Speaker #0Assalamu alaikum et bienvenue dans le chemin vers la Sékina, le podcast dédié aux femmes musulmanes qui souhaitent retrouver plus de paix, d'énergie et de sérénité dans leur quotidien. Je suis Leïla et j'accompagne les femmes à mieux se comprendre, à se reconnecter à elles-mêmes et à leur foi, pour avancer vers une vie plus apaisée, incha'Allah. Ici, on parlera de ce qui se passe à l'intérieur de nous, nos émotions, nos pensées, nos relations. notre quotidien, mais aussi de spiritualité, parce que je suis profondément convaincue que notre relation avec Allah est au cœur de notre équilibre. Alors installe-toi, prends ce petit moment pour toi, et avançons ensemble, doucement, sur le chemin de la séquina. Et si aujourd'hui, je te posais une question toute simple, qui es-tu ? Mais attends, je ne te parle pas de ton métier, je ne te parle pas de ton rôle de maman, je ne te parle pas de ton rôle d'épouse, encore moins de ton rôle de fille ou de sœur. Je te parle de toi. Qui es-tu sans tout ça ? Qu'est-ce que tu aimes ? Qu'est-ce qui compte vraiment pour toi ? Qu'est-ce qui te fait plaisir ? De quoi as-tu besoin ? Est-ce que tu arrives facilement ? À répondre à ces questions ? Ou est-ce que tu réalises que finalement, tu ne sais plus vraiment ? Tu sais, parfois, à force de prendre soin de tout le monde, de répondre aux attentes des autres, de vouloir être une bonne mère, une bonne épouse, une bonne fille, une bonne sœur, on finit par ne plus vraiment savoir ce qu'on aime, ce qu'on veut, ni même ce dont on a besoin. Et le plus troublant, c'est qu'on ne se rend pas vraiment compte. Alors aujourd'hui, j'aimerais qu'on prenne un petit moment ensemble pour parler de toi, pas uniquement de tous les rôles que tu remplis, mais de la femme que tu es, derrière tous ces rôles. Comment on finit par s'oublier ? Tu sais, ce qui est particulier avec le fait de s'oublier, c'est que ça ne se fait pas du jour au lendemain. On ne se réveille pas un matin en se disant « Tiens, à partir d'aujourd'hui, je vais arrêter de penser à moi » . Ben non, en fait, c'est beaucoup plus subtil que ça. Ça commence parfois par des petites choses. Un jour, tu avais envie de faire quelque chose, mais quelqu'un avait besoin de toi. Alors tu as reporté. Une autre fois, tu étais fatigué, mais tu as dit, c'est pas grave, je vais me reposer plus tard. Et puis un jour, tu n'étais pas d'accord avec quelqu'un, mais tu as préféré te taire pour ne pas créer de conflit. Et petit à petit, ces petites décisions... deviennent des habitudes. Puis ces habitudes deviennent ta manière de fonctionner. Tu prends l'habitude de demander aux autres ce qu'ils veulent, mais tu ne te demandes plus ce que toi tu veux. Tu connais par cœur les goûts des autres, les besoins, les préférences de tout le monde, mais les tiennes, est-ce que tu les connais encore ? Je vais te donner un exemple tout simple. Quand tu prépares à manger, tu sais exactement ce que chacun aime. Tu connais les plats préférés de tes enfants, de ton mari, de tes proches. Et souvent, tu t'adaptes. Et puis un jour, quelqu'un te dit, aujourd'hui c'est toi qui choisis. Qu'est-ce que tu as envie de manger ? Et là, tu réponds, au moins peu importe. Mais attends, est-ce que ça t'importe vraiment peu ? Ou est-ce que tu as tellement pris l'habitude de t'adapter au goût des autres que tu ne sais même plus ce qui te fait plaisir à toi ? Et c'est pareil pour plein de choses. Le film qu'on regarde, l'endroit où l'on va, les activités qu'on choisit. Tu t'adaptes tellement naturellement que parfois, tu ne prends même plus le temps d'identifier tes propres préférences. Et attends, s'adapter aux autres, ce n'est pas un problème en soi. Mais quand on s'adapte tout le temps, au point de ne plus savoir ce qu'on préfère, peut-être que ça mérite qu'on s'y arrête. Parfois, à force de s'oublier, on finit même par en vouloir aux autres. On se dit, mon mari ne sait même pas ce que j'aime. Il ne sait même pas ce qui me fait plaisir. Il ne sait même pas qui je suis vraiment. Peut-être que tu ressens ça avec tes parents, tes frères et sœurs ou d'autres personnes de ton entourage. Tu as cette impression qu'ils ne te connaissent pas vraiment, qu'ils ne savent pas qui tu es. Et ça peut te faire de la peine. Mais j'aimerais te poser une question qui va peut-être te bousculer un peu. Est-ce que toi, tu sais vraiment qui tu es ? Parce que parfois, on attend des autres qu'ils devinent nos besoins, qu'ils comprennent ce qu'on ressent, qu'ils sachent ce qui nous fait plaisir, alors que nous, on a du mal à mettre des mots dessus. Ça ne veut pas dire que les autres n'ont pas à faire des efforts pour nous connaître. Bien sûr que non. Mais peut-être qu'avant d'attendre qu'ils comprennent tout de nous, on pourrait commencer par apprendre à mieux se connaître soi-même. Parce que comment exprimer clairement ce dont tu as besoin si toi-même, tu ne le sais pas encore ? Tu vas me dire, je n'ai plus le temps. Oui, il y a cette phrase qu'on prononce tellement souvent. Je n'ai plus le temps. Je n'ai plus le temps d'aller chez le coiffeur. Je n'ai plus le temps de faire une activité que j'aime. Je n'ai plus le temps de prendre soin de moi. Et bien sûr, parfois, nos journées sont vraiment chargées. Entre les enfants, le travail, la maison, la famille. et toutes nos responsabilités, il reste parfois très peu de place. Mais j'aimerais te poser une question. Est-ce que tu n'as vraiment plus le temps ? Ou est-ce que tu as progressivement cessé d'accorder du temps ? Parce que regarde, quand ton enfant a besoin d'aller chez le médecin, tu trouves une solution. Quand un proche a besoin de toi, tu essayes de te rendre disponible. Mais quand c'est toi qui ne te sens pas bien, tu te dis, oh ça va passer. Ce n'est pas si grave, j'irai quand j'aurai le temps, je vais me reposer ce soir, je vais essayer de dormir tôt. Et tu repousses encore et encore. Parfois jusqu'au jour où tu n'arrives presque plus à tenir debout. Jusqu'au moment où ta fatigue ou ta douleur t'empêche en fait de t'occuper de ta famille ou d'aller au travail. Et là, tu finis par consulter. Mais attention, pourquoi faut-il parfois que tu ne sois plus capable de prendre soin des autres ? pour que tu t'autorises enfin à prendre soin de toi ? Pourquoi ta santé devient-elle urgente seulement quand elle t'empêche d'assumer tes responsabilités ? Est-ce que ta santé n'avait pas déjà de valeur avant d'en être arrivée là ? Et tu sais, je ne te dis pas ça pour te culpabiliser. Je sais que certaines périodes de vie nous laissent réellement peu de temps et de possibilités. Mais j'aimerais t'inviter à regarder les priorités que tu t'es peut-être habitué à établir. À force de considérer les besoins des autres comme urgents, tu as peut-être fini par considérer les tiens comme facultatifs. Alors qu'ils ne le sont pas. Et peut-être que la vraie question n'est pas seulement « Pourquoi est-ce que je n'ai plus le temps pour moi ? » mais plutôt « Pourquoi est-ce que je trouve toujours le temps pour les autres alors que pour moi ? » Il n'en reste jamais. Parce qu'à force de sacrifier ton temps pour tout le monde, tu as peut-être fini par croire que tes besoins pouvaient toujours attendre. Mais jusqu'à quand ? Jusqu'à ce que ton corps n'en puisse plus ? Jusqu'à ce que tu sois obligé de t'arrêter ? Et si tu n'attendais pas d'être à bout pour commencer à t'accorder du temps ? Et tu sais, on entend souvent ce conseil. Prends du temps pour toi. Pense un peu à toi, accorde-toi des moments pour toi. Ces conseils partent généralement d'une bonne intention. Mais parfois, elles peuvent nous faire culpabiliser encore davantage. Parce qu'on se dit, mais quand ? Mais quand ? J'ai déjà mille choses à faire. Et puis, imaginons que tu réussisses enfin à trouver ce fameux temps. Personne ne te sollicite, tu as une heure devant toi. Mais là, une autre question se pose. Qu'est-ce que je vais faire de cette heure ? Tu pourrais lire, sortir, te reposer, faire une activité qu'il te plaît. Mais qu'est-ce qui te plaît vraiment ? Et parfois, tu réalises que tu ne sais même plus répondre à cette question. Alors tu regardes autour de toi. Tu vois le linge qui attend, la cuisine arrangée, les petites choses que tu n'as pas eu le temps de terminer. Et finalement, tu te mets à faire quelque chose. Et ton moment, pour toi, disparaît. Pas forcément parce que tu ne veux pas prendre soin de toi, mais peut-être parce que depuis tellement longtemps tu as appris à être attentive aux besoins des autres que tu as perdu l'habitude d'écouter les tiens. Alors, avant de demander comment trouver du temps pour toi, peut-être il faudrait commencer par te demander Qui suis-je ? Qu'est-ce qui me fait réellement plaisir ? Parce que prendre... Du temps pour soi, c'est une chose, mais savoir ce qui nous fait du bien, c'est une autre chose. C'est une autre chose. Et tu sais pourquoi c'est important ? Parce que lorsque tu sais ce que tu aimes vraiment, ce qui te fait plaisir, ce qui te ressource, tu as naturellement davantage envie de lui faire une place dans ta vie. Tu as une raison de prendre ce temps. Ce n'est plus simplement une case supplémentaire à cocher dans ton agenda, une obligation de plus. C'est quelque chose que tu as réellement envie de faire. Parce que tu sais. que ça t'apporte. Tu sais ce que ça t'apporte. Et parfois, ce n'est pas seulement le temps qui manque, c'est aussi cette motivation qui naît lorsqu'on sait ce qui nous fait du bien. Et c'est là que la connaissance de soi prend tout son sens. Pourquoi avons-nous appris à nous oublier ? Maintenant, j'aimerais qu'on aille un peu plus loin. Parce qu'on vient de voir comment petit à petit, on peut perdre l'habitude de s'écouter. Mais il y a une autre question que j'aimerais te poser Pourquoi est-ce que tu as appris à faire passer les besoins des autres avant les tiens ? Tu sais, on ne naît pas en pensant que nos besoins sont moins importants que ceux des autres C'est quelque chose qu'on peut apprendre au fil de notre histoire Parfois ça commence très tôt, dans notre enfance Peut-être que tu as grandi dans une famille où il fallait toujours être gentil Merci. Sers viable, ne pas déranger. Peut-être que tu as souvent entendu des phrases comme « Sois sage, ne réponds pas, fais plaisir, ne sois pas égoïste » . Et attention, je ne suis pas en train de dire que ces phrases sont forcément mauvaises ou que nos parents avaient de mauvaises intentions, mais ce qui est intéressant, c'est de comprendre comment toi tu les as interprétées. Parce qu'une petite fille peut entendre « Sois gentille » et finir par comprendre « Pour être aimée, je dois toujours faire plaisir aux autres » . Elle peut entendre « Ne sois pas égoïste » et développer cette croyance « Si je pense à moi, je suis mauvaise, une mauvaise personne » . Et sans même s'en rendre compte, elle grandit avec ses idées. Puis cette petite fille devient une femme, une femme qui a du mal à dire non, une femme qui se sent... coupable lorsqu'elle se repose, une femme qui a peur de décevoir et parfois elle ne comprend même pas pourquoi elle fonctionne comme ça. Elle se dit simplement c'est mon caractère, je suis comme ça, mais j'aimerais t'inviter à réfléchir à quelque chose. Et si certains comportements que tu considères aujourd'hui comme faisant partie de ta personnalité étaient en réalité des façons de fonctionner que tu as apprise. Je vais te donner un exemple. Imagine une petite fille qui remarque que lorsqu'elle est sage, qu'elle aide et qu'elle ne réclame rien, elle reçoit beaucoup de compléments. Elle entend « quelle gentille fille » , elle ne demande jamais rien. Petit à petit, elle peut associer le fait de ne pas déranger au fait d'être appréciée. Et des années plus tard, cette même petite fille, devenue adulte, peut avoir énormément de mal à exprimer ses besoins. Non seulement parce qu'elle a appris à les garder pour elle, mais aussi parce qu'elle n'a peut-être jamais appris comment les exprimer. Elle n'a pas appris à faire de la place à ses besoins, ni à les reconnaître, ni à les formuler clairement. Et aujourd'hui, elle peut se retrouver à attendre que les autres comprennent ce qu'elle ressent, alors qu'elle-même ne sait pas, toujours pas, comment les exprimer. Bien sûr, ce n'est qu'un exemple. Nous avons toutes des histoires différentes. Mais parfois, ce qui nous empêche de nous écouter aujourd'hui trouve une partie de son explication dans ce que nous avons appris hier. Et c'est pour ça que je trouve la connaissance de soi tellement importante. Parce qu'elle nous invite à aller au-delà de nos comportements. Par exemple, au lieu de te dire simplement « je n'arrive pas à dire non » , tu pourrais te demander « qu'est-ce que j'ai peur qu'il se passe si je dis non ? » « Est-ce que j'ai peur de décevoir ? » qu'on m'enveuille, j'ai peur de ne plus être aimée, ou qu'on me trouve égoïste. Tu vois, ce n'est pas tout à fait la même chose. Tu ne cherches plus seulement à changer ce que tu fais. Tu essaies de comprendre ce qui se passe à l'intérieur de toi. Et parfois, derrière un simple « oui » , il peut y avoir une peur, une croyance, ou une habitude tellement ancienne qu'on ne le remarque même plus. Se connaître Ce n'est donc pas seulement découvrir ce qu'on aime, c'est aussi comprendre pourquoi on agit comme on agit, pourquoi certaines situations nous blessent autant, pourquoi nous avons du mal à poser des limites, pourquoi nous ressentons parfois de la culpabilité lorsque nous choisissons de nous écouter, et surtout, comprendre que ce n'est pas parce que tu as appris à fonctionner d'une certaine manière que tu es obligé de continuer ainsi toute ta vie. tu peux apprendre à te connaître autrement, à reconnaître tes besoins, à exprimer tes limites et à faire des choix qui respectent davantage ce qui est important pour toi. Sans penser que cela fait de toi une personne égoïste, parce que tes besoins aussi ont de l'importance. Et tu sais, j'aimerais maintenant partager quelque chose avec toi. Quand on parle de prendre soin de soi, Certaines femmes ressentent de la culpabilité, comme si penser à soi était forcément égoïste. Et parfois, cette culpabilité se mélange même avec notre manière de vivre notre religion. On veut être une bonne musulmane, une bonne épouse, une bonne maman, une bonne fille. On veut être présente pour les autres, mais faire le bien, être généreuse. Et toutes ces intentions sont belles. Mais j'aimerais te poser une question. Est-ce que Allah... nous demande réellement de nous oublier pour prendre soin des autres ? Il y a un hadith authentique que je trouve très beau. Dans un récit rapporté par Al-Bukhari, le prophète sallallahu alayhi wa sallam approuve cette parole de Salman, dont voici le sens. Ton Seigneur a un droit sur toi, ta personne a un droit sur toi, et ta famille a un droit sur toi. Donne donc à chacun son droit. Arrête-toi un instant sur cette parole. Il n'est pas seulement question des droits d'Allah ou des droits de nos familles. Il est aussi question des droits de notre propre personne. Et je trouve que ça change notre manière de voir les choses. Prendre soin de toi, ce n'est pas faire passer tes envies avant tout le monde. Ce n'est pas oublier tes responsabilités. C'est reconnaître que toi aussi tu as des besoins. Et tu as besoin de repos. Tu as besoin de préserver ta santé. Tu as besoin de moments d'apaisement. Et tu as aussi besoin de nourrir ta foi. Parce que tu sais, il y a quelque chose auquel on ne pense jamais. Et notre relation avec Allah dans tout ça. Imagine que tu passes ta journée à répondre aux besoins de tout le monde. Tu donnes, tu donnes, tu donnes encore. Tu t'occupes de tes enfants, de ta famille, de ton travail, de la maison. Et quand arrive le moment de te retrouver devant Allah pour la prière, tu es épuisé. Tu pries, bien sûr, mais parfois tu es tellement fatigué que tu as tellement de choses en tête que tu as du mal à être pleinement présente. Tu aimerais retrouver le Ausha dans ta prière, ce recueillement, cette présence du cœur dans la prière. Mais il ne te reste pas. Presque plus d'énergie. Alors j'aimerais te poser une question. À force de vouloir être disponible pour tout le monde, est-ce que tu n'as pas parfois laissé trop peu de place à l'essentiel dans ta relation avec Allah ? Tu sais, on fait tellement d'efforts pour ne décevoir personne. Mais au milieu de tout ça, quelle place accordons-nous à notre relation avec Allah ? Et attention ! Je ne dis pas qu'une prière accomplie dans la fatigue n'a pas de valeur. Allah connaît nos efforts, nos difficultés et nos intentions. Mais j'aimerais simplement t'inviter à réfléchir. Si tu donnes toute ton énergie aux autres, au point de ne plus avoir de force pour tes propres besoins et pour vivre sereinement tes adorations, est-ce que cet équilibre mérite peut-être d'être vu ? Parce qu'un jour... nous aurons à répondre de nos actes devant Allah. Alors, est-ce qu'il ne serait pas important de réfléchir aussi à la manière dont nous utilisons notre temps et notre énergie ? Et si cette question te touche, si tu réalises que certaines choses méritent de changer, ne laisse pas cette prise de conscience devenir une culpabilité qui t'écrase. Vois-le plutôt comme une invitation à revenir à l'essentiel. Parce que Allah est Ar-Rahman Ar-Rahim. le tout-miséricordieux, le très-miséricordieux. Et tant que nous sommes en vie, nous pouvons nous remettre en question. Demandez son aide. nous remettre en question. Tu n'as pas besoin de changer tout du jour au lendemain. Tu peux commencer par des petites choses, apprendre à reconnaître tes limites, accepter que ton corps a besoin de repos, faire progressivement davantage de place à ce qui nourrit ton cœur et ta foi. Et peut-être qu'au fond, prendre soin de toi, ce n'est pas t'éloigner de tes responsabilités. C'est aussi te donner les moyens de mieux les accomplir, y compris ta relation avec Allah. Alors comment commencer à te retrouver ? Maintenant, j'aimerais te proposer quelque chose. Depuis le début de cet épisode, on parle de cette tendance à s'oublier, à faire passer les autres avant soi. Parfois au point de ne plus vraiment savoir qui l'on est. Mais peut-être qu'en m'écoutant, tu te demandes « d'accord » . Mais comment je fais ? Comment je fais pour commencer à me retrouver ? Et tu sais quoi ? Je ne vais pas te demander de bouleverser toute ta vie, ni de changer toutes tes habitudes dès demain. Parce que je crois que pour apprendre à se retrouver, il faut d'abord réapprendre à s'écouter. Alors j'aimerais te proposer un exercice. C'est trois questions simples. Tu peux y réfléchir maintenant, ou prendre un carnet et y répondre tranquillement après. Première question. Qu'est-ce que j'aime ? Moi. Pas ce que mes enfants aiment, pas ce que mon mari préfère, pas ce que les autres attendent de moi, mais moi. Qu'est-ce qui me fait plaisir ? Qu'est-ce qui me fait du bien ? Qu'est-ce qui me ressemble ? Et si tu ne sais pas répondre tout de suite, ce n'est pas grave. Peut-être que ça fait simplement longtemps que tu ne t'es pas posé cette question. Deuxième question. Dans quelle situation est-ce que je dis oui alors qu'au fond, j'aimerais dire non ? Essaie de repenser à une situation récente. Pourquoi as-tu dit oui ? Par envie ? Par choix ? Ou parce que tu avais peur de décevoir ? de déranger ou de passer pour quelqu'un d'égoïste. Ne cherche pas à te juger. Essaye simplement de comprendre. La troisième question, c'est de quoi ai-je réellement besoin en ce moment ? Peut-être de repos, peut-être de calme, peut-être d'être écouté, peut-être de retrouver du temps pour nourrir ta foi, ou peut-être simplement de comprendre ce qui se passe à l'intérieur de toi. Tu vois, ce sont trois petites questions, mais elles peuvent être le début d'un cheminement beaucoup plus profond. Parce qu'en réalité, apprendre à se connaître, ce n'est pas trouver toutes les réponses en une journée. C'est commencer à s'intéresser à cette personne qu'on a parfois laissée de côté pendant des années. Et cette personne, ben c'est toi. Et avant de quitter, et avant de te quitter, j'aimerais te partager quelque chose qui me tient vraiment à cœur. Depuis que j'ai commencé ce travail de connaissance de soi, depuis que j'essaye de mieux comprendre mes réactions, mes croyances, mes besoins, mes limites, j'ai remarqué quelque chose. En apprenant à mieux me connaître, j'ai aussi commencé à me rapprocher davantage d'Allah. Subhanallah. Parce que ce chemin m'a permis de prendre conscience de certaines de mes faiblesses, de mes peurs, mais aussi des bienfaits qu'Allah m'a accordés. Et puis j'apprends à me connaître, puis je réalise à quel point j'ai besoin de lui. Dans la surah Al-Kaif, au verset 16, Allah nous rappelle qu'il a créé l'être humain, qu'il sait ce que son âme lui suggère. et qu'il est le plus proche de lui que sa veine jugulaire. Allah connaît ce que nous portons au plus profond de nous-mêmes, même ce que nous avons parfois du mal à comprendre ou à exprimer. Et personnellement, je trouve cette réflexion tellement apaisante. Alors aujourd'hui, j'aimerais te laisser avec cette question. Et si apprendre à te connaître était aussi un chemin pour te rapprocher d'Allah ? Tu n'as pas besoin d'avoir toutes les réponses aujourd'hui. Tu peux commencer simplement en te posant les bonnes questions. En essayant de comprendre ce qui se passe en toi. En apprenant à reconnaître tes besoins, tes valeurs, tes limites. Et peut-être que petit à petit, tu apprendras à retrouver cette femme que tu as longtemps mis de côté. Non pas pour devenir quelqu'un d'autre, mais pour apprendre à être davantage toi-même. Avec ton histoire, tes valeurs, tes besoins, tes limites et ta foi. Alors avant de se quitter, si tu retiens quelque chose de cet épisode, j'aimerais que ce soit ceci. D'abord, à force de prendre soin des autres, on peut perdre l'habitude de s'écouter, parfois sans même s'en rendre compte. Ensuite, apprendre à te connaître, ce n'est pas seulement savoir ce que tu aimes, c'est aussi comprendre pourquoi tu fonctionnes comme tu fonctionnes, avec tes croyances et ton histoire. Et puis, prendre soin de toi ne veut pas dire négliger les autres. Notre religion nous rappelle justement l'équilibre des droits. Et peut-être que pour prendre plus de temps pour toi, tu as besoin de découvrir ce qui te fait vraiment du bien. Parce que quand tu le sais, tu as aussi davantage envie de lui faire une place dans ta vie. Alors aujourd'hui, je ne te demande pas de tout changer, mais simplement de prendre un moment pour cette question. Qui es-tu derrière tous les rôles que tu occupes aujourd'hui ? Parce qu'apprendre à te connaître, ce n'est pas seulement découvrir ce que tu aimes ou ce dont tu as besoin. C'est aussi apprendre à mieux comprendre tes responsabilités, respecter les droits de chacun et avancer avec l'aide d'Allah vers ce qui lui plaît. Et peut-être que ce chemin commence simplement par une chose, prendre le temps de te découvrir. Qu'Allah nous aide à mieux nous connaître. à prendre soin de ce qu'il nous a confié et à nous rapprocher de lui. Amen. J'espère que cet épisode t'aura permis de prendre un petit moment pour toi, de réfléchir à ce qui se passe à l'intérieur de toi et peut-être de mettre des mots sur certaines choses. Et rappelle-toi, parfois, on n'a pas besoin d'avoir toutes les réponses seules. Être accompagné, c'est aussi s'offrir Merci. Un espace pour soi, pour aller plus en profondeur, se poser les bonnes questions et mettre davantage de clarté sur ce que l'on vit. Si tu ressens que tu as besoin de cet espace, tu peux retrouver toutes les informations concernant mon accompagnement dans la description de cet épisode. Et si cet épisode t'a parlé, n'hésite pas à le partager à une femme qui pourrait en avoir besoin. On se retrouve très bientôt ! Pour un nouvel épisode, d'ici là, prends soin de toi, prends soin de ton cœur, et avançons, un pas après l'autre, sur le chemin vers la Sèkine. Assalamu alaikum wa rahmatullah wa barakatuh