Speaker #0Avant de commencer, il faut que je te dise que j'ai créé une formation gratuite spécialement pour toi. Si tu souhaites mettre en place une éducation financière pour ton enfant mais que tu ne sais pas par où commencer, vraiment cette formation est dépensée pour toi. J'y explique toutes les bases de la montée sur les financières et les premières étapes à mettre en place à la maison pour parler d'argent avec son enfant. Tu peux t'y inscrire gratuitement, je te mets le lien dans la description et maintenant place à l'épisode. Bonne écoute Aujourd'hui, on va parler de la provision. Mais avant de parler de provision avec ton enfant, il faut que toi, tu sois déjà au clair sur ce que c'est. Parce que souvent, on mélange un peu tout. Épargne, imprévu, projet, investissement. Et on met tout dans le même panier. Et forcément, ça devient un peu flou, un peu compliqué. Et si c'est flou et compliqué pour toi, Ça le sera forcément pour ton enfant dans la manière dont tu vas l'expliquer et tu ne peux pas t'attendre à ce qu'il comprenne quelque chose que toi-même, tu ne comprends pas, tu ne maîtrises pas totalement en tout cas, ou même un minimum plutôt. Donc, on va poser les bases clairement. Une provision, c'est quoi ? C'est une somme d'argent que tu mets de côté pour une dépense future, mais une dépense que tu sais déjà qu'elle va arriver. Je répète, c'est une dépense qui est prévue. C'est une dépense qui est certaine, ce n'est pas une surprise. Par exemple, en tant qu'adulte, on sait qu'on aura les impôts, qu'on aura la rentrée scolaire, qu'on aura les cadeaux de Noël, les anniversaires, probablement le contrôle technique de ta voiture, les vacances que tu sais, tu sais où tu pars chaque année, ou même si tu ne sais pas où tu pars, tu sais que tu partiras en vacances, la réparation de la voiture, tu ne sais pas quand ça arrivera, mais tu sais que dans l'année, il y aura une réparation à faire pour ta voiture, probablement les manicures. Si tu les fais régulièrement, tout ça, ce ne sont pas des imprévus. On sait que ça arrive, simplement, on préfère parfois ne pas y penser et puis gérer sur un instant. Donc, une provision, ce n'est pas une épargne imprévue. Ce n'est pas quelque chose que tu vas utiliser pour une panne soudaine de ta voiture ou bien une urgence médicale, par exemple. Et ce n'est pas non plus un investissement. Ce n'est pas de l'argent que tu vas faire travailler. La provision, c'est simplement de l'argent que tu mets de côté. qui est qui a déjà une mission en soi. Cet argent est destiné à quelque chose et du coup, ça veut dire qu'une provision, ça se planifie sur un an. Oui, oui, sur un an. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tu regardes ton année à l'avance et que tu identifies toutes les dépenses qui vont arriver mois par mois. Tu prends ton calendrier. En janvier, il y a quoi ? Une galette des rois. Les anniversaires. Peut-être que tu vas commencer à acheter tes tickets pour les soirées. De carnaval ou des accessoires. En février, un petit massage, réparation auto. En mars, il y a quoi ? La compétition de gym, peut-être ta manicure. Tu vois, tu détailles, tu vois vraiment mois par mois quelles sont les dépenses que tu auras. Parce que rien de tout ça n'est une surprise. Donc, au lieu de subir ton année, tu es en train de l'organiser parce que ces dépenses sont prévisibles et régulières. Par conséquent, on peut s'y préparer calmement. Maintenant que c'est dit. Maintenant qu'on sait ce que c'est une provision, comment tu expliques ça à ton enfant ? Évidemment, tu ne vas pas lui présenter un tableau sur 12 mois, mais tu peux lui transmettre le principe. Tu peux lui dire que la provision, c'est de l'argent qu'on met de côté pour quelque chose qu'on sait qu'on devra payer plus tard. Et tu prends des exemples concrets, comme je viens de le faire avec toi, l'anniversaire d'un copain, la sortie scolaire annuelle ou la cotisation pour... ou l'association sportive où ton enfant va. Les nouvelles chaussures, parce que celles-ci sont trop petites, on sait bien que tu n'achètes pas une seule paire de chaussures pour toute l'année. Rien n'empêche à ton enfant de participer financièrement à ses achats. Et précise-lui bien que tous ces événements-là, toutes ces dépenses, ne sont pas des surprises. Ce qui veut donc dire qu'on peut s'organiser et donc qu'il faudrait le faire. C'est tout. Pas besoin de faire compliqué. Tu lui apprends à regarder le futur. Sans avoir peur des futures dépenses à venir. Tu lui apprends que le temps, ça s'organise. Tu lui apprends aussi que certaines dépenses ne tombent pas du ciel et sont largement anticipables. Et quand on les voit à l'avance, elles font beaucoup moins peur. Maintenant qu'on est au clair sur ce que c'est une provision, on va voir comment tu peux l'installer concrètement à travers les cinq environnements. Montessori. J'en ai parlé en détail dans l'épisode 11 où je t'explique ce que c'est un environnement Montessori et comment ça impacte l'éducation financière que tu donnes à ton enfant. Honnêtement, dans ce podcast, je m'attarde uniquement sur l'éducation financière, mais les environnements sont vraiment des choses que tu devrais mettre en place en général dans ton éducation. C'est-à-dire qu'une fois que tu sais quelle direction que tu veux donner à ton éducation. Que ce soit l'éducation alimentaire, que ce soit l'éducation sportive, financière, dans chaque catégorie d'éducation que tu souhaites mettre en place, il faudrait réfléchir à ces environnements et comment l'éducation que tu offres va s'articuler dans ces environnements. Le premier environnement qu'on va voir ensemble, c'est l'environnement physique. Petit rappel de ce que c'est, c'est tout ce qui entoure ton enfant et qui influence son comportement sans que tu aies besoin de parler. Donc, c'est l'espace. Les objets, la place des choses, ce qu'il voit tous les jours, ce qu'il peut toucher. En Montessori, on dit souvent que l'environnement enseigne à la place de l'adulte. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si quelque chose est clair dans l'espace, tu n'as pas besoin de le répéter dix fois. Si chaque chose a sa place, ça aide l'enfant à comprendre naturellement l'ordre. Si un objet est accessible, ça lui apprend l'autonomie. Si un matériel est structuré, il apprend qu'il y a une logique et des règles à respecter. L'environnement physique, c'est vraiment l'organisation extérieure qui va soutenir l'éducation que tu souhaites donner. Et c'est encore plus important quand on parle d'argent, parce que l'argent est abstrait. C'est vraiment quelque chose d'assez conceptuel, d'assez invisible, surtout s'il y a peu de manipulation de billets et de pièces dans ton quotidien. Eh bien, un enfant ne va pas toujours comprendre. Il faut que tu organises ton argent. Il comprend ce qu'il voit. Donc, si l'argent est mélangé, c'est-à-dire que si tout est dans la même enveloppe, si un lien est structuré, comment pourrait-il lui-même avoir une structure avec son propre argent ? L'environnement physique, c'est rendre visible toute cette partie structure que tu veux qu'il ait. Et maintenant qu'on a posé ça, on va voir comment la provision peut prendre une vraie place dans cet environnement physique. Parce que tu peux lui expliquer la provision pendant 30 minutes. Si elle n'a pas une vraie place visible dans l'espace, l'ancrage sera beaucoup plus compliqué parce qu'un enfant va apprendre avec ses mains, quel que soit l'âge. D'ailleurs, même pour nous, les adultes, c'est beaucoup plus facile pour nous de comprendre le concept une fois qu'on a manipulé et qu'ensuite, on fait notre analyse derrière pour pouvoir faire de l'abstraction, c'est-à-dire sortir de la manipulation physique et réfléchir au concept uniquement avec notre esprit. Donc, la première chose, c'est de donner une place physique à la provision. Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça peut être une enveloppe, simplement une enveloppe marquée provision dessus, un pot transparent ou un compartiment dans sa boîte financière ou une section qui soit spécifique dans son classeur d'argent. Pas besoin de faire compliqué, ne te prends pas la tête à essayer de faire quelque chose d'ultra sophistiqué. Le but, c'est que ce soit clair. Bien sûr, si c'est joli, c'est encore mieux, ça donne envie d'y aller, ça attire l'attention et c'est toujours un plaisir. d'aller vers quelque chose qui visuellement est agréable plutôt que quelque chose qui a été négligé. Quand ton enfant voit un compartiment provision dans l'endroit que tu as dédié à la gestion de l'argent, il met son argent, il comprend que cet argent n'est pas disponible en dehors des dépenses qui ont été planifiées. Donc il est déjà destiné à quelque chose. Et tu peux lui dire simplement, tu vois cet espace, tu vois cette enveloppe, cet argent-là, il est déjà prévu pour quelque chose. Quelque chose que tu as défini, ça peut être un anniversaire, ça peut être les futurs cadeaux de Noël, ça peut être telle chose pour une activité sportive à venir. Il faut en tout cas que tu arrives à relier l'objet, donc cette enveloppe, ce compartiment provision, à une mission bien précise. Donc expliquer la provision à travers l'environnement physique, ce n'est pas faire un grand discours. C'est simplement créer un espace clair, un espace qui soit visible et qui matérialise cette provision. On va parler de l'environnement temporel. Et avant de l'appliquer à la provision, il faut comprendre ce que c'est. Donc l'environnement temporel, c'est la manière dont un enfant vit le temps. Est-ce que le temps est flou ? Est-ce que c'est plutôt sculpturé ? Est-ce qu'il vit uniquement dans l'instant ? Est-ce qu'il apprend à se projeter ? Un enfant naturellement vit dans le présent. Tu es maintenant, tout de suite, là, maintenant. La notion de dans trois mois, c'est assez abstrait pour lui. L'environnement temporel, c'est donc tout ce qui va aider ton enfant à comprendre que le temps passe, que les événements arrivent et que certaines choses se préparent. Tout ça, ça se fait à travers le rythme des journées, le rythme des semaines, le calendrier, les rituels, les échéances qui sont visibles, qui sont déjà déterminées. Et quand l'environnement temporel est clair, l'enfant comprend qu'il y a un avant, un pendant et un après. Il comprend que certaines choses demandent du temps. existe et qu'on peut et qu'on doit s'y préparer. Alors pourquoi c'est fondamental ? Parce que sans environnement temporel qui soit structuré, la provision ne peut pas exister. La provision repose sur une chose essentielle qui est la projection. Si ton enfant ne comprend pas la notion de plus tard, il ne peut pas comprendre comment on met de côté aujourd'hui et pourquoi on le ferait. L'environnement temporel, c'est ce qui va rendre le futur concret. C'est ce qui va transformer à un jour dans deux mois. Et ça, c'est une compétence énorme parce qu'un enfant qui comprend le temps va comprendre la patience, la progression, l'effort dans la durée et la préparation. Et maintenant qu'on a posé ça, on va voir comment la provision devient un outil puissant dans l'environnement temporel. Parce que la provision, c'est d'abord une histoire de temps. Quand on parle de provision, on pense tout de suite à l'argent. Mais la provision, c'est d'abord une éducation au temps. Un enfant, naturellement, comme je te l'ai dit, vit dans l'instant. Donc s'il a 10 euros aujourd'hui, il y a de fortes chances qu'il veuille les dépenser aujourd'hui et acheter quelque chose qui lui fasse plaisir. La notion de « dans trois mois » n'a pas beaucoup de sens pour lui. Tu vois, c'est assez flou, c'est abstrait. Pourquoi le faire si aujourd'hui il peut récupérer cette gratification ? Ça n'existe pas vraiment dans sa tête. Donc quand tu introduis la provision, tu ne lui apprends pas seulement à mettre de l'argent de côté, tu lui apprends aussi à se projeter. Et pour ça, tu as besoin d'un outil qui est très concret, c'est le calendrier financier. Le calendrier financier, c'est simplement le fait de relier les événements d'argent à des dates bien précises. Par exemple, la sortie scolaire au mois d'octobre ou l'anniversaire du cousin Joshua qui est la première semaine de juillet. La rentrée en septembre, Noël en décembre. Ce n'est pas parce que Noël, on offre les cadeaux le 25 décembre que l'achat des cadeaux se fait le 24 décembre. Tout ça, ça demande de l'anticipation. Peut-être le futur voyage que vous avez prévu ensemble pour les vacances de Pâques. le projet que ton enfant a envie de réaliser. pour le mois prochain, par exemple. Donc, au lieu de lui dire, on verra, ou c'est pour plus tard, on verra le moment venu, tu prends un vrai calendrier, un calendrier papier, ou alors celui sur ton téléphone, ton téléphone si tu veux. Mais idéalement, comme je te l'ai dit, il vaudrait mieux que ça fasse, que ce soit quelque chose de physique qui lui permette de matérialiser tout ça. Donc, un calendrier physique, c'est vraiment bon. Tu montres la date et tu lui dis, écoute, la sortie, elle est là. Regarde, c'est le 18 novembre. et là tu comptes, il reste combien de semaines ? On a encore 4 dimanches, ça veut dire 4 moments pour mettre de côté. D'accord ? Là je parle du principe que tes routines financières se font le dimanche mais si jamais toi tu fais tes routines tous les 15 jours avec tes enfants, ben ce sera tous les 15 jours et tu adaptes tout simplement. Il faut chercher à rendre le temps visible, concret parce qu'un enfant ne comprend pas forcément le plus tard. Par contre, il est totalement capable de comprendre après 3 mercredis ou après 4 semaines ou après 2 mois, surtout s'il a un calendrier qui lui permet de voir le temps défiler. Donc, le calendrier financier va transformer le futur en quelque chose de concret. Ensuite, tu fais le lien entre la date et l'action. Tu peux dire, la sortie coûte 40 euros, on a 8 semaines pour s'y préparer, ça veut dire qu'on peut mettre 5 euros. chaque semaine de côté pour qu'au moment où il faudra payer cette sortie, qu'on soit prêt. Et là, il comprend quelque chose d'énorme. Aujourd'hui, ce qu'il fait aujourd'hui, ou plutôt l'argent qu'il choisit de mettre de côté aujourd'hui, il lui permet de faire quelque chose demain qui a encore plus d'importance pour lui. Le calendrier financier va lui apprendre la régularité parce qu'une fois qu'il aura mis en place cette provision basée sur son calendrier financier, il va se rendre compte que ce n'est pas un gros effort. ponctuel qu'on lui demande là maintenant. Ce n'est pas, bon, la sortie scolaire c'est là maintenant, il me faut trouver 40 euros. Non. C'est plutôt, je sais que ça va arriver, je me prépare petit à petit et comme cet effort est progressif et qu'il est constant, c'est raisonnable. Ce n'est pas quelque chose qui est dur à réaliser ou dur à tenir dans le temps. Et le fait d'avoir un calendrier physique, ça te permet de suivre ça. Ton enfant peut cocher des cases ou colorier ou tracer des lignes, mettre des croix quand la somme Merci. de la semaine a été mise de côté, tout ça c'est possible. Et petit à petit, ton enfant verra que les grands montants qu'il avait définis dans son calendrier financier se construisent petit à petit dans le temps. Et pour moi, c'est énorme, c'est énorme comme apprentissage. Parce que cette logique-là, c'est la même pour les études, les projets, les compétences, et même pour la confiance en soi. Rien ne se construit en un jour. Le rapport au désir va changer progressivement. Il y a aussi quelque chose d'un peu plus subtil, c'est-à-dire que ton enfant, quand ton enfant veut quelque chose tout de suite et que tu dis non, il peut vivre ça comme une frustration. Mais quand tu lui dis, prends note de ce que tu veux, mets-le dans ton calendrier financier et on va voir comment on peut l'avoir, comment on prépare tout ça. Ça change la perception des choses, c'est-à-dire que l'envie change de nature. Ce n'est plus, je veux ça tout de suite ou je ne l'aurai jamais, c'est plutôt, ça arrive. On s'organise pour l'avoir, ce n'est pas parce que je n'y ai pas maintenant que ça veut dire que je ne l'aurai jamais. Donc on ne supprime pas le désir, c'est juste qu'on va donner une trajectoire pour arriver à ce qu'on veut. Sans environnement temporel. Les achats sont beaucoup plus impulsifs. Un enfant qui n'a aucun repère temporel, qui l'a autour de l'argent, a du mal avec la patience, la constance, l'anticipation, la planification. Tout est plutôt plaisir immédiat. Quand tu mets la provision en place et que tu t'attardes sur l'environnement temporel, tu apprends une chose fondamentale, c'est que le temps n'est pas un ennemi. On ne subit pas l'arrivée des dépenses, on ne subit pas l'arrivée des projets, on ne les prépare. Et ça, c'est une compétence d'adulte, mais elle commence déjà à 7, 8, 9 ans, même à 6 ans d'ailleurs. Aujourd'hui, on fait un petit geste qui nous permet, avec la continuité et la constance, d'arriver à une stabilité dans notre futur. La provision, ce n'est pas juste mettre de l'argent de côté, c'est vraiment lui apprendre à habiter ses ambitions et à faire en sorte de les préparer. Ensuite, il y a l'environnement dynamique. L'environnement dynamique, c'est le cadre qui fonctionne au quotidien. Ce sont les règles claires qui organisent l'action, c'est ce qui est autorisé, c'est ce qui ne l'est pas et les limites précises dans lesquelles l'enfant peut agir. C'est un système qui est stable et qui ne change pas selon l'humeur, que ce soit la chaîne, que ce soit celle du coparent ou celle de l'enfant. L'enfant sait comment il gagne son argent, il sait comment il le reçoit, il sait ce qu'il peut en faire, il sait ce qu'il n'a pas le droit de toucher, il sait ce qui se passe s'il dépasse ses limites. Il n'y a pas d'ambiguïté. Les règles sont expliquées une fois et elles sont appliquées ensuite. Ça, c'est une stabilité qui permet la répétition. Et la répétition permet d'en créer de nouvelles habitudes. Donc, dans un environnement dynamique, l'enfant ne devine pas. Il fonctionne dans un cadre clair. Il peut agir sans confusion. Il peut prendre des décisions sans avoir peur que les règles changent ou qu'il y ait telles et telles exceptions qui s'appliquent, mais qui n'auraient pas été expliquées ou discutées. Et du coup, son autonomie va naître de cette clarté. Parce que sans ces règles stables, il n'y a pas d'autonomie, il n'y a que du flou. Et on l'a vu plus tôt dans l'épisode, si c'est flou, si c'est compliqué, ça ne construit rien du tout à part du flou et des situations compliquées. Donc l'environnement dynamique, en résumé, ce sont toutes les règles qui sont instaurées et la régularité dans le respect de ces règles. Parce que bon, tu as beau créer des règles, si tu ne fais pas en sorte qu'elles soient respectées aussi, en fonction de ton numéro ou de ton état de fatigue, tu passes, tu dis c'est pas grave pour cette fois-ci, on fait comme ça, il y a un petit souci. Donc concrètement, la provision doit devenir un petit rituel. Et pour ça, il te faut une règle qui sert à fixer un ordre. Parce qu'on le sait, avec nos enfants, parler ne suffit clairement pas. Alors si tu veux installer la provision, tu dois poser un cadre, un ordre qui soit très clair. C'est-à-dire une règle qui est simple. On met de côté avant de dépenser. Ça paraît basique, mais ce n'est pas naturel et surtout pas pour un enfant. Un enfant, quand il reçoit de l'argent, il voit un montant disponible. Il ne voit pas un montant à répartir. Donc, si tu n'imposes pas un ordre, l'ordre qu'il va créer sera plutôt émotionnel. Ce qui veut dire que ses décisions seront liées à son envie du moment. Il aura envie de faire un achat, il va faire. Et la provision va passer après. Et après, en général, ça ne veut dire jamais. Donc, la règle vient casser ça. Elle dit clairement, d'abord, on met de côté et ensuite, on dépense. Toujours dans cet ordre. Et ce toujours-là, il est fondamental. C'est ce qui enlève l'hésitation. L'enfant ne se demande plus, est-ce qu'on le fait cette semaine ? La question n'existe même plus. Oui, on le fait et c'est tout. Et ensuite, seulement, il regarde ce qu'il peut faire avec le reste. Alors ça, c'est la théorie, mais dans la pratique... La règle seule ne suffit pas. Si tu l'as dit une fois et que tu ne la fais pas vivre, elle va disparaître dans les routines du quotidien, dans vos habitudes, et c'est tout. Combien de fois on répète les mêmes choses à nos enfants sans action derrière, et pourtant on continue à les répéter ? Je prendrais toujours l'exemple de la douche ou du fait de se brosser les dents. Oui, je pense que je ne suis pas la seule maman à répéter tous les soirs à mes filles qu'elles doivent aller se brosser les dents. Et comme pour moi c'est un non négociable, alors oui il y a des fois c'est fatigant de le répéter quand même, mais en fait je le répète parce que dans ma valeur, ma valeur d'hygiène, c'est inconcevable pour moi qu'elles aillent se coucher sans s'être bossées les dents. Il faudrait qu'avec l'argent ce soit pareil, que tu aies des règles qui soient tellement claires pour toi que ce serait inconcevable de ne pas les transmettre, de ne pas les répéter à ton enfant. C'est la répétition qui rend la règle incontournable. La répétition autant dans le fait de la verbaliser que dans le fait de l'appliquer. L'objectif dans le fait de mettre de côté chaque semaine, c'est de construire un repère. Chaque semaine, on a le même geste, le même montant, le même ordre. Encore et encore et encore. Et à force, l'enfant ne vit plus ça comme une contrainte. Il va juste l'intégrer. Il sait qu'une partie de l'argent ne lui appartient pas. En tout cas, pas pour tout de suite. Il sait que le futur fait partie du présent et que la manière de formaliser tout ça, c'est de mettre en place sa provision. Et ça, ça ne se comprend pas en une seule fois. Ça se comprend en le vivant plusieurs semaines, plusieurs mois. Il met de côté, il attend, la date arrive, il peut payer et là, il fait le lien. Si je n'avais pas mis de côté chaque semaine, je n'aurais pas pu payer ça aujourd'hui. Ou alors... J'aurais dû changer mes priorités sur l'instant pour pouvoir payer ça et peut-être que je n'y serais pas arrivé au samedi dans une autre situation financière. Ce lien entre le présent et le futur ne s'installe que par la répétition. Si un jour tu dis, bon ben cette fois-ci on ne met pas de côté sans qu'il y ait une vraie raison valable derrière ça, ben tu vas fragiliser cet ancrage que tu essaies de mettre en place parce que tu rends la règle négociable. Et si c'est négociable, ça redevient émotionnel. Et l'émotion m'ingagne souvent contre la projection. Et dès qu'une règle devient négociable, elle perd de sa force. L'enfant comprend qu'en fait, la règle dépend du contexte, qu'elle dépend de l'émotion, qu'elle dépend de la pression, qu'elle dépend de ton humeur. Et à partir de là, il va tester. S'il a déjà vu que la règle peut sauter une fois, il va voir si elle peut sauter une deuxième fois. Il va insister un peu plus, il va argumenter, peut-être même qu'il va pleurer. Et 3, tu vas te retrouver dans une négociation permanente parce que tu as ouvert la porte. La provision pour s'installer, elle a besoin de stabilité. Elle a besoin que l'ordre ne change pas. On met de côté, toujours, avant de pouvoir dépenser. Alors que l'objectif, ce n'est pas que tu rappelles cette règle toute ta vie. L'objectif, c'est que ça devienne automatique. Et pour que ça devienne automatique, la règle doit survivre aux émotions, autant les tiennes que celles de tes enfants. Ça ne veut pas dire qu'il faut être rigide sans intelligence. Il peut y avoir de vraies raisons de suspendre une règle ou de faire différemment à ce moment-là, mais ça doit être expliqué comme exceptionnel. Sinon l'enfant ne voit plus la différence entre exception et juste, il y a une légère faiblesse dans la règle, laisse-moi en profiter. Maintenant qu'on a vu l'environnement temporel, on va parler de l'environnement émotionnel. Et comme d'habitude, je vais faire un petit rappel sur ce que c'est parce qu'il faut vraiment que ce soit clair pour toi. L'environnement émotionnel, c'est le climat dans lequel ton enfant grandit. Ce n'est pas ce que tu dis, c'est ce qu'il ressent, c'est l'ambiance quand on parle d'argent à la maison. Est-ce que c'est tendu ? Est-ce que c'est tabou ? Est-ce que c'est plutôt conflictuel ? Ou est-ce que c'est calme ? Est-ce que c'est posé ? Un enfant ne comprend pas toujours les chiffres, mais il comprend très bien l'énergie. Il comprend si l'argent crée du stress, il comprend si ça crée des disputes, il comprend si l'argent est associé à une peur et parfois tu n'as même pas besoin de dire quoi que ce soit parce que je l'ai entendu mille fois, non mais quand je suis devant mes enfants, je ne fais pas ça, je fais attention à ce que je dis, je fais attention à ce que je renvoie. ton enfant le perçoit ça peut être au millimètre près il va le percevoir tu ne peux pas être dans le contrôle à 100% de tes émotions et de tes micro-réactions donc Par du principe que même si tu essaies de le dissimuler, ton enfant le voit. Et tout ça, c'est l'environnement émotionnel que tu lui donnes. C'est le lien que ton enfant construit entre l'argent et une émotion. Est-ce que l'argent, c'est plutôt de la sécurité ou est-ce que l'argent, c'est plutôt une inquiétude ? Est-ce que l'argent rentre dans le cadre d'une organisation ou c'est plutôt, c'est du carreau et on gère comme on peut ? Et ça, ça se construit très tôt. Quand on parle de provision à travers l'environnement émotionnel, On ne parle pas juste de mettre de l'argent de côté. On parle de ce que ton enfant ressent intérieurement quand une dépense arrive. Est-ce qu'il voit un adulte paniqué ou est-ce qu'il voit un adulte qui est serein, qui dit « c'était prévu, je m'étais déjà organisé » . Est-ce que tu vois la différence dans ce que je te dis ? La provision à ce niveau-là, ce n'est plus une question de technique financière. C'est vraiment une sécurité émotionnelle. Créer une dépense ne veut pas dire que cette dépense-là fait forcément plaisir. Ce n'est pas parce que tu avais prévu la réparation de ta voiture que tu es heureuse quand elle tombe en panne. Ce n'est pas parce que tu as anticipé la rentrée que tu es ravie de sortir cet argent dans ces proportions-là à la rentrée. La provision ne supprime pas du tout l'émotion. Par contre, elle va changer son intensité. Sans provision, quand une dépense arrive, il peut y avoir de la surprise, de la tension, de la frustration, parfois même de la colère. Alors qu'avec la provision, l'émotion existe toujours. Tu peux être contrarié, tu peux souffler, tu peux te dire « pfff, voilà, c'est chiant » , mais ce qui est sûr, c'est que tu n'es pas en panique. Tu n'es pas en train de chercher une solution d'urgence. Et ton enfant ressent cette différence. Il voit que ce n'est pas agréable, mais ce n'est pas pour autant que tu n'arrives pas à faire cette dépense et ce n'est pas pour autant que ça devient quelque chose de dramatique à tes yeux. Et ça, c'est important. On ne cherche pas à créer un monde parfait pour nos enfants. On ne cherche pas à supprimer les émotions parce que certaines sont plus agréables que d'autres, oui. On ne fait pas une provision seulement pour les choses qui nous font plaisir. Alors oui, on anticipe les dépenses obligatoires pour ne pas être pris au dépourvu. Mais on planifie aussi les choses qui nous font envie. Les vacances, les week-ends, les anniversaires, les sorties. Et là, l'émotion est différente. Ce n'est pas du soulagement, c'est une sensation de liberté. Quand tu provisionnes pour quelque chose qui te fait plaisir, tu t'assures de pouvoir en profiter sans stress. Et du coup, ton discours vis-à-vis de ton enfant, ce sera peut-être, on met un peu de côté chaque mois pour les vacances, comme ça, quand elles arrivent, on peut en profiter pleinement. Parce que tu lui montres que prévoir, ce n'est pas vivre dans la peur, c'est créer de l'espace pour vivre pleinement. Donc, émotionnellement, la provision enseigne deux choses. On anticipe le désagréable. pour ne pas être déstabilisé et on anticipe l'agréable pour pouvoir en profiter. Dans les deux cas, on ne subit pas. C'est une résultante de notre choix. Et tu peux introduire ça simplement dans le quotidien. Pas besoin de grand discours. Par exemple, imaginons que tu fasses ton calendrier financier en décembre et que tu expliques, ben, dans trois mois, il y a la sortie scolaire. On peut commencer à privor maintenant ou je mets de côté chaque mois pour les vacances. Tu vois, tu verbalises. Tu expliques. tu incarnes, tu montres que l'argent se gère dans la tranquillité pas dans la panique, pas dans en messe le mois prochain j'ai ça à payer ou dans deux semaines j'ai ça à payer et je sais pas comment je vais m'en sortir et même quand tu fais une erreur parce que ça arrivera, même quand tu oublies de prévoir quelque chose, dis-le aussi, oh la la j'avais oublié de prévoir ça dans mon calendrier financier ben la prochaine fois il faut que je l'ajoute dès maintenant en fait dans mon calendrier de l'année prochaine pour pouvoir ne plus me retrouver dans cette situation. Ce qui fait que la lecture que ton enfant a, c'est que ça peut arriver que j'oublie. Ça peut arriver que je sois dans une situation qui n'était pas prévue. La manière dont je réagis dépend de moi. Est-ce que je me laisse abattre ou est-ce que j'essaie de mettre ma provision en place pour ne plus me retrouver dans cette situation ? Au fond, la provision dans l'environnement émotionnel, ce n'est pas de la technique. C'est vraiment le message que le futur ne fait pas peur. On peut juste s'y préparer. Et pour faire face aux choses obligatoires, pour rendre possibles les choses qu'on a envie de vivre. Et ça, c'est une sécurité intérieure que ton enfant gardera très longtemps. Le dernier environnement qu'on vient ensemble, c'est l'environnement social. C'est tout ce qui concerne les relations autour de ton enfant. Les interactions, les attentes, les engagements, la place qu'il occupe dans un groupe. C'est la manière dont il apprend à vivre avec les autres. Parce qu'un enfant ne grandit pas seul. Même s'il n'a pas de frères et soeurs, il ne grandit pas seul. Il évolue dans sa famille, avec ses frères et soeurs s'il en a, avec ses amis, à l'école, dans ses activités. Et dans tous ses espaces, il va apprendre des règles. Il apprend ce que ça veut dire être fiable, tenir un engagement, respecter un cadre, participer à une relation. L'environnement social, c'est donc la dimension collective de son éducation. Tu sais, souvent, quand ton enfant te sort quelque chose et que tu te demandes, mais où est-ce qu'il a pris ça ? Ça vient de là, de son environnement social. Ce n'est plus seulement lui, c'est lui dans le groupe, dans une relation tierce, dans une communauté. Et c'est important en éducation financière parce que l'argent n'est jamais totalement individuel. L'argent circule entre les gens. Il sert à offrir, à participer, à contribuer, à honorer une invitation, à partager. Donc si on parle de provision à travers l'environnement social, on va parler de responsabilité envers les autres. On va parler d'engagement. On va parler de fiabilité. Et ça, c'est une dimension qu'on oublie souvent. On pense que l'éducation financière, c'est juste apprendre à économiser, à s'en sortir avec son argent, mais c'est aussi apprendre à respecter ses engagements sociaux. Donc, un enfant qui comprend l'environnement social comprend que s'il invite un anniversaire, il y a une responsabilité d'y aller et donc de s'organiser si, selon ses standards, il tient à offrir. un cadeau à chaque anniversaire. Je précise, s'il est invité et qu'il a envie d'y aller, bien sûr. S'il s'engage dans une activité, il faut qu'il y ait de la régularité. S'il fait partie d'un groupe, il contribue à ce groupe. Et l'argent devient un outil au service de ses relations. Donc, l'environnement social, c'est apprendre que l'on vit avec les autres et que notre organisation, financière ou non, a un impact sur les autres. Et maintenant qu'on a posé ça, On va pouvoir voir comment la provision peut soutenir cette dimension sociale. Quand on parle de provision, on pense souvent que c'est personnel. Mon argent, mon organisation, mes projets. Mais en réalité, la provision touche aussi les relations. Et ça, il faut le dire à ton enfant. Par exemple, l'anniversaire. Ton enfant a invité un anniversaire dans un mois, qu'il a envie d'y aller. Tu peux simplement lui dire, tu es invité chez ton copain. Quand on accepte une invitation, quelquefois, on a envie d'offrir un cadeau. Ne dis pas, il faut mettre de côté parce que c'est responsable. Par contre, un cadeau, ça ne s'improvise pas, ça s'organise. Si tu as la date de cet anniversaire, s'il t'a invité l'année dernière au même moment, tu sais si l'année prochaine, probablement s'il a encore son pote. tu auras envie de lui offrir quelque chose, donc on s'organise. Si le cadeau coûte 20 euros, on a quatre semaines devant nous, ça veut dire que chaque semaine, tu peux mettre 5 euros de côté en prévision de ce cadeau que tu veux lui acheter. En faisant ça, tu rends ces 20 euros ce cadeau beaucoup plus concret. Et surtout, ça lui permet de faire le lien. Un cadeau, ce n'est pas juste de l'argent. C'est une manière de montrer qu'on tient à l'autre. Et si on tient à l'autre et qu'on a vraiment envie de manifester ça comme un cadeau, on s'organise pour le faire. donc dans l'environnement social. que tu vas mettre en place pour ton enfant. Quand on parle de provision, ce qu'on dit à notre enfant, c'est que l'argent ne sert pas seulement à acheter pour lui. Il sert à respecter ses engagements. Quand tu dis oui à quelqu'un, tu t'organises. Et quand tu te dis oui à toi-même sur un de tes engagements, tu t'organises également. Et ça, c'est la provision à travers l'environnement social. Ce n'est pas individuel, c'est plutôt relationnel. Et c'est une compétence sociale qui est majeure à mes yeux. Bon alors, si tu devais retenir seulement une chose de cet épisode, ce serait que la provision, ce n'est pas juste mettre de l'argent de côté. Et pour l'inculquer à ton enfant, il faut travailler sur l'environnement physique, parce qu'il faut que l'argent soit visible et concret et qu'il ait une place dans son quotidien. L'environnement temporel, parce qu'il faut rendre le futur concret. L'environnement dynamique, parce qu'il faut des règles qui soient stables, répétées. et l'environnement social parce que l'argent touche aussi aux relations. Il faut donc que tout ça, tout ce cadre-là soit clair, que ce soit cohérent et que ce soit répété. Et ce cadre, c'est toi qui le poses. C'est toi qui le maintiens jusqu'à ce que ton enfant ne se demande plus s'il faut prévoir ou pas. Il prévoit et c'est tout. Ça fait maintenant tout simplement partie de sa manière de penser. C'est déjà fini. Pense à t'abonner et à laisser un avis 5 étoiles. Si tu n'en vois pas d'intérêt, sache qu'en plus d'être informé de chaque nouvel épisode, tu contribues au succès de ce podcast. Plus il y aura de mamans impliquées comme toi dans l'éducation financière de leurs enfants, plus nous aurons des enfants capables de réfléchir, décider et agir avec l'argent de manière stratégique et intentionnelle. Alors je te dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Et en attendant, rejoins-moi sur Instagram sur la Montessori financière.