Speaker #0Avant de commencer, il faut que je te dise que j'ai créé une formation gratuite spécialement pour toi. Si tu souhaites mettre en place une éducation financière pour ton enfant mais que tu ne sais pas par où commencer, vraiment cette formation est dépensée pour toi. J'y explique toutes les bases de la montée souris financière et les premières étapes à mettre en place à la maison pour parler d'argent avec son enfant. Tu peux t'y inscrire gratuitement, je te mets le lien dans la description et maintenant place à l'épisode. Bonne écoute Bienvenue dans Anecdotes financières, un format plus court que les épisodes habituels. Ici, je ne vais pas partir d'une notion financière pour t'expliquer comment l'enseigner à ton enfant. Je vais partir de la vraie vie, des situations banales vécues avec mes filles autour de l'argent. Puis, nous allons prendre un peu de recul ensemble pour comprendre ce que ces situations révèlent sur nos enfants, leur développement, leurs émotions et les compétences qu'ils sont en train de construire vis-à-vis de l'argent. Allez, je te répète la anecdote du jour. Aujourd'hui, on va parler de la réaction de Laurie, 5 ans. Mais avant ça, petit contexte. À la maison, les filles ne reçoivent pas d'argent de poche. À la place, nous avons mis en place un système qui leur permet de générer leur propre revenu. Donc, elles gagnent de l'argent à travers des tâches ménagères, certaines initiatives, le sport, l'alimentation ou d'autres comportements qu'on a choisi d'encourager. Du coup, elles suivent régulièrement où elles en sont. Il suffit qu'elles aillent sur leur carnet pour noter ce qu'elles ont fait dans la journée et elles peuvent facilement calculer là où elles en sont. Et honnêtement, elles regardent très peu souvent, finalement, le montant qu'elles ont fait. Progressivement. Souvent, c'est sur toute la surprise à la fin de la semaine ou des 15 jours, quand il y a des vacances scolaires ou il y a des événements qu'il faut qu'on n'a pas pu le faire. Et ce jour-là, Laurie avait accumulé 11 euros. Et Amy, elle, avait accumulé 12,50 euros. Donc, à peine 1,50 euro d'écart. Et pourtant, ça suffit à provoquer une crise. de pleurs, mais vraiment monumentales chez Laurie. Au début, je me suis dit qu'on allait... J'allais juste lui expliquer ce qu'il faut qu'elle fasse, comment elle peut augmenter son revenu, et que ça ne dépendait que de ses propres actions, et que la différence était tellement minime qu'il n'y avait pas de grand effort à fournir, soit pour rattraper, soit pour dépasser ce chiffre, si c'était son objectif. Mais en prenant le temps d'observer la situation, je me suis rendue compte que ce n'était pas du tout le sujet, en fait. Le problème, ce n'était pas qu'elle avait 11 euros de problème, Merci. C'était qu'Amy avait 12,50 euros. Parce que finalement, si Amy avait eu 5 euros, je suis persuadée que Laurie aurait trouvé ces 11 euros extraordinaires. C'est la comparaison avec le revenu de sa soeur qui a changé instantanément la valeur de ces 11 euros à ses yeux. Parce qu'avant de regarder le montant de sa soeur, ces 12 euros à elle, c'était beaucoup. Ça lui convenait. Mais je comprends parce qu'on voit le même phénomène chez les adultes. Tu peux être contente de ton salaire et puis tu apprends que ta collègue... qui a à peu près le même job que toi, le même poste, gagne un peu plus. Et tout à coup, ton salaire te paraît moins intéressant. Pourtant, il n'a pas changé. Tu vois, ce n'est pas ton revenu qui a changé, mais plutôt ton point de comparaison. Alors oui, bien sûr, j'aurais pu lui dire, ne te compare pas. C'est vraiment très bien ce que tu as déjà fait jusqu'à maintenant. Mais ce n'est pas ce que j'ai envie de lui apprendre, en fait. Parce que si on est vraiment honnête, on se compare tous. On le fait de manière instinctive. même si on sait qu'il ne faudrait pas le faire, on le fait. Et d'ailleurs, parfois, heureusement qu'on le fait. Combien de fois j'ai observé d'autres familles avant de me demander, « Tiens, pourquoi eux, ils font comme ça ? » « Qu'est-ce qui fait que si je ne m'étais pas comparée, si je n'avais jamais fait ça, je ne me serais probablement jamais intéressée à l'éducation financière des enfants. » Je n'aurais jamais remis en question certaines habitudes que j'avais et je n'aurais jamais cherché d'autres façons de faire. Alors, je préfère avoir une vision un peu plus nuancée de la comparaison parce que Pour moi, ce qui compte, c'est plutôt ce qu'on fait de cette comparaison. Il y aurait deux grandes possibilités à mes yeux. La première, c'est qu'on se dit, ben c'est pas juste, pourquoi elle a plus que moi ? Et là, la comparaison nous enferme, on va juste s'arrêter à ça. Et la seconde, on peut se demander, ben qu'est-ce que j'ai observé ? Qu'est-ce qu'elle fait différemment ? Et qu'est-ce que cette comparaison vient réveiller comme émotion chez moi ? Et là, ben la comparaison devient plutôt une source d'informations, une invitation à réfléchir ou bien une opportunité d'apprendre. Et d'un point de vue purement plan de développement, ce que j'observe chez Laurie quand elle fait ça, quand elle a cette réaction, c'est parfaitement normal. Parce qu'à 5 ans, sa soeur, c'est quand même l'un de ses principaux repères. Elle se situe naturellement par rapport à Amy. Je ne cherche donc pas à supprimer cette comparaison. Je voudrais la faire évoluer et faire évoluer ce qu'elle décide de faire de cette comparaison. Donc exploser en crise de pleurs. Ou exposer en crise de pleurs parce que c'est tellement trop fort et ensuite se poser et analyser. Et puis, il y a aussi ce petit truc qui fait que quand il y a des moments de crise comme ça, j'ai souvent envie d'être dans la réaction. Mais je dois me garder, dans une petite part de mon esprit, je dois garder ça en tête que mon rôle, ce n'est pas forcément d'avoir une réponse immédiate. Mon rôle, c'est d'observer parce que cette dernière crise-là, dans ça, tout ce qu'il y avait, c'était une boule d'émotion. Il y avait de la frustration. Il y avait un sentiment d'injustice et peut-être même de la jalousie. Et lorsque cette émotion est trop forte, j'ai souvent envie d'intervenir pour pouvoir expliquer, pour rassurer et apaiser la crise. Alors qu'en réalité... La première chose dont l'enfant a besoin, c'est que son émotion soit reconnue, accueillie, entendue. Surtout que lorsqu'une émotion est vraiment très forte, que ce soit chez les adultes ou les enfants d'ailleurs, l'apprentissage n'est généralement pas disponible immédiatement. Et c'est particulièrement vrai quand on parle d'argent. L'argent se mélange très vite à nos émotions, à notre sentiment de sécurité, à notre valeur, à notre place parmi les autres. C'est pour ça vraiment que j'insiste sur l'environnement émotionnel quand je parle d'éducation financière. Avant même de travailler une notion financière, je veux observer ce que mon enfant est en train de ressentir. Parce que si je reviens à l'exemple de la crise que l'hôpital a fait, ce qui m'intéresse, c'est ce que cet épisode de pleurs va révéler. Alors oui, cette émotion parlait clairement de la comparaison. Demain, ça peut être l'échec ou l'attente ou une envie immédiate ou la peur de manquer. Mais en tout cas, à chaque fois, la même question doit revenir. Quelles émotions je suis en train d'observer avant même de vouloir chercher quelles notions financières je vais enseigner ? Alors, il faut quand même que j'utilise comment ça s'est terminé. Plutôt simplement, je lui ai fait un gros câlin. Je lui ai dit que je comprenais que je suppose qu'elle trouve ça injuste et qu'elle aimerait avoir la même chose qu'Émy. Toujours des suppositions, pas d'affirmation à elle de me dire si c'est vrai ou pas. Et il y a eu encore des bisous et des câlins. et je dirais qu'en quelques minutes, on est passé à autre chose. Je n'ai fait aucune leçon financière, aucune explication sur la manière d'augmenter son revenu. Et c'est seulement le lendemain qu'on a pu en reparler calmement parce que son émotion était redescendue et une fois qu'elle est redescendue, son cerveau était à nouveau disponible pour pouvoir réfléchir et apprendre la notion financière que j'avais envie de lui apporter. Qui là, en l'occurrence, c'était pas tant une notion financière mais plutôt... Une question de mindset sur le fait d'aller chercher ses objectifs et d'utiliser la comparaison comme moteur une fois qu'on a analysé ce que ça provoque chez nous. Donc tout ça, je ne l'ai fait que lorsque son système émotionnel était redevenu suffisamment calme pour pouvoir laisser de la place à la réflexion, à l'apprentissage. Voilà, on s'arrête là pour aujourd'hui. Avant de se quitter, j'ai une petite question pour toi. As-tu déjà vécu une situation similaire avec ton enfant ? Si oui, viens me la raconter en commentaire. J'adore découvrir les réflexions et les questions que vos enfants vous amènent au quotidien. Et si tu veux aider davantage de familles à découvrir le podcast, le meilleur moyen reste de laisser un oeil sur 5 étoiles et de partager cet épisode autour de toi. C'est grâce à toi que la montée sur les financières continue à grandir. Alors à bientôt pour une nouvelle anecdote financière.