Speaker #0Salut à toutes et bienvenue sur le podcast La Vie Suffit. Aujourd'hui, on va encore parler de cette histoire de place et de quand je prends ma place et comment je peux prendre ma place et pourquoi les gens prennent ma place. En gros, pourquoi est-ce que ça va nous mettre en colère quand on a l'impression qu'il y a des gens qui nous prennent notre place ou qui se mettent trop à notre place ou qui empiètent sur nos plates-bandes ? D'ailleurs, pourquoi cette sensation d'empiètement fait qu'en fait, ça nous hérisse le poil et que ça... peut vraiment nous mettre en réaction, qui est très très fort. Et surtout, comment on fait justement pour éviter qu'il y ait des gens qui empiètent sur nos plates-bandes ? Comment on fait pour protéger notre espace, notre territoire et nos frontières personnelles ? Cet épisode, en vrai, j'étais très contente de pouvoir le partager avec vous parce que c'est issu d'un ressenti qui est très profond et qui, honnêtement, peut toucher aussi bien les entrepreneuses que n'importe qui, n'importe quelle femme, n'importe quel homme. Mais évidemment, comme d'habitude, ça s'adresse toujours plus aux femmes. Voilà, j'ai hâte de pouvoir parler de ça avec vous. Je suis Chloé Blum, entrepreneur aux Multicasquettes, et chaque jeudi, je vous partage les réflexions, les phases d'introspection, les clés qui, selon moi, permettent de vivre notre vie plus pleinement et de trouver plus d'épanouissement. Chaque épisode est une invitation à exprimer encore plus librement toutes les parts de vous. Si cela vous plaît, je vous invite à partager les épisodes à vos proches qui en ont besoin, ainsi que laisser une jolie note et un commentaire si vous souhaitez soutenir le podcast. Alors salut à toutes, donc c'est ce que je vous disais en fait, bon on va encore parler de cette putain d'histoire de place parce que bon le truc de prendre sa place et il y a quelqu'un qui me prend ma place et je me sens pas à ma place, en fait la notion de place c'est quand même quelque chose qui revient très souvent dans les discours de femmes, dans les discours de femmes qui veulent entreprendre notamment, mais en fait dans la vie d'une femme tout court et il y a aussi ce truc là chez les hommes bien sûr mais déjà je pense un peu moins quand même, puis c'est surtout que je m'adresse pas aux hommes, point. Voilà. En fait, cet épisode, il va adresser une problématique particulière autour de la place, du fait de prendre sa place. Parce que je pourrais vous faire un épisode sur comment prendre sa place. En fait, là, ce n'est pas l'idée. L'idée, c'est... En fait, j'ai envie de vous parler d'un truc que je suis, que je sais que je suis, et un truc qui m'habite profondément. Et je me suis rendue compte de ça, en fait, il y a quelques années. Parce que c'est souvent qu'on me pose la question, comment tu fais pour poser tes limites ? Comment tu fais pour te faire respecter ? Comment tu fais pour asseoir ton autorité ? Comment tu fais pour prendre ta place, pour qu'on respecte ta place, etc. Et en fait, j'ai mis les mots dessus il n'y a pas si longtemps, en réalité, que ça dessus. La réponse, en fait, c'est que je suis hyper territoriale. Et alors, c'est hyper marrant de dire ça parce qu'on a l'impression que je suis un clébard, finalement, quand je suis en train de vous dire ça. Mais en fait, je suis hyper territoriale et sur des trucs qui ne sont pas forcément positifs, mais ça m'amène quand même des trucs positifs. Et donc, je me suis dit, est-ce qu'on pourrait se faire cet épisode-là d'exploration autour de la notion de territoire ? Parce que... La notion de territoire, c'est un truc qu'on voit beaucoup chez les animaux, mais qu'on voit aussi beaucoup chez les hommes, d'être beaucoup en territoire conquis et de se croire un peu chez leur mère partout où ils sont dans la rue. Pardon, excusez-moi du terme, mais notamment, on parle de manspreading avec les postures qui font qu'en fait, ils se sentent chez eux en territoire totalement conquis. Et nous, en tant que femmes, souvent, il y a ce truc de je ne sais pas où est mon territoire, je ne sais pas marquer mon territoire, je ne suis pas habituée à marquer mon territoire, je n'ai pas envie de marquer mon territoire, ce n'est pas un réflexe que j'ai. il y a beaucoup moins ce truc là alors qu'au fond, j'aimerais venir chercher et venir gratter un petit peu et venir hameçonner si je puis me permettre, la femme territoriale à l'intérieur de vous. Je vais m'expliquer. Moi, je me rends compte que je suis super territoriale parce que ça m'arrive de tomber honnêtement dans des exemples qui sont hyper caricaturaux. Je vous donne l'exemple de la voiture. Alors, je ne conduis pas de voiture, mais je conduis un scooter en l'occurrence, et même si ce n'est pas en France, on a tous conduit à un moment donné. Quelqu'un qui va nous doubler, qui va nous faire une queue de poisson, qui va prendre une place de parking qu'on visait, qui va se rabattre devant nous, etc. Ja. un des réflexes qu'on a, et moi, en fait, moi, ça m'énerve tout de suite, le truc, mais tu fais quoi ? C'est ma place. Ou ce truc, mais en fait, tu t'es pris pour qui ? Ou par exemple, ici, là où je conduis en scooter, il y a beaucoup ce truc où, en fait, les hommes te font des queues de poissons pour se rabattre devant toi, même s'il n'y a pas la place, en te forçant, en fait, à reculer, en te forçant à ralentir, en te forçant à décaler. Et moi, ça, c'est un truc que je vis, du coup, au quotidien, plusieurs fois par jour, à chaque fois que je conduis le scooter. Et bon, il y a vraiment pire comme problème dans la vie. Sauf qu'à chaque fois, selon l'humeur dans laquelle je suis, j'ai pas envie de démordre, j'ai pas envie de lâcher, et ça me gonfle, en fait, qu'on essaye de me dire, en fait, non, dégage, dégage, en fait, dégage de là, j'empiète sur ton territoire, j'empiète sur ta place, et puis il y a d'autres moments où, en fait, j'en ai strictement rien à faire, parce que juste, je me sens hyper bien. Mais, voilà, là, je vous donne l'exemple un peu caricatural. En fait, rationnellement, personne n'a commis un crime contre l'humanité, sauf qu'en fait, c'est un phénomène de... Putain, il y a quelqu'un qui est en train de... d'empiéter sur mon territoire. Ce phénomène, il existe aussi dans plein d'autres domaines de notre vie. Je vous ai pris l'exemple de la voiture ou du scoot, mais en vrai, moi, c'est un truc que je vois dans tous les autres domaines de ma vie. Je le vois dans mes relations, je le vois dès que je suis en groupe, je le vois dans l'espace physique beaucoup, même quand quelqu'un... Il y a des gens, enfin, je ne sais pas si vous connaissez ce genre de personnes, mais il y a des gens qui n'ont pas la notion de zone d'intimité et de zone privée, et genre, ils vous parlent alors qu'ils ne vous connaissent pas, ils se collent à vous. Ils parlent beaucoup trop près, en plus ils puent de la gueule, mais c'est surtout qu'en fait ils parlent beaucoup trop près et ils sont hyper intrusifs en fait dans votre zone de sécurité. Bon, voilà, espace physique. Pareil pour les conversations. Dans les conversations, il y a des personnes, moi je le sens, qui empiètent sur mon territoire, soit parce qu'en fait il y a un rapport de domination qui se met en place, soit parce qu'en fait je les sens super intrusifs dans des trucs où en fait je suis tout le temps obligée de les recaler, les recaler, de les remettre à la porte entre guillemets, parce qu'en fait on se connaît pas, ou alors on se connaît et j'ai pas envie de tenter dans ma vie. Mais ça peut être aussi le cas dans le travail. Alors moi, dans mon boulot, je le sens pas vraiment, mais je sais qu'il y en a parmi vous qui le ressentent, et du coup, c'est un truc aussi que je vais aller explorer. Et en fait, cette notion de territoire, on va même la retrouver dans les habitudes. En gros, pourquoi est-ce qu'on peut vivre l'empiètement comme une attaque, alors qu'il y en a d'autres qui en ont strictement rien à foutre ? Donc déjà, juste pour ça, je voudrais redéfinir ce que c'est que la notion de territoire, parce que vraiment, alors encore une fois, il n'y a rien de véridique dans ce que je raconte, c'est juste vraiment, je me suis rendue compte que j'étais une nana qui n'était pas du tout jalouse. qui ne suis pas possessive, je suis un peu contrôlante, il faut clairement le dire, mais c'est surtout qu'en fait, je me rends compte que je suis territoriale, ça m'aide tellement à faire respecter mon espace et à marquer mon territoire en même temps, et en même temps, je me rends compte que c'est aussi un truc qui peut me créer de l'agacement dans des moments où il n'y a pas lieu d'être. Bref, qu'est-ce que c'est qu'un territoire au fond ? Votre territoire, pour moi, c'est pas juste votre lieu de vie, c'est pas juste votre vie, c'est pas juste une place de parking ou quoi que ce soit, en fait, il y a plein de formes de territoire. Déjà, il y a le territoire physique, pour moi, qui est, à mon sens, le plus important, qui est votre corps. Votre corps, c'est votre territoire, et en fait, c'est juste un truc à défendre bec et ongles, corps et âme, mais c'est pas que votre corps, c'est aussi tout l'espace autour de vous, comme je vous disais, la zone d'intimité, la zone privée, en fait, ça peut être votre maison, votre place, votre voiture, etc. Je sais pas vous, mais par exemple, moi, je sais que j'invite quasiment jamais personne chez moi, à part les gens qui sont très proches de moi, parce qu'en fait, j'ai vraiment l'impression qu'il y a sinon un intrus qui entre dans mon territoire, même si c'est des gens que j'apprécie, c'est un truc qui est super intime. Vraiment, c'est un espace qui est hyper intime. Pareil avec le corps, même le toucher, les câlins, etc. Il m'en faut beaucoup avant de m'ouvrir et d'ouvrir mon territoire physique, entre guillemets. Quel territoire physique ? Il y a aussi, je trouve, la notion de territoire temporel. Le territoire temporel, pour moi, ça va être mon temps, mon rythme, mes disponibilités. Du style, quand quelqu'un débarque sans prévenir, moi perso, je le vis comme une intrusion, souvent. Ou en fait, juste quand quelqu'un pense que mon temps ne vaut rien, c'est un truc qui me monte en l'air. C'est vraiment un truc qui me monte en l'air. Par exemple, quelqu'un qui estime qu'en fait, il y a des gens comme ça qui vont se pointer 20-25 minutes en retard à un rendez-vous que vous aviez prévu, même pour des rendez-vous online, sans vous prévenir, sans s'excuser, comme si votre temps valait rien. Il y a des gens qui s'en foutent. Moi, personnellement, j'ai juste l'impression qu'on empiète sur mon territoire. Surtout que j'ai un rapport au temps qui est un peu particulier. Donc bref, mais voilà. Ensuite, il y a la notion de territoire relationnel. C'est quoi la place que j'occupe auprès de quelqu'un ? Et en fait, ce quelqu'un, ça fait aussi partie de mon territoire. Moi, je sais que dans mes relations, je suis comme ça aussi. Et pourtant, vraiment, il n'y a pas de possessivité, pas de jalousie, mais je vais y revenir. Mais en fait, je donne tout corps et âme. En fait, par exemple, quelqu'un emmerde une de mes copines. Moi, je me sens hyper concernée. Je dois aussi défendre mon territoire. À partir du moment où tu fais partie de mon cercle proche, tu es mon territoire et je dois aussi le défendre. Je ne peux pas être neutre. Je ne peux pas ne pas prendre partie. Je ne peux pas faire la Suisse. Et d'ailleurs, c'est aussi pour ça qu'en fait, je ne supporte pas les gens qui font la Suisse et qui ne veulent jamais. s'engager entre guillemets prendre partie ou voir ce qui est problématique chez d'autres personnes parce qu'en fait c'est comme d'habitude quand on refuse en fait quand on veut juste tout le temps rester neutre en fait on n'est jamais neutre on prend souvent la partie de l'oppresseur donc il ya le territoire relationnel il ya aussi le territoire affectif le territoire affectif c'est l'intimité c'est l'école les habitudes les choses qu'on a à nous voilà et ça c'est aussi un territoire en fait tout ce qui est affectif intimité évidemment il ya le territoire sexuel qui va être la notion de désir, la séduction, la sensation d'être choisi, la sensation d'être désiré, d'être spécial. Donc pareil, moi ça je me suis rendu compte aussi que mon territoire sexuel c'était vraiment un truc que je veux défendre corps et âme, qui est hyper important pour moi, qui est hyper précieux, et en fait qui va régir aussi beaucoup de choses dans ma vie, notamment avec la notion de désir, etc. Même sans sexualité, c'est vraiment un territoire, le territoire du désir pour moi, est un territoire qui est extrêmement important dans ma vie, et je me rends compte d'ailleurs que la notion de désir Faites... sûrement partie de mes valeurs les plus profondes. Ça régit beaucoup de choses dans ma vie et ça, c'est un truc que je n'avais pas forcément vu venir ces dernières années. Bref. Ensuite, il y a le territoire social. Donc, c'est quoi la place que je vais occuper dans un groupe ? C'est quoi mon statut ? C'est quoi mon influence ? Donc, par exemple, moi, avec Chloé Blum, clairement, je marque aussi mon territoire. social, et c'est aussi quelque chose qui est super important pour moi, le jour où justement je suis plus Chloé Blum, je tombe aux oubliettes entre guillemets, mon territoire social il va ramasser, et je sais que je vais mal le vivre, ça c'est sûr et certain, mais encore une fois ça fait travailler sur notre égo. Ensuite il y a tout ce qui va être territoire un peu plus symbolique, donc les idées, l'univers, l'esthétique, la manière de faire, etc. Voilà, et en fait c'est ce truc à comprendre, en tout cas vraiment j'insiste, c'est issu de mon introspection. On défend pas les choses forcément qui nous appartiennent, on défend aussi les choses qui nous donnent une place. Et donc moi, je me rends compte que je défends pas forcément les choses que j'ai l'impression de posséder. Genre, quand je défends mes amis corps et âme, je défends pas mes amis parce que je les possède, mais absolument pas. En fait, je défends ça parce que j'ai l'impression que c'est mon territoire, parce qu'en fait, c'est ce qui me donne une place, c'est une place que j'occupe. Et en fait, cette place-là, je veux la défendre corps et âme. Voilà. Donc maintenant, pourquoi parfois il y a des gens qui vont empiéter sur notre territoire, ces petits bâtards, pardon, il y a des gens qui vont empiéter sur notre territoire ? Et on va se sentir lousé, on va se sentir agressé. Moi personnellement, je me sens agressé, mais encore une fois, je vais y revenir. Ou on va se sentir... C'est difficile de mettre des mots dessus, mais moi je vais me sentir tellement oppressé que je vais avoir envie d'exploser comme une bombe, clairement. Je remettrai des mots dessus, parce que je pense que vous êtes plusieurs aussi à ressentir ce truc-là. L'empiètement, parfois, on peut le vivre en fait comme une perte. Et c'est un peu une logique, si vous voulez, qui est si quelqu'un prend de la place sur mon territoire, il m'en reste moins. C'est de la logique juste, il me reste moins de territoire, il me reste moins de place. Évidemment, dans beaucoup de situations, ça c'est faux. C'est objectivement faux. Je vous donne plein d'exemples où c'est totalement faux et il faut très vite comprendre que c'est faux. Quelqu'un qui peut être beau ou une femme qui est belle n'enlève rien à votre beauté. Quelqu'un qui est intelligent ne retire rien à votre intelligence et ne met pas en danger la femme intelligente en vous. Quelqu'un qui est aimé ne retire pas l'amour que vous recevez. Quelqu'un peut être proche de quelqu'un que vous aimez, ça ne signifie absolument pas que votre relation avec cette personne disparaît. Quelqu'un d'autre peut avoir du succès, ça ne diminue pas votre succès non plus. Ça, logiquement, tout le monde le sait. Sauf qu'évidemment, émotionnellement, ça va fonctionner un peu différemment. Et on peut juste avoir la sensation, et même l'impression et le ressentir très profondément, que notre espace, à ce moment-là, est une ressource qui est limitée, qui n'a pas assez de place pour tout le monde, et qui n'a pas assez de place pour nous deux. Je voudrais faire une petite différence, du coup, sur tout ce qui est territorialité. Donc moi, je considère que je suis vraiment territoriale. La jalousie, la possessivité, le contrôle. La jalousie, en gros, c'est... peur de perdre quelque chose au profit d'une autre personne, d'accord ? Donc la jalousie, c'est quelque chose que j'ai beaucoup vu dans les relations amoureuses, que j'ai beaucoup vu aussi malheureusement dans le business, que je vois aussi sur plein d'aspects. Juste un rappel, la jalousie entre femmes, non, ce n'est pas quelque chose de naturel, ce n'est pas quelque chose qui existe par nature, c'est un discours patriarcal qui infuse et qui sert bien tout le monde, mais non, non, la jalousie entre femmes n'est pas du tout un truc naturel. Bref, c'était juste une petite parenthèse, quoi, comme ça. Ensuite, la possessivité, qu'est-ce que c'est ? C'est « je veux conserver quelque chose qu'en mettant à moi » . Moi, ça, c'est un truc qui me fait péter un câble aussi. La possessivité, c'est quelque chose que je n'aime pas. D'ailleurs, ça me fait beaucoup rire. Il y a beaucoup d'hommes qui sont des red flags, qui vont dire « non, moi, je ne suis pas jaloux, je suis possessif » . Mais mec, je ne sais pas ce qu'est le pire frérot, en fait. Voilà. Donc, vous en faites ce que vous voulez encore une fois. C'est vous qui voyez. Mais il y a la jalousie, il y a la possessivité, il y a le contrôle qui est « je veux maîtriser ce qui va se passer, je veux contrôler ce qui va se passer, je veux contrôler les agissements des autres » . D'accord ? Et la territorialité, c'est plutôt, je vous le dis encore une fois comme je le ressens, je ressens ton entrée dans mon espace comme un empiètement. Évidemment, les quatre peuvent se mélanger, mais ça ne veut pas dire que ça vient du même endroit. En tout cas, moi, je trouve que ce que je ressens est vraiment différent et je ressens les quatre très différemment. J'ai déjà ressenti de la jalousie, de la possessivité, du contrôle, de la territorialité. Je trouve qu'à chaque fois, c'est très différent. Je me suis rendu compte d'un truc ces dernières années et donc je pense que ça, c'est quelque chose qui peut vous parler. Je vous parle de moi parce que j'espère pouvoir vous parler un peu de vous. Je remarque en fait ce truc de... Je ressens ton entrée dans mon espace comme un putain d'empiètement. Ça vient très souvent, pas tout le temps, mais ça peut venir, d'un très grand besoin d'autonomie. Je vous donne un exemple. Moi, j'ai vraiment une tolérance extrêmement faible, malheureusement, à la sensation de subir. J'ai besoin de me sentir en puissance dans ma vie. J'ai besoin de sentir que c'est moi qui décide pour moi. Donc en fait, on vient retoucher à la notion de souveraineté. Et évidemment, j'y ai goûté, donc maintenant c'est la merde, autant vous dire que je ne peux plus m'en passer. Quand on a goûté à ce truc-là, on ne veut plus laisser personne nous enlever ça, évidemment. Et j'ai la chance de pouvoir décider de beaucoup de choses. Je pense que si j'étais une femme qui vivait par exemple en Iran ou quoi que ce soit, j'aurais pas ces mêmes droits et j'aurais pas ces mêmes possibilités-là. donc en tout cas j'ai de la chance mais dans tous les cas j'ai une tolérance très très faible à la sensation de subir et à chaque fois que je vais vivre ou ressentir un empiètement Ça va provoquer une réaction de ma part parce qu'en fait, ça va introduire une décision extérieure dans mon espace. En gros, quelqu'un qui vient me couper la route en scoot, cette personne, elle vient de modifier ma trajectoire. Quelqu'un qui vient imposer son rythme vient de modifier mon rythme. Quelqu'un qui prend de la place dans une relation vient de modifier... la dynamique de ma relation. Donc en fait, ce que je ressens moi dans la notion de territorialité, il n'y a pas ce truc de je veux avoir et je veux contrôler, il y a plutôt je veux rester souveraine dans mon espace et la moindre interférence en fait avec ça, ça peut m'enlever de la souveraineté. Ça ne le fait pas à chaque fois. Et c'est là où justement il faut apprendre à se regarder soi et à se détendre l'oignon bien sûr. Mais ça peut m'enlever de la souveraineté et ça peut faire que ça modifie ma souveraineté et qu'en fait je vais subir quelque chose. sur lequel je n'ai pas le contrôle. Et on doit apprendre à composer avec ça, évidemment. La territorialité, comme je le ressens aussi beaucoup dans mon cas, et je pense que c'est aussi quelque chose qui est intéressant d'aller regarder chez vous, c'est que ça peut être aussi une réaction à l'intrusion, et donc ça peut être aussi votre corps et tout votre système finalement, qui vous envoie des alarmes parce qu'il y a un red flag en fait. Il y a un red flag, il y a une frontière qui est transgressée, une frontière psychologique, une frontière physique, peu importe. On n'a pas toutes la même sensibilité par rapport à la notion de frontière. Il y a des gens qui ont des frontières qui vont être très poreuses. Il y a d'autres personnes qui ont des frontières qui sont très rigides et qui sont très fermes. Moi, je dirais que j'ai plutôt... J'ai l'impression d'avoir plutôt des frontières qui sont extrêmement précises. Pas spéciales. Je ne me sens pas poreuse. Je me sens juste très précise, en fait. C'est que je sais exactement, au millimètre près, jusqu'où les gens peuvent venir. Après, je sens qu'ils empiètent sur mon espace et que ce n'est pas possible. Donc, ça peut être une grande qualité pour savoir précisément comment poser ses limites. Mais sauf que ça va aussi mettre... très fort en réaction, très vite, de passer de tout à rien. Et donc c'est ça qu'il faut apprendre à gérer aussi. Ce truc de se sentir territorial et d'avoir une forte réaction à l'intrusion, si c'est votre cas, sachez que vraiment, ça peut vraiment être une qualité chez vous. Et que vous pouvez vous en servir. Parce qu'en fait, ça peut vous permettre de repérer très rapidement les comportements intrusifs des gens. Ça peut vous permettre aussi très très vite de reconnaître les gens qui sont envahissants, de voir les abus, de voir les red flags. Ça vous permet également, grâce à votre radar, de voir les manipulations. de voir les situations où on vous prend pour une conne, de voir les situations où vous donnez trop, où vous ne vous respectez plus. Donc en fait, très vite, vous allez avoir des ressentis, vous allez avoir des sensations, etc. Donc rien que ça, en fait, utilisez-le. Par contre, il y a un pendant négatif à ça, qui est que justement, notre radar, il peut aussi être très, voire trop sensible, et parfois détecter des intrusions, là où en fait, il n'y a pas d'intrusion, c'est juste quelqu'un qui existe et qui respire à côté de nous, juste il a le droit, en fait. Vous voyez ? Bon, il a le droit, sauf quand on a envie de démarrer, mais quand même, il a le droit. Vous voyez ? Donc en fait, ça, c'est une nuance. Et donc c'est une nuance, en fait, qu'il faut aller regarder. Je crois qu'il y a aussi vachement la notion de respect qui entre dans cette notion de territoire, parce que parfois, ce qui nous énerve, c'est pas réellement l'espace que la personne va prendre, c'est plutôt « mais comment tu oses ? » . Moi, je sais que c'est quelque chose que j'ai beaucoup, ce truc-là, de réaction, de « mais comment tu oses ? » , mais t'as vraiment le cul comme le visage, en fait. C'est même pas que t'as pris de la place, c'est en fait, tu te permets de faire ça. Je comprends même pas, en fait. Genre, tu touches au respect, tu touches à la considération, tu touches au statut, tu touches à l'empathie. Voilà, et je trouve que notamment dans les relations, c'est quelque chose qui est assez important en fait à prendre en compte mine de rien. Et sauf que le truc, c'est qu'il faut faire attention, parce que c'est pas parce qu'on vit une intrusion que la personne en face, elle vous respecte pas. C'est simplement qu'elle fonctionne pas comme vous, elle a pas les mêmes limites, elle a pas les mêmes frontières, que tout le monde part du principe que tout le monde fonctionne comme soi, sauf qu'en fait c'est jamais le cas. Qu'on a pas forcément les mêmes besoins, qu'on a pas forcément les mêmes valeurs, et plus que tout, ça je sais que j'en ai aussi beaucoup parlé dans des épisodes de podcast il y a deux ans, parce que c'était un truc qui me faisait vraiment vriller. Tout le monde n'a pas le même sens de l'observation, et la même finesse d'observation, et la même grille de lecture que vous. C'est-à-dire qu'il y a des gens... C'est un peu le même délire que quand quelqu'un vient à la danse se foutre juste devant moi dans le miroir, ce qui fait que je me vois plus, et qu'en fait juste elle me colle, ce qui fait qu'on va forcément se mettre des coups de coude en dansant, alors qu'il y a de la place ailleurs. J'ai envie de la démarrer, clairement faut le dire, mais en fait ce que je comprends juste c'est que la nana, elle a pas les yeux derrière la tête, contrairement à plein d'autres personnes qui peuvent les avoir. Bah elle, visiblement, elle a... elle a des pots de sauce devant les yeux, donc c'est pas vraiment de ça. Je sais que vous sentez l'agacement, mais je veux dire, elle peut pas faire autrement, en fait. Donc c'est pas qu'elle vous respecte pas, c'est qu'en fait, son interprétation personnelle de la situation et sa lecture de la situation s'est arrêtée avant la vôtre, ou elle n'a juste pas la même, en fait. Donc c'est important de distinguer ça, ce truc de transgression réelle versus différence de comportement versus interprétation personnelle de la situation, ok ? Et donc j'en viens quand même à un truc qui est important à savoir aussi, c'est que quand on a ce truc de territorialité, et vraiment ça me fait rire parce que moi je me vois en fait je suis grave territoriale alors que tous mes proches savent que je suis quelqu'un qui n'est pas jalouse, qui n'est pas possessive et tout, et je me suis rendu compte que ouais j'étais territoriale en fait, je supporte pas qu'on empiète sur mes plates-bandes et qu'on empiète sur un territoire que je trouve sécuritaire, j'ai besoin de me sentir en sécurité, j'ai des limites qui sont très précises et j'ai l'impression de tellement construire finement... et de broder dans la dentelle un entourage, un environnement, tout en fait finement pour que ce soit safe, pour que ce soit sain, pour que ce soit intègre et pour que ce soit aligné, que j'ai beaucoup de mal qu'on vienne essayer, enfin c'est même pas malsain en fait, c'est même pas malveillant, mais qu'on vienne casser ça, qu'on vienne détruire ça, qu'on vienne l'empiéter, c'est quelque chose qui me fait vriller. Je me surveille et je vois aussi que là-dedans, il peut y avoir aussi un rapport au contrôle. En fait, la territorialité, ça peut aussi être une stratégie pour essayer de diminuer la notion d'impuissance ou la notion d'incertitude qu'on peut ressentir parfois. En fait, quand on sait qui est où, qui est avec qui, c'est quoi ma place, c'est quoi les règles, qu'est-ce qui m'appartient, qu'est-ce qui ne m'appartient pas, etc., on a l'impression que le monde est un peu plus prévisible et un peu plus sécurisant. Alors qu'en effet, quand il y a quelqu'un qui vient brouiller une situation, brouiller les frontières, brouiller une relation, on ne sait plus exactement où est notre... place et ça peut être très inconfortable, mais c'est aussi, sachez-le, très intéressant parce que ça nous permet à chaque fois de redéfinir notre place, redéfinir nos relations, redéfinir nos frontières. Enfin en vrai, à chaque fois que ça s'est mis en branle, en vrai c'est super intéressant, c'est un vrai travail identitaire qui se fait et c'est une belle opportunité en réalité. Voilà. Et ces questions en fait que ça amène, c'est ok, quand quelqu'un empiète sur mes plates-bandes, quand quelqu'un prend de la place, est-ce que moi je peux continuer à prendre la mienne ? Voilà, ça c'est aussi une réflexion à se faire. Donc au lieu de dire à quelqu'un Elle, elle prend trop de place. Ou alors avoir la sensation que quelqu'un prend trop de place. C'est encore quelque chose qu'on m'a dit récemment. Se demander plutôt en fait ce qu'elle fait, ou ce qu'elle est, ou autre. Qu'est-ce que ça signifie pour moi ? Est-ce qu'elle m'empêche d'exister ? Est-ce qu'elle me prive de quelque chose ? Est-ce que je me sens comparée ? Est-ce que j'ai peur de perdre une position ? Est-ce que je me sens ignorée ? Est-ce que j'ai peur d'être remplacée ? Est-ce que je déteste simplement perdre le contrôle ? Est-ce que j'ai besoin que les autres respectent mes frontières ? Est-ce que je supporte difficilement qu'eux aient des besoins et des désirs ? Est-ce que, alors par exemple, je vous donne l'exemple de quand je conduis. Est-ce que j'ai l'impression qu'on m'impose quelque chose ? Parce que du coup, c'est ce que je vous disais tout à l'heure par rapport au truc de bombe. La plupart du temps, je me suis rendu compte que moi, avec ce truc de territorial, j'ai pas du tout l'impression de perdre quelque chose. J'ai jamais l'impression de perdre quelque chose. Jamais l'impression d'avoir moins de place. Jamais ça. Par contre, j'ai l'impression qu'on m'impose un truc que j'ai pas forcément envie de vivre. En fait, j'ai l'impression de plus être moi-même aux commandes. Et ça, ça me plaît pas. Et ça, ça me plaît pas. C'est-à-dire qu'il y a évidemment du contrôle là-dedans et de la souveraineté. Je pense que c'est un mélange des deux. J'ai l'impression qu'en fait, on m'impose un changement de trajectoire en scooter qui me fait vriller, en fait. Quand un mec s'assoit avec les pattes écartées dans le métro à côté de moi, en fait, le mec m'impose de prendre moins de place, mais surtout m'impose ma posture corporelle et m'impose de m'asseoir d'une certaine manière. Ça me fait profondément chier. Quand il y a un groupe de mecs qui se tient au milieu du trottoir et qui fait un peu flipper, qui font des regards salaces, en fait, ces gens-là m'imposent de changer de trottoir. Donc en fait, ils m'imposent un truc. que je ne supporte pas quand quelqu'un va conduire en scooter et se rabattre alors qu'en fait j'étais juste en train de doubler me fait une queue de poisson en fait cette personne m'impose de changer mon mouvement alors que j'étais tranquillement en train de conduire j'avais rien demandé à personne entre guillemets donc en fait c'est surtout ça c'est j'ai l'impression de subir et j'ai surtout l'impression qu'on m'impose un truc et ça c'est quelque chose que j'accepte pas voilà donc je vous donne un exemple parce que si je me dis ça peut toujours vous vous parlez et donc c'est ce truc aussi à faire que je me rends compte c'est Quelle est la différence entre protéger ses frontières et contrôler son territoire en fait ? Une frontière, c'est voilà ce que j'accepte et voilà ce que j'accepte pas. Le contrôle, c'est plutôt voilà ce que les autres ont le droit de faire ou pas. Voilà, c'est mince, mais ça change tout. Donc je vous donne un exemple, vous pouvez dire à quelqu'un ne me parle pas comme ça, mais vous pouvez pas dire t'as pas le droit de parler comme ça aux autres. C'est pas la même chose. Vous pouvez protéger votre relation, vous pouvez pas contrôler les relations que l'autre va avoir. Vous pouvez protéger votre espace, vous pouvez pas décider ce que personne autour... Enfin... Qui autour de toi a le droit de prendre de l'espace ou pas ? Voilà. Et il y a une chose dont je me rends compte, c'est que plus on a confiance en soi, plus on a d'estime de soi, etc., moins on a besoin de défendre sa place en permanence. Ça, c'est sûr et certain. Parce qu'en fait, on ne se sent pas attaqué par le fait que les autres prennent leur place. Par contre, plus on est souveraine, plus on a confiance en nous, plus on a d'estime de nous, plus on a d'assertivité, moins on supporte qu'on empiète sur notre souveraineté. On est très très ferme en fait avec ça, très ferme avec ça. Encore une fois, je sais que moi c'est un truc qu'on m'a déjà reproché, j'ai déjà entendu des hommes me dire « Ah, tu supportes pas de te laisser faire, on peut pas faire ci, on peut pas faire ça, on peut plus rien dire » , et un peu ce truc-là. Et c'est vrai qu'en fait, plus je vieille, plus je suis tranquille, j'ai pas envie de... Je me sens pas attaquée sur la place que je prends et je me sens pas besoin de défendre ma place. Par contre, je me sens de plus en plus ferme et précise sur les frontières à franchir et à pas franchir. en vrai. Je trouve que c'est pas mal. Voilà, il y a juste des endroits où, en effet, c'est du contrôle. Il faut juste apprendre à se détendre. Ça peut être pas mal. Voilà, donc la notion de territoire, en jouant, je la trouve super intéressante. Ça permet, un, de comprendre que personne ne prend jamais notre place, mais que oui, il y a des gens qui vont, en empiétant sur votre territoire, vont venir vous faire changer quelque chose. Ça peut être votre trajectoire, votre relation, quoi que ce soit. Et c'est tout à fait normal que ça vous impacte. Et tout à fait normal qu'il y ait des réactions et tout. Mais du coup, c'est aussi aller voir, en fait, Ok, qu'est-ce qui se joue là ? Et souvent, encore une fois, ça dépend des gens, mais en tout cas, moi dans mon cas, ce que je remarque, c'est que souvent, c'est parce qu'en fait, ça vient toucher à ma souveraineté et à mon intégrité. Je ne peux plus être intègre comme je voulais le faire ou je ne peux plus être souveraine ou je ne suis plus en contrôle de mon propre véhicule, de ma propre vie finalement. Voilà, j'avais envie de vous partager ça parce que je trouve que franchement, ça joue sur beaucoup de choses en fait, dans la notion de visibilité, dans la notion d'entreprenariat, dans la notion de délégation, dans la notion de relation amoureuse, de relation sexuelle, de conduire sur la route. De plein de choses. Et voilà. Et en fait, au lieu de se dire tout le temps est-ce que je suis jalouse, est-ce que je suis possessive, est-ce que je suis contrôlante, etc. Est-ce qu'on ne pourrait pas se dire en fait, je suis une femme territoriale. Et voilà. Juste ça. Moi, je suis territoriale. Voilà, je l'accepte. J'ai hâte de vous lire. En vrai, j'ai hâte de savoir comment vous vivez le truc. Je serais très contente de savoir si c'est votre cas ou pas. Je vous embrasse et on se retrouve la semaine prochaine. Ciao.