- Générique
La Sainte Famille, le podcast pour grandir ensemble.
La Sainte Famille, c'est des conversations enregistrées en une prise, sans montage ni retouches, des partages inspirés et inspirants pour grandir ensemble.
- Estelle
Bonjour la Sainte Famille !
- Claire
Bonjour Estelle !
- Estelle
Bonjour Claire !
- Claire
Alors, c'est quoi la température familiale là, ce matin ?
- Estelle
Alors écoute, ce matin, c'était un tout petit peu différent de d'habitude parce que Marlon, donc mon fils, était tout à fait, comment dire, opérationnel. Il avait envie de se lever. Il était, voilà, il s'était même réveillé avant nous, ce qui est rare. Et donc, c'est fou comme un ingrédient jeté différemment dans la marmite familiale, mais créé complètement autre chose. Mais bon, franchement, j'ai de la chance. On a de la chance. Notre fils est souvent de bonne humeur le matin. Mais par contre, c'est vrai que cette latence, ce moment où il doit sortir du sommeil est toujours un peu délicat. Mais voilà, donc ce matin, la température était au beau fixe.
- Claire
Magnifique ! Oui, alors c'est drôle que tu parles de réveil parce que justement, chez nous, ma fille, elle a voulu utiliser un autre réveil que d'habitude. Oui, parce que nous, la température, pour être claire, était un peu électrique et il y a eu des frictions, un peu crescendo, enfin rien de méchant, mais ça ne passait pas sur le cou. Oui, c'est vrai. Ça ne passait pas. Il y a des matins,
- Estelle
ça ne passe pas.
- Claire
et c'est... tellement douloureux, un peu douloureux pour moi, vraiment, après ça se dilue mais il y a quelque chose comme si c'était pas ça qu'on est censé vivre et c'était le point de départ, c'était le réveil le son du réveil qu'elle a utilisé qui était trop violent et qui a tout chiffonné
- Estelle
Toi tu dois assumer tout,comme beaucoup de femmes qui nous écoutent, de mères qui se réveillent seules avec leurs enfants et qui doivent assumer la totalité de...
- Claire
Sur tous les plans,concrète, opérationnelle, émotionnelle.
- Estelle
Bien sûr. Voilà.
- Claire
Sa journée, celle de l'enfant. Bref.
- Estelle
Bravo à toutes les mères qui, ce matin, ont été dans une ambiance électrique, mais qui ont su rejoindre la sainte famille.
- Claire
Oui. Bravo. Bravo.
- Estelle
Bravo à toi, Claire.
- Claire
Merci beaucoup. Et c'est vrai que du coup, quand on parle de ça, tu vois dire oui, que tu étais seule et tout. Enfin, qu'il y a des mères qui, bah oui, qui doivent être seules. à assumer un peu toutes les facettes. Oui, parce que, tu vois, c'est vrai que souvent je me dis, qu'est-ce qui, quel est, où est le père ? Enfin, qu'est-ce qui nous reste du père finalement ? Même quand notre père a été présent, je veux dire, jeune. Mais qu'est-ce qui nous en reste ? Et même quand il a été absent, enfin, tu vois. Mais qu'est-ce qui nous en reste du père ? Je me pose cette question aujourd'hui. Je ne sais pas si tout le monde l'a. Ca peut être intéressant de regarder ça en nous. Qu'est-ce qui reste de mon père ? Toi, Claire, tu dirais quoi ? Qu'est-ce qui reste de mon père ? Enfin, mon père, il est vivant. Donc, il y a vraiment... Il y a deux niveaux. Il y a quelle relation j'ai à mon père aujourd'hui et effectivement, comment ça m'a construite. Ce qui vient de mon père, comment ça m'a infusée. Comment ça continue de m'infuser.
- Estelle
Oui, parce que... Dans tous les cas, toi, tu dis comment ça m'a construit. Tout d'un coup, je me suis dit, tiens, est-ce que ça peut déconstruire ? C'est-à-dire que, est-ce que nos parents, finalement, quoi qu'ils fassent, nous construisent, en fait ? Même si c'est dans une construction complètement bancale et dans une construction, tu vois, finalement, totalement déséquilibrée. Mais il y a une construction. Donc, qu'est-ce que le... Finalement, qu'est-ce qu'on demande au père ?
- Claire
Oui, qu'est-ce qu'on lui demande ? Et moi, tu vois, ça m'a emmenée, là on va de question en question, mais c'est pour ouvrir en fait tout le spectre aussi des réponses à accueillir. Mais c'est aussi, je me disais, qu'est-ce qu'on aime de nos pères et donc qu'est-ce qu'on choisit de garder dans notre construction actuelle ? Tu vois, finalement, qu'est-ce qui reste, c'est qu'est-ce que je choisis de garder dans ce que représente mon père pour moi, dans ce que j'ai ressenti de lui, dans ce que... Je vois qu'il m'a transmis. On ne va pas tout de suite partir sur le thème de l'héritage. On fera un autre épisode pour ça. Mais en tout cas, sur le plan des énergies, des émotions, des profils de personnalité, des sujets de vie et tout ça. Moi, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui me viennent de mon père dans mes sujets aussi. Même dans les sujets de thérapie, d'accompagnement. Même d'ésotérisme, tout ce qui peut toucher à la magie, à l'invisible, à la transformation. Ça a été totalement apporté par mon père, notamment par les livres d'ailleurs. En tout cas, à ce niveau-là, ça a été ouvert, les portes ouvertes. Finalement, je suis dedans. Moi, j'ai enfoncé les portes qui m'étaient proposées sur ces sujets-là.
- Estelle
Oui, parce que... Tu vois, c'est hyper intéressant parce qu'en même temps, dans ce que tu dis, si je rebondis, je me dis, finalement, qu'est-ce qu'on demande au père en tant qu'enfant ? Qu'est-ce qu'on lui demande d'être au sein de la famille, en fait ? Qu'est-ce qu'on lui demande ? Chacun de nous, c'est différent, je pense, selon nos besoins, mais quand même, je pense qu'il y a quand même des règles, des choses.
- Claire
Des fondamentaux.
- Estelle
Oui, des fondamentaux. J'ai le sentiment... déjà moi je dis que j'ai le sentiment que d'un gardien.
- Claire
Oui, moi j'ai la même sensation en en parlant. En fait, je voyais vraiment une présence "pilier".
- Estelle
C'est ça.
- Claire
Voilà, un point de repère avec la verticalité du masculin. Mais cette stabilité et effectivement ce rôle de gardien, je trouve avec toute la notion de protection.
- Estelle
C'est ça.
- Claire
Et d'affection!
- Estelle
Absolument. Et comme un regard qui épouserait une sorte de... de tout le panorama familial tu vois, forcément qui mais tu vois qu'il est comme une mais en fait, je crois que c'est parce que moi j'ai beaucoup d'exigences vis-à-vis des parents déjà, mais des parents de la mère que je suis mais aussi du père et de la mère et je me dis oui, quand le père est un gardien c'est-à-dire quand on sait que c'est pas facile d'être père, attention, je dis ça c'est vraiment un idéal, tu vois mais j'imagine que c'est tout aussi difficile d'être père que d'être mère, enfin, mais je me dis voilà, quand le père se décide à se dire: voilà, ma place, c'est d'être un gardien. Ça veut dire que, comme tu disais, je protège, je... Oui, j'embrasse, enfin, je ne sais pas comment dire, je maintiens, en fait, la bonne structure. J'avais l'idée d'un bateau...
- Claire
Oui, c'est structurel. Oui, quand moi je vois un pilier c'est un pilier au temple d'Athènes, une colonne extrêmement solide. Et effectivement, c'est structurel dans ce rôle.
- Estelle
Pourquoi on parle de ça ? Parce que dans notre époque, où on n'arrête pas de mettre, et c'est tout à fait logique, de mettre aussi la femme et la mère en avant, tu vois, dans cette espèce de volonté aussi, qu'il y a un système totalement égalitaire entre l'homme et la femme.
- Claire
Oui, il y a un besoin de reconnaissance aussi...
- Estelle
Voilà un besoin. Mais en même temps, je veux dire... je pense que quand même, le père a une fonction, a une fonction, oui, tout comme la mère, mais je veux dire, c'est pas hasardeux, quoi, je veux dire, on n'est pas père, enfin, on devient père, mais je veux dire on a quelque chose à faire dans la famille de...
- Claire
C'est évident, tu vois, c'était marrant, je pensais au contraire, je vois aussi que dans notre société, aujourd'hui, alors, à la fois on les autorise, mais on demande aussi au père de devenir des mères bis. Mais je ne dis pas que c'est mal.
- Estelle
Oui, oui, oui.
- Claire
Parce que c'est aussi que les hommes se reconnectent à tout leur féminin, justement, à tout leur sensible, à tout leur affectueux, à la parole, aux soins.
- Estelle
Mais qu'on les autorise aussi.
- Claire
Oui, qu'on leur laisse la place.
- Estelle
À la sensibilité, aux sentiments.
- Claire
Exactement.
- Estelle
Qu'ils puissent, exactement.
- Claire
Donc, c'est vertueux. Et à la fois, ce qu'on se dit de ce rôle de gardien, pour moi, c'est encore autre chose.
- Estelle
Oui, tout à fait.
- Claire
Tu vois ? Ce n'est pas juste cette évolution-là. Oui, oui. Finalement, plus de l'homme.
- Estelle
Oui.
- Claire
Et que sans doute, dans la combinaison des deux, de l'homme sensible et le rôle de gardien, là, on aurait un père absolu.
- Estelle
En fait, c'est ça qu'on demande un peu quand même, on demande d'avoir un père, quelque part, c'est aussi ça, un père sacré, c'est un homme qui a le sens des responsabilités, parce qu'en fait, c'est ça. Qu'est-ce qu'on demande à notre père ? C'est qu'il soit responsable, qu'il soit conscient, qu'il soit présent, mais pas que présent physiquement. C'est une présence, tu vois, une présence du cœur, je veux dire, quelqu'un qui va trouver des solutions aussi, tu vois.
- Claire
Et actif aussi dans son... Dans sa dimension de père, en fait.
- Estelle
Mais oui. Et c'est pour ça que c'est intéressant. Quel père vous avez eu, vous, là, dans la sainte famille ? Qu'est-ce que vous auriez envie de dire à votre père, quoi ? Qu'est-ce qu'on a envie de dire à notre père aujourd'hui et qui nous est essentiel ? Parce que finalement, oui, c'est quoi un père qui va toucher à l'essentiel ? Je n'ai pas de réponse, je pose des questions. Et d'ailleurs, n'hésitez pas à nous répondre aussi de par... Voilà, on a une boîte mail qui est faite pour ça, comme vous savez. Et d'ailleurs, merci pour ceux qui nous écrivent déjà, c'est très très plaisant. Et on ne manquera pas justement, au contraire, à chaque fois, de rebondir sur des sujets que vous avez pu nous partager ou quoi. Mais c'est ça, quoi, qu'est-ce que...
- Claire
Tu vois, moi, ce qui me vient, enfin, je me dis aussi, et qu'est-ce qu'on fait alors ? quand on n'a pas eu un père qui avait ce potentiel, cette capacité, pour mille raisons, d'exprimer ce qu'on vient de dire et de s'incarner comme ça parce qu'en fait je pense qu'on le ressent ,on ressent ce qu'on attend d'un père et on assiste à ce qu'on ne vit pas forcément de ça et voilà quand tu dis finalement qu'est-ce qui nous reste aussi de ça... J'espère être claire, mais en tout cas, je m'appelle Claire, donc j'espère vraiment être claire, c'est important pour moi.
- Estelle
Mais je comprends, je comprends, j'entends ce que tu dis.
- Claire
Tu vois, parce qu'en fait, ben voilà, c'est...
- Estelle
Et t'as vu, quand on voulait aborder un peu ce sujet du père, on ne savait pas quand est-ce que ça allait venir, et on s'est dit, si on n'arrive pas à le dire, si on n'a rien à dire, on coupera au bout de cinq minutes et puis ce sera comme ça. Parce qu'en fait, tu as vu, il y a une certaine forme de pudeur aussi. Je ne sais pas comment...
- Claire
Et peut-être, ça je me demande si c'est aussi parce que nous, on est des filles et que c'est quelque chose de la relation père-fille. Il y a aussi peut-être, je ne sais pas, je ne veux pas en faire une vérité générale, mais en tout cas, à mon propos, un besoin quand même de continuer à préserver quelque chose d'intact. Tu vois, est-ce que c'est un idéal père-fille, ou de cet amour ?
- Estelle
Oui, bien sûr.
- Claire
Pour le père en tant que fille, tu vois, malgré tout ce qui peut être perçu de faillible.
- Estelle
Tout à fait. Et puis bon, il y a des... Voilà. On n'omet pas dans ce qu'on est en train de raconter qu'il y a des pères ignobles et il y a des pères extraordinaires. Et tout comme il y a des mères... Voilà. On est obligé quand même de prendre largement.
- Claire
Bien sûr, bien sûr.
- Estelle
Voilà. On n'est pas en train de dire, ah oui... Mais on est en train de dire, j'aime bien moi qu'on puisse dire ce qu'on demande, qu'est-ce qu'on demande, et c'est quelque chose que je demande souvent à mon fils, et qu'avec son père on lui demande souvent, c'est qu'est-ce que tu ferais à notre place, qu'est-ce que tu ferais à notre place, qu'est-ce que tu attends de nous en fait, qu'est-ce qui te remplirait, qu'est-ce qui te remplirait vraiment. Et j'essayais de voir toutes les fois où mon père a pu me remplir de ce que j'attendais. Et en fait, c'est vrai que c'est important de se poser ces questions, je crois. De voir où est-ce qu'on a été rempli ou pas.
- Claire
Oui, il y a un truc que j'adorais faire avec mon père, c'est quand je suis rentrée au collège, il venait déjeuner avec moi, enfin il venait me chercher un soir, un soir, un midi par semaine, et on allait déjeuner. que tous les deux. Et c'était vraiment notre rendez-vous. Et pourtant, mes parents n'étaient pas séparés. Je le voyais tout le temps. Mais ça, c'était pour moi génial. Et c'était sans doute un privilège un peu de grande. Il y avait un truc... C'était génial de partir du collège et d'aller déjeuner avec mon père. Et ça continue de me toucher qu'il ait eu cet élan et cette envie. Et d'ailleurs, ça me manque qu'on ne le fasse plus.
- Estelle
Ben ouais, bien sûr, c'est tellement une chose. Voilà, ça aussi, c'est... Alors étudions peut-être, infusons en nous cette idée qu'on a du père et puis ce qu'on en a gardé. Regardons bien. Et que ça se passe mal ou pas, ce n'est pas l'essentiel. On a le droit d'avoir mal et puis ça fait du bien parfois de savoir où est-ce qu'on a mal aussi. Et infusons tout ça, réparons ce qu'il y a à réparer. Et puis... mettons du baume là où on a envie d'en mettre et aussi avec nos enfants, nos enfants nous permettent ça.
- Claire
Oui, et moi, j'ai envie quand même de dire aussi, continuons à nourrir une vision du père qui nous fait du bien.
- Estelle
Tout à fait, bien sûr.
- Claire
Parce qu'on en a tous besoin, je pense, de restaurer quelque chose à cet endroit là.
- Estelle
Et même si on n'en a pas eu, moi, je viens d'une famille où le père a été très peu existant, pas pour moi, mais pour voilà. Et donc, je crois que même si on n'en a pas eu, comme tu dis, c'est très bon de s'imaginer et pour notre descendance, de construire. De toujours construire, même ce qui n'a pas été construit en amont pour nous, et bien nous, on va le construire. Et c'est pour ça que la Sainte Famille existe.
- Claire
La Sainte Famille vous aime.