Speaker #0Amis du RH, bonjour ! Le Barbu qui parle RH, c'est un podcast qui vous accompagne sur vos trajets en vélo, en trottinette, en skate, en train, tout ce qui roule ou pas, tout en vous apprenant un truc cool sur l'univers du recrutement. Le barbu en question, c'est moi, Nico. Je travaille dans le RH depuis maintenant plus de 10 ans. Prêt à explorer le monde du recrutement d'aujourd'hui et de demain ? Préparez vos AirPods, c'est parti ! Bonjour à toutes et à tous. Alors, aujourd'hui, on va parler d'un enterrement. On va parler de l'enterrement du caire de façade. On va s'attaquer au plus gros mensonge managerial de la décennie. En juin 2026, c'est la semaine de la QVCT. Et si vous avez prévu de faire venir un masseur ou d'organiser un tournoi de pétanque sur le parking pour rebousser les équipes, j'ai une petite suggestion. Annulez tout. Économisez votre budget. Le bien-être au travail version 2010-2020, c'est officiellement mort, enterré par la réalité brutale des chiffres. En 2026, les salariés ont développé une allergie totale aux gadgets. Pourquoi ? Parce qu'on ne soigne pas une organisation défaillante avec des corbeilles de fruits. Le passage de la QVT à la QVCT et ce fameux C pour les conditions, c'est pas qu'un changement de lettre, c'est un aveu d'échec. On a enfin compris que la vie au travail, c'est d'abord le travail. Et que les gens sont pas là juste pour se faire plaisir. Ben oui. Le chiffre qui fait mal, malgré toutes les politiques de bienveillance, c'est le coût de l'absentéisme en France. C'est que le coût de l'absentéisme en France a atteint des sommets en 2025 avec une moyenne de 22 jours par an et par salarié. 22 jours par an et par salarié. Plus de 10%. La raison ? on a traité de Saray comme un client à qui il faut plaire, au lieu de le traiter comme un professionnel qu'il faut laisser bosser, dans des bonnes conditions, mais qu'il faut laisser bosser. Le message de 2026 est clair. Si vous voulez que vos équipes aillent bien, arrêtez de les chouchouter et commencez par regarder comment elles travaillent. Si on entre dans le moteur, le thème de cette année, c'est parler du travail. Mais de quoi parle-t-on vraiment ? Il y a clairement aujourd'hui un fossé entre le prescrit et le réel. Dans chaque entreprise, il y a deux mondes. Le travail prescrit. Celui qui est écrit dans les process, les fiches de poste, les beaux rapports. Et il y a le travail réel. Celui que les équipes font chaque jour pour compenser les outils qui rament, les consignes floues, les collègues absents. L'épuisement professionnel n'aide ce fossé. Plus l'écart est grand entre ce que vous demandez et ce qu'il doit vendurer pour y arriver, plus on fabrique du burn-out. C'est d'ailleurs pour ça que le feedback managerial et le feedback équipe est ultra important. Il faut qu'on organise des espaces de parole. En 2026, la QVCT, c'est l'ingénierie du dialogue. C'est pas une boîte à idées où on demande la couleur des nouveaux mugs, c'est mettre en place des espaces de discussion sur le travail. C'est une heure une fois par mois où le manager se tait et où l'équipe analyse ses irritants. Pourquoi le client est ultra vénère chaque mardi ? Pourquoi cette étape de validation nous fait repaire trois jours ? Le levier de santé numéro un, c'est le pouvoir d'agir. Un salarié qui peut modifier son outil de travail pour le rendre plus efficace tombe pas malade, il s'engage parce qu'il a contribué à développer l'entreprise en même temps qu'il développait ses conditions de travail. Si vous discutez pas de la qualité du travail, vous discutez de rien. Et si on parlait de ce qui doit être le défi majeur des RH pour les trois prochaines années ? La fracture sociale du télétravail. En 2026, le monde du travail est scindé en deux. D'un côté l'école blanc qui négocie leur troisième ou quatrième jour de télétravail depuis leur maison à la campagne. De l'autre, la front line, les techniciens et logisticiens soignants, les hôtes d'accueil. Le rapport Social Equity de 2026 est sans appel. 48% des salariés... terrain ressentent un sentiment de déclassement et d'injustice profonde par rapport aux télétravailleurs. 48%, c'est presque la moitié. Et le risque, c'est la désertion des métiers physiques. Si la QVCT est pensée que pour ceux qui sont derrière un écran, on va vivre une hémorragie de talent sur les métiers de terrain. On ne résout pas la fracture avec une prime pouvoir d'achat, c'est vraiment une question de reconnaissance et de flexibilité. La QVCT hybride, c'est l'invention des compensations réelles. Par exemple, la flexibilité temporelle. Si le salarié ne peut pas télétravailler, est-ce qu'il peut avoir plus de contrôle sur ses horaires ? Est-ce qu'il peut passer la semaine de 4 jours pour compenser la pénibilité du déplacement ? Si on prend l'autonomie décisionnelle, c'est le fait de rendre aux équipes de terrain le pouvoir d'organiser leur propre planning. L'équité, ce n'est pas donner la même chose à tout le monde, c'est donner à chacun ce dont il a besoin pour que le travail ne soit pas une punition. Et si c'est installé, si c'est vécu, si c'est une vision de l'entreprise, cette fameuse adaptation sera complètement comprise et acceptée. On va terminer sur la dimension stratégique. En 2026, le DRH ne doit plus dire « ça va nous coûter tant de mettre en place des espaces de discussion » , il doit dire « voilà ce que ça nous rapporte » . Le RH doit être un HRBP. Le RH de 2026 et de l'avenir, c'est ça, c'est le business partner de l'entreprise. Les entreprises qui ont basculé d'une approche bien-être à une approche organisation du travail affichent clairement des résultats insolents. Moins 25% de turnover, plus 15% de productivité réelle. Une marque employeur qui explose, car, comme on l'a vu dans notre épisode précédent, l'authenticité attire les meilleurs. Inscrire la santé au travail dans la stratégie globale, c'est arrêter de voir le salarié comme une ressource que l'on use et commencer à le voir comme un capital que l'on préserve. On n'est plus dans les années 1920. 2026, ça doit être l'année de la vérité. Si je devais vous donner un dernier conseil, lundi, en arrivant au bureau à l'usine, ne demandez pas à vos collaborateurs s'ils vont bien, demandez-leur de quoi as-tu besoin pour faire du bon travail aujourd'hui. La réponse à cette question, elle vaut toutes les politiques RH du monde. J'espère que ces quelques minutes vous auront plu et vous en auront donné des idées ou tout du moins de l'énergie pour pouvoir passer à 2026 Truth Generation. Et moi, je vous dis à très vite pour un nouvel épisode. Merci à tous les survivants qui sont restés jusqu'au bout. C'était le Barbu qui parle RH, le podcast sur le recrutement d'aujourd'hui et de demain. Vous pouvez me retrouver sur LinkedIn, Nicolas Pazetti, aka le barbu qui parle RH. Si vous avez kiffé, la meilleure façon de nous soutenir, c'est de laisser un super avis 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. A très vite pour un nouvel épisode.