Speaker #0Une cliente critique ta coupe et le soir tu rentres en te sentant nulle. Ça t'est déjà arrivé ? Alors pas nulle comme coiffeuse, mais nulle tout court. Moi je connais ça par cœur, c'est justement de ça que j'ai envie de te parler. Alors la semaine dernière je t'ai parlé de ce que mes clientes m'ont appris en 40 ans de métier. Aujourd'hui on va se tourner vers nous, vers ce que ce métier m'a appris sur moi et peut-être que ça va te parler à toi aussi. A tout de suite ! Le cheveu fil de l'âme. Ce podcast s'adresse aux coiffeuses qui sentent que la coiffure commerciale ne répond plus à leurs besoins de sens. Je suis Marie-France, coiffeuse depuis plus de 40 ans. J'ai longtemps pratiqué la coiffure de transformation, avant de réaliser que les cheveux ne demandent pas toujours à être changés, mais à être écoutés. A travers mon parcours, j'ai compris que les cheveux parlent, qu'ils racontent l'histoire intérieure des femmes, leurs émotions, leur passage de vie, leurs besoins inconscients. Et que dans notre posture de coiffeuse, soit on peut rester à la surface, soit devenir un véritable espace de rencontre humaine. Quand je te parle d'une critique sur ta coupe, tu sais, une cliente a sûrement dû juger ton travail pas à son goût. Ça peut arriver. Mais est-ce que pour autant, ça fait une personne de toi qui est nulle ? Alors, ce que je veux dire par là, c'est qu'en tant que coiffeuse, on se sent nulle sur le moment même. Peut-être pas à chaque fois, parce qu'on ne va pas toujours se sentir non plus justifiée, dans le sens où les clients, on sait qu'ils abusent. Mais tu peux te sentir pas bien parce que, quelque part, tu es déçu de toi. Mais est-ce que pour autant, ça te définit en tant que personne ? Tu sais, tu vas rentrer chez toi, puis tu vas penser à ça toute la soirée. Puis te dire, merde ! Et puis te juger, puis te dire, j'aurais dû, ou s'il avait fallu, ou si... Et tu vois, tu vas refaire tout le film, mais tu sais que tu ne peux pas le changer. Une erreur, elle est humaine. Alors, on aura beau dire des cheveux sarpousses, mais bon, ça dépend. C'est peut-être une couleur pas bien prise. C'est peut-être quelque chose que, sur le moment même, de toute façon, tu n'aurais pas pu faire autrement. Mais pour en revenir au fait que toi, ça ne fait pas de toi une personne qui est nulle ou qui a raté quelque chose dans sa vie. On a parfois tendance à se... comment on va dire ? À tellement être coiffeuse toute la journée et pendant toute la semaine, qu'on a l'impression qu'on n'a que cette étiquette-là sur le front. On se définit comme une coiffeuse. Tu fais quoi dans la vie ? Coiffure. Mais tu ne fais pas que ça quand même. Alors la majorité du temps, ok, je comprends bien. Mais à la naissance, t'es pas née coiffeuse. Et tu ne mourras pas coiffeuse. Même si t'es encore dans le métier. C'est juste une étiquette parmi tant d'autres. Alors c'est facile à dire. Je sais bien qu'en rentrant, on va quand même se remettre le schéma dans la tête. On va quand même se culpabiliser ou se dire, j'aurais dû, Mais à l'époque où je faisais de la technique, s'il m'arrivait de rater quelque chose, et ça m'est arrivé, déjà, je vous présente mes excuses en disant « Désolée, ça n'a pas marché comme j'aurais voulu, pour multiples raisons. » Parce que là, on n'est pas encore en train de se dire c'est la faute à qui. Parce qu'on sait très bien que parfois, l'historique de la cliente, on ne l'a pas et elle ne nous le raconte pas non plus. Puis des fois, oui, on foire nous-mêmes vraiment un truc. Ça arrive. Eh bien, c'est juste proposer à la cliente, soit elle ne paye pas, soit elle paye mais elle revient faire gratuitement. Enfin, ça, c'est votre histoire. Mais ça se récupère, il n'y a pas mort d'homme. Alors aujourd'hui, c'est vrai que je vous parle de ça plus sereinement. Je ne dis pas qu'à l'époque, j'étais cool. Non, c'est sûr. Mais réfléchissez. Réfléchissez dans le sens où ce n'est pas la personne de qui tu es qu'on juge, c'est, on va dire, ton étiquette de coiffeuse. Et ça peut arriver à n'importe quel professionnel. Le deuxième point dont je vais te parler, c'est aimer son métier, ce n'est pas l'aimer tous les jours. De nouveau, ça revient un peu au principe de te dire que tu n'es pas que coiffeuse. C'est-à-dire qu'en plus, il y a des jours où ce métier-là, il te sort par, excuse-moi l'expression, tous les trous. Il y a des moments où tu te dis, mais qu'est-ce que je fous encore dans ce métier ? Pourquoi je l'ai choisi ? J'en ai ras-le-bol. Mais c'est normal. Et dis-toi bien que n'importe quelle personne au monde, même si elle adore son métier, je suis sûre qu'elle a déjà connu au moins des jours où elle saturait. Mais ce n'est pas toujours à cause d'un métier. Alors, en même temps, c'est quoi le métier ? C'est les clientes, c'est le rapport aux représentants, c'est le rapport à tout ce qui est administratif, c'est le rapport à l'humain, c'est le rapport à soi, c'est le rapport à beaucoup de choses. Donc il suffit qu'un de ces points-là... bascule pour que ça fasse basculer tout le reste. Et on en fait vite un résumé, c'est la coiffure m'emmerde, je ne veux plus. Mais non. Alors, je ne dis pas que c'est dans ces moments-là les plus faciles qu'on va essayer de se remémorer les bons moments du métier. Mais ça pourrait aider quand même. Parce que ce jour-là où tout est noir, ça peut suffire à tout foutre en l'air pendant longtemps. Mais ça ne résume pas ce que vous faites. C'est là où ce serait dommage d'en rester sur un coup de tête à se dire « ras le bol » . Alors il y en a qui accumulent et qui vraiment saturent, et ça je peux le comprendre. Donc à un moment donné, si tu dois changer de métier, change. Mais ça ne veut pas dire que tu t'es trompé de métier, parce que je suis sûre que malgré toutes les années que tu as passées, tu y as tiré quelque chose. Ne serait-ce que ta relation à la cliente, de l'apprentissage sur toi-même, et puis des moments de partage certainement super sympas. Mais ne te remets pas en question parce qu'il y a parfois des moments où tu te dis « Mais merde, qu'est-ce que je fous là ? » On se le demande tous, et je suis sûre que ça ne t'est jamais arrivé dans ton couple, ou avec tes enfants, ou dans ta famille, avec des amis, dans n'importe quel domaine. Mais ce n'est pas pour ça que tu remets toute ta vie en question. Mais autorise-toi à avoir des jours où... Effectivement, tu satures. Ça va juste te permettre aussi de refaire le bilan, de te dire, OK, où est-ce que j'en suis ? Où est-ce que je vais ? Et comment j'y vais ? Et ça, c'est génial, parce que c'est ça, dans la vie, qui fait du bien, c'est qu'à un moment, tu dois faire le tri. À un moment, tu dois faire le constat de où tu te trouves et vers quoi tu vas aller si tu es encore sur le bon chemin. Ça ne veut pas dire changer de métier, mais peut-être de la manière de le pratiquer aussi. Ça, on va y revenir dans un autre point. Le point suivant, tu n'es pas obligé d'aimer toutes tes clientes. Eh bien ça, j'espère que c'est une phrase qui te soulage. Vraiment. Tu peux rester professionnel, ça oui. Mais faire semblant de porter tout le monde dans ton cœur, non. De toute façon, je suis sûre que tu as des clientes que tu n'aimes pas. Alors, que tu n'aimes pas, c'est peut-être un grand mot. Mais moi, je me souviens que j'ai toujours dit à mes clientes, moi, les clientes, je ne les choisis pas, c'est elles qui me choisissent. Mais c'est vrai. Pour vous, c'est pareil. Vous, vous n'allez pas chercher les clientes dans la rue. C'est elles qui viennent à vous. ne serait-ce que par le bouche en rêve. parce qu'ils ont vu une publicité, peut-être parce qu'elles vous connaissent, elles ont entendu parler de vous, enfin tout ce qu'on veut. Donc elles viennent tester, puis si elles aiment, elles restent. Mais si vous, vous ne l'aimez pas, est-ce que tu t'es déjà permis de lui dire « Non, casse-toi, moi je ne te veux pas, je ne t'aime pas, je ne t'apprécie pas. » Bon, tu n'es peut-être pas obligé de lui dire tout ça, mais je suis sûre qu'il y a des clientes que tu te dirais « Ah, j'aimerais bien qu'elles ne viennent plus. » il y en a une qui m'a dit, t'as qu'à la rater. Je dis, mais non, je ne vais pas me tirer une balle dans le pied. Je ne suis pas là pour la foirer, pour qu'elle aille dire à tout le monde que je l'ai ratée. Non, que du contraire, moi je veux qu'elle soit bien coiffée, comme tout le monde. Mais, je n'apprécie pas le personnage. Mais au-delà de ne pas l'apprécier, demandez-vous en quoi elle vous dérange. C'est là où c'est génial, comme je vous ai dit dans le premier épisode, on apprend tellement à se connaître à travers les clientes. C'est comme des gens dans la rue. Alors c'est sûr que quelqu'un que vous croisez dans la rue, vous vous en fichez, vous ne faites que le croiser, vous n'allez pas boire un verre avec. Mais une cliente qui vient se faire coiffer que vous n'appréciez pas et que vous êtes bonne pour passer minimum une heure avec elle, parfois c'est chaud. Mais juste vous demander, oh oh ! C'est quoi là qui se passe ? Pourquoi elle me dérange à ce point ? Alors que si ça se trouve d'un point de vue extérieur, elle est nickel. Mais je ne sais pas, peut-être sa façon de vous parler, ou sa façon de se comporter, ou peut-être une phrase qu'elle a dit qu'il ne fallait pas, une attitude qui vous dérange. Et puis peut-être que votre collègue, elle va vous dire « Non, moi je la trouve super sympa cette nana. » Ah oui, ok. Eh bien là, pose-toi la question. Pourquoi est-ce qu'elle me dérange ? Tu ne trouveras peut-être pas l'idée tout de suite, mais c'est très intéressant de creuser. Moi, ça m'a permis d'apprendre beaucoup de choses. Comme tu sais, dans l'épisode précédent, je t'ai parlé de la cliente qui m'impressionnait, la grande, et ainsi de suite. Alors, ce n'est pas que je ne l'aimais pas. mais le fait qu'elle venait, ça me dérangeait parce que je me sentais toujours petite à chaque fois j'ai pu creuser, j'ai pu comprendre que c'était ça et j'ai même pu lui en parler après j'ai apprécié qu'elle vienne parce que je ne me suis jamais plus sentie écrasée du tout alors que ce n'est pas ce qu'elle faisait c'est ce que moi je ressentais quand elle venait donc c'est ça que des fois tu peux ne pas aimer une cliente à cause de ce qu'elle te fait ressentir alors que ça ne vient même pas d'elle Elle, moi, elle venait tout à fait amicalement, pas du tout avec un genre supérieur. Donc voilà, pose-toi un peu la question, c'est toujours intéressant et ça permet d'apprendre à se connaître aussi. Le point suivant serait, on n'a jamais fini d'apprendre. Alors, soyons clairs. Personnellement, effectivement, j'apprends encore aujourd'hui. Mais je me dis toujours coiffeuse, ok, parce que je coupe des cheveux, je les soigne et tout ce qu'on veut, mais pour la énième fois, moi je ne fais plus de transformation capillaire. C'est-à-dire pas de couleur, pas de mèche, pas de permanente, rien. Pas de produit transformateur. Que du shampoing, du soin, la coupe et le fameux décodage. Alors quand je dis on n'a jamais fini d'apprendre, effectivement, moi là je touche l'humain. Mais vous aussi, même si vous êtes dans la formation coiffure pure et dure, ou même un peu plus élaborée, dans le sens où vous allez quand même dans l'humain, justement, c'est cet humain qui est là en premier. Et donc je trouve ça important d'apprendre à être en contact avec un humain. Et ça, on ne l'apprend pas à l'école. Ce qu'on apprend, c'est faire le bon accueil, la réception de la cliente, bien de la soirée lui laver ses cheveux. l'écouter pour transformer ses cheveux, répondre à une demande et ainsi de suite. Ça reste de nouveau superficiel. Puis il y en a beaucoup d'entre vous. qui vont approfondir, qui vont aller plus loin. Et c'est là où, quand je dis qu'on n'a jamais fini d'apprendre, c'est déjà qu'on apprend sur nous, comme je l'ai déjà dit précédemment. Vous apprenez sur les autres, vous apprenez du métier, la façon de le pratiquer, et le fait de réaliser que l'humain qui est là devant vous, il faut apprendre à le connaître aussi pour pouvoir l'aborder correctement, pour justement obtenir un beau résultat. Et puis pour créer ce lien qui, en soi, va justement apporter ce bien-être à l'un comme à l'autre. Sinon, je dis toujours, c'est une tête postiche qui vient alors. Vous faites votre boulot, hop, on remballe la tête et je passe au suivant. Non, ça c'est vraiment froid et insipide. même celles qui disent qu'ils ne font que de la coiffure et qu'ils ne sont pas là pour écouter, vous vous amusez, vous parlez avec la cliente, vous partagez, vous discutez quand même. Enfin, rassurez-moi, parce que j'ai déjà vu beaucoup de salons de coiffure dans lesquels je suis allée où parfois deux coiffeuses côte à côte se parlent entre elles tout en coiffant l'une et l'autre, mais ne s'occupent pas de leur cliente. Je trouve ça triste, malheureux et pitoyable, mais ça existe. Mais non, la personne qui est là en dessous, c'est un être humain qui vient chercher parfois plus que de la coiffure. Donc apprendre, oui, vous allez apprendre un tas de techniques, des nouveautés, il y en a tout le temps. Une nouvelle gamme de produits qui sort, un shampoing par-ci, un soin par-là, une nouvelle technique de balayage, d'ombrage, de tout ce qu'on veut. Mais au-delà de ça, n'oubliez pas que vous avez une personne humaine dans les mains. Et donc, apprendre un peu plus sur la psyché, l'intelligence émotionnelle, connaître un petit peu comment fonctionne un corps humain, parce que je vous le disais aussi dans l'autre épisode, le cheveu est le baromètre de la santé. Donc, pour comprendre ce qui se passe, il faut comprendre comment fonctionne le corps. Et là où je peux vous donner le tip, c'est comprendre le système digestif. Parce que lui, il va apporter énormément de chamboulements dans le corps et donc dans le cheveu. Et c'est intéressant d'avoir les bonnes questions à poser à la cliente. Par rapport à ce qu'elle mange, comment elle vit, son train de vie, si elle fait du sport ou pas, son entretien d'hygiène, tout ça est important. Parfois, on va juste demander peut-être le travail ou quoi, pour voir si on attache les cheveux ou pas, si on fait du sport. Mais sa qualité d'hygiène de vie alimentaire est très importante aussi. Donc, effectivement, on n'a jamais fini d'apprendre et je pense qu'on peut en apprendre tous les jours. À vous de cibler vers quoi vous avez envie de trouver un intérêt. Le dernier point de ce deuxième épisode, c'est personne ne viendra te donner la permission. La permission de changer ta façon de travailler, la permission de prendre ta place, la permission de faire les choses à ta manière. À un moment donné, c'est toi qui te l'accordes. Personne d'autre. Sinon, tu vas attendre toute ta vie. Parce que chacun qui vient près de toi, de toute façon, tant que tu le sers et que tu lui donnes ce qu'elle demande, le reste, ce n'est pas son affaire. Et c'est normal. Mais si toi, à un moment, tu ne te trouves plus bien dans ce que tu fais, pourquoi tu ne changes pas ? Pourquoi tu ne l'adaptes pas à ta manière ? C'est exactement ce que j'ai fait dans mon salon. J'ai saturé de ce métier, de la manière dont on me l'a appris, de la manière dont je l'ai pratiqué. Alors je ne dis pas que la faute est extérieure, je l'ai appliqué parce que pour moi c'était comme ça que ça se pratiquait, mais il y a un moment donné où je ne me suis plus du tout sentie en accord avec ma pratique. Mais pour diverses raisons. Et puis... Personnellement, moi, il y a des choses qui me dérangeaient, qui ne dérangeront jamais personne d'autre. C'est chacun son cas. Je ne te dis pas de faire ce que j'ai fait. Je t'explique qu'il est possible de faire autrement. La coiffure, ce n'est pas simplement de la coloration, de la décoloration, des mèches permanentes, des transformés. Non, on part de ce qui est. Et on avance avec ça, mais on n'est pas obligé de le changer, de le modifier. Il va juste permettre de prendre conscience d'un état d'âme, d'un état d'esprit, d'un état de santé d'une personne, et de pouvoir l'adapter à ce qu'elle vit à ce moment-là, sans être obligé d'ajouter ou de retirer quelque chose. Mais ça, c'est un surplus qu'on peut mettre quand même, parce que pour la beauté du geste, pour la beauté de la réalisation, et ainsi de suite. Je ne dis pas qu'on doit arrêter le maquillage, la coiffure, la couleur et ainsi de suite, non. Mais c'est d'aller savoir qu'est-ce qu'on va chercher dedans. Donc mes clientes, moi aujourd'hui évidemment, c'est toutes des dames, il y en a encore très peu maintenant qui se colorent, mais c'est des dames qui ont décidé de passer ce cap, d'assumer leurs cheveux blancs. Et aujourd'hui, il y a un peu comme un paradoxe, c'est-à-dire que moi je dis, j'aime bien que les gens prennent leur temps. quand elles se lavent les cheveux, c'est prendre du temps pour soi. Mais au-delà de ça, quand elles ne veulent plus faire de couleur et avoir une coupe facile, c'est pour justement ne plus, comme elles disent parfois, perdre du temps. Mais ce n'est même pas ça, parce qu'elles vont quand même prendre ce temps, mais elles savent que ça ne va pas. Ça ne va pas être quelque chose de contraignant. Quand on sort de chez le coiffeur, quand on a eu toutes ces transformations, les trois quarts du temps, la cliente sort tellement transformée qu'au moment où chez elle, elle va refaire son shampoing, elle n'arrivera jamais à refaire la même coiffure que lorsqu'elle est sortie de chez toi. Et bien ou pas bien, ça ne se juge pas. C'est juste que sur le moment même, c'est peut-être beau, mais aujourd'hui, le principe, c'est que la cliente, elle n'a justement pas envie d'avoir à faire autant de chipotes pour se retrouver avec la même tête, entre guillemets, un petit peu, alors quand je dis artificielle, tellement transformée qu'elle n'arrive pas à le refaire. Et le principe aujourd'hui, c'est justement qu'elle se coiffe et que son cheveu réponde naturellement au moment du besoin. C'est-à-dire qu'il va se mettre comme il veut se mettre déjà. On n'a pas le pouvoir dessus. On l'a avec les plaques, avec le brushing, une mise en pline permanente. On va rentrer dans le contrôle. Mais la cliente aujourd'hui, elle veut que ça se fasse tout seul. Et pour ça, rien de tel que le naturel. On suit le sens du cheveu, on reste dans la couleur qu'elle est, et c'est très bien. Maintenant, de nouveau, la couleur en plus, ça peut très bien aller aussi pour celles qui ont vraiment envie d'ajouter cette touche, je vais dire, colorée. Mais permets-toi de faire cette différence si tu en as envie. Toutes celles qui sont venues me voir, c'est celles qui, on sent qu'aujourd'hui elles ont envie, mais elles n'osent pas encore. Toi-même, je suis sûre que tu t'es déjà dit, j'aimerais tellement pouvoir faire comme ça plutôt que comme ça. Mais c'est comme si on avait une règle de conduite à suivre et qu'on n'avait pas le droit d'en sortir. Stop ! Mets-y ton grain de sel, mets-y ta touche perso. Le jour où j'ai décidé de tout arrêter, oui, il y en a plein qui m'ont dit, mais wow, t'es folle ! J'ai des clientes qui sont parties. Oui, parce qu'il y a des clientes qui ne voulaient pas arrêter leur couleur. C'est ok. Il y en a même une un jour qui m'a dit, enfin pas dit somptueux, mais elle m'a dit c'est injuste parce que tu nous imposes ton idée d'arrêter la couleur. Et moi j'ai pas envie. Mais j'ai dit il n'y a pas de problème. Mais alors vous, vous pouvez m'imposer de vous faire une couleur que j'ai pas envie de faire. Ça va dans les deux sens. On en revient au respect de l'un et de l'autre. Je ne suis pas à la disposition de. Mais c'est sûr que pour certaines clientes, aller chez le coiffeur, c'est faire ça, Et on s'attend à ce que la coiffeuse le fasse ça, Mais moi, quand les clientes viennent chez moi, elles savent très bien ce qu'elles vont avoir et ce qu'elles ne vont pas avoir. De nouveau, on s'adapte. Et c'est comme un point que j'avais déjà relevé. Regarde la coiffeuse, tu verras qui est sa clientèle. Aujourd'hui, j'ai les cheveux naturels. Les trois quarts de mes clientes, si pas plus, ont des cheveux naturels. Mais des clientes, des dames peuvent venir avec des cheveux colorés d'ailleurs, ça ne me dérange absolument pas. Je ne veux juste plus être celle qui va leur mettre ça sur la tête, c'est tout. J'ai même eu la coloration végétale, c'est génial, mais je n'ai plus envie de mettre en couleur. Même si je trouve ça magnifique avec la coloration végétale. Franchement, c'est magnifique, j'adore. Mais voilà, moi aujourd'hui je veux juste en rester avec les shampoings, les soins et le décodage. Parce que j'ai juste envie de travailler le lien humain avec la psyché. J'ai juste envie de travailler... avec ces émotions, j'avais juste envie d'aborder leur bien-être, pas vraiment leur coiffure. Et le jour où tu seras prête à le faire, le jour où t'en auras tellement marre de vraiment faire ce que tu fais, moi c'était ça où j'arrêtais le métier. Mais j'avais pas envie d'arrêter le métier. Et puis c'est vrai, t'as toujours cette question à un moment donné, et puis ok, mais qu'est-ce que je vais faire d'autre ? Eh ben j'ai trouvé le moyen de faire autrement. Et aujourd'hui, moi, je me complais là-dedans. Et mes clientes aussi. Et tu trouveras toujours quelqu'un. Parce que je te dis, ces personnes-là, elles viennent autant pour toi, si pas plus pour toi, que pour la coiffure elle-même. Donc rassure-toi, tu n'es pas que coiffeuse. Tu es un être humain. Et tu es là pour créer du lien, du partage. Et tu fais du bien aux gens. Alors dis-toi bien que ton rôle est important. Mais remplis-le comme toi tu as envie de le remplir. De manière à ce que toi, ça te fasse du bien. Dans lequel tu vas t'épanouir. Et pas contenter les autres. Et n'aie pas peur de celles qui vont partir. Parce que d'autres vont arriver. Et vont arriver celles que tu vas aimer coiffer. Que tu vas aimer avec qui avoir du lien. Et les autres, elles trouveront d'autres coiffeuses qui aimeront leur apporter ce qu'elles cherchent. Et qui leur fera plaisir aussi. Tout le monde y trouve son compte. Respecte-toi dans ce que tu fais et écoute-toi. Et c'est ça que je peux te dire en clôturant ces deux épisodes, c'est que ce métier m'a appris à me connaître, à me reconnaître, à travers mes clientes, à travers le lien, à travers les gens. En tant qu'humain, on est là pour créer du lien, on n'est pas là pour vivre seul. Alors si c'est pour ça, en tout cas, ne fais pas ce métier, parce que t'es tous au seul. Tu as des gens entre tes mains toute la journée. Et puis le jour où tu le pratiqueras à la manière que tu as envie, tu ne rentreras jamais plus épuisé chez toi le soir. Et tu seras content d'aller travailler le lendemain sans être fatigué. Crois-moi. Si tu veux en discuter un peu plus ou comprendre un peu aussi comment moi-même j'ai pu mettre tout ça en place, déjà tu peux aller écouter tous les autres épisodes de podcast, en fonction du titre tu verras. Dans les tout premiers, j'ai expliqué comment j'avais jeté les produits de mon salon. Mais il y a des situations dans la vie qui t'amènent à faire des choix. Ça, ce sont les miens. Ce n'est pas obligé que ça devienne un jour le tien. Mais ça peut le devenir, mais pour d'autres raisons. Ça t'appartient. Je me ferais un plaisir de partager ce sujet-là avec toi. Dis-moi un petit peu si tout ça a pu t'aider, si ça a pu t'éclairer, si ça t'a permis aussi justement d'aller reconnaître des choses en toi, d'aller te comprendre dans certaines situations. Et peut-être que ça a pu t'apaiser aussi dans certains points qui étaient peut-être chauds pour le moment. Je te dis merci pour ton écoute. Et puis bien, à bientôt dans un prochain épisode.