Speaker #0Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de ces clientes qui s'assoient face à vous avec des cheveux tellement fatigués qu'ils racontent déjà quelque chose avant même que la cliente parle. Vous savez, ces cheveux qui sont parfois secs, cassants, déshydratés, dévitalisés, très difficiles à démêler, que lorsque vous passez les doigts dedans, c'est un peu comme un nid de poule, on n'y arrive pas à démêler. Alors, c'est sûr que votre premier réflexe dans le métier, ça va être de chercher le soin qui va vouloir réparer tout ça. Mais parfois, même avec les meilleurs produits du monde, vous allez sentir qu'il y a autre chose derrière. C'est comme si le cheveu l'essayait déjà de vous dire qu'à l'intérieur aussi, il y a quelque chose qui est épuisé. Alors aujourd'hui, j'ai envie de vous inviter à regarder ses cheveux autrement. Pas pour jouer au thérapeute, non, ni pour analyser la vie de la cliente, mais simplement pour ouvrir une porte et créer un espace. On se retrouve tout de suite ? Le cheveu fil de l'âme. Ce podcast s'adresse aux coiffeuses qui sentent que la coiffure commerciale ne répond plus à leurs besoins de sens. Je suis Marie-France, coiffeuse depuis plus de 40 ans. J'ai longtemps pratiqué la coiffure de transformation avant de réaliser que les cheveux ne demandent pas toujours à être changés, mais à être écoutés. A travers mon parcours, j'ai compris que les cheveux parlent, qu'ils racontent l'histoire intérieure des femmes, leurs émotions, leur passage de vie, leurs besoins inconscients. Et que dans notre posture de coiffeuse, soit on peut rester à la surface, soit devenir un véritable espace de rencontre humaine. Alors, comme je vous le disais, je suis sûre que vous avez déjà eu face à vous des clients qui arrivent avec un cheveu dans un état Alors, vous allez me dire peut-être que oui, mais c'est normal, elle a le cheveu teint ou décoloré, ou elle n'entretient pas bien chez elle, elle n'utilise pas les bons produits, ou elle va trop à la piscine, à la mer, à tout ce qu'on veut. Tous les arguments se valent. Tout ce qui va être excuse extérieure, évidemment, c'est valable. Mais au-delà de ça, je suis sûre aussi que vous avez déjà pu faire la différence avec une cliente qui, de base, a un cheveu sain qui, malgré tout, elle a de la technique sur elle, des transformations chimiques. et autres, lorsqu'elle-même se sent dans un état, on va dire physique général, très bon, son cheveu réagit très bien. Et puis vous avez ces personnes pour qui l'action même du produit va faire que la réaction vous paraît plus forte, plus agressive que d'habitude peut-être. Alors c'est là où j'ai envie de vous poser la question. Lorsque vous êtes face à ce genre de cliente, quel va être votre premier réflexe ? Moi j'ai un souvenir à l'époque où je ne travaillais que la technique. Je ne dis pas que ça va être votre cas, mais j'avais cette tendance à tout de suite juger le cheveu en disant, ou à la cliente même, « Le cheveu n'est pas en très bon état, il faudrait le soigner, il faudrait l'entretenir, il faudrait, il faudrait, il faudrait. » Et puis évidemment, ça peut être l'occasion de vendre le super produit réparateur, et ainsi de suite. Je l'ai déjà assez répété, ça ne restera jamais qu'un pansement sur quelque chose de plus profond. Donc aujourd'hui, lorsque je vois une cliente avec un cheveu dans cet état-là, la première chose que je vais lui demander, c'est comment est-ce que vous vous sentez ? Quel est votre taux d'énergie pour le moment ? Alors, ce n'est pas toujours évident parce que la cliente qui arrive, elle vient pour être coiffée, pas pour être questionnée ou analysée, entre guillemets. Mais je pense que ça reste votre rôle. d'éveiller la conscience à la personne à ce moment-là que son cheveu est en train de révéler quand même quelque chose qui se passe en interne. Ce n'est pas qu'une histoire de surface, ce n'est pas juste un problème de cheveux abîmés, mal entretenus ou maltraités. Ça représente vraiment en externe ce qui se passe en interne. Et donc lorsque ce cheveu est vraiment dans cet état, posez cette question-là à la cliente. Juste comme ça. déposer la chose, la cliente, elle en fera ce qu'elle voudra. Elle pourra vous répondre simplement oui, oui, je vais très bien. Ok, on n'insiste pas, vous n'êtes pas là pour ça à ce moment-là. Et peut-être qu'en fait, vous allez comme lui ouvrir une porte et qu'elle vous dira simplement c'est vrai, là je suis plutôt fatiguée, je ne suis pas en forme, ça ne va pas trop bien. Et là, vous pouvez juste lui ouvrir les yeux sur le fait que effectivement, votre cheveu me dit que ce n'est pas trop la forme pour le moment, il est assez fatigué, il n'est pas en forme du tout. Donc, Peut-être est-ce le moment pour vous de prendre du temps pour vous, de vous poser, de penser à vous prioriser, à vous faire du bien, à répondre à vos besoins, à vous avant ceux des autres. Bon là après je commence un peu à m'étaler évidemment, parce que par habitude moi je suis là dans le décodage où automatiquement on va rentrer dans quelque chose d'un peu plus profond. Mais même déjà à cette surface-là, ça peut être très intéressant pour la cliente de prendre conscience que son corps est en train de lui dire qu'elle est fatiguée. Et je suis sûre qu'elle a déjà ressenti d'autres signes, on va dire corporels, qui peuvent se situer un peu n'importe où dans le corps, mais que bien sûr on a tendance à mettre sous le tapis parce qu'on n'a pas le temps, parce que ça va passer et ainsi de suite. Mais là, dans votre rôle de coiffeur, vous pouvez lui ouvrir de nouveau cette porte. Et juste lui donner l'information. Après, elle en fera ce qu'elle voudra. Mais est-ce que vous ne trouvez pas que c'est une responsabilité aussi, de votre part, de pouvoir lui faire prendre conscience que son cheveu, ce n'est pas seulement grâce à des produits qu'on va lui rendre sa brillance, sa beauté et son état, mais ça va être sa condition de vie, ça va être sa façon, elle, de se comporter, comment elle est dans la vie de tous les jours, qui fait qu'à l'extérieur, il va y avoir un reflet. qui est vraiment celui de l'intérieur. Donc si à l'intérieur elle n'est pas bien, elle ne peut pas s'attendre à avoir un cheveu qui soit en pleine forme. Alors que vous vouliez lui vendre un produit ou pas, bien sûr, ça peut peut-être l'aider à les démêler, mais restez quand même suffisamment clair et honnête de lui dire que ça ne suffira pas. Alors je ne veux pas dire une béquille, mais c'est vrai que c'est aidant sur le moment même, parce que c'est ce qui va lui permettre de démêler ses cheveux quand même plus facilement. mais que ça a un temps. C'est comme un pansement que je disais qu'on va mettre sur une blessure, à un moment donné, en dessous, ça n'empêche qu'il y a toujours cette blessure. Et non, ce n'est pas comme si, au bout d'un moment, quand on enlève le pansement, la blessure a disparu. Non, on n'a jamais fait que la camoufler. Donc qu'elle puisse prendre conscience à ce moment-là dans sa vie que, ah oui, quand même, effectivement. Alors, ce n'est peut-être pas chez le coiffeur qu'elle s'attendait à en prendre conscience, mais ça peut être une belle ouverture pour elle aussi. Et puis ça reste un lien encore peut-être plus fort même qui peut se créer en vous, parce qu'elle se rend compte que vous prenez attention à son état, et pas seulement là pour faire de la technique et vendre du produit. Parce que quand elle va sortir de chez vous, avec tous ses produits magiques, c'est sûr qu'elle va se trouver jolie. Elle va dire, waouh, le travail était beau, le résultat est magnifique, je me sens bien, tout va bien, je suis belle. Ok, ça n'aura qu'un temps. Son mal-être, il va revenir, mais évidemment, elle ne fait pas le lien avec ses cheveux, elle. C'est là où j'invite les coiffeurs aussi peut-être à aller plus loin dans cette analyse capillaire, où on n'est plus seulement dans son état physique et de se dire, OK, quel produit je vais pouvoir mettre pour corriger ce défaut ? Non, avant même de vouloir le corriger, ce serait de le comprendre. Ce serait d'aller... capter c'est quoi cette énergie qui est là, qui s'inscrit dans le cheveu et qui dit que wow, là on est loin. C'est là pour moi que notre métier devient beaucoup plus grand que la coiffure. Parce qu'au-delà du cheveu, il y a l'humain. Alors quand cette cliente s'assied face à vous avec ce cheveu extrêmement sec ou poreux ou cassé, déshydraté, tout ce qu'on veut, vous n'allez pas jouer spécialement au thérapeute, non, mais vous allez lui ouvrir cet espace de conscience. Pour ma part, lorsqu'une cliente vient me voir, même si elle ne vient pas pour un décodage, j'avoue que si je vois un cheveu dans un état d'une sorte ou de l'autre, j'ai quand même tendance à lui ouvrir une porte parce qu'il y a un message quand même à lui faire passer. Pour moi, c'est un peu notre devoir de lui faire prendre conscience que là, il se passe quelque chose. Après, elle en fera ce qu'elle voudra. Si elle a envie de creuser, vous pouvez creuser avec elle, mais si elle n'est pas là pour ça et que ça ne l'intéresse pas, vous laissez passer. Mais je trouve qu'on devrait le leur dire dans le sens où... Vous êtes capable aujourd'hui de voir ce que le cheveu raconte au-delà de son état physique dégradé par quoi que ce soit. C'est qu'à la base, il y a une dégradation qui vient de nouveau de l'interne. Surtout que pour vous, prenez conscience aussi que ce cheveu-là ne réagira pas de la même manière qu'un cheveu sain lorsque vous allez vouloir le transformer. Donc c'est aussi dans votre intérêt de se dire que, oula, le résultat risque de ne pas être celui que j'attendais. Peut-être que le cheveu va réagir d'une manière que je ne m'y attendais pas et que le résultat final ne sera pas à la hauteur de ce que la cliente a demandé. Et que vous, peut-être que vous partiez avec l'idée que oui, oui, c'est réalisable, ça va se faire, pas de problème. Non, vous risquez vraiment de tomber sur un os, mais il sera trop tard quand ce sera fait. Donc aussi, peut-être vous protéger dans le sens où bien faire comprendre à la personne que l'état du cheveu dans lequel il est, il se peut que le cheveu ne supporte pas telle ou telle action. Et les trois quarts du temps, moi, quand c'est comme ça, je refuse même une action chimique sur un cheveu qui, pour moi, aura du mal à le supporter. Alors il y en a à qui ça ne fait pas plaisir, il y en a à qui je sais, ils sont partis et sont sûrement allés le faire ailleurs. Grand bien leur face, mais moi je ne veux pas être responsable de celle qui va agresser encore plus le cheveu et donner un résultat catastrophique. Parce que dites-vous bien une chose, si même vous avec les produits magiques, elle va sortir avec un cheveu qui a l'air sain, quand elle va rentrer chez elle, même si elle achète des produits, il y a un moment donné, elle va se rendre compte elle-même en ayant ses cheveux en main quand ils sont mouillés, qu'ils ont un drôle d'état. Et qui sera le responsable ? Sûrement pas son état interne, mais son coiffeur. Donc vous aurez beau vouloir améliorer l'apparence, je trouve que vous pourriez apporter plus de douceur et de brillance au-delà de la cosmétique, mais avec tout l'amour que vous allez pouvoir porter sur ce décodage du cheveu au moment où il se présente à vous. Que vous soyez dans le décodage capillaire ou pas, je trouve que c'est un acte à mettre en place, je vais dire spontanément, pour le bien-être de tous. pour votre travail, pour son bien-être. C'est là que je trouve notre métier qui est profondément fascinant. Parce que les cheveux ne sont pas seulement esthétiques, ils sont souvent le reflet silencieux d'un état intérieur. Alors, peut-être qu'au lieu de vouloir uniquement réparer le cheveu, on pourrait commencer par réécouter ce qu'il essaye de raconter. Et on n'est pas dans le jugement, c'est pas non plus de la peur. Mais c'est dans l'écoute. Parce qu'au fond, un cheveu fatigué parle souvent d'une femme qui a besoin, elle aussi, qu'on prenne soin d'elle autrement. Dites-moi si vous-même vous avez déjà été face à ce genre de situation et que vous êtes resté purement dans le côté esthétique, sans jugement, mais c'est normal puisque c'est ce qu'on nous a appris même à l'école. Mais que vous-même vous avez peut-être senti qu'il y avait quelque chose de différent mais que vous ne vous êtes pas permis ou permise de dire. d'en parler à la personne parce qu'elle n'était pas là pour ça, mais que vous aviez senti qu'il y avait quelque chose de plus. Dites-moi en commentaire si vous avez déjà vécu ce genre de situation ou comment vous réagissez face à ce genre de situation. Et seriez-vous prêt à en parler directement à la personne avant même de commencer, quel que soit l'acte technique ? Je vous dis à bientôt, merci pour votre écoute et au prochain épisode. Merci.