- Générique
La Sainte Famille, le podcast pour grandir ensemble. La Sainte Famille, c'est des conversations enregistrées en une prise, sans montage ni retouches, des partages inspirés et inspirants pour grandir ensemble.
- Estelle
Bonjour la Sainte-Famille ! Bonjour !
- Claire
Bonjour Estelle !
- Estelle
Bonjour Claire !
- Claire
Alors, quel est ta température familiale ce matin ?
- Estelle
Alors écoute, ce matin, j'ai pu... J'avais prévu, je suis restée au lit.
- Claire
Ah !
- Estelle
Voilà. Alors attention, quand je dis je suis restée au lit, c'est-à-dire que je suis restée au lit 30 minutes de plus que d'habitude. Mais alors écoute, c'est un moment que j'aime beaucoup parce que ça arrive très rarement, mais j'avais prévu hier soir et du coup j'ai dit voilà, demain je ne me lèverai pas. Et ça fait du bien.
- Claire
Oui, je comprends.
- Estelle
Je ne me lèverai pas, je veux dire, pour préparer tout ce qu'il y a à préparer du matin, nourrir les animaux, blablabla, et nourrir notre petite créature de 12 ans. Voilà.
- Claire
Ok, écoute, de mon côté, température, on ne peut pas vraiment dire neutre, c'est jamais neutre. Rien de spécifique, un peu routinier, un peu tranquille, chacun dans son petit train-train justement, sans heurt, sans grands éclats de joie non plus. Il y a des matins comme ça.
- Estelle
Oui, c'est neutre.
- Claire
Il ne se passe rien, mais ça fait du bien aussi.
- Estelle
Tout à fait. Un peu de neutralité, de voilà, oui, oui, complètement.
- Claire
Et chez vous ?
- Estelle
Voilà.
- Claire
Comment c'est la température ? Dans quelle ambiance vous êtes là, au niveau de votre famille ?
- Estelle
C'est ça. C'est toujours une question qui est quand même extrêmement importante. Je crois que c'est quelque chose qu'on doit se demander chaque jour. Et c'est vrai qu'on y reviendra à chaque fois dans la Sainte Famille. Parce que quand on sait comment on va en famille, quand on sait comment va sa famille, finalement, on se positionne.
- Claire
Exactement. C'est ce que j'allais dire. On se repositionne tout de suite.
- Estelle
Voilà. Dans le monde, en fait,
- Claire
aussi. Oui, dans le monde.
- Estelle
Et c'est tellement plaisant quand même de partir de chez soi et de se sentir vivant en famille. Et c'est vrai que la question qui me taraudait là ce matin, j'avais envie de dire à chacun de vous, à chacun de nous: Et toi,
- Speaker #0
tu es encore en vie, en famille ?
- Claire
C'est une grande question. Ça dépend ce qu'on veut dire par ça. Et puis je pense qu'il y a plein de niveaux de réponses. Parce qu'il y a toujours la famille dans laquelle on vit aujourd'hui. La famille de nos parents.
- Estelle
Et puis qu'est-ce que ça veut dire être en vie finalement ? Mais tu vois, je vois tellement. Pourquoi je dis ça ? Parce qu'en fait, comme j'accompagne beaucoup de gens comme toi.
- Claire
Oui.
- Estelle
C'est vrai que parfois, j'entends des choses incroyables sur le fait qu'il n'y a pas de vie. Les gens vivent ensemble, mais ils vivent comme des morts, comme des morts vivants. Et nous devons, s'il vous plaît, je le dis aussi à moi, s'il te plaît, Estelle, chaque jour, insuffle, Viens avec un objectif dans ta famille. Ne te réveille pas comme ça. Tu vois, comme si tu allais être...
- Claire
Avec une intention.
- Estelle
Oui, voilà, avec une intention.
- Claire
Et,
- Estelle
ouais, très juste, c'est quoi mon intention là, aujourd'hui, en famille ?
- Claire
Oui, et puis même, voilà, te dire, peu importe comment ça a commencé ce matin, ce soir, par exemple, voilà, qu'est-ce que je vais injecter, de quoi je vais imprégner ce moment de famille, c'est ça. Et l'intention, c'est toujours une bonne idée parce que finalement, c'est... Une fois qu'on l'a nommée pour soi-même, il n'y a rien à faire. Elle se met en œuvre toute seule. Donc, ce n'est même pas un effort à faire ce soir en rentrant pour égayer, pour forcer. Exactement.
- Estelle
Mais peut-être, parfois, c'est un petit mot sur une table déposée. Tu vois, c'est un petit mot qu'on dépose sur la table avant de partir. C'est un petit texto, même de soutien à son mari.
- Claire
Oui, ça peut être un petit quelque chose qu'on rapporte à la maison qu'on va manger, on est passé prendre un dessert, n'importe quoi.
- Estelle
Exactement, n'importe quelle attention en fait. Voilà, une petite parole, quelque chose, un regard, un sourire, une attention, une caresse dans les cheveux. Mais qu'est-ce qu'on a envie ? Et vraiment, c'est très important parce que c'est vrai que cette vie quotidienne, sociale, sociétale, nous demande énormément de notre... Nous vole.
- Claire
Exactement, moi je te rejoins totalement.
- Estelle
Je ne sais pas si vous êtes d'accord, vous qui êtes là entre nous, dans la Sainte Famille, mais punaise, mais qu'est-ce qu'on nous vole comme temps, comme attention, comme on nous rend indisponibles.
- Claire
D'ailleurs, tu vois, dans ce sens, c'est... comment dire, très actuelle, c'est dans l'actualité, voilà, mais ça me fait penser à ça, la première ministre suédoise, je crois, si je ne me trompe pas, vient de décider que les gens ne travailleraient plus que quatre jours par semaine, six heures par jour, et son argument, c'est qu'elle pense qu'on a besoin de passer plus de temps en famille, de se détendre, enfin, dans nos loisirs, avec nos proches, nos amis, etc. Et tu vois, ça me...
- Estelle
Bah c'est ça, c'est exactement ça. C'est ça,
- Claire
rendre aux gens du temps pour cette vie-là aussi.
- Estelle
nourrir notre famille, c'est aussi avoir du temps avec notre famille. Avoir un regard particulier. Qui va donner un regard à nos enfants ? Si ce n'est pas notre regard, qui va le faire ? On ne peut pas demander à l'instituteur, le prof. Ça, c'est...
- Claire
C'est de l'instruction. Voilà. Mais du coup, pour revenir à... Est-ce qu'on se sent vivant, famille ?
- Estelle
Est-ce qu'on se sent encore vivant ?
- Claire
je pense que ce qu'on soulève, c'est la notion aussi du temps disponible pour nourrir cette vie. Elle est essentielle. Et moi, j'ai quand même l'impression que ça vient de la qualité des relations qu'on a.
- Estelle
Oui, et de la qualité des relations qu'on veut avoir, qu'on veut vraiment créer. Moi, je crois vraiment en cette chose. On crée notre vie vraiment, mais sur tous les aspects en vrai.
- Claire
Oui. Mais tu vois, comme une famille, c'est vraiment... Enfin, c'est une des définitions, mais c'est un entrelac de relations.
- Estelle
Oui, bien sûr. C'est complexe.
- Claire
Finalement,
- Estelle
on n'est pas toujours maître.
- Claire
On n'est pas toujours maître. Mais c'est vraiment pour moi, en tout cas, ma réponse à est-ce que je suis encore vivante en famille, ça passe énormément par comment je vis mes relations. Enfin, des fois, je me dis, OK, si ma vie, justement, elle s'arrête maintenant, vraiment au niveau de mes relations, est-ce qu'il y en a où je ne suis pas en paix ? Est-ce qu'il y a des relations où actuellement il y a des dossiers en cours trop lourds, des choses à se dire, des émotions bloquées ?
- Estelle
Oui, absolument.
- Claire
Et ça, ça me guide pour bien faire mon processus ou je ne sais pas, ou acter des choses parce que... J'ai besoin de ressentir que c'est vivant à ces endroits. Pour moi, c'est essentiel. Dans mon bien-être, dans tout ce que je peux faire après.
- Estelle
C'est pour ça que je trouve, par exemple, qu'une réunion de famille, il y a un côté protocolaire là-dedans. Mais moi, j'adore cette idée. Et j'adore l'idée peut-être un peu archaïque, peut-être, mais que le père, tu vois, gardien, tu vois comme on l'a dit aussi dans d'autres épisodes, gardien de la famille. disent, écoutez, je pense qu'il serait vraiment bon qu'on se retrouve en famille, on se fait une petite réunion et on va tous se raconter un peu, là on en a besoin, parce qu'on est vivants, et qu'on se regarde, on se parle, on se touche, on s'embrasse, de façon totalement appropriée évidemment, parce que là je parle de choses évidemment les plus saines, on parle d'une famille saine, mais c'est vrai que... On tend vers ça. Il me semble que voilà.
- Claire
C'est vrai. Et ce que tu dis, ça me rappelle que pendant le confinement, où il y avait cette question de vie, mort, vie très forte, j'ai proposé à ma famille élargie de faire un cercle de paroles sur Zoom. Tu vois, alors qu'on ne le fait jamais. Mais comme j'ai des cousins qui vivent au Canada, j'en ai qui vivent partout. Et il y en a... Toute ma famille n'était pas là. D'ailleurs, j'avais proposé à mes deux volets de famille, enfin parents, maternelle, paternelle, et ça s'était un peu mixé. Mais il y avait pas mal, on était une dizaine, tu vois.
- Estelle
Bien sûr.
- Claire
À avoir besoin de se voir, de se parler.
- Estelle
C'est tout à fait, c'est ça. Mais alors, et si je posais la question à nous tous, la sainte famille, depuis quand est-ce que, enfin, c'était quand la dernière fois que vous vous êtes retrouvés en famille ? Peut-être pour échanger vraiment profondément sur ce que vous avez... sur ce que vous ressentez en ce moment, sur ce qui vous ferait plaisir, sur ce qui vous manque peut-être. Parce que ça, c'est ça, être vivant aussi.
- Claire
Mais alors, ça veut dire que pour toi, peut-être pour moi aussi, mais ça passe beaucoup par la parole?
- Estelle
Par la parole aussi, on a parlé des attentions, des petits gestes, des cadeaux, etc. Mais parfois, ça ne suffit pas parce que moi, de toute façon, je pense vraiment que le verbe, la parole, on a un outil sacré.
- Claire
Je te rejoins, tu vois. Tu prêches une convaincue.
- Estelle
Voilà. Je pense que quand on sait parler ... ce n'est pas grave, si on ne sait pas parler, on apprend. On est là pour apprendre. C'est hyper important de savoir qu'un mot guérit, un mot répare. Un seul mot peut réparer, peut tout réparer. Je crois beaucoup en ça. Donc oui, on n'a pas besoin de parler trois heures. Je veux dire, on se retrouve en famille, on prend dix minutes, dix minutes de qualité. Moi, je dis toujours, parfois, on n'a pas le temps avec nos enfants ou avec notre conjoint, notre conjointe. Mais dix minutes seulement, juste de regarder l'autre dans les yeux quand on lui parle, de regarder, tiens, est-ce qu'il a changé de coupe de cheveux ? C'est ça être vivant, en fait. Comment tu es habillée ? Moi, parfois, c'est vrai que souvent, je me fais cette réflexion, quand je quitte la maison, je me dis, tiens, comment ? ou quand je quitte la maison, ou du moins quand les autres la quittent pour la journée, je me dis tiens, mais comment était habillé aujourd'hui l'homme que j'aime, ou l'homme que je n'aime plus aujourd'hui. Non mais l'homme que je déteste aujourd'hui ! Mais n'empêche que comment il était habillé, et mon fils, comment il était habillé, parce qu'en fait, c'est ça aussi le regard de, voilà, et parfois, je ne le sais pas,
- Claire
mais oui,
- Estelle
je ne le sais pas, parce que, voilà.
- Claire
Je te rejoins, enfin dans... C'est vraiment cette question de l'attention, de la présence.
- Estelle
C'est ça, être vivant. Je veux dire, est-ce que j'ai prévu de me marrer aujourd'hui ? Est-ce que j'ai prévu de rire un peu dans ma vie ? Et ça, c'est des choses qu'on...
- Claire
Est-ce que ça, tu penses...
- Estelle
Excuse-moi, parce qu'on prévoit de faire les courses, on prévoit les rendez-vous de ceci, on prévoit d'appeler le dentiste, on prévoit...
- Claire
Tiens j'ai rendez-vous d'ailleurs, à 17h! Merci de m'avoir appelée.
- Estelle
De rien. Merci la sainte famille. Mais tu vois... Voilà quoi.
- Claire
Oui, oui, tu as raison. Tu as raison de se donner des rendez-vous vivants. C'est une bonne idée. Ah oui, j'ai perdu le fil de ma pensée.
- Estelle
Prévoir de rire parce que je disais ça. Prévoir de rire ou prévoir... de fait qu'il y a une idée qui t'est passée. Tu vois, le dentiste l'a emporté. Oui,
- Claire
Tu vois. Mais mince alors.
- Estelle
Mais en tout cas, c'est ça. Quand on dit être en vie, être vivant. Après, chacun de chacun de nous a une définition bien précise de ce que c'est qu'être vivant. Mais quand même, c'est sympa de se dire. Qu'est-ce que je peux ajouter comme, entre guillemets, comme plus-value affective ou amoureuse ou tendre à ma famille, quoi ?
- Claire
Et tu vois, ça y est, je retrouve, pardon, ma pensée, c'est que là, on parle vraiment aussi de nous en tant qu'individu, comment on peut impulser quelque chose dans la famille dans laquelle on vit. Mais je me dis aussi, il y a des, je ne sais pas si tu vois ça, mais il y a des natures de famille. On voit bien qu'il y a des familles, ils ne se parlent pas, mais ils font du sport ensemble.
- Estelle
Oui.
- Claire
ils ne se font pas de cadeaux, mais par contre, ils mangent ensemble et ils cuisinent ensemble. Tu vois, il y a des langages, en fait. Exact. Et ça, je trouve ça chouette aussi, peut-être, juste là, tout de suite, de venir mettre de la conscience sur c'est quoi le langage dans notre famille.
- Estelle
Oui, oui.
- Claire
Tu vois,
- Estelle
Ca, c'est l'objet. C'est un autre épisode. Ah ouais, ça, c'est très...
- Claire
Je garde. Mais bon, en tout cas, par rapport... En tout cas, là, le langage qui nous fait nous sentir vivants, on va dire. Le code c'est quoi ?
- Estelle
Exactement, tu vois ? Complètement. C'est vachement inspirant, très inspirant.
- Claire
Mais alors toi par exemple, qu'est-ce qui te rend vivante dans ta famille ? Qu'est-ce que t'aimes ressentir ?
- Estelle
Moi bien avec ça sincèrement c'est vrai que c'est du dialogue Moi comme je passe par les mots même la poésie c'est vrai que je... Par exemple, j'adore un moment à table, j'adorais venir avec... J'avais envie de lire... Un moment, j'avais vraiment envie de lire une poésie. Chaque soir avant le dîner. Et j'avais envie que ça pénètre la nourriture qu'on allait manger ensemble.
- Claire
J'adore, ouais.
- Estelle
Donc voilà, j'avais envie de ça. J'aime qu'on partage la musique. J'aime qu'on partage vraiment... J'aime danser beaucoup, c'est vrai. Ça peut paraître... Voilà, mais c'est vrai que chez moi, je danse beaucoup. comme ça, pas longtemps, parfois c'est 3 minutes, parfois c'est 30 secondes, mais j'ai besoin de chanter, danser.
- Claire
Je pense qu'il y a plein de gens qui font ça avec leurs enfants.
- Estelle
Oui, complètement.
- Claire
Et tu vois, d'ailleurs, c'est un super cadeau d'avoir les enfants pour relier à ça.
- Estelle
Mais être vivant, c'est juste parfois aussi arriver et puis avoir envie de se poser et puis d'inviter peut-être, voilà, ou même de faire un... D'arriver de faire un petit chocolat pour tout le monde, une petite infusion pour celui qui en veut. Voilà, c'est des choses comme ça. C'est des petites choses,
- Claire
en fait. Oui, c'est lié à se considérer, quoi.
- Estelle
Oui, voilà.
- Claire
Est-ce que c'est ça qui nous fait pas sentir vivants, parfois ? C'est cette étincelle un peu d'exister dans les yeux de l'autre.
- Estelle
C'est ça. L'indifférence, un peu d'ignorance, d'indifférence, de non-considération. Tu le dis, quand on a l'impression qu'on n'est pas vu chez soi. Oui, terrible. Donc, voilà. Donc, soyons vus. Rendons-nous visibles. Et puis, rendons les autres visibles. Parce que ça va aussi avec l'empathie. Quand je le mets à la place de l'autre, finalement, je le rends aussi énormément vivant.
- Claire
C'est beau ça. Ça, j'adore cette phrase.
- Estelle
Bon, ben, restons sur ça. Merci, la Sainte Famille.
- Claire
Merci à vous d'être là. Merci pour vos messages. Merci à vous. La Sainte Famille vous aime !