- Speaker #0
Rendez-vous, le podcast qui fabrique et consolide votre réseau d'apporteurs d'affaires.
- Speaker #1
Salut Sylvie !
- Speaker #2
Salut Jean-Christophe !
- Speaker #1
Tu vas bien ?
- Speaker #2
Oui, très bien.
- Speaker #1
On va passer un peu de temps ensemble, 20-25 minutes, peut-être un peu plus si tu es bavarde. C'est trois parties. Dans la première partie, on va vraiment... Essaye de comprendre d'où tu viens, qui tu es professionnellement parlant. Tu auras ta carte blanche. Une minute, rien qu'à toi, sur un sujet, un coup de cœur, un coup de gueule, un coup de griffe, un coup de pub sur un projet, une cause. Vraiment, ce dont tu as envie, il n'y aura pas forcément de commentaire dessus. Puis dans une troisième partie, on parlera de ton métier actuel.
- Speaker #2
Ok, c'est parti.
- Speaker #1
Alors juste... Avant de commencer, c'est la tradition, tu pitches un peu ce que tu fais rapidement, parce qu'après on aura tout le temps d'aller en profondeur sur ce que tu pratiques au quotidien dans ton métier.
- Speaker #2
Ok, alors moi mon activité ça s'appelle Trust & Move et je suis formatrice et consultante en développement commercial. Et j'accompagne d'une part des PME industriels dans la formation de leurs équipes, équipes de vente, management commercial, et d'autre part des indépendants et des indépendantes. pour qu'ils se sentent plus à l'aise à vendre et qu'ils arrivent à maintenir leur activité longtemps.
- Speaker #1
Ok, passionnant. Tu vas nous en dire plus par la suite, mais je te propose de remonter un peu le temps. Les années 2000, les études, qu'est-ce que tu as fait comme études ?
- Speaker #2
Alors, j'ai fait une école d'ingénieur à Lille. Je suis ingénieure de Bordeaux, mais j'ai fait mes études à Lille. Et donc, je suis ingénieure généraliste avec une spécialisation en conception mécanique.
- Speaker #1
En conception mécanique, d'accord. Et quelles ont été tes premières expériences professionnelles ?
- Speaker #2
Pendant toutes mes études, j'ai beaucoup voyagé. J'ai fait un an d'études à Hambourg, j'ai fait un stage en Angleterre, j'ai fait des stages en Allemagne et j'ai fait un stage en Espagne. Et donc ma première activité professionnelle, mon premier vrai job, ça a été à Stuttgart, en Allemagne. Et en fait, je suis arrivée française. On m'a dit, ok, tu parles français, t'as compris comment fonctionne la machine, alors vas-y, va les vendre les machines en France, au Benelux et dans d'autres pays. C'est comme ça que j'ai commencé ma carrière.
- Speaker #1
Si je comprends bien, la vente, ce n'était pas forcément quelque chose qu'on t'a enseigné ?
- Speaker #2
Non, j'ai tout appris sur le tas, avec des collègues qui m'ont transmis des trucs et astuces. Mais c'est vrai que je l'ai vraiment appris en le faisant. Et c'est justement ce qu'aujourd'hui, j'essaie de transmettre pour faire gagner du temps à des gens. Parce que moi, j'ai fait quelques boulettes et donc j'essaie de transmettre mon savoir-faire aujourd'hui.
- Speaker #1
Et quels ont été les pauses que tu as occupées par la suite ?
- Speaker #2
Ensuite, j'ai fait une pause. Pendant un an, j'ai voyagé. J'ai été... Voilà. J'ai fait une pause pour moi, je cherchais ma voie. Et ensuite, je suis revenue m'installer à Paris. Et j'étais responsable de zone germanophone. En fait, je vendais à des clients germanophones, en Allemagne, en Suisse et en Autriche. Et puis, la boîte allemande m'a recontactée pour développer la filiale française, en fait, avec mon chef. Moi, on a reconstruit complètement la filiale française de la boîte allemande. Et pendant pratiquement trois ans, j'étais commercial itinérante sur la France. Je sillonnais la France entière pour vendre des machines et c'était passionnant. Ça a été une période de ma vie passionnante où là, j'ai découvert l'autonomie. Alors ça, pour le coup, dans l'entrepreneuriat, ça m'est très utile à faire des choses très, très différentes. J'ai animé des conférences, j'ai écrit des articles pour la communication, mais j'ai aussi fait du SAV. J'ai choisi des pièces pour des clients, donc vraiment des trucs très techniques. J'ai fait... de la partie négo évidemment, avec des PME, des TPE, des grands groupes. Je faisais beaucoup de route. J'ai rencontré plein, plein, plein, plein de gens dans différents secteurs en France entière et c'était passionnant. Ça,
- Speaker #1
ça a duré dix ans, c'est ça ?
- Speaker #2
Non, j'en parle beaucoup, mais ça a duré trois ans. Et ensuite, je suis arrivée à Nantes. J'ai été chargée d'affaires, un chef de projet international sur des machines toujours. Au début, j'étais dans la plasturgie, après j'étais dans la ventilation industrielle. Et à Nantes, je suis arrivée dans le soudage. Et pendant six ans, j'ai vendu des projets sur mesure. Ce qui était super, c'est que j'ai déclenché mon téléphone. Une fois, c'était en anglais. Une fois, c'était en allemand. Une fois, c'était en espagnol. Ça dépendait, en fait. J'ai travaillé avec des clients en Russie, en Corée, au Japon, en République tchèque, etc. C'était vraiment passionnant. Puis, cette boîte, ça me plaisait bien. Et je suis restée encore cinq ans de plus là-bas. Mais là, pour le coup, je suis devenue responsable commerciale pour la vente de prestations de services. J'avais une équipe de cinq personnes, donc j'ai découvert le management. à l'animation d'une équipe. On vendait des prestations de service et on vendait notamment des formations. C'est là où j'ai découvert le monde de la formation professionnelle et j'ai trouvé ça passionnant. Il y a eu un moment où je me suis dit que j'avais envie de transmettre tout ce que j'avais acquis sur le terrain. Tout un tas de postes, toujours dans l'activité commerciale de produits techniques, mais j'avais envie de transmettre. Et voilà, j'ai lancé Trust & Move.
- Speaker #1
Il y a eu un déclencheur particulier, en plus de tout ce que tu viens de dire ?
- Speaker #2
Il y a eu un moment où j'ai réalisé que mon job au quotidien me plaisait, mais je n'apprenais plus. Je n'étais plus en train d'apprendre tous les jours comme ce que j'aime faire. J'ai eu envie d'apprendre de nouveau. Et c'est pour ça que je me suis formée, je suis devenue formatrice pour adultes. Et j'ai eu envie de transmettre. J'ai cherché une boîte dans laquelle je pourrais bosser pour faire du conseil et de la formation. Au début, je voulais... aider des boîtes à se développer à l'international. Et puis j'ai cherché, je n'ai pas trouvé de boîte qui voulait m'embaucher. Il y a une personne que j'ai rencontrée qui m'a dit, mais vas-y, lance-toi à ton compte. Je dis, mais je n'ai pas de réseau, parce que moi j'avais un réseau, mais à l'international, je n'avais pas de réseau local. Je ne savais pas trop comment me lancer là-dedans. Elle m'a dit, mais si, tu vas faire ta place, sors, sors, tu trouveras. Elle a tout à fait oublié qu'elle m'a dit ça, mais moi je ne l'avais pas du tout oublié. Ça a été vraiment déclencheur, et c'est comme ça que j'ai lancé mon activité.
- Speaker #1
Comment tu as atterri à l'ouvre-boîte alors ?
- Speaker #2
Je voulais... pas quitter le statut salarié parce que j'ai deux enfants et pour moi, je me disais si je me casse une jambe, il faut qu'ils puissent continuer à manger. Donc, statut salarié avec toute la protection sociale, c'était ce qui me motivait. Au début, j'ai entendu parler du portage salarial, donc j'ai commencé en portage salarial et puis j'ai découvert l'ouvre-boîte. L'ouvre-boîte, c'est une coopérative d'activités et d'emplois. Aujourd'hui, on est pas loin de 400, donc dans des métiers complètement différents. Chacun gère son activité tout seul. Mais par contre, on mutualise tout ce qui est comptabilité, etc. Et surtout, on bénéficie d'un accompagnement à l'entrepreneuriat, une vraie formation. Parce que quand on est entrepreneur, enfin, quand on se lance comme entrepreneur, on se dit, voilà, j'ai une expertise, je vais la transmettre, c'est bon, je vais trouver mes clients. Mais sauf qu'entrepreneur, c'est avoir une expertise, mais c'est aussi savoir la vendre et c'est aussi savoir piloter une entreprise. C'est ces trois compétences qui sont indispensables. L'expertise, je l'avais. La vente, bon, c'était un peu mon métier, donc ça allait. Mais par contre, piloter dans une entreprise, je trouvais ça très aidant d'être dans la coopérative qui m'a aidée à progresser et à me former là-dessus.
- Speaker #1
Justement, quelles ont été les premières galères que tu as dû traverser en tant qu'entrepreneur ?
- Speaker #2
Oula ! Les premières galères... Alors, je me rappelle d'une période très difficile où je me suis formée. Pendant trois mois, j'ai obtenu le titre professionnel de formatrice pour adultes. J'avais déjà été formée, mais là, j'ai obtenu le titre professionnel. Pendant trois mois, j'étais très concentrée sur ma formation, peu sur le développement commercial. Et ensuite, il s'est trouvé que pour des raisons complètement différentes, j'ai plusieurs projets qui sont tombés à l'eau, dû aux différents clients. On était en 2021, donc c'était post-Covid aussi, ce n'était pas forcément évident. Et bien, suite à ma formation, je me suis retrouvée avec rien, rien dans le pipeline, enfin plus grand chose. C'est là où je me suis rappelé l'importance de prospecter en permanence, en fait. Et même quand on est occupé par ailleurs, en formation, etc., il faut continuer à prospecter. toujours dans la démarche d'aller vers les clients, d'entretenir du réseau, etc. Et c'est pas toujours évident quand on a une autre priorité, comme ce que j'avais à ce moment-là. Mais ça m'a fait un long tunnel, quand même. C'était un peu long. Six mois, c'était dur à avaler.
- Speaker #1
Et c'était quelle année le lancement de cette activité ?
- Speaker #2
Alors moi, je me suis lancée en 2017. 2017 lancée, et je suis arrivée à l'ouvre-boîte en janvier 2018. Fin 2020, je suis devenue sociétaire puisqu'en fait, on est une SCOP, c'est une coopérative qui a vocation, enfin, on a vocation à devenir sociétaire si on reste dans la coopérative. Et ensuite, j'ai continué à cheminer. Fin 2021, je suis rentrée au conseil d'administration. Et depuis avril 2022, je copréside le conseil d'administration de l'ouvre-boîte. C'est vachement intéressant pour moi parce que je suis dans des décisions stratégiques. L'objectif, c'est de représenter les sociétaires de l'ouvre-boîte. Et que ce que fait l'ouvre-boîte de façon opérationnelle, ça répond bien aux orientations stratégiques que les sociétaires ont décidées. Ça reste quand même une scope de 400 personnes, donc ça fait quand même... beaucoup de choses et c'est passionnant. En plus, j'ai de la chance d'avoir des gens super bien avec moi, donc c'est vraiment chouette.
- Speaker #1
C'est du ton bénévole que tu donnes ?
- Speaker #2
Souvent, c'est plus d'une journée par semaine. Il y a vraiment une prime de coprésidence pour faire partie du conseil d'administration et notamment de le présider. Donc, c'est du manque à gagner pour moi. Si je n'ai pas de temps, je ne facture pas à mes clients et donc, pour compenser ça, on a une prime.
- Speaker #1
Juste avant de passer à ta carte blanche, il y a des causes pour lesquelles tu es engagée dans le cadre de ton activité ?
- Speaker #2
Ce qui m'a passionnée dans la vente, c'est l'humain. C'est le contact avec les humains de manière générale. C'est rencontrer des gens. Et c'est pour ça que j'ai appris des langues. Quand j'étais petite fille, je voulais apprendre toutes les langues du monde. Donc, j'ai renoncé parce que c'était un peu beaucoup. Mais voilà, je voulais vraiment rencontrer, rencontrer des gens, rencontrer des gens. Et ça, dans la vente, on en a en permanence de la rencontre. Donc ça, c'est chouette. Et moi, ce que j'aime beaucoup, c'est la diversité des rencontres. Et je milite pour que nos entreprises, notre société de manière générale, soient plus diverses, soient plus ouvertes. Donc je suis une femme, j'étais dans un milieu technique, donc très souvent j'étais dans un milieu d'hommes. C'est une cause qui me tient beaucoup à cœur. Oui, je suis féministe, je défends ça, je défends le... Plus de diversité dans les structures dirigeantes, par exemple. On travaille en faveur de l'égalité femmes-hommes, notamment au niveau des rémunérations. On en parlera tout à l'heure, mais moi, la partie tarifs, rémunérations, le prix, l'argent, tout ça, c'est des sujets qui comptent beaucoup pour moi et qui, je pense, sont fondamentaux pour rééquilibrer la société.
- Speaker #0
Rendez-vous le podcast.
- Speaker #1
Merci d'avoir partagé ce parcours très très clair. Je pense qu'il n'y a pas grand-chose à rajouter. On peut difficilement être plus exhaustif. Allez, à toi de jouer maintenant. Tu as une minute pour ta carte blanche.
- Speaker #2
Ma carte blanche, c'est si vous avez un talent, une compétence, une expertise et que vous avez envie de vous lancer, allez-y, foncez, lancez-vous. Mais faites-vous accompagner. N'y allez pas seul. Parce que seul, au début, ça peut marcher, super. Quatre pépins, un grain de sable, etc. Vous risquez de vous faire du mal. Faites-vous accompagner. travailler la question de vos tarifs avec les personnes qui vous accompagnent. Parce que j'ai rencontré beaucoup trop d'entrepreneurs qui disent trimer comme des ânes, travailler 7 jours sur 7 et ne pas arriver à se faire un salaire. Oui, mais peut-être que si vous facturez un peu plus vos prestations, vous arriveriez à vous faire un meilleur salaire. Donc, travailler la question du tarif, c'est vraiment important. Faites-vous accompagner par qui vous voulez, mais des mentors, dans les coopératives, il y a évidemment des... personnes qui sont en charge de l'accompagnement, mais des experts comptables, et trouver des gens de confiance, des pairs, travailler cette question tarifaire, et vraiment, regardez là en face quels sont vos réels besoins, quel est le temps que vous êtes capable de travailler, et du coup, quel salaire vous pourrez vous déclencher avec vos tarifs.
- Speaker #1
Ok, le message est passé, merci à toi Sylvie.
- Speaker #0
Rendez-vous, le podcast.
- Speaker #1
Allez, on attaque la dernière partie. Parlez de ton métier actuel, notamment très axé sur la vente, le relationnel. Tiens, j'aimerais bien commencer sur le... J'ai une idée derrière la tête quand je te pose cette question. Est-ce que se vendre, se vendre, c'est vraiment la bonne posture à avoir, le bon état d'esprit ?
- Speaker #2
Non.
- Speaker #1
Tu m'avais dit sûr.
- Speaker #2
En fait, moi, j'invite toujours mes clients à bien réfléchir sur la différence entre... vendre une prestation et se vendre. Vendre une prestation, je rends un service à un client, une prestation ou un produit, quel qu'il soit. En tout cas, je rends un service. Même si je vends une trousse, je rends le service de porter des stylos à la personne qui l'achète. Et ce service, il a une certaine valeur. Et c'est ça qu'on vend, en fait. C'est la valeur de ce service qu'on vend. Et ce n'est pas soi qu'on vend. Parce que si aujourd'hui je vends des trousses, mais que demain je vends des voitures, ce n'est pas le même tarif et pour autant, c'est toujours moi qui vends. Donc, ce n'est pas ma valeur à moi, ce n'est pas ça qui compte. J'insiste toujours pour que les personnes arrivent à dissocier ce qu'elles vendent, c'est-à-dire ce pour quoi les clients vont dépenser de l'argent, c'est-à-dire leur prestation de service, et de la valeur que la personne a en tant qu'entrepreneur. C'est deux choses qui sont radicalement différentes. Il faut arriver à dissocier les deux. Et beaucoup me disent, oui, mais moi, mes prestations, c'est quand même moi qui les fais. Donc forcément, les clients, ils viennent vers moi parce que j'ai une touche, une patte particulière. C'est juste, c'est certain. N'empêche, s'ils viennent chez vous, c'est pas pour vous, c'est pour bénéficier du service. Que vous allez rendre d'une certaine façon, mais c'est pour bénéficier du service. S'ils n'ont pas besoin de ce service, pas envie de ce service, vous pouvez voir tous les arguments du monde, c'est pas vous qui vous recherchez. C'est votre service. Il faut arriver à bien comprendre que... L'argent que la personne va dépenser dans ce service, c'est pour le service, ce n'est pas pour vous. Et donc, si on arrive à dissocier les deux, en fait, on se facilite la vie. Parce que si le client dit non, ce n'est pas non à moi, c'est non au service, non à l'offre. Aujourd'hui, ça ne répond pas à son besoin. Ce n'est pas non à moi. Et ça, en fait, ça relâche la pression sur les gens d'une force. C'est vraiment important pour moi de distinguer les deux.
- Speaker #1
Oui, c'est aussi une posture, la posture du commercial, la posture de l'entrepreneur.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Quand on est entrepreneur, on est commercial pour ses prestations, son expertise, etc. C'est vraiment important de prendre cette... C'est un métier différent, et donc c'est pour ça que ça s'apprend. C'est pour ça que je vous invite à aller vous former, vous renseigner, à vraiment prendre le sujet à cœur. Et c'est pour ça que quand on est entrepreneur, pour moi, il est important de distinguer les trois métiers. L'expertise. la partie commerciale et la partie pilotage de l'activité entrepreneuriale.
- Speaker #1
Après, dans le côté commercial, il y a vraiment cet aspect du relationnel. On reconnaît les commerciaux, les bons commerciaux, avec leur faculté à tisser tout de suite des liens. D'ailleurs... Quand tu m'as accueilli tout à l'heure, avant ce rendez-vous, tout de suite, tu étais hyper à l'aise, tu as posé des bonnes questions. Puis tout de suite, on a commencé à parler. Tu m'as fait parler, d'ailleurs.
- Speaker #2
Alors oui, parce que pour moi, une des qualités primordiales pour la vente, c'est l'écoute. Et l'écoute, c'est-à-dire j'écoute la personne, je fais parler la personne. Et ce n'est pas moi qui parle. Parfois, on dit, oui, les commerciaux, c'est des beaux parleurs. Mais non, pour moi, ça, c'est des mauvais commerciaux qui parlent beaucoup. Les bons commerciaux sont des personnes qui sont capables d'écouter, de faire parler la personne. Parce que c'est comme ça qu'on va bien comprendre le besoin du client et que potentiellement, on va pouvoir s'y adapter.
- Speaker #1
Pour briser la glace, pour instaurer la confiance, quels sont les conseils que tu donnes à tes clients ?
- Speaker #2
Un sourire. La première chose, un sourire. Et puis, après, chacun sa patte. En tout, il n'y a pas une seule façon de faire. Mais c'est vrai que moi, je mets beaucoup d'humour, coup de sourire. Le leitmotiv de mon activité, c'est oser, vendre et sourire. en fait, osez être là, osez proposer vos services, vendez-les parce que c'est comme ça que vous allez en vivre, et souriez, parce que vous serez content de l'avoir vendu, mais aussi souriez parce que juste, si vous avez vendu, vous êtes en relation avec quelqu'un, et donc vous avez noué un contact, et vous êtes, vous pouvez établir une relation, et enfin, une relation humaine en plus, c'est toujours génial.
- Speaker #1
Les commerciaux ont un petit peu quelque part, le networking, la faculté de recommander et... Ça s'acquiert très vite pour les commerciaux. C'est quelque chose qui manque à beaucoup d'entrepreneurs. Qu'est-ce que tu peux dire par rapport à ça ? Tu recommandes beaucoup dans ton métier ?
- Speaker #2
Oui, je recommande beaucoup. Un conseil qu'on m'a donné quand je me suis lancée comme entrepreneur, c'est tant que tu as du temps, participe à tous les ateliers, workshops, les networking, les petits apéros, machin. Fais tout ce que tu peux pour rencontrer, rencontrer, rencontrer. Ce conseil-là, il est excellent. et je l'ai appliqué. Et oui, ça permet, donc d'une part, de rencontrer des gens. À chaque fois qu'on rencontre, on est obligé de pitcher son activité. Donc ça permet d'améliorer son pitch, d'être plus à l'aise, d'affiner, voire de réorienter un petit peu. Parce que quand on présente des choses d'une façon et puis que ça répond toujours un peu à côté de la plaque, on se dit peut-être que je ne le présente pas bien. Et donc vraiment de monter en compétence là-dessus. Et puis les graines qu'on sème aujourd'hui, alors on ne sait pas quand est-ce qu'elles vont germer, peut-être que c'est dans un an, deux ans, trois ans. parfois cinq ans, mais au moins, c'est comme ça qu'on va faire le business de demain.
- Speaker #1
Quand tu commences à travailler avec un indépendant, quelle est ta méthode, ton approche pour l'aider peut-être à construire son offre ou à progresser dans certains aspects commerciaux ?
- Speaker #2
En fait, j'ai monté une proposition qui s'appelle Kiffe ton tarif, qui aide les indépendants à se sentir plus à l'aise avec leur tarif, à savoir le valoriser. L'accompagnement, il est complètement sur mesure. Ou bien s'il y a une prise en charge, dans ces cas-là, c'est une formation qui est cadrée. Mais sinon, c'est vraiment sur mesure. Et ma première question, c'est qu'est-ce que vous vendez ? À qui vous vendez ? Et à quel prix vous le vendez ? Là, si on a déjà ces trois questions qui sont répondues de façon claire, souvent, déjà, qu'est-ce que vous vendez ? Pour des débutants, ça peut être compliqué. Pour des personnes plus affirmées, ça va. Mais le à qui vous vendez ? j'ai très souvent des réponses. Ça peut intéresser tout le monde. Alors ça, ça peut intéresser tout le monde, ça veut dire que ça n'intéresse personne. Donc voilà, on essaie de cibler à qui on vend. Et puis à quel prix on le vend. Et alors là, il y a même des gens très expérimentés. Je travaillais récemment avec une entrepreneur, ça fait dix ans qu'elle a lancé son activité. Et en fait, elle l'a réalisé parce qu'on a travaillé ensemble. J'ai tout un tableau de calcul. Kiffe tes chiffres. J'ai fait un... Un tableau de calcul qui permet de calculer justement les tarifs en fonction de la rémunération qu'on veut obtenir. Au bout de dix ans, elle s'est rendue compte que ces tarifs ne pouvaient pas la faire manger comme elle voulait. Et elle était toujours déçue, elle n'y arrivait pas, etc. Et donc, on a retravaillé ensemble. C'est à elle aussi de reprendre la main derrière. Mais parfois, il faut revoir sa cible de clientèle. Parfois, il faut avoir des tarifs différents selon des cibles de clientèle. J'ai une cliente qui, elle, a un tarif coup de cœur. C'est-à-dire qu'elle s'octroie. quelques jours par mois pour travailler moins cher pour certains clients à qui elle a envie de faire un coup de cœur. Voilà, c'est une solution, par exemple. Il y a des tarifs de lancement aussi, il y a plein de solutions.
- Speaker #1
Alors, il y a l'éternelle question de l'indépendant généraliste ou spécialiste. Est-ce que tu as quelque chose à nous dire là-dessus ? La question piège.
- Speaker #2
Alors, encore une fois, si on veut plaire à tout le monde, on ne plaît à personne. C'est-à-dire que si on dit, moi, je sais tout faire... Alors, soit il y a des choses que vous ne savez pas bien faire et vous ne les faites pas aussi bien que les autres, et donc ça dévalorise les prestations que vous savez bien faire. Soit, en fait, vous ciblez tellement de personnes que vous êtes inaudibles, en fait, on ne va pas savoir à qui vous vous adressez vraiment, on ne va pas se reconnaître dans votre discours. Au début, on ne sait pas trop, donc parfois il est intéressant de cibler une typologie de clientèle, et puis de changer de cible en cours de route. Au cours d'un parcours entrepreneurial, ça arrive et c'est OK. Et même tout type d'entreprise peut avoir un changement de positionnement de clientèle ou de marketing. Ça arrive et c'est OK. Tant qu'on se sent à l'aise, soit en tant qu'entrepreneur. C'est ça l'intérêt d'être entrepreneur, c'est de pouvoir faire comme on se sent bien avec.
- Speaker #0
Rendez-vous le podcast.
- Speaker #1
C'est quelle typologie de contact ? C'est que les clients indépendants ?
- Speaker #2
Très différent. Beaucoup dans la région nantaise parce que je suis là, mais j'en ai aussi à l'extérieur parce qu'en distanciel, ça marche très bien aussi. Kiff ton tarif, c'est une formation que je propose à tous les entrepreneurs de l'ouvre-boîte, par exemple, qui peuvent en bénéficier. Mais je le propose aussi à l'extérieur et les indépendants qui viennent me voir, c'est souvent... par le bouche-à-oreille, par des gens sur LinkedIn. Je publie assez régulièrement sur LinkedIn des gens qui me suivent, qui viennent me contacter. Et j'ai des clients qui sont dans des secteurs d'activité assez différents, soit dans la formation professionnelle, la rédaction web, une femme qui est dans le massage.
- Speaker #1
Et pour tes clients dans le secteur de l'industrie, est-ce qu'il y a des ponts avec tout ce que tu as exposé avant ou c'est quelque chose d'autre que tu fais avec eux ?
- Speaker #2
Les clients industriels, je fais des formations aux équipes commerciales, donc des formations à la vente. On parle toujours de la vente et on parle aussi du calcul de prix, parce que c'est aussi intéressant. Souvent, ce que je fais, c'est que je forme, par exemple, des techniciens qui deviennent commerciaux. Ça, ça arrive beaucoup. Donc, des gens qui sont experts dans la technique dans un métier et qui deviennent commerciaux. Donc, ils doivent apprendre toute la partie vente. Et c'est un peu pareil que les entrepreneurs qui ont une expertise et qui doivent se former à la vente. Pour moi, il y a un vrai parallèle. Et puis, j'accompagne aussi des équipes commerciales dans leur fonctionnement, dans leur organisation. et aussi sur des équipes de direction, dans ces cas-là, sur la partie stratégie commerciale. C'est où est-ce qu'on veut aller, comment, à qui on s'adresse et pourquoi. Et pour ça, je me suis formée Lego Serious Play. Je travaille avec des Legos. Et avec des Legos, on construit ensemble un plan d'action commercial, enfin une stratégie commerciale plutôt. On va construire une stratégie de développement, une organisation d'équipe. C'est passionnant et c'est très drôle en plus parce qu'on utilise des Legos et moi j'adore jouer.
- Speaker #1
Aujourd'hui, tu es lancée depuis 2017. En cas de ton activité, est-ce qu'on peut t'aider ? Est-ce que tu es en recherche de mise en relation, de recommandation ?
- Speaker #2
Toujours, parce que c'est quelque chose qui doit être permanent quand on est entrepreneur. Toujours aller chercher des nouveaux clients, de nouveaux contacts. Si vous connaissez des gens qui soit se lancent dans l'entrepreneuriat, soit sont déjà lancés, mais qui galèrent, qui s'épuisent, qui se crèvent à la tâche parce qu'ils bossent. comme des fous et pour pas bien être payés. Conseillez-les de se faire aider. Certes, moi, je peux le faire, mais il y en a plein d'autres. C'est pas que moi, mais allez chercher des gens qui vous aident, des réseaux d'entreprise, des mentors, des pairs. Mais en tout cas, ne restez pas seuls. Surtout, ne restez pas seuls. Allez vous faire aider et c'est OK de se faire aider.
- Speaker #1
Je rebondis sur ce que tu viens d'exprimer. Il y a beaucoup de personnes qui sont à ta place, à ce micro, qui parlent de santé mentale. C'est quelque chose aussi qui est important pour toi.
- Speaker #2
J'ai suivi une formation en premier secours en santé mentale il y a maintenant deux ans, trois ans. Et c'était très intéressant. Oui, oui, c'est très intéressant la santé mentale en tant qu'entrepreneur. Mais aussi à titre personnel, j'ai une histoire avec mon frère qui s'est suicidé. J'ai une histoire assez douloureuse sur le sujet.
- Speaker #1
Alors je dis excellent, mais ce n'est pas pour ce que tu viens de dire. Je dis excellent pour la santé mentale, la secouriste en santé mentale. Tu es la deuxième personne que je rencontre et qui a fait cette formation. C'est assez récent, quand même. Ça commence à rentrer dans les mœurs en France.
- Speaker #2
Je ne sais plus quand est-ce que c'est arrivé en France. Je dirais peut-être aux alentours de 2020. Ça s'est vraiment diffusé, probablement au moment du Covid. En tout cas, oui, c'est très intéressant. Et c'est une formation qui, pour moi, devrait être déployée partout, dans les établissements scolaires. Au même titre, en fait, que tout ce qui est formation secouriste, qu'on trouve vraiment dans beaucoup d'endroits maintenant, je trouverais ça vraiment important. que ce soit diffusé parce que, oui, ça peut sauver des vies.
- Speaker #1
Le secouriste en santé mentale, il identifie une personne en difficulté pour la rediriger vers quelqu'un de plus compétent et qui pourra l'aider à solutionner son problème ou son mal-être.
- Speaker #2
En fait, ce n'est pas le secouriste en santé mentale qui va être en mesure de guider la personne au bon endroit. Par contre, on est formé à écouter certains signaux, à savoir réagir à certains signaux, surtout des signes de grand danger, c'est-à-dire de détresse. où la personne est au bord du gouffre. On n'est pas psy. Moi, je ne suis pas psy du tout. Par contre, être en mesure d'identifier des signaux d'alerte forts... et avoir tout un tas de ressources. En fait, on a tout un tas de ressources qu'on peut mettre à disposition des personnes qui seraient dans cette situation-là. C'est un peu comme le secourisme. C'est le genre de formation. On l'a fait et on espère avoir jamais besoin de s'en servir.
- Speaker #1
C'est tellement vrai ce que tu dis. Ouais, mais comment on s'appelle ? AFPS, qui ne s'appelle plus comme ça maintenant. J'ai fait un rappel il y a quelques mois. On n'a pas envie de s'en servir.
- Speaker #2
Ah mais c'est sûr, c'est sûr.
- Speaker #1
Merci Sylvie d'avoir répondu à mes questions. A voir si par la suite, je ne fais pas une émission sur la santé mentale. Je pense qu'il y a beaucoup de podcasts qui atterrissent sur ce sujet. Merci à toi.
- Speaker #2
Merci Jean-Christophe.
- Speaker #0
C'était Rendez-vous, le podcast qui fabrique et consolide votre réseau d'apporteurs d'affaires.