- Speaker #0
Depuis 2017, j'accompagne et côtoie des entrepreneurs à succès. Chaque rencontre est unique et permet d'identifier ce qui crée la réussite. Je suis Alec Henry,
- Speaker #1
l'initiateur du mouvement Entrepreneurs.com et dans ce podcast, j'ai l'opportunité d'échanger avec des personnalités inspirantes qui ont su créer la différence. Avec Le Déclic, je vous offre une perspective unique afin que vous puissiez à votre tour faire la différence.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Le Déclic. Encore une fois, bien accompagné, je suis avec Nicolas Felgett J'espère que tu vas bien.
- Speaker #1
Merci, Alec. Très, très bien. Merci pour ton accueil. Je suis ravi d'être là avec toi et avec tes auditeurs aujourd'hui.
- Speaker #0
Écoute, c'est moi qui te remercie parce que j'ai beaucoup de questions à te poser. Il y a énormément de valeurs qui vont être délivrées. En plus, je suis assez content de faire cet épisode dans cette période début d'année. On va parler de dépassement de soi, d'état d'esprit et pas que. Mais en tout cas, je trouve que c'est un épisode parfaitement adapté à l'énergie de début d'année pour pouvoir se dépasser, poser des objectifs parfois encore plus ambitieux que l'on s'est prévenu autorisé à mettre en place et puis aller chercher ces défis rapidement. Je te présente, c'est un sacré parcours. Tu es conférencier international, expert en performance mentale et aventurier de l'extrême, ancien sportif de haut niveau en hockey sur glace. Tu as compris très tôt que le système classique n'était pas forcément fait pour toi et que ta place était ailleurs, sur scène et dans l'action également. Aujourd'hui, tu as accompagné plus de 150 000 personnes et 400 entreprises à travers le monde pour faire des défis Ton parcours est rempli de défis qui semblent irréels. Tu as relié trois continents à la nage, tu as fait l'ascension des plus hauts sommets d'Europe et d'Afrique et notamment la plus grande expédition de ta carrière en 2022 avec l'ascension des sept plus hauts sommets d'Afrique du Nord en seulement 72 heures dans des conditions météo assez extrêmes. Tu as également été aventurier de l'émission Koh Lanta sur TF1 en 2006. En octobre dernier, tu as été finisher de la Boliviana, la course la plus haute de la planète. à plus de 4000 mètres d'altitude sur près de 250 kilomètres. Et pour couronner le tout, tu as survécu à un coma lors de tes aventures. Aujourd'hui, tu pousses les dirigeants à chercher une réussite à 360 degrés où l'épanouissement personnel et familial compte autant que le chiffre d'affaires. Dans cet épisode, on va explorer donc comment l'inconfort extrême devient un levier de croissance et comment piloter son business avec la résilience d'un aventurier. Bienvenue Nicolas sur Le Déclic.
- Speaker #1
Merci, quelle introduction, quelle présentation Alec, voilà c'est ça. Globalement, dans les grandes lignes en tout cas sur la partie défis, il y en a d'autres mais en tout cas les plus importants ont été ceux-là, ouais c'est ça.
- Speaker #0
Eh bien écoute, avec grand plaisir on reviendra sur certains d'entre eux effectivement, la présentation à la hauteur du parcours, il y a plein d'autres défis dont on pourra peut-être parler au travers de certaines anecdotes mais avant ça, j'aimerais comprendre comment tu t'es forgé ce mindset j'ai envie de dire presque dépasser ses limites, à chaque fois relever certains défis. Également pour toi au départ le système académique français mais j'ai envie de dire standard n'est pas forcément axé vers l'éveil de l'être humain quel a été le moment où tu as compris que tu devais créer ton propre chemin ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il y a eu un moment en particulier mais tu vois c'est marrant que tu introduises cette particularité-là avec le système académique français moi j'ai toute ma vie été jusqu'à l'université, j'ai toute ma vie été dernier Et le système français, le système académique classique en tout cas n'était absolument pas fait pour moi. J'ai passé toute ma scolarité en combat, en difficulté, en échec, en tout cas scolaire, parce que je n'étais pas à la bonne place, je n'étais pas au bon endroit et surtout je ne trouvais pas de sens dans ce que je faisais. Mais j'avais, j'ai eu très jeune, très tôt, cette capacité à malgré tout aller au-delà des codes, aller au-delà de ce qu'on me disait, aller au-delà des règles, assez... assez, je dirais, presque improbable parce que je viens d'une famille qui est à la fois dans le droit, dans la justice, dans les règles. Et moi, je ne l'étais pas parce que je sentais que je n'étais pas à ma place. Mais qu'en soi, ce n'était pas une fatalité. Alors bien sûr, aujourd'hui, je te dis ça, j'ai 46 ans. Quand j'en avais 7, 8 ou 10, je n'arrivais pas à mettre des mots dessus. Mais au fond de moi, j'ai toujours senti que ce système-là n'était pas fait pour moi et que ma place était ailleurs. Elle était dans le fait de voir plus grand, de penser plus grand, de… de rêver plus grand et de ne pas me mettre de limites. Alors ça, on ne me l'a pas appris à l'école et on me l'a encore moins appris à la maison. Mais par contre, la chance que j'ai eue, c'est qu'à la maison, que ce soit mes parents ou mon environnement proche, ne m'a jamais mis de barrière. Personne ne m'a poussé à aller réaliser mes rêves. Mais en tout cas, ils ne m'ont pas mis de barrière, ni mon père, ni ma mère, ni mon entourage proche. Et puis, à l'âge de 7 ans, je suis rentré dans le hockey sur glace et le hockey sur glace, ça a été une révélation. que j'ai pratiqué pendant plus de 15 ans, et 5-6 ans après, je suis devenu pro ? En tout cas, j'ai des chemins pour être pro. Et c'est vrai qu'une fois que tu es dans un environnement de sport de haut niveau, globalement, là, il y a toutes les barrières qui tombent. Il y a toutes les portes qui s'ouvrent. Et ça a été, si tu veux, une clé importante pour moi parce qu'à un moment donné, j'avais complètement lâché la partie scolaire où j'étais 100% focus sur le sport. Et en parallèle de ça, mes grands-parents avaient un théâtre pendant 40 ans. Donc moi, j'ai grandi dans le monde du spectacle, dans le monde de la scène. Donc j'ai toute ma vie depuis tout. tout petit, jongler entre la scène et l'art scénique, et puis en même temps le sport de haut niveau. Et c'est ça qui m'a permis, si tu veux, de petit à petit mettre une brique l'une sur l'autre pour arriver à faire ce que je fais aujourd'hui.
- Speaker #0
Complètement. Hyper intéressant. Et tu as évoqué justement ton parcours en hockey sur glace. Pendant environ 12 ans, tu pratiques le hockey sur glace à haut niveau. Qu'est-ce que ce sport, et en particulier le sport de haut niveau, t'as appris sur toi ? notamment que tu n'as jamais forcément appris par exemple dans les livres à l'université ou autre ?
- Speaker #1
Je te dirais qu'il n'y a pas qu'une seule vraie réponse à ta question, mais peut-être la plus forte en tout cas et qui pour moi a un lien évident aujourd'hui avec l'entrepreneuriat et le fait de voir grand, c'est la notion de détermination. Quand tu fais du sport au deuxième niveau, que ce soit du hockey sur glace ou un autre sport, en fait jusqu'à la dernière seconde, c'est jamais perdu. C'est souvent le plus dur et tu le sais parce que tu es entrepreneur. entrepreneur aussi, le plus difficile quand on est dans un parcours d'entrepreneur, c'est le long terme. C'est tenir quand les autres abandonnent parce que c'est dur, parce qu'il y a une crise, parce qu'il y a un Covid, parce qu'il y a une guerre mondiale et le sport de haut niveau t'amène à ça. T'amènes à en permanence travailler ta résilience mais surtout travailler ta détermination même dans les moments difficiles parce qu'en fait quand c'est facile tout le monde tient le coup. Le sport t'amène à réussir à aller au-delà. quand tu souffres, quand t'as mal quand c'est difficile, quand tout le monde a envie de baisser les bras et ben toi tu baisses pas les bras d'abord parce que y'a toute une équipe qui compte sur toi de deux parce que jusqu'à la dernière seconde c'est jamais perdu et que trois c'est ça qui te fait gagner ta vie aussi donc in fine tu réunis tous ces facteurs là et puis ça fait un cocktail magique qui fait que tu apprends à être déterminé tout en ayant ces particularités qui pour moi sont essentielles pour un entrepreneur et qu'aujourd'hui je trouve que dans la vie les gens perdent de plus en plus, c'est la notion de l'effort la notion de l'effort que aujourd'hui tout est de plus en plus facile, bon bien sûr par l'époque dans laquelle on vit avec l'intelligence artificielle avec les facilités de télécommunication de transport etc mais les gens ont de plus en plus de difficultés à aller dans l'effort Et le sport de haut niveau, là pour le coup, tu ne peux pas appuyer sur un bouton pour qu'on joue à ta place ou pour qu'on transpire à ta place. Donc, tu dois le faire par toi-même et ça passe par des moments de doute, par des moments de fragilité, par des moments de remise en question. Et c'est un parallèle absolument évident et surtout fantastique avec tout notre monde à nous de l'entrepreneuriat.
- Speaker #0
Est-ce que tu as toujours été aussi à l'aise à l'oral aujourd'hui ? Tu fais des conférences, des séminaires ? et on le voit là lorsque tu expliques et partages un message c'est relativement clair tes grands-parents tenaient également un théâtre, je te pose cette question parce que beaucoup d'entrepreneurs parfois n'osent pas prendre la parole estiment et se collent une étiquette comme étant timide ou introverti ou en incapacité de pouvoir parler en public et véhiculer un message or ils se tirent un peu une balle dans le pied aujourd'hui où on doit savoir communiquer On doit pouvoir partager son message, on doit pouvoir mettre en valeur son produit. Et je dirais même, c'est une obligation, une nécessité. Quand on sait que son produit est bon, on doit faire en sorte qu'il soit exposé aux yeux de ceux qui pourraient l'utiliser et être aidés au travers de ça. Toi, est-ce que tu as toujours eu cette habilité ou est-ce qu'au fur et à mesure, tu as réussi à la créer ?
- Speaker #1
Alors, je te dirais que déjà pour moi, la capacité à prendre la parole en public, c'est un peu comme ta capacité à être heureux. Il y a une partie génétique là-dedans. dans ton ADN parce que moi, on est une famille de quatre. J'ai trois sœurs et mes trois sœurs ont toujours pas détesté, mais n'ont jamais été à l'aise au fait de monter sur scène, prendre la parole devant les autres. Et après, bien entendu, tu as une capacité importante de terrain de jeu pour pouvoir te développer et travailler cette partie-là, même si c'est absolument pas naturel. En fait, c'est contre-naturel de prendre la parole en public devant les autres parce que quelque part, tu te mets à nu. Il y a même une étude intéressante récente qui a prouvé que prendre la parole en public... la peur de prendre la parole en public, elle était plus importante et plus profondément ancrée que la peur de mourir. Je ne sais pas si tu imagines, mais ce n'est pas une étude bidon. Donc, comme c'est contre-intuitif et contre-naturel, forcément, ça demande encore une fois des aptitudes qui sont hyper intéressantes quand tu veux développer un business, qui sont le fait d'oser sauter presque de l'avion sans parachute, de prendre un risque, de te mettre à nu, de te mettre en danger devant les autres parce qu'apprendre la parole en public… Moi, avant d'être à l'aise comme je le suis aujourd'hui, même dans les années où je montais beaucoup sur scène, ça m'est arrivé souvent de me cracher parce que j'avais pas le bon mot ou j'avais pas la bonne énergie ou il y avait une personne dans le public qui pouvait me perturber ou me déranger par des remarques ou par des comportements ou par autre chose. Donc très naturellement, très jeune, j'ai eu cette capacité à pouvoir me mettre en avant devant les autres sans... sans avoir nécessairement des peurs. Et puis après, j'ai dû le travailler pour le faire avec le plus de... de naturel possible, plus de fluidité. Mais forcément, ça a demandé des années et des années d'entraînement avec des crashs à l'intérieur. Et chaque crash important que j'ai eu, je m'en rappelle et je le vois aujourd'hui plus comme un cadeau que comme un crash. Je trouve que c'est une belle métaphore et puis un beau parallèle avec ce qui se passe en entreprise, en permanence. Quand je crois être un crash finalement, si je prends un petit peu de hauteur et que je me dis que finalement, ce n'est pas un crash mais c'est une expérience ou un cadeau, Ça change complètement mon expérience.
- Speaker #0
Alors, cette prise de conscience, j'imagine que tu l'as aujourd'hui avec du recul après coup. Est-ce que tu l'avais directement au moment où tu crashes ? Et sinon, quel conseil justement tu pourrais donner aux entrepreneurs qui nous écoutent pour faire en sorte qu'à chaque fois qu'il y a un crash, sous-entendu finalement quelque chose qui ne se passe pas comme prévu ou un échec ou une déconvenue, une frustration, une trahison, peu importe, on essaie d'y trouver le cadeau ou en tout cas la leçon et voir quels sont les effets de levier pour rebondir au mieux. Quel conseil tu leur partagerais ?
- Speaker #1
Alors, il y avait plusieurs questions. Dans une question, je vais essayer de les reprendre dans l'ordre. La première, non, je ne l'ai pas eue assez jeune. J'ai dû travailler. Le fait de réussir à prendre ça, pas comme un crash, mais comme un cadeau, c'est même venu plutôt dans une deuxième partie de vie quand j'ai commencé à me former avec des outils de développement personnel et des outils de coaching au départ. réussir à faire d'un crash un cadeau, ce n'était pas du tout dans mon ADN ni dans ma manière de faire. J'ai plutôt une tendance un peu rouge pour ceux qui connaissent la méthode DISC, donc plutôt le bélier qui fonce dans le mur et une fois qu'il se crash, il se relève et il ne prend pas forcément tout de suite apprentissage. Donc non, ça c'est un skill, c'est vraiment un outil que j'ai dû développer avec le temps. Comment faire pour un entrepreneur qui justement se prend un crash ou en tout cas qui croient prendre un crash mais qui en réalité est un cadeau, c'est déjà accepter la situation quand la situation arrive et pas se flageoler en permanence en disant « je suis nul, je suis mauvais, je ne monterai plus sur scène ou je ne ferai plus telle ou telle chose » parce que ça, c'est vraiment la décision ou le chemin qu'il ne faut absolument pas prendre. Mais c'est dire « ok, je viens de me prendre une tôle, je viens de me faire très mal, ok, s'il faut, je reste au sol, ne serait-ce que 10 minutes ou 1 heure ou symboliquement 3 jours, je vais rester au sol » . Par contre, je vais essayer au niveau introspection de prendre acceptation de ce qui s'est passé et ensuite pouvoir me dire « Ok, finalement dans cette situation-là où en tout cas ma perception me fait croire que c'est un crash ou c'est quelque chose de négatif, si je prends un petit peu de hauteur et que je montais avec un hélicoptère à 100 mètres ou 200 mètres au-dessus de cette situation-là et que je me dissocie de mon corps, au final si je prends la situation avec beaucoup, beaucoup de hauteur, déjà est-ce que… ma sensation physique et kinesthésique est la même, dans la majeure partie du temps c'est non. Et une fois que j'ai pris cette hauteur-là, est-ce que j'arrive à voir, parce que je me suis fait assez mal comme ça, est-ce que j'arrive à voir deux, voire trois choses positives que je peux sortir de cette situation ? Et on se rend compte que dans toutes les situations qu'on peut rencontrer dans notre vie, et particulièrement je trouve, dans la vie des entrepreneurs, si je prends un petit peu de hauteur, il y a toujours du positif qui ressort d'une situation qu'on croit. être une situation d'échec ou une situation de crash. Complètement. Et justement,
- Speaker #0
il y a une situation qu'aujourd'hui tu considères comme étant, et je cite tes mots, un formidable cadeau. Tu es tombé dans le coma lors d'une de tes aventures et tu parles justement de cet événement comme étant un formidable cadeau. Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que, pour la faire courte, cette histoire est un peu longue, mais quand je me suis réveillé du coma... même après plus de 12 ans de sport de haut niveau, je n'étais jamais allé aussi loin dans mes limites. Je n'étais jamais sorti aussi loin de ma zone de confort au point où je suis allé flirter avec la mort. Et je me suis rendu compte à quel point finalement notre physique c'était qu'une enveloppe et que tout se passait dans notre mental, dans la capacité qu'on avait de prendre nos décisions, dans notre capacité d'analyser des situations, dans notre capacité d'avoir une vision Et quand je me suis réveillé de ce coma, pour moi, c'est la première fois dans ma vie que j'ai eu cette sensation d'être presque inarrêtable. Et que finalement, il n'y avait plus rien dans la vie qui pouvait m'arrêter. Déjà, la première chose où je me suis complètement déconnecté, c'est la peur du lendemain. Parce que j'ai vécu une aventure où je ne vivais avec rien. Quand je dis rien, c'est vraiment avec rien. À part de l'eau, je n'avais absolument rien. J'étais à l'autre bout du monde. Il n'y avait pas d'argent. Il n'y avait pas de magasin. Il n'y avait pas de... Je n'avais pas de lit, pas de nourriture. Je n'avais aucun confort, zéro. Je vivais un peu comme une personne perdue à la métaphore de Romasson-Cruzoé. Donc déjà, la peur du lendemain, je me suis déconnecté de ça. Alors aujourd'hui, bien sûr, j'ai deux enfants et mes enfants comptent sur papa et maman pour leur donner des ailes, pour les accompagner vers la vie. Mais si je me déconnecte de mes enfants, aujourd'hui, la peur du lendemain est… et est quasi inexistante parce que mon inconscient a intégré le fait que je suis capable de vivre avec rien et la deuxième chose c'est que quand tu flirte comme ça aussi proche de la mort c'est que tu te rends compte à quel point la vie se joue dans l'instant présent. Ça ne veut pas dire ne pas avoir de vision ou d'objectif, bien au contraire, mais en tout cas que la vie, elle se vit, elle se croque maintenant et que si tu le décides vraiment, notamment quand tu réussis à passer au-delà de la mort, qu'au final chaque jour est un cadeau et que c'est à toi de décider ce que tu veux en faire.
- Speaker #0
Clairement. Et en 2023, tu tentes la traversée du lac Léman. Alors moi, c'est un lac qui me tient particulièrement à cœur étant suisse. J'y suis allé très souvent. Je l'ai traversé.
- Speaker #1
2024, le Léman.
- Speaker #0
Ok. Et du coup, tu tentes cette traversée. Tu t'es préparé pendant des mois, j'imagine ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pour autant, la nature, elle te dit non à ce moment-là. Est-ce que tu peux nous partager cette anecdote ? Et puis comment tu gères ça psychologiquement, le fait de ne pas forcément atteindre son objectif quand on s'est autant préparé ?
- Speaker #1
Alors, le Léman, je l'avais déjà fait deux fois en largeur. J'ai fait Evian Lausanne. et une autre fois j'ai tenté Evian-Lausanne aller-retour donc toi qui connais bien le coin tu vois ce que ça représente, c'est la traversée du lac en largeur aller et aller-retour et donc mon rêve depuis Gosse parce que le lac Clément c'est un coin de Suisse et notamment un coin d'Europe que je connais très bien mon rêve c'était de pouvoir le traverser en longueur au moment où je te parle il y a moins de 15 personnes dans le monde qui l'ont fait et donc c'était mon défi 2024 effectivement je me suis Je me suis préparé pendant des mois et des mois pour réussir à le faire. On était parti sur 30 heures de traversée. Sauf que cette fois-ci, c'est assez rare que la nature ne me laisse pas passer. On décide autrement. Mais effectivement, on n'est même pas 24 heures avant le départ de la course. Les conditions ont changé. Il y a eu énormément de courant par les thermiques et par les vents. Alors, on croit que le lac Léman, ça reste un lac, mais c'est un géant. On l'appelle le géant noir. Et c'est un lac où il y a énormément de courant, énormément de changements de température d'eau. Donc en plein mois d'août, en l'espace de moins de 12 heures, on a perdu 12 degrés de température d'eau parce qu'on est parti avec une eau quasiment à 26 dans le port des Viens. On est arrivé jusqu'au château de Chillon. Elle était déjà descendue à 20-21. Et au fur et à mesure qu'on a nagé, on est parti de nuit. Eh bien, on est tombé jusqu'à quasiment 14 degrés. Donc je suis parti en hypothermie. Je suis sorti quand même de mon hypothermie parce qu'ils m'ont remonté sur le bateau. Et après, les courants étaient tellement forts que je n'arrivais plus à avancer. Alors, quand je te dis que je n'arrivais plus à avancer, pour les auditeurs de ta communauté qui nous écoutent et qui ont un peu des notions de nage, j'arrivais à nager difficilement 500 mètres de l'heure. 500 mètres de l'heure, c'est à peu près ce que je fais en 8 minutes en piscine, en entraînement régulier. Donc, il me restait encore... J'étais dans ma 16e heure de nage. Il me restait encore si je voulais aller au bout il me restait encore 45 heures de nage sans certitude. Donc à ce moment-là, il a fallu effectivement changer de mindset. Donc j'ai mis une heure à continuer à nager et à me mettre dans un mode d'acceptation pour aller trouver les ressources mais surtout les aspects positifs. Tout à l'heure, je te donnais la métaphore de monter un peu dans un avion, prendre de la hauteur et réussir à prendre du recul avec ce qui se passe dans une situation dans notre vie qui nous paraît difficile ou difficile ou compliquées, ou dangereuses, ou même d'échecs. Et donc pendant quasiment la dernière heure, je savais, l'équipe technique m'avait prévenu que ça allait être quasiment impossible, voire impossible de le réaliser. Et donc là, pendant 45 minutes, tout ce que je peux renseigner, je me le suis appliqué à moi-même pour essayer de capitaliser sur tous les aspects positifs de cette course, sur tout ce que ça m'a apporté, sur tout ce que j'ai pu apprendre. Et le fait que surtout, ce n'est pas finalement un échec, mais une expérience. Parce que dans ma tête, je traverserai ce lac un jour en longueur. Il n'y a absolument aucun doute. Il n'y a aucune lueur de doute dans mon esprit. Ça sera peut-être dans deux ans. Ça sera peut-être dans cinq ans. Ça me demandera peut-être deux tentatives, peut-être cinq, peut-être dix. Mais je traverserai un jour ce lac en longueur. C'est une certitude. Donc, tout un travail à faire mentalement pour aller chercher du positif et te dire finalement, ce n'est pas un échec. une expérience qui va me permettre d'aller sur une autre étape. Et peut-être que l'autre étape, je n'y arriverai toujours pas encore et je ne ferai pas 36 kilomètres mais j'en ferai peut-être 50 et puis celle d'après, j'en ferai peut-être 60 et puis peut-être qu'un jour, j'irai au bout et je toucherai le sable et la roche à Genève. En tout cas, c'est dans mes objectifs à moyen terme.
- Speaker #0
Ce que je note ici et qui est hyper intéressant, c'est que pendant une heure, tu es en difficulté extrême mais tu essaies quand même, tu lâches rien et au bout d'un moment, tu prends cette décision justement d'accepter. Quand on est entrepreneur, mais finalement en tant qu'homme, en tant qu'homme-femme, on a parfois des situations où on a de la difficulté à percevoir la différence entre l'obstination et la persévérance. C'est un peu cette image, tu sais, de cette mouche qui va se taper contre la fenêtre jusqu'à s'assommer, tomber et puis c'est fini pour elle. Alors qu'elle pourrait juste se décaler de 30 cm et la traverser différemment cette fenêtre. De par ton expérience, parce que j'imagine des situations extrêmes, comme j'en ai parlé tout à l'heure... plein d'anecdotes qu'on pourrait raconter, on pourrait passer deux heures à raconter toutes les aventures que tu as vécues, même bien plus. Quel conseil tu partagerais pour distinguer ces phases où il va falloir avoir de la persévérance, ça va être compliqué, il faut aller chercher des ressources qu'on pense peut-être même pas avoir à ce moment-là mais qui vont nous permettre d'aller chercher cet objectif et des phases où là c'est trop, il faut... Il faut se restreindre, il faut se résigner. On la retentera plus tard et on en tire le leçon. Mais en tout cas là, maintenant, tout de suite, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Alors bon, c'est un sujet, tu t'en doutes bien, qui nous passionne tous les deux. Pour répondre le plus concrètement pour le site BataQuestions, je dirais dans un premier temps le sens. Est-ce que quand je suis dans une situation où je suis au bord du crash, au bord de la rupture, au bord de la difficulté importante ? Moi, dans mon cas, souvent je mets mon intégrité physique en jeu et je vais souvent très très loin. Un peu moins loin maintenant depuis que je suis papa. En tout cas, première question, est-ce que ça fait encore réellement du sens, quelle que soit la chose que tu es en train de faire ? Est-ce que c'est du business ? Est-ce que c'est du perso ? Est-ce que c'est un accomplissement physique, un rêve ou autre chose ? Est-ce que ça fait fondamentalement du sens ? Il y a déjà une première vraie réponse qui est apportée. La deuxième, c'est est-ce que dans ce que je suis en train de faire et du fait que j'ai répondu au fait que ça a du sens pour moi, est-ce qu'il n'y a qu'un seul chemin, il n'y a qu'une seule porte possible ? Tu faisais la métaphore de la mouche tout à l'heure. Est-ce que si à ce moment-là, je suis la mouche, est-ce que je ne prendrais pas un petit peu juste du recul ? Je me mettrais devant la fenêtre et je me dirais « Ok, est-ce qu'il n'y a pas un seul endroit ? » au niveau de la fenêtre qui est ouverte ? Ou alors, si là, l'intégralité de la fenêtre, elle est fermée, est-ce qu'il n'y a pas un moment dans la journée où quelqu'un va venir ouvrir la fenêtre ? Si la fenêtre est ouverte à une heure dans la journée, autant me réguler, me temporiser, temporiser le temps et puis passer au moment où ça va passer. Donc au final, c'est ouvrir le champ des possibles par rapport aux opportunités. Dans mon cas à moi, par rapport aux éléments, si je reviens sur la métaphore qui fait un lien aussi avec la mouche et la fenêtre, C'est moi, le capitaine du bateau me dit Nicolas si tu veux y arriver et le responsable technique me dit Nicolas si tu veux y arriver sans aucune garantie, il te reste encore 45 heures de nage. Est-ce qu'à ce moment-là ma décision c'est de prendre le risque de nager encore 45 heures sachant que je m'étais entraîné pendant presque deux ans pour en faire 30 ? Donc là je devais nager au total 60 heures parce que ça faisait déjà 15 heures que je nageais. Ou alors c'est dire bon cette fois-ci ça ne fonctionnera pas mais avec tout ce que j'ai pu apprendre Comme la mouche, je prendrais un autre chemin ou en tout cas un autre créneau sur une autre fois où je pense que ça passera ou en tout cas j'aurai une probabilité plus importante que ça passe. J'ai envie de te dire voilà pour moi les choses les plus importantes. J'ai mis là-dedans le fait de prendre de la hauteur, du recul. Dans ma dernière heure de nage, si j'ai continué à nager, à ce moment-là, je n'étais absolument plus dans la performance ni dans le fait d'être dans un… d'être dans un achievement ou dans une réussite. J'étais dans le fait de pouvoir me réguler pour me dire, au lieu de m'arrêter et de taper dans l'eau et d'être dans la colère, dans l'énervement, dans la frustration, ce que j'ai fait, ce que j'étais très bon à faire pendant des années, notamment quand j'étais joueur de hockey, l'idée c'était justement de réussir à danser sous la pluie et de me dire « là, la pluie est non-stop, elle est tellement importante que je n'arrive plus à avancer » . Pour l'instant, je continue un peu à danser et puis je sais que je ne pourrais pas traverser l'ensemble du lac. Je continue un peu à danser pour continuer à prendre du plaisir, à savoir qui je suis, qu'est-ce que j'ai appris, où est-ce que je veux aller, les raisons pour lesquelles je fais ça et mieux finalement reculer pour mieux sauter après.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui te stimule dans ces défis ? Parce que tu nous partageais là il y a un instant le fait que tu as dû revenir en arrière par rapport à cette traversée, mais j'ai senti ton énergie et… et ta conviction sur le fait que c'est que partie remise et tu le traverseras assurément ce lac de cette façon et tu toucheras ces pierres et ce sable à Genève un jour assurément. C'est quoi qui te stimule dans tous ces défis les uns après les autres ?
- Speaker #1
Il y a plusieurs éléments. Le premier, avant le fait que c'est ça que j'enseigne aujourd'hui aux gens, à ma communauté, aux entrepreneurs, aux entreprises qui me suivent, c'est cette notion de dépassement de soi, de sortir de sa zone de confort, de ne pas sortir de sa zone de confort juste pour en faire un concept marketing, mais sortir de sa zone de confort, c'est ça qui nous permet déjà dans un premier temps de nous sentir vivants et puis nous permettre de continuer à créer, à innover, à apprendre, à oser faire des choses éventuellement. et fondamentalement, au-delà de nous stimuler, ça nous rend heureux. Ça nous rend fondamentalement heureux de tous les jours découvrir des choses, apprendre de nouvelles choses, grandir, s'éveiller et continuer surtout à être dans cette polarité confort-inconfort. On a une capacité beaucoup plus importante à réussir à prendre conscience des belles choses de la vie. c'est-à-dire que quand je suis dans l'inconfort pendant des heures voire des fois des jours, tu as parlé de la boliviana tout à l'heure, je suis parti en Bolivie pendant 17 jours il y a plusieurs jours où j'ai dormi à même le sol sous tente sans me nourrir correctement, sans dormir avec de la chaleur, sans me laver, sans me brosser les dents, sans rien globalement quand tu reviens même dans un hôtel trois étoiles un peu biteux, tu as l'impression d'être sur le toit du monde et c'est cette notion d'effort dont je te parlais aujourd'hui que je trouve que l'être humain a de plus en plus de difficultés à apprécier, à percevoir parce qu'il n'est plus dans l'effort. Et les entrepreneurs sont parfois dans l'effort dans certaines choses mais sont dans un confort incroyable dans d'autres et donc perdent cette notion de la chance qu'ils ont de pouvoir bien dormir, bien manger, être en bonne santé, avoir la capacité à avoir des moyens. Dès qu'on sort de tout ça, ça nous permet de réussir à profiter à 2000% de l'instant présent.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
complètement. justement,
- Speaker #0
il y a un point sur lequel j'aimerais rebondir. C'est que c'est assez particulier. Tu emmènes des entrepreneurs en montagne pendant trois jours en hauteur qui plus est à 4000 mètres d'altitude pour pouvoir parler de leur blocage, prendre des décisions, peut-être même élaborer des stratégies ou autres, avancer finalement par rapport à leurs enjeux du moment. Pourquoi est-ce que c'est plus efficace de traiter ces sujets à 4000 mètres d'altitude ? plutôt que dans une salle de réunion ?
- Speaker #1
Parce que quand je les emmène dans cet endroit-là du monde, il n'y a plus de triche. C'est-à-dire qu'ils ne peuvent plus tricher avec eux-mêmes et quand tu ne peux plus tricher avec toi-même, tu ne peux plus tricher avec les autres parce que la triche, elle marche une journée ou elle marche une demi-journée ou un jour et demi au plus pour les plus forts. Mais au bout d'un moment, quand tu es face au froid, à la difficulté, aux premiers symptômes de maladie des montagnes, au final, il y a toutes les carapaces, tous les boucliers, tous les filtres qui tombent les uns après les autres, couplé à ça au fait que tu es complètement déconnecté de tout ce qui peut dans certains cas nous prendre beaucoup d'énergie. Je pense à nos téléphones, à nos ordinateurs, aux réseaux sociaux, etc. Quand on est là-haut, il n'y a plus de téléphone, il n'y a plus d'ordinateur, il n'y a plus de réseau social, il n'y a plus rien. Donc en réalité je les déconnecte de leur tracas, de leurs problématiques, de leur univers du quotidien. pour les plonger dans un univers qui, pour la plupart, 90 ou 95 % ne connaissent absolument pas. Ils sont complètement expulsés de leur zone de confort. Et là, j'arrive à avoir 100 % de leur attention et surtout 100 % de leur… presque, j'ai envie de te dire, de leur authenticité au bout d'un moment.
- Speaker #0
Alors, c'est aussi mon personnage parce que j'ai réussi à travailler vraiment cette partie-là en tant qu'accompagnateur. C'est-à-dire, moi, je ne suis pas guide de haute montagne. Donc, j'ai des professionnels de la montagne qui sont avec nous dans l'équipe pour gérer toute la partie, je dirais, décision par rapport à la montagne, à la météo, etc. Et moi, je suis vraiment là dans un cadre pour les driver dans leur capacité à aller au-delà, à prendre encore un step. avoir leur vie à 360. Le business en fait partie, mais pour moi, tu me l'as dit dans mon introduction, pour moi, la réussite, elle est vraiment à 360 et elle n'est pas que dans le business. Les entrepreneurs et les gens qui ont réussi dans le business mais qui sont malheureux dans la vie, j'en ai vu passer des wagons et des wagons. Donc, l'idée, c'est vraiment de leur donner une vision, en tout cas de réfléchir, de créer de la prise de conscience du déclic sur une vie à 360, qu'elle soit épanouie à 360, que tous les ballons de la vie soient… soit remplie de manière à ce que s'il y en a un qui crache, s'il y en a un qui se perce, les autres sont là pour créer une vraie stabilité. Et donc, on crée des vrais moments où ils se reconnectent à eux-mêmes, ils se reconnectent à des questions profondes. On a beaucoup d'émotions, beaucoup de pleurs. Et en général, quand on monte un sommet comme ça, il y a une métaphore qui est hyper intéressante. Et c'est pour ça que je fais plus les sommets que le désert. Je fais aussi des sorties dans le désert. Mais la grande métaphore intéressante du sommet, c'est qu'il y a un objectif. précis. Je pars d'un point A, je dois aller atteindre un point B qui pour le coup est difficile à atteindre. Et quand je l'atteins, ce que je me suis mis dans la tête comme objectif, ou en tout cas ce que je vise d'atteindre, ou ce que j'aimerais être finalement, est presque symboliquement en haut de la montagne. Et si je suis capable de le faire, mon inconscient va intégrer le fait que finalement, si j'étais capable de faire ça, je suis aussi capable de faire autre chose. Et juste, c'est qu'est-ce que c'est cette autre chose ? Est-ce que ça a du sens ? Comment est-ce que je vais pouvoir le faire ? Comment le mettre en place ? Mais surtout, est-ce que j'en ai conscience et est-ce que j'ai vraiment envie de l'atteindre ? Et quand je me dépasse, je me rends compte que j'ai des ressources à l'intérieur de moi qui sont souvent soit inexploitées, soit endormies, soit absolument pas mises en app.
- Speaker #1
Tu as une anecdote à nous partager d'un entrepreneur justement qui a vécu cette expérience ou peu importe, une personne en particulier, sans bien sûr parler de sujets sensibles ou personnels. mais je te pose cette question parce que peut-être certains Et en toute transparence, ça aurait pu être mon cas il y a de ça quelques années où j'étais beaucoup moins sensible à certains sujets liés au dépassement de soi, liés à la spiritualité, liés aussi au masque que parfois on se met et parfois on a tendance à se fourvoyer, à se mentir à soi-même et j'en passe. Mais peut-être que certains nous écoutent et se disent « Bon, c'est un peu tiré par les cheveux. Comment ça ? On va pleurer là-haut au-dessus de la montagne pour pouvoir avancer dans sa vie. Bon, ce n'est pas fait pour moi. Moi, je suis fort. j'ai pas d'émotion il n'y a pas besoin de tout ça c'est exactement le discours que j'aurais pu tenir il y a de ça 2-3 ans typiquement quelqu'un qui peut-être se raconte cette narrative basée sur son spectre qui n'est pas forcément faux ou vrai en tout cas c'est vrai à ce moment là pour lui avec son spectre d'analyse qu'est-ce que tu lui partagerais ou peut-être que tu aurais une anecdote à nous transmettre alors avant l'anecdote je vais te partager quelque chose c'est une maxime qu'il y a dans le Coran
- Speaker #0
qui dit que les larmes sont à l'âme ce que le savon est au corps. Donc, je te dis ça sans faire de la spiritualité de bas étage, mais quand je te parle de pleurs, moi aussi, ça m'arrive de pleurer en voyant ce qui se passe et en voyant ce qui peut se dégager des personnes, que ce soit pendant l'ascension ou arrivé au sommet. Ce n'est pas une finalité en soi de pleurer, mais c'est sûr que ça fait du bien. Et on sait à quel point quand on est entrepreneur, on porte beaucoup, beaucoup de choses sur ses épaules. Et moi, je sais de quoi je parle, parce que ça fait maintenant 15 ans que je suis entrepreneur en parallèle de tout ce que je fais. Donc, ça fait toujours du bien de pouvoir quelque part, des fois, te libérer de certains poids si tu n'as pas toujours les bonnes personnes qui sont autour de toi. Moi, j'ai la chance de travailler avec ma femme depuis plusieurs années maintenant et ça fonctionne très bien. Mais ça, c'était pour la petite parenthèse un peu émotion et larmes. Par rapport aux anecdotes, je te dirais que... Peut-être, alors j'en ai beaucoup, mais peut-être que les deux sujets qui reviennent le plus souvent, c'est un, prendre conscience que quand je suis entrepreneur, à part une minorité, en général, je délaisse beaucoup, beaucoup de facteurs et de secteurs de ma vie. Je laisse souvent un peu ma vie de couple ou en tout cas dans des périodes précises, je laisse clairement ma vie de couple, je laisse ma vie de parent ou ma vie de papa ou de maman. Je laisse ma vie amicale, ma vie de loisir, ma vie sportive au détriment de mon business. Et quand effectivement, on prend du recul pour vivre une aventure comme ça, ça nous remet, en tout cas, moi, je les accompagne dans ce type de réflexion, ça leur remet les pendules à l'heure que si demain, pour x ou y raison, le business s'arrête parce qu'ils se blessent, parce qu'il y a un Covid, parce qu'il y a une guerre et qu'ils ne peuvent plus travailler avec leur business, s'ils ont tout délaissé, finalement, qu'est-ce qui va leur laisser ? Qu'est-ce qui va leur rester souvent ? Et on se rend compte qu'il ne reste plus grand-chose. Si c'est à bord un business, mais qu'à côté de ça, finalement, tu te retrouves divorcé et tu ne parles plus à tes enfants. Et puis, tu as une santé qui est horrible et tu n'arrives plus à monter quatre étages et tu es essoufflé pour faire le moindre truc et tu ne peux plus faire du sport avec tes amis, ni avec tes parents, ni avec ta femme ou tes gosses. Finalement, la réussite, elle est où ? Donc, le premier gros point, c'est ça. Donc, en termes d'anecdotes, j'ai vu des gens qui ont commencé notre aventure en ayant... du surpoids et qui en finissant le surpoids avec une vie qui était clairement en termes de santé, d'alimentation de sommeil, d'activité physique qui était quand même très très très très très mauvais et très très faible et qui finalement se sont retrouvés à se mettre dans une reconversion à ce niveau là à 360 assez incroyable jusqu'à des personnes qui se sont mis à vouloir préparer un marathon qui ont fait un marathon, certains qui ont fait des Ironman alors que quand ils sont partis avec moi même si moi je les prépare physiquement pratiquement trois mois à l'avance. Au départ, ce n'était pas du tout des sportifs sur le papier. Des gens qui se sont jurés d'atteindre un objectif précis, d'arrêter de fumer parce que ça faisait 20 ans qu'ils n'arrivaient pas à arrêter de fumer et qu'il leur fallait un déclic. D'autres de passer le cap pour monter leur business et passer dans l'entrepreneuriat pour certains qui étaient encore salariés, même si aujourd'hui, 80% des gens qu'on accompagne sont entrepreneurs. On a accompagné des couples aussi, des couples mariés-femmes ou père et enfant, ou mère et enfant. qui entre eux avaient des relations un peu plus compliquées et qui, à l'issue de cette expérience-là, en tout cas, se sont dit des choses, ont eu la capacité de se parler, de se reconnecter, parce que dans la vraie vie, est-ce que tu prends vraiment du temps pour te reconnecter et le faire vraiment à 100% ? C'est très rare. Soit la vie, elle te le donne et elle te gifle avec, elle t'amène un licenciement, un cancer, une maladie, un divorce, un truc. soit c'est toi qui prends vraiment le taureau par les cornes et qui dois prendre une décision et souvent cette décision elle passe par une action de bloquer du temps de partir, te déconnecter pour te reconnecter à ce que tu veux transformer ou ce que tu veux changer dans ta vie et finalement notre aventure, notre expérience est un levier pour réaliser ce type de choses là et je dirais quand même aussi, c'est important parce que je sais que il y a beaucoup d'entrepreneurs qui nous écoutent Euh... On sait que les entrepreneurs, ils ont des plafonds. Enfin, ils ont, je m'inclus dedans, on a des plafonds de verre. On vise quelque chose et puis après, on a un plafond et on se dit, je ne pourrais pas dépasser ce plafond. Puis, tu te rends compte que c'est des croyances, c'est des limites. Et puis, tu pètes ce plafond-là, tu passes au plafond d'après, etc. Bon, il y a beaucoup d'entrepreneurs qui, moi, sont venus sur cette aventure-là en disant, moi, Nicolas, très honnêtement, globalement, à 360, ça se passe à peu près bien. Je sais que je pourrais encore progresser sur certains points, mais dans mon business en tout cas, je suis arrivé à un plafond où je ne sais pas pourquoi je… je n'arrive plus à passer sur le truc d'au-dessus, j'ai l'impression de mettre des croyances, des barrières, des limites, etc. Moi, je suis là déjà, mais surtout, il y a toute une communauté d'entrepreneurs qui sont là aussi à côté et qui, pour certains, le plafond d'un n'est absolument pas le même plafond qu'un autre, et vice-versa. Donc, finalement, ils se rendent compte encore une fois que ce n'est qu'un plafond, sky is the limit. Donc, si tu rêvais de faire 100 et que tu penses qu'à 100, tu es limite, si l'autre à côté de toi, il fait 2 millions. Tu te dis, peut-être que mon plafond de sang, je peux peut-être le passer assez facilement, en tout cas en mettant telle ou telle chose, en imaginant telle ou telle chose, en m'accompagnant de telle ou telle personne, en me formant avec tel ou tel outil, en allant sur tel ou tel séminaire, tel ou tel mastermind. Et finalement, on fait péter les limites tout en ayant pour moi ce cadre, ce garde-fou quelque part que… Il faut respecter un écosystème à 360 degrés et ne pas être uniquement dans le chouin à roule au compresseur. Et je ne fais que ça et j'oublie tout ce qui tourne autour parce que souvent, les dommages collatéraux sont titanesques. En termes d'anecdotes, j'ai connu quelqu'un qui rêvait d'atteindre des objectifs pros. Il les a atteints. Mais quand il les avait atteints, j'ai envie de te dire presque dans l'année, il a perdu un de ses enfants qui est décédé. Sa femme s'est barrée. Dans sa famille, il ne parlait plus à personne. Au final, le résultat de tout ça a été catastrophique par un manque de présence, par une absence, par un manque d'investissement, par quelque part de l'amour, de la bienveillance, etc. En tout cas, c'est un de mes credos. moi je suis fils d'entrepreneur mais mon arrière grand-père l'était mon grand-père l'était, mon père l'était et moi je suis sorti de la boucle de il faut travailler beaucoup il faut travailler fort pour réussir la réussite elle est déjà à 360° et puis surtout elle n'est pas nécessairement, ce n'est pas la quantité de travail que tu vas fournir, mais c'est les décisions que tu prends. Est-ce que tu as une vision smart pour essayer ? Il y a des moments où il faut crapahuter trois fois plus que d'autres, mais en tout cas, c'est vraiment une vision pour moi à 360.
- Speaker #1
Complètement. Alors justement, parlons-en de cette vision 360 parce que toi, tu as vécu cette phase où tout fonctionnait, mais où tu ne te sentais pas forcément à ta place ou en tout cas plus à ta place. Comment un entrepreneur peut-il savoir s'il est en train de réussir ? dans cette vision de la réussite à 360 degrés ou s'il est juste en train de s'enfermer dans une sorte de cache dorée qui n'est pas forcément alignée avec réellement ses objectifs ou en tout cas le sens.
- Speaker #0
Alors plusieurs choses. La première, c'est que est-ce que quand il se couche le soir tout seul, il ou elle, je dis il mais enfin oui, c'est il ou elle, est-ce qu'en tout cas quand la personne se couche le soir et qu'elle se lève le matin spontanément, est-ce qu'elle a plutôt l'impression d'être... heureux ou heureuse ou est-ce qu'elle a plutôt la sensation d'être plutôt globalement malheureux ou malheureuse ? Ça pour moi c'est le premier, la première question, le premier signe d'alerte, le premier moyen d'évaluation c'est celui-là. Est-ce que dans mon quotidien, on a tous des hauts et des bas, il y a tous des choses qu'on aime plus ou moins ou pas dans ce qu'on fait, mais globalement est-ce que ma vie me rend épanouie ou pas ? Première chose. Deuxième chose, on a des outils aujourd'hui. Par exemple quand je parle de vie à 360, d'équilibre à 360 degrés, on a un outil que tu vas très probablement connaître qui s'appelle la roue de la vie, où tu as soit des ballons, soit des camemberts avec ta vie professionnelle, tes loisirs, ta vie familiale, ta vie avec tes enfants, tes rêves, tes finances, etc. Tu as comme ça, selon les outils, tu as entre 6 et 10 camemberts ou 6 ou 10 ballons. si tu donnes du situ tu dois te donner une note entre 1 et 10 ou entre 0 et 100 % sur chacun des ballons, ça donne déjà un beau moyen d'évaluation de te dire, ah ouais, sur celui-là, je m'estime être pas mal, santé aussi par exemple, santé, etc., etc., etc. Bon, tu vois globalement comment est-ce que ta roue, si ta roue, elle est complètement cabossée et puis tu as des trous de partout, tu te dis, ouais, ok, mais il y a peut-être telle et telle sphère de ma vie que je peux aller travailler. Et très souvent, naturellement et encore plus chez les entrepreneurs, on se rend compte que la partie ballon ou la partie camembert de la partie business, elle est extrêmement importante parce qu'on met 80 ou 90 % de son énergie dedans. Par contre, sa vie amoureuse, sa vie familiale, sa vie de loisir, sa vie, sa santé, etc., elle n'est souvent pas au beau fixe. Donc, qu'est-ce que je peux mettre en place dans ma vie pour essayer d'avoir un petit peu plus d'équilibre, avoir une roue un petit peu plus ronde de manière à pouvoir avoir plus d'équilibre ? Et forcément, tout ça, ça a un impact. extrêmement positive sur chacun ou chacune des sphères de cette roue-là. C'est-à-dire que si je suis plus épanoui dans ma vie amoureuse avec ma femme ou mon mari, si je suis épanoui avec mes enfants et que globalement, je prends un minimum de soins de ma santé et que globalement, j'ai la possibilité de prendre moins de soins de mon corps et de me faire deux, trois séances de sport par semaine, je suis plus aligné entre mon mental et mon physique. Et forcément, ça a un impact extrêmement positif sur mon business. Ça, c'est une certitude. absolu et puis surtout c'est presque devenu une sine qua non presque scientifique aujourd'hui donc qu'est-ce que je mets en place dans ma vie pour globalement essayer d'avoir le meilleur équilibre possible parmi tous ces points là de manière à comme je le disais tout à l'heure s'il y en a un qui crache globalement ou un qui est vraiment en difficulté et ça arrive il y a des gens qui sont bien dans leur couple, qui sont bien dans leur business qui sont assez équilibrés et puis du jour au lendemain ils attrapent, ils chopent une maladie importante, ils chopent un cancer, ils deviennent paraplégiques ou tétraplégiques, bah qu'est-ce qui se passe ? À ce moment-là, est-ce que tu as rempli d'autres sphères, d'autres ballons ? Si tu les as remplis, tu continues à vivre, ta vie a du sens, tu continues à avancer. Si par contre, tu as tout mis dans ta santé, mais tu as délaissé tout le reste, le jour où ça s'arrête, c'est extrêmement plus compliqué de remonter. Ça l'est toujours, mais en tout cas, c'est beaucoup plus difficile.
- Speaker #1
Tu l'as eu quand, cette prise de conscience, toi ?
- Speaker #0
Je pense inconsciemment dans mon adolescence et de par le modèle... C'est jeune. Oui, mais inconsciemment. C'est pour ça que je dis bien le mot inconsciemment. Ce n'était pas conscient. Je ne pouvais pas y mettre les mots que je mets avec toi dessus aujourd'hui. Mais de par le modèle de mon grand-père et de mon père qui ont toujours beaucoup travaillé et qui se sont sacrifiés et qui ont sacrifié tous les deux leur santé et beaucoup, beaucoup de choses, même si moi, j'ai eu un... Un papa qui était présent, mais qui avait une présence différente de la mienne que j'ai moi aujourd'hui avec mes propres enfants. Mais assez jeune, je me suis dit, c'est sûr que mon modèle du monde ne sera pas celui-là. Alors, j'ai été éduqué dans une famille où la notion de liberté était importante, la notion de pouvoir choisir qu'est-ce qu'on voulait faire, avec qui on voulait travailler, comment est-ce qu'on voulait travailler. J'ai grandi dans cet univers-là. Mais par contre, le modèle, c'était… Un peu le modèle germanique ou le modèle russe, c'est-à-dire que tu travailles du matin 7h au soir 23h, les week-ends il y a un jour sur deux où tu travailles aussi et puis tu passes un petit peu de temps sur toi et un petit peu de temps avec les enfants. Et moi je savais ça étant jeune que ce n'était absolument pas le modèle que je voulais développer dans ma vie. Et d'ailleurs tout ce que je disais à mes parents quand j'étais jeune, globalement je l'ai réalisé aujourd'hui dans ma vie, mais quand j'étais jeune mes parents me disaient « oui, oui, c'est ça, écoute, on verra » . verras ce que tu t'arriveras à faire. Mais quand je leur disais jeune que j'allais vivre à l'étranger, que mes enfants n'iraient pas à l'école et que j'aurais ma propre société et que je vivrais au bord de la mer, déjà dans le modèle du monde de mes parents et de ma famille, c'était déjà quelque chose d'assez compliqué à intégrer. Et donc, c'est ce que j'ai réussi finalement à créer dans ma vie.
- Speaker #1
Tu parles justement de modèle du monde. Moi, j'ai une question plus sur la partie culture finalement. Tu interviens sur trois continents différents. dans des séminaires, des conférences auprès de certains entrepreneurs ou des personnes qui suivent tes conférences. Quelles sont les différences majeures entre un entrepreneur ou un individu en termes de mindset au Québec, en France et au Maroc, par exemple, face à la peur de l'impossible ou la peur de l'échec ? C'est un sujet de culture aussi. Et donc, peut-être que les différences, il y a des nuances ou est-ce que c'est un peu universel ? peur de l'échec, peur de l'impossible, peur d'oser ?
- Speaker #0
C'est une excellente question. La peur de l'échec, ou en tout cas la peur de ne pas être à la hauteur, c'est une des deux peurs les plus profondes, les plus importantes chez l'être humain de manière générale. Tout le monde pense que les deux plus grandes peurs de l'être humain, c'est la mort et la maladie. C'est complètement faux, parce que ça, c'est des peurs qui sont conscients, qui sont connues. Mais les deux plus grandes peurs profondes de l'être humain, c'est un, ne pas être à la hauteur, et deux, ne pas être aimé. Ça, on doit vivre avec ça toute notre vie parce qu'en soi, ce n'est pas une fatalité, on doit vivre avec. En permanence, c'est pour ça qu'on passe notre temps en tant qu'être humain à essayer d'être aimé par les autres, d'être reconnu, d'être accepté dans ce qu'on fait, que ce soit dans notre vie personnelle ou professionnelle. donc effectivement il y a un facteur qui est déjà universel au fait d'avoir la peur de l'échec, maintenant il y a des cultures où cette notion là elle est extrêmement travaillée quand tu vas par exemple en Amérique ou en Amérique du Nord, l'échec Ce n'est pas un mot qu'on utilise en tant que tel comme échec, mais plutôt comme une expérience. Et d'ailleurs, dans cette partie du monde-là, les recruteurs, les RH, les DRH vont recruter des gens qui ont plus souvent échoué que qui ont réussi. Parce qu'ils savent que par l'échec, tu apprends plus de choses et tu te remets plus en question par l'échec que par la réussite. Donc du coup, effectivement, la notion d'échec, c'est on va la cultiver, on va la travailler, on va « Ok, waouh, tu as fait ça, tu t'es crashé, alors qu'est-ce qu'on peut faire pour que la prochaine fois ça passe, pour que tu puisses avancer, devenir une meilleure version de toi-même. » plus performer, plus progresser, etc. Ça, c'est un peu la culture du Québec. Quand on monte sur scène au Québec ou quand on arrive au Québec pour donner une conférence, le rideau ne s'est même pas encore ouvert que tu as trois quarts des gens de la salle qui sont debout avec les mains au ciel et qui commencent déjà à chanter, à crier, à taper des mains. Bon, ça, c'est un peu la culture nord-américaine. On va mettre en avant, on va faire beaucoup de bruit, on va faire en sorte que globalement, on amène du mindset positif, des énergies positives. Ça, c'est pour moi en tout cas un... un facteur assez important sur cette région-là du monde. Pour la France, c'est plus complexe. On a effectivement, de manière générale, sans faire de jugement de valeur, parce que moi-même, je suis français, on a effectivement plus une tendance à d'abord voir le verre à moitié vide qu'à voir le verre à moitié plein. C'est-à-dire que d'abord, on a besoin de certitude, on a besoin d'avoir des exemples, on a besoin d'être sûr que ça marche, on a besoin d'avoir un parachute. avec un double parachute et un triple parachute avant de se lancer ou de prendre des décisions. Ça, encore une fois, pour moi, c'est généraliste. Ce n'est pas tout le monde qui est comme ça. Il y a forcément des entrepreneurs qui adorent se jeter sans filet, prendre des risques, oser, innover, entreprendre, etc. Mais de manière générale, la culture, elle est plus dans le fait de, comme on est une… une génération, mais surtout une culture un peu plus assistée. Forcément, les gens ont besoin d'abord d'avoir de la sécurité et de l'assistance avant d'être dans le risque ou dans la prise de risque. Et c'est la raison pour laquelle il y a beaucoup d'entrepreneurs qui, à un moment donné, trouvent leur place et leur paradis et leur sens ailleurs qu'en France, même s'il y a de l'entrepreneuriat en France. Mais c'est en tout cas une culture qui est plus difficile à dépasser par rapport à cette notion de... de l'échec ou en tout cas elle n'est pas nécessairement cultivée. Ensuite quand on va sur le continent africain bon ben là j'ai envie de te dire que en tout cas moi en ce qui me concerne je suis plus sur la partie Afrique du Nord donc notamment le Maroc où là on est passé pays émergents au mois de juin, on est sur une progression à deux chiffres depuis quelques années où là j'ai envie de te dire c'est le champ des possibles qui est devant nous, on est sur une population plutôt jeune donc à partir du moment où t'es jeune et puis tu sens que d'accès aux réseaux sociaux, tu as accès à ce qui se passe un peu aux quatre coins du monde et puis que toi, tu te dis, il ne me reste plus qu'à croquer la vie de manière générale. Tu te dis, ok, si je pars de pas grand-chose et puis on peut créer des choses incroyables parce qu'on a tout un continent à aller, voire même le monde à aller conquérir et à aller croquer, ça donne plus d'élan, plus d'envie, plus de force, plus de dynamique à te dire, je peux prendre des risques parce que même si je me crache finalement Le risque à prendre n'est pas gigantesque parce que je ne suis pas dans une zone de confort qui est non plus titanesque. En tout cas, si je prends l'Afrique à 360 degrés, c'est la raison pour laquelle je me reconnais beaucoup et j'ai beaucoup de plaisir. Je fais énormément d'interventions sur ce continent-là parce qu'aujourd'hui, le champ des possibles est titanesque. On le sent dans l'énergie des gens, on le sent dans leur manière de voir le monde, dans leur manière de voir demain. Il y a quelque chose d'assez gigantesque qui est en train de se produire. Et puis surtout, il y a un peu comme une marmite qui est en ébullition. Je me rappelle que j'ai eu l'occasion de vivre quelques mois à New York au début des années 2000. Quand tu marches dans la rue ou quand tu échanges, quand tu es dans des communautés ou dans des cercles d'affaires, tu sens que le potentiel est presque illimité. Aujourd'hui, en tout cas, sur cette partie du monde, en Afrique et notamment l'Afrique du Nord, on sent aussi qu'on est dans cette dynamique-là. Voilà un peu les trois dynamiques par rapport à cette notion de peur ou d'échec sur ces trois cultures différentes.
- Speaker #1
Hyper intéressant. Merci beaucoup pour ces éléments, Nicolas. Et merci aussi pour tout ce que tu as partagé. J'ai une toute dernière question à te poser. Mais avant ça, encore une fois, comme je le dis à chaque fois, merci si vous avez eu autant de plaisir à écouter cet épisode que je n'en ai eu à l'anime. Faites-le nous savoir. Partagez cet épisode. Mettez 5 étoiles sur Apple Podcast. liker, commenter, partager également le post LinkedIn qu'on fera autour de cet épisode on mettra aussi le lien de ton site pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, voir ce que tu fais et comprendre aussi comment peut-être aller à 4000 mètres et traiter des sujets, des problématiques ou autres entre autres d'ailleurs merci pour ça dernière question pour toi, est-ce que tu peux nous partager le déclic qui a fait toute la différence pour toi ? Alors, peut-être que tu n'as pas partagé dans le cadre de cette interview, que peut-être tu n'as jamais partagé nulle part. Ça peut être une simple phrase, une situation, une frustration, quelque chose de positif, moins positif, une anecdote. Peu importe, tu as carte blanche pour le mot de la fin.
- Speaker #0
Écoute, je ne sais pas si c'est un moment précis, mais je vais te donner, quand tu me poses la question, je vais te répondre le plus spontanément possible et en tout cas, ce qui me vient comme ça naturellement. c'est que j'ai cherché le sens de ma vie pendant dix ans. Et pendant dix ans, globalement, ça c'était sur la fin de ma carrière de sportif de haut niveau et le début de cette carrière d'accompagnement pour accompagner l'humain de manière générale à se développer. Pendant dix ans, j'ai fait pas mal de choses, mais je n'étais pas nécessairement... Je sentais en tout cas que... Je n'étais pas nécessairement à ma place et ce que je faisais fonctionnait bien, mais je sentais que ma vie était ailleurs. Je sentais que le sens de ma vie était ailleurs et qu'il fallait fondamentalement que je me rapproche de ça et que je trouve mon facteur X, ce à quoi j'allais contribuer dans le monde. Et ça a été une conquête absolument magique. Alors quand tu es dedans, tu as l'impression que ça ne s'arrête jamais et que c'est interminable. Mais au moment où ça se passe et où tu commences à avoir certitude sur certitude sur certitude, il se produit en toi quelque chose d'absolument féérique et absolument sensationnel qui est que tu as presque cette sensation d'être inarrêtable, de te dire « ma place, elle est là » . Et c'est pour ça que je vis finalement, c'est ma mission de vie. Donc, ce n'est pas venu d'un coup net. Il y a eu forcément des petits épisodes un peu… un peu important à tout ça, par des rencontres, par des moments de vie importants, par des choses que j'ai pu entendre qui m'ont fait... qui m'ont fait très mal. Et comme je sais que tu adores les anecdotes, je vais quand même t'en donner une importante puisque je l'ai dans mon bouquin et cette femme s'est reconnue en lisant mon bouquin. C'était ma maîtresse de CM2 qui un jour, à ce petit garçon de Nicolas qui avait 9 ans, lui a dit devant toute la classe « Nicolas, tu finiras ta vie en prison » . Et ça, c'est réel. Ce n'est pas du marketing. Ce n'est pas un truc que j'ai mis dans mon bouquin pour faire beau. Ça a déclenché en moi un espèce de... de tsunami, bien sûr de tristesse, j'étais un petit garçon qui avait 9 ans, de tristesse, de colère, de peur, je suis rentré chez moi le soir, j'ai raconté ça à mes parents, j'en ai pleuré, ma mère en a pleuré, mon père l'a rencontré, la maîtresse a failli se faire virer de l'école, ça a été une situation compliquée, mais tu vois, avec le recul, j'ai commencé à en parler à mon adolescence, cette femme-là m'a donné un des plus beaux cadeaux de ma vie, parce que je pense que ce... Ce chemin-là de trouver ma place dans la vie, peut-être que j'aurais pu finir en prison en soi. C'était en tout cas une probabilité parce qu'elle voyait juste là-dedans parce que j'étais à l'époque extrêmement rebelle et j'aurais pu, en tout cas, si j'avais fait d'autres choix, peut-être avant de passer par la casse-prison. Mais en tout cas, elle m'a donné cette espèce de hargne, cette espèce de feu intérieur de me dire « Ok, tu penses que je vais finir en prison ? » Je ne sais pas si je vais finir en prison, mais en tout cas, je vais faire des choses exceptionnelles dans ma vie. Et ça m'a poussé à aller chercher le sens et à trouver le sens. Parce que pendant dix ans, il y a beaucoup, beaucoup de gens dans mon entourage qui me disaient « Bon, ça y est Nicolas, tu as un super job, ça se passe bien, tu gagnes bien ta vie. Entre guillemets, métro, boulot, dodo, c'est coché, tu as une super nana, tu roules dans une belle bagnole, tu as une belle maison, tu as un beau truc. » Sauf que ma vie n'avait pas de sens et c'était très difficile à ce moment-là de réussir à aller contre ce courant. Tu sais, ce courant qu'est la société, que sont les codes autour de toi, la culture, les gens. Les gens, globalement, la réussite, ce n'est pas quelque chose qui importe pour les gens. Ce qui est important, c'est de rentrer dans des cases, dans des boîtes. C'est ça qui est important pour la société. Et quand tu es un peu out of the box et que tu vois la vie différemment et que tu l'envisages différemment et que tu veux te battre pour tes rêves, ça ne rentre pas globalement dans le contexte d'une société classico-classique. Donc, j'ai dû me battre pendant dix ans pour dire, OK, je n'ai pas trouvé. même si vous croyez que j'ai trouvé, je n'ai pas trouvé, je vais continuer, continuer, continuer. Il y a des moments où je me suis mis dans des situations où globalement, j'avais plus d'argent, je vivais dans un 16 mètres carrés avec pas grand-chose et pas pouvoir des fois acheter du pain le soir pour rentrer chez moi. Mais tout ce chemin-là a fait qu'in fine, je suis arrivé, comme le disait Steve Jobs, j'ai relié les points les uns après les autres pour arriver au truc où je me suis dit « Ok, même si au début, mon bateau, il ne sera pas beau, il ne sera pas doré, il ne sera pas gros, Ce sera mon bateau et je sais que je serai dans la bonne direction. J'ai été un peu long sur ta dernière réponse, Alec. Je ne suis pas conférencier pour rien, comme on le dit souvent. Mais je me suis un peu lâché sur cette dernière réponse.
- Speaker #1
Merci, Nicolas.
- Speaker #0
Merci pour ce moment. J'ai passé un moment succulent et sublime avec toi, Alec. Merci pour ta confiance, en tout cas.