- Speaker #0
Le barbecue par les RH, c'est du miel dans vos Airpods. Bienvenue dans le monde du RH qui bouge et qui prépare aujourd'hui le monde de demain. Moi c'est Nico, je travaille dans les RH depuis plus de 15 ans. Et je vous partage mon expérience à travers des clés et des interviews super stimulantes. Vous êtes prêts ? Attachez vos ceintures, c'est parti ! Bonjour à toutes et à tous, alors merci d'être présents pour ce nouvel épisode du podcast du barbecue par les RH. Et aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui pose... énormément de problèmes au RH et notamment aux recruteurs, comment toucher des profils non digitalisés. Et pour parler de ce sujet, j'ai le plaisir et l'honneur d'accueillir Louise Lespar. Salut Louise, comment ça va ?
- Speaker #1
Salut, ça va très bien, merci, ravie d'être là.
- Speaker #0
Je suis trop content de t'avoir parce qu'on a un petit peu échangé ensemble en off et tu travailles sur ce sujet depuis pas mal de temps. Donc pour celles et ceux qui ne te connaissent pas déjà, je vais te laisser te présenter. Comme ça, tu vas pouvoir nous montrer pourquoi tu es la personne idoine pour parler du sujet.
- Speaker #1
Je ne sais pas si je suis la personne idoine, mais... Je suis Louise Lespar, fondatrice de La Clé des Champs. La Clé des Champs a pour mission de rendre l'agriculture accessible. C'est un podcast où j'interview les agriculteurs, le podcast La Clé des Champs. Et à côté, on fait des formations à l'agriculture à l'adresse des entreprises. Parce que je me suis aperçue que beaucoup de collaborateurs travaillaient au contact du monde agricole ou des agriculteurs, mais n'avaient pas de passif familial dans l'agriculture. On n'avait pas fait d'école d'ingénieur agronome. Du coup, je me suis dit comment font ces gens pour travailler avec le monde agricole sans connaître les réalités du terrain. Et du coup, on leur fait des formations et du e-learning et une immersion à la ferme sous forme de vie ma vie d'agriculteur.
- Speaker #0
Donc, toi, les agriculteurs, c'est vraiment ton quotidien. C'est les personnes avec lesquelles tu parles tout le temps, tous les jours. Et donc, c'est pour ça que je suis content de t'avoir parce qu'on sait que ce n'est pas forcément une typologie de personne qui est recrutée initialement, même s'il y a quand même pas mal de recrutement dans l'agriculture. On sait, coucou, il y a tout part. Mais c'est surtout une population qui est dit ou qui est soi-disant non digitalisée et qu'on a du mal à toucher en termes de communication. Et comme toi, c'est ton métier qui mixe les deux, c'est-à-dire la communication et l'agriculture, du coup, on va pouvoir parler de ce sujet et d'évoquer et essayer de réfléchir un petit peu à quelles sont les solutions pour pouvoir toucher ces profils non digitalisés ou tout le monde plus difficile à toucher que d'autres.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
C'est parti. La première question que je vais te poser, c'est déjà pour faire une petite perspective sur le sujet d'une manière générale, selon toi en tant que communicante, comment tu fais ? Est-ce que tu as des astuces ? Est-ce que tu as des manières de faire pour pouvoir comprendre comment on s'adresse ? T'inquiète. pour pouvoir comprendre comment on s'adresse à des profils différents en fait. C'est-à-dire, quelle est la manière de toucher ? Parce qu'aujourd'hui, on a un peu l'impression que les entreprises sont en galère parce qu'elles ne savent pas vraiment comment déceler les bonnes pratiques, les bons endroits, où, comment, quoi, toucher qui. Et ça, c'est un petit peu la problématique. C'est-à-dire qu'elles se disent, j'ai tel recrutement à faire, donc comme j'ai tel recrutement à faire, je vais bosser une offre d'emploi, mais elles ne se posent pas vraiment la question à savoir est-ce que ça va toucher mon profil, est-ce que ça va être intéressant ou quoi ? Est-ce que toi, tu as des bonnes pratiques ? Est-ce que tu as des use cases ? Comment tu fais pour pouvoir accompagner justement sur ce fait de toucher des personnes différentes ?
- Speaker #1
Déjà, je crois qu'un des gros enjeux, c'est de bien définir sa cible et de bien la connaître et de ne pas vouloir s'adresser à tout le monde. Surtout quand on a des profils un peu atypiques qu'on veut attirer ou avec des compétences un peu atypiques. Je crois qu'il faut faire le choix, surtout en termes de recrutement, vu comment on sait que c'est chronophage de faire passer les entretiens, d'appeler au téléphone. Je crois que des fois, il faut faire des choix de se dire « Ok, ma personne idéale, c'est celle-là et c'est eux que je veux cibler. » Et du coup, tout le message doit être tourné autour de ça. Pour moi, première chose, bien choisir la cible. Deuxième chose, être authentique et vrai dans le message et sincère. Et ça, je pense que le fait d'être authentique, de vraiment parler de ce qui se passe dans l'entreprise, de les montrer telles qu'elles sont, d'une part, ça peut toucher les gens parce que ça peut faire une communication différenciante. Et en plus, derrière, ce n'est pas trompeur, ça montre une réalité d'entreprise et ça permet aussi que le collaborateur s'assure que ça va bien matcher avec ce qu'il va trouver derrière et qu'il ne passe pas un entretien en idéalisant quelque chose et démarrer, faire sa période d'essai, puis partir après sa période d'essai avec le coût employeur que ça implique.
- Speaker #0
Pour toi, l'authenticité aujourd'hui, c'est une base, c'est quelque chose de phare. Est-ce que tu vois que ça bouge ? Est-ce que tu vois que les entreprises le sont ? Comment tu vois le truc ? Parce qu'on parle beaucoup de ce sujet d'authenticité, je suis complètement d'accord avec toi, franchement c'est un sujet phare pour attirer ou du moins pour prendre les bonnes personnes. Est-ce que de ton côté, tu vois que les choses bougent ?
- Speaker #1
En fait, je trouve que c'est plus facile d'être authentique quand on a une petite boîte comme la mienne, forcément, que quand on est un grand groupe. Parce que quand on est un grand groupe aussi, des fois il faut plus de courage pour être vrai et authentique. Tu vois, je prends l'exemple de l'agriculture. Moi, je trouve que le monde agricole doit parler de tout en agriculture, des sujets qui fâchent comme des sujets qui ne fâchent pas, parce qu'un des problèmes de communication du monde agricole, c'est qu'on est constamment en défensif. C'est-à-dire que le monde agricole ne communique sur ses pratiques que quand il est agressé sur les pratiques en question. Et du coup, je trouve que ça sort un peu de l'aspect RH, mais qu'il faut communiquer, être authentique. Pour moi, c'est de parler de tout, y compris des sujets qui fâchent, et de dire voilà pourquoi on a telle pratique, voilà pourquoi on les a faites jusque-là. Voilà pourquoi on va les garder parfois aussi. Et si on n'est plus à l'aise de les garder, ça veut dire qu'il faut changer parce qu'on n'est pas à l'aise d'en parler. Ça veut dire quand même qu'il y a un sujet de fond sur le terrain et que c'était une pratique qui a eu lieu un temps et qu'on a le droit de se réinventer et d'améliorer les choses et de trouver d'autres moments. Et ça, c'est vrai que des fois, c'est plus difficile pour une entreprise, notamment dans le secteur agricole, où il y a une méconnaissance du grand public. On s'est énormément éloigné des réalités du terrain. Par exemple, la sensibilité animale, forcément, moi je viens d'une famille d'agriculteurs, j'ai vu 50 fois le cochon tué à la ferme, je vous épargne les détails mais c'est un peu sanglant, j'ai pas du tout la même sensibilité animale que quelqu'un qui a grandi en ville avec des parents citadins. Et du coup, on part de très loin maintenant pour expliquer par exemple le rapport aux animaux, etc. Et du coup, pour les entreprises, parfois ça peut être difficile de communiquer là-dessus, de prendre la parole là-dessus. mais je crois que malheureusement ça revient toujours en boomerang derrière un moment ou un autre donc les choses bougent quand même, les grandes entreprises essayent de mieux montrer les réalités de terrain du monde agricole mais c'est pas toujours facile et c'est pour ça qu'à la télé on se retrouve souvent avec le producteur avec sa petite cagette de légumes tu vois et ses trois poules où la dernière fois je voyais un éleveur qui faisait écouter de la musique à ses vaches, franchement ces pubs là j'en peux plus parce que ça montre une image biaisée du monde agricole et on peut pas en vouloir au grand public qu'après de... de tomber de haut quand il découvre vraiment comment ça se passe si pendant 15 ans, 20 ans, on lui a montré l'image à la ferme que lui, il avait envie de voir, mais qui ne correspond pas à la réalité du métier d'agriculteur.
- Speaker #0
Et du coup, en plus, là, ce que tu dis, c'est juste. C'est-à-dire que si les entreprises, déjà, elles ont du mal à communiquer d'une manière, on va dire, vers le grand public en tant que telle, c'est déjà un premier pas vers une non-communication, une communication moins authentique, justement, vers leur recrutement, vers leur candidat, vers leur collaborateur. et même du coup ça va être en... Là, tu vois, quand tu le dis, ça va être une dichotomie totale. C'est-à-dire que ton collab, il va voir la manière dont tu communiques, alors qu'il va se dire, mais ce n'est pas du tout ce que je veux au quotidien.
- Speaker #1
Oui, clairement. Et puis après aussi, le collaborateur aussi peut tomber de haut s'il rejoint une entreprise du monde agricole et qu'il s'aperçoit qu'il y a des pratiques qui, lui, personnellement, il ne tolère pas. Pourquoi pas ? Mais en fait, c'est bien qu'il le sache avant. Donc oui, il y a tout un enjeu aussi à rage de bien communiquer et encore plus sur les salariés agricoles qu'on veut recruter dans les exploitations. Parce que là, il faut que c'est lui qui va faire, c'est lui qui va travailler, c'est lui qui va utiliser des phytos, c'est lui des pesticides ou des produits phytosanitaires. Il y a une petite guerre de vocabulaire dessus, je vous laisserai chacun choisir le terme. Mais du coup, il faut qu'il sache qu'il va avoir à faire ça. Et puis surtout qu'il ait compris pourquoi on le fait, comment on le fait, et qu'il s'assure que son patron travaille bien et qu'il utilise la bonne dose au bon moment. Et l'impliquer dans ses décisions aussi pour que ça ait du sens pour lui de le faire.
- Speaker #0
Tu nous dis que c'est l'authenticité qu'il faut voir en premier, qu'il faut bien cerner ses profils. On est complètement d'accord là-dessus. Mais alors, du coup, une fois que tu les as bien cernés et que tu sais ce que tu vas leur mettre comme message, c'était la question que je voulais te poser. En gros, aujourd'hui, on sait très bien, on dit des profils agricoles ou industriels ou autres, ce type de profils qui sont ces fameux cols bleus, qui sont dans le quotidien, qui sont dans l'opérationnel, qui sont dans les usines ou autres, qui ne sont pas digitalisés et donc, du coup, on ne peut pas les toucher. J'ai du mal à croire, et c'est là où je vais demander à avoir ton expérience, j'ai du mal à croire que, soit disant, il y a 93 ou 94% des Français qui sont équipés de smartphones, je crois que Facebook, c'est pareil, il y a 92% ou 90% des Français qui sont sur Facebook. J'ai du mal à croire que ces profils ne soient pas digitalisés.
- Speaker #1
Oui, alors moi, dans le monde agricole, tous les agriculteurs ont un téléphone, ils ont la 4G, ils ont la 5G, ils ont des réseaux sociaux. Et les salariés aussi, même qui viennent de l'étranger. Tu vois, la dernière fois, j'étais sur une... Puisqu'il y a beaucoup de salariés dans les champs du monde agricole qui viennent de l'étranger. Puisque, par exemple, quand on fait des carottes bio, il faut désherber à la main. La terre, elle est basse, c'est dur. Et les Français, on n'est plus hyper motivés pour le faire. Je ne juge pas, parce que c'est vraiment très dur. Et du coup, heureusement qu'on a les étrangers qui viennent faire les saisons chez nous pour qu'on puisse manger à la fin. C'est vraiment... D'ailleurs, je n'ai pas encore fait d'épisode de podcast sur un saisonnier, mais c'est vraiment des acteurs hyper importants du monde agricole. Et la dernière fois, j'étais chez un producteur de fraises et d'asperges, et il y avait la pause. Ils sont tous sur leur portable, les saisonniers. Je veux dire, maintenant, ce n'est pas vrai. Alors par contre, ils ont des réseaux sociaux qui sont sûrement différents, des pratiques qui sont différentes. Ils ne sont peut-être pas sur TikTok, mais plus sur Facebook, par exemple. Ils ne sont sûrement pas sur LinkedIn. Donc il faut bien choisir le réseau social et les sites qui sont utilisés. Mais c'est des gens qui ont Internet comme tout le monde.
- Speaker #0
On est bien d'accord. Ils sont tous digitalisés. Donc, on arrête de se le dire. Donc, le seul truc, c'est que ce qu'il y a de sûr, c'est que potentiellement, c'est des personnes qui, comme ils sont dans l'action au quotidien, ils ne sont pas tous les jours pendant qu'ils bossent en train aussi potentiellement de regarder les offres d'emploi ou d'être ailleurs. Parce que je crois que c'est ça. Il y avait une étude, je ne sais plus, qui montrait que je ne sais plus combien de pourcentages de personnes regardaient des offres d'emploi. à leur travail. Donc là, forcément, quand tu es sur le tracteur, ou quand tu es dans les champs, ou quand tu es à l'usine, tu n'as pas ton portable sur toi pour le faire, mais ils sont complètement digitalisés.
- Speaker #1
L'autre problème qu'il peut y avoir, c'est que, encore une fois, ces zones agricoles, c'est beaucoup d'étrangers, donc il y a la barrière de la langue, et il peut y avoir une méconnaissance par contre de l'écosystème français et des sites vers lesquels s'adresser pour avoir des emplois, des infrastructures, de tout ça. Ça, effectivement, par contre, c'est un autre sujet. Mais par contre, ils ont un téléphone.
- Speaker #0
Ça, sur la partie saisonnière, mais même tous, c'est pareil, ils sont tous sur les réseaux sociaux. Oui, ah non,
- Speaker #1
mais les agriculteurs, pour le coup, ils ont moins besoin de trouver du boulot parce qu'ils en ont assez à la maison. Mais pour le coup, les agriculteurs, la dernière fois, il y a quelqu'un qui me faisait une remarque, il m'a dit « Ah, tu fais une revue papier parce que les agri, ils n'ont pas de téléphone. » Je me suis dit « Mais quoi ? » Je me suis dit « Mais quelle est la vision que les gens ont des agriculteurs ? » Enfin, franchement, il y en a plein qui seraient... ébahis de voir, d'ailleurs quand on en reparlera peut-être, mais je fais des formations où j'amène en immersion à la ferme les collaborateurs, la dernière fois ils m'ont dit je ne pensais pas que le métier d'éleveur c'était aussi compliqué, je croyais que c'était donner à manger à mes bêtes et je rentre, non maintenant les agriculteurs ils sont obligés, c'est des chefs d'entreprise l'écosystème dans lequel ils évoluent est tellement complexe, avec des cours qui varient tout le temps, le réchauffement climatique etc, qu'ils sont obligés pour pérenniser leur exploitation d'avoir une casquette de chef d'entreprise, donc de diversifier leurs activités pour pour ne pas avoir les œufs dans le même panier, de reprendre la main sur les circuits de commercialisation pour ne pas subir les hausses et les baisses de prix de vente en permanence, de produire l'alimentation des bêtes sur l'exploitation pour être moins dépendant, pareil, des cours du blé, du maïs et tout ça. Donc, c'est vraiment des gens qui sont dans ces logiques-là, qui utilisent des nouvelles technologies. Les tracteurs, c'est abusé maintenant, les tracteurs. Tu vois, par exemple, ils font des cartographies de leur sol pour savoir... Quelle est la teneur de leur sol pour qu'après, ils puissent traiter au bon endroit, au bon moment, avec la bonne dose d'engrais, s'il y a besoin dans cette partie-là de la parcelle ou pas. Mais la cartographie des sols, après, ils l'intègrent dans le GPS du tracteur. Et donc après, le tracteur, c'est exactement à chaque parcelle, qu'est-ce qu'il doit mettre où. Enfin, je veux dire, c'est hyper avancé technologiquement maintenant. Donc après, évidemment, ils sont tous plus ou moins friands de technologie et tout ça. Mais en tout cas, ils ont un ordinateur, ne serait-ce que pour faire la déclaration PAC, ils ont un ordinateur et ils ont un téléphone.
- Speaker #0
Et du coup, selon toi, comment ça fait qu'on n'arrive pas à les toucher justement sur les canaux classiques ? Parce qu'au final, et pour en avoir fait un paquet, c'est très compliqué de toucher ce type de population sur des sites d'emploi. Très peu, tu vois, il y en a très peu. Or, sur LinkedIn, je ne t'en parle pas, ça commence un petit peu à venir, mais ils sont quand même très peu. Et même sur des campagnes de communication type, parce qu'aujourd'hui, tu sais, on peut faire des campagnes qu'on appelle des campagnes programmatiques. C'est-à-dire qu'en gros, tu balances du contenu à des cibles qui sont censées réagir en fonction de la réaction des cibles. Tu vas optimiser ton budget sur un espace ou un autre, principalement sur les réseaux sociaux. Mais même ces campagnes-là, alors, il y en a qui marchent, qui fonctionnent, mais il n'y a pas les mêmes résultats et il n'y a pas le même retour que tu peux avoir sur des profils classiques. Comment tu peux l'expliquer, ça ?
- Speaker #1
En fait, c'est que je crois que ça arrive trop tard. Recruter dans le monde agricole, il faut que ça se fasse au collège. Et en fait, au collège, personne ne parle d'agriculture. Mon conjoint est prof en collège, donc on en parle assez régulièrement. Mais personne ne parle d'agriculture à aucun moment. Quand on a des cours de nutrition, etc., mais on ne sait jamais comment est produite notre alimentation, premier problème. Deuxième problème, les lycées agricoles, c'est vu comme une voie de garage. En fait, au moment de l'orientation, personne ne parle des lycées agricoles. Et pourtant, je te jure, pour bosser avec les lycées agricoles des Landes, notamment, Mais c'est incroyable la qualité de l'enseignement. C'est des petits établissements avec des petites classes. Il y a toujours une exploitation qui est collée au lycée agricole. Pour des gamins qui ne se retrouvent pas dans le système classique, ça peut être vraiment des voies. Et puis après, tu vois, maintenant, les lycées agricoles, déjà, tu en as qui ont les bacs généraux. Et après, tu peux aller en BTS. Puis tu as une tonne de débouchés sur l'environnement, l'eau, la forêt, par exemple, dans les Landes, disons, le machinisme, l'élevage. à... tout un panel de voies derrière. Tu peux aller jusqu'au BTS, la licence pro, et après, tu peux même intégrer les écoles d'ingénieurs agronomes derrière. Et il y a quasiment 100% d'embauches derrière les lycées agricoles. Parce qu'en fait, ils ont beaucoup de mal à recruter les lycées agricoles aujourd'hui. Et pour moi, c'est là que ça se joue, en fait. L'armée fait ça très bien. L'armée, les gamins de 5e, ils les amènent tous, là, ici, à Bordeaux, ils les amènent tous sur la base. Ils leur font des petits ateliers jeux, etc. pour que les élèves découvrent l'ensemble des métiers de l'armée. En fait, c'est ça qu'il faut faire. C'est que les gamins en 5e, il faut les amener dans le lycée agricole à Blanquefort, par exemple, ici autour de Bordeaux. Les amener là, qu'ils fassent des jeux, qu'ils aillent pailler les vaches, qu'ils leur donnent à manger. Là, il va y en avoir des vocations, je vous le dis, de mettre les enfants au contact des animaux, de la nature, de montrer intellectuellement comment c'est intéressant aussi. Et pour moi... La com sur le monde agricole, à ce moment-là, après, c'est trop tard parce que si, tu en auras toujours des déterminés qui veulent se reconvertir dans le monde agricole. Mais c'est quoi ? C'est une niche. C'est une niche. Et du coup, c'est difficile de recruter dans ce secteur-là. Pourtant, quand on intègre le monde agricole, après, généralement, on ne le quitte plus jamais. C'est un secteur qui est vraiment convivial. Il y a toujours quelqu'un pour nous aider. C'est hyper intéressant. mais voilà, par cette niche qui veut se reconvertir. Et des fois, il y a une vision idéalisée du métier, en plus, qui ne survit pas toujours à l'installation agricole. La com, elle arrive trop tard pour moi.
- Speaker #0
Mais là, tu parles du métier qui a un peu vocation, mais il y a des métiers qui sont moins vocation. Parce que dans le monde agricole, tu as aussi toute la partie industrie agroalimentaire, qui est aussi plus compliquée. C'est difficile d'aller voir des gamins et de leur parler de vocation. Là, c'est plutôt des métiers qui sont alimentaires. Donc, la première question, c'est... Au final, ces personnes-là... Je vais te poser la double question, parce que c'était la question qui suivait aussi. C'était, comment tu fais pour attirer ce type de personnes ? Comment tu fais déjà pour les toucher dans un premier temps ? Parce que c'est aussi le même problème en termes, pas de digitalisation, mais on va dire d'intérêt, d'aspect et compagnie. Et puis, comment tu fais pour attirer ces personnes quand on parle d'un job alimentaire ? Parce que là, ça va être vraiment des jobs alimentaires. Autant l'ouvrier, enfin, pas l'ouvrier agricole, mais autant l'agriculteur, ça va être un job, comme tu dis, vocation, ça va être un truc qui va être par rapport à... Il y en a plein en plus, comme tu dis, machinistes, des jobs dans l'eau, tout un tas de choses. Mais ça va être un truc qui va avoir un peu de sens. Autant les ouvriers ou même les saisonniers, tu as certains saisonniers, c'est quand même alimentaire, soyons bêtes. Il y a des jobs de saisonniers, il n'y a pas trop de sens dans le job en tant que tel. Les ouvriers dans les usines agro, c'est pareil. Comment tu fais pour attirer ces personnes-là alors que finalement, le job, il n'est pas dingue. Tu me disais tout à l'heure, toi, tu as vu les cochons qui se sont fait préparer des toutes petites. Mais quand tu fais ça toute la journée, c'est pas la même chose.
- Speaker #1
Visiter des abattoirs, c'est sûr que c'est vraiment pas la même. Mais là, pour moi, l'enjeu de communication, il est plutôt en local. Parce qu'en fait, t'as plein de gens qui veulent pas quitter l'endroit où ils sont nés. Je viens des Landes, donc je suis bien placée pour savoir. Je fais partie à peu près des seules expatriées de mon entourage. Et du coup, le vrai atout, c'est de proposer un métier là où on est né. Et déjà, c'est pas rien. Donc pour moi, la com, elle doit se faire en local. Et après, du coup, t'as un gros enjeu de réputation. de ton entreprise et de ta marque employeur pour le coup. C'est-à-dire que quand les gens travaillent dans cette usine, dans cette entreprise-là, qu'ils en soient contents et qu'ils le disent à leur entourage et que ça se sache. Et là, c'est tout le travail de fidélisation, de conditions de travail, de paye, parce que ça passe aussi là-dessus, même si ce n'est pas le premier critère. Mais déjà, d'avoir un environnement où il y a une bonne ambiance, où par exemple, le travail est chiant, mais on tourne toutes les deux heures d'un atelier à l'autre et on ne fait pas toute la journée la même chose. Et pour moi, là, c'est plus la réputation à travailler en local. Alors évidemment, le digital vient en complément, mais le gros atout de ces entreprises-là, c'est qu'elles sont installées sur le territoire. Et c'est dur de trouver du travail sur les territoires. En plus, il y a de moins en moins d'outils industriels. Les abattoirs, par exemple, sont très fragilisés. C'est un gros souci pour les filières agricoles, parce que s'il n'y a plus d'abattoirs, il n'y a plus d'élevage. Mais elles ont quand même cet atout d'être en local. Donc ça, à mon avis, il faut capitaliser là-dessus.
- Speaker #0
Pour toi, l'enjeu en termes de communication, c'est de se dire, je vais arrêter de m'éparpiller, d'essayer d'aller trouver à droite à gauche, je vais essayer de resserrer sur mon bassin local, parce que c'est lui qui est intéressant pour moi, c'est lui qui va avoir un intérêt, puisque le job n'est pas dingue en soi, mais par contre, les gens ne veulent pas forcément partir. C'est-à-dire que l'attrait du côté, je ne bosse pas loin de chez moi, c'est quand même le premier attrait. Pour toi, il faut changer le modèle de communication au final.
- Speaker #1
Je ne sais pas comment c'est fait, mais pour moi, si j'étais directrice d'usine, c'est ça que je ferais. J'essaierais de recruter en local et faire en sorte que mon usine ait une bonne réputation. Ou tu vois, par exemple, ça pourrait être un système un peu de porte ouverte. Alors, ce n'est pas toujours possible à cause des biosécurités, donc j'envoie l'idée comme ça, c'est facile quand on n'y est pas. Mais tu vois, de proposer aux salariés d'amener deux copains une journée qui bossent avec lui pour découvrir l'intérieur de l'usine, par exemple. Et de capitaliser un peu sur le bouche à oreille, même si évidemment, il ne faut pas que ça. Mais à mon sens, c'est quelque chose d'important.
- Speaker #0
Et donc tu le disais à juste titre, et puis c'était la suite de ce que je voulais te demander. En gros, ce qui va faire la DIF, ça va être vraiment les conditions RH. Donc si jamais on veut attirer, est-ce que ce n'est pas au départ le changement et le modèle RH qui doit bouger et qui doit être vraiment travaillé ? Et puis je vais te poser une autre question en même temps, qui est de te dire, toi qui connais un peu ces milieux-là, toi qui travailles toute la journée, qui es avec eux au quotidien, qu'est-ce qu'ils attendent ? Qu'est-ce que ces profils-là attendent ? Parce qu'en fait, on parle toujours de sens, de beauté, de culetté, de flonflon et tout. Mais qu'est-ce qu'ils attendent ?
- Speaker #1
En fait, ce truc qui a du sens, moi, des fois, ça m'agace un peu. Par exemple, moi, la clé des champs, quand je fais les soirées bordelaises, on me dit « Ah, c'est super, tu fais un truc qui a du sens ! » Oui, j'ai aussi besoin de gagner ma vie. Des fois, c'est dur, des fois, c'est pas marrant. Oui, c'est très bien. C'est sûr, je viens d'une famille d'agriculteurs, je travaille dans le monde agricole, c'est génial. Mais le sens, c'est important. Merci. Mais pour moi, ça ne fait pas non plus tout. Et je ne suis pas sûre que tout le monde soit... En fait, cette recherche de sens complexifie énormément intellectuellement la recherche du travail. Parce que, tu vois, moi, quand je suis sortie des études, j'ai commencé chez Total. J'étais responsable marketing de fuelmarket.fr.
- Speaker #0
Ce n'est pas la même chose.
- Speaker #1
Mais dans ma tête, c'était simple. J'ai fait une prépa, j'ai fait une école de commerce. Mes parents se sont enseignés. Je n'ai pas le choix, il faut que je travaille. Donc en fait, j'allais peut-être me prendre en CDI. Ben génial, un grand groupe, sécurité de l'emploi. Je ne me suis pas posée une seconde de la question. Alors j'aurais dû peut-être, je ne dis pas que... Mais n'empêche qu'intellectuellement, c'est peut-être bête, mais ça rendait les choses plus simples, tu vois. Et je ne suis pas sûre que ces profils-là... Pardon, mais c'est un peu un truc d'un télo, cette recherche de sens, tu vois. Je ne suis pas sûre que ces profils-là, qu'ils en soient, se posent ces questions-là. Ils ont besoin de bosser, en fait. Il faut bosser pour payer la bouffe, les fins de mois, le loyer, le truc. Donc, je crois que ce qu'ils attendent, c'est une paye. Et après, de bien s'entendre avec ses collègues, d'être responsabilisés, de voir qu'on compte sur eux. Même si je sais que j'idéalise pas, parce que j'ai une copine qui est directrice d'usine en agroalimentaire, c'est vraiment galère. Elle a souvent des arrêts de travail, etc. Je sais que d'un point de vue employeur, c'est dur, mais je crois que c'est aussi ça qu'ils attendent. La dernière fois, j'étais sur une autre exploitation, il y avait une fille, la Marissa, elle était arrivée, pareil, c'était en maraîchage, elle était arrivée il y a 20 ans en tant que saisonnière, maintenant, elle est chef d'équipe, elle manage 20 personnes. Et parce qu'il a trouvé la bonne, il s'est appuyé dessus. Et voilà. Mais je pense que du coup, il recherche un peu comme tout le monde, des bonnes conditions de travail, un bon compromis, en fait. Mais pas le truc idéal. Je ne crois pas que la recherche de sens, en tout cas, ça soit quelque chose qui les travaille. Je pense qu'il soit un peu comme moi. Genre, il faut bosser, viser tout, quoi.
- Speaker #0
Non, mais je suis complètement d'accord avec toi. Parce qu'en plus, nous, on fait souvent des immersions à droite, à gauche, et notamment dans les usines. Et on voit que, notamment sur deux derniers qu'on a faits, que ce qui plaît aux gens. Alors, bien évidemment, le salaire. De base, il faut bien comprendre que tu travailles pour payer ton loyer, donc à un moment donné, il faut y aller. Ça, c'est la première des choses. Et la deuxième chose, c'était que les gens disaient que en gros, ils étaient dans une entreprise où ils se sentaient solidaires entre eux. Donc, même quand il y avait des petites galères ou des trucs comme ça, ils étaient contents d'être au quotidien avec leur équipe. Et ça, je pense que ça passe par rapport à ce que tu as dit, ça passe par déjà un bon management, une forme de management qui est bienveillante et qui fait en sorte de... fidéliser les équipes, mais déjà à l'intérieur d'elles. Et puis oui, ce côté communauté, ce côté solidarité, qui est hyper important. Et c'est vrai que si tu as ces deux aspects-là, déjà, c'est quelque chose qui est intéressant.
- Speaker #1
Oui. Tu vois, j'ai fait un stage chez Delpera que je salue. Du coup, des fois, quand on faisait des bêtises sur les étiquettes au marketing, on devait aller coller les étiquettes dans l'usine nous-mêmes pour coller l'étiquette par-dessus le code barre quand on s'était trompé de code barre. Ben oui, là, ce qui compte quand tu vas coller des étiquettes, c'est que les mecs à côté de toi, ils soient sympas et que, bon, évidemment, quand c'est le moment de bosser, tu bosses, mais que tu puisses te marrer un peu, tu vois, parce que sinon, vraiment, ça peut être long. Donc oui, je crois qu'il y a tout un enjeu de bonne ambiance dans les usines qui, encore une fois, n'est pas toujours évidente pour un manager parce que c'est des milieux durs. C'est parfois des profils durs parce que, ben voilà, la vie a fait, les a forgés, etc. Donc, pas toujours évident de tout concilier. Mais je pense que c'est un enjeu hyper important pour fidéliser les salariés. Et qu'après, ils rentrent et disent « Ah ouais, je suis à l'usine, mais on se marre, quoi. Je suis contente de mon job, j'y suis bien, j'y reste. » Et aussi, je me sens reconnaissante de mon usine parce qu'elle m'a fait progresser, elle me fait monter en compétence. Ça peut passer par des formations, peut-être pour les bons éléments. Voilà, ça me semble important, ça.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Aussi, ouvrir le champ des possibles. dire j'ai créé, enfin on a créé des parcours de carrière qui sont là, ce ne sera pas pour tout le monde non plus, parce que l'entonnoir est inversé. Clairement, tu as une sorte de pyramide qui monte, il n'y en a pas beaucoup qui peuvent y aller, mais en fonction, proposer des choses, proposer des choses pour évoluer, je pense que c'est le bon parti, le bon chemin à prendre. Mais ça revient à ce qu'on disait au départ, c'est-à-dire que quand tu communiques, tu ne communiques pas de la même manière. Et tu dois communiquer sur la réalité du terrain, être authentique, montrer ce qu'il en est. Et puis surtout communiquer sur les avantages purs qu'il y a. Donc ce n'est pas la quête de sens, ça va être le bon salaire, les bons horaires, le travail d'équipe et même limite quand tu communiques, du coup peut-être se dire je vais faire parler les collaborateurs pour dire ce qu'ils vivent eux réellement. Et pas uniquement sur un site ou quoi, mais déjà dans les annonces, je pense que c'est intéressant. Et puis communiquer sur d'autres espaces. Je pense que l'idée que tu as eue au départ, que je trouve plutôt hyper intéressante, de dire tiens on va demander à telle ou telle personne de ramener... deux personnes qui connaissent, qui peuvent être intéressées par ce job-là, tu vois, je pense que c'est intéressant. Vraiment faire en sorte de capitaliser sur l'énergie humaine collective qu'il y a, je pense que c'est ça qui peut être intéressant.
- Speaker #1
Oui, oui, clairement. Totalement, j'aurais pas dit mieux.
- Speaker #0
Trop cool, merci beaucoup. Déjà, c'est très bien parce qu'on a un peu dégrossi le sujet, enfin, on a dégrossi le sujet, donc ça, c'est très bien d'avoir ton avis dessus, parce que c'est des choses qu'on se pose, et on a souvent tendance à partir, comme tu le dis, vers le sens, vers le truc, et on part dans des flonflons, dans des trucs... Non. revenons à l'essentiel disons nous que les gens sont digitalisés déjà, qu'ils sont pas avec leurs feuilles de papier ils sont pas avec leurs signaux de fumée ils ont leur téléphone, ils sont sur les réseaux sociaux et tout, c'est juste que peut-être si on les touche pas, le message est pas forcément le bon,
- Speaker #1
ou les canaux d'utilisation qui pourraient être plus humains sont pas forcément les bons tu vois une pub Facebook est très fort là-dessus pour faire du local du sponsoring en local le... Faire une pub avec de l'humain dedans, les authentiques, réalité du métier, et la diffuser uniquement autour de 30-50 km autour de l'usine, par exemple, ça ne coûte pas cher. Ça ne changera pas tout, ça ne fera pas 35 000 demandes en 30 d'un coup. Mais n'empêche que les gens verront passer l'usine, les gens connaissent les usines. Chez moi, Maïsadour, Delpera, j'habite à 400 mètres en plus de là, mais tout le monde connaît. Et du coup, de rappeler qu'on est là, qu'on a des emplois sur le territoire, regarder en plus que c'est plutôt bien payé ou alors qu'il y a une bonne ambiance, etc. Ça peut être des éléments importants, je pense, pour le recrutement.
- Speaker #0
Si jamais je te pose une dernière question, tu le vois comment le monde de l'emploi, des RH, du monde agricole, là on focus sur le monde agricole et même agroalimentaire, dans 5 ou 10 ans ?
- Speaker #1
Hum...
- Speaker #0
Alors, je pense qu'on va avoir une petite période difficile parce qu'on est un peu dans le mur. Là, il y a la moitié des agriculteurs qui vont partir à la retraite dans les 4-5 prochaines années.
- Speaker #1
Et il n'y a personne pour les remplacer.
- Speaker #0
Et oui, il y a un agriculteur sur deux qui est remplacé pour l'instant. Donc déjà, pour te donner une stat, à la fin des années 70, il y avait 1,6 million d'agriculteurs. Ils ne sont plus que 480 000. Donc, il y a vraiment une chute drastique. On va continuer à diminuer. Et en fait, ça devient compliqué parce que les agriculteurs font vivre beaucoup de monde autour d'eux. Les industries agroalimentaires, évidemment, les coopératives, il y a aussi les interpros, les syndicats, les chambres d'agriculture. Il y a vraiment tout un écosystème autour parce que le monde agricole est à la qualité d'être, et parfois le défaut, d'être très organisé. Mais je crois que là, on va connaître une période un peu dure parce que mécaniquement, si ton socle n'est plus là... les emplois autour ça risque d'être un peu compliqué alors on peut toujours s'approvisionner à l'étranger tant qu'il n'y a pas de crise politique majeure ou crise sanitaire comme on a connu pour le Covid mais tu vois là je bosse avec des distributeurs qui sont en train de retravailler leur approvisionnement français leur relation avec les agris pour anticiper que si un jour une crise tombe qu'ils soient un peu les premiers à être approvisionnés et puis le made in France dans les rayons maintenant il y a un peu une guerre entre distributeurs pour se faire approvisionner là-dedans, parce qu'il faut toujours une gamme. Donc là, je pense qu'on va passer quelques années un peu difficiles. Maintenant, on aura toujours besoin de manger. Je pense que le métier d'agriculteur se relancera, parce qu'à un moment, ça va être des stars. C'est ce que j'allais dire.
- Speaker #1
Vu ce que tu dis, au final, il faut qu'on se mette dans l'agriculture.
- Speaker #0
Ah oui, mais ça, c'est sûr que une des solutions pour régler la problématique, on pourrait en faire un podcast entier, mais de consulter production et environnement, Je crois qu'il faudrait qu'en moyenne, ça soit autour de 20% de la population qui soit agriculteur. Aujourd'hui, c'est 1,5% qu'on a. Il y a 1,5% des gens en France qui travaillent pour nourrir tout le monde. C'est quand même sacrément inquiétant. Et en fait, il faudrait plus d'agriculteurs. Le truc, c'est que tu l'as dit, parfois, c'est à mauvaise presse. Il y a eu beaucoup d'agribashing. Il y a beaucoup de discours, moi, qui me fait un peu vriller des fois, mais d'agriculteurs pollueurs, alors que les gens ne savent même pas de... de quoi ils parlent. Donc tout ça, on entend souvent le métier d'agriculteur, on entend parler quand il y a des crises et que ça va mal. Donc on retient que le métier d'agriculteur, c'est mal payé, etc. Donc c'est sûr que ça n'aide pas. Mais oui, c'est sûr que tous les gens qui ont des belles idées, on a besoin d'eux dans les champs. Mais donc ça se relancera. Mais je trouve juste triste qu'on ait laissé la filière élevage et tout ça, par exemple, relancer des troupeaux, ça va nous coûter une fortune. Il y a des gens qui n'auront pas transmis les exploitations, ça leur déchire le cœur de voir les vaches partir dans les camions et que la ferme soit vide. Et en fait, on aura tout laissé péricliter pour faire des efforts colossaux économiques et humains pour tout relancer. J'ai confiance en notre pays. Quand on sera dans le mur, on va être pragmatique et on va se relancer. Mais c'est dommage qu'on ait manqué de pragmatisme. Ça aurait évité qu'on traverse un petit passage un peu difficile économiquement et humainement pour beaucoup de monde.
- Speaker #1
Pourtant, on va vivre une chute.
- Speaker #0
Et une relance.
- Speaker #1
Et une relance. Oui,
- Speaker #0
parce que je suis toujours optimiste.
- Speaker #1
Donc, dans 10 ans, on aura passé ce mur ?
- Speaker #0
Oui, oui, j'espère. J'espère. 10, 15 ans, peut-être. Parce que relancer des filières, relancer des agriculteurs, les réinstaller, c'est long. C'est long, mais oui. Après, ce qui peut accélérer, c'est une nouvelle crise majeure que je ne souhaite pas. Parce que ça, on a besoin de manger. En fait, les politiques ont vite oublié que pendant le Covid, on avait quand même bien stressé. Je rappelle qu'il y avait des... des réunions dans les ministères pour s'assurer, avec l'industrie agroalimentaire, pour s'assurer que les camions allaient bien arriver en France pour donner à manger à la population. Ça, on l'a très vite oublié, je trouve. Et j'espère qu'on ne sera pas rappelés à l'ordre. Mais oui, de toute façon, il y a besoin de manger. On a une agriculture qui est excellente d'un point de vue environnement. On sait produire aussi. Il faut juste laisser aux agriculteurs un peu plus de latitude pour que... Je disais, 1,5% de la population pour nourrir tout le monde, il faut envoyer du volume à un moment. Il n'y a pas de secret. Il faut trouver le bon compromis entre production et environnement. Mais ce que les agriculteurs savent très bien faire. Maintenant, quand je vais chez les jeunes agriculteurs installés, je te jure, c'est des machines de guerre au niveau agronomique. Ils t'expliquent les trucs, tu ne comprends rien. C'est un métier à part entière. C'est une science, c'est un savoir-faire, c'est un feeling d'une parcelle à l'autre, d'une exploitation à l'autre. Ce n'est pas les mêmes... solutions qu'il faut appliquer pour trouver ce compromis entre production et environnement. Donc, il faut qu'on fasse confiance à nos agriculteurs. Ils travaillent bien et il faut qu'on leur laisse la latitude de trouver ce compromis-là.
- Speaker #1
Un métier qui a l'air ultra stimulant.
- Speaker #0
Oui, ultra stimulant et après parfois prenant et parfois trop prenant. Parce qu'en fait, diversifier par exemple. Mais tu vois, par exemple, les éleveurs bovins dans les Landes, ils font beaucoup de poules pondeuses maintenant à côté. Et parce qu'en fait, avec une vache, il faut trois ans pour avoir un revenu. Les poulpes en deux, ça tombe toutes les semaines. Donc pour la trésorerie de l'exploitation, c'est mieux. Et c'est des ateliers qui ne sont pas trop chronophages en termes de temps. Donc c'est assez complémentaire entre les deux. Mais sauf que la complexité du métier, ça te rajoute une change mentale. Donc il faut être éleveur de volailles, éleveur de bovins. Il faut être très bon agronome parce que les cultures, maintenant, il faut produire l'alimentation animale sur l'exploitation si tu ne veux pas tout subir. Avec un peu de chance, il faut mettre un peu de solaire sur les hangars aussi pour avoir un revenu solaire pour complément de revenu ou en autoconsommation. Mais du coup, ça te rajoute 36 casquettes et mentalement, pour le coup, oui, c'est vraiment très prenant.
- Speaker #1
On va quand même rester sur la note d'optimisme.
- Speaker #0
Oui. Tu vois, dans 10 ou 15 ans,
- Speaker #1
tu auras un optimisme qui est là.
- Speaker #0
Oui, évidemment, puisqu'on aura toujours besoin de manger, on aura toujours besoin d'agriculteurs. Moi, je suis persuadée que ça va être des stars. Je leur dis souvent, je dis, mais vous allez être des stars dans quelques années. Moi, j'ai un copain agriculteur, tu vois, ce sera vraiment l'espèce rare qu'on voit de disparition pendant un certain temps. Et puis après, il faudra qu'on mange. Donc, je pense qu'il y aura des plans de relance pour installer des agriculteurs. Et tout ça va revenir. De toute façon, c'est un éternel recommencement. On a besoin des agris. Donc forcément, c'est un des secteurs les plus sûrs. Il y aura toujours besoin de manger. Donc là-dessus, il y a de l'avenir.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Louise. C'était trop cool. Avec plaisir.
- Speaker #0
Merci à toi pour l'invitation. C'était chouette.
- Speaker #1
Non, franchement, c'était trop cool. On a pu déceler un petit peu aussi les non-dits parce qu'on a souvent justement cette perception du recrutement qui est classique. Et là, on a pu un petit peu aller dans le fond du sujet. Donc j'ai trouvé ça très cool. merci beaucoup et merci pour la passion que tu donnes je trouve ça juste génial j'espère que j'ai pas parlé, je sais que j'ai parlé trop vite donc je m'en excuse et je vous invite tous et tous à aller suivre son podcast La Clé des Champs qui est juste génial pour pouvoir découvrir aussi l'envers du décor du monde agricole merci Louise merci à toi et à très bientôt je vous dis à très vite pour un nouvel épisode Félicitations ! vous avez encore écouté un épisode du Barbu jusqu'au bout le Barbu vous donne des clés pour décortiquer le monde du RH d'aujourd'hui et de demain C'est gratuit et surtout, c'est fait avec le cœur. Le meilleur moyen de nous aider ? Vous avez juste à mettre un avis 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. Je compte sur vous et à très vite !