- Speaker #0
La voix des femmes, quand les silences prennent enfin la parole.
- Speaker #1
Je suis Cindy Heinegger, journaliste. La voix des femmes, c'est un podcast fait par des femmes, sur des femmes. Pas un podcast de plus sur la femme moderne. Pas un guide en dix étapes vers le bonheur. Un espace vrai où l'on parle enfin de ce qu'on fait depuis trop longtemps. Bienvenue dans La Voix des Femmes. Bonjour à toutes et soyez les bienvenues dans ce nouvel épisode de La Voix des Femmes. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet dont on parle encore trop peu, parce qu'il ne laisse pas toujours de traces visibles, mais qu'il détruit pourtant profondément, c'est l'emprise psychologique. Une relation qui au départ semble belle, rassurante, presque parfaite, et puis peu à peu, les critiques s'installent, les doutes aussi, et on finit par ne plus savoir si le problème vient de l'autre ou de nous-mêmes. On se sent coupable, perdu, isolé, et surtout, on n'ose pas en parler. Dans cet épisode, vous allez entendre le témoignage de Gaëlle, qui a vécu plusieurs années sous l'emprise d'un homme avant de réussir à s'en sortir. Et puis nous prendrons un petit peu de recul avec Martine Rossi, cofondatrice de l'association RIF à Genève, pour mieux comprendre les mécanismes de cette violence invisible. Parce qu'il est important de rappeler que l'emprise peut toucher n'importe qui, et dans plusieurs domaines, et qu'il n'y a surtout jamais de honte à demander de l'aide. Gaëlle a accepté de raconter ce qu'elle a vécu pendant plusieurs années, une relation qui au départ ressemblait à une belle histoire. Et puis les choses ont changé, petit à petit, les remarques, le contrôle, les doutes, la culpabilité, jusqu'à ne plus vraiment savoir ce qui était normal ou non. Aujourd'hui Gaëlle a réussi à s'en sortir et si elle a accepté de témoigner, c'est pour que d'autres femmes puissent peut-être reconnaître certains signaux, se sentir moins seules et comprendre qu'il est possible de reprendre sa place.
- Speaker #2
C'est vraiment un terrain qui existe dans ma vie depuis toujours. Que ce soit familial, que ce soit au niveau du travail, ça touchait beaucoup de domaines en fait. Tu te sens vue par quelqu'un, tu te sens mise sur un piédestal. On te fait la cour, mais vraiment à haut niveau. C'est un petit peu comme les contes de fées en fait. C'est un petit peu comme la petite fille qui est vue par le regard d'un homme. Et ils ont aussi le discours qui va avec. Ils ont ce truc où tu... Ils te disent vraiment ce que tu as envie d'entendre. Et je pense qu'au-delà de ça, c'est vraiment des gens qui ont... Cette capacité justement à voir en la personne là où ils peuvent aller pour pouvoir un petit peu amadouer ou des choses comme ça. C'est plein de paillettes, c'est vraiment ça. J'aurais déjà dû avoir des petits signes en fait parce que la relation a commencé avec une personne qui n'était pas disponible en fait. Ni émotionnellement, ni physiquement, ni rien du tout. C'était une personne qui était en couple. Et c'était quelqu'un qui, je pense, avec le recul, cherchait quelqu'un d'autre au final. Ça a commencé à plusieurs visites sur mon lieu de travail, et puis plusieurs regards, et puis voilà, me valoriser, me mettre en avant. Petit à petit, ben... Faire de moi sa reine, son univers, son tout. Prêt à tout pour être avec moi. La relation a commencé à ce qu'il prenne la décision de quitter sa partenaire et puis de rentrer dans ma vie de manière brusque et grandiose. J'étais contente parce que... Parce qu'on vivait des moments qui étaient fantastiques. J'étais vraiment mise sur un piédestal. Et il faisait tout pour moi. Mais cette phase, elle ne dure non plus pas très longtemps. Elle dure juste le temps que la personne soit sûre que ce soit acquis. Quand un manipulateur veut nous prendre dans ses filets, c'est... Merci. C'est très subtil. C'est très subtil parce que déjà nous-mêmes on s'en rend pas compte je pense qu'il existe un type de personnes, enfin de personnalités que les manipulateurs repèrent très vite, en fait ils ont un très bon flair, ils sont très très très brefs et j'ai encore pas découvert comment ils font pour flairer aussi bien, mais ça va vraiment être de base de... Ils vont repérer déjà la fragilité de la personne, la gentillesse. Souvent, c'est des personnes qui sont dans le don, dans le don de soi, dans le don de... C'est vraiment des personnes qui ont la bonté incarnée. Souvent, c'est des personnes qui sont un peu seules aussi, soit qui n'ont pas trop de famille. qui viennent de se séparer, qui sont un peu dans une détresse. Souvent, on se fait prendre après un deuil, après une séparation, après un... Et souvent, en fait, j'ai remarqué qu'on enchaîne un petit peu des relations, parce que chaque fois, ils viennent nous prendre à un moment où on est fragile, où on vient de se séparer, on est bouleversé, et puis tout de suite, on a le prince Charmanguela. Et souvent, en fait, on va leur exprimer aussi qui on est, parce qu'on est tellement bienveillant, on est tellement dans la communication, on est tellement... Enfin, je sais que moi, je suis comme ça, je suis tellement une personne qui... Je ne vois pas... Où est le mal de dire que je suis une hypersensible, je ressens tout à 1000%, je ne vois pas. En fait, moi, je ne vois le mal nulle part. Je vois la bonté en tout. Et ça, on l'exprime. Et bien, c'est là où ils viennent un petit peu nous prendre. Et très souvent, je me dis, fais attention, ne dis pas ça. Du coup, je suis obligée de me contrôler. Et ce n'est pas cool parce que je ne suis pas moi-même. Alors pour finir, ça lâche quand même. Puisque je ne peux pas fonctionner autrement. Ce n'est pas possible pour moi. fondamentalement, je me retrouve tout de suite à être complètement charmée. Complètement. Mais vraiment, c'est la petite fille qui est là et qui regarde. Waouh ! Et pour... Ouais, c'est vraiment... Il suffit d'un mot. Il suffit d'une phrase pour qu'on soit totalement... Et que cette phrase, elle reste dans notre cerveau. Et qu'on se dise, mais... Mais on m'a jamais dit ça comme ça. Alors qu'on est déjà complètement sous quelque chose qui est de l'ordre de la stratégie, en fait. Et on ne s'en rend pas compte. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'on a toute une période, en fait, au début de la relation, qui s'appelle un petit peu le love-boombing. Donc là on est vraiment dans une période où tout est beau, tout est magique. C'est le conte de fées qui se réalise. Le prince charmant il est là, il est venu me sauver dans ma détresse. Et puis tout ce que je vis c'est super. Il m'emmène partout, il m'apprend plein de choses. Il me met sur un piédestal, je suis vraiment la meilleure. Je suis absolument fantastique et même moi je n'aurais jamais eu cette définition de moi-même. Et là on ne se rend pas compte en fait que ce trop, il peut vraiment avoir par la suite des répercussions, si on n'est pas attentif. Avant les premiers signes, il y a vraiment une phase où la personne, elle va... Par exemple, vous faire une demande de mariage.
- Speaker #1
Où il y a un engagement en fait. Il y a une phase d'engagement dans un domaine quel qu'il soit. Donc ça veut dire, on emménage ensemble,
- Speaker #2
on fait un enfant, on se marie, on achète un appartement. Il y a vraiment un engagement, mais qui est physique. Ça veut dire que la personne se dit, bon bah, on a acheté un appartement, là c'est bon, je suis... Ou, c'est bon, elle est enceinte. je peux la tenir. À partir de ce moment-là, c'est là où, ben, il va y avoir la phase de démolition. Et cette phase, ben, elle peut parfois être vraiment très très choquante. Parce que du jour au lendemain, on a un autre personnage en face de nous. Et ça, c'est la phase qui est la plus difficile psychologiquement. Parce qu'on ne comprend pas pourquoi d'un coup, on pose une question qui d'habitude était une réponse avec plein d'amour, et que là, tout d'un coup, c'est une réponse qui est complètement barjot. Et là, le cerveau, il va complètement... Il va switcher, il va dire, mais qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi il me répond comme ça ? Pourquoi tout d'un coup, on passe de... Mais oui, t'inquiète mon amour, la prochaine fois, t'oublies pas tes clés. Ou je suis pas ton serviteur, ou je suis pas là pour ça. Je ne suis pas là pour te materner. C'est tous des petits trucs comme ça. Mais au début,
- Speaker #1
c'est très calme. Au début, c'est vraiment une fois de temps en temps.
- Speaker #2
Parce que s'ils donnent d'un coup la démolition, la personne va vraiment s'en rendre compte. Et ce qu'il faut savoir, c'est que cette phase de démolition, en fait, elle peut durer très long. Parce qu'ils vont alterner chaud et froid. Et comme on a été déjà mis sous emprise, ça veut dire qu'on a déjà été vraiment... On a été prise. Au mot emprise, hein. Le mot prise qui est là. Il y a cette phase d'alternance, chaud et froid. Et c'est un cauchemar à vivre. C'est un cauchemar parce que... Il va y avoir cette phase où on va en parler à notre partenaire parce que ça nous a blessés, ça nous a fait du mal. Et il y a ce moment où la personne va dire « je suis désolée, je ne pensais pas que ça te ferait du mal » . Au début, ça va être comme ça. Et ça vient un petit peu mettre sous le tapis le problème qu'il y a eu l'événement. Et puis ça se répète, sous plusieurs formes, sous plusieurs angles. Et après il y a des phases où il y a un événement qui se passe, de nouveau on en reparle. Celle-ci c'est vraiment une des plus difficiles à vivre, c'est « tu dis n'importe quoi, je t'ai jamais dit ça, c'est toi qui as mal compris » . Et là cette phase elle est extrêmement difficile à vivre parce que... Parce qu'en fait, on vient avoir un doute de soi en permanence. Il y a vraiment aussi un truc qui est dur, c'est qu'on sent qu'on perd la boule. Et on va ruminer ça H24. On va se poser des questions. Bien sûr qu'on va se poser des questions. Parce qu'on est hypersensible, parce qu'on est bienveillant, parce qu'on veut bien faire, parce qu'on... On est des personnes qui veulent se remettre en question, qui veulent communiquer pour pouvoir arranger les choses. Sauf que ce n'est pas possible. Et puis ça vient, ça repart, ça vient, ça repart. Et c'est sans cesse, et c'est tous les jours. Et il y a quelque chose qui se passe tout le temps. Et après ça va être à l'extérieur. Tu te dévalorises devant les autres, mais subtilement. Par exemple, tu es avec des amis et... Et il te fait une petite remarque devant tout le monde, mais les autres, ils ne verront rien. Mais toi, tu sais. Et là, tu as comme une bouffée de chaleur, un truc qui s'écoule, comme si tu avais de l'eau qui te coulait dessus. Mais je pense qu'on a tous ressenti quelque chose comme ça, quand on a une peur d'un coup qui vient. Et en fait, tu dois faire bonne figure, parce que si tu en parles, il n'y a personne qui va te croire. Parce que ce qu'il faut aussi savoir, c'est que souvent ces personnes-là, elles sont vues comme on les admire en fait. Elles sont admirées, elles ont une certaine place dans la société, elles ont une certaine image d'elles. Elles portent des masques, ils sont fantastiques. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on ne les espère pas. C'est un invisible. Ça s'installe progressivement. C'est un goût. C'est un goût mais on ne se rend pas compte. On ne se rend pas compte qu'on est en train de descendre aux enfers. En fait, il y a tellement de doutes. Tu doutes tout le temps de toi. Comme il y a de la dévalorisation subtile, c'est tellement... C'est tellement fin, c'est pas perceptible. C'est comme si on te faisait des tout petits pics avec une aiguille. Puis on vient te piquer un tout petit endroit, puis qu'après on te dit « Mais non, mais je t'ai pas piqué » . Au final, tu viens douter de tout. Ça peut être aussi des trucs qui sont complètement barjots. Ça peut être que t'as posé tes clés à un endroit et tu les retrouves plus. Tu deviens folle, parce que tu te dis « mais c'est pas possible, je les ai posées là mes clés » . Et tu en parles à la personne avec qui tu es par exemple, « je sais pas, mais c'est toi qui perds la boule, les clés, j'en sais rien moi » . Et en fait, les clés, soit tu les retrouves à la même place, soit tu les retrouves cachées au fin fond d'un tiroir, et on te dit « qu'est-ce que t'as été les mettre là tes trucs ? » En fait, c'est un quotidien. C'est comme si on t'agressait en permanence. Mais c'est une agression qui n'est pas physique, qui n'est pas visible. C'est une torture psychologique. Quand je parle de ça, mon corps tremble parce que c'est gravé dans mes cellules. En fait, on devient fou. On est dans une telle torture qu'on ne sait plus vers qui se tourner, on ne sait plus à qui en parler. Et même si on en parle, on nous prend pour une folle. Parce que déjà, on arrive à une telle saturation psychologique qu'on n'est même plus crédible quand on parle. Quand on te pose la question. Mais qu'est-ce qu'il te fait pour que tu dises que ça ne va pas ? Soit tu n'arrives pas à expliquer, soit tu expliques, mais la personne en face, elle dit « Bon, moi, mon mari, il me fait aussi ce genre de trucs. Moi aussi, on me fait de ça. Mais non, on ne parle pas le même langage. Pas du tout. On parle dans quelque chose qui est tous les jours, subtil et angoissant. » Le déclic, souvent il n'arrive jamais. On reste. Parce que même s'il y a un déclic, la personne elle le voit qu'il y a un déclic. Donc elle va recommencer. Elle recommence sans cesse. Sans cesse. Sans cesse. Cette phase de love booming revient. Ils nous remettent dans des trucs incroyables. Et on se dit, ben non en fait, il est incroyable, il est fantastique, il fait tout pour moi. Puis après il y a tout qui revient derrière. Mais pourquoi il a fait ça ? Et pourquoi il a fait ça avant alors ? Et là, regarde ce qu'il fait. Et on arrive vraiment d'après dans une confusion mentale qui est terrible. C'est vraiment de la... La torture psychologique, il y a un niveau qui est... Il n'y a que ceux qui l'ont vécu qui peuvent le croire. Ceux qui ne l'ont pas vécu ne croiront jamais, Et moi, on ne m'a pas cru pendant très, très, très longtemps. Et c'est vrai que maintenant, j'ai eu des personnes qui sont venues vers moi et qui m'ont dit « Ouais, j'ai vécu ça, j'ai vécu ça » . Il y a un stade de saturation. On sature et là, on veut partir. On veut que ça s'arrête. Parce que déjà, le corps physique ramasse. Mais d'une manière assez dramatique. On peut avoir des pertes de poids. Moi, j'ai perdu 15 kilos en peu de mois. 15 kilos, je crois que je suis gentille. Et je ne me reconnaissais plus dans le miroir. Je me disais, mais qu'est-ce qui se passe ? J'étais transparente, j'étais translucide. C'était vraiment incroyable. Donc il y a quand même quelque chose qui se passe au niveau physique. On peut développer des maladies, on peut développer des périodes d'eczéma, des périodes de... Et on ne se rend pas compte parce qu'on se dit, ben voilà, j'ai de l'eczéma depuis... Quelques semaines, je vais chez le médecin, puis le médecin me dit « vous êtes trop stressé » . On va mettre sous couvert, on va essayer de trouver pourquoi, mais pas la véritable raison. de cette torture psychologique. Donc il va y avoir ce déclic parce qu'il va y avoir des événements qui vont faire que on se dit que ce n'est pas possible, qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Ce n'est pas normal, ce n'est pas sain. Moi vraiment, j'ai découvert, le déclic je l'ai eu parce que j'avais la connaissance aussi avec les années. A l'époque, je suis restée... très très longtemps avec quelqu'un parce que je n'avais pas cette connaissance. Et c'est vraiment la connaissance qui nous permet de pouvoir s'en sortir, de pouvoir... Parce que ce qu'il faut savoir, c'est que à partir du moment où on commence à s'intéresser au sujet et qu'on est là-dedans, il y a des phases qui sont vraiment très difficiles. Parce que quand on prend conscience qu'on est sous emprise, vraiment, c'est tout un monde qui s'écroule. Quand on commence à écouter des vidéos, des podcasts, des sujets là-dessus, il y a tout qui vient. Il y a tous les souvenirs qui reviennent. C'est là qu'on a des petits déclics, parce qu'en fait, en ayant connaissance, après on voit. Ah ben tiens, là, comme il a fait là, ou comme elle a fait là, parce que je parle en « il » , parce que c'est moi, mais il y a énormément d'hommes qui vivent ce genre de choses. Ce qu'il a fait là, mais en fait, c'est pas normal. Et on a cette petite période de lucidité qui revient par moments, en fait, comme si le brouillard, il disparaissait, et qu'on avait cette capacité à nouveau de réfléchir, sereinement. Mais comme ça revient, comme il y a toutes ces phases et qu'on est habitué, puis que, enfin je veux dire, on a vraiment ce truc, c'est dans le corps que ça se passe. Quand je dis que là, pendant que je parle, je tremble encore, c'est qu'il y a vraiment quelque chose qui se passe. C'est comme de la terreur, c'est comme... Donc à partir du moment où il y a des déclics, forcément on en parle. On en parle à notre partenaire. On dit, voilà, ce que tu m'as fait, ce n'est plus possible. Je pense que ce serait mieux qu'on se sépare. Et bien là, on se fait à chaque fois avoir. On pense qu'on peut changer l'autre, mais ce n'est pas possible. On peut tout essayer, la personne ne change pas. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que pour pouvoir partir, mais partir, c'est ne plus rien laisser derrière. Plus aucune possibilité à l'autre de pouvoir revenir. Ça veut dire qu'il ne faut même pas laisser un stylo. À moins que vous n'en ayez vraiment rien à faire de ce stylo. Mais cette personne, elle sait ce qui vous tient à cœur. Donc, elle va faire en sorte que vous oubliez. Donc, elle cache pour garder le lien. Ces personnes vont garder le lien pour pouvoir vous revoir et vous reséduire à nouveau. Ça peut être sa paire de baskets préférée. « Oh mince, j'ai oublié ma paire de baskets. » Et là, il va vous recontacter. « T'as oublié ta paire de baskets ? Si tu veux, on se voit, on boit un café. » C'est là qu'on retombe dans le piège. C'est insidieux. Je pense que je n'aurai pas assez de temps pour expliquer tout ce qu'il y a à expliquer sur ce sujet parce qu'il est tellement vaste. Et puis, pour s'en sortir seule, c'est vraiment compliqué. Moi, je pense que ce que j'aimerais transmettre, c'est que se faire aider, c'est vraiment une bonne solution. se faire accompagner. Moi, je m'en suis sortie toute seule. À chaque fois. Je m'en suis sortie toute seule. Alors bien sûr, oui, j'ai été voir des psys. Mais j'allais voir des psys pour savoir si j'étais folle, pour savoir si j'avais un problème, si j'avais quelque chose. Et en fait, moi, j'ai beaucoup étudié, en fait, pour pouvoir connaître le sujet. J'ai beaucoup... écouté de podcast, j'ai été vraiment chercher l'information du moment où j'ai eu le déclic, où j'ai compris qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas psychologiquement dans l'attitude de la personne. J'ai beaucoup étudié et en fait c'est mon étude qui m'a permis de m'en sortir. Je me suis retrouvée seule, mais vraiment très seule. Parce que personne ne vous aide, personne ne vous accompagne dans votre démarche. Et il ne faut pas avoir peur de tout perdre. Parce que de toute façon, on perd tout. Je ne sais pas si on se reconstruit totalement, mais on apprend à... à refaire les fondations de soi-même. Comme je disais avant, se connaître soi-même, c'est une des phases les plus importantes. Et ça, c'est vraiment quelque chose que j'ai appris moi-même. Je suis quelqu'un qui aime beaucoup apprendre par moi-même et je trouve ça fantastique parce qu'il n'y a rien de plus beau que d'apprendre par soi-même parce que c'est là où on percute, c'est là où on... C'est en mettant les doigts dans la prise qu'on sait qu'il ne faut pas remettre les doigts dans la prise. Donc voilà, c'est vraiment dur la reconstruction. C'est vraiment très très dur parce qu'on a toujours ce doute de soi. On se retrouve avec une estime de soi qui est complètement à moins mille. En fait, il n'y en a plus du tout. On se retrouve vide. On se retrouve à regarder autour de nous et se dire « Mais il n'y a personne, en fait. » Et lui, il continue sa vie. Et les autres, ils sont là pour lui. Je crois que le plus difficile, c'est de marcher dans la rue, après. J'ai réussi à marcher dans la rue, la tête haute, mais pas sans mal, parce que... Comme on a déjà cette fragilité à avoir peur du regard des autres, on se dit que les gens, ils ont une mauvaise image de nous. Parce que quand on n'est pas accompagné, ça se finit en drama, ça se finit mal. Et moi, ce que j'aimerais dire à toutes les personnes qui traversent ça ou qui vont le traverser, Trouvez quelqu'un de référence qui a déjà vécu ce genre de choses, pour pas que ça finisse en drama. Pour pas que vous ayez à vivre ce que moi j'ai vécu, parce que c'est terrible. Et je crois que même là, en l'expliquant, si moi je l'écoutais, je dirais, ah ouais, mais moi j'ai vécu ça aussi. Celui qui l'a pas vécu, il va pas forcément s'attarder à ça.
- Speaker #0
Appelez-moi ! Sérieux, appelez-moi ! Franchement, parce que j'ai réussi à... J'ai des gens qui m'ont téléphoné pour me demander comment j'avais fait, comment j'avais réussi à... Bien que je n'ai pas totalement réussi, que je dois être encore très très méfiante parce que mon terrain est encore fragile. J'encourage les gens à écouter, réécouter ces podcasts, s'intéresser au sujet. J'ai plein d'outils, j'ai plein de clés, j'ai plein de petites techniques. Mais c'est vrai que je ne sais pas qui le vit, même si je les repère. Des fois, je suis à des endroits, je me dis « Oh, ça sent mauvais par ici ! » Mais je leur dirais de ne pas rester seule. Je leur dirais que je les comprends. Qu'il ne faut pas qu'elles hésitent à se trouver une personne de référence, déjà en espace pour pouvoir exprimer ce qu'elles vivent, ou ce qu'ils vivent. Et je vous en supplie, ne pensez pas que vous êtes fous, ou folles. Je vous en supplie. Ne doutez pas de ce qu'on vous fait vivre, de ce qui se passe. Ça va être dur ce que je vais dire, mais... essayer de mettre cette empathie de côté. Parce que pour ne pas partir, il faut vraiment que l'empathie, elle prenne le dessus. Parce que c'est ça aussi qui fait qu'on reste. C'est qu'on a tellement d'empathie pour les gens. Donc il suffira d'un regard ou d'un... pour pouvoir... ou de nouveau vous remettre là-dedans et ne pas vous permettre de partir. Et j'ai une technique, elle est fantastique. Et vraiment, vraiment, ça va être mon conseil du jour. Écrivez tout ce qui se passe, tout, dans les moindres détails. Je sais que c'est dur, je sais que c'est pas facile, je sais qu'on ne voudrait pas que la personne tombe dessus, mais je vous en supplie, notez, écrivez. Pourquoi faut-il écrire ? Parce qu'en fait, notre cerveau, il est tellement en saturation qu'en fait, on oublie tout. On oublie presque, même pendant. Le conflit, pourquoi ça a démarré ? Qu'est-ce qui s'est passé en fait ? Je ne me rappelle plus. Et c'est à ce moment-là que l'autre va dire, tu vois, tu perds la boule. Tu es complètement marjot en fait. Tu vois, tu crées le conflit à chaque fois. Avec toi, tu as toujours des problèmes. Pourquoi ce n'est jamais simple avec toi ? Pourquoi il faut toujours que tu compliques ? Tu réfléchis trop. Ça, j'en ai plein. J'en ai plein, des phrases comme ça, des choses comme ça. Et je vous encourage réellement à tout noter ce que vous faites, ce que vous vivez. Même s'il y a des dates, même s'il y a des lieux, mettez ça par écrit. Parce que c'est ce qui va vous sauver, parce que vous pouvez retourner dessus. Et c'est ça qui va vous permettre de vous dire vraiment que vous n'êtes pas fou ou folle.
- Speaker #1
Le témoignage de Gaëlle montre à quel point l'emprise psychologique peut s'installer de manière progressive, presque imperceptible au départ. Et puis au début, il y a souvent des petites remarques, des doutes, des comportements qu'on minimise. Et puis petit à petit, on finit par perdre confiance en soi et en son ressenti, mais aussi en sa capacité à dire non ou même à partir. Pour nous aider à mieux comprendre les mécanismes de cette violence invisible, je me suis tournée vers l'association RIF pour Réseau d'écoute et d'entraide aux féminins. L'association a été créée par trois femmes engagées dans les domaines de la santé et de l'accompagnement, Marion Berthaud, Nathalie Sinagra et Martine Rossi qui est avec nous aujourd'hui. Bonjour Martine.
- Speaker #2
Bonjour Cindy.
- Speaker #1
Est-ce que vous auriez envie de réagir au témoignage de Gaëlle qu'on vient d'entendre ?
- Speaker #2
Alors, moi j'ai trouvé le témoignage de Gaëlle très touchant. Parce qu'ils montrent vraiment bien à quel point les violences psychologiques peuvent avoir des conséquences profondes chez une personne qui les subit. Et malheureusement, la tendance encore dans notre société à beaucoup les minimiser, alors qu'elles peuvent amener des situations de grande détresse chez ces personnes-là, qui peuvent aller jusqu'à amener des idées suicidaires, voire des passages à l'acte. Donc vraiment, les violences psychologiques... Au même titre que les violences physiques sont vraiment à prendre au sérieux. Et ce que j'aimerais peut-être aussi rajouter sur le témoignage de Gaëlle, c'est qu'on entend souvent dire que les agresseurs seraient très intelligents, qu'ils sauraient repérer les fragilités chez l'autre, qu'ils ont du flair. Je ne suis pas certaine que ce soit vraiment une question d'intelligence. Ça peut aussi leur amener beaucoup d'importance, je trouve. C'est plutôt une dynamique relationnelle qui va se mettre en place entre les deux personnes. et ce qu'il faut tenir aussi en compte c'est qu'à certains moments de notre vie on peut être plus vulnérable pour x, y raisons ou aussi avoir des qualités des qualités comme de l'empathie de la sensibilité et vraiment j'insiste sur le thème que les qualités ne sont pas des faiblesses par contre ces qualités d'empathie, de sensibilité vont être utilisées détournées par l'agresseur Merci. Comme dit Gaëlle, être hypersensible, ce n'est pas un problème en soi. C'est plutôt le contexte de la relation qui va rendre cette sensibilité plus à risque d'être prise dans un processus d'emprise, comme a pu vivre Gaëlle, par exemple.
- Speaker #1
Selon vous, quels seraient les premiers signes d'une relation où on devrait se rendre compte qu'on commence à être sous emprise ou que la personne commence à essayer de nous manipuler ?
- Speaker #2
C'est une excellente question, une question complexe. Complexe pourquoi ? Parce que les premiers signes sont souvent difficiles à identifier sur le moment, surtout si on est dans une période de vulnérabilité. Et puis on va plutôt les comprendre après coup, quand on commence à prendre de la distance par rapport à cette relation. Si je reprends Gaëlle et son témoignage, elle parle du love bombing. le fait d'être mise un peu sur un pied lestal, quelque chose de très rapide sur la temporalité. Par contre, ce qu'on peut retrouver souvent, c'est un mal-être diffus, le sentiment de devoir marcher sur des œufs, de faire attention, de faire attention à éviter des réactions imprévisibles chez nos partenaires. Mais ça ne se retrouve pas forcément que dans le couple. Et ça, je pense que c'est aussi important de relever. C'est que ces violences psychologiques se retrouvent aussi dans le système intrafamilial. Ce que j'entends par intrafamilial, c'est les relations parents-enfants. Vos frères et sœurs, vos cousins, vos cousines, etc. Dans les amitiés aussi, les amitiés toxiques. Et au travail. Collègues, votre employeur. supérieure par exemple dans le job qui va vous valoriser un jour et puis qui va vous humilier devant les collègues à un autre moment, la même journée, le lendemain, peu importe la temporalité, ou qui vous a engagé pour votre expertise dans un domaine et puis qui va vous cantonner à un job où les tâches subalternes dans votre liste de poste, ou au contraire vous mettre en difficulté en vous donnant des tâches à faire pour lesquelles vous n'avez pas Merci. les compétences, la formation, etc., pour lesquelles vous n'avez pas été engagé. Donc voilà, c'est très complexe, puisque compliqué.
- Speaker #1
On l'a compris à travers le témoignage de Gaëlle, l'entreprise s'installe vraiment progressivement. Donc au départ, il y a des comportements qui s'installent et qui paraissent inoffensifs. On peut les repérer quand même, si on le sait, si on sait que ça existe ?
- Speaker #2
Alors, si on a... déjà vécu ce type de relation, si on est informé sur ce type de relation, je pense qu'on peut être attentif peut-être quand c'est trop. Quand on est trop super, trop géniaux, trop compétent, trop en tout. Quand quelqu'un s'immisce ou s'invite trop rapidement dans notre intimité, dans notre vie. Là, je pense qu'on peut avoir des signaux d'alerte, les fameux red flags qu'on entend parler. Après, si c'est des relations dans la famille, avec les parents, avec les frères et sœurs, etc., c'est beaucoup plus ancien, c'est beaucoup plus ancré, c'est des choses qui sont existantes très probablement même avant notre naissance. Et on est béni à l'intérieur de ça. donc je vais essayer de... Souvent plutôt le regard des autres, quand on va peut-être discuter avec nos amis, on se dit « c'est bizarre ce que c'est que de vivre » . Ou quand on va aller vivre des expériences chez nos amis ou chez nos voisins, on se rend compte que ce que l'on trouve normal chez nous, on ne le retrouve pas chez les autres en fait.
- Speaker #1
Et il y a une évolution qui se met en place, qui est un peu standard, entre guillemets ?
- Speaker #2
Non, le standard, je ne pense pas que ça existe. Je pense que vraiment chaque situation est particulière. Chaque situation est particulière, chaque personne a sa singularité, chaque relation, on ne peut pas comparer une relation à une autre. plus voit une évolution finalement dans la violence. Elle est rarement stable. Il y a quelque chose qui s'immisce, qui est insidieuse, qui se met de manière progressive. Autrement, si les choses étaient claires depuis le départ, on n'irait typiquement pas du tout dans cette relation. Donc, il y a quand même quelque chose où on est apprivoisé. dans la relation et où il y a peut-être aussi quelque chose de l'ordre du test par rapport à l'agresseur c'est-à-dire qu'il va essayer de dire ou de faire certaines choses et voir jusqu'où vous êtes dans une forme de tolérance par rapport à ce qui se passe et puis s'il se rend compte que ça va un peu trop loin, c'est peut-être à ce moment-là par arriver les excuses, les promesses les restaurants, les fleurs ou si on est, ça c'est pour le coup couple, si on est au travail, notre patron, notre boss va peut-être revaloriser finalement ce qu'on est en train de dire ou faire, faire une promesse de promotion, de prime, avoir des compliments, alors que la seconde d'avant était en pleine phase de dénigrement dans les relations intrafamiliales. on va peut-être avoir quelque chose qui va se renormaliser retrouver de la proximité des amis qui vont faire des excuses avec un relèveur affectif très fort on sent qu'il y a quelque chose tout le temps de chaud-froid finalement dans cette relation et cette alternance de chaud-froid entretient vraiment la confusion chez la personne qui est maintenue dans cette emprise où il y a une Merci. Une incompréhension finalement de savoir ce qui est tellement... Une incompréhension dans ses ressentis. C'est ça la vie de mon psychologue.
- Speaker #1
Oui, parce qu'on est perdu vraiment face à cette personne qui est d'un coup très sympa et puis d'un autre qui nous envoie des moulures monstrueuses dans la tête et puis on ne comprend pas. En fait, il y a quand même une sorte de confusion par rapport à ça. C'est un jour méchant, un jour gentil. Et on se pose la question de savoir si c'est nous qui sommes responsables de cette situation finalement, parce que c'est ce qu'elle essaie de nous faire vivre.
- Speaker #2
Complètement, d'autant plus que pour une même situation, on peut avoir une réponse à un moment donné et une autre à un autre moment donné, pour les mêmes choses. La réponse n'est pas tout le temps la même. Donc du coup, on ne sait même plus quel comportement... On peut arriver à ne plus savoir quel comportement adopter, même dans des situations identiques.
- Speaker #1
Et même dans des situations très simples aussi.
- Speaker #2
Et dans des situations complètement simples. C'est des situations quotidiennes. Ça peut être, j'ai fait cuire le sec à la demande de mon père, de ma mère, de mon conjoint, de manière, je ne sais pas, à plus d'appoint. Et puis, non, ça va être plus saignant. Et puis, tu ne comprends rien, tu es complètement… incapable, c'est ne pas faire qu'il y ait un steak. Voilà, alors que la veille, c'était exactement le contraire qui était demandé et attendu.
- Speaker #1
Qu'est-ce que vous observez le plus souvent chez les femmes que vous accompagnez dans votre association ?
- Speaker #2
Alors, les femmes qui vont venir dans notre association, ça va déjà être des femmes qui vont être dans un processus de prise de conscience de ce qu'elles sont en train de vivre. C'est-à-dire que quand Merci. j'arrive à prendre de la distance, à me rendre compte de certaines choses qui tournent par, ou pas forcément chez moi, mais dans la relation que je suis en train de vivre. Elles sentent qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Le fait qu'elles arrivent à venir jusqu'à chez nous, jusqu'à l'association, c'est presque pour conforter leur impression qu'il y a un truc qui ne va pas. Oui, d'accord. Je ne sais pas. que ce n'est pas simplement en lien avec leur sensibilité, une sensibilité déplacée ou une mauvaise communication avec leur partenaire ou la personne avec qui elles sont dans cette relation bizarre, dans cette sensation de bizarrerie au travail. Et puis, ce que je ressens n'est pas faux, en fait. Et puis, c'est difficile en plus. C'est d'autant plus difficile que si elles en ont déjà parlé ailleurs, un ami, un ami, un collègue, ou je n'en sais rien, les personnes. peuvent très souvent minimiser le ressenti de l'autre. Minimiser, banaliser, même des fois nier les ressentis de l'autre. On s'en rend compte, tu exagères, il est comme ça, Charles Hubert, même avec les autres collègues, il se comporte aussi comme ça. Il y a vraiment une banalisation, il peut même y avoir une violence systémique finalement dans laquelle on peut se retrouver. Et du coup, ça rend encore plus... plus confus nos sensations, nos impressions. Il y a certaines femmes qui parlent de l'impression de devenir femme, en fait, parce que ce que je ressens, ce que je raconte, ce que mon réponse, finalement, c'est moi qui n'y vais pas. J'ai un problème de santé mentale. Donc, ça peut aller très, très loin. Et vraiment, quand on se retrouve dans ce système ou à personne, j'exagère peut-être, mais quand je dis personne, peu de personnes, je vais plutôt nuancer, peu de personnes sont prêtes à valider ce que je perçois, ce que je ressens et ce que je partage, c'est compliqué de sortir de la confusion. Qu'est-ce qui fait qu'il y a cette banalisation ? nier les ressentis de l'autre, ça peut être aussi un système de protection pour les personnes avec qui on parle. Je ne sais pas si je suis très claire quand je m'exprime, mais la personne à qui je vais partager mon ressenti peut se protéger aussi, parce que surtout si c'est au job, si c'est au travail, tant que c'est, je ne sais pas... Une autre personne que moi qui est sous les feux de l'agresseur, moi je suis un peu plus tranquille. Il peut y avoir ce type de protection, il peut y en avoir d'autres, mais ça, ça peut être un exemple du type de protection.
- Speaker #1
Et c'est important de rassurer aussi le fait de rester dans une situation comme celle-là, même pendant des années, ce n'est pas du tout un signe de faiblesse.
- Speaker #2
J'ai envie de dire que ce n'est certainement pas un signe de faiblesse. Il y a même qu'endurer ces violences au quotidien sur des mois, des années, montre une force que peu de personnes peuvent avoir en réserve, que peu de personnes peuvent imaginer. Rester, c'est peut-être surtout le signe de ne pas savoir où se tourner, où se confier, où demander de l'aide. Et puis surtout d'être crues, parce qu'il ne faut pas oublier que les femmes qui vivent tout type de violences sont rarement crues immédiatement. Elles doivent se justifier, entendre des commentaires, comme on disait tout à l'heure, balalisants, des commentaires qui nient leur souffrance. En plus de ça, les violences psychologiques, contrairement aux violences physiques, sont... Très difficile à démonter, à aller ramener des preuves de ce qui se passe dans votre salon. Il y a rarement des témoins. Donc, elles sont déjà épuisées émotionnellement, et puis elles vont encore devoir piser dans des réserves, trouver des forces, en fait, pour convaincre les personnes à qui elles vont parler. c'est certainement pas un signe de faiblesse.
- Speaker #1
De loin pas. Et même au travail, c'est difficile parce que les gens autour, les autres collègues, peut-être qu'ils voient, mais eux, ils ont peur pour leur poste, donc ils vont pas aller se mouiller non plus. Aussi, dans le domaine professionnel, c'est compliqué de prouver que c'est vrai.
- Speaker #2
Comme je disais tout à l'heure, tant que le focus est sur une personne, moi, je suis un peu plus peinarde. pour vivre au lieu de survivre.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Qu'est-ce qui va déclencher généralement un déclic pour enfin réussir à se sortir de cette situation ? Il y a des choses qui se passent qui peuvent aider.
- Speaker #2
Le déclic est différent pour chacune, bien entendu, puisqu'on parlait tout à l'heure de chaque situation, chaque singularité. Parfois, ça peut être une accumulation. d'insultes, d'humiliation, de comportements complètement inadéquats que je subis. Parfois, ça peut être une phrase, un événement, un regard extérieur d'un quelqu'un qui va… Même si ça a été dit ou redit par quelqu'un d'autre, l'accumulation aussi des choses qu'on pointe dans la relation que je suis en train de vivre peut être aussi un déclic à un moment donné. C'est aussi positif d'avoir une redondance de remarques, de réflexions. bienveillante, quand j'entends remarques ou réflexions, c'est vraiment quelque chose de soutenant et d'accompagnant. Et que ça peut amener une clarté à un moment donné, alors que peut-être ça fait 20, 30, 50 fois que j'ai entendu la même chose de différentes personnes. « Mais ce que tu vis là, c'est complètement dingue ! » Ça peut être aussi la peur pour soi, de se rendre compte que « Waouh, je commence à avoir des idées suicidaires ! » « Je commence à avoir envie de... » de sauter par un balcon, je n'arrive plus à me lever pour aller bosser. Ça peut être aussi la peur pour ces enfants, parce qu'il y a aussi les dommages collatéraux dans ces types de violences, comme dans les violences physiques. Et puis, du coup, quelque chose qui se passe avec nos enfants nous fait réaliser. Alors, ce n'est pas forcément qu'on ne le voyait pas. où ça commence à faire du sens à faire du lien c'est pas moi qui suis folle, c'est la situation qui est folle de dire que c'est pas normal en fait c'est pas normal ce que je vis là n'est pas normal le job c'est la même chose une violence de trop nous faire avoir ce déclic là par contre moi ce que je tiens aussi à souligner et c'est qu'il n'y a pas toujours le déclic. Des fois, le déclic ne survient pas. La seule solution que je trouve pour mettre fin à mes souffrances, c'est de mettre fin à mes jours. La notion du suicide est importante à souligner. Ne pas penser que ça n'existe pas. Il y a des femmes qui se retrouvent tellement isolées dans leurs souffrances qui Dans un truc où elles se sentent tellement responsables de ce qu'elles sont en train de vivre, il faut qu'elles s'éloignent, qu'elles s'enlèvent de la problématique.
- Speaker #1
Et ça, c'est terrible, évidemment, qu'on n'a pas envie d'en arriver là. Donc là, on a envie de donner des solutions à ces femmes qui peuvent se sentir dans cette situation et de leur dire non, non, ce n'est pas la solution, on peut s'en sortir. Quelles sont les étapes qu'elles pourraient... utiliser pour pouvoir s'en aller au lieu d'enlever sa vie, parce que ce n'est pas une solution qui est la bonne ?
- Speaker #2
Alors, quand on arrive à avoir des idées suicidaires et à passer à l'acte, c'est qu'on est allé très très loin dans la résistance. Et c'est pour ça que parler de faiblesse, c'est vraiment un non-sens. c'est qu'on a résisté le plus possible. Après, il y a des étapes pour sortir de ce type de situation. On imagine, dans l'imaginaire, on pense que c'est à un moment donné, on se réveille et on part. Possiblement que ça peut arriver pour des personnes. Par contre, très souvent, c'est plus un processus. Un processus qui, en plus de ça, n'est pas linéaire. C'est-à-dire qu'il faut déjà prendre conscience de ce que je suis en train de vivre. Et puis après, je suis quand même bien atteinte psychologiquement. C'est-à-dire que mon agresseur a tellement bien fait son travail de sape, c'est que j'ai l'impression que je suis capable de rien du tout. En fait, mes capacités sont un peu vélutaniens. Du coup, je vais être dans une valse d'hésitation énorme, des doutes importants et puis des peurs. Comment est-ce que je vais réussir à faire telle ou telle chose ? Puisque si j'en crois la personne qui m'a mise dans cet état-là, ça va être très… Au job, c'est la même chose. Quitter mon job alors que je suis tellement nue, mais qui va me reprendre ? Donc, il y a vraiment toute cette déconstruction psychologique qui a été mise en place où la femme va devoir dépasser ça. Donc, vous imaginez la somme de courage et d'énergie pour dépasser. Et après, quand on entend parler de faiblesse, vraiment, c'est plus qu'un non-sens.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #2
donc il y a vraiment une reprise de pouvoir sur soi qui me permet malgré les difficultés à me dire ok là c'est une question de vie ou de mort il faut que je parte en fait oui Et puis après le départ, parce que ce n'est pas terminé, on peut se dire… Alors là, vous me demandez comment est-ce qu'on peut rassurer les gens, et je me dis, j'en rajoute, j'en rajoute, mais c'est la réalité, après le départ, ce n'est pas terminé pour autant. Déjà, il y a tout le chemin de la reconstruction qu'on va avoir pour soi-même, et puis, pour les enfants, s'il y en a, si c'est quelque chose qui se passe dans les familles, et l'agresseur, il ne disparaît pas. Il n'est pas en train de se laver les mains en disant « il est parti, c'est comme ça » . Non, non. Il ne peut pas revient à la charge, il reprenne le cycle des violences, c'est-à-dire il va revenir à m'adouer, séduire, promettre, cadeau, etc. Donc, il faut une énorme force et puis un entourage important pour résister, pour se détacher de cette relation. de relations avec ces violences psychologiques. Et ça, c'est sans parler, sans évoquer. J'ai juste dit un petit mot pour les femmes qui ont des enfants, c'est très compliqué. Mais les problématiques économiques, savoir où est-ce que je vais aller loger, où est-ce que je peux m'enfuir, où est-ce que je peux poser mes valises, où est-ce que je peux rester. Donc, ce sont des étapes à préparer en amont aussi. savoir où est-ce que je veux partir, où est-ce que je peux m'installer, combien d'argent j'ai, parce que souvent, il y a des contrôles économiques faits par l'agresseur également. Donc, ça, c'est vraiment une anticipation. C'est aussi avoir des preuves, le plus possible, on parle d'enregistrement, de témoins. le son de scier pour se protéger. À qui on dise j'ai kidnappé les enfants, s'il y a des enfants, que j'ai abandonné le domicile conjugal, etc. Au niveau des lois, je ne suis pas spécialisée à l'attendre. Je sais qu'il y a des choses qui changent, mais c'est lent. Les changements sont très très longs. Il faut vraiment aussi anticiper ça. Ce n'est pas juste je pars.
- Speaker #1
Oui, il y a toute la suite.
- Speaker #2
Oui, il y a toute la suite après. Quand je dis « ce n'est pas juste, je pars » , on sait que dans les violences psychologiques, il n'y a pas tout le temps des violences physiques. Par contre, dans les violences physiques, il y a tout le temps des violences psychologiques. Donc, peut-être que je dois partir très vite parce que ça dérape en violences physiques. Et là, il faut vraiment que je sauve ma peau au plus vite. Toute situation est vraiment… Merci. pas identiques, terribles, et à considérer une par une.
- Speaker #1
Heureusement, il existe de l'aide. En Suisse, votre association fait partie des endroits où on peut aller demander de l'aide. Vous êtes basée à Genève. Quel accompagnement est-ce que vous proposez aux femmes qui sont concernées ?
- Speaker #2
Nous, on est tout récent comme association. On est effectivement basée à Genève. Et on propose un espace de partage et rencontre tous les 3e jeudi du mois pour les femmes qui ont vécu ou qui vivent des violences psychologiques, que ce soit dans leurs relations couples, dans le système intrafamilial, amical ou au travail, vraiment tous les terrains possibles où les violences psychologiques peuvent avoir lieu. Il est également ouvert aux proches de ces personnes qui vivent des violences psychologiques, parce que très souvent, les...
- Speaker #0
Les proches, que ce soit la famille ou nos amis, quand je dis proches, peuvent perdre le fil. Comment il est ? Parce que pour eux, ça paraît tellement simple et clair qu'il faut partir. Ils peuvent s'épuiser, parce que comme je disais tout à l'heure, le détachement n'est pas linéaire, c'est un processus. Et dans le processus, il peut y avoir des allers-retours. Comme pour les violences physiques, je pars du lieu où je vis ces violences, j'y retourne, je repars, j'y retourne. Ça fait partie de ce processus. Vraiment, c'est aussi pouvoir faire comprendre, amener une forme de compréhension pour les proches que ces violences psychologiques sont vraiment destructives et que... les personnes qui essayent de s'en sortir sont amoindries, qu'elles ont vraiment besoin de leur entourage et qu'il faut de la patience. C'est-à-dire qu'on se dit « mais mon Dieu, il n'y a pas le temps en fait » . Et pour autant, il faut de la patience. Donc voilà, on propose cet espace de partage et rencontre. Pour l'instant, c'est qu'une fois par mois. On propose aussi des ateliers autour de la reconstruction, c'est-à-dire retrouver sa confiance en soi, se réapproprier ses ressentis, parce qu'on a tellement l'impression que ce qu'on ressent, ce qu'on vit est faux. C'est important de se réaligner contre ce que je perçois, ce que je ressens, comment je les interprète, tout ça. et comprendre aussi les... mécanisme de l'emprise, du contre-coercitif. Ça, on propose également, ça c'est plus pour, c'est vraiment pour le public des femmes et de leurs proches. C'est ouvert aux, je précise, c'est ouvert aux femmes à partir de 18 ans. C'est exclusivement pour les femmes. Même pour les proches qui viennent On demande à ce que ce soit un petit peu axé... Vraiment, c'est important que ce soit que des femmes. On s'est rendu compte qu'en discutant, s'il y avait un genre masculin qui venait, ça pourrait, pour certaines femmes, bloquer la parole. Cet angle, je ne sais pas si c'est le meilleur, mais en tout cas, c'est l'angle qu'on a pris. Et on propose également, là, c'est plus pour les... des associations qui accompagnent aussi des femmes victimes de violences, des supervisions pour les partenaires. Et on a un projet aussi pour, dès qu'on aura plus de temps, plus de moyens, à proposer au niveau des écoles, des entreprises, aux écoles, etc., de travailler sur la prévention. dans ces milieux-là, pour amener une pédagogie, une éducation, une information plus approfondie sur les violences psychologiques qui sont vraiment à nos portes. Tout le monde est... On est tous susceptibles, à un moment donné dans notre vie, d'être plus vulnérables pour x, y raisons et être embarqués dans ce tourbillon, dans cette folie et puis je remets juste un tout petit peu en arrière pour les groupes qu'on propose pour les femmes qui vivent des violences psychologiques c'est vraiment pour nous le groupe est important c'est des espaces vraiment, il n'y a pas d'espace individuel parce que Euh... L'axe aussi qu'on prend, ce qu'on appelle un peu la mission de notre association RIF, c'est d'utiliser le groupe comme levier, comme outil pour sortir de l'élevement et que ces femmes qui se rencontrent soient des outils les unes pour les autres, grâce au groupe en fait, et puis de se rendre compte aussi que, après ce que je vis, même si ma situation est particulière, les outils utilisés par l'agresseur, somme toute, sont très similaires.
- Speaker #1
Est-ce que vous répondez aux femmes de toute la Suisse romande ou c'est juste pour le canton de Genève ?
- Speaker #0
Alors, on répond à toutes les femmes de la Suisse romande. La seule chose qui peut être problème, c'est que nos activités sont en présentiel. Ce qui veut dire que la personne doit être mobile pour nous rejoindre dans notre espace à Genève. Et puis, du coup, ce qu'on se rend compte, c'est que pour certaines femmes, Celles qui vivent encore avec leur agresseur, c'est compliqué parce qu'il faut justifier ce que tu as, l'atténuateur. Si c'est de l'autre côté du canton, c'est compliqué de justifier tant de temps d'absence. Donc ça, c'est vraiment pour les espaces proposés aux femmes. Et pour les supervisions et sensibilisations, donc publics professionnels, là on peut se déplacer complètement.
- Speaker #1
Et comment ça se passe le premier contact avec vous ? Comment on vient vers vous ?
- Speaker #0
Alors généralement les femmes nous contactent via notre site, elles nous envoient un mail, elles s'inscrivent dans un espace ou un autre. On est également présentes sur les réseaux sociaux, on est sur Instagram et Facebook. Oui, notre objectif pour cette deuxième partie 2026, c'est de nous rendre plus visibles sur le terrain. L'idée, c'est d'aller nous présenter à d'autres associations. On a déjà commencé. Il y a certaines associations qui nous ont repérées et qui nous ont aussi envoyées, mises en relation avec des femmes qui vivent des violences psychologiques. On a le projet de nous présenter à la LAVI, même si eux aussi nous ont envoyé une ou deux personnes, une en tout cas sur, mais voilà, qu'ils sachent un peu à qui ils ont affaire quand ils envoient une personne chez nous, quand ils nous mettent en relation. Et puis l'idée aussi, c'était de faire des démarches auprès... des médecins ou d'autres personnes qui sont en première ligne, si j'ose dire, et qui sont susceptibles de détecter des femmes en souffrance psychologique parce que dans des relations avec des violences psychologiques dans leur couple ou ailleurs. Après, il ne suffit pas de détecter parce que ce n'est pas parce que je vois quelque chose chez quelqu'un que l'autre est OK. De dire oui, je suis du sein. Mais en tout cas, nous, on va aller faire cette sensibilisation. C'est notre projet.
- Speaker #1
C'est important. On mettra d'ailleurs tous les liens vers vos pages sur les réseaux sociaux, votre site internet dans la description de cet épisode, afin qu'on puisse vous retrouver très facilement. Est-ce que l'aide, elle est accessible, même si on n'est pas tout à fait sûr de vivre sous emprise ? Vous l'avez dit tout à l'heure, souvent, les femmes viennent chercher un petit peu la... la validation de ce qu'elles ressentent. Donc, c'est possible aussi dans ces cas-là ?
- Speaker #0
J'ai envie de dire, dès que vous avez le moindre doute, venez.
- Speaker #1
Comme ça, il n'y a plus de doute. Très bien. Qu'est-ce que vous aimeriez dire aux femmes qui hésitent encore à demander de l'aide ? Parce que ça aussi, ça demande un courage assez phénoménal d'oser faire le pas de demander de l'aide à quelqu'un.
- Speaker #0
J'ai l'impression que c'est un petit peu en lien avec la question précédente. Finalement, est-ce que... Est-ce que je suis vraiment sous emprise ? Est-ce que je vis ce contrôle de l'autre ? Est-ce que je suis légitime à venir ou pas ? Et j'ai envie de dire que dès que l'on est dans une hésitation par rapport à une relation, quelle qu'elle soit, une hésitation, un doute, j'ai envie de dire que c'est un symptôme de ce que vous êtes en train de vivre, probablement, Et accueillez-les. et les violences psychologiques qui sont installées déjà au plus profond de mon être. Et que ce doute et cette confusion, c'est vraiment le résultat des violences que je suis en train de vivre depuis des semaines, des mois, voire des années. C'est que je fais plus confiance à mes ressentis. C'est vraiment des moments où il ne faudrait pas rester seule, mais je sais que c'est très facile à dire. et que la mise en action est beaucoup plus complexe. En tout cas, si vous êtes en train d'écouter ce podcast, ou en train de... Déjà, vous n'êtes pas là par hasard, je suppose. Si vous êtes en train d'écouter ce moment-là, si vous êtes en train de faire des recherches sur les violences psychologiques pour vous dire est-ce que c'est vraiment ce que je suis en train de vivre ou pas ? Je vous invite vraiment à essayer le pas d'après et puis de venir effectivement soit à notre association, si vous êtes sur Genève, soit dans d'autres assos, dans d'autres cantons, ou en tout cas d'en parler à quelqu'un, d'en parler à un enseignant, de vous trouver une personne avec qui vous vous sentez en confiance. Il ne serait pas jugé, même si c'est difficile, le jugement est inhérent à l'être humain. mais en tout cas quelqu'un qui pourra être bienveillant avec vous.
- Speaker #1
Ça, c'est très important. L'association RIF est à Genève. RIF, c'est R-E-E-F pour Réseau d'écoute et d'entraide aux féminins. Toutes les infos sont dans la description, je le répète, mais c'est important. Martine Rossi, je vous remercie beaucoup d'avoir été avec nous aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Cindy, pour l'invitation.
- Speaker #1
Si cet épisode vous a parlé, touché ou qu'il a fait écho à quelque chose que vous avez vécu, rappelez-vous cela, vous n'êtes pas. toute seule. L'emprise psychologique peut concerner n'importe qui. Elle ne commence pas toujours par des cris ou des violences visibles. Souvent, elle s'installe doucement jusqu'à nous faire douter de nous-mêmes, de notre valeur, de notre ressenti. Et comme on en a parlé avec Martine, dans plusieurs domaines, c'est tout à fait possible au sein de la famille, du travail, des amitiés ou encore du couple. Merci à Gaëlle profondément pour son courage et sa confiance pour s'être livrée à nous aujourd'hui. Merci également à Martine Rossi et à l'association RIF pour leurs éclairages précieux. Et si vous avez envie, vous aussi, de partager votre histoire dans la voix des femmes, vous pouvez m'écrire à l'adresse mail parolesatmalice.ch qui est en lien dans la description de cet épisode. Prenez soin de vous et surtout, continuez à écouter cette petite voix intérieure, celle qui sait souvent bien avant nous quand quelque chose ne va pas. Et on laisse le mot de la fin à Gaëlle.
- Speaker #2
Je pourrais encore discuter pendant des heures de ce sujet. pas cacher que ça a été extrêmement difficile de faire ce pas de parler mais je me dis que on peut pas rester encore trop trop longtemps dans l'ombre c'est mon premier pas d'ailleurs pour sortir du silence et j'encourage les gens à en parler Parce que ça existe, c'est vraiment réel, ça fait des dégâts. Et si on n'a pas la force pour s'en sortir, je pense qu'il y a plein de gens qui se retrouvent à tomber malade et puis à rester dans des vies qui sont complètement ouf. Qui ne sont pas saines, qui ne sont pas... Donc je pourrais en dire encore, parler pendant des heures, mais je suis contente d'avoir pu m'exprimer. Et j'espère que ça pourra aider certaines personnes à avoir le déclic, à bouger quelque chose dans leur vie. J'aimerais qu'un jour quelqu'un me dise. J'ai écouté ça et en fait,
- Speaker #3
je me suis rendue compte et j'ai réussi à m'en sortir.