Speaker #0Pratiquement tous les jours sur les réseaux sociaux, je lis vos commentaires. Je découvre toujours un petit peu plus à quel point vous avez l'air mais si fatigué de votre métier. Il y en a même qui sont prêtes à changer complètement de voie et puis il y a toutes celles qui attendent impatiemment la retraite pour souffler un peu. Et je peux le comprendre franchement parce que des fois ça m'était arrivé aussi d'avoir l'envie de tout arrêter. Mais si je vous disais que ce n'était pas le métier lui-même qui vous épuise et qui vous sature ? Et si c'était plutôt la manière dont on nous a appris à exercer ce métier ? Alors suivez-moi dans ce nouvel épisode parce que j'aimerais vraiment vous partager une autre vision de la coiffure. Le cheveu fil de l'âme. Ce podcast s'adresse aux coiffeuses qui sentent que la coiffure commerciale ne répond plus à leurs besoins de sens. Je suis Marie-France, coiffeuse depuis plus de 40 ans. J'ai longtemps pratiqué la coiffure de transformation avant de réaliser que les cheveux ne demandent pas toujours à être changés, mais à être écoutés. A travers mon parcours, j'ai compris que les cheveux parlent, qu'ils racontent l'histoire intérieure des femmes, leurs émotions, leur passage de vie, leurs besoins inconscients. Et que dans notre posture de coiffeuse, soit on peut rester à la surface, soit devenir un véritable espace de rencontre humaine. Comme je le disais, vous êtes tellement nombreuses aujourd'hui à être au bout du rouleau et de vous sentir coincée dans votre profession, coincée par le rythme infernal, par la course à la clientèle, parce que franchement, on le reconnaît, elle est quand même de moins en moins fidèle. Il y a tout ce stress, le stress de fin de mois difficile, le stress de gestion, que ce soit du personnel, du salon en lui-même. La pression des réseaux sociaux, tout ça qui provoque de la concurrence. Et puis, n'en parlons pas, à peine, il y a les émotions de vos clientes, en plus des vôtres. Alors, avec tout ça, j'en passe évidemment beaucoup d'autres. Est-ce que vous aussi, parfois, vous avez terminé vos journées tellement claquées, sans vraiment savoir en fait pourquoi ? Il y a toujours cette fatigue, mais on ne sait jamais vraiment si elle est émotionnelle, physique. Alors vous allez me dire que c'est souvent un mélange des deux, et c'est vrai. Mais posez-vous réellement la question, qu'est-ce qui vous fatigue vraiment le plus aujourd'hui dans votre travail ? Posez-vous vraiment la question. Alors moi, ça fait 40 ans que je coiffe, et j'ai remarqué vraiment qu'à quel point le système d'apprentissage, il n'avait vraiment pas évolué. Je l'ai souvent évoqué dans de nombreux épisodes, mais c'est tellement réel malheureusement. C'est une triste vérité. Parce qu'à l'école, ça va être la technique, on parle de rendement, on parle de comment on applique les produits, on apprend à les connaître quand même, ce qui est très bien aussi, on parle de beauté, on parle d'apparence. Mais jamais, en tout cas moi à mon époque, et je l'entends à travers vos commentaires, ou je le lis du moins à travers vos commentaires, on ne parle pas de comment gérer vos émotions, comment même gérer votre fatigue. Parce qu'on parle tellement de rendement qu'à un moment donné, on ne sait même pas comment. On doit gérer ce rendement. Comment avoir autant de clientes sans se sentir aussi épuisé ? Alors on va venir vous parler d'augmentation de tarifs, et puis il y en a beaucoup d'entre vous qui ont peur de cette augmentation, peur de faire fuir les clientes, peur de les perdre. Alors comme je l'ai eu moi aussi pendant une période, pour ne pas augmenter mes tarifs, j'avais augmenté la clientèle. Mais à un moment c'est le corps qui vous lâche, parce que lui, il n'en peut plus. Alors c'est ça que je dis, à l'école on ne nous apprend pas vraiment à gérer tout ça. Je trouve qu'on devrait tellement aborder le côté humain, le côté gestion émotionnelle et surtout l'écoute de soi. On est tellement là à juste apprendre à coiffer, mais on doit porter en plus la charge émotionnelle des clientes. Mais la nôtre, qu'est-ce qu'on en fait là-dedans ? Et ça, ce poids-là, il existe mais tellement. Dites-moi un peu pour vous qu'est-ce que ça représente aujourd'hui ce poids émotionnel. Parce que j'en ai lu aussi quelques-unes qui parlent du « Ah moi j'en ai ras-le-bol d'entendre ces clientes me parler de leurs problèmes, j'ai pas fait ce métier-là pour ça. » Et c'est là où on se dit « Mais alors pourquoi je fais ce métier ? » Alors je ne dis pas qu'on fait coiffure pour écouter le problème des gens, mais quand on fait coiffure, on est dans une relation humaine. On coiffe des gens toute la journée, donc on est vraiment en contact humain. avec une personne. Et la personne qui vient, elle vous offre sa tête, c'est sûr, mais elle vient avec tout le reste, tout ce qui va avec. Alors moi je peux vous dire qu'aujourd'hui il est possible de continuer à pratiquer notre métier, mais autrement. Et puis de ne pas attendre la pension. pour survivre, parce qu'il y en a, je sais, c'est là que vous en êtes, à attendre la pension. Parce qu'on se dit « je suis trop vieille pour commencer autre chose » et puis il y en a d'autres qui se disent « mais je ne suis formée qu'à ça, qu'est-ce que je pourrais bien faire d'autre ? » Par contre, j'en ai vu beaucoup d'entre vous qui sont partis dans des domaines mais complètement différents, à saturation du métier. Mais bien souvent, ce sont des indépendantes, toutes celles qui avaient justement cette charge de gestion supplémentaire à devoir gérer par rapport à quelqu'un qui va être... en tant qu'employée, ouvrière et qui ne doit pas s'occuper vraiment de la gestion du salon. Donc ça peut très bien se comprendre aussi. Aujourd'hui j'ai pu alléger mes horaires, j'ai pu réduire mon stress et puis j'ai vraiment retrouvé une joie de pratiquer. Petite question, est-ce que vous êtes la même que celle qui a commencé à pratiquer à ses débuts ? Est-ce que vous vous reconnaissez encore aujourd'hui dans votre métier comme vous étiez au commencement ? Est-ce que vous vous attendiez à ce que vous vivez aujourd'hui ? Soyez honnête avec vous, soyez clair, juste pour voir un petit peu à quoi vous vous attendiez au début, où est-ce que vous en êtes aujourd'hui et vers quoi vous avez l'impression de vous diriger. Dites-moi un peu en commentaire où vous en êtes et comment ça se passe pour vous. Je serais vraiment curieuse d'en discuter avec vous. Moi-même, je suis passée par tellement d'étapes, tellement d'étapes émotionnelles à me demander où j'en étais, qu'est-ce que je faisais là et qu'est-ce que je cherchais en fait. Je trouve que c'est intéressant à un moment donné de se remettre en question plutôt que de tout balancer d'un coup. Alors je sais qu'il y en a plusieurs d'entre vous qui recherchent quelque chose de plus profond. Pour être venu me trouver pour m'en parler, le côté superficiel, le côté juste apparence vous dépasse. Aujourd'hui ça vous sature, aujourd'hui vous avez envie d'aller plus loin, parce que vous le sentez qu'il y a ce quelque chose de plus loin. Comme s'il y avait une autre vérité, comme s'il y avait une connexion humaine. et celle-là, elle n'est pas surfaite, elle est bel et bien réelle. Et je pense que toutes celles qui ont du mal avec cette connexion se sentent encore plus épuisées parce qu'elles viennent, elles pratiquent ce qu'on leur a appris, mais au-delà de ça, ça les dépasse. Et donc c'est très usant, sincèrement. Juste coiffer pour coiffer sans tenir compte des émotions, c'est presque impossible. Et donc c'est comme si vous étiez dans une retenue en permanence de... « Oui mais non, je ne veux pas écouter ce qu'elle me dit, ça ne m'intéresse pas. » Ou alors je parle de l'appui du bouton, ou alors je dis « oui, amène à tout » ou « non » . Mais je ne rentre pas dans des grandes discussions parce que ça va m'épuiser, parce que ça ne m'intéresse pas. Et c'est compréhensible. On n'est pas préparé à ça. On nous a bourré le crâne de techniques, d'approches, de produits, de ventes. Mais de nouveau, pas de relationnel. Alors est-ce qu'aujourd'hui, il y en a beaucoup d'entre vous qui ressentent ce besoin d'aller plus loin que les cheveux ? Parce que moi, c'est ce qui m'a amenée vers le décodage capillaire émotionnel. Parce que c'est ce qui me permet aujourd'hui de comprendre ce qui se joue intérieurement chez une femme lorsqu'elle est assise devant moi. Ça me permet aussi de comprendre ce qui s'explique parfois même au-delà d'elle-même, dont elle n'a même pas conscience, mais que ses cheveux dégagent d'eux-mêmes. Parce que leurs cheveux, avec les changements qu'ils subissent, et pas seulement je parle de changement capillaire, je parle du changement... que ce soit hormonal, que ce soit dans toutes les conditions de vie de la personne, il va y avoir cet impact dans le cheveu. Et donc on va pouvoir décrypter énormément de choses comme son mal-être et son bien-être aussi. Alors cette Ausha, elle ne s'apprend pas sur les bancs de l'école évidemment. Moi-même je l'ai apprise à l'école de la vie que j'appelle ça. Parce qu'à travers mon parcours, j'ai eu pas mal de remises en question, comme vous aujourd'hui j'imagine. Et puis j'ai eu aussi mes propres épuisements, j'ai eu aussi mes ras-le-bol. mais dit ouais mais moment où je me suis dit allez moi là je fais en boutique parce que j'en ai ras le bol puis à côté de ça mais j'ai eu beaucoup de formations mais à titre personnel et ce sont elles qui m'ont aidé à avancer une époque où j'étais vraiment prête à tout abandonner et je pense que c'est vraiment là que ça m'a permis moi même de d'aller voir au delà de ce qu'on connaît parce que ces formations là m'ont permis exactement de d'aller toucher des points que j'aurais jamais appris sur un banc d'école normal C'est triste, mais c'est comme ça. En tout cas, je vous parle du banc d'école de coiffure. Et puis, l'école de la vie, comme on l'appelle, c'est elle qui vous apprend tellement de choses. Le contact avec l'humain. Comment vous, vous pourriez vous voir aujourd'hui dans vos relations avec les clientes ? Déjà, je suis sûre que vous pourriez, à travers cette relation, vous décrire différemment de celle que vous étiez avant de commencer le métier. Parce que vous n'aviez pas ce contact de la même manière. Alors oui, avec vos amis ou la famille, n'importe, mais... Là, avec de la clientèle. Au-delà de donner la beauté à cette cliente ou de lui vendre des produits, c'est quoi ce lien ? que vous pouvez avoir avec cette cliente. Je suis sûre qu'il y en a quelques-unes avec lesquelles vous avez une relation très particulière. D'autres avec qui, comme on dit, le feeling il est là, il n'est pas là. Il y en a qu'on apprécie, d'autres moins. Il y en a avec qui on ne se pose même pas la question. C'est certain et c'est normal, c'est humain. Et c'est comme ça dans la vie de tous les jours, pas seulement au sein de notre métier. Alors j'ai envie de vous dire aujourd'hui, ouvrez les yeux sur cette façon qui est parfois devenue obsolète. de pratiquer la coiffure. Autorisez-vous à envisager que cela peut être une expérience mais tellement plus humaine. Si vous y mettiez plus de conscience sur ce lien que vous créez avec la cliente. Et ça vous apportera aussi plus de conscience sur vous-même. Je le vois dans vos partages aussi, dans les commentaires. Bon, alors évidemment, le cœur du métier, c'est la pratique des produits, les applications, les nouvelles techniques. J'ai tellement l'impression que ça vous épuise parce qu'on vous demande toujours plus, à des degrés tellement différents, et pour les clients on a l'impression que tout est possible, tout ! Et beaucoup d'entre vous, je le remarque, sont prêtes à essayer tout pour arriver à ce que la cliente veut, sans même être capable de lui dire « non, là, ce n'est pas réalisable » , par peur qu'elle aille autre part pour le faire. Est-ce que vous voulez vraiment être celle qui s'est plantée parce qu'elle savait à l'avance que ce n'était pas réalisable ? mais qu'il a quand même fait, au point d'entacher sa réputation, parce que vous savez très bien que la cliente ne va pas se gêner, ou bien être respectée en se disant « ok, elle ne s'est pas lancée dans quelque chose sur lequel elle avait un doute » . Ça c'est un vous-devoir aussi, parce que qu'est-ce que vous recherchez derrière ça ? Lorsqu'on est dans le relationnel avec la cliente, on va aller au-delà de sa demande esthétique. On va aller au-delà de son apparence. Et vous-même, vous allez comprendre, et il y en a beaucoup d'entre vous qui le comprennent déjà, que le besoin derrière la coiffure est bien plus profond que la simple demande de coiffure. Et donc aussi, de nouveau, par ce décodage capillaire émotionnel, cela permet d'aller au-delà. Aujourd'hui, étant donné que je le pratique régulièrement dans mon salon, et que je ne suis plus du tout dans les transformations capillaires, je prends vraiment le temps avec chaque cliente. J'ai plus besoin de me casser la tête, de faire des commandes à n'en plus finir, de tous les produits qui existent, parce qu'il en existe toujours de plus en plus de nouveaux, rien que des commandes de stock qui dorment. Je n'ai plus tous ces produits-là, j'ai juste le soin, le shampoing, et c'est largement suffisant pour ce que j'apporte à la cliente. Ce qu'elle vient chercher, ce n'est pas tant une coiffure, c'est un bien-être. Et l'un devrait aller avec l'autre. Ce n'est pas parce que vous transformez une cliente... Je vais dire d'un point de vue capillaire que vous ne pouvez pas lui apporter du bien-être, bien sûr. Mais sur le moment même, ça peut être assez succinct. Parce que la cliente, lorsqu'elle se voit dans le miroir et qu'elle voit le résultat de la coiffure et qu'elle se dit « Wow, c'est beau, j'aime bien ! » Oui, on dira que c'est du bien-être. Mais est-ce que ça a répondu vraiment à son besoin du moment ? Et de nouveau, chaque cliente ne vient pas chercher quelque chose de plus profond que sa coiffure. Ça se respecte. Mais là, je m'adresse à vous toutes. qui étaient venus me parler et d'autres qui ne sont pas venus me parler, et d'autres pour qui je suis sûre que le questionnement est là aussi bien présent, qu'est-ce que je recherche au-delà de la coiffure ? Qu'est-ce que j'apporte à la cliente au-delà de son apparence ? Et qu'est-ce que vous vous apportez à vous-même lorsque vous pratiquez votre métier comme aujourd'hui ou que vous aimeriez le pratiquer peut-être différemment demain ? Venez m'en parler en commentaire, je serai heureuse de le discuter de ça avec vous. Je vous remercie d'avoir écouté ce nouvel épisode et puis je vous dis à bientôt. Merci !