Speaker #0Je suis Florent Mounier et c'est moi qui vais vous narrer cet épisode qui a été écrit et mixé par Sébastien Girard. Avant de commencer, on vous remercie d'être toujours aussi nombreuses et nombreux à nous suivre et à nous écouter. N'hésitez pas d'ailleurs à nous rejoindre sur les réseaux sociaux qu'on vous met en description de ce podcast. Ça vous permettra notamment de voir les vidéos courtes qu'on produit en lien avec le podcast. Et puis ça soutient également le podcast. Et si vous souhaitez nous soutenir encore plus, ça ne prend que 10 secondes. Vous pouvez aller sur le Patreon, nous donner un petit coup de pouce. C'est le Patreon de la petite histoire. Le petit coup de pouce, c'est 3 euros par mois. C'est sans engagement et c'est 3 euros mis bout à bout. permettent de financer notre travail de recherche, d'enregistrement, de mixage et de publication. 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Mais officiellement seulement. Et la France commence, elle, à se mettre en ordre de bataille avec ses troupes le long de la frontière italienne, histoire de ne pas être prise au dépourvu. Sur cette frontière entre l'Italie et la France, à l'extrémité sud de la ligne Maginot, là où les Alpes plongent dans la Méditerranée, les Français ont construit tout un système de fortification. Un système qu'on appelle le secteur fortifié des Alpes-Maritimes. On a donc de gros ouvrages enterrés, des postes avancés et tout un dispositif qui est pensé pour verrouiller la route littorale qui relie l'Italie à Nice. Et parmi tous ces points d'appui, il y en a un tout petit, presque insignifiant d'ailleurs sur le papier, c'est l'avant-poste de Port-Saint-Louis. Il est à Menton. Il a été construit au début des années 30 pour bloquer la route avec sa barrière anti-charre coulissante. Alors sa garnison, c'est juste un adjugeant chef. Un sergent et sept chasseurs alpins. Neuf hommes donc, neuf hommes en tout pour défendre un pont. Et pendant des mois, ces soldats, ces neuf hommes, vont vivre là, dans un calme presque monotone. Mais un beau jour, Menton est évacué par précaution. Nous sommes là au début du mois de juin 1940 et la ville se vide donc et le petit Fortin lui attend. Mais à partir du 10 juin, à minuit, tout va changer. Cette fois-ci en effet, l'Italie vient de déclarer officiellement la guerre à la France. Et quelques heures plus tard, à 23h, le génie militaire fait exploser le dispositif de mine préventive posé sous la route, histoire de rendre cette route impraticable pour des véhicules italiens. L'explosion... et d'une violence inouïe. Imaginez un petit peu. Une explosion si violente qu'elle ébranle le bunker de Ponce-Louis, sectionne la ligne téléphonique et remplit la galerie de gaz toxiques. Alors il va falloir une bonne demi-heure de ventilation pour que les hommes puissent à nouveau respirer à peu près normalement à l'intérieur. Et à ce moment-là, clairement, on se dit que ça y est, la guerre contre l'Italie est officielle. Elle a vraiment démarré. Malgré ça, les jours qui vont suivre aux abords du bunker vont rester étrangement calmes. Même si, dans les montagnes, les combats ont déjà éclaté. Le 17 juin, le maréchal Pétain annonce qu'il faut cesser le combat. Alors à Menton, l'atmosphère se détend chez les soldats. Des soldats qui pensent ne plus avoir à se battre désormais. Le chef du petit poste laisse même passer des officiers italiens en visite. Sauf que le général Montagne, qui commande le secteur, n'est pas du tout de cet avis. Et il refuse de se rendre. Il relève même le chef du poste de son commandement et il envoie un nouveau leader, tout frais, sorti de Saint-Cyr. Ce leader-là, c'est un sous-lieutenant qui se prénomme Charles Gros. Et lui, il a une idée bien différente de la situation, ce Charles Gros. Il veut se battre. Charles Gros arrive discrètement au poste et à son arrivée, il constate que ses hommes manquent cruellement de visibilité. Il fait donc installer un canon anti-char. Il voit aussi que l'hygiène à l'intérieur du fortin est déplorable. Alors il nettoie avec du désinfectant le bunker. Enfin, Charles Gros n'est pas là pour déconner, vous l'aurez compris. Alors il resserre la discipline. Et très vite, deux nouveaux hommes vont rejoindre Charles Gros. Ces deux hommes, ils viennent en remplacement de deux chasseurs alpins, dont le sergent Bourgeois, qui est une forte tête. Une forte tête bien décidée à se battre jusqu'au bout contre l'occupant. Les combats au poste commencent le 20 juin au matin. Sept soldats italiens débouchent du virage avant le pont. Un chasseur alpin les chasse à coups de feu. Puis 15 soldats arrivent. Puis 200 soldats arrivent. Les Italiens se séparent alors pour tenter de passer des deux côtés du pont. Et les chasseurs alpins ripostent à la mitrailleuse et ferment la porte blindée du bunker. Puis, rapidement, ils demandent en urgence l'appui de l'artillerie lourde postée à l'ouvrage du Cap Martin, à quelques kilomètres de là. Et c'est à ce moment précis que les canons de 75 mm entrent en action. Malgré tout, les Italiens vont parvenir jusqu'à la barrière anti-char qui est presque collée au bunker. Mais les Français leur envoient 8 grenades. Alors, les Italiens reculent. Bah oui, obligés. Du 21 au 24 juin, les assauts vont se répéter presque quotidiennement. La guerre a vraiment commencé. Plus haut dans la montagne, les autres avant-postes français sont encerclés un par un. Mais ils tiennent, grâce au soutien constant de l'artillerie depuis les gros ouvrages enterrés. À Pont-Saint-Louis, les hommes, eux, manquent de tout, absolument tout. Pas d'électricité, manque de ravitaillement, manque d'hygiène également, et bientôt, manque de munitions pour leurs canons anti-chars. Les soldats manquent tellement de matériel que deux alpins vont partir un midi récupérer de l'huile d'olive, ouais ouais, dans une auberge abandonnée des environs. Simplement parce que le canon n'a plus de quoi se lubrifier. Ils vont donc utiliser l'huile d'olive. Imaginez un petit peu, c'est vraiment la dèche. L'assaut le plus sérieux va avoir lieu le 22 juin. Ce jour-là, des chars et des motocyclistes appuyés par environ 200 hommes s'approchent. Soudain, les canons 75 mm du Cap Martin font un tir de barrage qui détruit plusieurs chars. Les fantassins italiens, eux, sont repoussés. Le 24 juin, ce sont des mortiers lourds qui tombent sur le poste. Et pendant ce temps, les 9 hommes de Ponsalui, coupés de toute information, ignore totalement que l'armistice vient d'être signé entre la France et l'Italie ce même jour. Le 25 juin, au matin, un dernier échange de tir a lieu. Vers 8h45, un immense drapeau blanc apparaît au niveau du virage, suivi de sonneries de trompettes et d'une centaine de soldats italiens. Le sous-lieutenant Gros sort seul à la rencontre d'un colonel italien qui vient lui annoncer l'armistice et demander l'arrêt des combats. Sauf que Gros, lui, n'a reçu aucun ordre dans ce sens. Alors il refuse. Il refuse et il menace même de rouvrir le feu si les Italiens ne se retirent pas. Ce n'est que lorsque des officiers français de liaison arrivent en urgence pour confirmer l'armistice que la situation commence à se débloquer. Enfin, les Italiens, impressionnés par cette résistance, demandent simplement l'ouverture de la barrière histoire d'évacuer leurs blessés. Gros accepte. Mais... à une condition. La condition est la suivante. Que sa garnison soit relevée en armes et non désarmée comme des vaincus. Et ça sera fait, à 18h, heure à laquelle les neuf hommes vont quitter enfin leur poste vers le Cap Martin. Alors avant de partir, ces hommes vont prendre soin d'emporter leurs armes, bien sûr, et puis de fermer la porte du Fortin à clé. Et le soir même, le général René Orly, qui commande l'armée des Alpes, vient féliciter en personne les neuf défenseurs, et il remet une décoration au sous-lieutenant Gros. La petite garnison... sera donc cité à l'ordre de l'armée pour avoir tenu sa mission jusqu'au bout, sans jamais se laisser intimider, même après l'armistice, en empêchant les Italiens d'ouvrir la barrière ou de désamorcer le champ de mine, tant qu'une relève en bonne et due forme n'avait pas eu lieu. Alors je vous l'ai dit, ces soldats, ils sont seulement au nombre de neuf. Neuf soldats. Bon, neuf soldats, c'est pas grand-chose. Mais pour combien d'Italiens ? Eh bien, c'est là que les chiffres divergent selon les sources. Certains parlent de 4000 hommes, d'autres de 5000 hommes, avec des centaines de morts et de blessés côté italien. Donc vous l'aurez compris, difficile d'avoir un chiffre exact, tant l'histoire a été reprise et reprise maintes et maintes fois, et un petit peu enjolivée, il faut bien le dire, au fil du temps. Mais ce qui est certain en revanche, et documenté d'ailleurs noir sur blanc, c'est que ce petit ouvrage conçu pour 9 hommes et quelques jours de résistance symbolique, n'a jamais été pris. Et ça, c'est quand même quelque chose d'absolument incroyable. Voilà les amis pour cette petite histoire autour de la bataille de Pont-Saint-Louis. Et vous, est-ce que vous connaissiez cette bataille ? Dites-le nous en commentaire, on attend vos messages. En attendant, j'espère que cette histoire vous a plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à la partager, à la liker, à la commenter. Si vous êtes de passage du côté de Menton, n'hésitez pas à vous arrêter également au niveau du poste, qui est encore là aujourd'hui. Et envoyez-nous d'ailleurs une petite photo, on pourrait s'en servir pour le visuel. si vous le souhaitiez. On se retrouve nous très vite pour une nouvelle petite histoire et en attendant, on vous attend sur le Patreon. Pour 3 euros par mois, vous pouvez soutenir votre podcast préféré, en tout cas, l'un de vos podcasts préférés si vous êtes là, c'est le cas, la petite histoire et puis vous pouvez également, pourquoi pas, devenir le sponsor officiel de La Petite Histoire pour un épisode ou pour plusieurs épisodes, on vous attend sur contact. LaFabriqueAudio.com, La Fabrique avec un K.