Speaker #0Août 1964, nous sommes en Californie. Edmond Kemper a 15 ans et il est déjà très grand de taille. On finira d'ailleurs par le surnommer le géant. Je vous dis ça parce que Ed, il mesurera à l'âge adulte 2,6 m. Bon, à la maison, quand il a 15 ans, la situation familiale est... C'est compliqué, c'est le moins qu'on puisse dire. Le jeune garçon a quelques difficultés scolaires, et puis surtout, il a des difficultés de comportement. Alors, Ed, il est envoyé chez ses grands-parents pour y vivre dans une propriété rurale. Et donc, se mettre au vert, comme on dit. Ce sont ses grands-parents paternels. Je vous présente Maud et Edmund Kemper. Ah oui, vous savez qu'aux Etats-Unis, on aime bien avoir tous le même nom de père en fils, et même de grand-père en petit-fils. Donc, lui aussi, le grand-père s'appelle Edmund Kemper. Bon, au début, la relation avec papi et mamie se passe plutôt correctement. Mais tout va basculer le 27 août 1964. Ce jour-là, allez savoir pourquoi, qu'un père, petit-fils, prend un fusil et il tue sa grand-mère. Puis, il attend le retour de son grand-père pour le tuer à son tour. Ed appelle ensuite sa maman au téléphone. Puis il appelle la police. Et il leur balance la vérité sur la tragédie qui vient de se dérouler ici, dans cette maison. Et il attend sagement son arrestation. A ce moment-là, Ed, il a seulement 15 ans. Et il est donc déjà un meurtrier. Alors, Kemper, il est rapidement pris en charge par les autorités de Californie, qui viennent le chercher. Des psychiatres l'examinent. Et il est finalement interné à l'hôpital d'état d'Atascalero. Et il va y rester plusieurs années, là-bas. Et il en sortira. En 1969, à 21 ans. Alors à sa sortie de l'institution, les médecins qui l'ont suivi recommandent qu'Ed ne vive pas avec sa maman. Non, ça serait vraiment pas bon, il y a trop de problèmes dans la famille, les relations sont trop toxiques, donc il ne faut pas qu'il aille vivre avec sa mère. Mais sa mère, Clarnelle, elle l'accueille tout de même chez elle. Alors, pendant un temps, la relation mère-fils va fonctionner. Celui qui a tué ses grands-parents mène désormais une vie relativement ordinaire. Il travaille, il fréquente des cafés, des restos, il est très sociable. Quand il se balade dans les rues de la ville, il salue les gens, il connaît même certains policiers du coin. Oui, mais tout cela ne va pas durer longtemps. Parce que Ed va bientôt devenir l'un des meurtriers les plus connus de Californie. 1972, trois années ont passé et nous sommes dans la région de Santa Cruz. Ed, il a une voiture et il adore conduire. Souvent d'ailleurs, il conduit longtemps sur de longues routes américaines. Vous savez, ces routes qu'on voit dans les films. Ouais, les mêmes. Eh bien, Ed, il a un petit truc qu'il adore faire. Il adore conduire sur ses routes et quand il y a des gens qui font du stop, eh bien il les prend en stop. Enfin, des gens. Plutôt devrais-je dire que Ed, il adore prendre dans sa voiture des jeunes femmes qui font de l'autostop. Oui, c'est son truc. Nous sommes le 7 mai 1972. Et ce jour-là, deux étudiantes de Fresno State University tendent le pouce le long de la route. La première se prénomme Marianne. Et la deuxième ? Anita. Ces deux filles ont 18 ans, toutes les deux. Quimper les observe au loin, il les voit, alors quand il arrive à leur niveau, il s'arrête. Et il leur propose, naturellement, de monter dans sa voiture. Ce qu'elles acceptent bien volontiers, pensez donc. Des voitures qui s'arrêtent sur cette longue route, il n'y en a pas 20 000 par jour. Et puis le gars, il faut dire qu'il a une bonne tête. Alors, ouais. Les filles, elles décident de monter sans sourciller dans la voiture d'Ed. Et bien malheureusement, ces filles-là, on ne les reverra plus jamais vivantes. En effet, Kemper vient de tuer ces deux jeunes femmes, puis il vient de transporter leur corps jusqu'à son appartement. Et c'est là qu'il va les démembrer. 14 septembre 1972. Rebelote. Une jeune fille de 15 ans fait de l'autostop pour se rendre à un cours de danse. Alors vous allez me dire que c'est un peu jeune pour faire de l'autostop toute seule quand on a 15 ans. Et vous aurez sans doute raison. Mais que voulez-vous ? On est dans une région dans laquelle, sans voiture, il est très difficile de se déplacer. Donc parfois, faire du stop, c'est un peu la seule solution qu'on a. Et puis en plus, 15 ans ou 18 ans, ça change quoi ? Quand un tueur veut tuer... Il tue. Qu'on ait 15 ans ou 18 ans. Bref, tout ça pour vous dire que ce jour-là, Ed, il est sur cette route. Et il voit la jeune fille. Alors, il s'arrête immédiatement pour la prendre dans sa voiture. Et vous connaissez la suite. Alors, ça ne va pas beaucoup vous surprendre, mais la jeune fille va disparaître. Janvier 1973. La série continue. Cette fois-ci, c'est Cindy. Elle a 18 ans. Et elle est étudiante au Cabrillo College. Alors, vous avez compris le mode opératoire d'Ed. La fille fait de l'autostop, Ed s'arrête, il la prend dans la voiture et il la tue. Alors avec toutes ces disparitions de jeunes femmes, évidemment les habitants du coin sont de plus en plus préoccupés, inquiets. Et les filles commencent à avoir peur de faire de l'autostop, c'est bien normal. Bon, à ce moment-là, ça y est, les enquêteurs, ils ont compris qu'ils sont confrontés à un seul et même meurtrier. On va donc penser qu'il s'agit d'un serial killer. tueurs en série, comme on aime les appeler. Mais les policiers ne connaissent pas encore l'identité de ce serial killer. Nous sommes le 5 février 1973. Deux étudiantes se trouvent ce jour-là sur le campus de l'Université de Californie à Santa Cruz. Rosalind et Alice. Elles sont jeunes. Et les deux filles vont elles aussi disparaître le même soir. après que Ed les ait pris en voiture. Alors si on fait les calculs, on en est à combien ? Eh bien 6. 6 jeunes femmes qui ont disparu en moins d'un an. Et les victimes ont toutes un point commun. Elles sont jeunes, souvent étudiantes. Et ce sont en général des autostoppeuses. Et ça, pour le meurtrier, c'est quand même un avantage considérable. C'est du pain bémi. Oui, parce qu'il peut approcher ses victimes facilement. C'est elle qui tend le pouce. Il lui suffit juste de proposer quelque chose de parfaitement banal aux filles. Donc sa voiture. Donc un trajet. Un service. C'est facile. Et c'est cette facilité qui, précisément, rend la situation difficile pour les enquêteurs. Parce que le danger... peut se présenter sous la forme la plus ordinaire qui soit. Juste une voiture qui s'arrête. Et la suite, vous la connaissez. Alors, je vous l'ai dit en début d'épisode, Ed, il aime entretenir des relations cordiales avec les policiers locaux. Donc, Ed n'est clairement pas perçu comme un inconnu inquiétant. Pour beaucoup, Ed, c'est Ed, quoi. C'est un mec cool, Ed. C'est un mec normal. Pas de problème. Un homme qui semble sociable. Et un homme qui fréquente souvent les mêmes endroits que les policiers d'ailleurs. Les bars, les cafés, les restos, les cinémas, les boulings, c'est les mêmes. Bref, Ed, il a la vie de monsieur et madame tout le monde. Si je vous raconte tout ça, c'est pour vous expliquer que cette proximité qu'Ed entretient avec la police locale rend les choses plus difficiles à imaginer pour les enquêteurs qui cherchent le tueur. Pourtant, le tueur, il est sous leurs yeux. Et ils ne le savent pas encore. Nous sommes en avril 1973. Et Kemper a décidé de changer de cible. Cette fois, il va s'attaquer, non pas à une inconnue rencontrée sur une route, non. Ed, il va s'attaquer à sa propre mère, Clarnelle. Alors là, on n'est plus sur des meurtres d'étrangers, non. Il s'agit de sa mère, la femme avec laquelle il vit. Mais Clarnelle, c'est aussi la femme avec laquelle sa relation est depuis longtemps extrêmement conflictuelle. Bon, en tout cas, ce jour-là, Kemper, il se trouve chez maman. au domicile de Clarnelle, à Athos. Clarnelle dort, elle est en plein sommeil. Et Ed, il ouvre la porte de la chambre de sa mère et il la tue, froidement. Et comme ce meurtre ne suffit pas, eh bien, Quimper décide aussi de tuer Sally. Alors, Sally, c'est qui, vous allez me dire ? Eh bien, c'est une amie de sa mère. Elle était venue au domicile pour prendre des nouvelles. Waouh, quelles nouvelles ! Après ces deux meurtres de la maman et de la copine, Kemper quitte la Californie. Il prend la route et il part vers l'Est, direction le Colorado, à Pueblo. Et c'est là que quelque chose d'inattendu va se produire. Kemper réfléchit et il comprend que les policiers vont forcément découvrir les corps de sa mère et de son ami. Donc il sait qu'inévitablement, les enquêteurs vont remonter jusqu'à lui. Alors, ils décident... qu'il ne sera pas un fugitif. Il décide qu'il ne va pas changer d'identité. Et il décide qu'il ne va pas disparaître toute sa vie. Ed décide tout simplement de prendre un téléphone, d'appeler la police de Santa Cruz et de se dénoncer. Alors, je vous demande d'imaginer un petit peu la situation. Pour les flics, c'est presque irréel. Les policiers de Saint-Acro sont en pleine enquête sur plusieurs meurtres. Ils cherchent un tueur, ils se prennent la tête à cause de l'absence de gros indices. Et là, soudain, comme tombé du ciel, il y a un gars qui les appelle. Et cet homme-là, il affirme qu'il est le responsable de tous ces crimes. Bon, évidemment, au début, ça leur fait un peu bizarre. Les policiers, ils ne prennent pas immédiatement l'appel au sérieux. Et puis d'ailleurs, pourquoi le ferait-il entre nous ? Parce que des canulars téléphoniques, ils en ont régulièrement. C'est vrai que les plaisantins, ça existe. Mais au bout du téléphone, ils ont quand même une personne qui insiste. Et qui finit par fournir des informations sur les meurtres. Des informations qui permettent aux enquêteurs de comprendre qu'ils ont bien affaire à l'auteur des crimes. Parce qu'il dit des choses que les enquêteurs savent, mais que le commun des mortels ne sait pas. Donc les policiers... comprennent qu'ils ont désormais le meurtrier au bout du fil et qu'ils savent désormais où le meurtrier se trouve. Direction Pueblo, dans le Colorado, pour aller arrêter Ed Kemper. 24 avril 1973. Edmund Kemper est donc arrêté à Pueblo. Ed a 24 ans à ce moment-là et il sait que les prochaines décennies de sa vie, il va les passer au mieux en prison, au pire en enfer. Devant les enquêteurs, Ed n'est pas avare de détails. Il parle. Il parle beaucoup. Il reconnaît les huit meurtres pour lesquels il va être poursuivi. Il fournit des détails sur ces meurtres. Il conduit même les enquêteurs vers différents endroits où des restes de victimes ont été abandonnés. Bon, clairement, les policiers n'ont plus avec eux un suspect. Ils ont avec eux un homme qui leur raconte ces crimes et qui leur montre où chercher les morceaux de corps. Le procès tant attendu arrive. Edmund Kemper est jugé pour 8 meurtres au premier degré, 8 victimes, Marianne, Anita, Aiko, Cindy, Rosalind, Alice, Clarnel et Sally. Les débats vont porter notamment sur l'état mental de Kemper. Alors, on appelle Kemper à la barre, et on lui demande tous les détails de ses crimes, et sans sourciller. Et Kemper s'exécute. Il explique notamment qu'il considère les victimes comme ses possessions. Il présente ses actes comme le résultat de fantasmes et d'impulsions extrêmement violentes. Bon, alors la défense plaide la non-responsabilité pour cause de maladie mentale. Ed serait un fou. Ouais, sauf que trois psychiatres désignés par le tribunal vont quand même conclure qu'Ed est juridiquement sain. Et la justice ne retiendra pas la thèse selon laquelle Ed serait légalement irresponsable. Donc, le 8 novembre 1973, le jury rend son verdict. Et la délibération va très vite. Edmund est déclaré coupable des huit chefs d'accusation. Et il est déclaré légalement sain. Et le 8 novembre, le verdict tombe et sa sentence est prononcée. Pas de peine de mort pour Ed, mais Kemper reçoit 8 peines de 7 ans à perpétuité. Donc ça veut dire qu'Ed va rester sous les barreaux un bon moment. Et les peines devront être exécutées simultanément. Et aujourd'hui... Edmund Kemper est toujours détenu à la California Medical Facility de Vacaville. En juillet 2024, une nouvelle demande de libération conditionnelle a été examinée, mais Kemper n'a pas participé à l'audience, il n'est pas venu. Et la commission a refusé sa libération. Alors sachez qu'une nouvelle audience est prévue pour 2031. Kemper aura alors 82 ans. Voilà pour cette petite histoire d'Ed Kemper, une histoire qui commence avec un garçon de 15 ans et qui se termine avec un homme de 75 ans qui refuse même de se présenter à une audience de libération conditionnelle. Et entre les deux, eh bien, il y a dix morts. Les deux grands-parents, la propre mère, une amie de la mère et puis six jeunes femmes. Dix victimes au total, enfin, dix victimes connues. Alors, il y a quand même une question qui reste en réponse. Pourquoi Ed a fini par prendre lui-même le téléphone pour se livrer à la police ? Il aurait pu être un fugitif toute sa vie. Mais est-ce qu'il en avait envie d'être un fugitif ? Bon et vous, vous en pensez quoi ? Est-ce que l'histoire d'Ed vous fait penser à un film ou à un livre en particulier d'ailleurs ? Dites-le nous sur Youtube et puis sur les plateformes de podcast Spotify, Deezer et Appel Podcast. Et comme d'habitude, vous connaissez l'histoire, c'est l'épisode vous a plu, vous le partagez, vous vous abonnez. Et surtout, abonnez-vous au Patreon de La Petite Histoire, on vous a laissé le lien dans la description de cet épisode, pour nous aider pour 3 euros seulement par mois. Et moi je vous dis à très vite pour une nouvelle petite histoire. lafabriqueaudio.com, La Fabrique avec un K.