- Speaker #0
La Voix du Géo, soyez les bienvenus. Une série de podcasts associés aux activités et à l'actualité du Grand Orient de France. Je suis Fabrice Milon et j'ai le plaisir de vous accueillir sur ce nouveau podcast. René Thuriaf, merci d'être avec nous. Vous êtes vice-président de la Fondation du Grand Orient de France. La Fondation du Grand Orient de France est un objet assez singulier. On se demande si c'est le Grand Orient de France, si c'est une partie, une annexe du Grand Orient de France. Quand on cherche un peu, quand on fouille un peu, on découvre que la Fondation a un certain nombre d'interventions, très larges même, puisqu'elle est orientée économie sociale et solidaire. On se rend compte aussi que cette même fondation s'intéresse... à la phérémonie, à la musique peut-être, en direction des enfants. Et c'est une fondation, comme toutes les autres fondations, qui tout naturellement s'attache à soutenir des populations touchées par de terribles catastrophes. Quel est l'objet fondamental de cette fondation ?
- Speaker #1
Je pense qu'il faut revenir d'abord à la Genèse et au départ. C'est-à-dire, en clair, c'est le passé grand maître Roger Loré qui a décidé effectivement de fonder cette fondation. Cela s'est fait en 1985. Et pourquoi ? Parce qu'il souhaitait défendre à l'extérieur de l'obédience les valeurs humanistes dont nous sommes porteurs au Grand Orient de France. En clair, la défense de la dignité humaine, la liberté absolue de conscience, le progrès social et enfin l'universalisme.
- Speaker #0
La fondation est totalement donc alignée sur les valeurs de l'obédience elle-même ?
- Speaker #1
Elle est alignée sur les valeurs. Ça c'est clair pour nous, nous sommes alignés sur les valeurs. Mais par contre nous sommes bien une fondation d'utilité publique, donc il y a séparation totale. entre l'obédience et la fondation à tous les niveaux. Alors, il s'est posé la question et il s'est dit comment je peux effectivement faire que les valeurs qui sont les miennes, qui sont les nôtres au niveau de l'obédience, puissent être portées à l'extérieur de ce que nous appelons nos temples. Et donc, il a considéré, avec le conseil de l'ordre de l'époque, que l'outil le plus pertinent était effectivement la fondation du Grand Tourisme de France.
- Speaker #0
Créée en 1985, donc.
- Speaker #1
87.
- Speaker #0
87 précisément. Quelles sont les aides apportées par la Fondation ? Dans quelle direction vont-elles ?
- Speaker #1
Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que la Fondation, nous le disons toujours au niveau du bureau, ne peut apporter que ce qu'elle a. En clair, c'est un apport financier, une aide financière apportée aux associations qui vont nous interpeller par l'intermédiaire de notre site.
- Speaker #0
D'accord. Quel public, maçons, non-maçons, c'est une Fondation qui peut apporter de l'aide à tout le monde, finalement ?
- Speaker #1
Ah, et d'ailleurs, elle n'apporte pas d'aide à des maçons, puisque l'aide apportée aux maçons concerne uniquement l'obédience et pas du tout la fondation. Donc les associations sont, comme nous le disons nous, francs-maçons, sont des associations dites profanes. En clair, ce sont des citoyens qui souhaitent s'engager dans des actions en direction de personnes défavorisées ou en situation de grande difficulté. de cataclysme ou par exemple quand il y a eu les affaires si on prend Mayotte par exemple.
- Speaker #0
D'accord, quand vous parlez d'aides financières, c'est la Fondation du Grand Temps de France qui apporte son soutien financier à une association profane qui existe en fait à un endroit où effectivement des catastrophes, vous parlez de Mayotte, des catastrophes ont pu avoir lieu.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et partout dans le monde.
- Speaker #1
Alors, notre action se fait effectivement en direction des associations qui peuvent être sur le territoire français. mais qui peuvent être aussi à l'international. Par contre, nous sommes vigilants à ce que le siège social des associations qui vont être demandeuses au niveau de la Fondation soit bien sur le sol européen.
- Speaker #0
D'accord. Qui fait appel à la Fondation du Grand Tournoi de France ?
- Speaker #1
Alors, il y a différentes personnes ou associations qui vont faire appel. Il y a des associations, on va dire, locales, dans nos différentes régions, qui vont s'impliquer dans le tissu social, ce qu'on peut appeler les quartiers populaires, par exemple, en direction de familles défavorisées ou en direction d'enfants en difficulté sur le plan social. C'est une des raisons aussi de l'implication. c'est peut-être aussi pour défendre ce que nous nous appelons Les valeurs de la République et la laïcité, donc là il y a un investissement par rapport à ça. C'est surtout soit des films, soit par des expositions, soit par des débats, ce qui permet d'échanger, de rappeler ce qu'est la laïcité. Et donc ce genre d'investissement au niveau de la cité en général, nous sommes les premiers à les financer. On peut aussi financer d'autres actions. L'exemple que je donne souvent c'est... C'est quand je parlais tout à l'heure de difficultés rencontrées sur le plan climatique, par exemple quand il y a eu le cyclone à Mayotte, qui est, je rappelle, un territoire français. Nous sommes de suite intervenus en faisant ce qu'on appelle un appel à dons. C'est-à-dire que nous avons deux façons d'être financés, même trois. Les dons en général, c'est-à-dire...
- Speaker #0
Alors ce sont les dons du tout venant, les dons qu'on vous fait de manière régulière.
- Speaker #1
On va dire les dons de tout citoyen qui souhaite à un moment donné aider la Fondation dans son action généraliste, on va dire. Et ensuite, quand nous sommes interpellés par rapport à des intempéries, le cyclone, par exemple, c'est aussi Valencia, en Espagne, où nous sommes intervenus. Et nous sommes intervenus auprès d'associations directement sur le terrain, mais nous sommes aussi intervenus grâce au partenariat que nous avons avec le Secours Populaire Français.
- Speaker #0
D'accord, la Fondation du Grand Tournoi de France, c'est un partenariat ? Avec le
- Speaker #1
Secours Populaire ? Nous sommes interpellés par des associations, on va dire, locales, mais nous avons et nous continuons à renforcer notre partenariat avec de grosses associations fédérations, comme le Secours Populaire Français, la Protection Civile, Médecins Sans Frontières. Je donnerai par exemple l'exemple d'hier soir. Hier soir, le bureau avait été invité par le Secours Populaire Français à la soirée partenariale qu'ils avaient à la Tour Eiffel. Donc nous y sommes allés. puisque nous étions invités, et nous en avons profité aussi pour faire le point sur certains dossiers qu'ils ont en cours, et nous leur avons proposé de les rencontrer le mois prochain, pour travailler sur un dossier très important au niveau de Mayotte, qui concerne donc la jeunesse en général, et tout particulièrement les enfants.
- Speaker #0
Merci, merci René Thuriat. Vous avez mentionné l'appel à dons, le dernier appel à dons qui a été fait. A été fait quand d'ailleurs, et pour quelle cause ?
- Speaker #1
Alors, nous avons... Plusieurs façons de faire les choses. La première façon, c'est que nous choisissons un fil conducteur, un fil rouge, on va dire, sur l'année. Pour l'année 2025, le fil rouge a été la pauvreté.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Nous lançons à ce moment-là différentes communications par rapport à ce fil rouge autour de ce thème-là, avec l'agence de communication avec laquelle nous travaillons. C'est-à-dire que cette agence-là, sur les différents réseaux sociaux, que ce soit Facebook, Instagram, va intervenir chaque semaine. sur des thématiques concernant la pauvreté, pour essayer de sensibiliser les gens en général, pour essayer d'obtenir des dons. Ça, c'est notre stratégie de communication généraliste. Et puis, à un moment donné, quand il y a un événement important qui demande un investissement beaucoup plus fort, à ce moment-là, nous faisons ce qu'on appelle un appel à don dédié. C'est-à-dire que toutes les sommes que nous allons récolter, elles vont directement être investies. Dans cet événement-là, je vais donner comme exemple, je l'ai donné tout à l'heure à Valencia, en Espagne. Je peux donner aussi en 2023 le tremblement de terre du Maroc, dans lequel nous sommes très fortement investis avec la protection civile, ainsi qu'avec le secours populaire. Et d'ailleurs, là, il nous restait des sommes sur cette ligne budgétaire. Nous avons interpellé la protection civile et nous avons financé la continuité d'un projet qu'ils ont de reconstruction d'habitation sur le Maroc.
- Speaker #0
C'est très clair, merci René Thuriaf. Quand une fondation est attachée à ce point, à des valeurs, des valeurs aussi fortes que celles du Grand Orient de France, est-ce qu'on peut imaginer en fait qu'il y a des situations dans lesquelles vous décidez de ne pas intervenir parce que les critères ne sont pas bons et parce que peut-être les principes défendus par la cause en question ne correspondent pas aux valeurs du Grand Orient de France ?
- Speaker #1
Parfaitement, je peux justement vous donner quelques chiffres. En clair, nous avons fait le point avec le bureau ces derniers jours Et nous avons constaté que sur les quatre premiers mois de l'année 2026, Nous avons refusé 60% des dossiers.
- Speaker #0
60% des dossiers, c'est énorme. Pour quelles raisons, par exemple ? Pouvez-vous nous citer quelques exemples ?
- Speaker #1
Bien sûr. Les dossiers peuvent être refusés, soit parce qu'ils sont incomplets.
- Speaker #0
Bien sûr. Vous savez,
- Speaker #1
sur notre site, quand on dépose un dossier, il y a une série de pièces administratives à déposer. On va dire les statuts de l'association, la reconnaissance de comme vous êtes une association, les rapports d'activité, les budgets annuels. Et puis après, ce qu'on demande, c'est le budget du projet concerné et le projet lui-même.
- Speaker #0
Voilà, et c'est peut-être au niveau du projet en lui-même que la question des valeurs va se poser. Généralement,
- Speaker #1
c'est là qu'à un moment donné, on va se poser la question de savoir si notre fondation peut intervenir ou pas à ce niveau-là, puisque les associations le savent tout le temps, puisque c'est sur notre site, quand elles vont essayer de déposer leur dossier. Nous avons quatre domaines de compétences, on va dire. Il y en a une, ce sont les actions humanitaires et émancipatrices. Donc si l'action qui est proposée rentre dans ce domaine-là, nous allons pouvoir au minimum le consulter. La question qui va se poser après, c'est quelle est l'association qui porte ce projet ? Quelle est sa façon d'intervenir sur le terrain ? Et ensuite, est-ce que c'est un terrain, une zone à risque ? Par exemple, dans certains endroits de l'Afrique centrale, de l'Afrique du Nord, nous n'intervenons plus. Voilà, par exemple. Proche du Moyen-Orient avec les risques qu'il y a, nous n'intervenons pas. Les mémoires de sécurité, bien sûr. Les mémoires de sécurité ne nous ont pas à intervenir. Le deuxième domaine, c'est la culture. Le troisième domaine, c'est la laïcité et les valeurs de la République. Et enfin, le dernier domaine, c'est la santé et l'enfance en difficulté.
- Speaker #0
Vous avez des associations ou des structures qui demandent de l'aide et qui se trompent totalement, en fait, qui méconnaissent totalement le Grand Orient de France au point peut-être parfois d'être à l'opposé même des valeurs du Grand Orient de France.
- Speaker #1
Non, à ce point-là,
- Speaker #0
quand même pas.
- Speaker #1
Mais disons qu'on est parfois surpris par certaines demandes. Par exemple, le mois dernier, nous avons refusé une subvention Donc, au Paris Saint-Germain. Parce qu'effectivement, ils ont une sorte de fondation. Et d'abord, premièrement, la somme qui nous était demandée n'était pas possible pour nous.
- Speaker #0
Le Paris Saint-Germain demandait des millions peut-être ?
- Speaker #1
Non, quand même pas. Ils demandaient plus de 150 000 euros. Et effectivement, c'est pour nous.
- Speaker #0
C'est quand même énorme. Juste pour savoir, le Paris Saint-Germain qui fait appel à une association, une fondation humanitaire, On m'explique pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que sûrement qu'ils se sont dit pourquoi pas. Alors je crois que si vous voulez, certaines associations ou certaines institutions vont déposer des dossiers sur tous les sites et les fondations.
- Speaker #0
Le Paris Saint-Germain quand même, on reconnaît que c'est tout à fait étonnant.
- Speaker #1
On ne s'est pas posé la question. On a lu le dossier, on a essayé de voir si ça correspondait déjà à nos critères.
- Speaker #0
Vous avez quand même lu le dossier.
- Speaker #1
Au minimum, ce qu'on fait par respect par rapport aux associations, c'est de lire les dossiers. Et après, ces dossiers, il faut les argumenter pour pouvoir les refuser si jamais il y a une demande qui est faite à ce niveau-là.
- Speaker #0
On va bien heureusement s'éloigner du Paris Saint-Germain. J'ai une question, en fait, d'une erreur. Une question que vous posez, René Thuriaf. Comment vous évaluez l'impact de vos actions ? Est-ce que c'est évaluable, d'ailleurs ? Est-ce que c'est toujours évaluable, l'impact d'une action, surtout en situation de catastrophe naturelle majeure ?
- Speaker #1
Alors, c'est compliqué, l'impact d'évaluer. L'évaluation... Alors, il y a certains moments où l'évaluation est possible. L'exemple, c'est quand vous allez dans un pays... En grande difficulté sociale, que vous devez construire une école ou vous devez accompagner à construire une école, là le concret, vous l'avez le concret. Quand vous devez permettre à un dispensaire d'acheter des panneaux solaires pour pouvoir continuer à faire des soins, ça vous voyez du concret. Là où c'est plus compliqué, c'est par exemple sur la défense de nos valeurs, valeurs de la République, tout ça. C'est des petites graines que nous mettons dans la société en espérant... Voilà, en espérant que ces graines-là, elles germeront à un moment donné par rapport aux valeurs qui sont les nôtres.
- Speaker #0
René Thurioff, c'était passionnant, je continuerai à parler avec vous des heures. Moi aussi. Mais il est temps de nous arrêter. Merci à vous d'avoir été l'invité de mon émission, merci beaucoup. Une dernière question rapide, la Fondation du Grand Monde France, peuvent contribuer, peuvent donner, tous, il ne faut pas être maçon du Grand Monde France pour pouvoir donner.
- Speaker #1
Alors moi je voudrais juste, si vous me permettez, c'est un, effectivement, par le don. Mais de plus en plus, et ça nous essayons de convaincre les gens, c'est le leg.
- Speaker #0
On parle de leg, bien sûr. C'est donc le mot de la fin. Encore merci René Thuriard. Chers auditeurs, chères auditrices, merci d'avoir été les nôtres pour ce podcast de La Voix du GEDF.