- Speaker #0
Quand t'es enfant et que tu vois tes parents entrepreneurs, en fait, tu ne vois que les inconvénients. J'ai pas inventé un concept, j'ai fait l'événement qui me semblait le plus formidable pour moi. Et je pense que l'industrie, paradoxalement, devrait être beaucoup plus artisanale.
- Speaker #1
Bienvenue à la table de Seb, votre rendez-vous mensuel où on parle entrepreneuriat, leadership. et humain. Ici, on s'assied à table avec ceux et celles qui osent entreprendre et prendre des décisions, qui se plantent parfois et qui continuent d'avancer. L'idée, c'est s'inspirer d'histoires réelles pour être plus lucide, plus solide et être un peu moins seul dans son aventure entrepreneuriale. Alors, si ça vous parle, je vous propose de vous abonner. Chaque parcours peut vous apporter de nouvelles idées et c'est en partageant qu'on progresse. Donc, interagissez. Vos commentaires sont super importants pour nous. On adore les relire. Abonnez-vous. On passe au podcast. Aujourd'hui, je reçois une pile électrique, un mec qui a plus d'énergie à lui seul qu'une centrale nucléaire. Xavier Vernier, c'est un parcours qui ne ressemble à aucun autre. Gamin de Picardie, fils d'entrepreneur, pour lui le stress de l'entrepreneuriat, les journées rallonges, c'est juste un truc normal. C'est 18 ans, c'est Saint-Trope, les paillettes, faut que ça brille, mais il en revient. Alors sans grand diplôme, avec un complexe de l'imposteur vissé au corps, il a pourtant réinventé le métier de l'édition. Il a créé un événement les plus select de France, les sommets du digital d'abord, puis maintenant les sommets. Tu fêtes les 10 ans dans quelques semaines. Comme si ça ne suffisait pas, il y a 4 ans, tu t'es lancé dans un pari totalement fou, fabriquer des vélos et des motos électriques premium made in France. Barge. Pourquoi choisir la voie la plus difficile, celle de l'industrie ? Comment on survit face à la déferlante chinoise qui arrive ? Et surtout, d'où vient cette obsession pour le beau, l'excellence ? Est-ce que ce n'est pas ça qui nous sauvera d'ailleurs, le beau et l'excellence ? On va parler de résilience. de marge, de supplément d'âme, de luxe ? Et pourquoi, selon Xavier, si ce n'est pas beau, ça ne sert à rien de le vendre ? Bienvenue sur le podcast, Xavier.
- Speaker #0
Merci, Macaulay.
- Speaker #1
Merci à toi. T'as de premières questions ? Après une petite introduction comme ça, je te propose quand même de te présenter.
- Speaker #0
Ben, écoute, si Dieu, t'as dit pas mal de choses, mais c'est vrai qu'elle est rigole, ton introduction. Je suis électrique, j'en sais rien, mais oui, passionné en tout cas, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Ah, t'es le mec qui a plus d'énergie que je connaisse.
- Speaker #0
C'est vrai. Peut-être que je suis... Bon, t'es pas forcément con. Non, je pense qu'on se présente toujours sur le business. Et il y a peut-être quelque chose qui forge et qui, en plus, qui a une conséquence après sur tout le reste. Je suis marié, j'ai deux enfants et je vis sur les bords du lac d'Annecy par choix. Parce que j'aime bien la nature, parce que plein de choses. Et justement, par rapport à ma vie d'avant, les paillettes que j'avais pu voir, c'était un petit retour aux sources. Et puis, je corrige juste quelque chose, parce que chaque année compte double dans l'industrie. Ça fait sept ans. On a créé... Ça passe très vite, c'est pas 4 ans. Après, je suis effectivement quelqu'un de stationné qui a cette chance incroyable d'être un petit dormeur naturel et donc, du coup, assez boulimique de pas mal de choses parce que j'ai envie, depuis que je suis tout petit, de sortir, d'être vivant, en fait. Et donc, du coup, d'avoir un peu de réalisme, donc avec des pressions bonnes comme des pressions mauvaises, d'avoir des nouveaux projets, etc. Bop. Peut-être qu'effectivement, c'est pour ça que tu dis que je suis une pille électrique et j'ai de l'énergie. Mais en fait, pour moi, je ne me rends pas compte. En tout cas, je ne force pas le trait. Ça, c'est fiable.
- Speaker #1
C'est naturel.
- Speaker #0
C'est naturel.
- Speaker #1
Alors, tu es installé sur les bords du lac d'Annecy. On a un petit reblochon parce que tu es dans la OP. Reblochon.
- Speaker #0
À côté de la capitale mondiale du reblochon.
- Speaker #1
Voilà. Donc, vous qui nous regardez, vous ne le sentez pas, mais nous, on le sent. Il est bon. Tu as grandi en Picardie. Ton père était concessionnaire auto, tu m'as dit. Ta maman était entrepreneur aussi. Ton beau-père aussi, parce que tes parents sont séparés. Donc, ton beau-père est entrepreneur aussi. Tu as grandi finalement au milieu d'entrepreneurs.
- Speaker #0
Oui, en fait, du coup, tu ne t'en rends pas compte. Je pense que, tu vois, de créer une boîte, pour moi, c'était pareil que d'aller chercher un boulot. Pour moi, il n'y a pas de... Il y a certaines personnes qui me disent, tu as de la chance, tu es entrepreneur, ce n'est pas évident, etc. Mais en fait, je ne m'en suis pas forcément rendu compte. Ça n'a pas été un calcul, ça n'a pas été une location. Pour moi, c'était... Même si pour... pourtant, c'est ce que je te disais tout à l'heure, et ce n'est pas quelque chose qui m'attirait plus que ça.
- Speaker #1
Tu m'as dit un truc important, tu m'as dit que ce n'était pas un monde de l'amour.
- Speaker #0
Non, parce qu'en fait, quand tu es enfant et que tu vois tes parents entrepreneurs, tu ne vois que les inconvénients. Alors, encore une fois, si tu es le fils de Bernard Arnault, je pense que tu vois d'autres choses. Tu as une vie qui est complètement différente, hors sol, etc. Moi, c'était les entrepreneurs, on va dire, classiques, donc pas forcément des gens qui avaient réussi plus que ça financièrement, donc il n'y avait pas une... un niveau de vie qui était en tout cas en dehors des standards. Et donc tu vois, en tant qu'enfant, tes parents toujours travailler, avoir du stress. Concessionnaire automobile, ça veut dire que c'est 6 jours sur 7, voire 7 jours sur 7, c'est les portes ouvertes. Et oui, donc ce n'était pas un modèle que je recherchais. Mais en tout cas, c'était mon quotidien. Donc du coup, j'ai continué un peu comme ça, je pense, aussi par fainéantisme. Par fainéantisme, oui. En fait, c'est assez drôle ce que tu dis. Parce que je me suis toujours senti un peu l'aphatique et justement à l'inverse de la pilule électrique. Je suis plutôt quelqu'un qui est fainéant dans l'âme. C'est-à-dire que travailler pour travailler, ce n'est pas mon truc. Moi, c'est plutôt sur l'efficacité. Donc je vais plutôt être efficace. Donc je vais travailler. pour être efficace et pas travailler pour travailler. Et donc, du coup, le côté entrepreneur, c'est peut-être par facilité, en fait, où je suis rentré dedans. C'était parce que finalement, quand tu crées quelque chose, tu n'as pas à te battre au début pour qu'on te choisisse en tant que salarié, pour te rentrer dans un moule, etc. En fait, tu fais un peu ta mauvais caractère. Finalement, tu peux l'assumer plus facilement, je pense, quand tu es entrepreneur que quand tu es dans une équipe, bien qu'après, tu as des équipes. Quand tu es gamin et que tu t'aspires à une vie professionnelle, Je pense que c'était plutôt par facilité qu'autre chose.
- Speaker #1
Et c'était à ne pas vacciner du coup, parce qu'au lieu de chercher une sécurité, justement, qui n'est peut-être pas à tes parents, toi, tu as foncé dans le même mur.
- Speaker #0
Ouais, mais encore une fois, je pense, sans me rendre compte, c'était pas calculé. Et puis le risque, en fait, c'est quelque chose qu'on aime tous. Quand on fait du sport, on préfère faire une descente de ski un peu plus... où on a une petite aide réaliste, une disbasse, etc. Et je pense que dans le business, pourquoi en fait on chercherait... Moi, j'ai toujours cet exemple-là, tu parlais de la Picardie. J'avais un copain de classe qui était fils aussi d'entrepreneur, mais sur une des plus grosses boucheries-charcuteries de Picardie. Mais vraiment une très, très grosse. Il devait avoir une trentaine de salariés. Et lui, lui-même, voulait être bouché. Donc, il a fait ses études pour être bouché. Et en fait, quand son père est parti à retraite, il n'a pas repris. Alors que l'entreprise était viable à 100%, c'était une belle entreprise. Il n'a pas voulu, il a préféré aller travailler toujours en tant que boucher dans une grande surface à côté. Et en fait, ça, je n'ai jamais compris. Et en fait, on s'est revus il y a 20 ou 30 ans, je ne sais plus. Et je rediscutais de ça parce que ça m'avait choqué à l'époque. Et en fait, il m'avait expliqué que lui, justement, la notion de risque, de ne pas être tranquille et de ne pas pouvoir débrancher son cerveau quand tu rentres et de ne pas être maître forcément toujours de tout. ça ne lui plaisait pas. Et donc, en fait, il préférait travailler pour quelqu'un. Et ce, en soi, il m'a ouvert pas mal de choses parce que je ne le voyais pas. En fait, je ne lui ai pas posé la question. Parce que pour moi, c'est naturel de se mettre en danger parce que j'avais envie de me mettre en danger aussi. Et puis, je pense qu'il y a aussi un côté d'ego. Le chef d'entreprise, et tu dois bien le savoir aussi, ce n'est pas une attaque, un cul de faim. Mais on marche même beaucoup avec l'ego. Et en fait, d'être un peu le sapeur-pompier, c'est-à-dire d'être dans une réunion avec... plein de personnes et puis qu'on dit « Ah, il y a un énorme problème ! » et tout. Et toi, tu trouves la solution, tu es là, le guide, etc. Alors, on ne cherche pas forcément les problèmes, mais en tout cas, on les affronte assez facilement parce que je trouve qu'il y a ce retour de satisfaction assez naturel, qui te flatte, qui te sent utile. Voilà, ce n'est pas forcément que de l'ego mal placé, mais je pense à un chef d'entreprise qui n'a pas du tout d'ego, je ne le connais pas beaucoup.
- Speaker #1
On l'interrogera d'ailleurs dans un autre épisode, Mickaël Ricard de chez Merci. plus... C'est lui qui m'avait présenté le triomphe de Karpman. Avec justement le persécuteur, la victime et le sauveur. Et l'homme, en fait, se met en général dans une des trois positions et aime bien son confort dans cette position. Et je pense que l'entrepreneur, tu le dis, il est plutôt dans ce côté sauveur. Il aime bien être pompier et résoudre des problèmes. Intéressant. À 18 ans, t'as brillé un peu, non ? T'étais déjà entrepreneur, tu m'as dit déjà.
- Speaker #0
En fait, comme tu l'as dit dans ma présentation, j'aimais bien ce qui... Alors, ce qui brillait, mais... plus généralement ce qui était un peu haut de gamme, ce que je n'avais pas forcément.
- Speaker #1
Tu m'as dit quelque chose en préparant l'émission, c'était que j'avais l'impression que la réussite passait par l'argent.
- Speaker #0
Oui, en fait, c'est vrai que c'est peut-être le modèle américain qui était, alors là, il faut remettre, moi j'ai 55 ans, donc ça fait un petit bout de temps, mes 18 ans sont très loin. Je pense que les modèles d'entrepreneurs, aujourd'hui, on voit beaucoup d'entrepreneurs qui sont des petits entrepreneurs, des gens qui... qui ne viennent pas forcément, qui vont perdre des choses, qui sont des sacrifices et tout. Il y a des émissions à la télé maintenant qui voulaient arriver à ça. Avant, les entrepreneurs que tu voyais, c'était les Bernard Tapie ou des patrons à l'américaine. Et donc, du coup, tout ce qui allait avec, c'est-à-dire aux Etats-Unis, c'était la limousine, c'était les jets, c'était plein de choses, etc. Ce n'était pas vraiment les jets et la limousine qui me plaisaient. Par contre, moi, j'ai toujours aimé les belles choses, les beaux endroits, les beaux hôtels, les belles sorties, les restaurants, par l'éducation de mon père aussi, qui était passionné par ça. Et donc forcément il faut de l'argent et à un moment pour trouver de l'argent quand tu es étudiant, il n'y a pas d'autre solution que de travailler. Et clairement j'ai fait des boulots comme tout le monde, ouvrier, ramasser des fruits, faire des choses comme ça, je me mettais bouché. dans une grande surface pendant un mois. Mais d'abord, tu ne gagnes pas énormément, surtout quand tu es tout en bas. Et puis, ce n'était pas très satisfaisant. Et enfin, du coup, naturellement, parce que justement, je voyais peut-être mes parents et puis l'environnement, parce que les parents ont souvent des amis qui se ressemblent. Pour moi, il y avait des effets de facilité à aller vers ça. Donc du coup, j'avais besoin d'argent, plus d'argent que les autres, pour dépenser plus. Et donc, du coup, j'ai créé ma première entreprise en tant qu'étudiant. J'en ai eu deux pendant que j'étais deux jours.
- Speaker #1
Tu m'as parlé de communication pour les entreprises. Et la deuxième, c'était quoi ?
- Speaker #0
C'était des organisations de soirées. Ah, des organisations de soirées. Les paillettes, tu veux certainement me faire aller.
- Speaker #1
Effectivement, tu passais tes étés à Saint-Trope.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et tu me dis que je dépensais l'argent gagné dans l'année.
- Speaker #0
Oui, voire un peu plus. Oui, parce que j'avais l'impression que... c'est là où la maturité fait quand même beaucoup. À 18 ou 20 ans, tu n'as pas forcément la même maturité que K-25. Et en fait, tu as l'impression que la vraie vie, elle se passe là parce que c'est plus facile, parce que quand tu as de l'argent, tu as des relations. Quand tu as de l'argent, tu as des ouvertures un peu partout. Quand tu as de l'argent, il n'y a plus de problème, en fait.
- Speaker #1
C'est Bernard Tapie, justement, qui disait je ne vais pas en vacances au camping, je vais dans des grands hôtels parce que j'y fais pas. plein de rencontres finalement qui sont bonnes pour le business.
- Speaker #0
C'est ça, sauf que j'avais oublié quelque chose. Bernard Tapie, je pense qu'il rencontrait des vrais entrepreneurs, des vrais... C'est quoi ? Assez entropé, c'est quand même un peu biaisé. T'as beaucoup quand même, t'as 90% des gens qui gravitent autour de ça, qui vivent au-dessus de leurs moyens, comme moi, le premier, il n'y a pas de souci. Et puis, on a l'impression que ça manque un peu de sincérité, tout ça, et en fait, tu te mens à toi-même. Et je pense que moi, ça a été quelque chose qui m'a vraiment servi, c'est-à-dire qu'en fait, j'ai presque... pas touché le fond, j'ai pas été dans la drogue, j'ai pas été dans un truc comme ça, mais j'ai eu un moment amur, notamment quand tu es en fin de saison à Saint-Tropez, que tu rentres après chez toi, à l'époque j'habitais Valence, dans la Drôme, ta vie n'a plus rien à voir, tu reviens avec des copains normaux, beaucoup plus sincères certainement, et moins de paillettes, et en fait, je me suis rendu compte que je, mais comme un, presque comme un coup près, que pendant les deux ou trois saisons que j'ai pu faire à Saint-Tropez, Je m'étais menti, en fait. Je m'étais inventé un personnage comme les autres s'inventaient les personnages. Et en fait, ça ne m'a pas plu, de ne pas avoir le vrai costume qui me ressemblait. Et je pense que c'est à partir de ce moment-là que je suis devenu meilleur dans le sens où je l'entends et meilleur aussi en efficacité. Et en fait, aujourd'hui, tout ce que je fais quasi, c'est jamais milieu, c'est toujours noir ou blanc. Et c'est toujours quelque chose qui me ressemble. Je peux changer d'avis, mais en tout cas, quand je fais quelque chose, je n'ai pas un faux costume de patron, etc. Je peux me mettre dans des situations de danger parce que je le ressens comme ça. Je pense qu'aujourd'hui, ce que je donne comme conseil, notamment à mes enfants par exemple, c'est pour leur faire gagner du temps, c'est d'être vous-même, soyez vous-même dès le début. Ça ne sert à rien de s'inventer quelque chose.
- Speaker #1
C'est marrant. Je ne t'interroge pas sur ce côté. pas y être, c'est un tropé pour le plaisir d'explorer cette partie-là de ta vie, mais justement pour comprendre en quoi ça t'a servi ensuite dans le reste de ta vie. Et on avait, sur un autre podcast, sur la table de sable, mais un autre épisode, on a eu Rebecca Ababou qui nous a exactement le même conseil pour des jeunes, en nous disant « Trouvez votre voie, trouvez-vous vous-même, en fait, tôt. Dès les études, en fait, trouvez la place où vous devez être. » Est-ce que justement, c'est ce côté Elle nous disait aussi, partez à l'étranger, partez seul pour avoir du temps pour vous, pour vous retrouver. C'est un peu ce que tu as fait justement, tu partais seul à Saint-Tropez, tu faisais la fête. Est-ce que justement ce côté-là, que ce soit paillettes ou que ce soit à l'étranger, voyage ou hop, est-ce que c'est un parcours initiatique ? Est-ce que c'est un truc à conseiller aux jeunes justement ?
- Speaker #0
Je pense que clairement. Tu parlais de l'étranger, aujourd'hui les... Les étudiants ont envie de partir un peu à l'étranger, au moins pour un stage, voire faire une partie de leurs études en correspondance à l'étranger. Et je pense que ça ouvre. Aujourd'hui, tout est imbriqué dans tout. L'économie, elle est mondiale. Les cultures sont toutes mélangées, etc. Et en restant dans son petit périmètre, en ne voyant pas plus loin que le bout de son nez, je pense qu'on perd énormément. Et donc, d'aller à l'étranger, je vois ma fille qui vient de faire six mois au Mexique. il y a eu un avant et un après. Elle va repartir à l'étranger, il y aura encore un avant et un après. Elle gagne énormément de temps. C'est vrai que moi, je ne l'ai pas fait. Je ne l'ai pas assez fait à l'étranger. Je voyage beaucoup maintenant, mais quand j'étais gamin, pas tant que ça. Je pense que j'aurais gagné du temps et je n'aurais pas passé par l'épisode Saint-Tropez. Mais encore une fois, il ne faut pas le regretter. Toutes les expériences, sauf que moi, c'était un peu long. Je me suis un peu enlisé là-dedans en pensant vraiment que c'était la vraie vie et elle était là-bas.
- Speaker #1
Côté diplôme, tu m'as parlé du complexe de l'imposteur. Tu m'as dit, je te cite, j'ai fait une école plouie à Valence. Je n'en réponds loin du coup.
- Speaker #0
Je crois qu'elle n'existe même plus. C'était quand même une école de commerce. C'était une des plus petites écoles de commerce. C'est un bac plus 5 que j'ai fait près de chez moi, sans prendre un appart d'étudiant, sans faire la fête en travaillant. Et puis, j'ai même tous mes stages, je les fais en créant des entreprises. En fait, j'ai fait un seul stage dans ma vie. Je me souviens toujours, c'était chez CMS. Et je suis resté une journée. Je me suis fait virer. Au bout d'une journée, je ne me suis pas fait virer. En fait, d'un commun accord, on a vu que ça ne marcherait pas. Et donc, je me souviens très bien. C'était la première année d'école de commerce. Je suis revenu voir mon directeur de cette école en lui disant, j'ai un problème, je viens de quitter mon... mon stage, quoi. Et il m'a dit, bah non, c'est pas possible, en fait, c'est obligatoire, et tout, et tout. Donc je lui ai demandé un délai, je me souviens très bien, un délai de 24 heures, en me disant, je vais trouver une solution, parce que j'avais bien compris que je pouvais pas faire l'impasse de ça. Et en fait, je suis revenu avec un projet, un projet d'entreprise, donc c'était ma troisième entreprise, et c'était un city guide comme le petit Futé sur Valence, Romand et Montélimar, que j'ai fait pendant les 5 ans de cette école. Enfin, 4 ans, en fait, parce que c'était vers la fin. 4 ans, et voilà, je l'ai fait comme une entreprise. Pourquoi je dis ça, je ne sais plus. Mais en tout cas, c'est déjà pour dire que les convictions, je pense qu'il faut pour les gamins, s'il y a un conseil à leur donner, je pense, c'est soyez vous-même dès le départ. Et puis, dès qu'il y a une expérience à apprendre, il faut l'apprendre. On grandit beaucoup plus vite comme ça. Parce qu'en fait, ce n'est pas à l'école qu'on apprend grand-chose. À l'école, ça nous rassure, on a une base. Et c'est justement par rapport à ton complexe de l'imposteur, je pense que les diplômes peuvent nous aider à passer outre ça. Parce que c'est vrai que quand on arrive dans une nouvelle organisation...
- Speaker #1
C'est un peu le recrutement. La française, en fait, on te recrute sur un diplôme, même encore, tu as 50, 55 ans, on te demande encore quelle école tu as fait. En général, ce n'est quand même pas ça ton expérience.
- Speaker #0
Mais non, non.
- Speaker #1
Et je disais, en voyageant, on apprend beaucoup de temps, on apprend beaucoup de choses, on gagne du temps. Je pense qu'on apprend, avec la 30% de ce qu'on connaît, on l'apprend sur le terrain et sur l'école.
- Speaker #0
C'est clair, le savoir-être, c'est pareil. Tu peux être très bon scolairement parlant et puis en entreprise, par réussir à t'adapter, à parler aux autres, à communiquer comme il faut, à comprendre ce qui se passe et tout. Non, je pense que la clé pour moi, c'est vraiment le savoir-être avant le savoir-faire. Le savoir-faire, il s'apprend sur le tas et je suis d'accord avec toi. On repasse, il y a très longtemps, mais on nous apprenait dans nos écoles de commerce. On ne pouvait pas lancer un projet sans faire une étude de marché. On était obligé de partir sur tout ce qui est performance. Il faut grandir, Aujourd'hui, on en revient quand même beaucoup. Aujourd'hui, notamment avec le digital, n'importe qui peut créer un site Internet, créer un business en 48 heures. Et puis, ça avance bien. Et puis, finalement, c'est un peu... Là, je suis d'accord avec toi. Il y a certainement un complexe aussi français où on est très sur les études et tout. Et je me souviens très bien, quand sur les sommets, il y avait un des patrons de Facebook qui était venu, pas Marc, mais un autre. En France, qui était venu, je crois que c'était Laurent Soli, qui nous disait, je vais pas me démoire, qui nous disait, mais Facebook aurait jamais pu être inventé par des Français. Ou en tout cas, s'il était inventé par des Français, il ne serait jamais sorti. Pourquoi ? Parce que nous, on va faire une étude, on va voir tous les contraintes, c'est-à-dire on va dire, oula, par rapport à l'identité, par rapport à la sécurité, par rapport au RGPD, qui n'était pas à l'époque, mais qui avait certainement d'autres noms, par rapport à plein de choses. aux Etats-Unis, la laveur, c'est qu'on sort le truc, et voilà. Et ça, pour moi, c'est vraiment ça qu'aujourd'hui... Et je pense que les jeunes qui, justement, qui voyagent, qui voient ça... Parce que, tu vois, ma fille est allée au Mexique. Tu te dis, le Mexique, c'est pas forcément le pays... Tu vois, c'est pas les Etats-Unis, c'est pas la Chine, c'est pas des pays dont on parle souvent au niveau de développement économique. Par contre, forcément, elle était avec des étudiants certainement privilégiés du Mexique, mais qui avaient tous, pratiquement tous, leur entreprise. Et là, tu te dis, bah ouais, en France, c'est bon. ça se met à débarrer en fait ouais on se met à débarrer bon ça est en train de changer un peu je pense que les je pense que les gamins parce que justement tout est digital et toi il y a une aussi pure freelance aujourd'hui qui arrive donc il y a l'entrepreneuriat solopreneur qui commence à venir t'as
- Speaker #1
été salarié quand même t'as pas toujours été entrepreneur c'est temps dans ma vie ouais c'est temps donc t'as eu en fait ce guide un peu tu disais comme le petit futé ouais donc là ça
- Speaker #0
C'était une belle entreprise qui fonctionnait bien, qui était basée en plus sur le plaisir. Parce que je me souviens, on va parler en franc, pas en franc-suisse, en franc-français. Donc je ne suis pas très bon en maths. Mais en gros, j'avais plus de 100 000 euros francs à l'époque. Rien qu'en test restaurant, parce que c'est un guide qui était beaucoup sur les plaisirs du restaurant et tout.
- Speaker #1
Mais tu te faisais plaisir ?
- Speaker #0
Je me faisais plaisir tout en travaillant. Franchement, c'était un écosystème qui était waouh. Il y avait Lego qui était là parce que c'était un vrai événement. Tout c'était top. Et puis en fait, j'ai eu un procès de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Valence qui m'a arrêté du jour au lendemain dans mon élan. donc la cinquième édition on l'a sortie et il n'y avait jamais eu de sixième édition et donc du jour au lendemain en fait tout mon projet d'entreprise qui fonctionnait très très bien s'est arrêté et il a fallu que je trouve un job parce qu'il faut quand même vivre et donc du coup j'en ai profité pour à l'époque c'était il n'y avait pas les annonces qu'on pouvait trouver sur internet puisque internet n'existait pas et donc du coup je suis rentré en répondant j'ai fait un CV dans ma liste et celui-ci Je suis rentré dans une boîte à Annecy parce que je voulais vivre à Annecy. Et puis voilà, c'était une maison d'édition. J'avais un lien avec l'édition, mais le business n'avait rien à voir. Et puis en fait, ce qui ne m'avait plus là-dedans, c'est que c'était sur Annecy. Ils m'ont répondu de suite. Donc du coup, je n'ai pas eu à chercher. Encore une fois, le côté un peu facilité. Voilà, pas trop d'efforts si on peut. Et puis c'était intéressant parce que c'était des boîtes, une boîte qui venait d'être rachetée, une boîte familiale qui avait été rachetée. par une autre boîte familiale, mais beaucoup, beaucoup plus grosse et qui avait envie d'en faire une... On ne parlait pas de start-up à l'époque, mais d'en faire quelque chose d'un peu... une petite pépite et tester des choses pour le reste du groupe. Donc moi, ça m'allait bien parce qu'il y avait un côté un peu entrepreneur au chaud avec cette sécurité de l'emploi sur Annecy. Donc voilà, j'ai fait ça pendant 7 ans et j'ai regardé un très, très bon souvenir. Je n'aurais pas pu faire ça toute ma vie parce qu'après, tu as quand même... Le côté qui me dérangeait un peu, c'était ce côté routing, ce côté on est quand même dans une case. C'est difficile de passer en plus.
- Speaker #1
Tu avais quand même une carte blanche, je crois, pour faire un peu ce que tu faisais.
- Speaker #0
J'avais une carte blanche au début. Après, il y avait quand même une pression un peu différente. Il fallait travailler avec d'autres boîtes du groupe et ce n'était pas naturel du tout. Et moi, ça ne me plaisait pas trop. Et puis, c'était sympa. J'avais une équipe à la fin de... de 15 personnes, c'était cool.
- Speaker #1
Tu m'as dit, j'ai fait plus de 20% pendant 7 ans.
- Speaker #0
Oui, j'ai inventé un système qu'on appelait la politique packaging.
- Speaker #1
C'est à révolutionner l'édition.
- Speaker #0
Je ne sais pas, mais en tout cas, on l'a rajouté chaque année, parce que c'était un business à abonnement. C'est un beau business. Si un jour, je peux retrouver ça, c'est quand même...
- Speaker #1
C'est rare dans l'édition,
- Speaker #0
d'ailleurs. C'est rare, et même dans tous les business. On rêve de ça. En gros, le business à abonnement, qu'est-ce que ça veut dire pour un chef d'entreprise ? Ça veut dire que 80% de ton chiffre d'affaires, il est récurrent. Tu es juste.
- Speaker #1
Tu as reconnu le problème du ventre.
- Speaker #0
Et donc, à chaque fois que tu as un nouveau client, il va rester un certain nombre de temps et tout. Donc, c'est un peu le business de l'APM qu'on connaît bien tous les deux. Bref, c'était sympa. Et donc, effectivement, l'idée, c'était de mettre de l'innovation pour trouver des systèmes pour faire plus de chiffre d'affaires, plus de marge. Et donc, on a rajouté des produits. Donc, on a créé des nouveaux produits. Et ce qui était intéressant, c'était une boîte d'édition juridique. Et moi, je ne suis absolument pas juriste. Mais vu que c'était à destination des non juristes, en fait, je me suis servi de ça comme faire de l'ance numéro un. C'est-à-dire que si moi, j'arrivais à comprendre ce qu'on était en train de créer, ça devait marcher pour tous les autres aussi.
- Speaker #1
Cet an de croissance, et puis tu m'as dit à un moment, quand on préparait l'émission, tu m'as dit, au bout d'un moment, quand ça roule, je m'ennuie. C'est le vrai entrepreneur qui parle à nouveau, quand ça roule, le côté sur les rails.
- Speaker #0
En fait, c'est là où je ne suis pas moi. Il y a l'ennui ou la lassitude en tout cas. Il y a surtout le fait que tu as du mal à te renouveler. Et en fait, il y a un moment, tout ce qu'on avait mis en place, d'abord parce que c'est une entreprise avec plein de rouages. Je n'étais pas le directeur de l'entreprise, j'étais directeur éditorial. Donc, c'est qu'une partie. C'était sur la partie produit, en fait. C'est plus passionnant, en comprenant. C'est plus passionnant. Après, la partie commerciale, je pense qu'elle est vraiment intéressante aussi. Et puis, voilà. Donc là, il y avait une directrice commerciale qui se trouve être en plus ma femme aujourd'hui. Voilà ce qu'on s'est rencontré là-bas. Et donc, en plus, il y avait ce truc-là, c'est que de mélanger la famille, ce n'est pas forcément toujours facile. Et puis, j'avais envie d'air, en fait.
- Speaker #1
Est-ce que l'entrepreneur, ce n'est pas finalement celui qui ne supporte pas la vitesse de croisière ?
- Speaker #0
Certainement, c'est un des facteurs qui est important, ça, c'est sûr. Après, je pense qu'il y a une vraie disparité entre l'entrepreneur, enfin dire le chef d'entreprise d'une grosse boîte. où il est actionnaire et où il n'est pas actionnaire. Je pense qu'il y a une vraie différence là-dessus. Et je ne sais pas quel est le mieux, mais c'est vrai que quand tu es entrepreneur et que tu es... C'est tes actions, tu as investi et tout. Je pense que la façon de voir l'entreprise, elle est forcément différente. Elle fait vraiment partie de toi et tu ne peux pas faire dissocier ton boulot. C'est un tout, en fait.
- Speaker #1
Tu es parti de cette boîte. C'est là que tu as monté les sommets ?
- Speaker #0
C'est là que j'ai d'abord monté l'édition Kawa. Et Kawa, une agence Kawa. J'ai monté l'agence K-Walk, c'était une agence de marketing direct. Donc en fait, en gros, je faisais la même chose que ce que je faisais en tant que salarié pour tous les concurrents. Après, il fallait mettre un chèque aussi en face pour qu'il y ait une clause de non-concurrence. Il n'y a pas eu, donc j'en ai profité. Et c'était très sympa parce que du coup, je faisais la même chose avec ce savoir-faire que j'avais acquis effectivement, mais avec une nouveauté puisque là, on a parlé d'un nouveau marché, les nouvelles boîtes avec des nouvelles équipes, etc. Les nouveaux moyens aussi. Et donc, c'était vraiment sympa. Après ça, ça m'a vite lassé parce que j'ai vite retrouvé les mêmes automatismes. En fait, j'ai créé Édition Kawa parce que c'était d'édition. Je me suis dit, c'est bien de travailler pour les éditeurs, mais pourquoi pas faire ma propre maison d'édition ? J'ai toujours eu envie. Alors là, je reviens sur le complexe de l'imposteur dont tu parlais. Je pense que j'ai toujours voulu et envie d'écrire un livre. Et en fait, en voulant écrire mon premier livre sur le marketing direct, parce que j'étais spécialiste du coup sur ça, je n'ai pas réussi. En tout cas, le livre... me paraissait pas bien et donc du coup j'ai créé ma première maison d'édition où j'ai recruté des auteurs qui étaient experts en marketing direct que j'ai publié etc etc puis c'est parti assez vite parce qu'à l'époque donc c'était en 2004 en 2004 il n'y avait pas tant que ça d'éditeur qui était sur le professionnel alors des romans il y avait toujours eu etc et par contre des vrais ouvrages sur le professionnel il n'y en avait pas beaucoup et puis on commençait à arriver dans la révolution digitale, donc il y avait quand même beaucoup d'interrogations. Pour moi, c'était une vraie révolution. Enfin, moi, j'ai vu pas mal d'époques forcément vu mon âge, mais celle-ci, elle était quand même marquante. On est arrivé du digital, il y avait beaucoup d'angoisse, peut-être même encore plus d'angoisse qu'aujourd'hui avec l'IA. On parle beaucoup de l'IA, mais j'ai senti plus d'angoisse à l'époque. Il y avait surtout un gros fossé, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, tout le monde est dans le digital et tu peux aller un peu plus loin avec l'IA. Avant, il y avait ceux qui étaient digitales ou tu ne l'étais pas. Et si tu ne l'étais pas, en fait, tu ne comprenais pas. C'était un monde où tu n'avais pas forcément où y aller. Il y en a qui en ont profité pour prendre des places dans les entreprises et tout. Bref, j'ai complètement perdu le fil.
- Speaker #1
Ce côté beau, la recherche de l'excellence, tu dis, j'ai essayé d'écrire un livre, finalement, ça ne me plaisait pas. Enfin, mon livre ne me plaisait pas. Est-ce que tu as cette habitude, en fait, de mettre la barre très haute à chaque fois ?
- Speaker #0
Alors non, ce n'est pas la barre très haute. C'est que vu que je ne me mens plus, je sais ce que je vaux. Donc, je sais aussi quand ça ne marche pas. Par contre, je suis très fier de moi régulièrement. Par exemple, tu vois mes éditos du mardi. que je publie sur les milles, j'en suis très fier. Je suis d'autant plus fier que j'ai énormément de gens qui les lisent, que je rencontre des fois des gens que je ne connais pas qui me disent « Ah, mais je lis les éditos et tout. » Et qui me demandent « Mais quelle IA tu utilises ? » Et je leur réponds « Oh, mais que ? » « Eh oui, ben, il y a un Mardorier que je connais qui écrit encore ses éditos. » Voilà, j'y prends un plaisir. J'y prends un vrai plaisir. Mais, ouais, donc je peux être très, très fier de moi. Mais par contre, quand je me rends compte que ce n'est pas... que ce n'est pas top, je préfère me l'avouer et passer à autre chose, ou travailler, ou profiler à quelqu'un d'autre.
- Speaker #1
Donc on te suit sur LinkedIn, Xavier Vernier. Les sommets, j'aimerais qu'on arrive un petit peu au sommet, parce qu'on voit en fait, tu fais une boîte d'édition qui édite des écrivains pros.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et finalement, j'ai l'impression que c'est un peu ces gens-là que tu fais passer en conférence ensuite au sommet. Absolument. Ça arrivait comment par rapport à la...
- Speaker #0
Ça a été très très simple en fait. C'est-à-dire que la spécialité d'édition Kawa à l'époque et encore aujourd'hui, c'est que je ne publie pas des écrivains. ou des auteurs à part entière, mais des makers. Quand on parle d'un sujet, quand on parle du digital, quand quelqu'un parlait du référencement, j'avais quelqu'un qui ne fait que ça toute la journée, qui est super spécialiste. Alors, il ne va peut-être pas faire les plus belles phrases du monde. Par contre, ce qu'on va recevoir quand on lit un livre des éditions Kawara Expertise, c'est une vraie expertise, il n'y a pas de bullshit, c'est top. Et en fait, du coup, à l'époque, il y avait beaucoup d'événements sur Paris, notamment. des grosses messes sur justement la transformation digitale au sens très large et ils avaient besoin de speakers et en fait ils avaient deux types de speakers ils avaient le speaker par exemple qui vient de grandes boîtes comme Adobe etc. qui venait en gros vendre leur cam, leur expertise etc. c'était semi-publicitaire, plus biredactionnel comme on dit, donc pas super intéressant et nous on avait nos auteurs que je plaçais régulièrement dans un but de vendre des bouquins, on est bien d'accord Oh, mais... Et donc là, ils étaient surpris parce que moi, ce n'était pas des gens non plus qui étaient des conférenciers experts. Par contre, ils donnaient tout ce qu'ils avaient, etc. Donc, on sentait la sincérité. On repartait avec une to-do liste qui était extraordinaire et tout. Et donc, en fait, j'ai très vite basculé. Je prêtais mes auteurs, en gros, à des conférences comme ça. Et puis, un jour, avec un de mes auteurs, justement. On se retrouve pas vraiment par hasard à Val d'Isère. autour d'une bonne birte, il faut l'avouer, voire deux ou trois, et puis on commence à réinventer le monde comme on peut faire, tout en écoutant un concert, donc c'était vraiment très light. Et il me dit, c'est génial, ce que j'ai vu sur scène la dernière fois, en fait, ce qui est dommage, c'est que tu ne te fasses pas, c'est toi qui devrais faire le salon. J'ai dit, je pourrais te faire un salon, tout sauf un salon. Et puis du coup, on était à la montagne, en fait, j'ai dit, en fait, ce qui serait bien, c'est toi, c'est qu'on le fasse ici, tu vois. Regarde, c'est quand même beaucoup plus sympa que de le faire à la porte de Versailles. Donc, c'est parti sur une bêtise comme ça. Et puis, en disant finalement, plutôt que de donner de la matière aux autres, aux salonniers, etc., fais ton propre événement. Et puis, du coup, en réfléchissant à ça, et c'est là où je te dis, c'est important de jamais se mentir, c'est que je n'ai pas inventé un concept. J'ai fait l'événement qui me semblait le plus formidable pour moi. J'aimerais bien vivre. Et donc du coup, ma sincérité, je pense qu'elle s'est retrouvée avec d'autres personnes. Et puis voilà, j'étais parti il y a un peu plus de dix ans maintenant.
- Speaker #1
C'est une expérience de dingue. J'y suis allé plusieurs fois. C'est vrai ? J'y retourne. C'est les dix ans dans quelques semaines. Allez-y, ça vaut vraiment le coup. Effectivement, on sent que c'est un événement pas comme les autres. Tu me dis souvent, tu ne veux pas de consultants, tu ne veux pas de gens qui viennent vendre les choses. T'as pas de problème. pas des adobe des microsoft qui viennent dérouler leur roadmap c'est ça qui est hyper appréciable effectivement d'un point de vue d'un point de vue client enfin j'appelle ça tout et bien anticipé puis je pense que c'est ce que je dis toujours la différence avec d'autres événements c'est que je pense que l'intelligence
- Speaker #0
que tu viens chercher dans l'événement elle est à la fois sur sur les speakers aux intervenants qui sont quand même d'un niveau ouah ou chaque année donc effectivement c'est un peu descendant tu t'écoutes quelqu'un qui a de l'expérience plus que toi, qui a plus réussi que toi, etc. Donc, c'est inspirant, c'est top. Mais en fait, ça ne suffit pas. Et en fait, je pense que l'intelligence, elle est autant dans la salle avec tes pairs qui sont assis à côté de toi. Et donc, les échanges que j'essaie de créer, en fait, moi, j'essaie de créer beaucoup d'échanges. C'est pour ça qu'on fait le Télécabine Pitch, on fait des choses comme ça. Et puis, je m'aperçois que les speakers qui viennent adorent se confronter, en fait, dans une certaine mirée. C'est le mot à la mode, mais c'est vrai. et qu'en faisant ces échanges-là, on en ressort beaucoup plus grand que d'avoir juste entendu quelqu'un. Et donc, du coup, sur les sommets, c'est assez rare, avant des événements, on peut parler des échecs, on peut parler des doutes, on peut parler de plein de choses, on peut parler de dire « ça, pour moi, c'est bullshit » . Et ce n'est pas méchant de le dire au sommet. En fait, il y a une liberté de parole, ce n'est pas filmé exprès pour éviter justement que la parole soit là. Et on n'est pas obligé de se surprendre. Souvent, dans les événements, tu en fais beaucoup, je sais aussi. tu vois qu'il y a quand même des gens qui sont là, qui posent des questions qui ne sont pas les questions, c'est juste pour prendre la parole et se maintenir en fait. Et ça pour moi c'est insupportable et en fait finalement on se met, c'est très très rare que ça arrive, la plupart du temps on ne dit même pas qui on est ni ce qu'on fait, on se tutoie un peu comme à l'APM etc. Et puis en fait du coup le lien il est direct et on n'est pas en train de, encore une fois, de s'inventer un costume qui n'est pas le sien.
- Speaker #1
Tu es assez orienté réseau justement, d'ailleurs tu as parlé deux fois de l'APM, c'est un réseau de dirigeants, c'est là qu'on s'est connu, ça fait... on est peut-être 7 ans maintenant de Rouen c'est intéressant ces réseaux justement ces réseaux de dirigeants c'est intéressant d'en parler parce que souvent les gens ont l'impression que c'est c'est une secte au pire c'est une secte au mieux c'est c'est un club de gens privilégiés qui se pistonnent entre eux un entre-soi un peu dégénératif donc c'est un peu cette image là qu'est-ce que toi t'en retires de ces réseaux en fait ça t'apporte quoi ?
- Speaker #0
moi ça m'en retire beaucoup parce qu'en fait j'ai Sans, c'est même pas le complexe d'un imposteur, mais je pense que je prends des responsabilités dans mon quotidien, en embarquant des gens, en embarquant des salariés, en embarquant des actionnaires, etc. Sur des projets que je ne maîtrise pas au moment où je les lance et que, seul, clairement, on n'y arrive pas. Et on dit souvent, le dirigeant, il a à prendre des décisions. Il est payé pour ça, donc je n'ai pas de souci avec ça. Mais des fois, c'est les décisions un peu seules qui sont impactantes sur beaucoup de choses et qui ne sont pas évidentes. Et d'avoir justement, de pouvoir travailler avec ton réseau, de confronter des choses, d'avoir des soutiens moraux et tout, pour moi, c'est vraiment indispensable. Et puis surtout, c'est que ça te permet de grandir, en fait. Parce que seul, tu apprends des choses, mais tu ne vas pas au cimite. Et c'est vrai que, puisqu'on parlait de l'APM, qui est un réseau qu'on partage tous les deux, on a les expertises qui viennent, on en parle avec le groupe. il y a une confiance là-dessus, je trouve qu'à chaque fois, on en retire quelque chose. Alors, on ne sait pas forcément toujours exactement ce qu'on retire, mais en tout cas, on a progressé. Et c'était vraiment le principe de l'APM qui a été créé par Pierre Boum, c'est ça ? le créateur de Sodexo, son but, c'était de dire que si le dirigeant progresse, à titre personnel, parce que justement, on lui a permis d'avoir un environnement favorable à ça, et bien, cette progression, il va s'en servir pour tout le reste du groupe, pour tout le reste de l'entité, de l'organisation et de l'entreprise. Et ça, j'y crois vraiment beaucoup. Et en fait, aujourd'hui, moi, et les réseaux sociaux, il y a un filtre quand même, parce qu'on est loin, on n'est pas comme dans un club. sont pour moi importants. C'est-à-dire que j'ai... Moi, je passe... Ça va peut-être faire bondir certaines personnes, mais je passe au moins une heure à deux heures par jour, alors de manière très fractionnée, sur LinkedIn, avec au moins 20 à 30 messages persos qui m'arrivent, ou que j'envoie, d'ailleurs. Et il y a des échanges, et franchement, il y a des choses incroyables qui se sont passées. Et je me dis que si j'étais pas... ce qui est aussi par la fainéantise qui est mes propres. Si je n'avais pas justement essayé de mettre en place tous ces systèmes de réseau, je n'aurais pas beaucoup avancé, je pense.
- Speaker #1
Donc à ceux qui nous regardent ou qui nous écoutent, on leur dit quoi ? Mettez-vous dans des réseaux, ça vaut le coup.
- Speaker #0
Oui, quand même.
- Speaker #1
Ça rend la solitude du dirigeant et ça apporte beaucoup.
- Speaker #0
De se confronter de toute façon, de partager des expériences. L'humain, il n'y a rien de mieux. Et puis... Surtout quand on est entre pairs et qu'on a une confiance. C'est-à-dire qu'on n'est pas là pour se la jouer, rouler des mécaniques pour dire « moi, je n'ai pas de soucis » . C'est-à-dire qu'on peut arriver, et on le sait à l'APM, on a tous des moments avec des faiblesses, et on peut le dire, et on le dit d'ailleurs. Et d'ailleurs, c'est peut-être un des rares endroits où on peut dire ça, parce que si dans l'entreprise, on a des grosses difficultés et qu'on fait trop ressentir à ses collaborateurs, ça ne va pas être bon. Si on le fait trop, on s'en tire à mes 8 ans. Je pense qu'il ne faut pas non plus aller trop dans là-dedans et faire semblant tout le temps. Il faudrait être le plus sincère possible. Mais il y a des choses qu'on ne peut pas dire. On ne peut pas tout dire.
- Speaker #1
Et ça fait du bien de pouvoir le dire dans un petit groupe bientôt. Avec bienveillance autour et du conseil. Alors effectivement, pour ceux qui nous écoutent et qui nous regardent, si vous faites partie de groupes de dirigeants, d'associations ou de clubs, mettez-les en commentaire faites-en la pub aussi et puis moi ça me permet de découvrir des nouvelles assos ça servira à tout le monde et puis des choses de casque comme les tiens c'est hyper important on l'a souvené depuis tout à l'heure je vais en prendre un petit bout ouais les podcasts effectivement alors merci merci d'être là ça c'est cool j'ai perdu mon fil non c'est les sommets t'en as à combien de boîtes là quand tu fais les sommets
- Speaker #0
7, non 6, 6, 6, 6, la 7ème est en atelier heritage bike et la 8ème est en préparation.
- Speaker #1
Atelier heritage bike ?
- Speaker #0
T'es fou quoi.
- Speaker #1
Qui t'arrive ?
- Speaker #0
Là clairement inconscient, clairement inconscient.
- Speaker #1
La génèse j'aime bien quand tu la racontes et j'aimerais bien que tu la racontes ici aussi, comment t'arrives à cette idée là ?
- Speaker #0
C'est une idée qui est partie d'une boutade en fait. Alors il peut y avoir deux versions. Il y a une version qui est un peu officielle qui dit, comme toute création d'entreprise, tu vois un marché où il y a des choses qui n'existent pas, tu te dis je peux le faire et je vais le faire et je le fais. Ça, c'est la version un peu sympa. Mais la vraie version, c'est...
- Speaker #1
Les versions un peu fade.
- Speaker #0
Voilà, mais c'est un peu vrai. Mais vraiment, il faut toujours un élément déclencheur. Un élément déclencheur qui te prend au trip et qui te dit ça y est, j'y vais et j'y crois. Et tu es sur un boulevard et on ne peut pas t'arrêter. C'est ce qui s'est passé, c'est parti d'une boutade, c'est effectivement grâce au sommet où je rencontre beaucoup de dirigeants. Et là, à un moment, je suis monté sur scène, on m'a challengé en disant, en face de toi, tu as 300 dirigeants qui sont en train de changer le monde, transformer leur boîte, etc. Et tout à l'heure, tu vas faire quoi ? Et je n'étais pas du tout préparé à ça. Et en fait, mon côté spontané a fait, parce que justement, je m'étais posé cette question avant, que j'ai sorti comme boutade en disant, aujourd'hui, dans le monde du vélo, tous les vélos se ressemblent. ils sont fabriqués, c'était avant le Covid, à l'autre bout du monde, et ils ont un système de distribution qui est en gros nul, c'est-à-dire que le vendeur va avoir 20 marques différentes, il ne connaît pas l'histoire, et on reste sur la technique et tout, et voilà, et puis, bon bref, il y avait plein de choses qui n'allaient pas. Et donc moi je m'étais dit, bah... J'ai fabriqué en France parce que c'était l'époque où on commençait à tous avoir quand même des convictions en se disant qu'on avait un petit peu dérapé, en fabriquant tout à l'autre bout du monde. Et puis surtout, c'est qu'on voyait vite les limites, parce que les pays émergents sont devenus des pays plus du tout émergents, et puis le bien installé qui te double, même qui te fracasse. L'industrie française, moi je pourrais en parler pendant des heures sur l'industrie française, c'est un gâchis monstrueux.
- Speaker #1
C'est un petit peu la genèse d'Atelier Heritage.
- Speaker #0
Et donc, je sors ça en disant, voilà. Je reviendrai l'année prochaine avec une boîte qui va fabriquer des vélos électriques qui ont un design unique, qui n'existe pas aujourd'hui, qui sont sur la position non-luxe, qui n'existe pas aujourd'hui, qui sont accessibles aussi pour des gens qui ne sont pas des cyclistes et qui seront vraiment fabriqués en France. Mais quand je dis vraiment fabriqués en France, ce n'est pas juste assemblés en France. Une fois que tu as dit ça, tu as tout dit et rien dit.
- Speaker #1
Donc tu as pris l'engagement avant même d'avoir posé la première pierre.
- Speaker #0
Exactement. Et je suis heureux,
- Speaker #1
ça c'est une caractéristique un peu d'entrepreneur, de se dire j'ai une vision. Ou de sport, je sais jouer là-bas. Ou de sport, je sais jouer là-bas.
- Speaker #0
Le sportif, il se dit, moi, j'irai au JO. Eh bien, il va tout faire pendant les six ans de préparation pour aller au JO. Il va certainement y arriver. Et si tu ne dis pas ça, tu n'y arrives pas. Et puis, de l'annoncer en public, tu as une pression supplémentaire. Et donc,
- Speaker #1
ça te forme toi-même un engagement.
- Speaker #0
Oui, parce que quand tu es un peu fédéant, tu peux toujours dire, je le reporterai à plus tard. Ou c'était une fausse bonne idée. Là, l'engagement, etc. Et puis, en fait, c'est un peu la méthode Coué. Tu te perçois que, effectivement, tu avais vraiment raison. En fait, quand tu as dit ça de manière un peu superficielle. et lancé à la volée. Ben non, en fait, il y a vraiment quelque chose à faire, et puis tu y crois, et et puis après, tu y vas. Ça n'a pas été simple, c'est toujours pas simple. Mais merci à Léonard.
- Speaker #1
C'est difficile. On parlera un petit peu, effectivement, de la Chine, les vélos chinois et compagnie, mais c'est dur, c'est concurrentiel, il y a des hauts et des bas. Il y a un moment où tu regrettes ton engagement sur scène.
- Speaker #0
Alors, je lui regrette... pas sur l'aventure entrepreneuriale parce qu'elle m'a appris énormément de choses. J'ai rencontré des gens formidables. On a soulevé des montagnes et c'est hyper valorisant, c'est super enrichissant et tout. Là où je regrette, c'est que ça m'a obligé, parce que d'avoir trois activités qui n'ont rien à voir les unes avec les autres en même temps, c'était d'être la boine de trop pour ma qualité de vie. Je me suis senti souvent coupable de ne pas être là où je voudrais, notamment pour mes enfants, pour ma famille. d'avoir arrêté un peu trop vite le sport, j'étais quelqu'un qui s'était installé sur Annecy, sur Provence-Génaise, pendant un mois par hasard, pour profiter l'été, le lac, l'hiver, la montagne. Le forfait saison, le ski de rando, c'était tout le temps mon quotidien. J'allais entre midi et deux. Je me donnais au moins 40 jours dans l'année de sortie de ski, et puis pareil sur le lac. Deux mois et demi de vacances, toutes les vacances des enfants, etc. Et puis là, je suis passé à plus du tout ça, au fait. parce qu'il n'y avait pas d'autre choix. Alors, c'était quelque part valorisant et excitant, mais il y a quand même des dommages. Donc ça, c'est un petit peu problématique. Donc, je ne regrette pas parce que, encore une fois, c'est une très belle aventure. Elle est loin d'être terminée. Mais à refaire, je m'organiserai autrement, notamment pour les deux autres boîtes où je les aurais peut-être vendues avant ou fait différemment. En tout cas, en plus... La naïveté et l'inconscience, quand tu parles dans l'industrie, c'est que moi, j'ai monté une boîte d'industrie avec 80 000 euros. Donc, ce n'est juste pas possible. Il faut parler par millions dès le départ, sinon tu rames. Et en fait, toute ma vie d'entrepreneur chez Atelier Heritage Bac, j'aurais toujours ce problème d'être parti trop petit, en fait. Et d'avoir des ambitions trop grandes, des moyens trop pires.
- Speaker #1
Il ne dirait pas que c'était impossible, c'est pour ça qu'ils l'ont fait.
- Speaker #0
Oui, c'est un peu ça. Donc, je pense que c'est vraiment de l'inconscience plus que de la... Il n'y avait pas d'espoir. Moi, j'y croyais vraiment. Mais oui, ce n'est vraiment pas simple. L'industrie, c'est l'industrie en France. L'industrie en France, ce n'est pas simple.
- Speaker #1
Je mets en pause. Si ce podcast vous plaît, n'hésitez pas à liker. Ça nous aide énormément. Et j'en profite pour un message. Si vous connaissez des entreprises ou des parcours de dirigeants ou d'entrepreneurs, ou s'il y a des thèmes que vous souhaitez voir abordés, n'hésitez pas à les mettre en commentaire pour qu'on puisse les découvrir. Tu as un conseil à donner justement sur la... Quand on démarre une activité, quand on démarre une entreprise dans un domaine qu'on ne connaît pas, en regardant derrière dans le miroir, finalement, t'aurais fait quoi ? Tu dis, je suis parti avec 80 000, c'était largement pas assez, qu'est-ce qu'il aurait fallu que tu fasses ? T'aurais fait quoi ? Dis chère amant, c'est quoi le conseil que tu donnerais ?
- Speaker #0
Alors, je me serais associé plus vite avec des gens qui pouvaient financer. Ça, c'est la chose que je regrette. Après... Je pense que c'est le clé.
- Speaker #1
Sur le volet financier ?
- Speaker #0
Oui, parce que sur la partie, on va dire expertise, non expertise du coup, sur le coup de cette industrie particulière qu'est la mobilité. j'avais des convictions et j'ai voulu rencontrer justement les acteurs du marché qui étaient installés qui ne fonctionnaient pas comme ça parce qu'encore une fois 90% de la production même encore aujourd'hui elle est fabriquée à l'autre bout du monde et notamment en Asie et tous les gens que j'ai rencontrés j'ai rencontré des gens brillants qui fonctionnaient bien depuis 3 ans on a une crise de mobilité mais c'était pas le cas à l'époque, il y a 7 ans et tous les gens essaient de me dérouter pas pour pas que je le fasse Merci. mais plus parce que c'était leur propre conviction en disant non mais en fait les clients s'en foutent ce qui les intéresse c'est le prix le fait d'avoir un nouveau produit qui va pas ressembler aux autres ça va être un désalentage le système de distribution il est top parce que t'as rien à mal c'est eux qui gèrent etc ok tu donnes un gros pourcentage de toi tout ce qu'on a fait t'as pris le contre-pied parce que simplement je suis allé dans mes convictions et ma naïveté Et je pense qu'en fait, on aurait mis la clé sous la porte de la première année si on était rentré dans le moule, parce qu'un nouvel acteur qui fait exactement la même chose, on a ce complexe, parce que moi, je n'ai jamais eu de complexe, et en cours de moins en moins en plus, de proposer des vélos et maintenant des motos électriques fabriquées en France, différentes, qui cassent les codes, mais surtout qui ont des prix qui sont en dehors des prix du marché.
- Speaker #1
On a très quelques images de tes motos. on les voit passer là elles sont belles, les vélos aussi c'est vrai que c'est différent,
- Speaker #0
c'est pas un produit comme eux autres c'est pas un produit comme les autres et je pense que à un moment en fait en France dans l'industrie on n'assume pas cette politique de prix, parce que fabriqué en France de toute façon ça coûte plus cher, je prends toujours cet exemple là mais il est frappant on a dans notre gale, on a plein de vélos mais on a par exemple un MTT qui était un full carbone, donc le cadre est en carbone il est fabriqué en France, le cadre en carbone Merci. on peut en fabriquer un par jour maximum. Le cadre, nous, en tant que fabricant, il nous coûte 1500 euros à fabriquer. Ça, c'est le prix, il n'y a rien, mais il y a juste le cadre, il n'y a pas encore la peinture et tout. Si je fabriquais exactement, vraiment exactement le même, en Asie, par exemple, transport inclus, on serait entre 400 et 450 euros, vers Suisse, 1500 en France.
- Speaker #1
Pourquoi tu ne le fais pas, c'est le même à la fin, mais facile.
- Speaker #0
Alors, c'est une vraie question, c'est une vraie question. Alors, moi, au début, c'était par rapport aux convictions, à la biologie, etc. Et puis parce que j'étais persuadé aussi qu'il y avait un avantage concurrentiel à expliquer une histoire différente et à la vivre vraiment et aller jusqu'au bout du truc. Là où on se pose plus de questions qu'aujourd'hui, j'ai toujours les mêmes convictions, à quelque chose près que le marché me dit, alors oui en France ça marche bien, dès qu'on parle de luxe à la française ça fonctionne bien. Par contre tu dis à un allemand que ton vélo est fabriqué en France, c'est pas un atout du tout, au contraire. Et à la limite, il préfère un vélo qui est fabriqué en Asie, parce que pour lui, les spécialistes sont ça. Ils sont très sur l'industrie plus faussée que nous. Donc voilà, il y a peut-être aussi un moment à revoir un peu sa copie. En tout cas, nous, on est allé sur le luxe, parce que ça nous plaisait, parce qu'on pensait qu'il y avait vraiment quelque chose à faire, et on est allé jusqu'au bout. Donc du coup, on peut raconter l'histoire. Ça veut dire que nos clients ne sont pas monsieur, madame, tout le monde, mais c'est totalement assumé. Et je pense que c'est souvent ça qui pourrait sauver l'industrie en France, c'est-à-dire qu'on n'ait pas justement ce complexe de l'imposteur, ces complexes qu'on peut avoir de partout, et assumer qu'on fabrique différemment, en petite quantité, mais qu'on va plus loin sur la personnalisation, plus loin sur la démarche environnementale, plus loin sur... Et en fait, je pense que les clients, alors pas tous les clients, on le voit bien avec les travers, notamment de la fast-station et tout, mais il y a quelques clients qui ont les moyens. et qui sont plus sensibles à acheter effectivement un produit qui coche un peu toutes les cases, qui est écologiquement bien, qui est différenciant. En tout cas, c'est ma conviction et je pense qu'aujourd'hui, sur Atelier Heritage Mac, au bout de 7 ans, on a quand même bien été confronté à des difficultés et à un marché. Et je pense qu'heureusement qu'on est parti là-dessus.
- Speaker #1
C'est ça qui va sauver un peu notre industrie demain ? Les Chinois qui arrivent avec une révolution industrielle ? affolante. Ils ont une avance technologique, ils arrivent à faire de la qualité, ils ont une main-d'oeuvre immense. Donc finalement, ils arrivent à faire à la fois presque de la haute couture, ce qu'on ferait nous en France, parce qu'ils ont toute la main-d'oeuvre qu'il faut pour le faire, mais en plus, l'accès à la technologie, une avance technologique. C'est sûr.
- Speaker #0
Aujourd'hui,
- Speaker #1
qu'est-ce qui va nous rester, nous ?
- Speaker #0
Il ne va pas nous rester grand-chose si on reste comme ça, parce que... En fait, on ne se développe plus, on n'assume plus et on est dans un flou. Et en fait, petit à petit, on perd des parts de marché et ça va être compliqué. On ne peut pas vivre que d'aide. On ne peut pas demander des aides non plus à la région, à l'État, etc. Ça ne peut pas marcher que comme ça. Et puis, on a encore un problème de trésorerie. Et puis, notre marché... nationale, par rapport à la Chine notamment, la Chine doit être l'en-marché, il suffit, c'est juste incroyable. Nous, on n'a pas ce côté patriote aujourd'hui, quand on dit qu'on est patriote, c'est un mouvement politique presque. Le côté, je suis fier d'être français, j'achète français quand je peux le faire, parce que plein de choses, ça préserve mes emplois, etc. Honnêtement, à part quelques politiques qui le sortent comme ça et puis deux, trois journalistes qui y vont, Est-ce que dans la réalité, c'est des cas ? Non, je pense qu'on a perdu ça, ce qui n'est pas le cas avec les Américains, ce qui n'est pas le cas avec les Chimots notamment. Et donc, si on veut survivre à ça, il ne faut plus se dire que le monde entier nous attend parce qu'on est français, parce qu'on fait de la qualité, parce qu'on est dans le luxe, etc. Ce qui n'est plus vrai aujourd'hui. Si on prend le secteur de l'automobile, je trouve que les voitures chinoises aujourd'hui sont en avance sur la plupart des voitures européennes. à la fois en position de prix, en point de vue d'innovation, et puis finalement, en termes de qualité aussi, et avant, ils copiaient. Alors, il y en a encore. Ils s'inspirent beaucoup, c'est clair. Mais aujourd'hui, c'est des vrais créateurs à part entière. Et aujourd'hui, moi, je l'ai vu, puisqu'on a fait des partenariats, et puis on en a exposé dans pas mal de salons automobiles. En fait, les constructeurs américains ou européens, aujourd'hui, sont plus en train d'essayer de s'inspirer des modèles asiatiques.
- Speaker #1
On va copier, je sais pas.
- Speaker #0
et c'est quand même très très nouveau. Et donc je pense que de dire, voilà, la France c'est la quatrième puissance mondiale, c'est fini, ça, il faut oublier.
- Speaker #1
Moi je l'ai appris comme toi, la quatrième. Là je crois que mes enfants, ils ont plutôt appris la septième voire la huitième.
- Speaker #0
C'est ça. Et puis alors après, c'est un indicateur qui est un peu embêtant, mais il y a trois semaines, dans le Chigaro, quelque chose qui a un peu frappé tout le monde, c'était le PIB et on est passé en dessous de la moyenne européenne, la France. Derrière Chypre, derrière la Belgique, derrière l'Italie, etc.
- Speaker #1
Par contre, ça fait mal à l'ego.
- Speaker #0
Ben oui, tu parles de l'industrie. Moi, il y a encore 15 ans, quand on parlait de l'industrie italienne, tu te foutais un peu d'eux.
- Speaker #1
Tu disais, voilà,
- Speaker #0
aujourd'hui, tu vas dans l'Italie du Nord, on est bien d'accord, mais dans l'Italie du Nord, tu vois l'industrie italienne, ils ont réussi des choses incroyables. Et donc, en fait, nous, si on ne raccroche pas les wagons, si on n'est pas fier de notre industrie, s'il n'y a pas un petit mouvement, je préserve aussi les... Voilà, ça va être très compliqué. Je ne vois pas où est-ce qu'on va retrouver... on a déjà perdu tant mal de batailles donc il va falloir assumer et je prends toujours cet exemple là parce que je trouve qu'il est frappant dans ma génération c'est le déclin et la faillite d'Alcatel à une époque où c'était la pépite, c'était la licorne dont tout le monde parlait et en fait on n'a pas assumé notre politique de prix on n'a rien assumé et en fait petit à petit on a tout perdu et là aujourd'hui on dit oui au revoir Sur l'IA, on y va à fond. On a deux, trois entreprises qui sont... On y va à fond. La France, ouais. Mais les autres pays, on va plus loin. Et même dans l'industrie. Aujourd'hui, tu vas en Inde. On a un partenaire industriel qui va fabriquer une partie pour une partie du monde. C'est produit en Inde. Aujourd'hui, ce qu'il me raconte, c'est juste wow. Ça bosse, c'est innovant. Il y a la technologie, il y a tout.
- Speaker #1
Je ne veux pas verser dans la politique, mais euheu... En France, il va peut-être falloir libéraliser un petit peu le marché, non ? L'emploi, j'entends, le cadre de travail.
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est la solution, parce qu'est-ce qu'on est prêt ? Est-ce qu'on a la mentalité pour ? Je pense qu'il y a un problème de mentalité, déjà, à la base. En école de commerce, par exemple, aujourd'hui, on appelle plus ça une école de commerce, on appelle ça une école de management parce qu'on ne veut plus faire de commerce. Aujourd'hui, la fierté d'être français... On n'a pas tant que ça. On parlait des gamins. Les gamins, ils rêvent que d'une chose, c'est aller à l'étranger. Donc, il y a quand même tout un truc à revoir, à mon avis.
- Speaker #1
C'est perdu. C'est perdu d'air.
- Speaker #0
Je n'ai pas envie parce que j'ai des enfants qui sont encore une vingtaine d'années. Donc, j'espère pour eux que ce n'est pas perdu. Mais c'est vrai que ce n'est pas simple. Et en tout cas, je pense que c'est un peu comme l'écologie. Moi, j'ai été vachement impliqué à un moment dans un parcours Convention des entreprises pour le climat. Et en fait, au bout de... cinq minutes quand tu commences à vraiment travailler le dossier, tu t'aperçois que tu ne dois surtout pas compter sur les politiques, en fait. Tu dis, je ne fais pas de politique, moi je fais plutôt de la politique, volontairement. Je pense qu'il faut se débrouiller tout seul. Mais être toujours seul aussi. Et puis, il y aurait plus de solidarité, je pense que ce serait pas mal. Tu vois, par exemple, sur le vélo, il n'y a pas que l'Asie, il y a le Portugal, qui est un pays qui fabrique pas mal de vélos. Et en fait, ils ont une culture différente. Quand tu vas visiter une usine, il n'y a pas pour faire... fabriquer tes cadres, par exemple. Donc, chaque usine, il y a des différences. Il y a des industries qui vont faire... C'est sur le nombre, sur la quantité où ils vont être placés parce qu'ils ont des technologies d'automatisme, etc. Et puis d'autres, ça va être le côté le plus artisanal. Et en fait, si tu vas sur le mauvais interlocuteur, tu vas là-bas et tu dis, voilà, et je dis, maintenant, par rapport à ce que vous voulez, ça ne va pas. Eh bien, par contre, il prend son téléphone et il t'emmène chez le concurrent. En France, est-ce qu'on ferait ça ? Je ne suis pas sûr.
- Speaker #1
Ah, en fait.
- Speaker #0
Dans l'industrie, c'est quand même très... On le voit, on a un bassin ici qui a beaucoup travaillé avec l'automobile. C'est quand même très...
- Speaker #1
Le made in France, tu dis justement qu'on se vend des vélos en Allemagne, le made in France.
- Speaker #0
Oui, en fait, il ne brille pas autant que ça.
- Speaker #1
Pourquoi pas... Tu cites l'exemple du Portugal, justement, qui a une industrie sur le vélo. Pourquoi pas le made in Europe ?
- Speaker #0
Alors oui, moi, c'est la vraie réflexion que j'ai aujourd'hui. Et ça a été justement... J'ai eu un point de bascule dans ma réflexion et dans mes convictions quand j'ai fait la conscience des entreprises pour le climat. C'est-à-dire qu'en fait, de produire en France, mais quand tu livres à 2000 kilomètres en Europe...
- Speaker #1
Pour nous, en Portugal...
- Speaker #0
Voilà. Donc effectivement, le fabriquer en Europe, oui, ça me paraît intéressant. Le problème qu'on a avec la fabrication en Europe, c'est qu'on ne joue pas dans la même course. C'est-à-dire qu'on a des normes qui ne sont pas les mêmes. contraintes écologiques qui ne sont pas les mêmes, on a des taxes qui ne sont pas les mêmes, on ne joue pas dans la même cour. Sur l'Europe, moi je suis de plus en plus convaincu et aujourd'hui on essaie de faire des circuits les plus courts, d'avoir la meilleure qualité mais effectivement on ne s'interdit plus comme avant de ne pas aller sur l'Europe. Déjà parce que notre marché est européen.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il faut monter comme boîte aujourd'hui pour durer un peu dans le temps justement face à la déferlante chinoise, asiatique, toute cette concurrence ? Je pense parler de luxe, ça parle des dames dans le produit, mais qu'est-ce qui va nous...
- Speaker #0
Le luxe, c'est un secteur qui fonctionne encore bien. Il commence à perdre des parts de marché en France, il est plus fragile qu'avant et tout, mais il fonctionne encore bien. Non, je pense qu'en fait, on peut monter n'importe quelle entreprise. Ce n'est pas trop mon souci, mais c'est plus changer les mentalités et être très à la mode en ce moment. On parle beaucoup de robustesse versus performance. C'est vrai qu'on nous a appris... La performance, d'avoir des organisations, chaque année on doit faire plus 3, 5, 6, 7%, faire des plans à 5 ans, etc. Et puis dès qu'on voit qu'on a une crise, on s'aperçoit que ça ne fonctionne pas et puis tout s'écroule. Et ça, je pense que c'est très dangereux et on est encore un peu trop comme ça en France. Et je pense qu'aujourd'hui, ce qu'il faudrait qu'on arrive à faire, c'est que des entreprises qui vont bien, c'est de les mettre un peu plus sur la robustesse, donc la robustesse avec tout ce que ça peut prévaloir, c'est-à-dire changer les organisations, changer les responsabilités. en fait c'est toujours la robustesse en fait la robustesse c'est pour moi parce que je pense que chacun peut avoir une définition mais c'est c'est un peu tout ce qu'on met un peu à la mode depuis les années 2000 c'est d'être agi c'est c'est un peu de la résilience aussi qui était le thème de mon édito d'aujourd'hui en fait quand t'as une crise soit tu la prends puis tu te relèves voilà c'est déjà bien c'est-à-dire les gens, soit tu te dis je prends ce choc, je prends cette crise, je perds des choses, mais l'idée c'est pas juste de redevenir comme avant, c'est d'avoir construit des fondations plus solides pour la prochaine crise. Parce que des prochaines crises, c'est sûr qu'il y en aura. Et on sait pas, on l'a vu sur le Covid, le Covid c'est la chose la plus spectaculaire qu'on a vue, c'est-à-dire que il y a personne qui pouvait le prédire, celui qui a prédit le Covid, je sais pas s'il existe, mais j'y crois pas trop. L'IA, on fait beaucoup de spéculations, etc. Mais Merci. En fait, l'IA ne serait pas un problème dans la façon de l'accepter, comme toute nouveauté, si on était justement plus robuste, si on comprenait dans une entreprise en manière concrète, par exemple. Je ne sais pas si tu as remarqué ça, mais dans certains services, il y a des services qui ne communiquent pas. C'est-à-dire que le service gestion comptabilité avec le service production, par exemple, en fait, c'est deux membres qui se voient deux, trois fois dans l'année. pour que les chiffres en rentrent de trucs, on fait l'inventaire, on fait des choses comme ça, mais on comprend que personne ne se met à la place de l'autre. Et surtout, ce n'est pas interchangeable. C'est bien, bien coisonné. Alors, je ne dis pas que c'est facile de décoisonner, mais il faudrait le faire parce que je pense que si toute l'entreprise est maillée avec cette même logique de robustesse, de se dire, demain, on peut avoir 30% d'un coup qui s'arrête et on va pouvoir gérer ça, ça veut dire que tout... tous les aspects de l'entreprise sont forcément imbriqués et doivent être dans le même esprit. Et aujourd'hui, ce n'est absolument pas ça. Donc, tu as effectivement les comités de direction qui sont peut-être plus au fait de ces trucs-là, mais après, ça ne redescend pas et ce n'est pas compréhensif. Et puis après, on a peur dans l'entreprise, on se dit, voilà, ça va mal et tout. Et donc, c'est ça que je pense qu'il faudrait que, mais que ce soit dès le départ, c'est-à-dire que dans les livres, dans les écoles surtout, dans les écoles aujourd'hui de management, je pense que même les plus grandes écoles font encore des cours un peu à l'ancienne. et ça serait bien de changer un peu tout ça ta part de la formation ouais quand même parce qu'en fait au début t'as besoin d'avoir l'expérience, je joue beaucoup et tu pars pas avec de l'expérience donc forcément il faut t'en donner un petit peu quoi.
- Speaker #1
Tu me disais justement en préparant l'émission la résilience c'est un truc qu'on t'apprend pas à l'école et pourtant c'est un truc d'entrepreneur la résilience
- Speaker #0
Déjà, c'est quoi ta définition de la résilience ? On a parlé de robustesse, mais la résilience, c'est quoi ? C'est se relever ?
- Speaker #1
C'est absorber des chocs, accepter de perdre ce qui était établi. Donc, ça peut être perdre de l'argent, perdre du temps, perdre des illusions, perdre un projet, perdre des collaborateurs. Mais l'accepter et l'affronter, mais l'affronter quitte à aller même un peu devant. C'est-à-dire que tu as une tempête, tu as deux solutions. et soit tu délies. moi je suis un super dirigeant, je vais éviter toutes les tempêtes. Wow. Peut-être qu'il y en a qui arrivent, je ne sais pas. Et pour moi, un vrai bon dirigeant, celui qui est vraiment un socle important dans l'entreprise, c'est celui qui va dire, oui, moi je rentre dans la tempête. Parce qu'en rentrant dans la tempête, je vais apprendre des choses et je vais être plus fort en sortant. Et ce que je disais tout à l'heure, on va avoir plus de fondation pour la prochaine tempête. Parce que l'entreprise, c'est la définition même de l'entreprise. tu ne gères que des problèmes qui sont successifs et qui ne sont pas forcément toujours les mêmes. Et même souvent pas les mêmes. Et donc, ça, ce n'est pas simple. Et là, on parlait de entrepreneur, sauveur, pompier, etc. Ce n'est pas que le dirigeant, c'est la structure qui doit accepter ça. Et donc, la résilience, c'est portée par quelques personnes dans l'entreprise qui ont un peu les manettes, clairement. Il faut que ça soit descendant. Il faut que cette résilience, elle soit, en fait, il faut que l'entreprise soit résiliente. Une personne parmi d'autres qui doit être résiliente, pour moi, c'est ça la résilience. Et je pense que ça, si c'était un peu plus appris à l'école, en tout cas sensibilisé, ça serait une bonne chose.
- Speaker #0
T'as mis au stade comment, toi, ta résilience ?
- Speaker #1
Je suis quand même de choc. Parce que moi, je suis quelqu'un qui va, tu l'as dit un peu à ta manière dont tu l'as présenté, je suis quelqu'un qui est vite excité sur un nouveau projet, qui a des convictions et donc du coup des illusions. et donc des illusions. Et donc, du coup, mon égo qui m'a permis d'avancer à un moment, le jour où ça ne fonctionne pas, où je me prends un mur, c'est encore plus violent peut-être que la molielle parce que justement, j'y ai cru et j'ai mis mon âme, j'ai mis plein de choses, etc. Et donc, tu apprends forcément de tous les chocs que tu prends et Dieu sait, en cette boîte, le nombre de chocs que j'ai pu prendre dans la face. Donc, ça fait partie du job. Et en fait, je trouve intéressant C'est qu'en vieillissant, tu ne le prends plus que sur la partie échec. C'est un échec, mais l'échec n'est pas forcément grave. Aux Etats-Unis, on dit souvent l'échec, à l'unité de celui qui a un bon poste,
- Speaker #0
vraiment,
- Speaker #1
il faut avoir vécu. Si tu n'as pas vécu d'échec, quelque part, c'est louche. Et c'est pas bon. Ça, c'est le truc qu'on entend partout. Mais je pense que des petits échecs, ils font livre tout le temps. Et d'avoir trop de facilité au départ, en fait, ça t'oublie tout le truc. Ou alors, pire, dans une grosse boîte, je connais des patrons, des gros patrons, qui ont des milliers de salariés et qui ont un peu un complexe parce que c'est des patrons qui... C'est pas leur boîte, mais ils guérissent vraiment. Et c'est des grosses boîtes. Et en fait, eux-mêmes se disent « Mais ce que tu fais toi dans ta petite boîte... » Parce qu'on parle que de petites boîtes, moi. je pourrais pas le faire. Et tu te dis, ben non, tu as vu ce que tu diriges, on parle de millions, on parle de milliers de salariés, on parle de restaurateurs qui n'ont rien à voir, un marché plus que mondial, etc. Ben en fait, j'ai compris cette différence, c'est que l'échec, il va être dilué. En fait, c'est pas un homme qui prend ça par une décision. C'est éventuellement un service, dans le pire des cas, mais c'est souvent la boîte, et puis en fait c'est dilué, même si tu peux... plantes à un, tu as une business unit qui se plante, c'est pas grave, l'autre, elle se développe. Et à la fin, si l'actionnaire ne te dit rien, tout va bien. Et donc, tu ne vis pas la même responsabilité. Et je pense que un petit entrepreneur, et moi, j'en connais beaucoup plus de petits entrepreneurs,
- Speaker #0
en plus sur les étoiles, finalement, qu'un gros patron.
- Speaker #1
Et c'est ce que je dis toujours. Vu que j'ai la chance d'être invité dans pas mal d'émissions, d'articles, etc. J'ai des gens que je rencontre pour la première fois, qui me demandent des conseils et qui sont en train de monter l'entreprise. Et en fait, à chaque fois, je me suis surpris. J'ai un conseil à donner, c'est d'être résilient. Et si tu n'es pas résilient, en gros, on n'y va pas parce que tu dois te remborcheler.
- Speaker #0
C'est intéressant, ça. C'est intéressant. D'ailleurs, si vous avez le même sentiment que la résilience est importante, je veux bien un commentaire. Je pense que c'est quelque chose que beaucoup d'entrepreneurs partagent, même sans forcément s'en rendre compte. C'est vrai qu'avant de découvrir un peu ces principes de résilience, je ne m'en étais pas forcément rendu compte. Je suis parti un peu bien tête quand j'ai monté. par la mémoire. C'est certainement résilient. Ça le sent. Et chez Jean, c'est un trait de nature où tu ne t'en rends pas compte jusqu'à prendre un peu de recul et te dire j'ai traversé des trucs là.
- Speaker #1
Et puis ça ne sert pas vraiment. On peut se sensibiliser, mais ça ne sert pas vraiment. Par contre, l'expérience d'esprit, ça sorge au fur et à mesure.
- Speaker #0
L'âme européenne, qu'est-ce qu'on a, nous, Européens, qui avons un beau chinois, n'aurons-nous jamais ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Si je te dis que je ne sais pas, ça ne va pas te plaire, mais honnêtement, aujourd'hui, je suis en sept ans. Parce que moi, je fréquente l'Asie depuis sept ans, en fait, avant. Je ne te prends pas.
- Speaker #0
Ce qui est marrant d'ailleurs, que tu le fréquentes autant l'Asie.
- Speaker #1
Sur l'événement, tu vois l'Eurobike par exemple, tu as au moins un tiers d'Asie qui est là.
- Speaker #0
Donc les stands autour de toi, c'est que des Assetips.
- Speaker #1
Et moi, j'ai toujours été un passionné d'automobile. Et donc du coup, c'est là où ça bouge le plus en Asie. Et en fait, je m'aperçois qu'aujourd'hui, c'est ce qu'on disait tout à l'heure un peu, c'est qu'ils ont beaucoup, beaucoup, beaucoup d'atouts qu'on n'a pas. Et aujourd'hui, je ne dis pas que j'aurais devenir chinois, mais... Mais je suis admiratif. Avant, je trouvais que c'était des gens qui ne respectaient pas grand-chose, qui copiaient, ce qui est encore vrai sur certaines choses. Mais aujourd'hui, je trouve que c'est vraiment intéressant ce qu'ils font. Quand tu vois qu'il y a certaines villes chinoises qui faisaient partie des villes les plus polluées au monde et qui, en deux ans, ont inversé la tendance. Parce que c'est vrai que le peuple chinois, ce n'est pas un peuple comme le français qui est en train de râler, qui est contre les règles, etc. On lui dit qu'il a ça à faire, il le fait. Donc, il y a forcément en productivité, en efficacité, c'est ce qui gagne du temps. On gagne du temps, mais c'est assez magique. Et ils ont des forces incroyables. Donc, nous, si on veut vraiment se défendre, c'est ce que je disais, c'est qu'on peut se défendre sur des savoir-faire qui ont un peu disparu, sur le côté artisanal. En fait, il y a une marque qui m'appréciane toujours, même si je ne travaille pas avec eux, c'est Hermès. Moi, je trouve que Hermès, c'est une marque qui est... qui traverse les années, qui évolue, mais dans le bon sens, avec toujours ce socle, et qui a une renommée mondiale qui est juste assez incroyable, qui a un actionnariat qui est particulier aussi. Il y a beaucoup de choses. Et en fait, j'avais rencontré une des personnes qui fait partie des actionnaires d'Hermès qui me disait, en fait, nous, on est artisan. Je dis artisan, quand tu vois les milliards de chiffres d'affaires qui sont faits, on a quand même cette image de l'artisan, le petit. En fait, non, c'était plus sur la manière d'être, le savoir-faire et tout. Et je pense que l'industrie, paradoxalement, devrait être beaucoup plus artisanale. Et d'avoir des atouts, par exemple, tu vois, la perso, de dire qu'on fait des produits sur mesure.
- Speaker #0
Ce que j'ai fait toi sur tes vélos.
- Speaker #1
Voilà, on se rend bien, on s'y attend. Et sur l'automobile, on pourrait rivaliser certainement en faisant des choses comme ça. Parce que de vouloir concurrencer des millions d'exemplaires d'un produit, tout monté sur les usines. à l'autre bout du monde avec 100 taxes, etc. On n'y arrivera pas. Par contre, si on parle de l'automobile, de faire des voitures qui ressemblent à des voitures... Moi, je suis plus vieux, mais les meilleures années pour moi dans les voitures, c'était les années 60. Je trouve que les voitures étaient élégantes. On avait des petites voitures, des petits trions. Ma première voiture, d'ailleurs, à 18 ans, c'était une vieille Triumph. Et je trouvais qu'elles étaient élégantes et tout. Mais elles avaient des formes... à chaque fois avec une âme différente. On a l'air vraiment, c'était une voiture différente d'une autre voiture. Une Jaguar Type-E, etc. Aujourd'hui, si tu regardes le parc automobile, tu prends une Tesla, une BYD, etc. Franchement, tu ne vois pas trop la différence. Et même chez vos Porsche, aujourd'hui, j'aime bien cette marque, il y a quand même des formes aujourd'hui qui se...
- Speaker #0
Un jour, j'étais au feu rouge, j'ai vu une BYD en face de moi, j'ai cru que c'était une Porsche.
- Speaker #1
Voilà, donc je te dis, bon voilà. Et alors, c'est bien, parce qu'il y a le côté utilitaire, la voiture ne doit pas être que... Voilà, on sait que ça peut... ça pollue, on sait que c'est une source de plein de choses, etc. Et puis moi qui fais des vélos, je ne vais pas survendre la voiture. Mais je pense que si l'industrie française était plus sur de la perso et sur des choses que les autres ne savent pas encore faire, on garderait nos entreprises plus facilement. Et puis, tu vois, quand on a commencé de fabriquer des vélos, la plus grosse difficulté, ça a été le sourcing. C'est-à-dire dire, on veut fabriquer en France, ok. Qui fabrique en France ? Il n'y a plus personne. Mais on va vraiment fabriquer en France. Donc on a trouvé des gens qui faisaient des prototypes. qui ne savaient pas faire de série, et on les a accompagnés pour qu'ils puissent faire de la série. Et même quelquefois, il y a eu... Pour reconstruire l'industrie. Ils sont reconstruits. En fait, souder un cadre de vélo, c'est des exigences particulières. Nous, en plus, on veut que la soudure, elle ne se voit pas, ce ne sera pas le gros...
- Speaker #0
Ce qui est rassurant quelque part, c'est que tu as réussi à reconstruire une industrie sur le vélo. Alors, pas toi au sens Heritage Bike, mais tu as des fournisseurs qui ont grandi grâce à toi, qui sont reconstruits grâce à toi.
- Speaker #1
Et c'est top.
- Speaker #0
Le savoir-faire est encore là. En fait, ça, c'est quelque part rassurant.
- Speaker #1
Oui, et puis ils demandent qu'à être réactivés. On le voit bien, les entreprises françaises dont on parle souvent, c'est le slip français, Duralex, etc. Elles ont été sauvées alors qu'elles n'allaient pas bien. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu un sursaut. On s'est dit, nous on fabrique vraiment en France, les usines ressemblent à ça, il faut sauvegarder les trucs. Et là, les gens se sont dit, oui, c'est vrai, c'est bien, je vais acheter du Duralex, je vais acheter du slip français. Pourquoi on ne le ferait pas systématiquement pour toutes les entreprises, même celles qui vont bien aujourd'hui, pour qu'elles aillent encore mieux et qu'on prenne des parts de marché et qu'on continue à avancer ? Je suis encore un peu optimiste quand même.
- Speaker #0
C'est quoi un bel objet ?
- Speaker #1
Un bel objet, c'est l'émotion. Pour moi, c'est vraiment la définition de... Même la définition de VUX, c'est l'émotion. Et je trouve qu'on devrait beaucoup plus cultiver l'émotion sur tout. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, par exemple... C'est peut-être aussi pour ça qu'il y a une crise dans les grandes distributions. Quand aujourd'hui tu fais tes courses dans un hypermarché avec ton caddie, tu n'as zéro émotion ou alors que des émotions négatives. Mais c'est ça. Et par contre, le jour où tu es en week-end, tu vas pas très loin, tu vas à Besançon. Et puis tu es dans le centre-ville, tu vois des Halles. Tu te dis, regarde, un vrai poissonnier, un vrai fromager. Et là, sur le panier, tu as peut-être même dépensé beaucoup plus. Ce n'est même pas la question.
- Speaker #0
C'est ma question suivante.
- Speaker #1
Est-ce que tu as pris du plaisir à dépenser parce que tu as eu une émotion ?
- Speaker #0
C'est quoi le prix du beau, justement ? Tu réponds un petit peu là-dessus.
- Speaker #1
Je pense qu'il n'y a pas de prix, en fait. Moi, je prends toujours ces exemples-là parce qu'il m'a frappé. Parce que pour être décomplexé, quand tu vends une moto électrique à 25 000 euros, quand tu vends un vélo à 10 000 euros, et tu es au-dessus du prix du marché, tu peux être tenté de dire « C'est trop cher, ça ne marchera jamais. » Bon, je trouve ça normal parce que je connais les circuits de surdication et tout. Et en fait, les 24 premiers vélos qu'on a fabriqués, on est allé tous les livrer. Je me souviens, c'était avec mon vieux Land Rover ou une remorque, on allait livrer un par un. Et on essayait de comprendre pour comment le client, qu'on ne connaissait pas parce qu'il avait acheté à distance, avait acheté et quels étaient ses frappes. Et je me souviens, le premier client qu'on a eu, on lui dit, quand on a acheté un vélo à 10 000 euros, ça ne nous a pas posé de problème. Nous, on avait plein d'arguments, si tu veux, pour répondre. On était prêts à défendre le truc. On n'a pas eu ça, en fait. Le gars, il a juste pris sa montre et il a dit, voilà, ma montre, elle vaut 50 000 euros. Elle donne la même heure. Là, j'ai acheté un vélo à 10 000 euros. Il va à la même vitesse que les autres puisqu'il est plafonné avec la législation européenne. Les deux qui m'ont fait que je n'ai pas eu de problème pour acheter une montre à 50 000 euros ni un vélo à 10 000 euros, c'est que j'ai eu une émotion. J'ai pris du plaisir à acheter. Et en fait, c'est plus rationnel. On a beaucoup parlé de l'automobile, mais sur l'automobile, tu achètes des fois des... Je n'achète pas des voitures tous les jours. Mais certaines personnes achètent des voitures à plus de 100 000 euros, etc., sans aucun problème. Or, en fait, ils n'ont pas forcément le train de vie qui va avec d'ailleurs non plus. Mais c'est juste, c'est pas rationnel. C'est plaisir. Et le plaisir et l'émotion, c'est ce qu'il y a. Et on pourrait presque en avoir dans tout.
- Speaker #0
Et ce n'est pas forcément cher, parce que tu citais l'exemple, effectivement, d'aller au HAL sur un marché, finalement, et tu as des produits frais, des fruits et légumes qui sont potentiellement moins chers qu'au supermarché parce que c'est un cycle de distribution directe. Tu as une émotion.
- Speaker #1
Exactement. La notion du temps, d'attendre, c'est vachement important. Là, aujourd'hui, la fast fashion, c'est que tu commandes sur Internet, tu te l'as le lendemain. C'est pas cher, c'est jetable. C'est plus que critiquable. À l'inverse, si on rentre sur des choses sur mesure, où tu vas aller voir un magasin, le gars, il a un planning qui est plat pendant 8 mois, ça va coûter 3 ou 4 fois, voire 10, 20 fois plus cher. Eh bien, quand tu vas euh... La démarche d'acheter ton costume sur mesure, tes chaussures sur mesure ou je ne sais quoi, ou ton vélo sur mesure, de voir toute la subite fabrication, de comprendre pourquoi c'est long et puis de le recevoir en ayant attendu, c'est des waouh. Et pourtant, tu l'as déprimé.
- Speaker #0
C'est plus cher, c'est frustrant au début, mais par contre, quand tu le reçois à la chaude,
- Speaker #1
c'est plus dimorique, c'est de l'expérience. Et en fait, aujourd'hui, c'est ça. Je pense qu'il faut qu'on ait de l'expérience, de l'émotion. Et dans l'industrie, je pense qu'on peut y arriver si on fait des produits comme ça.
- Speaker #0
Tu donnes quoi comme conseil à un jeune de 18 ans ? Tu lui dis, va vivre l'aventure, va t'éclater, ou bosse quand même, fais des belles études.
- Speaker #1
Je serais mal placé pour dire faire des études. J'essaie avec mes enfants, mais ça ne marche pas trop. Je ne suis pas crédible, j'ai redoublé trois fois. Je n'ai jamais aimé l'école, je n'étais pas en place. J'ai quand même été jusqu'au bout. Et je n'ai pas l'impression que c'est ça qui m'a servi. Après, on est tous différents. Et je vois beaucoup de jeunes, parce qu'on a pris beaucoup d'alternants notamment, qui arrivent, qui ont des cerveaux vraiment bien faits, qui ont une belle culture, qui ont envie et tout. Mais parce que justement, ils n'ont pas encore le vrai cursus jusqu'au bout, le bon diplôme et tout, ils ne s'imposent pas, en tout cas pas assez, et ils perdent du temps au démarrage. Donc je pense que c'est suivant les personnalités. Je pense que le premier conseil, c'est 1. de ne pas se mentir, de savoir où on en est. et de ne pas s'inventer un rôle qui n'est pas le sien, de tester, C'est-à-dire qu'en fait, tous à notre niveau, on doit prendre des risques. Alors, ce n'est pas un coup de poker à chaque fois, la vie n'est pas un coup de poker tout le temps, et encore. Mais peut-être aller, quand on est en école de commerce, de ne pas aller dans l'assos uniquement pour faire la fête ou qui va organiser les trucs de ski, et peut-être aller sur un truc, la CELMI, la junior entreprise, où on va être confronté, on va faire du commerce, c'est loin. on n'a pas envie d'en faire parce que c'est dur, on est un gamin de 20 ans, on n'a encore rien. Je pense que de prendre des petits risques comme ça, c'est que tu vas vite comprendre là où tu veux aller, là où tu ne veux pas aller aussi, et donc tu vas encore plus vite te connaître, et surtout tu vas avancer, et tu vas apprendre. Et je pense que c'est ça, c'est vraiment le conseil que j'ai, et c'est ce que je donne à mes gamins, c'est soyez bien avec vous-même déjà, donc encore une fois... C'est pas un costume qui est pas le vôtre. Et puis prenez les risques. Il faut prendre les risques tout le temps. C'est tellement plus sympa. Parce que le jour où ça marche pas, on a appris. Et le jour où ça marche, waouh.
- Speaker #0
Je profite d'avoir un éditeur de livres devant moi. Il y a un autre podcast français qui pose souvent cette question. Je l'ai copié, mais un livre à nous conseiller.
- Speaker #1
Sur la ligne de management, j'aime bien l'approche parce qu'elle est... Elle met un petit peu de... C'est pas une bombe, mais en tout cas, elle va au contraire de ce qui se raconte un peu partout. C'est l'élite de Gilles Lefinesse, Gilles Lebeau.
- Speaker #0
En douté. Déjà, il est présent au sommet.
- Speaker #1
J'ai refroidi, il est venu au sommet et j'ai trouvé qu'il était assez incroyable.
- Speaker #0
Controversé d'ailleurs.
- Speaker #1
Très controversé parce qu'effectivement, il ne va pas dans un sens de la bienveillance à tout prix dans l'entreprise. Toute la partie de coach, on a en France plus de coach que de salarié, je pense. Je gageais un peu, mais... C'est juste incroyable, tout le monde est devenu coach. Alors, il y en a été très, très beaux. Mais le problème, c'est qu'il y en a comme si des mauvais. Et je pense qu'on n'a pas forcément toujours besoin d'eux. Donc, elle est assez cash. Et du coup, ce qui est bien quand quelqu'un est cash comme ça, comme je viens de le finir, c'est qu'elle... Tu peux ne pas être d'accord, mais en tout cas, ça te permet de réfléchir un peu. Tu ne prends pas le truc comme... Ça, c'est un premier livre. Un deuxième livre que je viens de publier, que je trouve pour ceux qui sont dans le retail. C'est un livre, c'est la septième fois que je le publie, de Frank Rosenthal sur le retail. Parce que le retail, on voit bien aujourd'hui, on voit toutes les marques qui sont en train de se planter. Et ce n'est pas qu'en France, là par un peu au coup, on est sur l'Europe. Et je trouve que c'est un secteur qui est en vraie crise, en pleine mutation. Et que justement, l'approche de Frank, c'est d'avoir une approche mondiale. C'est-à-dire que lui, il s'aspire beaucoup de ce qui marche aux Etats-Unis, ce qui ne marche pas ailleurs. Et vu qu'il est français, en fait, il remet tout ça, il mélange tout ça et ça fait des... C'est deux livres que j'aurais à conseiller comme ça qui me viennent. Mais je n'avais pas réfléchi à la question. En sortant, je vais certainement dire, mais non, c'est celui-là que j'aurais vu lire, parce qu'il est top.
- Speaker #0
Tu pourras même mettre en commentaire la vidéo. Merci beaucoup, Xavier.
- Speaker #1
C'était un plaisir.
- Speaker #0
Merci infiniment, c'est super intéressant, super enrichissant.
- Speaker #1
Et merci à toi de faire des podcasts, que je pense que c'est un peu ce que tu disais tout à l'heure sur les réseaux. On a besoin d'écouter d'autres sons de cloche, de prendre du temps aussi, parce que là, en plus, toi, tu as choisi un format long. Donc, contraire à ce que la jeune génération attend, c'est un effort. C'est une discussion et tout. Je ne dis pas pour l'indéen, parce que je n'ai pas cette prétention, mais pour les autres podcasts que tu as faits, je trouve qu'on ressent toujours quelque chose. Merci à toi. C'est vrai que je sais que c'est du boulot et c'est bien.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Alors on a parlé de luxe, de bon goût à la française, on a parlé de fêtes, de paillettes, mais surtout de complexe de l'imposteur, de stress, de pression. On a parlé d'industrie, de rencontres, du beau, d'excellence, mais surtout on a parlé de robustesse et de résilience. C'est tout ça un peu réuni en la vie d'un entrepreneur, donc merci Xavier pour ce témoignage. Merci sincèrement pour cette discussion, je suis sûr que vous qui nous regardez vous repartirez avec quelque chose. Alors on a remarqué que vous étiez toujours plus nombreux à nous écouter, ça c'est cool. Par contre vous n'êtes pas tous abonnés donc je vous encourage à le faire. Nous ça nous motive énormément à continuer de développer le podcast et à trouver toujours d'autres témoignages inspirants. Donc retrouvez-nous sur la plateforme habituelle. Je suis Sébastien Vandenberg, suivez-moi sur LinkedIn ou Instagram.