- Speaker #0
La voie des femmes. Quand les silences prennent enfin la parole.
- Speaker #1
Je suis Cindy Heiniger, journaliste. La Voie des Femmes, c'est un podcast fait par des femmes, pour des femmes. Pas un podcast de plus sur la femme moderne. Pas un guide en dix étapes vers le bonheur. Un espace vrai où l'on parle enfin de ce qu'on tait depuis trop longtemps. Bienvenue dans La Voie des Femmes.
- Speaker #0
La Voie des Femmes, un podcast malyce.ch
- Speaker #1
Hello les filles, soyez les bienvenues dans ce nouvel épisode de La Voie des Femmes. Je vous emmène aujourd'hui dans un sujet que la moitié de l'humanité vit chaque mois et dont on ne parle encore que trop peu. Le 28 mai, c'était la journée mondiale de l'hygiène menstruelle, une date qui n'a rien d'anodin parce que le 28 a été choisi comme étant la durée moyenne d'un cycle. Et puis le mois de mai, c'est le cinquième mois de l'année, comme les cinq jours moyens de règle. C'est une journée qui est née en 2014 pour briser le silence autour des menstruations. Parce que oui, en 2026, le tabou est encore bien là, malgré cette journée qui a déjà 12 ans cette année. Dans cet épisode, on va parler d'intimité, on va voir qu'on peut connaître son propre corps beaucoup mieux, comprendre son cycle pour en faire une force. Et pour ça, j'ai eu envie aussi d'aller chercher la parole là où elle se trouve vraiment, chez vous. Je vous ai invité à témoigner sur vos cycles, sur votre rapport à vos règles, sur ce que vous vivez dans votre corps chaque mois. Et vous avez été nombreuses à jouer le jeu, merci beaucoup. Avec courage et générosité, ça sera la première partie de cette émission. Et puis ensuite, je vous propose de découvrir Irène Wyss qui va nous parler du flux instinctif. Une interview qu'on a tournée en plein air. Donc vous verrez, vous allez aussi pouvoir profiter en même temps du chant des oiseaux en fond sonore. Et puis on va terminer avec Justine Petten, formatrice certifiée en symptothermie. C'est une méthode de contraception naturelle. Mais pas seulement, vous allez voir à quel point elle touche à bien d'autres aspects de notre vie. les menstruations, la santé du cycle et même la conception.
- Speaker #0
La Voie des Femmes, un podcast malyce.ch
- Speaker #1
Alors avant d'écouter Irène et Justine, place à vos voix. Plusieurs femmes, plusieurs histoires, plusieurs façons de vivre avec son cycle. Certaines vont vous toucher, d'autres peut-être vous surprendre et peut-être même que dans l'une d'elles, vous allez vous reconnaître. On commence avec Stéphanie.
- Speaker #2
Je suis une femme de 46 ans et je n'ai jamais eu de problème avec mes règles, même les premières règles. J'ai souvenir de ma maman qui était tellement enchantée qu'elle avait téléphoné à sa maman pour expliquer que sa petite fille était devenue une femme. J'avais trouvé ça un petit peu étonnant, mais voilà, c'était rassurant aussi de voir qu'elle se réjouissait. Après, pour ma part, j'ai des cycles absolument réguliers, calmes. Je n'ai pas eu de problèmes conséquents avec mes règles. Quand j'étais plus jeune, j'utilisais essentiellement des tampons, des serviettes hygiéniques, parce que c'était ce qui était communiqué et accessible dans les commerces. Maintenant, ça va faire six ans que j'utilise uniquement des culottes menstruelles et j'en suis tout à fait satisfaite. Après, j'ai aussi compris que c'était des cycles hormonaux qui étaient intéressants à comprendre, à connaître. qui sont peut-être le reflet de mon état d'être. Et selon les moments où je suis plus crispée, plus sensible au niveau de l'humeur, eh bien, je sais que c'est une semaine avant mes règles. J'en ai communiqué aussi à mon entourage, à ma famille, en disant maintenant, si jamais je suis à fleur de peau, venez pas me chercher. On a même mis quelque chose de visuel à la cuisine. On accroche une pince, que ce soit moi ou que ce soit ma fille, et même mon mari, parce que même s'il n'a pas des cycles, il a effectivement des moments où il est peut-être plus sensible dans le mois ou dans les saisons. Donc voilà pour nos astuces en lien avec les cycles.
- Speaker #1
Un rapport presque naturellement apaisé avec son cycle, ce n'est pas toujours le cas. Anaé, elle, a vécu ses règles avec légèreté pendant des années, jusqu'à ce que la périménopause s'en mêle.
- Speaker #3
Alors, j'ai eu mes premières règles à l'âge de 15 ans. Je dirais que c'était doux, j'étais contente de les avoir, mon corps s'est formé à ce moment-là. Je me rappelle que dès cet âge-là, je ne voulais pas mettre des tampons parce que je voulais sentir en fait le sang couler. Oui, ça m'intriguait. Et quelque part, j'étais une femme, c'était naturel. Après, j'ai toujours eu des cycles courts de 21 jours à peu près, réguliers, et puis pas beaucoup de pertes, pas beaucoup de règles du coup. Par contre, une fois par année, oui, elles étaient abondantes, très abondantes. et puis suivant ce que je vivais, elle pouvait être douloureuse avec les seins très tendus. mais c'était en fait en lien avec ce que je vivais émotionnellement ou en couple ou dans le travail ou peu importe et puis sinon il y a aussi eu justement une période quand j'ai fait le burn out où j'ai eu aussi le syndrome prémenstruel dysphorique où là c'est les émotions en pagaille c'est vraiment dur dans le corps avec des envies suicidaires avec Donc... Ouais, très, très, très compliqué, à fleur de peau. Et sans ça, c'était vraiment toujours tout soft. Et puis là, il y a deux ans, avec la périménopause, je n'étais pas préparée à ça. Et en fait, là, ça a été émotionnellement très violent, très compliqué. J'avais beau essayer d'expliquer que je pensais être en périménopause, pause, mais comme j'avais que 42 ans, j'étais un peu jeune, donc pas prise au sérieux. Et après, j'ai trouvé des petites plantes naturelles qui ont vraiment stabilisé le côté émotionnel, les bouffées de chaleur, sur nocturne, l'hypérémotivité, la nervosité. Et puis, bon, après, il y a aussi toute la partie méditation, yoga qui m'aide beaucoup. Mais je sens que cette Merci. Période de la périménopause
- Speaker #0
est beaucoup plus sensible pour moi. Autant j'ai été toute tranquille tout le reste de ces années, je dirais. Autant là, je sens que vraiment, je dois avoir une ligne de conduite assez irréprochable pour que mes hormones, en fait, me jouent pas les tours. Et puis sinon, j'ai toujours des cycles réguliers, mais je saigne moins et quasiment plus aucun symptôme.
- Speaker #1
La périménopause, ce passage que personne ne nous prépare vraiment à traverser et si certaines le découvrent sur le tard, d'autres ont un rapport compliqué aux règles dès le départ. Ça, ça a été mon cas et comme vous me faites confiance en témoignant de votre vécu, eh bien je vais partager également le mien avec vous. Moi, j'ai eu mes règles pour la première fois quand j'avais 12 ans. J'ai eu 12 ans en novembre et mes règles sont arrivées à Noël, donc peu de temps après et je l'ai très très mal vécu, ça a été une période... hyper compliquées. Je me souviens que j'ai beaucoup beaucoup pleuré. Cette année-là, mes grands-parents étaient là aussi et j'avais pas envie de leur dire que j'avais mes règles. C'était honteux. Et je sais pas pourquoi, parce que j'étais préparée, ma maman m'en avait parlé, mais j'ai détesté ça. J'étais en larmes et j'avais l'impression que c'était la fin de ma vie, alors qu'il n'y avait pas de raison, vraiment, parce que ma maman me disait, mais tu m'as toujours dit que t'avais envie d'avoir des enfants, ben là c'est plutôt positif, ça veut dire que ça fonctionne, que tu vas pouvoir en avoir, etc. Mais moi, j'étais vraiment très très mal avec ça. Ça en est suivi plusieurs années de grosses douleurs. Vraiment, moi, c'était terrible. J'avais des douleurs qui, des fois, me clouaient au lit. J'ai eu manqué l'école, même, à cette période-là, des fois, parce que je n'arrivais pas à me lever. Et puis, évidemment qu'à l'époque, on nous disait juste, bah ouais, c'est normal, les règles, ça fait mal, c'est comme ça. Et puis, bah voilà, ça passera peut-être un jour ou pas. Et en fait, ces douleurs de règles se sont un peu calmées quand j'ai commencé à prendre la pilule, Même si je la prenais vraiment. À contre-cœur, parce que moi, je n'ai jamais aimé ça, prendre des médicaments de manière générale, c'est quelque chose que j'ai beaucoup de mal à vivre. Mais je l'ai prise pendant quelques années, jusqu'au moment où j'ai eu envie d'avoir un enfant. Et puis, quand j'ai essayé d'avoir ma fille, ça a été compliqué parce qu'on m'a diagnostiqué des ovaires polycystiques. Le médecin m'a dit, écoutez, on va commencer par ce traitement-là. Donc, je devais reprendre la pilule pendant trois mois. Et en fait, après, il m'a dit, on verra. ce que ça a fait, mais ça sera certainement un parcours compliqué pour avoir des enfants. Et donc j'ai repris cette pilule pendant trois mois. Donc là, c'était compliqué pour moi parce que j'étais dans une phase où je voulais avoir un enfant et je devais reprendre quelque chose qui m'empêchait d'avoir un enfant. Enfin, c'était un peu compliqué dans ma tête. Et puis, j'ai fini par passer ces trois mois. Et puis là, il m'a dit maintenant, on arrête, on laisse venir un cycle de manière naturelle. Il faut savoir qu'en fait, on s'est rendu compte que j'avais ce syndrome parce que je n'avais pas eu de règles pendant plus de cinq mois. Et puis il m'a dit, vous arrêtez maintenant la pilule, on laisse venir un cycle et puis après on verra. Donc c'est ce que j'ai fait. Après ces trois mois, j'ai arrêté la pilule, j'ai eu mon cycle normal. Et puis après, il m'a dit, maintenant vous pouvez essayer. Et en fait, après avoir essayé, j'avais de nouveau pas de règles. Et en fait, j'ai fait tellement de fois des tests de grossesse avant. Parce qu'à chaque fois que j'appelais pour dire j'ai pas mes règles, on me disait faites un test, faites un test. J'ai fait un test vraiment comme ça, en me disant bon super ça recommence, génial. J'ai fait mon test, je l'ai posé sur la machine à laver et je suis partie faire ma vie. Et puis un petit moment après je suis revenue et là le test était positif et j'en revenais pas. Je pense que c'est le fait d'avoir lâché prise qui m'a permis de tomber enceinte. Donc jusque là j'avais un rapport très compliqué et conflictuel avec mes règles parce que ça fonctionnait jamais. Et puis finalement je suis tombée enceinte de manière très facile. Donc je me suis réconciliée avec mes règles je crois à ce moment là. Et depuis... J'ai un cycle de nouveau qui est très régulier, tout se passe bien et j'arrive à la périménopause moi aussi, donc on va voir maintenant ce qui m'attend, mais en tout cas jusque là j'ai pu vivre de manière assez sympa ces moments de mois parce que j'avais plus de douleurs, elles étaient régulières, pas trop de surprises et ça se passe plutôt bien. Mon cycle a fini par trouver son équilibre après un long chemin, mais toutes les femmes ne vivent pas les règles comme une histoire à apprivoiser. Pour certaines, c'est avant tout une contrainte, point final. Et c'est tout aussi légitime. Lysa a 17 ans et elle, elle ne mâche pas ses mots.
- Speaker #2
Je suis une jeune fille de 17 ans et je vis plutôt bien mes règles parce que je n'ai pas de problème de douleur atroce ou comme ça. J'ai un peu mal les premiers jours et puis voilà. Mais après, je m'en passerai quoi. Merci Paul. La meilleure chose qui m'arrive dans le mois, je trouve presque ça un peu contraignant dans la vie parce qu'il y a quand même toute une organisation à faire autour de ça, déjà même en été, de se dire à ce moment-là je ne peux pas aller à la piscine, et puis même dans le mois en général de se dire il faut toujours que je sois prête au cas où, parce que si ça arrive, il ne faut pas qu'il y en ait partout. Mais sinon je me sens assez chanceuse de ne pas avoir de problème et tout, mais c'est vrai que ce n'est pas quelque chose d'hyper agréable qu'on... Enfin voilà, c'est pas ma chose préférée dans le mois, quoi. Et puis, comme je compte pas vraiment avoir d'enfants, c'est pas forcément quelque chose qui m'est utile à me dire « Ah, c'est trop bien, je vais pouvoir donner la vie. » Enfin, c'est pas... Voilà, c'est pas quelque chose qui me tient vraiment à cœur ou qui montre ma féminité. Pour moi, c'est plus une contrainte qu'un...
- Speaker #1
Les règles comme une contrainte sans plus, c'est un ressenti que beaucoup de jeunes femmes partagent et c'est souvent là, dans cette indifférence ou cette impatience, que l'on se retrouve à déléguer les décisions à quelqu'un d'autre, un médecin, une pilule ou un système. Cassandra a 33 ans, pendant des années elle a fait confiance et puis un jour, son corps lui a envoyé un signal qu'elle n'avait pas vu venir.
- Speaker #3
Pendant des années, j'étais sous pilule et puis, je pense comme beaucoup de jeunes filles, je faisais une pause tous les 28 jours, quelque chose comme ça, pour avoir mes règles, jusqu'à ce qu'un gynécologue m'explique qu'on n'avait pas vraiment des règles quand on était sous pilule, puisque vu qu'on était sous pilule, ça stoppait tout le système hormonal, disons normal, pour procréer. Et donc... qu'on n'avait pas un odomètre qui s'épécissait et qui ensuite, au moment des règles, se détachait et qui créait les vraies règles. Et donc, ça s'appelait une hémorragie. Je ne sais plus le terme exact, mais en gros, c'était quand même le corps qui comprenait qu'il devait produire du sang, on va dire. Et ça créait des fausses règles. Et donc, en fait, c'était... Vraiment une fausse croyante de se dire, même si je suis sous pilule et que j'ai mes règles, ça veut dire que je ne suis pas enceinte. Donc, c'est à partir de là que j'ai commencé à arrêter de faire des pauses avec ma pilule. Et puis, j'étais aussi contente parce que pour moi, les règles, c'était plus embêtant qu'autre chose. Ça faisait quand même un peu mal. c'était surtout pas agréable, si en plus l'été ça tombait pendant les vacances, pour aller à la piscine, etc. Donc moi ça m'avait plutôt arrangée. Et puis après, du moment où j'ai voulu avoir un projet de grossesse, là par contre... J'ai arrêté la pilule et puis j'ai découvert que j'avais un syndrome des ovaires polycystiques et là mon rapport avec mes règles a un petit peu changé puisque j'aurais bien aimé avoir mes règles tous les mois comme il fallait mais ce n'était pas le cas et donc ouais c'est drôle pendant des années j'étais contente de ne pas les avoir et puis quand je voulais les avoir je ne les avais pas j'étais déçue, je n'étais pas très contente enfin voilà mais Tout s'est réglé et puis c'est vrai que dorénavant, quand j'ai mes règles, j'avoue que je suis quand même assez contente parce que j'ai des règles très peu abondantes, pas trop douloureuses. Et puis en plus de ça, ça n'a pas beaucoup d'impact sur mon humeur, etc. Mais je peux comprendre que certaines femmes, ce soit quand même beaucoup plus compliqué. Moi, je pense que j'ai quand même de la chance à ce niveau-là.
- Speaker #1
Merci à toutes ces femmes pour leur générosité et leur courage. Parler de son corps, de sa douleur, de son intimité, ce n'est jamais anodin. Et c'est exactement dans cet esprit que je vous propose maintenant de découvrir Irène Wyss qui va nous parler de flux instinctif. On se retrouve dehors avec les oiseaux. Bonjour Irène.
- Speaker #4
Bonjour.
- Speaker #1
Comment ça va ?
- Speaker #4
Ça va bien ?
- Speaker #1
On va parler donc de flux instinctif avec toi. Peut-être avant de parler de ça, est-ce que tu serais d'accord de te présenter à nous ?
- Speaker #4
Alors oui, bien sûr. Alors Irène Bisse, moi j'ai suivi plusieurs formations dans les thérapies naturelles. A la base, j'ai démarré avec les plantes médicinales, l'aromathérapie. En aromathérapie, je me suis spécialisée, je suis vraiment dans un atelier scientifique médical, j'ai ouvert le premier cabinet d'aromathérapie sur un site hospitalier et ensuite j'ai continué à m'intéresser au corps humain et son aspect naturel, physiologique, spirituel on peut l'appeler de différentes façons mais du coup j'ai entamé des formations en sophrologie, en nutrition vraiment essayer de comprendre dans sa profondeur comment le corps travaille en suivant des formations en médecine académique toutes ces choses-là pour comprendre toujours plus Mais au final, à travers toutes ces formations et surtout à travers mes voyages, parce qu'il faut dire que je suis nomade depuis 4 ans, où je vais vraiment à la rencontre des communautés en famille, où on vit en communauté avec des communautés indigènes, qui nous permettent aussi d'apprendre davantage sur nos corps, comment notre physiologie est reliée à la nature. Et c'est à partir de là, en fait, où j'ai réellement intégré ce lien que nous avons avec la nature.
- Speaker #1
Oui, des voyages passionnants d'ailleurs. Je vous invite à suivre Irène sur les réseaux sociaux parce qu'elle pose des choses qui vous feront rêver, c'est sûr. Je vous mettrai le lien de ses pages dans la description. On va donc s'intéresser avec toi aujourd'hui au flux instinctif menstruel. Qu'est-ce que c'est ? Alors, le flux instinctif,
- Speaker #4
on pourrait dire que c'est l'écoute de son corps, c'est vraiment être en relation avec son corps et son flux menstruel. Donc quand on parle de flux instinctif, c'est vraiment... de comprendre que notre corps a vraiment la capacité de continence de nos propres menstruations. On est dans un système, dans une société où on nous dit que nos flux arrivent, on doit mettre des couches, et moi j'ai envie de vous dire, non, enlève tes couches et écoute ton corps, et tu sauras, tu peux tout à fait savoir à quel moment tu as ton flux qui arrive. Donc c'est vraiment se connecter à son propre corps et... comprendre la physiologie de notre menstruation.
- Speaker #1
Et donc d'arriver à retenir comme on retiendrait de l'urine, par exemple.
- Speaker #4
Oui, on pourrait dire ça, mais pour moi, ce n'est pas retenir. Si tu veux, c'est comme... Je donne toujours cette comparaison avec le bébé, l'enfant, où on lui apprend la propreté, mais en soi... On va lui enlever les couches pour lui apprendre de la propreté. Donc en fait, l'enfant, à un moment donné, il sait à quel moment il doit uriner, il doit aller aux toilettes ou des choses comme ça. Et pour la femme, c'est la même chose. En fait, nous, c'est tout l'inverse. On nous apprend à mettre des couches. Et en fait, c'est vraiment de se dire, mais quand on enlève les couches, en fait, notre corps apprend à maîtriser ce flux, à le ressentir. Parce qu'on est à l'écoute de notre corps et on sait à quel moment on doit aller rejeter notre sang, par exemple, dans les toilettes, des choses comme ça. Et puis, on sait que notre flux est à quel stade il est durant la journée, par exemple. Donc, voilà, c'est un peu comme quand on va uriner, ça n'arrive pas à la seconde et puis, droit derrière, vous devez courir aux toilettes. Non, en général, on est préparé, on le ressent. C'est la même chose avec nos menstruations.
- Speaker #1
Ok, et si ça doit arriver pendant la nuit, c'est le même principe ?
- Speaker #4
C'est le même principe. Je crois que la plupart des adultes ne font pas pipi au lit. Donc, c'est le même principe. Ça nous réveille, le corps nous signale. En général, si tu veux, on a des petites contractions qui viennent au niveau de l'utérus. Et on a entre une demi-heure et 45 minutes avant que le flux arrive. Donc, en fait, on peut totalement anticiper. Et préparer à simplement aller aux toilettes au moment voulu pour libérer notre sang, tout simplement.
- Speaker #1
Ah oui, 45 minutes, donc ça permet aussi de l'intégrer dans sa vie quotidienne, même si on travaille, par exemple.
- Speaker #4
Oui, tout à fait. En fait, c'est comme si on faisait... Alors, plus tôt on s'y prend, plus facile c'est. Si, par exemple, l'adolescente, il y a ses premières règles, on lui dit ne mets pas de couche. Écoute. ton corps, elle va savoir qu'à un moment donné, par exemple, elle est en classe, par exemple, elle ne peut pas forcément aller aux toilettes, son corps, il le sait. En fait, il se prépare. Et il va relâcher, en fait, son sang au moment où le corps est disponible. Tu vois ce que je veux dire ? Dans le sens, c'est un petit peu comme les urines. On peut tout à fait faire le parallèle, parce que en fait, ton corps, il est prêt à ça. Il sait que pendant les heures de travail, tu es concentré, tu es dans un autre mood en fait. Et puis, à un certain moment de la journée, toi tu sais qu'il va falloir à un moment donné que tu ailles uriner. C'est le même principe en fait, j'ai envie de dire. Pour moi, si on t'en dit je retiens, je suis dans le mental, ce n'est pas du tout ça en fait. Parce que physiologiquement, ça se fait naturellement.
- Speaker #1
Oui, oui, alors je sais. Justement, je me disais que c'était compliqué, surtout que si on a par exemple un flux très abondant, est-ce que ça change quelque chose ? Ça rend la chose plus compliquée ?
- Speaker #4
Non, ça ne change rien, ça ne change absolument rien. Physiologiquement, de façon naturelle, on y arrive. Après, je dirais le plus difficile dans notre société aujourd'hui, c'est de se déprogrammer, j'ai envie de dire, de se rééduquer au fait que... On a ce flux instinctif. Moi, la plupart du temps, quand je dis à une personne, moi, ça fait des années et des années, ça fait plus de dix ans que je ne mets pas de serviettes hygiéniques, que je ne mets pas de tampons, on me regarde avec des longues yeux et me dit, comment tu fais ? Puis je dis, alors oui, les premiers temps, il a fallu me déprogrammer, me dire que c'est possible, et puis être à l'écoute de son corps, et puis, ben voilà, les premiers temps, ça ne t'empêche pas de mettre des culottes menstruelles en tissu, et puis il faut Il faut quelques mois aussi pour que le corps se souvienne de ça. Comme je te donnais l'exemple tout à l'heure du bébé, on redevient à cette étape-là. C'est une rééducation du corps et de se dire que comme un bébé a besoin de quelques mois pour devenir propre, nous, on aurait besoin de quelques mois pour être à l'écoute des signaux qu'on voit à ton corps quand tu as besoin de libérer ton sang.
- Speaker #1
Mais c'est une méthode qui existe depuis la nuit des temps et puis on l'a oubliée tout simplement.
- Speaker #4
Tout à fait. Simplement, on nous a inventé des serviettes qu'il fallait vendre. Et du coup, on nous a dit qu'on n'était plus capable de gérer nos flux. Mais tout à fait, c'est une méthode qui date depuis des milliers et des milliers d'années. Et maintenant, ces dernières années, il y a de plus en plus de femmes qui cherchent cette connexion au corps. Parce qu'instinctivement, on en a besoin en fait. Et quand on parle de connexion au corps, on parle de nos monstriations, qui, dans notre société occidentale, étaient des choses très taboues. On considère ça comme quelque chose de sale. Et dans d'autres sociétés, c'est un genre de choses qui est valorisé. En fait, c'est plutôt à l'inverse. C'est beau, c'est une chance que nous avons, nous, les femmes.
- Speaker #1
Et c'est vrai que, comme tu l'as dit, de ce que j'entends, on est très déconnectés aujourd'hui de notre corps, parce qu'on est dans... Dans l'action, dans la réflexion, on est très dans le mental et on oublie un petit peu cette connexion, mais finalement elle est assez indispensable finalement.
- Speaker #4
Oui absolument, elle est indispensable et je pense que, en tout cas d'après les témoignages des personnes qui font le flux instinctif, elles ont redécouvert en fait, j'ai envie de dire, le pouvoir de son propre corps, elles le vivent beaucoup plus sereinement, c'est pas comme un fardeau. on va dire, c'est vraiment quelque chose de serein. Comme une personne qui va aux toilettes faire pipi, là, la personne, elle va simplement libérer son sang. Du coup, elle le vit beaucoup plus sereinement et beaucoup plus dans le respect de son corps, dans l'écoute. Et du coup, en fait, la plupart de ces femmes, et moi la première, j'ai vraiment de la gratitude quand je suis en phase de menstruation. parce que je me dis, tiens, j'ai cette chance de pouvoir me purifier, me nettoyer et ce n'est pas, mais de loin, un fardeau.
- Speaker #1
Et tu l'as dit, sale, tout à l'heure, c'est vrai que c'est un mot dur, mais qui reflète beaucoup ce que... Il y a une sorte de honte aussi, là-derrière, de toujours faire attention à se dire, est-ce que j'ai une tâche ? Est-ce que ça se voit ? On n'a pas envie d'en parler. Ça reste très tabou comme sujet. Oui,
- Speaker #4
tout à fait, ça reste très tabou, ce qui est extrêmement dommage. Parce que je pense que le fait de rendre ça comme quelque chose de sale, de honteux, il faut cacher, et c'est douloureux systématiquement, comme si la douleur était normale, en fait la personne elle se conditionne déjà dans la douleur avant même d'avoir ses règles en fait. Et je pense que le conditionnement a un impact très très fort sur les douleurs et sur l'aspect, on va dire, tabou, l'aspect de saleté ou des choses comme ça. Et à l'inverse, par exemple, dans mes voyages en Amérique latine, j'ai rencontré beaucoup de communautés où pour elles, le sang, c'est de l'or. Elles en font des offrandes à la terre et elles considèrent le sang comme... Pour elles, c'est vraiment sacré. C'est une période sacrée, c'est une période de repos, de repli sur soi, de prendre soin. Châtune entre les femmes. Et c'est vraiment... Par exemple, une jeune fille qui a ses premières rênes, c'est une fête, quoi. C'est un émerveillement. C'est une fête, il y a toute une cérémonie, c'est la joie, c'est une étape extrêmement importante et c'est une étape de joie. Nous, dans notre société, on aurait tendance à dire, ah mais mon Dieu, ça y est, tu vas avoir des douleurs, quoi. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Bienvenue, voilà,
- Speaker #4
bienvenue dans... Et en fait, non, déjà quand tu te conditions dans cette joie, dans cette liberté et cette chance, vraiment, et que tu as de la gratitude d'avoir ces menstruations, déjà, Tu te reconnais et tu te réconcilies avec ton corps de façon différente.
- Speaker #1
Et ça, c'est déjà un pas énorme, en fait. Mais tu veux dire que si on fait cette démarche de se dire « Ok, maintenant j'ai envie de retrouver cette sérénité avec mon propre corps, de se lancer dans ce parcours, d'arriver à ce stade de flux qu'on arrive à maîtriser » , est-ce que ça va aussi ? Diminuer tout ce qui est douleur, parce qu'il y a aussi des fois des contraintes physiques comme l'endométriose, on en parle beaucoup aussi en ce moment, ça pourrait aider dans ce sens-là aussi ? Oui, parce que tu vas déjà avoir une approche totalement différente, déjà beaucoup plus sereine,
- Speaker #4
et comme tu es à l'écoute de ton corps, tu seras aussi à l'écoute de ton propre cycle. La femme a différents cycles dans un mois, il y a le cycle où tu es dans la créativité, dans l'énergie, dans le feu, on va dire. Et tu as aussi ce cycle, pendant tes menstruations, de repos. Et aujourd'hui, que ce soit à l'école, au travail, ou des choses comme ça, on ne prend pas de repos pour respecter notre propre cycle. Mais quand tu es à l'écoute de ton corps, tu vas diminuer tes charges durant cette phase de repos qui est extrêmement importante. Et même avant la phase de menstruation, il faut déjà commencer à diminuer ton agenda pour te préparer à cette phase. Du moment où tu rentres dans cette écoute, tu vas respecter ces cycles-là et du coup, tu vivras beaucoup plus sereinement et avec moins de douleur qu'une femme qui ne le fait pas.
- Speaker #1
Et puis, c'est intéressant ce que tu dis parce que c'est vrai qu'en général, on dit quand on a nos règles, on n'a pas d'énergie, on est peut-être un peu de mauvaise humeur, on a... On peut avoir quand même des douleurs, donc on n'a pas envie de sortir du canapé. Mais finalement, c'est des signaux que notre corps nous envoie pour dire, là, c'est le moment de calmer. C'est ça,
- Speaker #4
exact. C'est simplement ton corps qui est en train de te dire, tu es en phase de repos. C'est comme la nature, elle a des phases de repos en hiver. En été, c'est le grand feu, c'est l'explosion de couleurs, de fruits qui arrivent et tout ça. Ton corps, c'est pareil. Voilà, c'est comme... le soleil, la lune, enfin voilà, on fait partie de cette nature et si on respecte ces cycles, forcément tu vivras beaucoup c'est tellement logique mais on a tellement oublié ces infos-là et c'est vrai que moi je remarque personnellement quand je ne m'écoute pas si pendant ma phase de repos je suis hyper active, que je prends plein de rendez-vous mon agenda déborde tu peux être sûre que j'ai des symptômes je suis malade tête ou... Voilà, j'ai des symptômes qui me disent, hé oh, Irène, là, t'as oublié qu'il faut vraiment respecter ce cycle-là.
- Speaker #1
Donc, en fait, il faut voir ça plutôt comme des alertes que notre corps nous donne plutôt que de se dire je suis en guerre contre lui parce qu'il me fait la misère pendant cette période-là. En fait, il est juste en train de t'envoyer un message qu'il faudrait écouter. Oui,
- Speaker #4
exactement. Ton corps, en fait, il est simplement là en train de t'accompagner et il te donne simplement les informations qu'il a besoin. Donc, à toi de voir si tu l'écoutes ou pas. Mais si tu ne l'écoutes pas, forcément, tu as le symptôme et tu le vis mal. Tandis que si tu l'écoutes, à l'inverse, tu seras beaucoup plus à l'aise dans ton corps, dans tes cycles, dans ta santé,
- Speaker #1
dans tes émotions, dans tout en fait. Il faut faire confiance en fait à son instinct aussi et à ce que notre corps nous envoie et de l'écouter surtout, ça c'est indispensable. Si on rentre dans le concret, alors quelqu'un nous écoute aujourd'hui et se dit ok ça me parle, j'ai envie de faire ça, comment est-ce qu'on commence alors ? Parce que pour un enfant on a plus ou moins les bases, se dire ok ben jour J, tel, on y va, on démarre ce truc là. Comment on met en place les choses pour que ça fonctionne ? Alors pour moi la première chose ça serait déjà d'enlever les couches.
- Speaker #4
Donc vraiment de favoriser par exemple une culotte menstruelle, je pense que c'est vraiment le meilleur moyen pour démarrer. Là-dedans, on dit que... Après, il y a plusieurs formations qui existent en ligne, qui sont très très bien, je pourrais te donner les références, et puis comme ça, tu peux les mettre à dispo, dans la description aussi, dans la description. Mais je pense que la première des choses, c'est déjà de se dire, ben j'enlève ces couches, et je suis à l'écoute de mon corps, à l'écoute de mes propres signaux. Alors certes, ça ne va pas marcher du premier... Il faut être réaliste aussi. Surtout quand on a 30-40 ans, on a quand même des années derrière, de conditionnement où on nous dit que non, ce n'est pas possible. Là, comme je te disais tout à l'heure, je pense que le plus dur, c'est de se déprogrammer, de se dire tiens, c'est possible. Mais de se déprogrammer mentalement, mais aussi physiologiquement, que le corps reprenne confiance, reprenne ses habitudes de base. Donc, c'est déjà d'enlever les couches. et éventuellement démarrer avec une culette de menstruation. Et puis ensuite, de tenter les premières fois, peut-être que ça ne marchera pas le premier cycle, peut-être le deuxième cycle, on arrive à 30%, peut-être que le troisième, ça sera 50%. On dit qu'au bout du sixième, on arrive déjà plus ou moins à 80% de libération de sang. Donc, c'est déjà pas mal. Mais voilà, il faut de la patience, il faut être... Alors, quand je dis être à l'écoute, ce n'est pas être au bureau en train de taper à l'ordinateur et puis te dire, est-ce que maintenant, je dois aller libérer ? Non. De toute façon, les premières fois, tu vas certainement faire dans ta culotte de menstruation. Et puis là, en fait, plus tu vas être attentive à quel moment de la journée tu as libéré, plus tu vas être attentive pour les prochains cycles. Et du coup ? En fait, tu te rends compte que physiologiquement, les choses se mettent en place de façon naturelle. Parce que ton corps, il a compris. Oui, c'est ça. Ton corps, il a compris et il sait, à un moment donné, il va savoir que, OK, là, je ne sais pas, par exemple, tu es au travail de 8h à midi, tu es hyper concentré, tu es devant ton ordinateur ou je ne sais quoi. Ben, à midi, en général, tu vas faire pipi avant de partir, ben là, tu vas profiter de libérer ton sang. Et ça, en fait, ton corps, il le sait, il l'apprend. De façon instinctive, ça va venir tout seul.
- Speaker #1
Oui. Mais...
- Speaker #4
Il faut du temps.
- Speaker #1
C'est comme si on s'apprivoise un petit peu finalement. Lui va s'apprivoiser avec notre quotidien et nos obligations et puis nous, apprivoiser le fait qu'il y a des moments opportuns pour le faire et ça va être une danse un petit peu. Voilà,
- Speaker #4
c'est une danse, un état libre qui se fait et ça prend quelques mois pour que ça se fasse.
- Speaker #1
Ok. Il y a quand même ce côté-là de se donner le droit de prendre le temps et pas de se dire que le premier mois ça doit être efficace à 100%. C'est ça.
- Speaker #4
Et ça je pense que c'est important de le garder en tête. parce que souvent les femmes pensent qu'en un, deux ou trois mois c'est fait et puis que du coup elles sont en phase d'échec parce que pour elles, elles considèrent que ça devrait marcher très rapidement mais le conditionnement est tellement fort depuis de nombreuses années que le corps il faut qu'il puisse avoir ce temps disponible pour se réhabituer, pour se réapproprier son propre corps tu vois ce que je veux dire ? Donc, je pense qu'il faudra en tout cas se donner entre 6 mois et une année pour vraiment être, on dit, opérationnel. Sachant que la majorité des femmes, au bout de 6 mois, c'est déjà plus de 80% de libération de sang qui est occupe.
- Speaker #1
Oui, puis c'est aussi retrouver une sérénité face à son corps, face à cette période de mois qui... peut être peut-être compliqué et du coup, grâce à ça, ça sera peut-être un peu facilité aussi. Il faut voir aussi tous les aspects positifs qu'il y a là autour.
- Speaker #4
Il y a plein d'aspects positifs. Il y a la partie économique où il faut quand même se l'admettre, c'est pas donné de s'acheter des serviettes, des tampons, des choses comme ça. La partie écologique aussi. Et puis, qu'est-ce qu'on ingère aussi à travers ces tampons, ces serviettes ? Ils sont là sur notre peau quand même, sur nos parties intimes qui sont quand même beaucoup plus sensibles, notre flore vaginale, des choses comme ça, c'est quand même pas rien, ça impacte quand même au niveau physiologique, perturbateur, endocrinien, etc. Et surtout, cette reconnution qu'on peut avoir avec notre corps, je dirais. Moi, personnellement, ça a changé ma vie. Je ne pensais pas, j'avoue qu'au départ, quand on m'en a parlé, j'étais... Merci. oui je suis sûre qu'il y en a plein qui se disent pareil là et puis après je me suis dit mais ça me coûte rien d'essayer tu vois ça me coûte rien d'essayer j'ai persisté un petit peu il faut dire que moi ça m'a pris aussi quelques mois pour vraiment comprendre et puis aujourd'hui je sais que je peux être en face de mon situation et puis me dire je vais aller me promener et faire ma vie comme tous les jours je n'ai pas une couche avec du sang qui m'asserre tu vois Oui. et surtout avec les chaleurs que nous vivons aujourd'hui c'est forcément pas très sympa et moins agréable Tandis que là, je n'ai plus du tout ce problème-là. Donc, je pense que...
- Speaker #1
Et dans ces cas-là, je rajoute une petite couche de positif aussi pour... Comme il fait chaud là, on a bien envie d'aller à la piscine. Et puis, c'est vrai que dans ces moments-là, souvent, on s'empêche de le faire ou alors on porte un tampon et ce n'est pas forcément le plus agréable. On peut imaginer alors dans ce cadre-là de pouvoir aller se baigner.
- Speaker #4
Oui, tout à fait. Tu peux tout à fait aller te baigner parce que ton corps, il sait que ce n'est pas le moment de relâcher. Puis, comme je disais, tu as quand même cette petite contraction. Si vraiment tu dois aller libérer, tu arrives 30 à 45 minutes avant. Donc, tu as quand même le temps, tu vois. Après, juste pour information que je ne sais pas beaucoup de femmes le savent, ils les disent des culottes monstruelles en maillot de bain. Ah ! Oui. Donc, il y a possibilité de trouver un maillot de bain spécifique avec la culotte menstruelle qui t'évite totalement d'utiliser des produits chimiques, comme le tampon, des choses comme ça, qui sont extrêmement mauvais pour notre corps. Donc, ça, ça peut aussi être une alternative si on ne se sent pas prête de gérer le flux instinctif dans une piscine, par exemple, s'il peut être un petit peu réticent au départ, surtout.
- Speaker #1
Il y a toujours cette peur. Voilà, c'est ça.
- Speaker #4
Après, tu verras qu'au bout de deux ou trois ans, c'est bon, tu... T'as plus cette peur, t'es tellement en confiance que t'es ok, tu le connais ton corps et tu sais que t'as pas du tout le risque de libérer du sang dans la piscine.
- Speaker #1
Très bien. Bon alors comme je l'ai dit, on va retrouver un lien vers ta page Nomad sur les réseaux sociaux, histoire qu'on puisse suivre tes aventures. Et puis bien sûr te demander aussi de l'aide, puisque t'as quand même de l'accompagnement que tu offres aussi à distance.
- Speaker #4
Oui, tout à fait. Oui, tout à fait. Alors, que ce soit pour le flux instinctif, pour différents domaines de vie, j'ai envie de dire. C'est vrai que j'accompagne des personnes de manière personnelle pour apporter des changements de vie, toujours en reconnition avec la nature et j'ai envie de dire notre propre nature. Donc, c'est vraiment comprendre notre physiologie où on reprend un petit peu les différents domaines de vie, que ce soit la nutrition, le mode de vie. Comme je disais, l'ingestion interne, donc qu'est-ce qu'on va manger. L'ingestion externe, c'est ce qu'on met sur notre peau, ce qu'il y a ingéré à travers notre peau. Et puis, l'ingestion spirituelle, émotionnelle, c'est par exemple ce que tu regardes, ce que tu lis, ce que tu vis, ou tout, qui aura un impact aussi de façon physiologique.
- Speaker #1
Un équilibre complet.
- Speaker #4
Exact. Vous avez toutes les infos dans la description pour retrouver Irène. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Merci à toi pour l'invitation.
- Speaker #1
Ce qu'Irène nous a démontré, c'est que notre corps est capable de bien plus qu'on ne le croit. La symptothermie part exactement de ce point-là. Justine Petten, notre prochaine invitée, forme des femmes à observer leurs propres signaux corporels pour gérer leur contraception, leur fertilité et leur santé sans hormones, sans déléguer à autre chose. qu'elle-même. Mon invité pour terminer cet épisode, c'est Justine Petten, et son parcours commence là où beaucoup de femmes se réveillent, à l'arrêt de la pilule. Titulaire d'un bachelor en économie de gestion, Justine opère un vrai changement de vie. Elle a découvert la vie de la femme. dans la symptothermie, bien plus qu'une méthode de contraception. C'est vraiment une vocation. Elle se forme alors à l'Institut Eden Fertilité à Lausanne, obtient en 2017 sa certification de conseillère en symptothermie et fertilité holistique. Plus de 500 heures de formation avec une certification qui est reconnue comme étant la plus exigeante du domaine en Europe. Aujourd'hui, Justine accompagne des femmes et des couples. Elle les aide à mieux comprendre le cycle des femmes. à gérer la contraception de manière naturelle, mais aussi à préparer une grossesse dans les meilleures conditions. Ce qui la distingue, c'est aussi son approche globale. Elle s'intéresse aux liens entre l'alimentation ancestrale, la santé hormonale et la fertilité. C'est un travail qu'elle mène d'ailleurs main dans la main avec son mari Christian, qui est nutritionniste spécialisé en santé pro-métabolique. Justine, bienvenue dans la Voie des Femmes.
- Speaker #5
Merci beaucoup, merci de m'accueillir.
- Speaker #1
Comment est-ce que vous expliquez la symptothermie à quelqu'un qui n'en a jamais entendu parler ?
- Speaker #5
Alors heureusement, il y a de moins en moins de personnes de nos jours qui n'en ont jamais entendu parler. Ça a bien changé depuis environ dix ans que je pratique bientôt, sept, huit ans. Au début, c'est vrai qu'il y avait vraiment personne qui en avait entendu parler quasiment. Moi, avec, on a vraiment dû faire des recherches, disons, actives pour trouver cette méthode avec mon mari. Et c'est ça aussi qui m'a vraiment motivée, en fait, à... à me lancer comme formatrice, vraiment au-delà de la formation pour nous-mêmes, pour notre propre pratique. Et du coup, c'est vrai que maintenant, la plupart des personnes en ont entendu... parler, mais il y a encore beaucoup de confusion entre les méthodes et aussi de confusion par rapport à la fiabilité, etc. On pourra en reparler. Du coup, déjà, ce que je peux en dire, c'est comme vous avez fait une très belle présentation, on peut effectivement utiliser cette méthode que ce soit pour une contraception naturelle, l'aide à la conception, mais aussi d'un point de vue vraiment santé menstruelle, comprendre ce qui se passe dans notre cycle, voir qu'est-ce qui est normal ou pas. Parce qu'il y a beaucoup de choses qu'on considère normales qui ne le sont pas forcément. C'est vrai que par rapport aux douleurs par exemple, si on pourra y revenir. Donc c'est vraiment une méthode qui a plein de facettes et qui peut nous accompagner tout au long de notre vie, peu importe justement notre objectif. Donc la symptothermie va, on peut dire, décortiquer le cycle féminin. Quand on n'a jamais vraiment étudié le sujet en profondeur, quand on n'est pas dans le domaine de la santé, On sait que dans un cycle, quand on parle de cycle, déjà on pense aux règles. On pense que le cycle, souvent, c'est l'essainement.
- Speaker #0
On identifie ça comme ça parce que finalement, c'est ce qu'on voit, c'est ce qui est flagrant quand on n'a pas de connaissances qui vont au-delà pour pouvoir s'observer plus loin que ça. Mais en fait, quand on parle de cycle, pour vraiment qu'un cycle soit complet, il faut qu'il y ait une ovulation. L'ovulation qui est censée se passer à peu près au milieu, bien que ça peut varier d'une femme à l'autre, d'un cycle à l'autre. Donc l'asymptothermie va vraiment comprendre ce qui se passe entre les épisodes de saignement. Et pour ça, on a différents outils justement pour observer ce qui s'y passe, notamment en termes de température, mais aussi la glaire cervicale, optionnellement la position du col de l'utérus. C'est tous des symptômes qui sont observables par la femme, qui se modifient en fonction de la période du cycle et qui nous permettent de valider si une ovulation a eu lieu ou pas et si oui, quand à peu près elle a eu lieu. à partir de quel moment on est sûr qu'elle soit passée. Donc avec l'asymptothermie, on va pouvoir ouvrir et fermer la fenêtre de fertilité, donc savoir quand est-ce qu'on est fertile ou pas, mais aussi avoir, avec des marges bien sûr, bon là je ne veux pas entrer dans les détails, mais il y a des règles vraiment strictes, qui ne sont pas compliquées, mais qui sont strictes si on veut une méthode de contraception fiable, si on parle de contraception. comme on l'a vu on peut l'utiliser dans d'autres objectifs mais en termes de contraception il y a des règles strictes à appliquer donc il faut les connaître, il faut les avoir appris donc c'est là que je vais venir sur l'aspect de la formation qui est importante parce que je parlais de confusion aussi avant avec les méthodes, c'est clair que si on n'a pas appris la méthode, est-ce que c'est vraiment l'asymptothermie qu'on pratique ? Souvent, ben non c'est une méthode approximative ou touriste ou la méthode température mais même la méthode température a aussi des règles à apprendre Peu importe la méthode qu'on suit, il y a des règles aussi à apprendre qui sont bien, comme on peut dire, qui appartiennent à chaque méthode particulière. Donc voilà, en symptothermie, on observe la glaire cervicale, la température, optionnellement la position du col. Ça nous permet d'ouvrir et fermer la fenêtre fertile. Et en fonction de ça, suivant notre objectif, que ce soit contraception, on va soit s'abstenir, soit se protéger pendant la période fertile. Si c'est dans un objectif d'aide à la conception, on va observer les jours les plus fertiles. Et que ce soit aussi d'un point de vue aide à la conception ou santé menstruelle, ça va nous permettre de savoir s'il y a eu ovulation ou pas, si oui quand, quelle est la durée de la phase après l'ovulation, ce qui est très important d'un point de vue santé de la femme et aussi fertilité, pour laisser le temps. à un embryon de s'implanter. Je ne vais pas entrer plus dans le détail maintenant. Donc, on arrive à savoir beaucoup de choses sans avoir besoin d'examens invasifs ou coûteux. Rien que déjà en s'observant, la femme et le couple peuvent reprendre pas mal de pouvoir sur leur fertilité et sur leur santé.
- Speaker #1
C'est quelque chose qu'on a découvert aussi via l'interview de... d'Irène, c'est que l'observation de son propre corps, on l'a un peu perdu en fait avec la commercialisation, l'industrialisation, etc. On nous a mis plein d'outils externes à dispo et on oublie l'excellent outil interne qu'on a déjà finalement. Ça ne fonctionne pas.
- Speaker #0
Exactement. Disons que ça rapporte moins de rendre autonome les gens. Donc c'est vrai que c'est plus... Enfin ça revient, ça revient. L'asymptothermie, c'est une méthode en termes de contraception qu'on peut appeler scientifique parce qu'elle a été créée par des chercheurs, des gynécologues. Donc, c'est des confrères de nos gynécologues qui ont créé cette méthode. Ce ne sont pas des personnes comme moi. Moi, j'ai été formée pour enseigner. Ce ne sont pas des personnes comme moi qui l'ont créée. C'est vraiment des chercheurs, des gynécologues, etc. Depuis les années 50, on peut parler de méthode scientifique. Avant ça, comme vous en avez parlé juste avant, suivant les époques, suivant les communautés, suivant les peuples, il y a déjà eu, au travers de l'histoire, pas mal de connaissances finalement autour de la fertilité féminine qui faisait qu'il y a eu, suivant les endroits, suivant les époques, des méthodes utilisées pour espacer les naissances, pour comprendre vraiment et apprivoiser cette fertilité. Donc ce n'est pas nouveau. En soi, ça fait des milliers d'années finalement que ça existe, que ça a plus ou moins disparu, revenu, etc., suivant ce qui se passait dans l'histoire. Donc, ce n'est vraiment pas nouveau. Par contre, l'aspect scientifique d'une méthode vraiment établie avec des critères stricts, avec des études de fiabilité qui ont été faites, qui sont maintenant intégrées au tableau de l'OMS qui recense les méthodes de contraception, ça ne fait pas si longtemps que ça. Mais c'est vrai que c'est des savoirs, globalement, qui ne datent pas d'hier. et qui ont été très utiles et très utilisées par pas mal de peuples au travers de l'histoire.
- Speaker #1
Vous avez parlé aussi de santé menstruelle. Qu'est-ce que vous voulez dire par santé menstruelle ?
- Speaker #0
Eh bien, par santé menstruelle, j'entends le fait de tenir compte de son cycle, un petit peu comme un baromètre santé. On peut parler un peu d'un signe vital supplémentaire, si on veut bien, puisque... On ne peut pas, si on veut séparer, pour moi en tout cas dans mon approche, je considère qu'on ne peut pas séparer ce qui se passe dans le corps. Si on a des soucis au niveau de notre cycle, ça va impacter le reste de notre santé ou c'est aussi le reste de notre santé qui va impacter notre cycle. Donc vraiment, pour moi, tout est lié. Donc, ce n'est pas parce qu'on ne veut pas d'enfants maintenant ou qu'on n'en veut pas du tout, que notre cycle n'a pas d'importance. Il y a aussi tout cet aspect. On parle d'hormones dites sexuelles, mais en fait les hormones dites sexuelles ne sont pas utiles qu'à la reproduction. Elles vont impacter un nombre de fonctions assez impressionnantes dans le reste de notre corps, donc elles ne sont pas utiles uniquement à la reproduction. Donc le fait d'avoir un bon équilibre hormonal... ça va impacter notre morale, ça va impacter notre vitalité, ça va impacter notre libido, ça va impacter aussi la capacité qu'on a à récupérer, à bien dormir, avoir un sommeil de qualité, à se régénérer au niveau de nos organes, de nos tissus, de tout ce qui fonctionne dans notre corps. Donc le fait de pouvoir reconnaître si quelque chose ne se passe pas bien dans notre cycle, donc déjà pouvoir le voir et puis pouvoir en suivre l'évolution, grâce justement à l'asymptothermie ou à une autre méthode d'observation du cycle, ça va vraiment nous permettre de gagner en autonomie vis-à-vis de notre santé, et surtout aussi par de notre bien-être. Parce qu'on a longtemps répété aux femmes que c'est normal d'avoir mal pendant ses règles, c'est normal d'avoir des gros fonds du bac avant les règles, d'être déprimée, etc. Qu'il y ait des choses qui changent, qui bougent, oui, c'est normal. mais de là à là à en souffrir, non, ce n'est pas normal. Ce n'est pas censé nous empêcher de vivre, on n'est pas censé devoir prendre des médicaments. Alors, si c'est notre cas, il n'y a pas besoin de paniquer à la seconde. Ce n'est pas parce qu'on constate ça qu'il va nous arriver quelque chose de grave tout de suite, pas du tout. Mais c'est plus de comprendre que non, on n'est pas censé souffrir de notre cycle. C'est qu'il y a un problème de fond qui est potentiellement peut-être plus global. Et c'est un appel à venir chercher pourquoi, comment, qu'est-ce qu'on peut faire, puisque ça ne va pas impacter que notre fertilité. Déjà, si on veut des enfants, qu'on en veut un jour, c'est important de ce point de vue-là, parce que ça peut prendre du temps à soigner, suivant les causes, mais aussi d'un point de vue simplement bien-être, de se sentir bien dans notre tête, bien dans notre corps, et d'avoir une santé robuste sur le long terme, c'est lié avec notre cycle.
- Speaker #1
Donc les douleurs ne sont pas normales. J'ai l'impression que c'est la phrase à retenir de ce que vous avez dit aussi.
- Speaker #0
Alors à mon avis, selon mon parcours, mes recherches, mon approche, non, ce n'est pas normal d'avoir mal après de ressentir quelque chose au niveau des règles. L'utérus se contracte légèrement, il y a une évacuation, il y a des changements hormonaux, que ça tiraille un peu, etc. Voilà, pas de soucis, il se passe quelque chose. Mais de là à avoir vraiment mal, de ne pas pouvoir vivre, correctement, devoir complètement adapter son train de vie. Non, personnellement, je ne considère pas ça comme normal et on a de plus en plus à ne pas considérer ça comme normal.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui pourrait créer alors ces douleurs qui sont anormales ?
- Speaker #0
C'est très vaste. Je ne sais pas si on va vraiment pouvoir entrer dans le sujet. Entre autres, des déséquilibres hormonaux. Ça peut être lié aussi à des états de... de fatigue chronique, d'épuisement, de stress chronique. Il faut savoir que, notamment au travers de l'approche prometabolique dite bioénergétique, c'est une approche avec laquelle je me forme beaucoup en continu par rapport aux recherches de mon mari aussi, que vous avez aussi introduit à l'annonce au début. On considère en fait, les recherches de cette approche montrent que la production énergétique du corps n'est pas illimitée. Donc, ce qui est alloué... à certains endroits, ne sera pas disponible pour autre chose. Alors on peut influencer là-dessus, on a des productions énergétiques plus ou moins efficaces suivant notre parcours de santé, ça peut aussi être transgénérationnel, il y a vraiment un impact transgénérationnel par rapport à ça. Mais du moment par exemple qu'on est justement en fatigue chronique, en stress chronique, qu'on a pu vivre certains traumas qui ont vraiment impacté tout notre fonctionnement au niveau de notre corps et de notre production énergétique, il y a forcément moins d'énergie disponible pour... pour la reproduction, pour le cycle, etc. Donc voilà, ça peut être une des causes, mais c'est très vaste, ce que je vous dis, c'est très global. Ça peut être vraiment multifactoriel, multicose. C'est des choses, justement... je parlais de transgénérationnel, la santé et le parcours de nos parents, de nos grands-parents, peuvent impacter le nôtre aussi. C'est pour ça aussi que c'est très important pour moi de parler de ce qui touche à la préparation, à la conception. Parce que souvent, on se pose des questions par rapport à la fertilité, uniquement si on ne tombe pas enceinte tout de suite. Mais, justement, dans l'approche, que ce soit prometabolique ou dite ancestrale, on constate justement qu'au travers de l'histoire, et à de nombreux peuples dits. primitifs, qui n'avaient pas encore l'impact de l'industrialisation justement du système médical actuel, etc., qui avaient dans leur tradition le fait de préparer une grossesse, tant chez le père que chez la mère. Ils s'étaient rendus compte qu'en optimisant la santé et la vitalité des couples en âge de concevoir, déjà, ils étaient plus fertiles, mais aussi les grossesses se passaient mieux. l'accouchement se passait mieux, le postpartum se passait mieux, moins de risques d'épuisement, de burn-out, ce genre de choses, les allaitements se passaient mieux, et les bébés naissaient en meilleure santé, plus robustes, chose qui était très importante dans un contexte où la vie pouvait être beaucoup plus difficile. Et ça, c'est des notions qui se sont un peu perdues, et que mon mari et moi, on attache beaucoup d'importance à faire justement renaître, parce qu'on se rend compte que ça va aussi impacter positivement la vie et justement tout notre vécu de notre grossesse, de notre postpartum, et tout ce qui entoure la fertilité. Donc c'est vrai que de par notre hygiène de vie, de par le soin qu'on apporte, à nos rythmes circadiens, à notre sommeil. Du coup, quand je parle de rythme circadien, c'est lié au sommeil, mais aussi à notre exposition à la lumière, qu'elle soit naturelle ou artificielle. Ça impacte aussi notre équilibre hormonal, enfin, tout notre système hormonal. Voilà, c'est vrai que c'est assez global. Il n'y a pas que l'alimentation, bien qu'avec l'alimentation, on fait une partie. Mais il y a aussi, ben voilà, ce qu'ont vécu... nos ancêtres, qui nous impactent, leur façon de vivre, les difficultés qu'ils ont pu vivre. Si la vie a été très dure, le corps s'adapte, il y a des adaptations qui se font qui peuvent être transgénérationnelles. Et on peut, la bonne nouvelle, c'est qu'on peut corriger quand il y a eu des choses difficiles, ça peut prendre du temps, mais il y a plein de choses qu'on peut prendre conscience et impacter aussi au travers de nos parcours. Donc, on a une influence, Euh... On n'est pas, comme on peut dire, coupable de tout. Il y a des choses qui nous dépassent. Mais que ce soit en termes de fertilité, en termes de vitalité, de tout ce qui touche à notre santé, de mon point de vue, il y a vraiment un impact sur plusieurs générations. D'où l'importance pour moi de prendre conscience bien avant la grossesse. Ce n'est jamais trop tard. De toute façon, ce qu'on peut faire de positif va... impacter positivement les générations futures. Mais voilà, de pouvoir faire renaître un peu ce concept, ces traditions, ces bénéfices d'un point de vue santé et fertilité.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des idées reçues qui sont quand même bien ancrées dans ce domaine que vous déconstruisez assez régulièrement en consultation, par exemple ?
- Speaker #0
On a parlé un petit peu des douleurs qui sont On a toujours dit « je prends des médicaments, c'est normal » . Il y a forcément cet aspect-là. Par rapport aussi à la méthode symptothermique en termes de contraception, dans les idées reçues, il y a aussi le fait que ça prend du temps, que c'est compliqué, qu'on ne peut plus faire de GrasseMath. Alors que non, comme je l'ai dit, c'est strict, mais ce n'est pas compliqué. C'est vraiment abordable pour tout un chacun, pour autant qu'on se laisse le temps de l'apprentissage. Donc c'est vraiment une méthode qui nécessite un apprentissage, c'est pas comme une pilule qu'on va prendre la première et puis il faut juste prendre selon le mode d'emploi, mais il n'y a pas besoin de se poser d'autres questions, bien que la plupart des personnes ne le disent pas forcément en mode d'emploi. Mais voilà, c'est différent, ça demande d'apprivoiser la méthode, donc il y a un apprentissage, un temps d'adaptation, mais après par contre c'est vraiment pas quelque chose de compliqué. Voilà, il y a aussi le fait que justement par rapport à la régularité des prises de température, des heures de prise de température, oui c'est bien d'avoir une certaine régularité, mais sur un cycle de 30 jours par exemple, on n'a pas besoin de 30 températures. Donc il y a tout à fait des possibilités d'avoir des températures manquantes, mises en parenthèse parce qu'elles sont potentiellement perturbées, parce qu'on a fait une grasse mat ou parce qu'on a eu une insomnie ou parce qu'on a fait la fête le soir d'avant. C'est moins, comment on peut dire... rigide en fait que ce qu'on pourrait penser. Ça laisse quand même pas mal de liberté pour aussi des femmes qui ont des horaires irréguliers. Donc il y a aussi des adaptations qu'on peut faire pour la prise de température. Donc ce n'est pas non plus un obstacle impossible.
- Speaker #1
Au niveau peut-être de l'efficacité aussi ?
- Speaker #0
Oui, au niveau de l'efficacité. Maintenant justement, l'efficacité de la symptothermie, elle est... Les études de fiabilité sont maintenant recensées dans les documents de l'OMS, donc ça aide quand même pas mal, on peut aller les consulter. Je pourrais vous envoyer le lien si vous voulez le mettre sous le podcast, si ça vous intéresse. En utilisation correcte, dans le tableau de l'OMS, il y a toujours deux colonnes, utilisation correcte, utilisation courante. L'utilisation courante, c'est, comme pour la pilule, c'est l'utilisation qu'on en fait sans forcément enlever le mode d'emploi. Et l'utilisation correcte, c'est l'utilisation mode d'emploi. Pareil pour le préservatif, il y a toujours une utilisation correcte selon le mode d'emploi et l'utilisation courante, finalement, ce qu'en font la plupart des gens. La symptothermie, en utilisation correcte, on est à plus de 99% de fiabilité, ce qui est vraiment très proche de la pilule, quasiment similaire. Donc, il y a vraiment une très bonne efficacité qui est maintenant reconnue, démontrée par des études, etc. Malheureusement, c'est encore quelque chose qui n'est pas forcément su. Ce tableau n'est pas forcément toujours consulté, même par certains professionnels de santé. Donc il y a encore un peu de travail de communication à faire là autour. C'est aussi ce qui se fait un peu au travers des instituts de formation, en symptothermie justement, pour communiquer avec les professionnels de santé qui prennent connaissance de ces chiffres. Et il y a aussi encore pas mal de confusion entre les méthodes. Je parlais du fait qu'il y a la symptothermie, mais il y a aussi la méthode des températures. où on observe uniquement la température, mais c'est aussi une méthode qui a certaines règles à suivre, qui a aussi une assez bonne fiabilité pour autant qu'on se soit formé, mais c'est des méthodes différentes. La méthode température n'est pas la méthode symptothermique. Il y a aussi la méthode Billings, où on observe la glaire cervicale sans la température. C'est aussi une méthode qui a un assez bon niveau de fiabilité, mais il faut aussi la prendre. Et c'est des méthodes différentes avec chacune leur taux de fiabilité quand on parle de contraception. Donc il y a parfois des confusions et on a aussi souvent des anecdotes où on connaît telle et telle qui dit avoir pratiqué la symptothermie et ça n'a pas marché. Mais finalement souvent quand on creuse, est-ce que la personne s'était formée ? Bien souvent c'est là que ça commence. Il y a souvent des femmes qui prennent une application. Déjà il faut qu'elle soit symptothermique, qu'elle ne soit pas justement température ou calendrier. La méthode calendrier, c'est encore justement une méthode bien différente de la méthode symptothermique, puisqu'on n'observe pas la glaire cervicale, la température, donc ce qui se passe en temps réel. Et on sait que le cycle d'une femme, même si on a une femme qui a des cycles très réguliers, c'est pas parce qu'on a eu 50 cycles presque identiques que le 51ème va être pareil. Il peut être différent. Et ça, on en tient tout à fait compte en symptothermie. Donc même si on a des cycles... Très très régulier, on sait que le suivant peut quand même être différent, on fait toujours avec ce qui se passe là maintenant. Bien sûr, l'expérience, les anciens cycles vont nous être aussi utiles, mais on ne se base jamais uniquement sur les anciens cycles pour prédire ce qui va se passer dans celui-là. On ne fait pas que de la prédiction, on se base avant tout sur ce qu'on voit dans ce cycle-là, pour nous permettre d'ouvrir et fermer la fenêtre fertile. Du coup, quand on creuse justement là où chez certaines personnes ça a pu coincer, c'est parfois j'ai pris une application, j'ai essayé de faire, mais en fait je ne me suis pas formée, donc je ne savais pas comment m'observer, je ne connaissais pas les règles d'observation de la glaire cervicale, je ne connaissais pas les règles de prise de température. Il y a vraiment des règles, des choses auxquelles on doit faire attention pour que ce soit fiable, et donc pour que le niveau de fiabilité annoncé soit... Soit respectée.
- Speaker #1
Correcte, oui.
- Speaker #0
Voilà, soit correcte. Et voilà, c'est vrai que ça vient pas mal de ça, finalement, où certaines personnes disent avoir utilisé, et en fait, c'était pas forcément cette méthode-là, ou alors elle a pas été... enseigné, appris, et du coup finalement c'est un peu ce qu'on peut appeler la méthode touriste. C'était ce qu'on pensait être l'asymptothermie, mais ce n'était pas de l'asymptothermie.
- Speaker #1
Peut-être juste une petite précision pour le jargon, qu'est-ce que c'est que la glaire cervicale ?
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. La glaire cervicale en fait, c'est la substance qui est produite dans le col de l'utérus en période fertile pour permettre aux spermatozoïdes de survivre. Donc, quand on est en période infertile, qu'on ne produit pas de glaire cervicale, que le col de l'utérus sépare. Le col de l'utérus, c'est la partie qui sépare le vagin de l'utérus. Ça fait comme une petite montagne, c'est pour ça qu'on l'appelle le col, qui revient un petit peu à l'intérieur du vagin. Et cette partie-là, c'est cette partie qui va s'ouvrir dans un cas d'accouchement, le fameux col qui doit se dilater. La plupart des femmes ont déjà entendu parler de ce fameux col qui est censé s'ouvrir. Il s'ouvre aussi légèrement avant chaque ovulation. Il va remonter un petit peu dans le vagin, s'ouvrir légèrement et produire de la glaire cervicale dans les cryptes cervicales. C'est dans le col de l'utérus qu'il y a les cryptes cervicales qui produisent de la glaire cervicale, qui est un liquide qui, dans sa composition, peut être un petit peu apparenté au sperme, qui est le liquide conducteur des spermatozoïdes. C'est pas tout à fait la même chose, c'est produit dans le corps de la femme. Mais c'est un peu le même objectif, c'est de faire survivre les spermatozoïdes. Et du coup, on passe d'une situation par rapport à la survie des spermatozoïdes, quand on n'a pas de glaire cervicale, quand on est en période infertile, et bien, on passe d'une situation où les spermatozoïdes ne peuvent survivre que quelques heures. Et de toute façon, du moment qu'on ne produit pas de glaire cervicale, on est loin du moment de... de l'ovulation, à une situation où quand on produit de la glaire cervicale, les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu'à 5 jours. Donc ça va vraiment radicalement changer la donne en termes de fertilité par rapport à cette présence de glaire cervicale. C'est un des critères qu'on va observer, mais en symptothermie on ne se base jamais uniquement sur un seul critère. On a toujours ce qui s'appelle le double contrôle, tant pour ouvrir la fenêtre fertile que pour la fermer. Donc on va utiliser la glaire cervicale Un des critères pour ouvrir la fenêtre fertile et aussi pour la fermer, mais on a justement aussi d'autres critères pour ouvrir et fermer la fenêtre fertile.
- Speaker #1
Et pour terminer, Justine, vous parliez tout à l'heure de cette formation qui est extrêmement importante pour faire les choses correctement, un apprentissage par lequel il faut passer. Combien de temps ça prend, plus ou moins ? Je sais que ça va peut-être certainement dépendre de chaque personne, mais dans l'ensemble, combien de temps vous comptez pour qu'une personne soit fonctionnelle ?
- Speaker #0
Alors, ça dépend effectivement de chaque personne. Sinon, déjà, le temps qu'elle a à mettre à disposition par rapport à ça, le niveau de stress déjà aussi qu'elle a dans sa vie à ce moment-là, la complexité de ses cycles, est-ce qu'il y a des troubles du cycle ou pas. Mais pour donner un ordre d'idées, personnellement, j'organise la formation sur deux séances qui représentent environ deux heures chaque séance pour avoir vraiment les bases théoriques. Mais après, c'est important de se rendre compte que c'est la pratique qui va faire... qu'on est à l'aise avec la méthode et qu'on obtient une bonne fiabilité. Donc après, il faut compter 3 à 6 cycles. Vraiment, je partirais sur minimum 3 cycles de suivi d'observation avec une formatrice et plutôt 6 cycles. Vraiment, c'est plus cette moyenne d'avoir en tout cas 6 cycles d'observation conjointement avec une formatrice pour pouvoir vraiment valider de manière sûre l'ouverture et la fermeture de la fenêtre fertile. et comprendre vraiment ce qui se passe, être à l'aise aussi avec chaque technique d'observation.
- Speaker #1
Et c'est bien sûr une formation que vous proposez, Justine Petten. On retrouve toutes les infos sur votre site fertilitenaturel.ch qui sera bien sûr en lien dans la description de cet épisode pour faciliter. Je vous remercie beaucoup d'avoir été avec nous dans cet épisode et pour tous ces éclairages.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Merci à vous. Belle journée !
- Speaker #1
Des histoires de douleurs, d'apprivoisement, de découvertes, de résilience, des corps qui souffrent, qui apprennent et qui se transforment. Et au fond, il y a un message commun là-dedans. Mieux connaître son cycle, c'est mieux se connaître soi-même. Merci à Stéphanie, Anaé, Lysa et Cassandra qui ont osé partager leur intimité dans cet épisode. Merci également à Irène pour cette plongée dans le flux instinctif et à Justine pour sa passion contagieuse pour la symptothermie. Bien sûr, je vous le rappelle, vous trouvez toutes leurs coordonnées dans la description de cet épisode si vous voulez les contacter. Et puis j'ai envie de vous laisser aujourd'hui avec une pensée, une petite pensée que vous pourriez emporter avec vous. Votre corps, ce n'est pas votre ennemi. Au contraire, il vous parle depuis toujours. Alors peut-être qu'il serait temps de commencer ou de recommencer à l'écouter. Dans deux semaines, on va se retrouver autour d'un épisode sur la sociophotographie, un sujet qui vous allez voir. est aussi très touchant avec des invités incroyables. Vraiment, je vous invite à être présente dans deux semaines également. Et puis bien sûr, abonnez-vous à La Voie des Femmes pour ne pas manquer la sortie des prochains épisodes. Je vous rappelle qu'il y en a un chaque deux lundis. D'ici là, prenez bien soin de vous. A bientôt ! La Voie des Femmes La Voie des Femmes Un podcast à écouter quand vous en avez besoin.