Speaker #0Salut tout le monde et bienvenue dans un nouvel épisode de La Petite Histoire. Je suis Florent Mounier et c'est moi qui vais vous narrer cet épisode qui a été écrit et mixé par Sébastien Girard dont l'idée lui est venue de faire cet épisode autour de Paul Langevin en se remémorant le lieu où il a passé son bac, le lycée Paul Langevin, c'était à Martigues. Mais il n'y a pas que le lycée Paul-Ange-Jean-de-Martigues, il y a plein d'autres lycées et de collèges en France. Et vous, peut-être que vous en connaissez, dites-le nous d'ailleurs en commentaire de cette petite histoire sur les réseaux sociaux. Avant de commencer, on vous remercie d'être toujours aussi nombreuses et nombreux à nous suivre, à nous écouter depuis un paquet de temps. N'hésitez pas à nous rejoindre sur les réseaux sociaux justement, si ce n'est pas déjà fait. On vous met les liens comme d'hab en description de ce podcast. Et si vous souhaitez nous soutenir, il y a plusieurs possibilités. D'abord, vous pouvez liker. le podcast, ça aide pour les algorithmes, vous connaissez le principe, vous pouvez aussi partager ce podcast, et tout ça c'est gratuit. Mais pour aller plus loin, vous pouvez rejoindre la petite histoire sur le Patreon qu'on a fait, ça nous donnera un petit coup de pouce à 3 euros par mois, c'est sans engagement, 3 euros mis bout à bout, qui permettent de financer notre travail de recherche, d'enregistrement, de mixage et de publication, puisque ce podcast est absolument gratuit. Allez ! Aujourd'hui, on remonte le temps jusqu'à la butte Montmartre pour suivre le destin d'un gamin d'ouvrier devenu l'un des plus grands savants français.
Speaker #0Paul Langevin, né en 1872 à Paris, dans le 18e arrondissement, juste après la Commune de Paris. La Commune, c'est cet épisode insurrectionnel de 1871, pendant lequel les Parisiens ont refusé la capitulation face à la Prusse et la politique du nouveau gouvernement. Et ils ont donc pris le contrôle de la capitale pendant deux mois, avant d'être écrasés dans le sang par l'armée française lors de la fameuse semaine sanglante. Alors sanglante, parce qu'elle avait fait plusieurs milliers de morts à l'époque. Le père de Paul Langevin, lui, c'est un maîtreur vérificateur. dans le bâtiment. C'est un ouvrier. Un ouvrier qui a arrêté ses études assez jeune, à 18 ans, faute de moyens. Sa mère, elle, à Paul, elle est institutrice. Le petit Paul Langevin grandit donc dans une famille républicaine, une famille modeste et on peut dire que Paul va être bercé par les récits de ses parents qui sont des témoins directs de la semaine sanglante, la sanglante répression de la commune. Et ça, vous l'imaginez, ça a fortement marqué Paul Langevin. qui dira lui-même que ce sont ses récits qui lui ont mis au cœur l'horreur de la violence et le désir passionné de justice sociale. Alors durant ses études, Paul ne passe pas par un lycée classique, mais il suit une filière technique, à l'école municipale de physique et de chimie industrielle de Paris. C'est là, dans cette école, qu'un certain Pierre Curie, alors jeune chef de travaux dans l'école, repère le potentiel du jeune homme et il le pousse vers la recherche. plutôt que vers une simple carrière d'ingénieur. On peut dire que Pierre Curie a du flair, puisque son poulain Paul Langevin va être admis rapidement premier à l'école normale sup en 1893, puis lauréat de l'agrégation de physique. Langevin décroche même une bourse pour aller étudier un an dans un grand laboratoire de Cambridge, l'un des hauts lieux de la physique moderne dans le monde. Et c'est d'ailleurs là qu'il va croiser notamment Ernest Rutherford, un physicien considéré comme le p... père de la physique nucléaire, rien que ça. Alors de retour d'Angleterre, en France, la carrière de Paul Langevin s'accélère. Paul obtient son doctorat, nous sommes en 1902. Puis, en 1905, Paul succède à Pierre Curie comme professeur à l'école qu'il l'a formé. En 1909, Paul devient professeur titulaire au Collège de France. Sur le plan scientifique, les travaux de Paul sur le magnétisme des matériaux se font remarquer et ils sont publiés en 1905. Ils vont marquer durablement la physique au point qu'on parle aujourd'hui encore de fonction de l'angevin. Pour celles et ceux qui ont fait des maths et de la physique, ils en ont forcément entendu parler. C'était pas mon cas, je vous le dis tout de suite. En 1910, l'ange 20 va faire parler de lui, mais pas pour un exploit scientifique, non. En fait, cette année-là, Paul est en instance de divorce. Et il entame alors une liaison avec une autre grande figure de la physique de l'époque. Une femme déjà deux fois lauréate du prix Nobel. Une certaine Marie. Marie Curie. Marie Curie, veuve de Pierre Curie depuis 1906. Alors en 1911, la presse nationale s'empare de cette affaire et elle la rend publique. Et à l'époque, le scandale est semble-t-il retentissant. Une femme étrangère de surcroît, puisque Marie Curie est née en Pologne, qui a une liaison avec un homme déjà marié, même s'il était en instance de divorce. Pour l'opinion conservatrice de l'époque, vous l'imaginez, c'est une véritable provoque. Et ça ne se fait pas. Alors l'affaire va diviser tellement la société parisienne qu'elle donne lieu finalement à plusieurs duels à l'épée, opposant les partisans et les détracteurs du couple. On a par exemple des écrits qui retracent des duels au vélodrome du Parc des Princes. Carrément. Bon. Rassurez-vous, ce petit moment gossip, appelons-le comme ça, n'aura aucun impact sur la carrière de Paul Langevin. L'événement qui va vraiment faire entrer Langevin dans la lumière, c'est sans doute sa rencontre avec un jeune physicien allemand encore peu connu du grand public, j'ai nommé Albert Einstein. Tous deux se sont bien entendus et en fait ce qui s'est passé, c'est qu'en préparant un cours au Collège de France, Langevin a abouti à des conclusions qui recoupaient étrangement les publications. d'Einstein sur la relativité restreinte. Et c'est comme ça que les deux hommes ont commencé à avoir une très belle relation amicale et professionnelle. A l'époque, on peut dire que Langevin comprend l'importance de cette théorie de la relativité d'Einstein et il va devenir en quelque sorte son principal promoteur en France. Il va soutenir Albert Einstein. Le temps a passé, et cette année-là, en 1911, Paul Langevin imagine une expérience. Expérience de pensée qui va rester célèbre. Expérience qu'on va appeler le paradoxe des jumeaux ou le boulet de Langevin. Je vous la fais courte. Mais en gros, le paradoxe des jumeaux de Langevin consiste à comparer l'heure de deux horloges de haute précision. On en met une sur Terre. On met l'autre horloge en orbite. On l'envoie faire, en quelque sorte, un voyage autour de la Terre ou dans l'espace. Puis, on compare les indications des deux horloges à l'aller. Et au retour. Et la conclusion de cette expérience, c'est qu'on voit que la vitesse a une influence sur les horloges. L'horloge qui voyage vieillirait moins vite que l'horloge jumelle qui restait à terre. Voilà pour le paradoxe des jumeaux. Alors après tout ça, va arriver un moment... terrible, dramatique dans la vie de nombreux Européens, la Première Guerre mondiale. Et c'est à ce moment-là que naît l'invention qu'on évoquait en introduction de cet épisode, l'invention du sonar. Pendant cette guerre, Paul Langevin est en fait mobilisé au service de la recherche militaire. Et c'est à ce moment-là qu'il met au point, avec l'ingénieur Konstantin Chilovski, un appareil de détection sous-marine baptisé ASDIC. ASDIC, c'est en fait l'ancêtre direct du sonar moderne. Pour le faire fonctionner, ce sonar, il exploite la piézoélectricité du quartz, une propriété découverte quelques décennies plus tôt par Pierre Curie et Jacques Curie. En clair, le cristal vibre sous l'effet d'un courant électrique, il émet une onde ultrasonore dans l'eau, puis capte son écho au retour pour repérer un obstacle, en l'occurrence un sous-marin ennemi qui serait dans les barrages. Alors, on va dire que l'invention va arriver un peu trop tard pour être pleinement opérationnelle pendant la Première Guerre mondiale. Mais cette invention sera perfectionnée quelques années plus tard par les alliés. Et elle deviendra tout de même un outil décisif de la guerre sous-marine lors du second conflit mondial. Et c'est à ce moment-là qu'on l'appellera son art officiellement. En parallèle de sa carrière scientifique, Paul Langevin est un citoyen engagé. D'ailleurs, dès 1898, il a signé la pétition pour Dreyfus. Puis, après la Grande Guerre, il est devenu une figure du pacifisme et de l'antifascisme, président de la Ligue des droits de l'homme et militant contre la montée du fascisme en Europe. Eh bien, on peut dire que cet engagement va lui coûter cher à Paul Langevin sous l'occupation. Et le 30 octobre 1940, la Gestapo vient même arrêter Paul Langevin. Le régime de Vichy... décide cette année-là de le révoquer du Collège de France. Et Paul Langevin est assigné à résidence, à Troyes, où il va continuer d'enseigner malgré tout. Les années passent. Deux années. Nous sommes en 1942. Et à ce moment-là, un drame vient frapper la famille de Langevin. Son gendre, Jacques Solomon, qui est résistant, est arrêté et fusillé au Mont-Valérien. Et sa fille Hélène, elle, est déportée à Auschwitz. Là, nous sommes en 1943. Alors, elle va revenir vivante d'Auschwitz en 1945, mais Langevin, lui, a dû fuir clandestinement vers la Suisse en 1944 pour échapper à la traque. À la libération de la France, Paul Langevin adhère au Parti communiste en hommage à son gendre disparu. Et il continue de militer pour l'école jusqu'à sa mort, une mort qui va arriver à Paris le 19 décembre 1946. Deux ans plus tard, ces cendres seront transférées au Panthéon, aux côtés de celles de Jean Perrin. Alors aujourd'hui, le nom de Paul Langevin reste partout. Un institut de recherche, un cratère lunaire, des dizaines de rues en France, des dizaines d'écoles et de collèges et de lycées en France. On peut dire que ce fils d'ouvrier du 18e arrondissement de Paris a marqué les esprits et il a marqué surtout la grande histoire. Voilà les amis pour cette petite histoire autour de ce nom, Paul Langevin, qu'on a tous entendu ou vu au moins une fois sans forcément savoir qui il était. Si cette histoire vous a plu, n'hésitez pas à la liker, la partager et dites-nous en commentaire s'il y a d'autres personnalités dont vous aimeriez connaître l'histoire. Et en attendant, je vous dis à très vite pour une nouvelle petite histoire. Salut !