidaire. A la même époque, j'avais ma fille aînée qui était à l'école et je me suis dit Ah, il faut que je monte une école alternative. J'avais envie de faire des choses comme ça, toujours dans la transmission. C'est un peu mon fil rouge quand même, tout au long de mon parcours. Transmission et créativité, je dirais. Et puis en fait, ça ne s'est pas fait. J'ai fini mon master, j'ai fait deux ans. Et puis je suis arrivée dans une boîte en alternance, une boîte de... de transport, de marchandises, rien à voir avec ce que je connaissais. Avec un patron candidé, une envie de monter une application qui faciliterait le monde de la course, etc. Et du coup, ensemble, on a créé une start-up autour de ce projet-là. Donc, j'étais quand même dans l'innovation, mais pas trop dans l'ESS. Mais bon, ça répondait à un challenge que j'avais envie de mettre en œuvre. Ça, ça m'a donné confiance en moi sur cette partie, vraiment, le monde de l'entreprise que je ne connaissais pas très bien à cette époque-là. Et puis enfin, est arrivée un jour une rencontre qui m'a fait rentrer dans une école, pour le coup, dans le numérique. Donc là, je suis rentrée encore dans un domaine que je ne connaissais pas, que j'ai appris à découvrir. Je suis devenue responsable d'un centre de formation qui formait des développeurs et développeuses web, des gens en reconversion. Donc là, j'ai retrouvé encore ce qui m'anime, c'est-à-dire la transmission, l'accompagnement vers un parcours professionnel différent, etc. Et puis, j'ai eu la chance d'être dans une entreprise où j'avais vraiment beaucoup de liberté. J'ai passé six années hyper intenses à créer ce campus et à faire vivre cette école à Nantes. Ça s'appelait la Wild Code School. Ensuite, je suis allée dans une autre école, plutôt dans le marketing digital. A ce période-là, j'ai eu mon deuxième enfant. J'ai fait une énorme crise d'éco-anxiété. Et du coup, ça a chamboulé beaucoup de choses chez moi et je me suis rendue compte qu'il y avait beaucoup de valeurs qui étaient un peu bousculées dans mon travail, qui était mon entreprise dans laquelle j'étais. Et j'avais besoin de faire une pause, de retrouver une cohérence entre ce que je faisais au quotidien et ce qui m'animait dans ma vie de tous les jours et dans mon cœur. et donc j'ai fait une petite pause et j'ai pris du recul et là je me suis dit bon Cécile t'as 40 ans vas-y lance-toi sors tes tripes sors ton coeur ce qu'il y a dedans et essaye de mettre ta passion alignée avec ta vie pro et donc le monde des plantes est ressorti et je me suis formée à l'herboristerie dans une école à Chalenco en Ardèche par faire des compétences que j'avais moi auparavant acquises par moi-même mais pour aller plus loin Et on m'a dit bon allez j'ai envie de transmettre quelque chose qui au fond de moi m'anime vraiment tous les jours, que moi je pratique tous les jours dans mon quotidien. donc la découverte des plantes médicinales est sauvage comme ça on en parlera tout à l'heure tu as parlé de crise d'éco-anxiété c'est quoi exactement ?
- Speaker #0
comment tu expliquerais ça à ceux qui nous écoutent ?
- Speaker #1
alors moi, c'est ma définition à moi comment je l'ai vécu, je ne sais pas s'il y en a une vraiment une définition moi je dirais que c'est tout en étant depuis toujours j'ai été bercée par mes parents par un côté empreinte environnementale écologique etc mais mais je pense que là quand j'ai eu ce moment je dirais des consciences au moment où j'ai pris vraiment conscience de vers quoi on fonçait tous ensemble dans la société actuelle le changement climatique la pénurie d'eau aussi je venais d'avoir un deuxième enfant donc je me suis dit je mets au monde un enfant dans ce monde là et là j'ai pris une énorme claque de conscience Ça va d'abord par de la colère, du déni, de la frustration, des pleurs, etc. Et puis après, toute phase de dépression, je vais à la même. Et puis après, je me dis, voilà, comment est-ce qu'on transforme ça, en fait ? L'éco-anxiété, pour moi, c'est... En fait, c'est bien de se dire, OK, j'ai conscience de tout ça. Et maintenant, qu'est-ce que je mets en action dans ma vie pour me sentir utile, pour que le monde change et qu'on puisse... vivre dans un monde pérenne, vivable, humaniste. Voilà, c'est ça pour moi.
- Speaker #0
Merci d'avoir partagé ça avec nous. Allez, il est largement le temps de passer à ta carte blanche. Tu as une minute à te jouer.
- Speaker #1
Ok. D'abord, j'ai envie de vous parler justement de ce qui nous réunit ce matin aussi, notre rencontre. Jean-Christophe, c'est la soirée Ecopitch qui aura lieu le 2 juillet prochain. deuxième édition à laquelle je suis hyper contente de participer. Là aussi, j'ai sorti de ma jaune de confort, comme ce matin devant ton micro, de pitcher L'Irm of Suro, mon projet, mon bébé, devant des personnes que je ne connais pas. Donc voilà, ça sera une super soirée au profit d'associations, en plus qui oeuvrent pour la biodiversité et qui oeuvrent pour la lutte contre certaines maladies. Donc je suis ravie de pouvoir participer à cette soirée. Et l'autre chose dont je voulais bien vous parler, c'est un événement qui se déroulera à Oudon en septembre. qui s'appelle la fête des simples. Les simples, c'est le mot qui vient du Moyen-Âge pour parler des plantes médicinales. Et cette année, c'est sur le thème de l'eau. Ça se déroule à Oudon, Vassivière et Bréhémont. Et donc, Oudon, c'est tout près de chez nous. Et ça sera un moment pour rencontrer les acteurs et les actrices qui produisent, producteurs, productrices, des plantes médicinales et aromatiques. Parce qu'il y en a plus de 40 autour de Nantes. Et on ne sait pas toujours qu'il y a ces gens-là. qui travaillent d'arrache-pied avec les changements climatiques aussi, les changements climatiques qui leur donnent beaucoup de contraintes. Et ça sera sur le thème de l'eau, justement. L'eau, la ressource problématique.
- Speaker #0
Merci, le message est passé. Rendez-vous, le podcast. du coup dans un deuxième moment on va aller encore 10 petites minutes il pleut beaucoup ce matin j'espère que ça va pas s'entendre J'essaierai d'effacer ça au montage. J'espère qu'on n'entendra pas trop les bruits de pluie sur le parapluie, notamment, que tu as la gentillesse de porter. C'est ça, ouais. Pas besoin d'enregistrer des bruitages dans la forêt. Ton entreprise actuelle, quelles ont été un peu les premières réflexions ? Pourquoi à un moment tu t'es dit je vais entreprendre dans le milieu de... des plantes ?
- Speaker #1
La raison d'entreprendre, c'est, je pense, un besoin de liberté dans un projet que je menais toute seule. Même si là, j'aimerais vraiment qu'on soit une équipe. Et puis les plantes, parce que ça me nourrit depuis longtemps. Moi, je pratique la phytothérapie, la soin par les plantes dans mon quotidien. Je mange des plantes sauvages, j'en cueille, j'en transmets tout ça à mes enfants. Mais j'avais envie de transmettre à plus, au plus grand nombre. et puis je viens du coup de plein de domaines différents j'ai testé l'entrepreneuriat déjà il y a longtemps, le monde en entreprise je me suis dit il y a plein d'acteurs dans tous ces domaines là que je pourrais toucher et avec qui on pourrait travailler ensemble pour sensibiliser le plus de monde possible au végétal, au monde du végétal qui nous entoure.
- Speaker #0
Quel est ton modèle économique aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je travaille surtout avec des entreprises à l'heure actuelle. J'anime des ateliers, des séminaires, team building, qui commencent tout juste à me faire vivre. Et puis après, je travaille aussi avec le grand public. Donc, je fais des bêtes botaniques, des ateliers pour créer ces produits médicinaux. Et aussi, j'ai une offre de conseils pour toutes les personnes, mon particulier entreprise, tous ceux qui ont un extérieur, une cour, un balcon. pour créer leur monde végétal médicinal. Conseil sur l'implantation de jardins médicinaux. Et donc, je vends ces prestations-là sur Nantes et sa région.
- Speaker #0
Un jardin médicinal ? Pourquoi ça consiste ?
- Speaker #1
C'est un jardin dans lequel les plantes sont à la fois belles et à la fois une ressource pour toi, une ressource pour se soigner, pour son bien-être, pour préserver la biodiversité, pour faire venir les pollinisateurs, pour consommer, pour manger. Donc en fait, c'est un jardin comestible et de soins.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qu'on peut soigner avec les plantes ?
- Speaker #1
En fait, on peut soigner plein de choses. Après, évidemment, attention, on ne soigne pas tout. Je ne suis pas en train de dire qu'il faut avoir son médecin dès qu'on a des problèmes de santé, ce n'est pas ça. C'est plus qu'on peut... Soigner du petit bogo du quotidien, on peut surtout faire de la prévention. C'est beaucoup lié avec la naturopathie parce qu'on peut faire de la prévention avant d'arriver dans de graves symptômes qui nous rendent très malades. Donc on peut soigner des petites plaies du quotidien, des maux de tête, de la tension, de l'anxiété, des problèmes digestifs. Les plantes, c'est de la chimie à l'intérieur, comme nous. Donc on peut faire se rencontrer plein de molécules pour avoir des bienfaits.
- Speaker #0
Et quel relationnel tu dois développer pour développer ton réseau ? et pour ton activité par exemple ?
- Speaker #1
Oui, alors moi j'ai la chance d'être dans une coopérative d'emploi que j'ai rejoint en octobre, l'Ouvreboite. Donc je suis rentrée dans un grand réseau et puis je suis aussi adhérente d'Ecopole, un autre lieu fédérateur avec plein d'acteurs de l'environnement. Et moi en fait, j'ai aussi envie d'aller vers d'autres secteurs qui sont un peu hors de ça. Donc entreprises numériques, du bâtiment. J'ai envie de rencontrer plein d'acteurs qui, lors de leur journée d'équipe, ont envie de faire des choses un peu différentes pour faire de la cohésion d'équipe et aller emmener leurs équipes, leurs collaborateurs sur des hors-de-chantier, sentiers battus un peu. Donc je m'adresse un peu à toutes les entreprises qui ont envie de faire des choses différentes et de découvrir leur environnement proche.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça t'apporte au quotidien d'être dans une coopérative d'emploi type l'ouvre-boîte ?
- Speaker #1
Ça m'apporte un appui parce qu'en fait, quand on est entrepreneur, en entrepreneuse, on est quand même assez seul. Moi, j'aime beaucoup le contact, les gens. La coopérative, ça m'apporte un appui, un soutien, un collectif dans lequel je peux aller pour me ressourcer, auquel je peux apporter des choses aussi moi. Ça m'apporte aussi un lieu, une ressource dans laquelle je peux aller si j'ai besoin. Un soutien aussi au développement de mon activité au début. Parce qu'au début, on se pose plein de questions, on teste, on fait des erreurs, etc. Et ça me permet d'avoir quelqu'un qui me pose des questions, qui me challenge pour avancer. J'ai rencontré des gens super qui ne font pas forcément le même métier que moi, mais avec qui on a trouvé des points de contact et puis des envies communes. Donc, ça apporte de l'élan, je trouve.
- Speaker #0
Qui sont ces partenaires, justement ?
- Speaker #1
Alors je travaille, j'ai une offre que j'ai co-créée avec Anoula Kfomagonsa de Mes Amours, qui est cuisinière. En ce moment, un atelier qui s'appelle cueillette sauvage jusque dans l'assiette. Donc de la cueillette sauvage, puis après un atelier cuisine pour apprendre à cuisiner ces plantes-là. Et puis d'autres rencontres aussi au terme de... Alors là, rien à voir, mais quelqu'un qui est astrologue et avec qui on a créé un atelier d'astroherboristerie.
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Speaker #1
Comment on travaille, on fait aligner les planètes, les quatre éléments et les plantes ? et en fait revenir un petit peu sur ce côté moyenâgeux des simples avec la sorcellerie etc enfin entre guillemets parce que c'est pas de la sorcellerie qu'on fait mais on parle des sorcières et de leur histoire et de la place des femmes maintenant aussi avec ces plantes
- Speaker #0
Aujourd'hui comment on peut t'aider ?
- Speaker #1
En s'inscrivant à des balades, en venant découvrir avec moi les plantes à Nantes et à l'alentour si vous avez envie de en parlant de vous, de moi, de l'hermaphysurau ou à... à vos chefs de com ou RH qui organisent les journées d'équipe, les team building, les séminaires. Ça, ça m'aiderait.
- Speaker #0
Quelles sont tes valeurs, tes engagements ?
- Speaker #1
De protection du vivant, d'authenticité, j'ai envie de dire authenticité parce que... Voilà, moi je me livre complètement dans ce projet et c'est vraiment moi que je mets dans ce projet et ça vient du fond du cœur donc j'ai envie de transmettre de façon authentique et puis je dirais aussi autonomie, prise de conscience autonomie parce qu'en fait ce que j'ai envie de transmettre j'ai envie de transmettre pour que les gens s'emparent de ces savoir-faire, de ces connaissances et après par eux-mêmes continuer d'explorer et de sensibiliser par par eux-mêmes, non. Ce serait ça, je pense.
- Speaker #0
Rendez-vous, le podcast. Ok, bah merci d'avoir échangé avec moi.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Christophe.
- Speaker #0
Et puis rendez-vous avec Ophiuch.
- Speaker #1
Ah oui, avec plaisir, le 2 juillet.