Speaker #0T'as pas le temps de t'arrêter, t'as trop de trucs à gérer, la journée est chargée, t'as la to-do liste longue comme le bras, et si toi tu t'arrêtes, eh bien tout s'effondre. Alors tu continues, tu accélères même, et tu te demandes des fois pourquoi t'es aussi fatigué sans jamais vraiment chercher la réponse. Dans cet épisode, je vais te raconter ce qui se passe vraiment quand on roule à 200 km à l'heure, et pourquoi le crash, lui, il prévient pas avant d'arriver. Azoul Azoul, bienvenue au Café des Burnies, le podcast qui prend soin des nanas en burn-out. Je m'appelle Sarah, ancienne infirmière, aujourd'hui dealeuse de peps pour nanas épuisées. Je vais te parler de dévalorisation, de fatigue, de stress, d'harcèlement, mais aussi de résilience, de confiance en soi, de bien-être, de reconversion sans filtre, sans jugement et sans culpabilisation. Alors, pour sortir de ton mal-être et être enfin épanoui, réserve ton appel au fer pour qu'on puisse faire le point ensemble. Tu trouveras le lien dans le descriptif. Maintenant, détends les épaules, cohérence cardiaque et profite pleinement de cet épisode. Alors aujourd'hui, on va parler de quelque chose dont personne ne veut entendre parler. On parle de cette course folle à laquelle tu n'es jamais inscrite, tu dis « je n'ai jamais signé pour ça » , cette course qui s'appelle l'épuisement professionnel. Et plus précisément, ce moment juste avant le crash. Quand tu roules encore à 200 km à l'heure, que tu vois rien venir, et que ton corps, lui, il commence déjà à freiner, mais toi tu t'en rends pas compte. Alors laisse-moi te décrire une journée. Peut-être que c'est la tienne, peut-être que c'est celle d'hier. Il est 6h30 du matin, le réveil sonne, ta première pensée c'est... Vraiment ta toute première pensée du matin c'est... Déjà ! Ah purée, je viens de fermer les yeux, le réveil sonne déjà, ou si ça se trouve tu t'es réveillé 15 000 fois, tu viens tout juste de t'endormir parce que insomnie, et donc tu te dis mais quand est-ce que je vais pouvoir me reposer ? Tu te lèves quand même, parce que t'as pas le choix, parce que les enfants, parce que le boulot, parce que les mails, les réunions, les courses, les rendez-vous, voilà, tu enfiles ton armure, le fond de teint, le sourire de façade, le ça va très bien et toi qui est automatique au final, et puis tu pars au combat. Et dans la journée, t'es là, présent en apparence, mais intérieurement, t'es sur pilote automatique. Tu fais les gestes sans vraiment les sentir, tu réponds aux questions sans vraiment écouter ni ressentir, tu gères, tu gères, tu gères, et puis à 22h, quand tout le monde dort enfin, t'as même plus la force de faire ce qui te plaît. Voilà. Du coup, tu scrolles. C'est ce qu'on a de plus facile, puis après tout, ça donne quand même de la dopamine. Et puis demain, on recommence. Est-ce que t'as l'impression que c'est une vie épanouissante ? Ou est-ce que quelque part, tout au fond, tu sais qu'il y a un truc qui ne va pas, mais tu n'as pas encore osé le nommer ? Parce que nommer, eh bien, ça fait peur. Ça voudrait dire qu'il faut s'arrêter, qu'il faut changer, qu'il faut évoluer, qu'il faut peut-être se faire violence, qu'il faut peut-être sacrifier des trucs, et surtout qu'il faut patienter. Et toi, tu comprends, tu n'as pas le temps. Donc je vais te donner quelques chiffres, pas pour t'effrayer, mais pour te montrer que tu n'es pas seule. Et surtout, que ce n'est pas dans ta tête. Sache qu'un travailleur sur trois sera touché par le burn-out à un moment donné de sa vie. Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes, et je ne te parle pas de sensibilité ou de fragilité, je te parle de charge mentale, de double journée, d'injonction contradictoire, genre soit performante au boulot, soit présente à la maison, prends soin de toi, parce qu'il faut sourire, il faut être belle, tout ça, il faut tenir le coup, mais en même temps, il ne faut pas demander de l'aide, parce que tu comprends, c'est fragile, et surtout En moyenne, une femme attend 18 mois, quand même 18 mois, avant de consulter ou demander de l'aide. Parce qu'elle se dit que c'est pas sager, que ça va aller, qu'elle exagère. Alors, quand j'étais encore infirmière, je n'osais, enfin, je ne savais pas déjà ce que c'était un burn-out. J'allais au boulot malade, parce que pour... poser un arrêt maladie, il faut être au bout de sa vie. J'ai vu des collègues faire pareil, donc c'est des collègues qui s'effondrent, des femmes solides, comme des rocs, il n'y a pas des débosseuses incroyables, et on les voyait dépérir petit à petit. On voyait les signaux, parce que c'est plus facile de voir les signaux chez l'autre que chez soi, mais même en les voyant, en fait, on ne les nommait pas. Et on ne disait pas grand-chose, si ce n'est « Ouais, voilà, prends soin de toi » . Prends quelques jours, mais parce que c'était un peu la normalité au final, que toutes les infirmières se plaignent de la charge de travail, de la maison, des enfants, de la paix qui n'est pas assez, des jours qui ne sont pas assez. La hiérarchie qui n'est pas assez, finalement on rentre dans cette normalisation de l'épuisement professionnel et ça n'aide pas du tout. Alors voilà ce qu'on va faire ensemble aujourd'hui. Je vais te parler de cette métaphore de la voiture à 200 km heure, parce que c'est exactement ce qui se passe dans ton corps et dans ta tête. Je vais te montrer les trois signaux d'alerte que tu ignores probablement depuis des semaines. Et à la fin de cet épisode, tu vas repartir avec quelque chose de concret. Un premier outil pour savoir exactement où tu en es. Parce que tu en as marre de te sentir à bout. Et moi j'en ai marre aussi, alors on y va. Donc la voiture à 200 km heure, imagine une belle voiture, moderne, performante. Elle roule, elle roule vite, elle gère les virages, les montées, les embouteillages. Elle est faite pour ça. Mais qu'est-ce qui se passe si cette voiture qui roule à 200 km heure, sans jamais s'arrêter à la station service, sans jamais changer de pneu, Sans jamais regarder le tableau de bord, qu'est-ce qui va se passer ? Au début, rien. Elle roule, elle performe. T'es même fière d'elle. Et puis, il y a un petit voyant qui s'allume. Discret, presque invisible. Le voyant huile ou le voyant batterie. Tu le vois, tu te dis, attends, j'ai pas le temps de m'en occuper. Donc, tu accélères plutôt. D'autres voyants s'allument. Le truc, ça devient un sapin de Noël. Et un jour, la voiture s'arrête. Toute seule, sur le bord de la route. Et là, tu n'as plus le choix. Eh bien, c'est tout pareil pour toi. Ton corps, c'est cette voiture. Et toi, tu es au volant depuis des mois, peut-être des années, à ignorer tous les voyants, parce que tu es inconsciente. Parce que tu dis que ça va tenir, ça va aller jusqu'à ce que j'arrive à tel endroit, jusqu'à ce que j'atteigne tel objectif, jusqu'à ce que je termine tel truc. Je vais tenir, ça va aller. Et donc, tu ne t'écoutes pas et tu ne répares pas ce qu'il faut réparer au moment où il faut le réparer. Donc, voilà le truc avec les signaux du corps. Ils commencent fort. Et si on les ignore, ils deviennent du bruit de fond. On ne les entend plus. Pourtant, eux, ils sont de plus en plus forts. Mais c'est juste que toi, tu t'adaptes petit à petit et à un moment donné, tu n'entends plus rien. Ça, c'est insidieux. C'est exactement là que le surmenage devient dangereux. D'ailleurs, c'est pourquoi le burn-out est dangereux, parce qu'il est insidieux. Donc, premier signal, c'est vraiment la fatigue qui ne part pas au réveil. Pas la fatigue du vendredi soir après une semaine chargée. Celle-là, un bon week-end et c'est réglé. Non, je parle de la fatigue du lundi matin. du mercredi midi, cette fatigue qui est là constamment, même après 8 heures de sommeil, ton corps te dit j'ai besoin de plus qu'une nuit, j'ai besoin de plus qu'un week-end, j'ai besoin d'une vraie pause. Est-ce que le matin tu te lèves reposé ? Vraiment, pose-toi la question. Est-ce que le matin tu te lèves reposé ? Ou est-ce que tu as l'impression de traîner toujours la même fatigue et en fait de jour en jour, limite la fatigue elle ne fait que s'accumuler alors que toi tu dors ? Moi à l'époque où je l'ai vécu, je me réveillais et ma première sensation c'était franchement t'as pas envie de sortir du lit. T'es là, tout de suite tu te projettes après ton service quand je vais revenir pour faire ma sieste. Donc à un moment donné c'est pas ça la vie. C'est pas de se lever tous les matins en se disant vivement le soir. Ton deuxième signal ça va être les émotions à fleur de peau ou alors vraiment à l'opposé, complètement coupé. Donc là t'as deux cas de figure et les deux sont des signaux d'alarme sérieux. Donc soit t'es du type à pleurer pour un rien, un mail un peu sec de ton chef et t'es en larmes, ou t'es en stress, t'es en panique, ou t'es obligé d'aller aux toilettes pour pleurer, un commentaire de ta belle-mère et tu t'effondres, une pub émotionnelle à la télé et t'as la gorge serrée, n'importe quel commentaire de toute façon, n'importe quelle critique, et bref, t'es d'une fragilité émotionnelle sans nom, c'est ton système nerveux qui t'en surchauffe. Ou alors, c'est vraiment celle qui devient apathique, t'as plus rien. Plus de joie, plus de colère, plus de tristesse, juste du vide, du vide. T'es dans un brouillard émotionnel où même les choses qui te faisaient plaisir avant ne te font plus rien. Et ça aussi, ça veut dire que ton corps, il s'est mis en mode survie. Et le troisième signal, c'est le cynisme ou l'irritabilité chronique. C'est-à-dire que t'as l'impression que tout t'énerve. Ton collègue qui parle fort, la réunion qui aurait pu être un mail. Tes enfants qui font du bruit alors qu'en fait, ils sont juste des enfants, c'est tout. C'est juste que toi, tu es à cran tout le temps. Et donc, tu démarres au quart de tour et absolument tout t'énerve. Ou alors, tu glisses doucement vers le cynisme, le travail qui semble absurde, les efforts inutiles. Voilà, à quoi bon ? Vraiment, tout devient à quoi bon ? À quoi bon, je fais ci ? À quoi bon, je pense à ça ? À quoi bon, je vais regarder l'autre ? À quoi bon, j'appelle machin ? à quoi bon je vais à tel endroit ? Ce cynisme, c'est pas toi qui change de caractère, c'est pas toi qui deviens méchante, aigre ou je sais pas quoi, c'est ton cerveau épuisé qui cherche à se protéger d'un environnement qu'il perçoit comme menaçant. C'est un mécanisme de défense, et c'est un des premiers symptômes cliniques du burn-out. Donc vraiment prends un instant pour réfléchir, est-ce que ce matin, hier matin, en tout cas cette semaine, un de ces signaux s'est manifesté, tu peux... clairement le reconnaître, dira oui, à ce moment-là, j'avais pensé ça. Alors tu vas me dire pourquoi est-ce que je n'ai pas percuté dès les premières fois où les signaux se sont manifestés ? Eh bien, tout simplement parce que le burn-out, il est vicieux. Il ne s'installe pas du jour au lendemain. Il s'installe en douce pendant que tu gères tout à merveille ou du moins pendant que tu as l'air de tout gérer à merveille. Il y a quelque chose qu'on ne dit pas assez. Les femmes les plus touchées par l'épuisement professionnel, ce n'est pas les moins compétentes. C'est souvent les plus investies. Celles qui disent oui parce qu'elles se sentent responsables. Celles qui portent. Et je suis sûre que tu te reconnais. Alors, est-ce que ça te parle ? Le problème, c'est qu'on a appris, depuis toute petite, que tenir bon, c'est une qualité. Que se plaindre, c'est mal vu. Que s'écouter, c'est presque égoïste. Alors quand le corps commence à envoyer des signaux, on minimise. Je suis juste un peu fatiguée. C'est une période difficile, ça va passer. J'ai pas le droit de craquer, il y a des gens qui ont de vrais problèmes. Donc voilà, c'est un piège dans lequel on tombe toutes. en attendant d'avoir touché le fond pour se dire qu'on a un vrai problème. Et à ce moment-là, le chemin pour remonter est beaucoup plus long. Le crash, par contre, ce n'est pas comme le burn-out. Il n'est pas insidieux du tout. Le crash, il arrive, bim, il tombe sur la gueule, tu ne le vois pas venir. Il arrive un matin où tu ne peux plus te lever. Ou un meeting où tu ne peux plus parler. Ou un soir où tu éclates en sanglots sans savoir pourquoi. Ou tout simplement, à un moment donné, ton corps ne répond plus à tes... Il ne répond plus à ton cerveau, c'est-à-dire que tu lui demandes de faire un truc, il ne veut pas le faire. Ou il arrive tout simplement au moment où tu te retrouves aux urgences. Ce que j'aimerais que tu comprennes, c'est que le corps a des capacités, a des compétences, a des réserves, a des moyens de s'en sortir, mais il y a un moment où il arrête d'envoyer des signaux, pas parce que ça va mieux, mais parce qu'il prend les commandes de lui-même. Et là, tu n'as plus le choix. de l'heure, t'as plus le choix du moment, t'as plus le choix du contexte. Le crash, il décide tout seul de son timing. Et souvent, c'est le pire moment possible. Alors la vraie question, la seule qui compte là maintenant à la fin de cette partie, c'est est-ce que tu veux choisir de t'arrêter avant ou est-ce que tu vas attendre que ton corps choisisse pour toi ? Je parle du principe que tu choisis de t'arrêter avant et donc je vais te partager trois solutions que tu peux déjà commencer à mettre en place. pour commencer à remonter la pente. Donc trois choses que tu peux faire dès aujourd'hui. La première, c'est de nommer. Juste ça. Nomme ce que tu ressens. Pas pour en faire un drame, juste pour en prendre conscience. Ce soir, par exemple, dans ta tête, ou moi je te recommande vraiment un papier écrit, rédigé à la main, dis-toi, voilà, je suis fatiguée, vraiment fatiguée, je ressens ceci, je ressens cela. « J'ai plus envie de faire ci, j'ai plus envie de faire ça, j'ai envie d'avoir plus de ci, j'ai envie de… » Voilà, vraiment, prends le temps de te reconnecter à ce que tu as envie et nomme-les. Deuxième action, ça va être d'identifier un voyant. Parmi les trois signaux que je t'ai partagé juste avant, la fatigue persistante, les émotions dérégulées, l'héritabilité, le cynisme, lequel est allumé chez toi en ce moment ? lequel est le plus flagrant, le plus présent, le plus handicapant, le plus lourd, lequel t'aimerais régler le plus vite possible, lequel mérite toute ton attention. Et enfin, je te recommande de faire le test Suis-je en Burnout ? C'est un test offert, il prend quelques minutes, mais tu verras, tu as des questions et tu ne dois pas rédiger les réponses, tu dois choisir entre... très très mal et beaucoup beaucoup moins mal. Je ne sais plus c'est quoi les réponses, mais voilà, tout à fait d'accord je crois, ou pas assez d'accord, un truc comme ça, donc ça reste comme un QCM au final. Alors ce n'est pas un diagnostic médical, ce n'est pas non plus pour te faire flipper, c'est vraiment au contraire pour t'aider à y voir plus clair. Tu verras rien que les questions, elles vont te permettre de dire, ah ouais en fait c'est ça le souci, ah oui en fait c'est ça qui alimente mon épuisement au quotidien, ah oui c'est vraiment ça qui me pose problème en fait. Et en fonction de ton niveau d'épuisement, tu recevras par mail des actions adaptées à mettre en place. Et je dirais même que tu peux aller plus loin et réserver ton appel offert avec moi. Parce que si tu vois que tu es en phase de résistance ou en phase d'épuisement, honnêtement, à un moment donné, il faut se prendre en main, il faut faire appel à un professionnel pour commencer à agir. Parce qu'en fait, naviguer à l'aveugle, c'est vraiment te tirer une balle dans le pied. Tu as besoin d'une méthode, tu as besoin de... d'outils, tu as besoin de guides au final, tu vois, avec un cahier d'exercices, des questions bien précises pour t'orienter, pour vraiment t'accompagner, et en plus si tu es coaché, c'est encore mieux. Parce que non, il ne faut pas attendre le crash pour se dire, ah oui, j'ai besoin d'aide maintenant. Dès que ça ne va pas, sache qu'à ce moment-là, déjà tu as besoin d'aide. Si cet épisode t'a parlé, partage-le à une Bernie. qui en a besoin, ou partage le tout court. Tu ne sais pas quel collègue, quel ami, quelle sœur, quelle cousine tient un bout de bras en ce moment. Donc, un épisode peut changer une trajectoire. Vraiment, c'est du vécu. Et rappelle-toi que tu mérites une vie à 100 km à l'heure maximum, avec des pauses, les airs de repos, qu'est-ce que j'aime bien, les cafés dans un air de repos, je kiffe ça. C'est des, je ne sais pas, c'est débile, mais moi, j'adore les pauses, des voitures, tu t'arrêtes. Prends un petit cacao et puis tu redémarres. Et bien sûr, tu fais le plein d'essence si nécessaire ou tu gonfles les pneus si quelque chose s'est allumé. Voilà, en tout cas, tu prends soin de toi pour éviter le crash. Donc, je te dis à très vite pour le prochain épisode. Et d'ici là, boost ton feeling good.