CarolineAlors moi, ce n'est pas du tout une vocation, c'est un métier que je ne connaissais pas. En revanche, j'avais toujours été attirée par les nouveaux-nés, les tout petits bébés. Donc je me suis engagée dans des études de médecine. J'ai fait une première année de médecine qui a été... pas terrible, assez festive, mais pas terrible pour le reste. Donc là, je me suis dit, soit je repique et là, il faut que je m'accroche pour y arriver. Sinon, je peux éventuellement passer d'autres concours pour m'entraîner. Donc, j'avais passé le concours de sage-femme et je l'ai eu sans faire exprès. Et à l'époque, l'école de Nancy, où j'ai été formée, organisait ce qu'ils appelaient un pré-stage. Donc, pendant une semaine, ils nous faisaient tourner dans les différents services. Et là, j'ai vu qu'il y avait des sages-femmes en néonat'. et comme il y avait des petits bébés et que c'était ça qui me plaisait, je me suis dit « chouette ! » Je pourrais faire de la néonat'. Et puis finalement, au bout de mes quatre années d'études de sage-femme, j'ai voulu faire plein d'autres choses, mais surtout pas de néonate. J'avais eu des stages un petit peu compliqués, et ce n'était pas du tout ce qui m'intéressait. Donc c'est une vocation tardive, après que je ne regrette absolument pas. Encore une fois, comme beaucoup, c'était un métier que je ne connaissais pas. Et finalement, très rapidement, c'était vraiment les suites de couches. Moi qui me plaisais, le côté plus technique de la sage-femme, ça me plaisait aussi, bien sûr, mais je trouvais que ça manquait d'interaction humaine, et comme je suis bavarde, j'avais besoin de discuter avec les gens. Et je trouvais qu'en salle de naissance, ce n'est pas le moment où on discute le plus, alors qu'ensuite de couche, on discute beaucoup, on accompagne. Je n'y suis pas restée très longtemps parce que j'ai rencontré mon mari militaire. Là, la grande aventure a commencé et on a bougé, rebougé, rebougé. J'ai pu parcourir un peu la France et même l'étranger en essayant de rebondir à chaque fois sur une facette un petit peu différente de la profession de sage-femme. Ce qui forge aussi une expérience et ce qui a permis aussi de s'intéresser de plus en plus à tout ce qu'on va appeler santé publique au sens large, organisation des soins, puis à m'investir finalement dans des organes en lien avec la profession de sage-femme. Là où peut-être j'ai découvert un petit peu plus les choses, c'est quand je suis... passé un exercice libéral quelques années après, où là, j'ai découvert qu'effectivement, il y avait des instances où la profession était représentée. Alors, un exemple pratico-pratique, le Prado Maternité, quand il a été mis en place, j'étais dans un des départements expérimentaux. L'ONSSF et l'autre syndicat aussi, depuis un certain temps, demandaient une ouverture de négociations conventionnelles pour la profession de sage-femme, qui leur a été refusée de mémoire, il me semble que ça faisait huit ans qu'il n'y avait pas eu de négociations. Là, on demandait aux sages-femmes d'intervenir sur une nouvelle forme d'exercice. Et là, les syndicats ont dit, on va boycotter. On trouve que c'est formidable pour les femmes, mais on va boycotter, parce que sinon, ils n'ouvriront jamais de négo. Et en fait, cette situation, elle fait vraiment écho à ce qui se passe en ce moment. Là, en ce moment, on boycotte aussi les bilans de prévention et anti-gynéco, parce que même si les anti-gynéco, c'est un truc super pour les femmes, n'empêche que pour ouvrir des négo, il faut qu'on fasse pression. Et c'est le point de pression qu'on a trouvé. Donc, c'est une petite... de parenthèse. Et donc sur le Prado maternité, on s'est opposés, on a rencontré des élus, etc. On a vraiment fait pression et les négociations ont pu s'ouvrir, enfin, pour la profession. Et heureusement, finalement, qu'il y a eu ce boycott et cette expérimentation Prado, parce que c'est ce qui a lancé une dynamique, avec après des avenants plus réguliers, et puis des avancées quand même tarifaires pour les sages-femmes, même si c'est encore loin, loin d'un objectif correct. Mais on avance. Ce qui avait été super à l'époque, c'est que vraiment des sachams libérales qui travaillaient toutes un petit peu dans leurs petits coins, on s'est fait des soirées, on se retrouvait pour discuter ensemble, ça avait vraiment mis du lien et une cohésion de la profession qui existe encore actuellement. Ça avait vraiment été le début d'une aventure entre professionnels, c'était vraiment sympa. Et moi, c'est à cette époque-là finalement que j'ai découvert les syndicats professionnels, dont j'ignorais l'existence. Enfin, j'en avais peut-être entendu parler, mais je ne savais pas trop à quoi ça servait. Et puis voilà, j'étais hospitalière avant, donc je ne voyais pas trop l'intérêt. Et ensuite, après, j'ai découvert qu'effectivement, c'était un organe qui portait la voix des sages-femmes, quel que soit le mode d'exercice, et que les syndicats œuvraient aussi bien pour les salariés que pour les libérales. C'était le début un peu de l'aventure syndicale. Puis voilà, petit à petit, je me suis retrouvée à la présidence de l'ONSSF. En fait, ça me fait sourire parce qu'on va fêter nos 30 ans de diplôme avec mes copines de promo cette année. Certaines savaient que j'étais devenue présidente d'un syndicat et elles m'ont dit « Ah mais ça m'étonne pas parce que déjà quand on était à l'école, t'étais hyper motrice, t'avais des tas d'idées. » C'était l'époque où on créait les associations des étudiants. Du coup, j'avais participé à la rédaction des statuts, etc. Ma famille dirait « Ah bah oui, mais t'as toujours été déléguée de classe. » Et c'est vrai que finalement, au niveau vocation, j'étais plus attirée par le côté médical, mais... Le droit, avocat, tout des choses comme ça, finalement, ça ne m'aurait pas déplu. À l'heure actuelle, j'ai repris une activité libérale à Belfort. J'ai deux journées de consultation par semaine, le lundi et le mercredi. Et les autres jours, je fais les domiciles. Le syndicat, en fait, c'est sur ces journées plus off. Et puis après, c'est tout le temps. C'est-à-dire que tous les soirs, après mes journées de consultation, si je n'ai pas eu le temps de regarder un petit peu les mails qui étaient arrivés au fil de l'eau, je passe ma soirée sur les mails à regarder, à répondre. C'est très chronophage, c'est un boulot de dingue. On reçoit entre 50 et 60 mails par jour. Pas que des sages-femmes, il y a d'autres choses, bien sûr. On se rend compte, c'est notre quotidien au syndicat, qu'on a plein de collègues qui finalement ne connaissent pas bien les textes. Alors après, c'est notre boulot de leur apporter les éléments. Le recours aux textes, de savoir exactement qui fait quoi, comment il le fait, etc. Ça permet finalement de fluidifier aussi les relations et les échanges. Parfois, des sages-femmes salariées qui disent « Oui, mais là, j'ai pris ce qu'il y a un truc sous couvert du médecin, mais non ! » Tu n'es pas sous couvert de qui que ce soit, c'est ta responsabilité propre. Il n'y a pas de délégation entre deux professions médicales dans l'exercice au quotidien. Moi, j'ai des collègues sage-femme libérales, elles me disent « là, il y a une patiente qui n'est pas venue au rendez-vous, c'était important. » Je me couvre en envoyant un mot à l'hôpital pour dire « ma machin n'est pas venue au rendez-vous » . En fait, tu n'es couverte de rien, tu es sage-femme, c'est la responsabilité de la patiente aussi. Il n'y a pas de se couvrir, de ne pas se couvrir, etc., quel que soit le mode d'exercice. Et c'est vrai que régulièrement, c'est important qu'on le redise aussi aux sages-femmes. On a beaucoup de questions de libérales et on se rend compte que les sages-femmes qui sont conventionnées avec l'assurance maladie n'ont pas lu la convention. Et donc, le B.A.B.A., quand on s'installe en libéral, c'est déjà d'aller lire la convention et de voir comment on doit coter, quelle est la définition exacte de tel acte, etc. Alors, quand ils et elles ont des soucis, ils savent nous trouver et là, on va apporter des réponses qui sont étayées avec les textes qui vont bien. Voilà, il y a un contact sur notre site. Elles cliquent et puis elles remplissent le formulaire de contact. Nous, on va dispatcher les questions en fonction des compétences des membres du conseil d'administration, justement pour essayer d'apporter une réponse la plus étayée possible. Et on se nourrit de ces questions et de ces réponses pour aussi avoir une foire aux questions sur le site. Et on se nourrit de tout ça pour aller porter la parole des sages-femmes auprès des institutionnels. C'est hyper précieux. Donc du coup, effectivement, il y a énormément de mails qui arrivent. Et puis après, il y a une veille aussi, une revue de presse. Alors voilà, moi, je lis le journal officiel tous les matins. Je suis abonnée à des newsletters, etc. J'ai plus, au fur et à mesure, les sujets qui peuvent nous intéresser. Encore une fois, c'est un engagement. J'ai mon activité libérale, qui est très partielle, donc qui ne rapporte pas grand-chose. Et puis, j'ai un petit fixe, j'ai 500 euros par mois de l'ONSSF. Et puis, quand je passe des journées à Paris, je suis indemnisée, j'ai des indemnités de perte d'activité, et les frais d'hébergement et de transport sont remboursés. Mais ce n'est pas ça qui m'enrichit. Si je voulais gagner ma vie, ce n'est pas ce qu'il faudrait que je fasse. Voilà. Au milieu de tout ça, j'arrive quand même à trouver un équilibre. Je n'ai pas l'impression de sacrifier ma famille en tout cas. Quand je pars en vacances, je ne peux pas m'empêcher de ne pas regarder la boîte mail, mais personne ne m'y force. Finalement, je pourrais très bien dire, bon allez, pendant une semaine, je ne regarde pas du tout parce que je sais que le reste de l'équipe va être vigilante. On est nombreux au syndicat, on est un conseil d'administration d'une bonne vingtaine de personnes. C'est vrai qu'on se dispatche un petit peu les missions. Dans l'équipe syndicale, on est tous vraiment sur le terrain. Et donc, quand on donne du temps pour le syndicat, il faut que ce soit indemnisé aussi, c'est normal. Donc, pour être indemnisé, il faut qu'on ait un budget et il faut des adhérents. Tant qu'on n'a pas un budget conséquent, on ne peut pas se lancer sur des actions peut-être un petit peu plus coûteuses. Là, ces dernières années, on avait une base qui était quand même assez solide. On a pu financer l'intervention d'avocats, de juristes. Voilà, on a refait un site internet tout neuf, des livrets de cotations. Enfin, voilà, des tas d'outils, mais qui ont un coût. Et c'est vrai que... planifier finalement sur plusieurs années l'engagement du syndicat et ce qu'on aimerait bien faire pour les sages-femmes. Si on n'a pas une vision sur du plus ou moins long terme sur nos capacités financières, ça reste toujours compliqué. On essaie vraiment de faire des grosses économies, on se réunit dans des endroits qui ne coûtent pas cher du tout. Parfois, on partage les chambres pour réduire les coûts. On fait super attention à notre budget. Les déplacements, on essaie de limiter au maximum parce que beaucoup de personnes acceptent de faire des visios. C'est vrai qu'il y a des périodes, souvent c'est le mois de septembre. mois de mars où je suis à Paris quasiment toutes les semaines. Et donc là cet après-midi, oui, on a un rendez-vous donc au ministère chargé du handicap avec le conseiller de la ministre, Jordan Ausha, sur A priori. Le boycott d'Andy Gineco. Il nous a pas dit de quoi il voulait nous parler, mais on pense que c'est ça. Donc je le disais, le NSSF a appelé au boycott d'Andy Gineco. Andy Gineco, encore une fois, c'est un truc qui est super pour les femmes en situation de handicap, mais si on veut faire bouger les lignes, il faut qu'on appuie là où ça fait mal, entre guillemets. Et donc, dès l'instant où on a annoncé ça, là, pouf, pouf, pouf, il y a le téléphone qui sonnait. des rendez-vous qui se sont posés. Donc, il faut vraiment qu'on arrive à appuyer là où c'est nécessaire pour faire bouger les lignes. Et c'est ça qui est un peu usant finalement dans l'activité syndicale aussi et qui est un peu frustrante, c'est que finalement, on ne peut pas avoir des relations juste normales, c'est-à-dire discuter nos projets pour la profession, comment on voit les choses. Finalement, il faut qu'on vienne avec force, qu'on tape du poing sur la table. Il y a une forme de violence, en fait, dans tout ça. Et l'avenant 7, ça a été une super avancée pour les sages-femmes. Mais finalement, quelques mois plus tard, sur des actes partagés, ils signaient des avancées pour les médecins et nous, on reste sur la touche. Enfin, il y a plein de choses qui ne sont pas justes, en fait. Et ça, c'est quand même très désagréable, alors que des échanges plus réguliers, plus sereins permettraient d'avancer tout aussi bien qu'à chaque fois, devoir taper du poing sur la table en mobilisant tout le monde. Ce n'est pas forcément comme ça qu'on a envie d'avancer. L'avenant 7, ce n'était pas gagné. Notre syndicale, le NSSF, n'a pas signé l'avenant 6. On voulait que l'accouchement à domicile soit embarqué dedans et rapidement, ils nous ont dit que ce ne serait pas le cas. Quand ils nous ont donné une valorisation aussi, de la sage-femme référente pour les 45 euros, on n'était pas du tout d'accord sur le montant, donc on n'a pas signé cet avenant. Sauf qu'au même moment, on était en cours d'enquête de représentativité. Tous les cinq ans, c'est la Cour des comptes qui nous sollicite pour démontrer combien on a d'adhérents libéraux. On a su que nous, on avait 75% des sachembes libérales qui étaient adhérentes chez nous. Du coup, la CNAM n'avait pas signé avec le syndicat majoritaire et on pouvait tout à fait dénoncer cet avenant. Et donc, il y a eu des coups de fil avec l'assurance maladie, l'adjointe, la directrice adjointe, etc. Si vous, finalement, renoncez à dénoncer l'avenant 6, on vous ouvre des négociations sur un avenant 7. Ça a fait grand débat dans l'équipe parce qu'on s'est dit que ça veut dire qu'on se couche, entre guillemets. Et puis on s'est dit en même temps, c'est tellement important pour la profession, il faut qu'on y aille. Donc on a dit bon, ok, on ne dénonce pas l'avenant 6, mais vous nous donnez un calendrier. Oui, il n'y a pas de souci, ça sera des négociations rapides. Le jour de l'ouverture des négociations, tous les représentants professionnels étaient là, les gens de la CNAM aussi, il ne manquait que le directeur général. Moi, j'ai fait comme si j'avais un coup de fil et je suis allée dans l'antichambre, en fait, avant la salle de réunion, à la sortie de l'ascenseur, en me disant, comme ça, je vais le choper avant qu'il rentre dans la salle. Et donc, dès qu'il est sorti de l'ascenseur, je suis allée le saluer et je lui ai dit, écoutez, monsieur Fatome, là, il ne faut pas vous tromper, il faut signer avec le syndicat majoritaire et on ne recommence pas la même chose que pour l'avenant 6. Et il m'a dit, oui, oui, on est bien d'accord, donc on fera tout ce qu'il faut pour que ça se passe bien. C'est du jeu de couloir, etc. Mais dans l'ensemble, on a signé un super avenant, donc on était vraiment ravis. Et puis, j'avais une équipe de négociateurs qui était top, qui ne lâchait rien, en fait, sur la valeur du SF. Ça a été à la dernière réunion. Ils étaient sur 3 euros, elles ont dit bon allez on pousse un peu plus loin, vous nous passez à 3,10. Et là ils nous ont dit ok, en 2025 on vous passe à 3,10 sur l'ESF. Et là c'était complètement inattendu. Encore une fois, il y a du on, du off, des discussions de couloir avec les bonnes personnes. Et finalement cette non-signature de l'avenant 6, on s'est dit heureusement qu'on ne l'a pas signée, parce qu'on n'aurait eu aucune marge pour pouvoir pousser pour ouvrir l'avenant 7. Et on aurait attendu encore je ne sais combien de temps. On se considère toujours inférieurs aux autres, les sages-femmes. On a un syndrome de l'imposteur qui est catastrophique. Là, quand on sollicite des sages-femmes pour aller prendre des fonctions, pour représenter la profession, oui, mais t'es sûre que je suis la bonne personne, etc. Mais oui, enfin, t'es sage-femme comme moi. Voilà, et ce syndrome de l'imposteur, enfin, je l'ai aussi. Et finalement, je me dis, quand même, t'es pas toute jeune, je vais avoir 53 ans cette année. Je me dis, finalement, Thomas Fatome, je sais pas quel âge il a, mais à peu près dans mes âges, je suis quand même... une présidente d'un syndicat majoritaire de sage-femme. Lui, c'est peut-être le directeur de l'ACNAM, mais il ne vaut pas mieux que moi. Et je ne vaux pas moins bien que lui. Et donc, finalement, j'essaye, mais je prends sur moi quand même, de me dire que je suis au même niveau que vous. Voilà. On parle d'égal à égal, d'une certaine façon. On a des travaux à mener ensemble sur le plan conventionnel. On est les deux parties prenantes de la discussion. C'est de la négociation. Il faut qu'on soit OK, qu'on avance ensemble. Mais il ne faut pas qu'il y en ait qui prennent le lead sur les autres, en fait. Et ça, ce n'est pas naturel du tout pour moi, mais j'en suis consciente et je me dis, du coup, il ne faut pas se laisser faire On n'est pas des professionnels du lobbying. Alors, quelques-uns dans l'équipe ont fait des formations complémentaires dans différents domaines. Moi, personnellement, je suis sage-femme. J'ai fait deux DU, un DU allaitement, un DU gynéco. Enfin, je n'ai jamais appris à parler en public. Et puis, justement, je pense qu'il ne faut pas essayer de jouer un jeu et d'adopter une posture. On est naturel, on est sage-femme et on vient porter la voix de la sage-femme qui, au quotidien, exerce, prend en charge les femmes, les enfants, les familles. Et c'est ça qu'on vient apporter, c'est notre expertise. technique, finalement. Après, le côté politique, discussion, langue de bois, etc., voilà, on laisse aux politiciens. Après, ce qui est compliqué, oui, c'est de pouvoir trouver les gens, réussir à les intéresser suffisamment pour qu'ils acceptent d'échanger avec nous. Alors ça, c'est des choses qu'on a apprises, par exemple, on sait que pour aller à des rendez-vous, il ne faut jamais y aller seul, parce que souvent, il y en a un qui parle et l'autre qui observe l'attitude des personnes en face de nous. Puis on échange, et puis après, c'est un peu Starsky et Hutch, il y a le gentil et le méchant. En fait, c'est une scène de théâtre. Dans la posture, on peut se monter théâtral dans un sens excessif ou au contraire, dans un sens très retenu. Je n'ai jamais fait de théâtre non plus de ma vie, mais quand j'observe un petit peu les comportements, les attitudes des uns et des autres, c'est assez drôle. On est tous dans une forme de jeu. Alors, c'est un jeu sérieux, mais c'est comme ça que ça fonctionne. Donc, il faut essayer de rentrer un petit peu dans ce moule, même si, encore une fois, nous, on veut rester hyper professionnels, finalement. Après, ce qui est intéressant, oui, c'est que ça m'a permis d'avoir une vision de l'organisation de l'État un petit peu différente. Et même ce qui m'a apporté une forme de déception, en fait, parce que finalement, je me suis dit sur plein de sujets, il y a beaucoup d'amateurisme. Et je me dis, il y a des décisions hyper importantes qui sont prises et avec des gens qui prennent des décisions, mais qui n'ont pas les éléments, qui ne savent pas de quoi ils parlent. Et je trouve ça quand même assez dommage. Donc finalement, ça n'a pas forcément mis sur un piédestal la plupart de nos élus. Nous, à notre niveau, on est au niveau national, mais il y a une déclinaison régionale, locale, il y a les URPS, il y a les Sacham qui siègent en CPR, en CDCE, que des acronymes un peu tordus. Il y a plein plein d'actions locales qu'on peut aussi déployer. À l'échelle locale, il y a des parlementaires et ces parlementaires, ils vont remonter finalement les expériences locales. au niveau national. Donc, une sage-femme qui a envie de s'engager pour la profession, mais qui ne se sent pas participer à un conseil d'administration national, elle peut très bien avoir des super actions sur le plan local qui vont impacter vraiment l'action qui sera faite sur le plan national. En fait, vos élus, ce qui les intéresse, c'est ce qui se passe chez vous. Donc, racontez ce qui se passe dans vos maternités, racontez ce qui se passe dans votre activité libérale, racontez ce qui se passe chez les territoriales. Enfin, voilà, l'organisation des soins, les services que vous rendez à la population. mais vraiment du concret de ce qui se passe chez vous. Parce qu'eux, ils peuvent porter ça aussi de leur côté et mettre une pression sur le gouvernement en place. On nous a redonné des compétences et les sages-femmes s'en sont emparées. La gynéco, ça explose, l'orthogénie aussi. Donc les sages-femmes, elles sont en rendez-vous. Mais après, il faut que ce soit valorisé correctement, qu'on ne nous prenne pas non plus pour des pigeons. Et ça, on ne veut plus se laisser faire. Donc on veut vraiment être... être proactives et que ce soit nous qui apportions aussi des sujets et pas forcément qu'on nous amène les sujets pour nous et qu'on nous dise c'est comme ça et pas autrement. Donc ça, ce n'est pas envisageable. Finalement, on se rend compte maintenant que si on veut faire avancer, c'est le lobbying, se faire connaître, rencontrer les bonnes personnes au bon moment, leur faire passer des propositions de textes, etc. Et pour ça, il faut qu'on ait un gros travail fait en amont, qu'on épluche tout, qu'on rédige les choses en amont et qu'on aille vraiment... apporter quelque chose qui soit clé en main aux personnes qui pourraient être susceptibles de les porter. Quelque chose sur lequel on souhaite avancer à l'ONSSF, c'est vraiment la description de la profession dans le Code de la santé publique. Et on se dit, il faudrait vraiment qu'on monte à la genèse des textes pour pouvoir ensuite pouvoir faire modifier des choses dans les autres textes. Donc c'est un truc énorme. C'est déjà le Code de la santé publique qui pose problème dans la définition de la profession. On a un avocat sur le coup. Bon, on est peut-être un peu utopique, mais on y croit. Sinon, on ne serait pas là. Voilà.