- Speaker #0
Coucou et bienvenue au Café des Burnies, le podcast qui deal du peps aux nanas épuisées. Je m'appelle Sarah, je suis infirmière, naturopathe, maman, coach en résilience et ma mission est de t'aider à déculpabiliser, à sortir de ton isolement pour recharger tes batteries et être épanouie. Chaque semaine, que ce soit en solo ou avec une nana inspirante, on parlera dévalorisation, échelle, burn-out, épuisement, mais aussi résilience, espoir, reconversion et surtout, trichothérapie. Dans le descriptif de l'épisode, tu trouveras différentes ressources qui vont te permettre de faire face à cette situation et de remonter la pente. Maintenant, détends les épaules, cohérence cardiaque et profite pleinement de cet épisode. Alors, cet épisode est particulier pour plusieurs raisons. Petit 1, c'est celui de la rentrée, donc il signe un renouveau, un recommencement, un nouveau départ. Petit 2, il est fait à 100% en ligne, donc tu verras que le son n'est pas comme d'habitude. Petit 3, il est animé par deux podcasteuses, donc il y a moi que tu connais. Et puis tu verras qu'il y a Nadia, il y a sa présentation juste après. Et enfin, c'est un épisode dans lequel on va enfin parler du tricot. Une des intervenantes est une tricot addict, une designer tricot que j'ai hâte de te présenter. Et l'autre, c'est Elodie que j'ai connue dans un autre contexte que j'apprécie beaucoup. et qui est coach parental. Je te souhaite une très très bonne écoute. J'espère que tu y trouveras des réponses dans cet échange. Et puis je te dis à tout de suite.
- Speaker #1
Moi c'est Nadia, l'hôte du podcast Grandes et Filles et tout Petit. Je crée ce podcast en décembre à la suite de difficultés de mon... de mon grand qui va avoir 4 ans en août et qui quand il est entré en petite section, donc sa première rentrée, a connu d'énormes difficultés. Et je me suis tournée vers les podcasts et je n'ai pas vraiment trouvé de podcast avec des interviews uniquement de parents qui parlent de leurs difficultés. Donc je me suis dit je vais le créer, ça permettra de libérer leurs paroles. de déjà se sentir un peu plus léger en en parlant. Et ceux qui écoutent, ils peuvent se dire « Ah tiens, je ne suis pas le seul ou la seule à vivre cette difficulté. »
- Speaker #2
Moi, je suis Mylène, je suis en style de formation. J'ai deux enfants, j'ai Samuel qui a 4 ans, qui est en moyenne section, et j'ai Alex qui a 10 mois. Et on est à la maison avec mon conjoint. Et à côté de ça, j'ai mon boulot d'institut et j'ai aussi mon boulot de designer tricot, donc le lien avec Sarah.
- Speaker #1
Tout à fait. Et tu disais que tu étais institut, tu as quel niveau de classe ?
- Speaker #2
Alors, je n'ai pas de classe fixe jusque-là, j'étais remplaçante. Donc les remplacements à longue durée, j'ai déjà fait une année entière sur une même classe, mais d'une année sur l'autre, j'ai des niveaux différents.
- Speaker #0
Toi, t'aurais bien aimé avoir une classe que tu suivrais du début à la fin, année après année ?
- Speaker #2
Au début, oui. Alors, c'est compliqué parce que ça marche avec un mouvement, en fait. Donc, on fait des vœux tous les... Enfin, on fait un vœu. Et moi, je voulais quelque chose proche de la maison. Donc, j'ai demandé ce poste de remplaçante que j'ai eu. Donc, je suis à 20 minutes de chez moi. Donc, c'est plutôt confortable. Après, voilà. Tous les ans, j'essayais de demander une classe fixe et tout, mais je n'ai jamais obtenu. Parce qu'on commence à être saturé dans les différentes circonscriptions. Et du coup, tout le monde demande aussi les postes de classe fixe. Donc, je n'ai jamais réussi à obtenir ces postes-là. Donc, au final, je m'en suis accommodée aussi parce qu'il y a des moments, quand on n'a pas de remplacement, on doit aller dans les écoles aider les collègues. Mais du coup, il n'y a pas la préparation, il n'y a pas les corrections. Quand on a les enfants en bas âge, il y a aussi un certain confort.
- Speaker #1
Élodie, je te propose d'enchaîner.
- Speaker #3
Eh bien oui, avec grand plaisir, donc merci beaucoup les filles de m'accueillir sur vos podcasts. Oula, ça y est, je m'affouille. Donc, moi je m'appelle Elodie Mallet, je suis coach et consultante parentale et je suis également la créatrice de Maman Gère, qui est un blog. Et en fait, mon métier, mon nouveau métier... c'est d'accompagner au quotidien les mamans vers une vie plus sereine, plus équilibrée, les aider à se réconcilier avec elles-mêmes et cultiver l'harmonie au sein de leur famille. J'utilise pour ça des méthodes. de bienveillante, du bien-être mental, du développement personnel en particulier. Et tout ça est arrivé parce que j'ai fait un burn-out. Je suis la maman de trois enfants. J'ai donc ma grande-fille Chloé qui a 16 ans. Et ensuite, j'ai changé de papa entre-temps. Et j'ai deux petits, donc Lucas qui a trois ans et demi presque. Et Elio qui va avoir 8 mois dans quelques jours.
- Speaker #2
Comment ça a commencé ? J'ai eu mon petit en août 2020. J'ai fait mon congé maternité jusqu'en novembre. J'ai même prolongé un peu. J'ai réussi à aller jusqu'en décembre. J'ai repris en décembre. Décembre, j'ai eu l'impression que ça allait. J'ai renchaîné, j'avais pris un temps partiel avec une journée de moins. pour pouvoir moins courir avec les enfants. Sauf que voilà, justement, ils m'ont mis sur un remplacement à 40 minutes, 45 minutes de la maison, donc beaucoup de route les trois autres jours. Donc décembre, j'ai repris pour trois semaines, donc ça a été. Et janvier, j'ai tenu quatre semaines et au bout de la quatrième semaine, j'ai pété un plomb le dernier vendredi de janvier. Et ça a été le début d'une période très compliquée. Le problème que j'ai eu, c'est que j'ai eu des classes, donc comme tout enseignant, on a des classes assez chargées par moment et des élèves qui ne sont pas toujours évidents à gérer. Et donc, devoir gérer une classe pendant 6-7 heures toute la journée et rentrer, faire de la route, les courses et machin, et renchaîner avec ses enfants. En fait, je n'avais plus de patience pour mes enfants du soir. Et du coup, ça a commencé à être pesant pour moi. Et ensuite... Déjà,
- Speaker #0
être prof, c'est un travail assez physique et mental. Ce n'est pas le métier où tu es derrière un ordinateur. C'est une autre fatigue. On est en accord. On donne doucement. J'ai des enfants. Voilà, c'est déjà assez lourd. En réalité, même si tu n'as pas d'enfants, il y a beaucoup de profs qui font des burn-out, que ce soit par rapport à l'institution elle-même ou tout simplement au boulot. C'est-à-dire, comme tu dis, gérer une classe de je ne sais combien d'élèves qui sont là à crier toute sa journée. Tu leur dis, fais pas ci, fais pas ça. Bref, on le fait avec nos gamins et on sait très bien que c'est costaud. Donc, faire ça tous les jours avec plusieurs personnes, c'est déjà bravo, j'ai envie de dire. Vraiment, c'est un travail qui devrait être revalorisé. Et si tu as en plus de la route, si tu te tapes en plus des bouchons et en arrivant à la maison, tu as deux enfants bas âge, vraiment, c'est ce qu'on appelle le fameux surmenage. Tu as beaucoup trop de tâches par rapport à tes ressources. Mais genre à tes ressources en tant qu'être humain normal.
- Speaker #2
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Tu n'as pas réussi à faire face et juste qu'il y avait trop de choses à faire. C'était beaucoup pour ta tête et ton corps.
- Speaker #2
Et j'ai pété un peu un matin, mais pour rien, en plus c'était juste la goutte d'eau.
- Speaker #0
T'étais toute seule à ce moment-là ou genre il y a quelqu'un qui t'a dit « ah ouais, là c'est… » ?
- Speaker #2
En fait, j'étais à la maison, mon conjoint était parti avec le petit de 10 mois pour l'emmener chez la nourrice. Et moi, j'avais mon grand qui était en train de s'habiller, je me suis rappelée que j'avais oublié d'imprimer un truc pour la classe. Donc j'avais absolument besoin. J'allume vite l'ordinateur, l'imprimante. J'installe le grand dans la voiture. Et en fait, là, l'ordinateur ne veut pas m'imprimer le truc. Donc une fois, deux fois, au bout de dix minutes, un quart d'heure, le pauvre était toujours dans la voiture. Et moi, j'ai pété un plomb. Je me suis mise à pleurer, à pleurer. Je n'ai pas réussi à imprimer. J'ai tout éteint. Je suis partie. Je l'ai déposé à l'école en pleurant. Et j'ai voulu appeler mon inspection pour les prévenir que j'étais en retard. et en fait... Je suis restée cinq minutes au téléphone à pleurer pour finalement lui dire je crois que je ne vais pas pouvoir venir.
- Speaker #0
Bah ouais, craquage émotionnel, laisse-moi tranquille.
- Speaker #2
Et j'ai pleuré toute la matinée, je suis rentrée, je me suis couché, enfin je...
- Speaker #0
A craquer, c'est tout. C'était comme tu dis, la goutte qui a fait déborder le vase, en fait, c'était là depuis un moment. Ça se trouve, c'était là même avant la reprise.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
c'est ce que je me dis. En tout cas, ce jour-là...
- Speaker #2
C'est possible.
- Speaker #1
Enfin, trois et quatre mois, c'est court. enfin 3 et 4 semaines pardon c'est court au final donc ça se trouve c'était là avant et ça a réveillé les choses plus le postpartum alors je me disais comment est-ce que c'était pas un burn out professionnel comment tu différencies du...
- Speaker #2
alors mon médecin m'a dit que je faisais sûrement les deux Elle m'a dit, vous devez faire un burn-out et un postpartum en même temps. Parce qu'elle m'a dit, au niveau des hormones et tout, ça correspondait. Enfin, le postpartum, c'est le premier truc auquel elle a pensé. Et vu les conditions, elle m'a dit que ça devait être aussi un burn-out professionnel qui était sous-jacent, qui ressortit en même temps.
- Speaker #0
Moi, je dis souvent qu'un burn-out, il est multifactoriel en réalité. Quand tu as des enfants et que tu travailles, c'est compliqué de... sauf si au boulot ça va super bien de A à Z et c'est seulement le moment où tu rentres chez toi tu te sens mal, là tu pourrais dire oui c'est un burn-out parental mais sinon c'est souvent un mélange de tous tes domaines de vie et un moment comme ça analyse rapidos, je pense que tu voulais pas reprendre le boulot sauf que la vie fait que tu reprends le boulot et ton corps il a vite dit je suis pas d'accord je vais rester à la maison Parce que comme elle te dit, 3-4 semaines, ce n'est pas énorme. Je pense qu'il y avait beaucoup d'appréhension et que tu n'étais pas du tout alignée avec la reprise de taf. Et du coup, dès que tu as repris le travail, ce n'était pas possible. Le corps s'est exprimé rapidement en disant, je ne vais pas y retourner. Ce qui est bien. Il vaut mieux que ça dure 4 semaines que 4 ans. Donc, c'est même très bien.
- Speaker #3
Moi, le burn-out, c'était quelques temps après ma reprise du travail. Lucas, donc mon deuxième, avait un an et des broutilles. Et en fait, un matin, tout simplement, je me suis écroulée. Écroulée au milieu de mon salon, j'étais en train de préparer mon petit-déj. Je ne sais plus, je crois, le chat passait dans mes pieds. J'ai gueulé parce qu'il m'a gassée de beau matin. et puis j'ai regardé ce chat et je me revois encore m'écouler physiquement au milieu du salon, me retrouver comme une crêpe et à même plus arriver à me lever à me relever et j'ai appelé mon conjoint qui a le même nom Oui. Mon conjoint qui a le sommeil très lourd, on n'a pas entendu, c'est ma fille aînée qui a entendu que j'appelais et qui allait réveiller mon conjoint. Et puis tout s'est enchaîné. Ils m'ont aidée à me relever. Au début, ils ont cru un malaise vagal. Et puis en fait, je n'avançais plus. J'étais complètement au ralenti. Donc là, mon conjoint m'a dit, il y a un problème, ce n'est pas toi. On m'a appelé le médecin, il a prévenu mes employeurs que je n'accueillerais pas d'enfants aujourd'hui, alors que moi je voulais aller bosser. Et puis, arrivé chez le médecin, le médecin m'a repris trois fois l'attention, je crois, parce qu'en fait j'avais l'attention tellement basse que le médecin se demandait encore comment j'arrivais à tenir debout. Elle m'a dit clairement qu'elle n'avait jamais vu ça, que physiquement, ce n'était même pas possible dans ses manuels de médecine d'être debout avec la tension aussi basse que ce que j'allais.
- Speaker #1
D'accord. Tu te souviens du chiffre ?
- Speaker #3
Alors, je ne me souviens plus du chiffre, parce que j'ai fait un petit blackout, on va dire, de cette période-là. J'ai envie de passer à autre chose. Je me souviens des grandes lignes, mais précisément, non.
- Speaker #1
D'accord. Ok, et donc le médecin il dit voilà que vous avez une tension basse, comment après le diagnostic de burn-out parental est posé ?
- Speaker #3
Alors ce médecin me connaissait plus ou moins, puisque mon deuxième est un enfant atteint de RGO, donc des gros gros reflux qui sont liés à des intolérances alimentaires, etc. On allait consulter très régulièrement pour son suivi. Elle m'a vu dépérir au fil des semaines. Elle a vu ma régression totale. Mon conjoint était présent lors de la consultation. Elle me posait des questions et elle lui posait des questions également. Et là, en quelques minutes, elle me dit non mais vous êtes épuisée, c'est tout, ne cherchez pas plus loin. Et là, elle a commencé à poser les mots de burn-out.
- Speaker #1
D'accord. Alors un RGO, c'est hyper dur à vivre. Ton fils, j'imagine qu'il pleurait souvent et que tu n'arrivais pas à le calmer ?
- Speaker #3
Alors concrètement... C'est 23h sur 24, c'est un bébé qui hurlait tout le temps, qui avait besoin d'être porté en permanence. J'en ai attrapé des tendinites aux deux bras et aux deux épaules à force de le porter, même si l'écharpe de portage et tout ça étaient de grand soutien, mais je l'avais tout le temps dans les bras, tout le temps sur le dos. Et il faut dire qu'en plus de ça, je travaillais plus de 10 heures par jour à accueillir les enfants.
- Speaker #1
Donc en fait, tu avais ton fils plus les enfants que tu gardais dans le cadre de ton activité pro. C'est ça.
- Speaker #3
C'est plus un ado le soir qui rentrait de l'école faire les devoirs. Et un conjoint qui est très... Et moi,
- Speaker #0
je travaillais deux jours. Ça rejoint un peu la suite au final. Tu avais des enfants toute la journée, toute la nuit. C'est un stop pour le cerveau.
- Speaker #3
Tout à fait. Et puis, tu as la charge mentale qui est niveau plus, parce que tu comptes que sur toi, parce que cher Etendre arrive à la maison, il lance une lessive pour ses fringues, parce qu'il repart le lendemain matin, qu'il faut que tout soit prêt et tout ça. Lui, que le frigo soit rempli en temps et en heure, qu'il ait les devoirs faits de la grande, qu'il ait le rendez-vous pédiatre et tout, il ne s'en occupe pas.
- Speaker #1
Mais tu avais de l'aide ? Tu n'avais pas de la famille dans le coin ? Tes parents, une sœur ou quelqu'un qui pouvait t'aider ?
- Speaker #3
Alors, j'ai de la famille qui habite à côté, sauf que le fait que mon deuxième soit RGO... Les gens ont du mal à percevoir ce que c'est au quotidien. Donc on me disait au début, ah oui, le port.
- Speaker #1
T'as arrêté de le porter, ouais.
- Speaker #3
Et après j'ai entendu, mais pourquoi tu l'allaites encore ? Mais pourquoi tu le portes ? Enfin tous les clichés de si tu le portes trop, t'arriveras pas à s'en défaire. Ouais, les gars, il a marché à neuf mois et demi. Je pense que ça va, quoi.
- Speaker #1
Mais c'est tellement culpabilisateur, en plus de lancer ce genre de remarques, de jugements. C'est déjà que ce n'est pas facile, mais en plus, on te dit ça, ça te fait encore plus culpabiliser. Ouais, il faut arrêter, quoi. C'est pour ça aussi que je trouve que c'est important de parler de tous ces mots des bébés, des RGO et plein d'autres choses, pour que les gens sachent que c'est vraiment... Le bébé, il souffre énormément et si on le porte, ça diminue un tout.
- Speaker #3
un petit peu sa souffrance parce qu'il a sa maman et le contact d'une personne aimée mais au final il souffre toujours et le côté vertical aussi le soulager ça limite les refus et encore dans l'histoire on a eu la chance c'est que de par mon expérience professionnelle je connaissais la pathologie donc on a pu très très vite le traiter et le soulager un minimum avec des médicaments mais bon après il y avait d'autres choses à mettre en place qui ont été faites petit à petit. En attendant, je dormais trois heures par nuit, un coup de 45 minutes.
- Speaker #0
En plus, RGO, c'est le problème. Sinon, un bébé, de base, sa tête, ça ne dort pas la nuit, ça pleure parce qu'il a faim, ça pleure parce qu'il a mal aux dents, ça pleure parce que la couche est pleine. De base, un bébé, ça nécessite de la vigilance et de la force et tout ce que tu veux. Mais en plus, RGO, non Ça fait beaucoup. Plus de ça, assistante maternelle avec d'autres gamins qui pleurent et tout pour le cerveau, c'est beaucoup. C'est cause de ça.
- Speaker #3
Ouais, effectivement.
- Speaker #0
J'insiste là-dessus pour vraiment... C'est un peu mathématique, quoi, que les personnes cessent finalement de culpabiliser. C'est pas qu'on est naze ou qu'on est nul ou qu'on n'a pas la force. C'est juste des... Comment on pourrait appeler ça ? C'est des contextes. qui vont solliciter beaucoup d'énergie physique et mentale et cognitive et émotionnelle et tout ce que tu veux. Mais il faut aussi reconnaître que c'est un travail difficile. Et donc, c'est normal d'être surmené, c'est normal d'avoir de la charge mentale au point de s'effondrer. C'est normal. Ce n'est pas une raison de santé.
- Speaker #3
En fait, sur le moment, je ne comprenais pas parce que moi, ça faisait des mois et des mois que j'étais en mode robot. Ça faisait des mois et des mois que clairement je n'arrivais même plus à pleurer parce qu'au début avec la fatigue, avec le stress et les angoisses de ce bébé, moi j'ai été étouffée quand même avec des refus pendant la nuit. Il a fallu intervenir, faire des gestes de premier secours. Toute cette angoisse et tout ça, au début je pleurais, j'en parlais autour de moi. Je me levais le matin, j'étais un robot, j'avançais, je faisais tout ce que j'allais faire, et plus encore, parce qu'il n'y en avait jamais assez. Et quand le médecin m'a dit ça, je me suis dit que je reprends le travail demain. Et là, le médecin m'a dit, non, non, là, je vous arrête au moins 15 jours. Vous rentrez, vous vous allongez dans votre chambre. Et la dame, elle a regardé mon conjoint et elle a dit, là, vous restez à la maison. Il a dit, pas possible. Du coup, en fait, ses parents sont venus et sont restés chez nous pendant deux semaines à s'occuper de mes enfants parce que moi, j'étais au lit. Je ne bougeais plus.
- Speaker #1
Pendant deux semaines, tu es restée au lit, tu n'arrivais pas à te lever, à faire quelconque activité qui pourrait te faire du bien. Je ne parle même pas de tâches ménagères.
- Speaker #3
Ah non, j'étais au lit, je dormais en fait.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #3
Je dormais, je me réveillais uniquement pour donner la tétée à mon fils puisqu'il était toujours allaité. Et puis bon, c'était aussi un moyen de l'eau. soulager, de le calmer, etc. Mais c'était le seul moment où j'ouvrais les yeux. Sinon, je dormais réellement. J'ai fait une cure de sommeil, clairement. Je crois que pendant deux jours, je ne me levais même plus pour juste à peine aller aux toilettes, me laver vite fait. J'étais en robe de chambre toute la journée. Je ne sortais même pas de ma chambre.
- Speaker #0
C'est connu après un effondrement, tu vois, c'est un peu ce que tu as vécu, un effondrement, la fameuse phase de rupture, la fameuse phase 3 du burn-out, c'est connu qu'après ça, les personnes, elles dorment et elles ne font que dormir vraiment, mais un sommeil profond pendant, et ça peut durer des jours et des jours. C'est une sorte de bulle par laquelle elles passent parce que les batteries, elles sont tellement vides. qu'elles sont incapables de faire autre chose. Et le corps, il veut juste se reposer. C'est même pas se requinquer, c'est, tu vois la fameuse barre rouge de la batterie ? C'est genre, elle est vide, et cette bulle de sommeil, c'est juste pour avoir cette barre rouge que tu pisses par la suite, prendre soin de toi correctement. Mais ouais, c'est assez connu comme étape, on va dire, de reconstruction pour le coup.
- Speaker #3
Oui, exactement. Mais à ce moment-là, de toute façon, j'étais capable de rien faire de plus que de dormir. Au moindre bruit, dès que j'entendais un des enfants passer dans le couloir ou quoi que ce soit, ça me hérissait le poil. Je ne les supportais même plus. J'avais mon ado qui venait me faire un bisou. « Maman, ça va ? » « Me portez à manger ? » « Faites une toute gentille ? » Et moi, j'étais... Je lui répondais du mieux possible, mais en gros, c'était « Casse-toi, je ne veux voir personne » . C'était horrible.
- Speaker #0
En fait, c'est l'absence de sérotonine. C'est qu'il y a une chute de sérotonine et tu n'en fabriques plus parce que tout le cortisol a déglingué ton intestin. Donc, tu ne fabriques plus de sérotonine. Et avec l'effondrement, ça veut dire qu'il n'y en a plus. Et la sérotonine, c'est ça qui nous donne envie, c'est ça qui nous met du plaisir, et même dans le relationnel, c'est ça qui va te donner du sourire, l'envie de caliner, l'envie d'être gentille. Et si t'en as plus, t'en as plus. En fait, c'est pas que t'es méchante. Encore une fois, c'est physiologique, c'est qu'il y en a plus, et donc tu peux plus éprouver ce plaisir-là. Et alors, tu disais, casse-toi.
- Speaker #3
Ah oui, oui,
- Speaker #0
c'était vraiment ça.
- Speaker #3
Je repoussais, mais physiquement. C'était au-delà des mots. J'étais très dure dans mes mots, mais physiquement aussi. Même mon petit, je lui donnais la tétée, il n'y avait plus le calème post-tétée. C'était ça y est, c'est bon, allez hop.
- Speaker #0
T'as mangé, c'est bon, allez.
- Speaker #3
C'était trop ça.
- Speaker #0
Pourquoi t'as eu moi ? Je m'en fous, vas-y, cours.
- Speaker #1
Est-ce que tes enfants, ils en ont souffert de ça, de cette période-là ?
- Speaker #3
Est-ce qu'ils t'en ont reparlé ? On n'en a pas reparlé forcément parce que c'est une période qui a été vraiment compliquée pour toute la famille puisque finalement, autant... J'ai été le pilier de la famille parce que tout le monde se reposait sur moi, se reposait trop sur moi. Et autant, quand je me suis effondrée, j'ai entraîné un peu tout le monde avec moi. C'est-à-dire que mon conjoint a eu extrêmement peur. Il me l'a dit à demi-mot des semaines, des mois après, mais il a eu extrêmement peur de me perdre ou que je me barre. Que je lâche tout. J'avais des mots qui étaient tellement forts qu'il s'était dit, c'est bon, elle va prendre la voiture, elle va partir. Mais ma fille, oui, ma fille aussi en a énormément souffert parce que du coup, elle me secondait beaucoup. Puisque après que mes beaux-parents soient partis, elle a compris que j'avais tout. trop de choses à gérer au quotidien et que c'était trop pour moi. Donc, elle a voulu me soulager. C'était une ado. Elle était aussi à l'âge de participer un petit peu aux tâches ménagères, etc. Mais je voyais que c'était trop pour elle. Donc, du coup, je culpabilisais. Du coup, elle aussi culpabilisait. Et puis j'étais pas agréable, j'étais vraiment très désagréable avec tout le monde, j'envoyais bouler tout le monde pour un oui, pour un non. Tu faisais la vaisselle, tu posais l'éponge à gauche, lui de la poser à droite.
- Speaker #1
Tu planchais des colères ?
- Speaker #3
Ouais, tout à fait, j'étais extrêmement colérique, je me reconnaissais plus. Et eux non plus, ils en ont vraiment souffert. Pour faire simple, dans mon couple, c'était la cata. On commençait même à parler.
- Speaker #1
Donc après, au bout de ces deux semaines, il était revenu pour t'aider au final.
- Speaker #3
Voilà, au bout des deux semaines, lui a pu revenir. Il faisait des allers-retours. Quand il ne travaillait pas très loin, je me souviens, il y a des jours où... Le matin, il allait sur les répétitions de spectacle, il revenait à la pause, il ne mangeait même pas, il repartait pour les concerts.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #3
Il revenait.
- Speaker #1
D'accord. Et ton arrêt, au final, ça a duré combien de temps ?
- Speaker #3
Je n'ai jamais repris ce métier.
- Speaker #1
Ah ben !
- Speaker #0
C'est un peu comme moi. C'est un peu comme moi, je n'ai jamais repris mon métier d'infirmière au final. Je ne suis jamais revenue à l'hôpital par anticipation. Si je traite en fait de la thématique du burn-out, ce n'est pas pour rien. C'est parce que personnellement aussi, j'ai vécu, il n'a jamais été diagnostiqué, je n'ai jamais eu le besoin d'avoir la confirmation d'un professionnel de santé, mais j'arrivais à m'analyser et à savoir que, effectivement, là je suis plutôt en épuisement. physique et émotionnel assez important. Et je savais que si je reprenais le boulot, ça allait signer, alors peut-être pas mon arrêt de mort, mais je savais que ça allait être fatal entre guillemets et qu'il allait se passer quelque chose de très grave et que j'ai pas envie. Et du coup, j'avoue, le fait de me connaître, ça m'a permis d'éviter un peu le pire entre guillemets et jusqu'à aujourd'hui, je n'y suis jamais retournée à l'hôpital. Vu que, pourtant, j'ai... J'ai que ça, des collègues qui ont des enfants et elles arrivent très bien à gérer les deux visiblement. Mais personnellement, avec mes valeurs, je savais que si je reprenais le boulot, ça allait mal se passer. Du coup, je n'y suis jamais retournée. Je n'y suis jamais retournée. Et quand tu parlais tout à l'heure de j'étais désagréable et j'allais me séparer et tout, je me reconnais. Parce qu'effectivement, j'avais beaucoup de colère. Et pour rien du tout. Mais en fait, c'est qu'on est tellement submergé par le cortisol que... De toute façon, on est en état de stress, en état d'alerte, en hypervigilance H24. Du coup, pour un rien, du tout, t'exploses. Et ça m'avait fait rire ton histoire de se poser à gauche, de se poser à droite. Parce qu'avec du recul, il y a des anecdotes. C'était n'importe quoi. Une fois, le papa avait acheté des bodys. J'ai pété un plan, un truc de malade parce qu'il a acheté des bodys. Tu dis pourquoi ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il y a du pavé ?
- Speaker #0
Qu'est-ce quoi ? Juste parce que moi j'avais sorti la machine à coudre, j'étais partie dans ma tête... Tu vas les coudre ! ...de coudre des bodys, tu vois ? Sauf que, étant en épuisement total, t'avances pas dans tes projets en réalité, tu fais du surplace, tu es surmenée, donc tu fais pas les choses. Et quelque part j'étais en colère contre moi parce que j'ai toujours pas fait ces bodys, et je les ai tellement pas avancés. que le mec il a été en acheté, quelqu'un de sain à ce moment-là, il lui aurait dit merci beaucoup. Moi tu rigoles ou quoi ? J'ai pété un plomb, pourquoi t'as acheté des body ? Comme quoi, c'est tout, c'est pas le body le problème en fait, il y a tout un travail à faire et depuis il fait fait. Mais bref, je voulais juste rebondir du coup là-dessus.
- Speaker #1
C'est super ce que vous racontez les filles parce que je me reconnais totalement. J'ai tendance à être hyper autoritaire quand je suis stressée et Noël dernier, ça a été un gros problème pour moi. Et je me rappelle qu'en septembre, quand la nouvelle rentrée, moi je reprenais aussi mon nouveau boulot, après mes cinq mois de congé mat et congé parental, après la naissance de ma fille. Et il y a un moment, ça n'allait pas du tout, et il y a un moment, j'en ai même souhaité divorcer pour avoir les enfants qu'une semaine sur deux. Et donc avoir une semaine où je serais libre. Et ça, alors que je les aime profondément, mes enfants, mon mari et tout, mais j'ai souhaité ça juste parce que j'en pouvais plus.
- Speaker #2
Non, non, mais je me reconnais aussi sur certains trucs. Les crises de colère pour rien, j'ai eu aussi. Mais moi, je ne suis pas passée par la phase séparation. En fait, j'ai pensé les moments en me disant, mais pourquoi j'ai fait des enfants ? J'arrivais mieux à me gérer toute seule. Donc voilà ça, et moi j'avais peur au contraire que mon état fasse comme mon chose. Alors, je n'ai pas vu mon médecin en premier du coup, parce qu'elle ne travaillait pas le vendredi. Donc le premier vendredi où j'ai vu un médecin, j'ai vu ça à son deux dans le cabinet, donc j'ai vu l'autre qui me voit occasionnellement et souvent quand ça ne va vraiment pas, parce que c'est les jours où mon médecin à moi ne travaille pas, donc elle m'a arrêtée. prochain, je vais travailler. Et elle m'a dit non, non, hors de question, vu votre tension, vu que vous n'arrêtez pas de pleurer, non, non, elle me dit vous avez besoin de vous reposer et de dormir et de vous occuper de vous. Donc elle m'a dit je vous donne rendez-vous avec votre médecin la semaine prochaine. Donc c'est elle qui m'a pris le rendez-vous avec mon médecin. Et mon médecin m'a arrêtée, je crois un mois entier jusqu'aux vacances scolaires suivantes. Et en fait, à chaque fois que je retournais la voir, elle m'arrêtait. Donc oui, je suis toujours arrêtée là actuellement.
- Speaker #1
Et comment ça se passait vis-à-vis du reste de ta famille ? Comment toi, tu te sentais à la maison ? Est-ce que tu ne faisais que dormir comme Elodie ? Ou qu'est-ce que tu faisais en fait ?
- Speaker #2
Non, je tricotais.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #2
J'avais besoin de faire un truc, de m'occuper les mains et l'esprit. Donc je n'ai pas fait grand-chose dans la maison au début. Par contre, mes deux médecins m'avaient bien dit « Vous ne gardez pas vos enfants, ils vont chez la nourrice et à l'école. Vous ne les gardez pas avec vous. » Donc, j'avais interdit de les savoir. Mais voilà, ils m'ont dit « Vous vous occupez de vous, vous faites des choses qui vous font plaisir. Vous allez chez quoi ? » Et donc,
- Speaker #1
tu as profité. C'était plutôt agréable de ces moments-là où tu t'es occupée de toi, de ton corps.
- Speaker #2
Au début, non, parce que je culpabilisais beaucoup.
- Speaker #1
Tu culpabilisais vis-à-vis de quoi ?
- Speaker #2
D'être arrêtée, de ne pas réussir à ne pas m'énerver avec mes enfants. Je sais que pendant un moment, mon médecin m'avait conseillé de voir un psychologue, donc j'ai repris les séances avec un psychologue que j'avais vu 5-6 ans avant. Et il y a même des moments où j'ai eu l'impact. J'ai eu l'impression d'être dans la maltraitance avec mes enfants, donc je culpabilise.
- Speaker #1
C'est pas... Vu l'état dans lequel tu étais, c'est pas de la maltraitance pour moi. Effectivement, ça fait partie des VO, des violences éducatives ordinaires, mais la maltraitance, c'est beaucoup... C'est genre les douches froides, je sais plus les noms. Ah, ça, j'ai pas fait. Non, mais voilà, ça va.
- Speaker #2
Je vais pas vous parler de maltraitance. Je crois que j'ai mis une fessée... assez forte. Je n'ai pas réussi à mesurer. Je crois qu'il y avait un bleu sur la fesse le lendemain. Est-ce que c'était un bleu parce qu'il en a partout, qu'il tombe tout le temps dans la cour et qu'il en a plein les genoux ? Est-ce qu'il est tombé sur les fesses comme des fois il dit ? Est-ce que c'est moi ? Oui, parce que j'ai senti que...
- Speaker #0
En fait, tu as senti que le geste n'était pas très... Je sais que je vais te faire taper, mais... Il y en a beaucoup qui vont dire, je donne des fessées, c'est éducatif, c'est pédagogique. Bon bref, chacun fait ce qu'il veut. Mais c'est vrai que les personnes qui regrettent, c'est celles qui se disent, non en réalité quand j'ai frappé là, c'était de la colère et j'avais besoin de me défouler. Et c'était ça. T'arrives à conscientiser le truc, tu réfléchis, tu dis oui. Là vraiment j'ai frappé parce qu'il y avait... Si c'était un sac de guillemets, et c'est là où ils regrettent, ils culpabilisent, ils disent ouais j'étais dans la maltraitance. Mais moi j'ai envie de dire c'est cool, c'est cool que t'arrives à avoir cette réflexion. Je suis complètement là-dedans. Parce que tout le monde n'en a pas. Non,
- Speaker #2
non, c'est pas du tout pédagogique, tout le monde n'en a pas. Pour moi c'est la colère et ça déborde, et ça déborde trop.
- Speaker #0
Pour te dire, moi, je frappe le mur.
- Speaker #2
Oui, mais j'ai...
- Speaker #0
Parce que, en fait, je refuse de refouler ça. Je suis trop en colère. Je ne vais pas te frapper, toi. Combien de fois je frappe le mur ? J'ai mal à mes poignets. Je préfère ça. Mais c'est véridique, c'est une vérité. Je ne vais pas la masquer. Je suis en colère. Il faut que ça sorte.
- Speaker #1
Il faut le faire sortir, la colère. Même pour les enfants, ils ont besoin de crier, de sauter quand ils sont en colère. C'est bien de la sortir. On a eu trop tendance à masquer toutes les émotions dites négatives, parce qu'elles dérangent, parce que socialement c'est pas bien. C'est pas possible ! Il faut les accepter, après il faut savoir les canaliser, parce qu'effectivement il ne faut pas taper les autres. Peut-être qu'on peut rediriger pour taper quelque chose qui aura moins... Après, pour en venir au traitement toutes les deux, Elodie et Mylène, vous êtes
- Speaker #3
Pour ma part, il n'y a pas eu de traitement médicamenteux, il n'y a pas eu de suivi psy derrière parce que, comme je disais tout à l'heure, j'ai eu cette phase où j'ai beaucoup dormi et après, en une petite semaine, j'ai rebondi dans mes réflexions et de suite je repartais. De suite je rebondissais vers ça ne va pas, ça change. J'avais ciblé ce qu'il fallait changer dans ma vie et où était le problème parce que ça faisait des années que je faisais du développement personnel, ça faisait des années que je travaillais aussi sur moi, donc je connaissais aussi mes faiblesses et du coup j'ai pu plus facilement les pointer et aller de l'avant. donc comme mon médecin m'a revu parce que je devais quand même Au bout de 15 jours, ils revenaient faire un bilan, etc. J'avais fait un bilan hormonal pour savoir si ce n'était pas la fuite des hormones, etc. Et quand elle a vu que je rebondissais, elle m'a dit « bon, c'est bon, tu es sur la bonne voie. S'il y a quoi que ce soit, moindre signe, tu reviens. » Mais l'articulier derrière. Après, je me suis faite accompagner par des coachs. Je me suis faite pour rebondir sur mes…
- Speaker #2
Alors moi, j'ai eu le psychologue directement, parce que c'est ce qu'on m'avait conseillé. Donc j'ai revu celui que j'avais lu il y a des années. Et au début, elle m'avait donné un anxiolytique, si je ne dis pas de bêtises, que je confonds. Sauf qu'en fait, c'était beaucoup trop fort, donc je le prenais, je l'ai pris une fois, je ne l'ai pas repris derrière. Parce que le lendemain, j'ai eu l'impression d'être une carpette toute la journée. Et du coup, quand j'ai revu le médecin, je lui ai expliqué. Elle m'a dit, prenez un demi-comprimé quand ça ne va pas et prenez-le que quand vous sentez que ça déborde. Et c'est ce que j'ai essayé de faire aussi. Mais pareil, le lendemain, j'avais l'impression d'être aussi écrasée, fatiguée. J'avais des migraines à coca-mang. Donc, j'ai arrêté de le prendre. Et comme je n'allais pas mieux, elle a commencé à me parler d'antidépresseurs. Et donc ça, ça devait être au mois d'avril. Et en fait, elle me l'a prescrit. En me disant, par contre, attention, là, si on est parti pour le commencer là, vous ne devez pas l'arrêter. Et on est parti pour un an parce qu'on ne l'arrête qu'au beau jour. Donc en gros, si vous le commencez là, on l'arrêtera que l'année prochaine, en avril, si vous allez mieux. Et ça a un peu été le déclic parce que je me suis dit que je ne voulais pas de ça. Et donc je l'ai acheté quand même. Je suis sortie du médecin, je suis allée à la pharmacie, je l'ai acheté. Et il m'a aussi posé des questions là-dessus.
- Speaker #0
En gros, il y avait beaucoup de contraintes, quoi. Déjà, elle te parle d'une année de traitement, des effets indésirables.
- Speaker #2
Et puis le côté allaitement. Je me suis dit, je ne veux pas que ça aille dans... Je ne veux pas que mon fils l'ingère non plus. Je me suis dit au début, je vais attendre deux semaines, la fin des vacances, parce qu'en plus, il y a eu le troisième confinement qui est tombé à ce moment-là. Je me suis dit, je vais attendre les trois semaines. Le troisième confinement est tombé et elle m'a dit, les deux premières semaines vont être très dures. le temps que votre corps s'habitue au traitement. Je me suis dit, une semaine d'école à la maison, deux semaines de vacances avec les deux enfants, je me suis dit, je ne vais pas le prendre à ce moment-là, ce n'est pas le moment. Donc c'est pour ça que je me suis dit, Je l'ai laissé sur la table de la cuisine, donc deux, trois semaines. Et c'est au bout de ces trois semaines-là que j'ai revu mon médecin et que je lui ai dit que je ne l'ai pas pris et que je ne vais pas le prendre. Parce que bizarrement,
- Speaker #1
j'ai eu l'impression... Tu saurais analyser ce qui t'a fait te sentir mieux ?
- Speaker #2
Je pense que j'ai eu le déclic du médicament, le fait de ne pas pouvoir le prendre et une discussion avec mon conjoint aussi sur mon travail et le fait que je n'avais pas envie d'y retourner. que j'étais pas prête, que je voulais faire autre chose.
- Speaker #0
Moi, je dirais que c'est parce que tu t'es alignée, c'est tout.
- Speaker #2
Ouais, je pense. On a eu le côté médicament plus la discussion. En fait, mon conjoint m'a dit, écoute, si tu veux essayer autre chose, vas-y, je te soutiens. Et ça a été aussi le début de la remontée de la pente.
- Speaker #0
c'est parce que le... C'est tout le champ travail, c'est tout, il était sorti de ta tête. Tout le stress lié à ton activité pro, elle est partie. Vu que tu étais sereine à l'idée de ne plus y retourner. C'est ça. C'est un petit grand pas. Quand on parle d'alignement, c'est ça. C'est pour ça que je reste persuadée que toi, tu étais en stress avant de reprendre le boulot. Et que reprendre le boulot, c'est venu confirmer que non, c'est pas possible, tu peux pas le reprendre. Donc, dès que tu t'es dit, c'est sûr et certain, je n'y retourne pas, je fais autre chose. Il y a un gros poids qui est parti. Et donc, à ce moment-là, tu n'as pas besoin d'antidépresseur. En plus, c'est cool parce que le médecin dont tu parles, il a bien insisté sur tout ce qui n'est pas chouette dans un antidépresseur. Du coup, toi, ça t'a plutôt ralenti et t'as mis de l'énergie ailleurs. Et donc, tu as trouvé d'autres solutions. Parce que ça peut être un...
- Speaker #1
Et vis-à-vis de tes enfants, à partir de là, est-ce que la relation s'est apaisée ?
- Speaker #2
J'ai l'impression que c'est un peu moins tendu. Et puis j'essaye aussi, je sens aussi que j'expédie moins la sieste, le coucher. Je ne me retrouve pas à 19h à dire « allez hop hop hop, tout le monde mange, tout le monde en pyjama, au dodo, comme ça on est tranquille » .
- Speaker #1
Tu ne profites plus du moment ?
- Speaker #2
Oui, je prends plus le temps. Je reprends le plaisir de lire l'histoire du coup, et voilà. Donc j'ai vu une psychologue à côté pour mon fils.
- Speaker #1
Ouais, donc il verbalisait en fait ton fils ? Oui. Enfin, il verbalisait n'importe quoi, il exprimait en fait son mal-être ?
- Speaker #2
Complètement. Enfin, le problème avec lui, il n'avait pas du tout un lien avec ce que moi je vivais, mais il se rendait bien compte que, quand on est arrivé chez sa psychologue, le premier truc qu'il lui a dit, c'est « on vient pour… » pour essayer que maman se mette moins en colère. C'est pas tout à fait comme ça que j'ai présenté la chose, mais c'est ce que lui en a vu.
- Speaker #1
Ok, donc aujourd'hui, qu'est-ce que tu as comme projet vis-à-vis de ta... Tu es en disponibilité ? Oui,
- Speaker #2
je disais au début que j'avais mon côté génie en entreprise de design tricot, donc je pense que je vais essayer de développer ma part.
- Speaker #1
Et toi du coup Élodie, après ta semaine de réflexion où tu t'es recentrée sur ça, qu'est-ce que tu en as retiré ?
- Speaker #3
On a tout remis à plat pour l'organisation familiale, pour notre couple, pour notre temps personnel à chacun et surtout ma reconversion professionnelle, encore une, donc mon parcours et depuis je quitte.
- Speaker #1
Super ! Et après, une fois que tu as enclenché ce projet-là, comment ça se passait les relations avec tes enfants et ton conjoint ?
- Speaker #3
Alors, tout s'est naturellement remis en place. C'est-à-dire que plus je faisais du travail sur moi, plus je me sentais mieux moi. Plus ça rayonnait, plus ça rayonnait. Voilà.
- Speaker #1
Alors, vous avez eu ce deuxième petit garçon. Est-ce que tu as eu peur que ça revienne, toutes ces peurs, tout ce burn-out au final ?
- Speaker #3
Oui et non. En fait, Elio est un bébé surprise. C'est notre petit kinder surprise, comme on l'a appelé pendant plusieurs semaines. C'est notre rayon de soleil. C'est le bébé comme dans les livres, le bébé modèle. Il fait quasiment ses nuits, sauf qu'en ce moment, il a les dents. Il fait sa vie. Il se manifeste parce que c'est un bébé et qu'il faut changer la couche et que de temps en temps il faut nourrir. Il nous a vraiment réconciliés avec la parentalité en fait.
- Speaker #1
Ah bah voilà ton défi facile ! C'est ça ! Super ! Et toi Mylène, du coup, est-ce que tu as trouvé un défi facile ?
- Speaker #2
Moi j'ai une étape mais c'est avant les enfants en fait, j'avais peur de l'accouchement.
- Speaker #1
Je ne sais pas si ça rentre. Le crime, tout est accepté.
- Speaker #2
Moi, c'est les deux accouchements. À chaque fois, c'est des choses qui m'angoissaient un peu moins. La deuxième, parce que j'avais déjà connu la première, mais au final, ça s'est très bien passé, même mieux que ce que j'imaginais.
- Speaker #1
Bon, écoutez, je vous remercie, les filles, Élodie et Mylène, de nous avoir livrées... Tout ce qui s'est passé autour de votre burn-out, c'est très intéressant, je trouve ça important.
- Speaker #3
Je demande de nous aider aussi à faire connaître ce qu'est le burn-out parental et puis on peut y arriver, on peut s'en sortir, c'est pas une faute.
- Speaker #0
Et je dirais même qu'on en sort... Alors plus forte, ça fait la phrase bidon, prêt à l'emploi, mais réellement on en sort comme autrement. Vu que ça nous oblige à nous reconnecter à nous, à revoir un peu nos compétences et vraiment nos valeurs et vers quoi on veut tendre. Donc forcément, on en sort avec un enseignement, des fois même de nouvelles compétences. Alors tu n'es pas obligé de passer par un burn-out bien évidemment, mais en tout cas, on peut se dire qu'heureusement, ce n'est pas qu'une épreuve. Il y a du positif et ça fait partie de la vie. Et du coup, par résilience, on surmonte et on exploite tout ce qu'on peut et puis on avance. Et comme tu disais, ce n'est pas fatal, on n'en meurt pas. Très peu, en tout cas, il y a un très petit pourcentage de crises cardiaques et compagnie, mais généralement c'est un effondrement où tu restes à la maison et tu dors. Mais il faut prendre soin de soi. Il ne faut pas rester dans la honte, dans la culpabilité. Il faut aller voir un professionnel de santé. Il faut prendre soin de soi. Voilà, c'est tout. En parler, en parler, en parler. Voilà, c'est la fin de cet épisode. Alors, merci plus, plus, plus pour ton écoute. Juste avant de se quitter, je t'informe qu'il y aura un challenge du 30 septembre au 4 octobre. Ça va être cinq jours transformationnels dans lesquels... Tu vas bosser, tu pourras bosser sur les aspects indispensables, les trucs qu'il faut absolument revoir si tu veux remonter la pente. Ce sera cinq jours de live avec des petits défis. Et le fait de relever ces défis, ils vont te faire énormément de bien et vont déclencher tout un processus de changement par la suite. En tout cas, c'est le but de ce challenge. Tu pourras t'y inscrire en checkant un peu les liens qui sont dans le descriptif. Sinon, sur Instagram, tu trouveras le lien dans ma bio. Et d'ailleurs, en parlant d'Instagram, je te mets les comptes de Mylène et Elodie pour que tu puisses aller voir leur travail et tu verras qu'elles sont très inspirantes. D'ailleurs, si tu veux soutenir le Café des Burnies, tu peux me laisser un avis. Je le lirai aux prochains épisodes. Tu peux aussi me mettre 5 étoiles sur la plateforme d'Apple Podcast. Ça permet vraiment de faire vivre le podcast. Rappelle-toi qu'il est toujours possible pour toi de réserver une séance offerte avec moi pour parler de ta situation, voir où tu en es. Ici, moi, je peux t'aider. Et sinon, je te dis à la semaine prochaine. Et d'ici là, booste ton fil.