Speaker #0Comment vous sentez-vous dans votre rôle de coiffeuse ? Est-ce que c'est le plaisir d'embellir la femme ? Est-ce que c'est la joie d'exprimer votre art créatif ? Ou bien la création de liens à l'humain ? Peut-être simplement les deux premiers à la fois ? En fait, à l'école, on reconnaît qu'on est très bien formé à la technique. Dans certaines formations, on nous forme même à l'accueil de la cliente. Mais sincèrement, dites-moi... Lorsque vous avez mis les pieds dans cette profession, est-ce que vous vous attendiez à vivre autant de telles relations humaines avec vos clientes ? Parce que reconnaissez, quand même parfois, ça bouscule pas mal, non ? Alors suivez-moi dans ce nouvel épisode, on en parle tout de suite ensemble. Le cheveu fil de l'âme. Ce podcast s'adresse aux coiffeuses qui sentent que la coiffure commerciale ne répond plus à leurs besoins de sens. Je suis Marie-France, coiffeuse depuis plus de 40 ans. J'ai longtemps pratiqué la coiffure de transformation avant de réaliser que les cheveux ne demandent pas toujours à être changés, mais à être écoutés. A travers mon parcours, j'ai compris que les cheveux parlent. Qu'ils racontent l'histoire intérieure des femmes, leurs émotions, leur passage de vie, leurs besoins inconscients. Et que dans notre posture de coiffeuse, soit on peut rester à la surface, soit devenir un véritable espace de rencontre humaine. Mes souvenirs scolaires en école de coiffure, c'était ça. La technique, la technique et encore la technique. Alors évidemment, c'est précieux parce que c'est ce dont on va pratiquer. toute la journée. Connaître les produits, savoir les utiliser, connaître leurs composants. On est purement dans la pratique, dans l'application et dans ce qu'on va mettre, en tout cas dans ce qu'on va apporter comme transformation capillaire. De base, vous allez me dire, c'est le but de la coiffure. Oui, c'est vrai. À la base, c'est la coiffure. La coiffure proprement dit, comme je dis, de manière très commerciale, très superficielle. Je vous le mets entre guillemets pour ne choquer personne. Dans le sens où on est là pour embellir la femme. Le terme embellir la femme me dérange, mais à un point. Pourquoi est-ce que la femme a-t-elle besoin d'être embellie ? Ne peut-elle pas être juste jolie telle qu'elle est ? Bon, maintenant, il y a encore tout le système sociétal derrière avec les pubs. Pour changer de couleur, changer de lunettes, adapter son maquillage, adapter sa tenue. Enfin... La femme est un vrai élément de transformation. Et quand on voit aujourd'hui une femme qui est au naturel mais 100%, des cheveux de sa couleur naturelle, pas de maquillage, une tenue classique normale, on va dire passe-partout, on va avoir tendance à la juger en disant « waouh » . Elle se néglige, elle. C'est triste quand même, non ? Vous ne trouvez pas ? Cette sensation de dire que la femme doit toujours se montrer sous son meilleur jour. Et de nouveau, c'est quoi son meilleur jour ? Parce que extérieurement, oui, elle peut avoir l'air super jolie, à la mode, vraiment bien adaptée dans l'air du temps, mais à l'intérieur, à l'intérieur d'elle-même, qu'est-ce qu'il se passe ? Est-ce que réellement elle se sent aussi bien que belle à l'extérieur ? Pas toujours. Alors il y en a, oui, certainement, et tant mieux, mais pas toujours. Et donc ce côté où je dis le relationnel, on ne nous forme pas à l'école au relationnel, mais pas du tout. Moi je l'ai bien vu au fil du temps, ça fait maintenant 40 ans que je coiffe, il y a des moments où sincèrement le relationnel, il n'est pas facile à gérer, surtout à nos débuts. Alors en tant qu'apprenti déjà, on est là, on apprend un métier, tant bien que mal, parce que ce n'est pas toujours évident, et puis bon, voir aussi en fonction de celui qui vous forme, la patience qu'il peut avoir et même les compétences qu'il peut avoir à vous transmettre ce métier, on est de nouveau encore dans la pratique. Pratique, technique et ainsi de suite. Ok, mais les capacités, elles ne sont pas toujours là, ce n'est pas toujours inné. On a beau être quelqu'un de créatif, on a beau être quelqu'un qui aime jouer dans les transformations, ce n'est pas pour ça que la capacité, elle est innée. Donc moi, je me souviens, au début, j'ai eu du mal, mais parce que, je l'ai déjà dit, je suis rentrée dans ce métier par dépit. ce n'était pas... du tout l'amour du métier. J'ai jamais rêvé petite d'être coiffeuse. Mais je suis rentrée dedans par des pieds, je vous passe les détails. Donc j'avoue qu'au départ, ça a été compliqué pour moi. Donc même quand on m'expliquait quelque chose, j'accrochais pas plus que ça parce que ça ne me nourrissait pas. C'est fou, parce qu'à un moment, vous pourrez me dire pourquoi t'es pas partie ? Voilà, de nouveau, je ne veux pas rentrer dans le détail de ma vie, ça se ferait une autre fois, mais je suis restée et pendant dix ans, comme ça, j'ai coiffé en n'étant pas très à mon aise. Mais j'ai fait du mieux que j'ai pu, j'avoue. Maintenant, toutes celles qui rentrent dans ce métier par amour du métier, je pense que c'est beaucoup plus facile, peut-être, d'avoir la dextérité au fil du temps, la compréhension, l'amour du métier qui fait qu'on fait les choses correctement. Mais on va toujours être dans cette performance de bien faire. Et dans... Donc de nouveau embellir cette cliente et de nouveau de lui apporter ce qu'elle a demandé en arrivant. Combien de fois j'ai entendu quand on vient, tu demandes la cliente, ben voilà on va discuter avec elle quand même de ce qu'elle veut. Ok elle veut ça, Il fut un temps où ce qu'elle demandait on l'usait et on ne discutait pas. Aujourd'hui je pense que quand même les coiffeurs sont un peu plus amenés à pouvoir conseiller la cliente en pouvant lui dire... « Oui, d'accord, mais là, ce que vous me demandez, vu la qualité de votre cheveu, c'est faisable ou pas faisable ? » et ainsi de suite. On reste de nouveau dans l'approche technique, pure et dure. Le but, effectivement, c'est d'avoir un résultat qui convienne à ce que la cliente a demandé. Mais dites-moi, est-ce qu'il vous est déjà arrivé quand même qu'une cliente, une fois coiffée, et que le résultat pouvait correspondre à la photo, parce que bien souvent, maintenant, elles viennent avec des photos ? Est-ce que le résultat qui correspond à la photo, lorsque la cliente se voit dans le miroir, à 100%, les clientes vous disent « Waouh, c'est beau, j'adore, c'est ce que je voulais » . Sincèrement, dites-moi s'il n'y a pas une fois une cliente qui vous a quand même dit « Oh, ça ne va pas » . Parce que c'est joli sur photo. Et bien souvent, ce ne sont pas des photos d'elle, ce sont des photos de mannequins ou de je ne sais pas quoi qu'on a vu dans les magazines et qu'on montre au coiffeur. Et donc, à cet endroit-là, vous vous regardez, mais est-ce que ça va vraiment s'adapter à la personne, à sa morphologie, à son allure ? Aucune idée. Mais vous allez le faire quand même, puisque c'est ce qu'elle demande. Il y a ce côté de se dire après, ok, mais maintenant là, elle se sent comment alors dans cette nouvelle coiffure ? De pouvoir déjà voir pourquoi elle voulait cette nouvelle coiffure. Et là, on rentre dans ce que j'appelle le lien humain, la connexion. à les comprendre au-delà de la demande de la cliente, ce qui l'anime. Qu'est-ce qui fait qu'elle a envie de porter cette coiffure ? Alors vous pourriez me dire, qu'est-ce que ça peut te faire ? Si elle te demande de vouloir un carré, tu lui fais un carré. Au pire, si tu trouves que ça ne va pas avec sa morpho, tu lui proposes autre chose. Mais point barre, non. En tout cas, au fil du temps, c'est là où aujourd'hui je reconnais que je ne suis pas dans la coiffure pour rien. C'est que c'est le lien avec la cliente qui m'anime. Le côté créatif, je l'ai eu pendant des années, où j'ai pu vraiment m'amuser. Et j'ai adoré transformer les cheveux, faire des couleurs exubérantes, les porter moi-même, et ainsi de suite. Donc c'était magnifique, j'ai adoré. Et puis il y a eu ce moment où il y a un basculement qui me dit, mais au-delà de ça, au-delà de cette apparence, il n'y a pas quelque chose d'un peu plus profond ? Il n'y a pas quelque chose qui se dessine là-derrière, mais qui n'est pas dit, qui n'est pas exprimé ? Et c'est exactement ce que je vis tous les jours. Et c'est ce que j'ai mis, on va dire, le doigt dessus au fur et à mesure du temps, au fur et à mesure d'autres formations, au fur et à mesure d'approches un peu plus philosophiques, un peu plus personnelles et ainsi de suite, dans la relation humaine. Ce que je dis toujours, ce n'est pas des têtes à coiffer qu'on a, ce n'est pas des têtes malléables qu'on a devant notre miroir. Ce sont des êtres humains avec un cœur, un corps et une âme. Et tenir compte de leurs besoins. Parce que même chaque femme qui va chez le coiffeur et qui demande une transformation capillaire, on sait que bien souvent elle est en train de vivre quelque chose dans sa vie qui l'amène à apporter des modifications sur elle. Et de pouvoir l'aider à mettre le doigt dessus, de l'accompagner avec ce qu'elle est en train de vivre, c'est tellement précieux. Alors il y en a qui m'ont déjà dit, moi je n'ai pas signé pour ça, je suis coiffeuse, je coiffe. Moi l'histoire des clientes ça ne m'intéresse pas. On peut parler de l'appui du beau temps, tout ce qu'on veut, on peut parler technique, coiffure, les trucs que je gère, ok. mais commencer à parler côté émotionnel et tout, et je le comprends, et c'est ok. Et chacun sa manière de voir la chose. Moi aujourd'hui, je ne peux plus travailler la coiffure sans être dans l'émotionnel. Alors pour moi, c'est même presque plus de la coiffure. On est dans l'accompagnement, on est dans le partage d'une tranche de vie, parce que c'est un vrai partage. Ce n'est pas que elle, c'est moi aussi dedans. Nos émotions respectives vont entrer en jeu. Et des coiffeuses sont venues me trouver en me disant qu'elles ressentaient cet appel, elles ressentaient ce besoin et cette sensation que quand elles coiffent, il y a autre chose de plus. Il y a quelque chose de plus profond. Et c'est impressionnant parce que... De ce qu'elles me disent, ce qu'il y a, c'est qu'elles n'arrivent pas à mettre les mots dessus, mais elles le ressentent. Et je suis sûre que beaucoup d'entre vous le ressentent également. Il y a ce petit quelque chose qui fait qu'il y a un plus, mais ce plus, on ne nous l'apprend pas à l'école. J'aimerais tellement pouvoir me dire aujourd'hui, quelqu'un va pouvoir enfin réussir à faire changer tout ce système, cet apprentissage. La première chose à reconnaître dans ce métier, c'est que c'est un métier humain. On est dans le manuel, d'accord, comme beaucoup d'artisans. Mais on a un humain entre les mains. Alors sans dénigrer, mais que ce soit le plombier, l'électricien, le chauffagiste ou quoi, il y a la relation humaine à un moment avec le client, mais ensuite il est avec une machine. Il y met tout son cœur, soyons clairs, mais il est avec une machine. Nous, non. On a un humain entre les mains qui a des émotions. Et bien souvent, vous l'avez vécu par toutes les clientes qui sont déjà venues chez vous et qui vous débitent toute leur histoire. Qu'est-ce que je fais avec ça ? Moi, aujourd'hui, c'est ça où j'accompagne aussi les coiffeuses à aller plus loin dans ce cheminement, pour vivre quelque chose d'un peu plus profond. Mais de nouveau, c'est un choix personnel, évidemment. On peut rester dans ce qu'on est aujourd'hui, dans la coiffure purement commerciale. qui n'enlève rien à votre côté humain, soyons clairs. Mais il y a ce côté aussi où on rentre dans l'accompagnement, où là, on va gérer le côté émotionnel au-delà de la coiffure. Et la coiffure va être au service de l'émotion, et pas au service de la beauté extérieure de la femme. C'est là où c'est toute une différence, vraiment. La coiffure va émerger en fonction du côté émotionnel de la personne, et pas juste pour son apparence. Est-ce que vous comprenez la distinction ? Je trouve ça tellement plus profond de créer la coiffure émotionnelle que la coiffure esthétique. On n'est plus dans le paraître, on est dans l'être. La personne va enfin consciemment exprimer tout ce qu'elle a à dire à travers ses cheveux et sa coiffure. Et aujourd'hui, comme ce n'est pas conscient, les trois quarts du temps, la coiffure, ce qu'elle exprime, c'est le mal-être de la personne. Vous avez déjà vu des personnes où vous dites « Waouh, là la coiffure c'est pas top, là la couleur ça ne lui va pas. » Là, alors, on n'est personne pour juger à la place de l'autre. Si elle a l'impression et elle se sent bien dedans, c'est très bien. Mais il n'y a rien d'anodin derrière tout ça. Comme quand vous habillez le matin, vous choisissez des couleurs parce que consciemment ou non, et bien souvent non, vous allez exprimer quelque chose. Vous allez vous mettre soit en couleur pour être vu, parce que vous vous sentez bien, soit dans quelque chose de sombre pour passer discrète. Les cheveux, c'est la même chose. La manière dont vous allez vous coiffer va donner vraiment, alors quand je dis vous, maintenant je parle évidemment pour vos clientes, la manière dont elles se coiffent donne de l'information sur comment elles se sentent, sur la manière de gérer leur vie, de contrôler ou non, d'avoir cette liberté ou pas, d'avoir ce laisser-aller, d'avoir cette confiance en elles, tout un tas d'autres projections différentes les unes des autres en fonction du vécu de la personne. Est-ce que ça vous parle ? Est-ce que ça vous avez déjà l'impression de l'avoir vécu quand vous êtes face à une cliente ? Alors je ne dis pas que ça va se passer avec toutes les clientes, parce qu'il y en a qui n'en ont strictement rien à faire d'aller au-delà de l'apparence, parce qu'elle n'a pas le temps, parce qu'elle n'a pas envie de se poser des questions, parce que ça la regarde qu'elle, c'est personnel, elle ne le partagera pas, et c'est d'accord, c'est ok, on est bien sûr avec ça. Mais je suis sûre que dans votre clientèle, il y en a plusieurs qui viennent avec vraiment ce besoin de déposer, et ce besoin d'être écouté. entendu et reconnu. Et ça, vous pouvez le leur apporter. Mais ça, on ne l'apprend pas sur les bancs de l'école. On l'apprend avec l'expérience de vie. Parce que je suis sûre que beaucoup d'entre vous ont remarqué et ont mis en place des choses pour travailler différemment et avoir une approche plus personnelle avec sa cliente. De mon côté, j'ai fait la même chose. Et j'ai créé une formation pour les coiffeurs pour les aider justement à accompagner dans cette... dans ce chemin et qui s'appelle le décodage capillaire émotionnel et qui permet vraiment de faire exprimer à la personne les choses vécues du moment et qu'on puisse appliquer la coiffure en fonction de ses émotions et plus de sa morphologie ou de son apparence physique parce que ça, ça reste de nouveau qu'une image extérieure et qui bien souvent est une couverture par rapport à ce qui se passe réellement à l'intérieur. Si jamais ça vous intéresse d'aller un peu plus loin, si vous voulez connaître un peu plus de détails, je vous invite à prendre contact avec moi, que ce soit par téléphone ou que ce soit par mail, et on peut se faire un vidéo et avoir un contact pour voir comment on pourrait avancer ensemble. Je vous remercie pour votre écoute et puis je vous dis à bientôt ! Au revoir et merci !