- Speaker #0
La voie des femmes Quand les silences prennent enfin la parole La voie des femmes
- Speaker #1
Je suis Cindy Heiniger, journaliste. La Voie des Femmes, c'est un podcast fait par des femmes, pour des femmes. Pas un podcast de plus sur la femme moderne. Pas un guide en dix étapes vers le bonheur. Un espace vrai où l'on parle enfin de ce qu'on tait depuis trop longtemps.
- Speaker #2
Bienvenue dans La Voie des Femmes.
- Speaker #0
La Voie des Femmes, un podcast malyce.ch
- Speaker #1
Bonjour à toutes et bienvenue dans ce nouvel épisode. On dit souvent qu'il faut être forte, tenir, gérer le travail, la famille, le couple, les autres... toujours les autres. Mais qu'est-ce qui se passe quand le corps et l'esprit n'en peuvent plus, quand la limite est franchie sans qu'on l'ait vu venir ? Aujourd'hui on parle de burn-out, pas comme un concept abstrait mais à travers des vies réelles, des effondrements réels aussi et des reconstructions. Des femmes qui ont tout donné jusqu'à ne plus rien avoir et qui sont là pour en parler. Tu vas découvrir le témoignage de Pascale qui a vécu un burn-out professionnel et personnel. Ensuite c'est Mélissa Piquerez, psychologue, qui sera avec nous pour nous expliquer ce que c'est que le burn-out. Qu'est-ce qui se passe exactement dans notre cerveau ? Et surtout, comment faire pour éviter d'en arriver là ? Et pour conclure l'émission, ce sont Céline et Laura qui seront là. Elles ont ouvert ensemble un espace de parole autour du burn-out. Après avoir toutes les deux passé par là, elles ont eu envie d'aider aussi autour d'elles, proposer donc un espace pour les femmes, pour se confier sur ce qu'elles ont traversé. Notre première invitée s'appelle Pascale. Pendant 20 ans, elle a tout vécu en double. L'épuisement professionnel, Merci. et l'épuisement conjugal, parce que son mari, violent et manipulateur, était aussi son associé. 20 ans à tenir, 20 ans à douter d'elle-même, jusqu'au jour où tout s'est effondré. Et paradoxalement, cet effondrement a été le début de sa liberté. Pascale, merci d'avoir la force de partager tout ça avec nous.
- Speaker #0
Je commencerai par dire qu'un burn-out, c'est une sacrée vrille, à la fois physique, psychique. et émotionnelle. Et moi, j'en ai pris conscience, j'ai pris trop de temps à en prendre conscience. Sans doute aussi parce qu'un burn-out, ça cache d'autres choses dans sa vie qu'on n'a peut-être pas forcément envie de voir et qu'on n'est pas en mesure de travailler à ce moment-là. Et qui peut se montrer très inacceptable à un moment donné. Si j'avais vu... Si j'avais pu voir les signes précurseurs, ça m'aurait permis de poser beaucoup plus vite mes limites et de respecter ma santé et moi-même, tout simplement. Je dirais que comme beaucoup d'entre nous, on a une vie qui est à fond. Moi j'étais à ce moment-là en pleine construction, j'ai rencontré mon mari de l'époque. On a construit une boîte ensemble, puis les enfants sont arrivés et donc on est à fond. Et bien sûr, j'avais une journée comme beaucoup de femmes, trois journées en une, pour prendre soin de tout ce qui m'entourait et tenir la boîte avec des objectifs de rentabilité bien évidemment. Il faut faire tourner tout ça pour élever ses enfants en même temps et puis développer. Et tout ça, majoritairement sans reconnaissance, mais pas sans reproche. Parce que quand on a des zones où on a moins d'énergie, évidemment ça gêne beaucoup dans l'entourage. Et nous, on ne s'accordait pas beaucoup de temps. On avait très peu de vacances. Une semaine l'hiver, deux semaines l'été. Et en général, on était toujours connectés pour faire tourner la boîte. C'était une petite boîte. Et donc, on n'avait pas beaucoup de loisirs non plus. Pas le temps. Et s'il y en avait, c'était pour les enfants, le week-end. Quand il n'y avait pas des salons, des choses comme ça. Donc ça... Ça s'est rentré, il n'y avait plus de clivage entre la vie personnelle et la vie professionnelle. C'était tout très serré. D'ailleurs les enfants te le disent plus tard, ça aussi, même si tu mets tout ton coeur et qu'ils ont toujours été dans ma priorité puisque quand tu as ta boîte que j'ai intégrée plus tard, parce que quand elle a été créée, j'avais mon propre job et je ne voulais pas travailler en couple et finalement ça s'est fait quand même, pour des raisons que j'expliquerai plus tard. Donc j'étais dévouée et puis petit à petit, on s'isole parce qu'on n'a pas d'amis, pas le temps que les connaissances de boulot, pas le temps de sortir, pas de resto, pas de moment en couple et de plus en plus seule. Donc, ce n'était pas forcément... Mais on ne s'en rend pas forcément compte, puisqu'on est toujours dans le flow, il faut continuer, il faut tenir. Et moi, j'étais très attachée à développer l'entreprise, à faire les choses de façon qualitative, voire peut-être perfectionniste aussi, ça c'est un défaut qu'on a beaucoup, nous les femmes, pour faire les choses bien. Donc petit à petit, on ne se rend pas compte que ça impacte le corps. Les premiers signes physiques, c'est cette espèce d'épuisement en fait. Et puis après, j'ai perdu du poids et je n'arrivais plus à respirer. Ma respiration restait sur le haut et ne traversait jamais le diaphragme. Le plexus solaire était bloqué. Mais tout ça, tu ne sais pas, tu continues. C'est pareil, il y avait beaucoup d'acidité dans le corps, il y avait des... Tu sais, des fois ça te sort partout les pores, c'est l'eczéma. Il y a beaucoup de femmes qui sont confrontées à ça quand c'est trop, mais sans pouvoir le dire, parce qu'on n'est pas forcément entendue. Autant que ça tourne, on ne s'inquiète pas. Voilà. Et psychiquement, c'était effectivement moins d'envie de faire d'autres choses, plus l'énergie, les moments, les seuls moments où on arrivait, où je pouvais me poser, je n'avais pas envie de faire autre chose parce que j'étais trop fatiguée. Donc l'idée, c'était de se poser pour pouvoir se ressourcer quelques instants à soi, ce qui était très très rare parce que si mon ex-mari ne m'accordait pas ça. Donc je n'avais plus non plus de lieu, ni au boulot où on était constamment ensemble, ni à la maison pour me retirer et pouvoir me ressourcer. Pas le temps d'aller dans la nature, pas le temps d'aller au cinéma, pas le temps d'aller au resto, rien. Voilà, juste cinq minutes pour se poser. Et puis émotionnellement, petit à petit, ça devenait les montagnes russes. Entre rien, parce que trop fatigué, et puis la colère, parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas, mais on ne sait pas d'où ça vient. Et ça devient progressivement toxique. Et puis moi, il y a eu un déclencheur à un moment donné, puisque j'ai perdu mon père. Et en même temps, on lançait une filiale qui était une danseuse et qui n'avait rien d'essentiel. Mais bon, c'était le rêve de mon mari. Donc du coup, j'ai foncé. Et j'ai géré à la fois le décès de mon père, ma mère. Il fallait tenir. Et là, j'ai commencé à avoir des prises de conscience puisque je n'avais aucun soutien de mon mari. et comme on n'avait pas d'amis, et j'avais effectivement la honte d'en parler, je culpabilisais de me dire mais tu ne tiens pas, mais tout le monde vit ça en fait. Et donc tu commences à te poser des questions, et petit à petit tu fais un peu plus attention, et puis je suis allée voir quelqu'un pour me déposer un peu, et là j'ai pris conscience de beaucoup de choses. Pas tout de suite, parce que tout le monde n'est pas formé à certaines formes de toxicité. Et petit à petit, j'ai pris conscience des violences psychiques, des humiliations, des mises en porte à faux, à la fois à la maison, à la fois... Rien n'était jamais bien, et puis au boulot aussi, et devant les actionnaires, et puis par rapport aux clients. Et quand j'essayais d'en parler, c'était très compliqué, il n'y avait plus de communication possible. Donc, et si je m'opposais, ce que j'ai fait à un moment pour protéger mes enfants, eh bien ça finissait par des coups. Donc là, ça a été la prise de conscience supplémentaire. Je me suis dit, le stress excuse beaucoup de choses, mais il y a quand même des limites. Jusqu'à ce que je me retrouve dans une zone de dissociation émotionnelle. Et là, c'est tu te lèves le matin. D'ailleurs, tu ne peux pas te lever. Tu le fais mécaniquement. Tu ne ressens plus rien. C'est génial, tu te dis, plus d'émotions, c'est tranquille. Tu ne sens rien, tu n'as pas de souffrance. Ouais, ben profite quoi ! Mais non, tu ne peux même pas parce que s'il n'y a pas d'émotions, il n'y a pas de vie. La vie n'est plus là. Donc tu te lèves, tu fêtes, tu amènes tes enfants à l'école, tu vas au boulot. Et puis à un moment donné, je me suis dit, mais je ne peux pas vivre comme ça, il n'y a pas d'énergie, il n'y a pas de sens, tu perds tout, tu perds le sens de ta vie, tu n'as plus de boussole. Donc j'ai sombré trois jours avec rien. Et je me suis dit, comment est-ce qu'on peut en arriver là et tu n'as plus de... ta vie n'a plus de sens, c'est l'encéphalogramme plat, c'est le cœur plat, tout est plat, et là tu te dis, c'est pas possible, je peux pas vivre comme ça. Donc à partir de ce moment-là, eh bien, j'ai commencé à faire des démarches, et bien sûr, il y a Cette volonté de te retrouver face à toi-même, une démarche qui n'est pas facile, parce que tu te dis comment j'ai pu en arriver à ce stade-là et accepter tout ça. Et je suis donc allée voir plusieurs psychos qui ne connaissaient pas le système des toxicités. Et puis j'ai fini par tomber sur une qui à la première séance me dit il n'y a plus rien de naturel, vous êtes en burn-out, attention aux crimes passionnels. Et là, tu te dis, c'est plus grave que je ne pensais. Donc, tu commences à mettre des choses en place. Mais ce n'est pas pour ça que tu n'es pas en burn-out. Mais tu ne t'en rends toujours pas compte. Jusqu'à ce que le corps lâche complètement. Alors, je n'en suis pas arrivée là puisque... Excuse-moi, c'est un petit peu difficile au niveau des émotions de revivre certains passages. Mais quand tu as deux enfants, que tu as une boîte à marier et que tout est en commun, tu es pied et poing lié pour sortir de là. Et tu comprends que tu vis avec quelqu'un que tu ne connais pas depuis 20 ans et qui est un pervers narcissique. Alors tu ne sais pas ce que ça veut dire ce terme. Donc tu vas voir des associations, tu fais des démarches pour demander de l'aide, pas grand monde le comprend à cette époque-là, puisque ce qu'on appelle aujourd'hui le contrôle coercitif, qui est la loi qui est sortie en mars 2025, le moment où tout s'est terminé pour moi, ça n'existait pas à l'époque. Il n'y a pas cette conscience, tout ça s'est sorti beaucoup plus après le Covid, où les gens se sont révélés et où il y a eu beaucoup de violences intrafamiliales. Et moi j'étais déjà confrontée à ça avant, sans en avoir conscience et sans avoir conscience de la gravité des choses. Donc quand c'est comme ça, moi qui n'étais jamais arrêtée, mon médecin m'a arrêtée et... pendant mon burn-out, j'ai dû donc tout déconstruire par de la burn-out continuer malgré tout mais pas pour les mêmes pas pour les mêmes raisons il n'y avait plus cette loyauté, mes loyautés se sont déplacées et mes énergies les quelques-unes qui me restaient se sont orientées vers la déconstruction puis ma libération Merci. Puis la protection des enfants et tout ça ensemble. Donc j'ai tout déconstruit, je suis sortie de l'entreprise, au risque de tout perdre. Le couple s'est défait, ma vie a littéralement explosé. Alors le fait de sourire aujourd'hui, c'est de se dire, en fait tant mieux. Parce que ça a permis des prises de conscience. C'est difficile de se regarder en face, de se dire comment c'est possible. Il y a des choses qui sont indicibles, inconcevables, et notamment tout ce qui est toxicité perverse. Donc tu apprends, j'ai beaucoup appris là-dessus, en long, en large et en travers, j'ai étudié ces fonctionnements-là pour pouvoir en sortir, puisque j'étais totalement formatée. Et que le burn-out n'était jamais qu'une conséquence de tout ça, qui appuyait sur des loyautés, sur le dévouement des femmes à leur famille. Et jusqu'à ce que tu fasses comme la grenouille, tu sais, qui est dans sa mijoteuse. Et c'est une image qui correspond vraiment. Où on te met dans l'eau chaude, tu es bien. Et puis petit à petit, l'eau diminue, l'eau diminue. La température monte et la petite grenouille qui est au fond, elle t'essèche. Donc, perte de poids, plus d'énergie. Donc, toutes tes ressources en fait te sont retirées. petit à petit. Et tu laisses faire parce que tu n'as plus de limites, parce que tu n'as plus l'énergie de te battre. Donc, les quelques énergies qui te restent, il faut les orienter vers ce qui fait sens pour toi et déjà, il faut le retrouver. Pour moi, ça a été de me dire je veux couper cette toxicité pour mes enfants. dans le transgénérationnel parce que sinon ils vont emporter ça avec eux et avec le risque de reproduire ou de transmettre à leurs enfants ou etc donc mon combat il est parti de là en fait j'ai donc pris le temps de tout déconstruire ça m'a pris 10 ans parce qu'il a fallu mettre en place des stratégies et au début tu n'as pas tout ça tu ne sais pas où tu vas, les gens ne comprennent pas et tu faut que tu trouves tes propres solutions. Alors, trouver tes propres solutions, de toute façon j'ai fait ça toute ma vie, mais je les trouvais pour les autres. Et quand il s'agit de les trouver pour toi, en tant que femme, à qui on t'a appris, surtout ma génération, qu'il faut, tu es là pour les autres en fait, et tu t'oublies au passage. malgré le fait que j'avais une maman qui a travaillé au planning familial, qui a quand même travaillé sur la féminité et la libération de la femme. Mais quand même, ça ne fait pas si longtemps que ça, que les femmes, je crois que ça date de 1965, où elles ont le droit d'avoir un compte à elles, où elles n'ont pas besoin de demander à leur mari pour faire des choses. Et moi, à la fin, c'était ça. Je ne pouvais même pas aller au cinéma. Ah ben non, attends-nous. on va y aller ensemble. Et en fait, ça n'arrivait jamais. Donc c'est des petits détails comme ça, au fur et à mesure, qui se sont empilés et qui m'ont fait prendre conscience. Voilà, mais pas toute seule, bien évidemment. Alors si j'avais eu tous ces signes précurseurs, si j'avais eu conscience de ça, ça m'aurait évité beaucoup de casses en interne. J'aurais pu poser mes limites plus tôt. Après sortir de 20 ans d'emprise, ça se fait pas du jour au lendemain, puis c'est une vraie reconstruction, déconstruction, reconstruction, et pourquoi on a été confrontés à ça ? Alors j'ai de la chance, moi j'ai de la chance d'en être sortie. Mais c'est aussi un choix profond où le combat est à la fois interne et externe, sociétal. C'est des vrais choix de vie. Et je me rappelle qu'il y a quelqu'un qui m'avait posé la question « Et toi, ta résolution de nouvelle année ? » Alors, je n'aime pas les résolutions de nouvelle année. « C'est quoi ? » Je ne savais pas quoi répondre à l'époque que j'étais encore sous l'eau. Et j'ai répondu « Restez zen en n'importe quelle circonstance » . Ah ben ça a été utilisé en long, en large, en travers. Mais aujourd'hui, ça reste encore mon challenge de vie. Et j'ai énormément appris de tout ça. J'ai utilisé et essayé et testé des tas d'outils pour se libérer, pour s'apaiser. Alors que c'était moi qui apaisais tout le monde, personne n'était là pour le faire. Donc j'ai dû le faire moi-même, évidemment pas toute seule. Mais tu apprends et j'ai développé mes propres méthodes à la fois de sécurisation de structuration, parce que si tu structures pas en fait ce que tu défends, ça te sécurise pas. Le fait d'avoir quelque chose, de construire une stratégie où tu as des documents officiels qui sont incontestables des faits, qui sont incontestables des preuves, parce qu'en fait les preuves n'aboutissaient pas bien sûr, c'est ta parole contre celle de l'autre. Donc vouloir démontrer qui est l'autre, finalement ça n'a aucun intérêt. L'idée c'est de sortir de là. Et moi, mon cheval de bataille, ça a été ça. C'est-à-dire, j'ai un objectif, je veux couper tout lien, et tout lien toxique. Donc je structure, je mets des faits en face, des documents officiels qui sont incontestables. Tu peux faire tous les mensonges du monde, mais à un moment donné... Alors évidemment, je n'ai pas compris ça tout de suite, mais au fur et à mesure. Et à un moment donné, quand c'est incontestable, ben voilà. C'est matériel, on ne va pas plus loin. Il n'y a plus ce jeu et cette accroche émotionnelle que l'autre cherche à faire disjoncter, puisque toute cette énergie des émotions qui te ponctionnent, en fait, tu la mets ailleurs, dans quelque chose de constructif, de structuré, et qui devient incontestable, donc tu deviens inaccessible, en fait. Et c'est comme ça que j'ai créé aussi le podcast Hors de Portée. Puisque c'est une façon de sortir en douceur sans que l'autre puisse encore avoir d'accroche, puisque tu es hameçonné par ces gens-là. Donc il faut défaire les hameçons les uns après les autres, qui te laissent évidemment beaucoup de marques. Donc tout ça, après, c'est à chaque fois que tu cicatrices un bout, c'est un véritable soulagement, c'est de l'apaisement. C'est un stress en moins, c'est une couche en moins, c'est un vrai bonheur en fait de retrouver la vie en soi et les essentiels. Et j'en ai construit aujourd'hui une autre façon de vivre, un art de vivre, en restant zen dans n'importe quelle circonstance. Puisque ce que me présente la vie, je me dis ok, c'était dur. Si j'avais eu des décodeurs avant, ça m'aurait permis de transcender cette souffrance plus rapidement, de perdre moins de temps, moins d'énergie, ou d'orienter plutôt mes énergies au bon endroit. Et aujourd'hui, c'est aussi ce que je propose aux femmes qui sont confrontées à ça, c'est en trois étapes, c'est l'apaisement, la sécurisation concrète. Parce qu'à partir du moment où ton cortex préfrontal est apaisé, il est sécurisé, tes émotions aussi s'apaisent et tu peux réaligner le cœur, le corps et la conscience sur tes objectifs de vie et de libération. Après tu peux construire ton art de vivre à toi, qui te respecte et qui te ressemble. J'espère que j'ai pu transmettre un message plein d'espoir. Et même quand c'est dur, il y a toujours de l'espoir à partir du moment où tout au fond de soi, on le choisit. En toute conscience. Ce qui peut l'aider à se rendre compte, c'est des choses parfois qu'on minimise dans le corps. Si tu es plus souvent malade, des petites choses, des rhumes, des petites maladies comme ça qui s'engravent, et puis qui reviennent plus régulièrement, c'est déjà un signe de fatigue physique. C'est que ton système immunitaire fonctionne moins bien. S'il fonctionne moins bien au niveau physique, il fonctionne aussi moins bien au niveau psychique. Et donc ça rentre ensuite dans le mental, et tu tournes en rond. Tu as toujours des boucles de choses qui reviennent, et qui ont créé des autoroutes neuronales qui ne sont pas orientées vers tes objectifs à toi, mais toujours vers les autres. Et tu veux toujours mieux faire, et tu attends la reconnaissance. Donc c'est aussi une façon... Quand on n'est pas bien et qu'on a besoin d'aide, qu'on n'ose pas demander, ça fait partie aussi des choses qui sont difficiles à dire, eh bien on se retire, on se replie, et ça c'est pas forcément la bonne chose, parce que du coup tu deviens plus objectif sur toi-même, et donc ça tourne. Et après, ça s'engramme évidemment dans le cœur, puisque tes émotions, elles tournent en rond, leurs énergies sont toujours orientées vers autre chose que ce qui te respecte toi. Donc c'est important de prendre conscience que tu as des tout petits signes et que tu as quatre niveaux. Donc dans l'un de mes épisodes, j'explique les quatre niveaux. de stress qui petit à petit s'engrave. Mais si tu veux sortir des autoroutes neuronales qu'on a créées sur toi, parce que c'est tellement pratique d'avoir quelqu'un qui donne sans compter, sans reconnaissance et à qui on peut tout reprocher puisqu'elle prend toutes les responsabilités. Voilà, donc à un moment donné, non, on n'est pas responsable du monde entier et au contraire, ça ne fait pas évoluer les choses. c'est assez difficile à dire. Mais quand on prend toutes les responsabilités, on ne laisse pas la responsabilité à l'autre non plus. C'est très confortable pour l'autre, mais à un moment donné, ça ne lui donne pas non plus de pouvoir sur sa vie. Donc ça marche dans les deux sens. Et si on veut équilibrer, chacun doit trouver sa place. Et c'est toute une reconstruction des autoroutes neuronales autour de ça. Pour réorienter les énergies vers ce qui est important. Et pas tourner en rond, et pas toujours les mettre au service des autres, parce que quand on n'a plus, ta jauge est vide, c'est comme dans les jeux vidéo. Tu as une vie, tu as peut-être plusieurs vies, d'accord, mais pas en une seule vie. En tout cas, ta jauge, il faut la re-remplir, et pour ça, il existe plein de possibilités de se ressourcer. Chacun à sa manière. Il faut juste trouver quelle manière et puis après désactiver les autoroutes neuronales mal orientées pour en créer d'autres qui sont connectés à ce que tu es vraiment, à tes talents, à ta personnalité, à ton positif, à tout ce que tu développes pour les autres et qui peut être mieux orienté, plus équilibré si tu... si tu trouves toi ton alignement entre le cœur, le corps et la conscience.
- Speaker #1
Ce que Pascale vient de partager, c'est une histoire qui parle à beaucoup de femmes, même si chaque burn-out est complètement unique, mais qu'au Comment expliquer ce qui se passe vraiment dans le corps et dans la tête ? Comment est-ce qu'on reconnaît les signaux ? Et surtout, comment on fait pour s'en sortir ? Pour nous aider à comprendre, j'ai le plaisir de recevoir Mélissa Piquerez, psychologue à Martigny, qui va mettre des mots sur ce que Pascale a traversé et nous donner des clés concrètes. Bonjour Mélissa.
- Speaker #2
Bonjour Cindy.
- Speaker #1
Est-ce que vous aimeriez déjà rebondir sur le témoignage de Pascale ?
- Speaker #2
Oui, alors c'est vrai que dans le témoignage de Pascale, on voit qu'il y a une double problématique. Il y a la problématique de l'emprise. et les violences conjugales et cette problématique du burn-out. Donc la dernière fois, je vous ai apporté mon éclairage sur les violences conjugales. Aujourd'hui, je suis ravie d'être là avec vous pour parler du burn-out.
- Speaker #1
Alors comment est-ce qu'on pourrait déjà définir un burn-out ? C'est un terme qu'on entend beaucoup aujourd'hui, mais qui peut être un petit peu flou.
- Speaker #2
Oui, le burn-out, ce n'est pas juste être fatigué. C'est vraiment un processus d'effondrement progressif. qui est liée à un stress chronique dans une situation où la personne a vraiment le sentiment de ne pas pouvoir relâcher sans conséquence. Je dirais qu'il y a deux points clés à mettre en évidence. Le premier, c'est que ce n'est pas juste l'intensité du stress, mais c'est vraiment cette chronicité et ce sentiment qu'il y a une absence d'issue. Et puis le deuxième point, c'est que ce n'est pas un phénomène individuel, ça découle vraiment d'une interaction entre une personne et un système.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qu'on pourrait donner comme différence entre un simple épuisement, justement de la fatigue, et le burn-out ? C'est quoi qui va faire la différence ?
- Speaker #0
L'épuisement, c'est un signal. On dépasse ses limites et puis on récupère avec du repos, du sommeil, et puis après, ça repart. Le burn-out, c'est quand ce signal a été ignoré trop longtemps et que le repos, il ne suffit plus, parce que le rapport aux autres, au travail et à soi-même, il est déjà altéré. Peut-être de donner une image pour illustrer un petit peu ça, c'est que l'épuisement, c'est le voyant rouge de votre voiture qui s'allume pour vous dire qu'il y a un problème. Et puis le burnout, c'est de continuer à rouler avec ce voyant rouge jusqu'à finalement griller le moteur.
- Speaker #1
Et le burnout, ce n'est pas forcément lié qu'au travail ?
- Speaker #0
Non, c'est vrai qu'on en parle beaucoup dans le travail, mais le point commun, ce n'est pas le travail en soi. Il y a plusieurs points qu'on distingue. Le premier, je dirais que c'est un haut niveau d'engagement personnel dans quelque chose. Le deuxième, c'est qu'on a une valeur morale qui est attachée à cet engagement. Et puis le troisième, c'est une difficulté à poser des limites. Donc, il peut y avoir des burn-out, par exemple, dans la parentalité. Si je prends une mère de jeunes enfants qui est très investie, qui gère tout, ses enfants, la maison, sa vie professionnelle, et puis qui ne s'autorise jamais à relâcher, elle, elle ne va pas forcément se vivre comme un burn-out. Elle va se dire que c'est normal, que ça fait partie du rôle du monde et que tout le monde se fait ça, alors qu'elle peut très clairement être en burn-out parental. Ou bien quelqu'un qui serait proche aidant. Pour une personne malade, au début, c'est naturel, ça a du sens. Mais avec le temps, s'il n'y a pas de relais, il n'y a pas de pause possible, la personne s'oublie complètement et ne peut pas récupérer. Dans les deux exemples que je viens de citer, ce qu'on voit, c'est que le problème, ce n'est pas le travail. C'est vraiment un engagement fort sans possibilité réelle de récupération.
- Speaker #1
Et vous l'avez dit au départ, le burn-out s'installe gentiment. Ce sont des choses qui se font progressivement. Quels sont alors les... premiers signaux qui peuvent être assez faibles mais qu'on va commencer par ignorer ?
- Speaker #0
Il peut y avoir le fait d'avoir moins de plaisir, moins d'intérêt dans des choses ou des activités qui d'habitude nous font plaisir, d'être plus irritable, aussi d'avoir une fatigue qui ne passe pas vraiment, même avec du repos. Et puis aussi, comme le disait Pascale dans son témoignage, cette tendance à fonctionner un peu en mode pilote automatique, de continuer à faire les choses sans vraiment être dedans.
- Speaker #1
Et pourquoi on ne se rend pas compte alors qu'on est en train de basculer ?
- Speaker #0
Parce qu'on fonctionne encore en apparence et on tient, donc on se dit que ça va. Et finalement, c'est comme si cette résistance, elle devenait une preuve de bonne santé, alors que ce n'est pas le cas. Il y a aussi souvent un biais identitaire derrière. Si son identité, c'est d'être quelqu'un de fort, de solide. Alors s'arrêter, ça peut devenir une menace ou même être vécu comme un signe de faiblesse ou de vulnérabilité pour la personne. Et puis, il y a aussi l'habituation. Finalement, on s'adapte progressivement à un état dégradé sans vraiment s'en rendre compte.
- Speaker #1
Dans notre société aujourd'hui aussi, on attend beaucoup. On a toujours l'impression que la pression est très forte. Est-ce que des notions comme le perfectionnisme, le sens du devoir, la loyauté, tous ces points-là, ça peut aussi jouer un rôle dans un burn-out ?
- Speaker #0
Oui, et souvent de manière très concrète. Par exemple, quelqu'un de perfectionniste qui va passer deux heures sur une tâche alors qu'il pourrait en prendre 30 minutes parce que, selon lui, ce ne sera jamais assez bien, jamais à la hauteur. Ou des personnes avec un sens du devoir très fort, elles vont systématiquement accepter des tâches supplémentaires alors qu'elles sont débordées parce que pour elles, c'est vraiment inenvisageable de pouvoir dire non. Et puis, vous parlez aussi des loyautés. Il y a aussi les loyautés invisibles. Quelqu'un qui aurait grandi dans une famille où il faut tenir, il ne faut pas se plaindre, va certainement reproduire ça sans même s'en rendre compte. Ce qui est insidieux, c'est que ce que vous citez, ces qualités, le perfectionnisme, le sens du devoir, les loyautés, c'est des qualités qui sont souvent valorisées dans la société. Et ce n'est pas ces qualités-là qui vont causer le burn-out, mais c'est plutôt leur rigidité. qui empêchent de s'arrêter, voire même qui vont nous pousser à continuer alors que ça nous coûte trop.
- Speaker #1
Et il y a certaines personnes qui vont même continuer même si les signaux d'alerte deviennent très forts. Et là aussi, c'est vraiment une inconscience de la problématique ?
- Speaker #0
Oui, parce que finalement, s'arrêter, c'est un coup psychique important. Il peut y avoir de la culpabilité. Par exemple, refuser une demande, ça peut donner l'impression d'être égoïste ou pas à la hauteur. Il y a aussi la peur de décevoir. Moi, j'ai souvent des patients qui me disent « mais je ne peux pas accepter un arrêt de travail parce que si je lâche maintenant, je laisse tomber mes collègues, je les abandonne. » Et puis, comme je le disais tout à l'heure, s'il y a une identité qui se définit par ça, ça amène une perte de repère identitaire, de se dire « mais si je ne fais plus ça, je suis qui ? » Donc, pour ces différentes raisons, inconsciemment, certaines personnes, elles préfèrent continuer à s'épuiser plutôt que d'affronter ces remises en question.
- Speaker #1
Et quand on parle de burn-out, très souvent, les gens qui témoignent disent que c'est vraiment un moment T, un moment très précis, ça s'est effondré. Qu'est-ce qui se passe au niveau émotionnel et dans la tête quand on a ce moment de burn-out ?
- Speaker #0
En fait, c'est comme si le système nerveux était un peu en mode alerte prolongée et tout d'un coup, il crache. Et puis ça, on va le voir sur différents niveaux. Le premier, c'est au niveau cognitif. Il y a vraiment une saturation au niveau cognitif avec une altération de la concentration. la difficulté à prendre des décisions. Et puis, comme le disait aussi Pascale dans son témoignage, un peu cette sensation de brouillard mental où tout demande plus d'efforts. Le deuxième niveau, c'est au niveau émotionnel. Il y a une altération émotionnelle qui peut prendre deux formes. Soit c'est vraiment une anesthésie des émotions où on ne ressent plus rien, on se sent vide. Soit au contraire, un peu une hyperactivité avec de l'irritabilité, du stress et une hypersensibilité. Le troisième niveau, c'est qu'il y a comme cette perte de sens, ce qui motivait à plus d'effets, avec un peu ce truc de se dire « mais à quoi bon continuer ? Où c'est que je vais avec ça ? » Et puis le dernier niveau, c'est l'atteinte de l'estime de soi. Il y a souvent un sentiment d'échec, de honte et puis de la dévalorisation. Et puis le piège, c'est que plus la personne s'effondre, plus elle va s'attribuer la responsabilité de ces problématiques-là.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut toujours dire qu'il y a ce moment de bascule qui arrive à un moment précis ?
- Speaker #0
C'est souvent un peu trompeur parce qu'on imagine souvent la scène très claire de la personne qui a craqué, qui pleure et qui s'effondre. Mais souvent, la vraie bascule, elle ressemble à quelque chose de beaucoup plus banal. Quelqu'un qui, un matin, va ouvrir son ordinateur et puis qui reste bloqué, incapable de commencer son travail ou qui reçoit un message plutôt anodin et puis qui reçoit tout d'un coup une montée d'angoisse qui est disproportionnée. Vu de l'extérieur, ça peut sembler comme des événements petits. mais intérieurement, en fait, c'est le signe qu'il y a quelque chose qui est déjà saturé. Donc, je dirais que le moment de bascule, ce n'est pas vraiment le début du problème, mais c'est le moment où il devient impossible de continuer à faire semblant que ça va.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qu'il faut faire ? Alors, on commence par quoi quand on arrive à ce stade-là ?
- Speaker #0
Alors, la priorité, ce n'est pas de comprendre tout de suite, ni de se dire, il faut que je me remotive, parce que d'ailleurs, ce n'est pas du tout un problème de motivation. Il y a trois niveaux. Le premier, c'est de pouvoir réduire la charge. Et ça, c'est souvent le plus difficile parce que ça va à l'encontre de tous les réflexes. Réduire la charge, ça veut dire peut-être accepter un arrêt de travail, prévenir qu'on ne peut pas assumer certains dossiers, ou déléguer, arrêter de gérer seul certaines tâches. Et c'est des décisions qui peuvent sembler difficiles au début parce que c'est confrontant, mais ça évite un effondrement beaucoup plus brutal derrière. Le deuxième point, c'est de récupérer physiquement. C'est quelque chose de basique, mais qui est souvent négligé. Souvent, les personnes en burnout, c'est des personnes qui dorment mal depuis des semaines, mais qui continuent à se lever tôt, à garder le même rythme dans leur journée, comme si de rien n'était. Donc récupérer, ça peut être dormir beaucoup, parfois plus que d'habitude, ralentir le rythme de ses journées, et puis réintroduire des temps de pause sans stimulation, sans objectif. Ce n'est pas spectaculaire, mais c'est vraiment nécessaire pour que le reste tienne. Et puis le troisième point, c'est de stabiliser émotionnellement. Comme je disais avant, quand il y a un burnout, les émotions sont instables, ou au contraire, complètement émoussées. ça veut dire que ça peut être des personnes qui peuvent se mettre à pleurer pour un détail ou bien ressentir une forte anxiété sans qu'il y ait de raison vraiment claire ou à l'inverse de ne plus ressentir grand-chose comme si tout était plat. Et dans les deux cas, il y a un accompagnement qui est nécessaire, que ce soit par un philipsine, parfois aussi par une aide médicamenteuse pour réguler les problèmes d'anxiété ou de sommeil. Et puis la réflexion, elle vient vraiment dans un second temps quand on a retrouvé un minimum de stabilité sur ces trois points-là. Pouvoir réfléchir, qu'est-ce qui a mené à ça et pourquoi. Et c'est souvent assez difficile parce que ces trois étapes, finalement, elles demandent d'en faire moins, alors que tout nous pousse à vouloir faire plus pour s'en sortir.
- Speaker #1
Et un burn-out, ce n'est pas une grippe, ça passe rarement en dix jours. Combien de temps il faut compter à peu près pour s'en remettre ?
- Speaker #0
Ça dépend de la situation. Dans les formes légères, ça peut être quelques semaines, mais ça peut être plusieurs mois, voire plus dans des formes plus installées. Ce qui va vraiment dépendre, c'est l'intensité de l'épisode et puis les changements qui vont être apportés. Et puis, je pense que c'est important aussi de rappeler que ce n'est pas linéaire. Il peut y avoir des hauts et des bas dans le processus de se remettre de ça.
- Speaker #1
Oui, puis plusieurs semaines, c'est vrai que c'est quelque chose qui peut faire peur. Comme ça, on se dit déjà plusieurs semaines, ça fait beaucoup. Mais c'est un temps qui est nécessaire pour se remettre. Quelles erreurs il faudrait absolument éviter, justement, pendant cette période de reconstruction ?
- Speaker #0
Vouloir reprendre trop vite. Moi, je conseille souvent à mes patients, après un arrêt, de ne pas reprendre leur travail au même pourcentage, mais vraiment de commencer avec des petits pourcentages, un 20, un 30, un 50, jusqu'à revenir au pourcentage auquel ils étaient, histoire de pouvoir reprendre le rythme petit à petit, se réhabituer à l'environnement de travail et tout ça. Une autre erreur, ce serait de rien changer aux conditions, parce que finalement, on replonge juste dans le problème. Et puis une autre, ce serait aussi peut-être de vouloir redevenir exactement comme avant. Quelqu'un qui se dira, mais avant ce burn-out, moi je mettais deux heures pour préparer le briefing mensuel de l'équipe, donc il faut absolument que je le fasse en deux heures. De se dire, peut-être que maintenant il faut deux heures et demie, trois heures, trois heures et demie, et c'est OK.
- Speaker #1
Et si quelqu'un qui nous écoute là commence... Ça lui donne peut-être des pistes et se dit, ça me parle peut-être que je suis déjà un petit peu en train de partir dans cette phase-là. Est-ce qu'il y a des choses à mettre en place pour éviter d'en arriver vraiment à ce point de non-retour ?
- Speaker #0
Il y a des choses dans des moments un peu du quotidien. Le premier point, je pense, ce serait de clarifier ses limites avant d'être épuisé. Par exemple, quelqu'un qui sait qu'au-delà de deux soirées tardives au travail par semaine, il commence à décrocher, mais qui se dit, exceptionnellement, j'accepte une troisième. ben non, ce serait de se dire je clarifie mes limites et là j'arrive à me dire que c'est mon seuil et de prendre vraiment ça au sérieux un peu dans un même ordre d'idée ce serait d'apprendre à dire non il y a souvent cette situation assez classique on demande une tâche en plus on sait que ça va être trop mais on répond oui presque automatiquement comme ça dire non ça peut être juste se dire ben je peux pas cette semaine ou oui je peux faire ça mais pas dans ce délai c'est pas spectaculaire mais ça peut vraiment changer la donne Et puis, je dirais aussi tolérer de décevoir, ne pas répondre immédiatement aux messages ou aux mails et savoir que ça peut peut-être agacer l'autre, mais d'essayer d'accepter cet inconfort. Et puis finalement aussi, peut-être de ne pas confondre sa valeur personnelle et sa performance.
- Speaker #1
C'est des très, très bons points, hyper intéressants. Qu'est-ce qu'on pourrait mettre aussi en place au quotidien pour se protéger de manière un petit peu plus générale, même si on n'est pas encore dans le rouge ?
- Speaker #0
Avoir des rythmes stables. Ça veut dire que si je décide de partir à une certaine heure du bureau, si à cette heure-là, il y a un mail ou un téléphone, comme je disais tout à l'heure, de ne pas y répondre tout de suite, de se dire que ce coup de fil ou ce mail peut attendre demain, même si ça peut créer un inconfort au début. De faire des pauses, c'est non négociable, que ce soit sur son lieu de travail, mais aussi d'avoir ses week-ends, d'avoir des jours off. Comme je disais aussi tout à l'heure, d'apprendre à dire non. refuser une tâche ou déléguer ou demander des délais. Et puis, avoir des espaces sans objectifs, pas pour être productif, pas pour optimiser, mais vraiment juste pour récupérer. C'est un peu des micros ajustements au quotidien, mais répéter, ça peut vraiment avoir un impact. Et puis, ça demande aussi un peu quelque chose de difficile, finalement, c'est de ne pas toujours répondre tout de suite aux attentes des autres.
- Speaker #1
Ça enlève un petit peu ce perfectionnisme, justement. En gros, il faut le gommer un petit peu. Par contre, on entend souvent qu'après un burn-out, les gens changent de travail. Est-ce que c'est un peu obligé de changer complètement de vie après un burn-out ou pas ?
- Speaker #0
Ça dépend de ce qui a causé le burn-out. Si la cause est contextuelle, par exemple un environnement de travail très exigeant avec une surcharge permanente, un manque de reconnaissance, de la pression constante, dans ce cas-là, changer de cadre, d'équipe, de poste, voire même d'entreprise, ça peut vraiment être bénéfique. En revanche, si la cause est structurelle, C'est-à-dire quelqu'un qui, quel que soit le contexte, a tendance à faire plus que ce qu'on lui demande, qui a de la peine à poser des limites, qui cherche tout le temps à être irréprochable. Il peut bien changer de travail, mais finalement, il va recréer la même situation ailleurs. Donc changer de vie, comme vous dites, sans comprendre finalement, c'est déplacer le problème.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un message que vous aimeriez passer à une femme qui se reconnaît dans ce que vous décrivez, qui nous écoute aujourd'hui, mais qui, elle, continue à tenir coûte que coûte ?
- Speaker #0
Ouais, si je devais dire quelque chose, ce serait pas le banal prenez soin de vous, parce que je trouve que c'est trop vague et souvent elles le savent déjà. Je dirais plutôt que le fait qu'elles tiennent, ça veut pas dire que ça va, et que c'est parfois même tout l'inverse. Que beaucoup de femmes ont appris très tôt à être solides, à gérer, à pas lâcher, et ça fonctionne, ça peut même fonctionner un certain temps, jusqu'au moment où ça casse. Et qu'elles se disent pas que le problème c'est qu'elles sont pas assez fortes, c'est qu'au contraire elles sont fortes. au point finalement de continuer peut-être même dans une direction qui leur fait plus de mal que de bien. Souvent, on a cette idée que continuer coûte que coûte, ça donne l'impression de garder le contrôle. Mais en réalité, ça repose juste le moment où le corps et le psychisme vont imposer un arrêt qui sera souvent beaucoup plus brutal. Donc je pense que la vraie question, ce n'est pas est-ce que je peux encore tenir ? Mais c'est à quel prix est-ce que je suis en train de tenir ? Et surtout, qu'est-ce que ça me coûterait de ralentir maintenant ? comparé à ce que ça peut me coûter si je ne le fais pas. Donc s'arrêter plus tôt, ce n'est pas vraiment un signe d'échec, mais c'est parfois plutôt la seule manière d'éviter de s'effondrer.
- Speaker #1
Et la reconstruction sera aussi moins longue si on attend moins longtemps peut-être.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Merci beaucoup Mélissa Piquerez pour toutes vos informations aujourd'hui. C'est toujours un plaisir de vous recevoir.
- Speaker #0
Merci à vous.
- Speaker #1
La voie des femmes Comprendre, c'est déjà une étape, mais parfois, ce dont on a le plus besoin, c'est de ne pas se sentir toute seule. Et c'est exactement de là qu'est né le projet de nos deux prochaines invitées. Céline et Laura, elles ont elles-mêmes traversé un burn-out, et plutôt que de garder ça pour elles, elles ont décidé de créer un espace, un lieu de parole, de partage, de soutien aussi. Elles viennent de tenir leur toute première séance autour du burn-out et de l'épuisement. Ça s'est passé à l'étron. dans le canton du Valais. Bonjour à toutes les deux.
- Speaker #2
Bonjour. Bonjour.
- Speaker #1
Pour commencer, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment est née l'idée de créer cet espace de parole ?
- Speaker #2
Alors, moi c'est un projet que j'ai depuis un certain temps déjà, un projet vraiment qui est là, mais qui a demandé aussi un petit temps, un petit bout de chemin que j'avais encore à faire pour aussi ouvrir ces espaces, parce que c'est quand même toujours des moments assez riches au niveau émotionnel aussi. Donc voilà, j'ai laissé un petit peu tout ça se poser. Et puis il y a quelques semaines, j'ai publié dans un groupe Facebook des mamans du Valais que j'avais envie de créer un projet là autour sur cette thématique du burn-out et de l'épuisement parce qu'on voit que dans notre société, on est malheureusement de plus en plus touché par cette problématique-là et d'autant plus les mamans. Et donc j'ai mis cette publication et en fait Céline a commenté cette publication. Et ensuite, on a échangé ensemble en privé. Et elle, en fait, elle avait le même projet. Mais seulement, ben voilà, l'une et l'autre, on se disait, bon, faire ça seule. Enfin, en tout cas, pour moi, c'est vrai que je lui disais, ben, faire ça seule, voilà, ça demande d'autant plus de courage. Et de pouvoir peut-être, voilà, collaborer avec quelqu'un. J'avais peut-être pas forcément pensé à ça avant où ça ne s'était pas présenté. Et puis, ben là, on a échangé. On s'est vus une première fois. Et en fait, on s'est vus, ben du coup, la deuxième fois, je crois que c'était à l'espace de... de parole ou on s'était vu deux fois avant ? Non, on s'était vu deux fois avant. Et puis le jour où notre rencontre a eu lieu avec les autres participantes, c'était notre troisième rencontre en fait. Et voilà, ça semblait comme une évidence avec deux parcours professionnels différents, mais finalement une même histoire quand même par rapport à l'épuisement et au burn-out.
- Speaker #1
Parce que vous êtes donc toutes les deux passées par un burn-out ou un épuisement en tout cas ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #3
alors moi j'ai fait un burn-out en 2022 et j'ai fait une rechute en 2025 qui m'a fait tout arrêter et tout remettre en question. Et c'est à ce moment-là que Laura a publié sur les réseaux. J'avais l'impression qu'elle était dans ma tête, qu'elle pensait la même chose que moi. Et c'était une magnifique rencontre.
- Speaker #1
Donc vous avez décidé de lancer cet espace de paroles. Comment s'est passée cette première matinée ?
- Speaker #3
Alors avec Laura, on est arrivés dans son espace un petit peu avant tout le monde. On a préparé un bel endroit pour accueillir les gens. Et puis les filles sont arrivées les unes après les autres. Et tout s'est fait naturellement, chacune s'est assise. On a commencé par un petit tour de présentation, ce n'était pas obligatoire. Et puis la discussion est partie. tellement vite et tellement d'elle-même que l'espace a duré une demi-heure de plus. On a dû les freiner à la fin pour qu'elles puissent rentrer à la maison à temps pour dîner.
- Speaker #1
Donc, c'était une de mes questions. Ça n'a pas été trop difficile pour ces femmes de se confier alors qu'elles étaient face à des inconnus ?
- Speaker #2
Alors, je pense que ça... Enfin... De comment moi je l'ai perçu, peut-être qu'il y avait de la part de certaines femmes un petit peu d'appréhension au départ, de se dire mais est-ce que je vais avoir le courage, je vais me sentir assez bien pour pouvoir prendre la parole. Et je trouve que c'est ça qui est beau justement dans cette idée d'un cercle comme ça de parole, c'est qu'en général les groupes ne se forment pas en général par hasard. Et puis je pense qu'il y a vraiment cette connexion aussi au niveau énergie entre chacune et puis que peut-être l'une prend la parole et ensuite ça va ouvrir l'autre. à pouvoir peut-être aussi le faire. Et puis après, une participante aussi partageait ça sur le fait qu'elle avait participé, elle aussi, à différents cercles de femmes, peut-être pas forcément sur la thématique du burn-out, mais elle disait que des fois, elle participait à une rencontre et elle prenait vraiment la parole, elle était vraiment dans cet échange. Puis il y a des fois où elle a eu été. C'était plutôt les autres qui l'apportaient en fait parce qu'elles ne se sentaient pas de prendre la parole le jour-là et c'est ça qui est beau en fait et qu'on a envie de créer avec Céline, c'est vraiment ça de pouvoir venir au final comme on est sur le moment sans aucun objectif, sans aucune pression à avoir mais simplement pouvoir juste être soi dans une société souvent qui nous pousse à être quelqu'un d'autre et puis à être toujours plus quoi. Et c'est bien souvent ce qui nous mène à l'épuisement d'ailleurs.
- Speaker #1
Donc le but de cet espace, c'est vraiment juste d'échanger. Il n'y a pas forcément de thérapie là derrière. C'est juste de pouvoir déposer des choses qu'on a sur le cœur.
- Speaker #3
Alors nous, on ne remplace bien sûr pas un thérapeute. On leur conseille à chaque séance de se faire suivre, d'avoir un suivi médical. On est vraiment là simplement pour partager notre vécu, pour écouter ce qu'elles ont à dire, pour partager un moment bienveillant. Et puis, si elles peuvent repartir un petit peu plus légères parce qu'elles se rendent compte qu'elles ne sont pas seules, c'est qu'on a réussi.
- Speaker #1
Les participantes qui étaient là, est-ce qu'elles avaient des formes d'épuisement ou de burn-out qui étaient quand même assez similaires ou c'est des histoires qui sont complètement différentes à chaque fois ?
- Speaker #2
Pour moi, en fait, il y a vraiment cette phase où on a les signaux un peu d'alerte. Puis ensuite, on passe peut-être par cette phase d'épuisement qui s'installe petit à petit. C'est un peu, comme je dis ça souvent, parce que ça s'installe un petit peu comme ça. Un peu en douce, puis tout à coup, il y a un peu un point de non-retour aussi, comme je le nomme souvent, où on n'a plus le choix en fait. On ne peut plus continuer comme ça. Pour ma part, ça a été à mon premier burn-out en 2013, ça a été un matin où je n'ai plus pu me lever de mon lit pour aller travailler. Donc après, je pense que chaque histoire est différente, chaque parcours, mais il y a quand même toujours un peu ce moment où cet élément peut-être qui vient déclencher, Puis vraiment, il y a... Pas dire de retour en arrière possible, mais c'est qu'on doit vraiment accueillir ce qui vient et se dire, ok, là, je dois m'arrêter et j'ai peut-être besoin d'aide à ce moment-là.
- Speaker #1
On le sait, nous, les femmes, on porte énormément de charges mentales aussi. On a plein de choses à penser entre la famille, le travail, l'organisation générale de la vie quotidienne, etc. Tout ça, ça joue un rôle aussi, selon vous, dans l'épuisement que vous avez pu voir lors de cette journée ?
- Speaker #3
On n'avait pas nécessairement que des burn-out professionnels, on avait aussi des burn-out familiaux. Et je pense que c'est un tout au final. La frontière est très fine entre le professionnel, le privé. Moi, j'ai décidé de tout lâcher parce que je me rendais compte que ma fille, mon mari, ma famille souffraient également de cette situation. Donc après, où est vraiment la limite ? On ne sait pas. Oui,
- Speaker #1
c'est un tout, en fait. C'est vraiment global.
- Speaker #3
Exact, oui. Et l'un détend sur l'autre. Je pense que quelqu'un en burn-out familial n'est pas nécessairement très productif au travail et inversement.
- Speaker #1
Est-ce que vous, vous avez appris quelque chose aussi à travers ce projet, peut-être, par rapport à un échange que vous avez eu ou simplement d'entendre qu'il y a tellement de gens qui sont concernés que ça a pu vous apprendre quelque chose sur vous ?
- Speaker #3
Alors moi, ce que j'ai appris, vraiment, c'était la vraie définition du burn-out. Je l'ai appris samedi matin. C'était une réaction chimique au final dans notre cerveau et que ça ne provient pas en fait d'une erreur de notre part ou d'un manque de motivation ou de force. C'est vraiment quelque chose de chimique, comme un cocktail qui ne fonctionne pas. Et ça, je trouve qu'on n'en parle pas assez.
- Speaker #1
C'est vrai, on a l'impression qu'on va se mettre la faute dessus, à se dire j'ai pas été assez forte, j'ai pas tenu assez. Alors qu'en fait, souvent déjà c'est l'inverse, c'est qu'on a tenu trop longtemps et puis c'est quelque chose de physiologique, on peut pas y faire grand chose.
- Speaker #3
Ouais, exactement.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des témoignages qui vous ont particulièrement marqué ?
- Speaker #2
Oui, il y a plein de petites choses auxquelles j'ai repensé par la suite. Mais ouais, je pense qu'il y a vraiment une des participantes qui a malheureusement fait un malaise sur son lieu de travail. Et puis qui a dû être hospitalisée. C'est carrément venu sur son lieu de travail pour la prendre en charge. C'est là qu'on voit à quel point ça peut être quand même assez violent. Et c'est vrai que ça m'avait beaucoup touchée. Parce qu'elle expliquait qu'elle avait eu pas mal d'épreuves avant ça. Elle avait, je crois, vécu un cancer. Bref, elle avait eu d'autres... d'autres soucis, mais voilà, en fait, c'est vraiment là le travail qui est en train de m'anéantir, si on peut dire ça comme ça. Et puis aussi, je trouve des fois, ce qui est difficile, c'est que la part des fois de nos supérieurs ou de nos chefs directs, on n'est pas forcément soutenus. Et au contraire, des fois, ça peut même être, et peut-être ça peut être même la raison de pourquoi on est en arrêt, mais ça peut être des personnes qui ne sont pas toujours très bien. très bien attentionnée et très bienveillante. Donc ça, c'est aussi d'autant plus difficile, je pense, de gérer notre propre chemin de guérison, d'essayer de se reconstruire chaque jour un petit peu et puis d'avoir, apparemment, des fois le soutien qu'on aimerait autour.
- Speaker #3
Le témoignage qui m'avait marqué, c'était une femme qui est venue en nous disant qu'elle était manager et qu'elle voulait en apprendre plus sur le burn-out pour pouvoir le détecter peut-être chez ses collaborateurs. J'ai trouvé ça vraiment génial. Et puis au fur et à mesure de nos échanges, elle nous a dit, mais vu les signaux que vous me dites, des fois j'ai vraiment l'impression d'avoir fait un burn-out et qu'il n'a pas été détecté. Donc, je pense qu'il y a énormément de travail à faire sur ce tabou du burn-out, surtout en entreprise et avec les médecins pour que un diagnostic soit vraiment posé. Souvent, dans le burn-out, les gens, on ne leur dit pas clairement, vous êtes en burn-out et ce n'est pas votre faute, c'est quelque chose chimiquement dans votre cerveau qui ne fonctionne pas et vous avez trop tenu. Et ça, ça m'avait vraiment touchée comme témoignage.
- Speaker #1
Déculpabiliser les gens qui passent par là en leur faisant vraiment comprendre que ce n'est pas vraiment un signe de faiblesse. Je pense que c'est quand même quelque chose que j'ai envie de faire passer, en tout cas dans cette émission de podcast. Vous avez envie de poursuivre cette aventure, de continuer à proposer ce genre d'atelier ?
- Speaker #2
Alors oui, bien évidemment qu'on a plein de projets. Cerveau fuse d'idées, on se fait plein de messages en ce moment parce que l'une a une idée. En fait, je trouve que ça, C'est tellement une rencontre qui est... En fait, je disais encore à Céline dernièrement, c'est qu'on est très complémentaires. Elle, elle a plus été dans un travail, on va dire, plus dans la gestion administrative, si je peux dire ça comme ça. Et puis moi, je suis plus dans les soins, dans la thérapie. Je suis esthéticienne et aussi thérapeute, donc je fais quand même un petit peu de l'accompagnement. Donc je pense que tout ça, c'est très complémentaire. Parce que peut-être l'une, elle va avoir une chose et l'autre. Donc, on a deux énergies qui sont, je pense, très... Ça forme un joli duo. Et oui, on a l'idée, en tout cas, de faire grandir ce projet et puis de se faire connaître davantage. Je pense que c'est vrai qu'en tout cas, en Valais, il n'y a pas vraiment d'espace qui le propose. Et oui, on a vraiment l'intention de faire grandir ça et puis peut-être de collaborer aussi avec d'autres personnes, d'autres intervenantes. Voilà, on a plein d'idées en tout cas.
- Speaker #1
L'appel est lancé, donc si vous voulez contacter Céline ou Laura, vous pouvez le faire. D'ailleurs, vous avez créé des pages sur les réseaux sociaux, ça s'appelle L'Espace du Coeur. On vous retrouve sur Facebook et sur Instagram. Je vais mettre aussi, bien sûr, le lien de ces deux pages dans la description de l'épisode, comme ça vous les retrouvez assez facilement. Le but, c'est de vous adresser quand même toujours à ce genre de cas, plutôt burn-out, épuisement, où vous avez envie d'ouvrir un petit peu la thématique de discussion à d'autres choses.
- Speaker #3
Pour le moment, c'est principalement le burn-out, parce que c'est quelque chose qu'on a vécu. Le burn-out professionnel et le burn-out familial, parce qu'ils se regroupent quand même. Après, on a encore la dépression postpartum. Ça, c'est un autre sujet qui pourrait être intégré. Mais je pense que c'est plus compliqué avec les hormones qui jouent des tours aux femmes dès qu'elles viennent d'accoucher. Donc, c'est vrai que pour le moment, on se concentre sur les femmes. On se concentre sur ces deux types de burn-out. On espère pouvoir faire intervenir des thérapeutes et de pouvoir aussi, surtout ce qui nous tient à cœur, c'est de pouvoir...
- Speaker #0
former les conjoints, la famille. On avait fait un sondage sur les réseaux et c'était beaucoup ressorti que les conjoints et l'entourage ne savent pas nécessairement comment réagir. Donc, on aimerait aussi pouvoir ouvrir un groupe de discussion aux maris, aux épouses, aux mamans, aux enfants, de personnes qui passent par un burn-out ou par un épuisement pour savoir comment aider.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est assez sous-estimé, la présence du conjoint ou de la conjointe à côté de quelqu'un qui fait un burn-out, c'est pas forcément évident, surtout qu'un burn-out en général ça prend quand même plusieurs semaines voire plusieurs mois pour s'en remettre et l'autre personne à côté doit quand même tenir bon la barque et l'idée serait pas qu'elle tombe avec, donc ça a tout à fait du sens en effet de pouvoir accompagner aussi les personnes qui sont à côté, qui sont peut-être un petit peu délaissées parfois. En fait, mon mari a fait un gros, gros burn-out il y a huit ans. Et je me souviens que c'était toujours la question, c'est voilà, comment il va, comment il va. Et un jour, quelqu'un m'a demandé, et toi, comment tu vas ? Et en fait, je ne m'étais même pas posé la question. C'est vrai que tout à coup, ça m'avait un peu ébranlé cette question à me dire, je n'ai pas trop le choix, en fait, ça va. Puis je disais, non, non, mais c'est important que tu ailles bien aussi, parce que sinon, tu ne pourras pas l'aider aussi bien que si tu es au fond du bac toi-même.
- Speaker #2
Oui, c'est intéressant. C'est vrai que je ne l'ai pas forcément non plus... Comment dire ? Je n'en ai pas parlé encore ouvertement de ça, mais c'est vrai que mon mari a aussi fait un burn-out, un petit peu en même temps que ma rechute. La naissance de notre fille, je pense qu'il y a tout qui est venu se réveiller. C'est souvent ça aussi. Des fois, la naissance d'un enfant peut venir de nouveau, peut-être réveiller tout ça. Et c'est vrai que je dois dire que pourtant, j'avais déjà pas mal d'outils. Je savais quand même comment faire, disons, mais quand ça arrive à un proche, soit même à notre mari ou conjoint, eh bien, c'est quand même compliqué des fois à les gérer. Je dois dire, même en l'ayant moi-même vécu. Mais en fait, des fois, on a de la peine peut-être aussi à nommer nos besoins. Qu'est-ce qu'aujourd'hui on a besoin ? Moi, des fois, je ne savais même pas de quoi j'avais besoin. Qu'est-ce qui aurait pu me faire du bien à ce moment-là ? Donc, c'est toujours des fois difficile aussi de pouvoir peut-être communiquer à l'autre sur Alors, quoi ils pourraient nous aider ? Parce que nous-mêmes, des fois, on ne sait même plus ou même pas ce qu'on aurait besoin.
- Speaker #1
On n'a plus envie de rien, en fait.
- Speaker #2
Non, on ne sait même plus des fois qui on est. Il y a quand même une sorte de perte des fois d'identité, je dirais. Et puis, les choses qui nous mettaient en joie auparavant, en fait, il y a comme ce vide. Moi, c'est vrai que je parle aussi souvent de ça, c'est de ce vide intérieur qui fait peur et qui est quand même très angoissant, en fait. de ne plus vraiment avoir le contrôle de ce qui se passe.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, vous vous sentez bien toutes les deux ? Vous avez réussi à récupérer de ces passages ?
- Speaker #2
Je ne sais pas si on récupère vraiment totalement. On est toujours un petit peu comme le lait sur le feu.
- Speaker #0
On se dit qu'il ne faut pas brûler la chandelle par les deux bouts, mais après, on ouvre un espace de parole et on travaille tous les jours d'arrache-pied pour que ça fonctionne. Je pense qu'après, il y a une vigilance à avoir de tous les jours pour garder un rythme qui soit tranquille. Et je pense qu'il ne faut pas non plus, comme disait Laura cet après-midi, le burn-out, c'est clair que ce n'est pas facile, mais il faut penser que c'est pour quelque chose de mieux. C'est quelque chose qui ne fonctionne pas et ça fait changer, ça nous force en fait à changer notre vie et à vivre autrement.
- Speaker #2
Ça vient mettre en lumière ce qui demande à être changé, si on peut dire. C'est vraiment de venir nous faire comprendre qu'il y a des choses qui ne peuvent plus continuer comme ça.
- Speaker #1
C'est une leçon en fait.
- Speaker #2
C'est ça. Sur le moment, on n'arrive pas forcément à voir toujours ce que ça nous a apporté. Et je pense, pour rebondir sur comment on va aujourd'hui, Mon premier burn-out est en 2013, ma rechute en 2015. Donc voilà, ça fait quand même déjà plusieurs années, mais je sens que je suis quand même des fois... J'ai cette peur, je pense qu'on a tous peur de cette rechute. Et je pense que ça m'a peut-être bloquée peut-être à un moment donné aussi dans mes projets. Peut-être ce projet a été un petit peu laissé de côté, un peu reporté. De me dire mon dieu mais est-ce que je vais arriver à gérer mon cabinet, la famille, le projet, cet équilibre entre la vie d'entrepreneuse et la vie de famille et tout ça. Donc ouais je pense qu'on garde une fragilité et puis il y a un avant et un après. Peut-être que des choses qu'on faisait avant on ne peut plus les faire de la même manière mais c'est de voir aussi toute la beauté. la beauté du chemin en fait et puis ce que ça nous a appris.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez envie d'ajouter quelque chose ? Un témoignage en particulier ou un message que vous aimeriez passer peut-être à une femme qui nous écoute et qui en ce moment est en train de vivre un burn-out ?
- Speaker #0
Je pense que le burn-out, c'est extrêmement tabou, mais qu'il ne faut pas avoir peur d'en parler, de consulter, de trouver le médecin qui va nous aider. Moi, j'ai eu de la chance, j'ai eu un médecin adorable. Sa femme travaillait dans le même domaine que moi, donc il m'a vraiment comprise. Et je pense qu'il faut chercher, échanger, jusqu'à ce qu'on trouve le médecin, le psychologue qui nous convient. Et il ne faut pas se faire passer après. Il ne faut pas se faire passer après ses enfants. Il ne faut pas se faire passer après son mari parce qu'à la fin, au final, on arrive à un point de non-retour et c'est dommage.
- Speaker #1
Et Laura ?
- Speaker #2
Alors oui, je rebondis aussi sur ce que dit Céline par rapport au suivi médical. Malheureusement, pour ma part, à mon premier burn-out, je n'ai pas été vraiment très prise en charge, voire même pas. Pas du tout. Je ne me suis pas sentie en tout cas soutenue et entendue. C'est vrai que mon médecin m'a dit, oui, je peux vous mettre quelques semaines en arrêt, mais il va falloir voir, est-ce que vous voulez rester là, est-ce que vous voulez partir ? Et puis bon, moi, je n'arrivais même pas déjà à comprendre ce qui se passait. Donc, je pense que c'est vraiment important de se sentir entendue, comprise. Et puis, de se laisser le temps, je dirais aussi. une chose Pour moi, hyper importante, c'est cette bienveillance envers soi-même que chaque jour, pour chaque petite chose qu'on fait, même qu'on a l'impression que peut-être un jour, on n'a rien fait parce qu'on n'est peut-être pas arrivé à sortir de son lit. Mais voilà, c'est juste de se raccrocher à toutes ces petites choses qu'on essaye de faire, même peut-être qu'on prend plus de temps ou autre, mais d'essayer de s'encourager pour tous ces petits pas. Parce que finalement, c'est tous ces petits morceaux de nous-mêmes qu'on va recoller petit à petit. et puis... Se dire que c'est passager, que ça ne nous définit pas. Et puis que parfois, ça peut prendre plusieurs mois, voire plusieurs années. Voilà, c'est ça que je pourrais... Et puis aussi par rapport au fait, parce que souvent, on minimise beaucoup. Moi, j'ai beaucoup minimisé. C'est aussi ça qui nous amène à ce qu'un jour, on ne peut plus. Parce qu'on se dit, ça ira mieux demain. Ou des fois, il y a des personnes peut-être qui vivent des situations plus compliquées. Ça va passer. Je veux dire, voilà, j'ai... J'ai un travail, ça va aller. Puis en fait, on minimise beaucoup. Donc, essayez de vraiment être attentive à ces signaux que notre corps nous envoie. Parce que c'est vraiment là qu'on peut vraiment rentrer en pleine écoute de ce qui se passe à l'intérieur aussi.
- Speaker #1
Et puis d'essayer d'agir avant de s'effondrer, en effet. Donc, je ne peux que vous encourager à vous abonner à l'Espace du Coeur. Facebook, Insta, le lien est dans la description. Il y a aussi une adresse mail qui a été ouverte si vous avez des questions. Céline et Laura, je vous remercie infiniment d'avoir été dans ce podcast aujourd'hui.
- Speaker #2
Merci beaucoup Cindy. Merci beaucoup, c'était un plaisir.
- Speaker #1
Plusieurs histoires, plusieurs regards, mais une même réalité, le burn-out touche des femmes de tous horizons et il est encore trop souvent vécu dans la honte ou le silence. Si cet épisode t'a parlé parce que tu t'es reconnue ou parce que tu penses à quelqu'un de ton entourage, sache que des ressources existent et que parler, c'est souvent le premier pas. N'hésite donc pas à partager cet épisode avec quelqu'un que ça pourra aider. Et puis dans la description, bien sûr, tu trouveras le contact de Mélissa Piquerez et puis aussi un lien vers les pages Facebook et Instagram de l'espace de cœur de Céline et Laura. Je t'invite à les suivre parce qu'il y aura toutes les infos pour les prochaines séances à venir et les prochains événements qu'elles vont organiser. Merci à Pascale pour son courage, à Mélissa pour son expertise et à Céline et Laura pour ce qu'elles construisent. Et merci à toi de nous avoir écoutés jusque là. Comme d'habitude, on laisse le mot de la fin à Pascale.
- Speaker #3
Quand on y arrive, c'est un vrai bonheur de retrouver la joie de vivre et toutes tes énergies. Il y a plein de méthodes pour ça qui sont facilement accessibles. Après, chacun, c'est du sur-mesure, chacun choisit ses propres outils. Tu proposes une palette et tu te dis ça, ça fonctionne, ça, ça fonctionne moins bien. c'est vraiment en fonction de chaque personne et de chaque vécu. Mais là, j'accompagne une femme qui est confrontée à ça. La première chose qu'on fait, c'est l'apaisement. C'est la douceur et ça, c'est... Ça met un baume sur tout ce que tu vis et c'est une autre façon de... c'est mon art de vivre.