- Manu
Bonjour et bienvenue sur Le Dernier Clic, votre podcast tech, IA et No-Code. On se retrouve comme chaque semaine avec Lulu, qui va bien.
- Lulu
Oui, ça va.
- Manu
Oui, prêtez des bords de micro. Et cette semaine, on a le plaisir de recevoir aussi Thomas, qui va bien aussi, je crois.
- Thomas
Yes, très heureux d'être là, merci pour l'invitation.
- Manu
Avec plaisir, merci d'être venu. Et alors, pour remettre un petit peu en contexte, vous avez normalement, et si vous êtes attentif, écouté nos épisodes qui viennent de passer tout le dernier mois, avec des invités chaque semaine. On a abordé l'IA sous un angle à chaque fois, on va dire humain, pour remettre un petit peu le tout en contexte et dans le cadre du Forum PHP qui se déroule. aujourd'hui même quand vous écouterez cet épisode. Et donc, je vous invite, si vous n'avez pas écouté les épisodes précédents, à aller écouter Amélie qui parle des événements tech et comment ça a changé énormément ces dernières années. Xavier qui parle de comment sa boîte a adopté l'IA pour le développement et qui repense les rôles et les différents enjeux d'un point de vue de son équipe. A écouter Gaël aussi qui nous parle de comment ça a changé son rôle de développeur et également Charlotte qui est venue nous en parler. sur tout le rapport à la neurodiversité et comment on peut essayer de s'en saisir de manière inclusive et aussi justement de sensibiliser à ces sujets. Et on enchaîne avec justement une autre facette de ce rapport à l'IA aujourd'hui avec Thomas qui va nous en parler. Thomas qui accompagne les entrepreneurs depuis très longtemps et justement qui va pouvoir nous présenter un petit peu TSA sous l'angle des entrepreneurs et des indépendants. Alors, autant entrer directement dans le vif du sujet. Est-ce que Thomas, s'il te plaît, tu peux te présenter, nous présenter un peu Claude Code Horizon ?
- Thomas
Oui, effectivement, le sujet de l'IA, pour moi, il s'intègre dans le métier d'accompagnant que j'ai depuis longtemps. Donc, nous, on a une structure d'accompagnement pour les entrepreneurs indépendants. Donc, c'est des gens qui sont seuls dans leur boîte. On travaille avec toutes sortes de métiers. La spécialisation, elle se situe du coup pas trop sur un spectre de compétences, mais plutôt sur... la réalité partagée de « je suis entrepreneur, je suis tout seul derrière mon ordi » . Donc, c'est autant des freelances qui ont des métiers de service et qui font de la prestation intellectuelle que des personnes qui sont, par exemple, profs de yoga ou qui font du massage shiatsu, des choses comme ça. Et du coup, la façon dont on a de les accompagner, déjà, c'est sur la partie business, parce que la plupart de ces gens viennent avec un métier, une expertise, mais pas forcément. la compréhension de comment je structure une entreprise autour de ce métier et de cette expertise. Mais au fil des années, puisque ça fait un moment maintenant que je fais de l'accompagnement, je me rends compte de plus en plus que l'écosystème dans lequel je m'insère de personnes qui créent du contenu sur Internet, qui parlent d'entrepreneuriat, il y a plein d'angles morts dont ces personnes ne parlent jamais. Le premier, c'est l'angle mort de l'épanouissement de l'entrepreneur au sein de sa boîte. Si on ne parle que de croissance financière, si on ne parle que de stratégie marketing, mais qu'on ne parle pas du fait que chaque individu est unique et a ses forces et ses faiblesses. Et pour certaines personnes, c'est très difficile de s'exposer énormément sur Internet dans des stratégies très publiques, alors que pour d'autres, c'est hyper facile. Déjà, en fait, on ne fait pas trop de l'accompagnement, on fait de la formation, mais pas de l'accompagnement, c'est-à-dire qu'on construit une solution sur mesure avec la personne en face de nous. Donc, de plus en plus, on a intégré cette partie connaissance de l'individu en face et l'épanouissement individuel de l'entrepreneur. au sein de son entreprise, parce que ça ne sert à rien d'avoir une boîte qui grossit si l'entrepreneur, au sein de sa boîte, est flingué, part en burn-out et épuisé. Enfin, voilà, il y avait ces deux trucs à reconnecter. Et pareil, de fil en aiguille, on s'est rendu compte qu'un autre angle mort qu'énormément de personnes qui font de l'enseignement entrepreneuriat, c'est les enjeux de la société. C'est-à-dire qu'on traite les sujets que sous un angle individuel et individualiste, c'est-à-dire que tout ne passe par que le spectre de comment j'améliore ma situation personnelle, je fais plus d'argent, j'augmente vraiment ma rentabilité, blablabla, sans se préoccuper de, on fait face à la plus grande crise que notre espèce n'ait jamais rencontrée, qui est la crise du dérèglement climatique. On fait face en ce moment à des crises politiques et démocratiques. Il y a énormément d'enjeux qui touchent notre société. Et pour moi, ce n'est pas possible de penser le développement long terme d'une entreprise. sans réfléchir à comment cette entreprise s'insère dans les écosystèmes qui l'entourent. Les écosystèmes naturels, pour les enjeux climatiques, les écosystèmes humains, pour les enjeux politiques, enfin bref, une entreprise fait partie d'un... d'un tissu sociétal, du coup, on doit réfléchir à quel dialogue existe entre ma boîte et le tissu sociétal dont je fais partie. Donc voilà, il y a cette pluridisciplinarité et cette complexité dans notre façon de faire de l'accompagnement, qui est à la fois fascinante, mais qui fait que on touche beaucoup de sujets et l'IA, évidemment, quand je le présente sous cette forme en disant on travaille sur ces trois spectres qui se parlent entre eux, l'IA vient toucher ces trois trucs en un. Et ces dernières années, tous les entrepreneurs parlent de ça. Tous les entrepreneurs se questionnent là-dessus depuis ChatGPT et le fait que sur Internet, de plus en plus de gens disent « il faut faire ci, il faut faire ça, tu peux faire ci, si tu ne l'utilises pas, tu vas te faire destruire, ta boîte va couler » . Il y a beaucoup de bruit et du coup, comme la plupart des gens qui en parlent, n'en parlent que sous l'angle productivité, performance, gains financiers. Il se trouve que nos clientes n'arrêtaient pas de nous demander « Mais comment nous on fait ? » Parce que moi, ça ne m'intéresse pas TSA, mais j'ai quand même besoin, je crois, de me poser des questions sur l'IA. D'où le fait qu'à un moment donné, j'en suis venu à me dire « Bon, personne ne s'occupe de le traiter sous cet angle, il va falloir que je m'y colle. » Et je m'y suis colléré savant. Et je crois que c'est ça qui fait qu'on se parle aujourd'hui.
- Manu
Oui, et on reviendra après sur le cas du bootcamp en lui-même pour aller accroiser davantage justement ce que tu défends. Mais déjà, j'aimerais bien savoir ton rapport à l'IA à toi. Je veux dire, à quel moment, toi, ça a attiré ta curiosité ? Comment tu l'as regardé un peu ? Et à quel moment tu t'es dit, tiens, je vais mettre les mains dedans, tu vois, déjà pour moi, avant d'aller justement sur les questions d'accompagnement et tout ?
- Lulu
Et peut-être même ton rapport au numérique en général, parce que l'IA vient après pas mal de choses et s'inscrit dans une dynamique qu'on a déjà vue avant avec le web, les réseaux sociaux, et l'IA vient après. Donc je ne sais pas s'il y a... Tu as plus ou moins le même point de vue que ce que tu avais avant ? Est-ce que ton point de vue sur le numérique a évolué ? Ça peut permettre de faire plein de choses, mais en même temps, c'est dangereux et ça a des impacts.
- Thomas
Disons qu'il y a, je pense, deux grandes choses qui se rencontrent. Il y a, je pense, des facilités que j'ai. C'est des choses qui sont assez fluides pour moi, de mettre les mains dans des trucs numériques, d'essayer de comprendre comment ça fonctionne, de dialoguer avec ça. Quand on crée du contenu et qu'on a une boîte sur Internet basée sur la création de contenu, je fais ça depuis 2017, forcément, tu mets les mains dans plein de choses. Et même avant, j'évoluais dans les écosystèmes start-up à Paris. Du coup, beaucoup de ces boîtes, c'est des boîtes tech. Tu comprends des trucs, genre les software as a service, c'est un milieu dans lequel j'étais avant. Il y a plein d'enjeux du numérique et de la tech dans lesquels je baigne depuis longtemps. Donc il y a cette appétence naturelle, le fait que j'aime bien fouiller, comprendre, c'est un challenge mental que j'aime bien. Et en même temps, ça, ça vient se frotter avec, disons, mes positions politiques et politiques avec un P majuscule, pas forcément position partisane, mais ma position politique que je définirais plutôt de la gauche écologiste, mais de plus en plus radicale avec le temps, ainsi que mes valeurs. Mes parents, c'est des hippies. J'ai grandi un peu dans une mouvance de vivre au fin fond de la campagne, de permaculture et de tombe potager en essayant d'avoir ton autosuffisance. Donc, c'est deux trucs, je trouve, qui créent un mélange particulier dans le sens où je suis intrigué, j'aime comprendre, j'aime fouiller, TSA. Et en même temps, la big tech, ça fait longtemps que je me pose des questions dessus. les réseaux sociaux, les algos, les bulles que ça crée. Ça fait longtemps que je me pose des questions dessus, depuis même la fac. Je dirais que c'est ça un peu le terreau dans lequel je suis. Et du coup, comment ça s'intègre sur l'IA, j'ai l'impression qu'en gros, ça fait juste mettre un accélérateur. C'est comme si on avait mis de l'essence sur un feu qui brûlait déjà fort. Donc, il y a la partie de moi qui est en mode, « Waouh, c'est incroyable, je peux maîtriser des trucs et je me sens capable. » d'avoir un des usages les plus pertinents et poussés de l'IA, parce que je maîtrise les codes et je sais que j'en suis capable. Mais ce qui m'a toujours freiné, c'est la barrière morale. Et du coup, moi, c'est assez clair. Je préférerais largement vivre dans un monde qui n'a pas pris cette direction. De plus en plus, je m'apaise avec le fait que, bon, ça arrive maintenant, mais ça se trouve, si ce n'était pas arrivé maintenant, ça serait forcément arrivé à un moment donné. Parce que j'ai l'impression que nous, les êtres humains, on a cette formidable volonté de toujours... pousser les recherches sur tout, même quand c'est super dangereux, on le fait quand même, les bombes nucléaires étant un autre exemple, dans le passé. Donc je m'apaise un peu en me disant, bon, en fait, c'était inévitable qu'à un moment donné, notre civilisation prenne cette direction. c'est maintenant, qu'est-ce qu'on fait de cette situation ? C'est comme l'écologie, mon bouquin, on est face à ça, c'est dur, je souffre, je préférais que ça n'existe pas, mais ça n'aide pas à opérer dans le monde, donc comment j'opère dans le monde ? J'aurais préféré que ça n'existe pas, mais c'est là maintenant, et j'essaye de trouver cette juste place de je veux être un citoyen engagé pour le monde que je veux voir sous mes pieds, et en même temps, il y a des choses à faire, ce n'est pas moi qui ai décidé, et maintenant c'est là. C'est un mélange très difficile à trouver, je trouve. Et je pense que toutes nos clientes et toutes les personnes qui écoutent mon contenu se trouvent un peu dans le même truc, tu vois. On est pris entre le monde va dans ce sens, mais moi, j'ai envie d'aller dans ce sens. Dissonance cognitive. Oh, qu'est-ce que je fais ? J'utilise un peu, je me sens coupable. Enfin voilà, il y a ce truc-là à résoudre qui est mon chemin aussi, quelque part.
- Lulu
Ouais, ben c'est d'un côté, fin. On aimerait bien aussi ne pas vivre dans un monde capitaliste et productiviste. Mais en même temps, si on veut survivre, et juste survivre, on est obligé de jouer aux règles qui sont imposées par ce système-là. Et là même, ta réflexion autour de l'IA, en se disant, j'aimerais bien que ça ne soit pas là, et finalement, c'est là, qu'est-ce que j'en fais ? Est-ce que ça a alimenté un peu ta réflexion sur LinkedIn aussi ? En parallèle de dire, finalement, c'est là, comment est-ce que je l'utilise à mon avantage sans me laisser manger par cette techno ? Et qui fait que tu es revenu sur... Parce qu'il y a peut-être un petit parallèle entre les deux.
- Thomas
Bien sûr. Disons que de toute façon, tous les sujets technologiques, il y a des parallèles dans TSA. Pour les gens qui n'ont pas le contexte avec la question que tu me poses là, j'ai un rapport aux réseaux sociaux qui a beaucoup évolué au fil des années. Je viens de faire sept mois où je suis... partie de LinkedIn et d'Instagram. Et là, je fais un retour ciblé, spécifique, avec un cadre très particulier de comment le faire. Mais un des enjeux pour lesquels j'étais parti, c'était prendre soin de mon attention parce que c'est des réseaux sociaux, globalement, les boîtes big tech, parce que certaines qui sont derrière les réseaux sociaux sont les mêmes derrière le développement de l'IA assez massif aux US en ce moment. C'est des boîtes dont le business model dépend de capter notre temps de cerveau et nos données. Et du coup, il y a un moment, j'étais en mode, j'ai plus envie de nourrir ça, je veux plus faire partie de ce choc-là. Mais il y a un équilibrage où forcément, comme tu le dis bien, c'est un discours que je tiens souvent, c'est de dire, la société n'est aujourd'hui pas pensée pour remplir par défaut nos besoins primaires et nos besoins de survie. En tout cas, notre société en France n'est pas tout à fait au niveau où ce serait souhaitable. En France, on a la chance d'avoir des filets de sécurité qui sont un peu plus hauts qu'aux US, par exemple. du coup comme c'est pas dans la structure sociétale de prendre soin de nos besoins primaires par défaut, d'autant plus quand on est entrepreneur ou freelance, où en fait on est beaucoup la marge, la variable d'ajustement sur laquelle nos clients et nos clientes jouent, en fait on a ce truc de quoi qu'il arrive, on doit subvenir à nos besoins, on doit se battre pour notre sécurité, et selon où on se positionne, parce que tous les entrepreneurs, c'est pas la même chose pour tout le monde, on n'a pas les mêmes privilèges, on n'a pas les mêmes métiers, on n'a pas les mêmes postures. ça donne des obligations qui sont un peu différentes de ce que je dois faire pour survivre. Et c'est pour ça que moi, mon business model, ce que j'essaye de jouer comme rôle dans l'écosystème dans lequel je suis, les messages que j'essaie de faire passer, ça me pousse à avoir des approches qui sont peut-être différentes de quelqu'un d'autre qui n'a pas le même rôle que moi dans cet écosystème, dont les objectifs sont différents. Enfin voilà, moi j'ai une place et du coup j'essaye de réfléchir à partir de cette place. Et nous, on essaye de faire en sorte que les autres prennent conscience de leur place et réfléchissent à partir de cette place-là. Ce qui fait que nos moyens d'action seront très différents d'une personne à l'autre. Et je dis ça parce que souvent, on me demande dans les podcasts de dire c'est quoi la stratégie du moment pour, mais je ne pense pas qu'on puisse faire de généralité qui parle à chaque individu. Il y a plutôt comprendre les principes premiers et à partir de ces principes premiers, essayer de chacune trouver sa voie.
- Manu
Super. Et justement, pour revenir... Sur ton premier rapport, enfin le premier moment où toi tu as mis la main dedans, tu vois, sur l'IA. Parce que bon, du coup, sur la partie réseau social, effectivement, c'est des outils dont tu connais très bien les codes, dont tu as usé pour le boulot et pour la création de contenu. Et après, voilà où tu as essayé différentes stratégies pour essayer de te détacher de ça, en prenant des positions pour revenir, trouver un équilibre. Sur l'IA, ce que j'en déduis, c'est que c'est la même logique. Tu as attendu peut-être un certain temps avant de commencer à mettre les mains dedans. À partir du moment où tu y as touché, que tu as trouvé ton intérêt. tu as essayé justement de trouver la bonne position dessus, enfin, encore une fois, l'équilibre. Et du coup, je suis curieux de ce petit parcours-là, justement, à toi, sur les premiers usages, qu'est-ce qui t'a...
- Thomas
Je pense que le début, il a été un peu... J'hésite entre le mot subi ou sous l'impulsion du monde, dans le sens où je pense, pour beaucoup de personnes, notre premier usage de l'IA, c'est quand ChatGPT sort, ça fait un bordel énorme et on est curieuse et on se dit « Bon, c'est quoi ce bordel ? » et tu vas tester et tu te dis « Wow, qu'est-ce qui se passe ? » Et tu as un peu ce truc-là. Et je pense que ça, c'est le premier usage commun de la plupart des gens dans notre écosystème. C'est ce moment-là où il y a un peu un point de bascule. Donc, il y a eu ça. Et je pense qu'après, à chaque petite tendance, il y a eu une partie de moi qui se fait happer par la curiosité. Donc, la première fois que tu pouvais générer des images, c'était genre « Waouh ! » Quand il y a eu la tendance Ghibli, j'étais genre « Putain, fait chier ! » J'adore ces TSA, je n'ai pas envie de le faire, mais tout le monde le fait, c'est trop mignon. Et donc, j'ai fait des images de moi et de ma copine, qui est maintenant ma femme. Et j'étais genre, c'est incroyable. Mais je les ai gardés, ces TSA, parce que je savais, OK, je faisais des images, mais je ne vais pas en générer d'autres. Donc, je les garde super précieusement parce que je ne le referai plus jamais. Donc, voilà, il y a des petits épisodes comme ça où tu glisses parce que le monde, il glisse et il va vers là. Et je pense que, par contre, à chaque fois que je faisais ça, j'avais la dissonance cognitive qui se renforçait parce qu'en parallèle, je lisais aussi beaucoup de choses sur les enjeux écologiques de TSA. Enfin, voilà. Ma posture politique et écologique et sociale, elle était déjà là et du coup, elle s'est construite aussi en opposition avec ces nouveaux thèmes. Donc ça, c'est un peu le chemin de base jusqu'au moment où je me dis, en fait, moi, ce qui m'intéresse, c'est de construire une entreprise qui n'est pas dépendante à ces TSA et du coup, d'essayer de créer quelque chose de très minimaliste et simple pour pas que j'ai besoin de ces TSA pour que ça tourne. Parce que globalement, j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de personnes dans mon écosystème. qui font de la création de contenu, de l'accompagnement, etc., qui de plus en plus se construisent avec une dépendance à ces TSA. Ils n'ont plus d'équipe, ils ont des agents dans tous les sens et des skills qui font 25 milliards de trucs. Le jour où la bulle d'investissement pète, en fait, ils ne savent plus rien faire dans leur boîte et leur boîte, elle ne peut plus tourner. Du jour au lendemain, ils vont devoir recruter 15 personnes. Donc, moi, j'essaie de me prémunir de ce risque en me disant ce qui est robuste, c'est d'être non-dépendant. Ensuite, il y a... Un autre moment, donc ça c'est la pensée un peu générale qui s'est développée. Il y a une seconde phase où on commence à voir passer un peu partout sur Internet les vidéos faites en IA. Et il faut savoir que moi, il y a une période de mon aventure entrepreneuriale où mon souhait le plus grand, c'était de devenir photographe et vidéaste outdoor. Donc j'ai suivi tous les gens qui font de la photo et de la vidéo en Islande, en Patagonie et qui font des aventures de fous. Et du coup, il y a un moment, c'était genre ça, c'est mon projet entrepreneur. Je faisais de la photo à fond, je faisais des vidéos. J'avais un drone, j'étais parti en Écosse faire un road trip et j'avais tout filmé avec mon drone. J'étais à fond. Et du coup, comme c'était mon projet d'avant que j'avais avorté parce que je me suis rendu compte, en fait, ça me fait chier de trier des photos et de passer toutes les journées à corriger 3% de vert pour avoir une colorimétrie un peu plus unique. Je me suis rendu compte que ça ne m'intéressait absolument pas de faire ça. Ce qui m'intéressait, c'était de dehors et de prendre des photos. Donc je me suis dit, je ne serai pas photographe pro, on va arrêter ce projet. Mais il y a ce truc en moi de, au fond, je suis un créatif frustré qui n'a pas construit son quotidien autour de la création. J'ai de la création de contenu, mais c'est plus prendre la parole, créer des idées, des concepts et les développer. Ce n'est pas faire des beaux films et tout. Et du coup, je n'ai pas nourri ces compétences. Et donc, quand on commence à voir... je ne sais même plus comment il s'appelle il s'appelle Satya mais qui faisait beaucoup de bruit sur les images et les vidéos à un moment dans Discord, Midjourney exactement et Midjourney et après il y a toutes les suites qui sont sorties de ça mais quand Midjourney commence à être un peu balèze je me fais cibler par des pubs sur Youtube d'un type, du premier gars qui a commencé à faire des formations de comment tu fais des films et des documentaires en IA et là j'étais en mode oh putain c'est l'enfer Et j'avais ses pubs tout le temps. Tout le temps, j'avais ses pubs. Et à un moment donné, il a fait une bande-annonce en mode un crossover du Seigneur des Anneaux et de ce filmmaker qui fait beaucoup de choses en symétrie, qui a fait l'hôtel... Comment s'appelle ça ? Je suis très nul dans les noms de vidé, de cinéaste, mais c'est un gars où tous ses plans, ils sont un peu symétriques. Ça vient comme ça, et puis ça zoom, et puis c'est un hôtel rose.
- Manu
Ah, le grand but à Pest Hotel ?
- Thomas
Voilà, exactement. Ce type-là, comment il s'appelle ?
- Manu
Ah, j'ai plus le nom du réel.
- Thomas
Ce réel, il a un style très spécifique.
- Lulu
Je cherche en soum-soum.
- Thomas
Ce réel, il a un style très spécifique. Et du coup, sur leur chaîne YouTube, il faisait... des bandes-annonces de films dans son style à lui, mais d'autres films. Donc, ils ont fait Le Seigneur des Anneaux dans le style de ce mec-là. Et du coup, moi, j'étais genre « Ah, c'est trop dur ! » « Ah, ça donne trop honte ! »
- Lulu
Wes Anderson.
- Thomas
Wes Anderson, merci. Donc, il faisait que des trucs genre Star Wars à la Wes Anderson et tout. J'étais genre « Ah ! » Donc, à un moment, mes doigts glissent et j'achète sa formation. Et vous verrez, si vous cherchez sur ma chaîne YouTube, il y a une vidéo que j'avais faite, j'avais participé à un sommet. qui s'appelle Catching. Donc, c'était 20 formateurs en ligne et on avait fait un sommet où on mettait en commun des formations pour les vendre en bundle. Et j'avais fait une bande-annonce en vidéo IA où j'avais transformé la meuf qui fait ça qui s'appelle Geneviève Gauvin. Elle est très reconnaissable. Elle a les cheveux roses et tout. Et je l'avais transformée en phénix. Et bref, j'avais pris sa voix sur Eleven Labs. Je m'étais amusé de fou. Et une fois que j'ai fait ça, j'étais en mode, OK, je ne referai plus jamais ça. J'ai glissé, je me suis amusé. C'est bon, j'ai cramé mes tokens pour ces vidéos. Je n'avais plus de vidéos. Ma conscience qui me rattrape. Donc ça, c'était la phase 2. Et ensuite, il y a la phase 3 qui est arrivée récemment. En fait, nos clientes nous demandent de plus en plus de prendre la parole là-dessus pour les aider parce qu'elles sont perdues. Je vois tous les gens dans notre écosystème qui n'en parlent que sous l'angle performance et qui sont en mode Claude, avec les abonnements à 200 balles. Et en fait, qui ne posent aucune question éthique, écologique. protection de données, protection de tes compétences, de ton espace mental, les shots de dopamine de fou que ça donne, de vibe codé. Il n'y avait aucune conscience de TSA. Et je me suis dit, il va falloir que je m'y mette pour porter la parole sur ça. Et c'est là où j'ai replongé une troisième fois. Donc ouais, disons que ça fait des vagues comme ça. Et là, j'ai l'impression d'avoir trouvé le meilleur équilibre que j'ai eu depuis le début. Parce que je... comprend mieux tous les tenants et les aboutissants après avoir fait un vrai taf de fond pour comprendre. Et j'ai l'impression que là, j'ai trouvé un équilibre où je me sens OK avec où j'en suis sur le sujet. Là où jusque maintenant, c'était beaucoup « Ah, je glisse et je me sens coupable et je suis en détenance cognitive de fou et je fais marche arrière et j'essaie d'être minimaliste. » Et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui sont dans ce cas-là parce qu'en fait, le bruit que ça fait dans le monde, genre, c'est comme si t'essayais de résister et de pas avoir de smartphone. En fait, au bout d'un moment, c'est trop dur parce que t'as un... poids qui se porte sur toi et quand t'es entrepreneur d'autant plus parce que je pense tu traînes un peu trop sur internet, t'as l'impression ta boîte elle va mourir la semaine prochaine si tu te mets pas à l'IA quoi, ce qui est faux, c'est pas vrai pour plein de gens c'est pas vrai mais c'est comme ça que les gens le vivent et du coup c'est dur quoi.
- Lulu
Ça et surtout que c'est des catégories où il y a quand même énormément de précarité et c'est potentiellement des métiers et compétences où tout de suite on dit et... « Ah bah regardez, j'ai mon agent qui fait ça et qui permet de faire ça, j'ai plus besoin d'engager de freelance et il me le fait pourtant » , c'est sûr que ça vient toucher à nos compétences, à nous, de se dire « Quoi bon en fait ? » Surtout à la vitesse à laquelle ça va. Mais j'aime bien aussi ce que tu as raconté, ces allers-retours entre fascination, parce que ça reste fascinant, c'est des choses, moi étant enfant ou même il y a dix ans, c'était de la science-fiction. Dire un jour je pourrais parler... générer des choses que j'ai en tête juste en les décrivant. Sachant que je te rejoins un peu, je suis à ce côté très artiste créatif et je n'ai pas le temps que j'aimerais avoir pour pouvoir consacrer mon temps là-dessus. Se dire, ouais, ok, j'aurais peut-être pas besoin de dessiner, je pourrais juste décrire des choses, voir des styles que j'aime bien et peut-être les transposer. Sauf que si on y réfléchit, on se dit, ah oui, mais cette personne, elle a développé ce style pendant des années. Et je vais juste le transposer comme ça, sous une forme sans âme. Et ce que j'aime bien aussi, c'est qu'on n'a pas à être parfait. On peut avoir aussi testé des choses. Et ce n'est pas parce qu'on tient ce discours-là en disant que l'IA, ce n'est pas bien, qu'il ne faut pas qu'on l'utilise. Pour être un exemple, parce que souvent, il y a ce côté un peu militantisme parfait. de « Ah bah oui, mais là, regarde, tu craches sur l'IA et pourtant tu l'utilises. » Mais on peut l'utiliser et quand même ne pas être d'accord avec la technologie et tous les impacts qui sont liés. Et ça, c'est un truc que j'ai vu parce que j'ai eu la chance de suivre la première édition du Bootcamp où il y a pas mal de personnes qui sont soit au début de leur activité, soit dans une situation où elles ne peuvent pas forcément se permettre de payer les tokens au vrai prix et de se dire, ouais, j'aimerais bien, mais je ne peux pas. Et c'est là où c'est important quand même de se dire, on sait que ce n'est pas ce qu'il faut faire, mais quand on en parle autour de nous, on ne va pas promouvoir notre usage comme ça, parce que là, on n'a pas le choix de faire autrement.
- Manu
Justement, je veux bien qu'on revienne dans l'ordre, parce que tu as commencé à spoiler un petit peu en parlant un peu du Bootcamp. Je veux bien justement, s'il te plaît Thomas, que tu nous présentes le Bootcamp, notamment, parce qu'en fait, ce qui... le contenu globalement du Bootcamp et les différents modules, vont aller travailler sur des points qui sont liés à des problématiques que l'on verra peut-être dessus à un autre moment, mais voilà. Nous, on avait déjà abordé aussi, d'ailleurs, on vous renvoie aux deux épisodes sur IA frugale en juin. On détaille certaines problématiques dont Thomas va parler, notamment sur le rapport environnemental, mais justement, il y a plein de choses dans le Bootcamp. Il y a des parties prises très fortes. Il y a plein de positions. Je vois bien que tu nous présentes un petit peu déjà ces différentes...
- Lulu
Et peut-être juste avant, voir dans quoi il s'inscrit, parce que ce n'est pas ton produit principal.
- Thomas
Bien sûr.
- Lulu
Et que c'est des accompagnements et que ça vient compléter même toute la communauté que tu es en train de construire, toute la partie locale, et voir après qu'on part directement sur la partie vraiment IA.
- Thomas
En fait, du coup, le fait de créer une offre d'accompagnement slash enseignement sur ça, Ça vient de la demande des clients de base. C'est-à-dire qu'on accompagne des entrepreneurs sous d'autres formes. On a des personnes qu'on suit, par exemple, sur deux ans, sur la structuration de leur entreprise et ainsi de suite. Et au bout d'un moment, en fait, comme l'IA fait du bruit partout, ces gens-là se posent des questions, ils ont besoin... On vient nous voir pour qu'on applique notre filtre sur les sujets. Et le filtre qu'on applique, c'est celui dont je vous parlais au début, cet équilibre entre qu'est-ce qui est bon pour l'entreprise et sa santé. qu'est-ce qui est bon pour l'entrepreneur et sa santé au sein de l'entreprise et qu'est-ce qui est bon pour l'entreprise au sein des enjeux de la société. Et donc, les gens, ils font confiance à notre filtre sur ces TSA. Et comme l'IA est hyper complexe, ils se disent, en fait, si Thomas m'en parle, ça va m'aider à me positionner parce que j'ai confiance en son filtre. Donc déjà, c'est ça que les gens viennent chercher chez nous, au-delà de la maîtrise technique, au-delà de patati, patata. Donc ça, c'est une première chose. L'autre chose aussi que moi je vois beaucoup et qui était importante pour moi, quand je me suis autorisé, enfin autorisé, quand je me suis dit que c'était nécessaire que j'y aille sur ce terrain-là parce que personne ne faisait comme moi, je voulais qu'on fasse. Je me suis beaucoup réfléchi au fait que la technologie des LLM, puisque au final c'est ça qui est quand même au centre, même s'il y a d'autres méthodes, mais c'est les LLM qui ont déclenché cette vague qu'il y a dans notre milieu. En fait, c'est une technologie puissante qui cherche son problème. et on la présente comme une solution possible à tout, et ce n'est pas du tout l'approche classique et recommandée de comment construire une boîte, c'est-à-dire, je trouve un problème à résoudre, et je vais comprendre très bien les gens qui ont ce problème pour bâtir face à ça une solution. Et là, c'est l'inverse qu'ils ont fait quand ils ont fait des LLM, c'est, ok, on peut faire ça techniquement, on va faire ça techniquement, et maintenant on va essayer de vous convaincre que c'est comme ça que vous allez résoudre tout un tas d'autres problèmes.
- Lulu
On a un truc super puissant. Bon, faites des trucs et trouvez des utilisations pour que vous en soyez dépendants après.
- Thomas
Exactement. Et du coup, en fait, c'est ça qui se passe avec les entrepreneurs. C'est qu'il y a beaucoup de gens qui se racontent que c'est la solution à tout plein de problèmes qu'ils ont et ils vont dans l'utilisation avant d'être clairs sur là où ils ont besoin peut-être de cette utilisation pour résoudre des trucs. Et tu parlais tout à l'heure des gens qui sont en début d'aventure. Moi, je considère que le... Le pire truc que tu peux faire quand tu es au début de ton aventure entrepreneuriale, c'est de te lancer tête baissée dans l'IA. Parce que les outils IA, en fait, qu'est-ce qu'ils font ? C'est qu'ils te permettent d'accentuer ou de faire plus rapidement ou avec moins de dépenses humaines des tâches. Mais si tu ne sais pas comment faire ces tâches, si tu n'as pas de process, si tu n'as pas de protocole, si tu n'as pas d'orchestration de qu'est-ce que je fais, dans quel ordre et à quoi je dois être attentif pour que ce truc que je fais soit qualitatif, en fait, tu n'en sais rien. Donc, si tu produis un truc que tu n'as jamais fait, tu n'as aucune idée si c'est bien, si c'est pertinent, s'il raconte de la merde, si ce n'est pas vrai, ce que sont tous les effets secondaires de l'IA sur les hallucinations, ainsi de suite. Donc, je voulais renverser ça dans notre approche aussi et dire qu'on n'est pas là pour utiliser l'IA, on est là pour comprendre ce qui se passe dans notre milieu, structurer nos entreprises pour savoir que les fondations sont solides, et peut-être à certains endroits, quand c'est pertinent, seulement si c'est pertinent, on mettra un peu d'IA. Mais pour les gens pour qui le risque, c'est plutôt que l'IA vous remplace, votre enjeu, ce n'est pas d'aller sur l'IA, c'est de changer le positionnement de votre boîte, en fait.
- Manu
et du coup je pense qu'il y a des gens qui peuvent suivre ce bootcamp en tout cas c'était mon intention sans jamais plonger dans un usage de l'IA parce qu'en fait le but est de se rendre compte de ce qui est en train de leur arriver en tant qu'entreprise et que l'urgence est de changer de métier de changer de positionnement de changer la façon dont je parle de ce que je fais pour me sortir des trucs opérationnels et me mettre sur des trucs stratégiques par exemple enfin voilà TSA quoi et déjà je t'aime beaucoup Emmanuel t'as les airs un truc
- Lulu
Ce que tu disais sur l'IA, c'est quelque chose qui s'appliquait déjà sur les automatisations. On a aussi eu des modes sur l'automatisation et techniquement parlant, ça peut être très bien, mais on n'automatise jamais un process qu'on n'a pas déjà expérimenté et sur lequel on n'a pas déjà itéré aussi. Parce que si on l'a fait qu'une fois et qu'on se dit, c'est bon, j'ai fait deux fois et je peux le mettre en œuvre, en fait non. En deux fois, on n'a pas eu le temps d'avoir le recul pour voir là où SaaS, les critères apprenant. compte, etc. Donc là, ce que j'aime bien, c'est que justement, ce que tu viens d'écrire de l'IA, ça s'applique aussi aux automatisations et en fait, ça s'applique surtout de manière, n'importe quel outil technique. C'est quelque chose que tant qu'on ne comprend pas les enjeux et ne comprend pas l'objectif et le besoin et le chemin jusqu'à la réponse de ce besoin, peu importe l'outil, de toute façon, ça ne marchera pas. Ça marchera très mal et ça va passer à côté. Et du coup, l'IA décuple ça dans son approche. Et justement, pour revenir à les différents profils, tu as dit qu'en gros, tu avais les personnes qui sont sensibilisées à votre pédagogie et qui veulent aller explorer le sujet en ayant conscience que ça va dans leurs valeurs, dans leur sens éthique et que du coup, ça va leur servir. Après, tu vas voir les profils des gens qui veulent s'en saisir sans trop savoir exactement à quel endroit le mettre dans leur boîte. Et après, du coup, les personnes qui... qui ont une vraie nécessité de repenser leur boulot ou leur positionnement du fait que l'IA va venir cannibaliser certaines de leurs prestations sur lesquelles ils pouvaient se placer.
- Manu
Disons que ça, c'est moi, la compréhension que j'ai des situations des gens et eux ne le voient pas et ne le comprennent pas forcément avant de suivre le bootcamp. Donc après, ça c'est les prémices et il y a le protocole pédagogique qui emmène à ces prises de conscience-là. Mais les prémices de comment j'ai pensé ce parcours, c'est de me dire L'objectif prioritaire, ce n'est pas que ces gens soient des utilisatorices très puissantes, c'est que ces gens comprennent, est-ce que ça a une place ? Si oui, à laquelle elle est ? Et est-ce que c'est possible de le faire en correspondance avec mes valeurs, comme tu l'as super bien dit ? Et du coup, les gens qui viennent bosser avec nous, en fait, c'est les gens qui se disent, il faut que je bosse sur un truc lié à l'IA parce que c'est partout, mais hors de question de consommer une de ces autres offres sur le marché qui va juste me pousser dans une façon de faire qui ne me correspond pas. ce qui était déjà vrai sur plein de trucs entrepreneuriaux de base. Au final, c'est juste que c'est la même mécanique appliquée à cette techno où il y a en plus beaucoup de polarisation. Enfin, c'est hyper dur, quoi. Et donc après, dans le protocole pédagogique, l'usage concret, il arrive vraiment à la fin. Donc, il y a plusieurs modules. Entre les modules, il y a des cours complémentaires qui ne sont pas tous finis d'ailleurs, parce que comme c'était la première version, c'était aussi l'occasion pour moi de récolter un peu... l'expérience terrain des gens. Donc, c'était une sorte de bêta test moins cher que le vrai produit à l'après. Mais le premier module, au final, c'est beaucoup de vulgarisation. C'est en fait, bon ben voilà, on parle de l'IA, tout le monde parle de l'IA tout le temps, mais qu'est-ce que c'est l'IA ? Et du coup, c'est essayer d'expliquer, bon ben voilà, quand tu dis bonjour chat GPT à chat GPT, il se passe quoi derrière ? Comment c'est entraîné ? C'est quoi un labo ? Pour que ça tourne, SaaS besoin de quoi comme infrastructure ? C'est qui qui construit ces infrastructures ? C'est quoi du coup toutes les boîtes qui coopèrent ? comment ces boîtes sont financées. C'est vraiment faire une sorte d'état des lieux de « ok, c'est ça qui se passe derrière l'espèce de petite boîte à question » . Et là s'ouvre une phase de recherche où mon but, c'est de donner de la capacité critique aux gens de comprendre ce qui se passe et d'ensuite aller fouiller ce qui leur parle le plus. Et du coup, à la fin de ce module, l'idée, c'est que chacune part un peu en mode exposé de classe. Tu choisis un des sujets de société où tu sens que ça te touche. et que tu as envie de comprendre, moi, je donne quelques bribes pour partir en recherche et essayer de comprendre des trucs. Donc là, il y a des choses sur un des effets secondaires de l'usage massif de l'IA qui est le fait que les juniors, ils ont du mal à rentrer sur le marché du travail parce qu'on est en train de remplacer les juniors par des IA. Il y en a un autre, c'est sur la perte de compétences. Si je ne fais que créer des skills qui délèguent mes compétences, est-ce que je vais encore savoir le faire si jamais on n'a plus d'IA dans le futur ? Bref, il y a cette phase exploratoire pour tout le monde. Suite à ça... Une fois qu'on a capté un peu méta ce qui se passe, là, je reviens un peu sur nos réalités entrepreneuriales. Et l'idée, c'est de leur montrer qu'il n'y a pas juste avec ou sans IA. En fait, il y a un spectre d'utilisation qui est immense, qui part de, il y a des gens qui essayent de boycotter, mais qu'est-ce qu'il faut faire pour vraiment boycotter parce que l'IA est maintenant partout, jusque les recherches Google les plus basiques. Et j'avance, On passe par les chatbots, ce qui est ce que la plupart des gens disent être l'IA. Et on avance, on avance jusqu'à, il y a des gens, ils ont des serveurs chez eux. Et ils ont des skills et des agents qui donnent du taf à des agents, qui donnent du taf à des agents, qui donnent du taf à des agents, qui donnent du taf à des agents. Et ça tourne toute la nuit. Et les types, ils se réveillent le matin, ils regardent son téléphone. Il a un rapport de travail. Il dit, OK, c'est bon, tu peux te remettre au boulot. Et il fait autre chose. Enfin, voilà, son travail n'est que de valider des rapports. Et je connais des gens qui fonctionnent comme ça. Ils m'ont montré leur setup. Enfin, c'est un feu lunaire, quoi. Là, déjà, je pense. la plupart des gens quand ils entendent ça ils tombent de leur chaise parce qu'ils n'ont aucune idée que ça existe si t'as pas foutu une nez dedans tu sais pas que c'est possible mais voilà là encore on est sûr de la vulgarisation juste pour que les gens ils comprennent ce qui est en train de se passer alors que eux ils vont sur chat GPT de temps en temps rediger un mail et ils se sentent pas bien là
- Lulu
ils sont en mode what the fuck je comprenais pas TSA quoi justement je suis assez curé de la réception que les différentes personnes ont eu HEP quand tu as fait la partie vulgarisation et qu'elles se sont rendues compte de l'impact côté infrastructure, ce que ça représentait, justement, de se rendre compte que ça peut aller aussi loin en termes d'autonomie déjà aujourd'hui sur l'agentique et même le rapport au fait que ça reste des réseaux de neurones. Je pense que ça fait beaucoup à encaisser d'un coup.
- Manu
Disons que là, en faisant le bêta test, il y a deux grandes choses dont je me suis rendu compte dès les deux premiers modules. C'est un, que j'étais très ambitieux sur ce que je voulais transmettre. et que c'est intense. Donc, je me dis, je vais peut-être allonger un peu la durée pour laisser du temps de respiration. Mais aussi, la deuxième chose, c'est l'impact émotionnel de TSA. Et ça, c'est quelque chose, je pense, sur lequel j'ai envie de trouver une autre formule. En tout cas, il y aura, par exemple, un appel de démarrage, d'onboarding avant le début des modules, je pense. Parce qu'en fait, effectivement, selon ton niveau de connaissance, en fait, tu peux prendre une méga claque sur ce qui est en train de se passer. Et ça crée beaucoup d'anxiété. Donc le bootcamp, il est un peu pensé pour que cette anxiété, parfois, qu'elle monte et ensuite elle s'apaise avec le temps. Mais voilà, cette claque, à un moment donné, il faut la prendre. Et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ne font pas les recherches justement par peur de la claque. C'est un peu comme avec le dérèglement climatique au final. Il y a plein de gens qui savent un peu et qui, une fois qu'ils mettent le nez dedans, se prennent une méga gifle et sont en mode « Ah waouh, c'est chaud, je ne mesurais pas. » Et c'est dur à vivre. Et je pense que c'est exactement la même chose avec l'IA. Alors, ces deux trucs, ce compound, et ça fait un truc exponentiel sur les deux. Donc, si tu as la sensibilité écologique et que tu plonges sur tous ces enjeux sociétaux liés à l'IA, ça fait mal.
- Thomas
Je me souviens bien de ce moment où... Je savais qu'on parlait de réchauffement climatique, surtout que j'ai fait des études un peu dans tout ce qui était biochimie, environnement. Donc, voilà, on en parlait. Et il y a eu... Je ne sais plus, je crois que c'était peut-être pour les dernières présidentielles où je commençais à suivre pas mal de bons potes et TSA. Et je me dis, ok, je savais que ça n'allait pas, mais je ne pensais pas que ça n'allait pas à ce point. Parce qu'il y avait toujours cette idée de, ouais, mais ça va aller. Moi, gamine, c'était, à la limite, c'est mes enfants, mes petits-enfants qui subiront. Et peut-être que pour ça, je ne vais pas en faire. Comme ça, au moins, je ne serai pas trop... mais quand j'ai commencé à plonger là-dedans après tu peux pas revenir en arrière et il y a vraiment plusieurs semaines où tu bades, vraiment et que t'es juste à te demander qu'est-ce que je fais, à quoi bon et le seul remède contre cette anxiété c'est l'action d'agir par exemple localement avec des assos, en parler, trouver des groupes qui se rendent compte aussi et que tu sois pas toujours dans le Merci. Je dois réexpliquer, je dois montrer que c'est urgent de passer toujours pour la personne qui vient un peu plomber l'ambiance. C'est ça aussi qui est bien et de pouvoir un peu soutenir aussi, de se dire « ouais, en fait, ça ne va pas du tout » . Mais au moins, j'essaye d'aller dans une direction qui fait que j'arrive à peu près à dormir la nuit. Et le lendemain, j'ai quand même envie de me lever parce que ça met en colère en fait et je trouve que c'est un super moteur. Et il y a des choses qui font vraiment peur. Avec l'IA, on n'a même pas vu encore tous les impacts. Il y a des choses qui sortent toutes les semaines. Je crois qu'il y a une dernière, pas révélation, mais des personnes qui review les discussions de chat GPT. Je crois qu'elles devaient lire et ce n'est pas bien à anonymiser. Et je crois qu'il y en a certaines qui ont été virées parce qu'elles ont utilisé l'IA pour les aider à review.
- Lulu
C'est le projet d'ILI de Chopin et Ré. Oui,
- Thomas
c'est ça.
- Lulu
Qui leur permet effectivement de... De toute façon, ça reste un truc, même si c'est l'IA, même si on dit que c'est... Depuis le début, il y a des intervenants humains à certains moments, à certains endroits. Et il faut partir du principe que tout ce qu'on peut dire à une IA peut potentiellement atterrir devant les yeux d'un humain.
- Manu
Sauf si on utilise des serveurs ZDR.
- Lulu
Oui, effectivement. Théoriquement,
- Manu
oui. En tout cas, c'est ce que les gens qui font des serveurs ZDR nous disent. Mais bon, après, si on commence à ne plus avoir confiance dans TSA, théorie du complot, on arrête de travailler sur Internet, les amis. Mais, en effet, la plupart des gens, d'ailleurs, quand je dis ça, peut-être ne savent pas ce que c'est. Moi-même, je l'ai découvert justement en faisant le taf pour préparer le bootcamp. Donc, mais oui, la plupart des gens qui ont un chatbot par défaut et qui sont sur ChatGPT, je ne sais pas quoi, ils ne savent pas que, si ça se trouve, ils vont aux Etats-Unis, ils se font foutre dans une petite salle et il y a un type qui va scanner toute leur conversation et leur dire « Toi, tu ne rentres pas » . Et ils vont se foutre en taule pendant un petit moment.
- Lulu
Dans le pire des cas. Très bref dessus, et vous irez lire des choses sur le sujet si ça vous intéresse, parce que j'avais vu passer un article cette semaine du fait que maintenant, ça y est, sur le chat GPT en version gratuite, ils posent un petit cookie dans le navigateur qui va permettre de, grosso modo, de braquer des données liées au marketing et tout. Et c'est par défaut, ça c'est OpenAI. Et justement, qui va alimenter, depuis qu'ils ont mis en place place le système de pub. C'est ce que j'allais dire,
- Manu
c'est pour le moteur publicitaire ça.
- Lulu
Mais qui peut être utilisé pour d'autres choses parce qu'en fait il va interagir avec d'autres groupes. Je ne sais plus l'article exactement à l'air, regardez, je crois qu'on le mettra dans les sources éventuellement. C'était Corben qui en parlait bien cette semaine.
- Thomas
D'où l'intérêt de le rendre d'autant plus addictif pour qu'on soit exposé à... d'autant plus de pubs et on rejoint les mécanismes réseau social.
- Manu
Ça revient au mécanisme que je décrivais tout à l'heure de c'est un produit qui n'a pas été conçu pour répondre à un problème. Et donc, c'est des boîtes qui ne sont pas rentables, qui ne savent pas comment être rentables et qui cherchent toutes les solutions pour le devenir. OpenAI a décidé ce qui n'est pas étonnant parce que c'est une boîte Big Tech, ils ont plein de données, bon, ils vont faire comme les autres boîtes Big Tech comme Meta avant eux. Bon, on va devenir un moteur publicitaire et peut-être que c'est comme ça qu'on sera rentable. et qu'on ne va pas mourir une fois que les investisseurs couperont le jus. Est-ce qu'ils feront assez de pubs ? Je ne sais pas. Mais globalement, ça suit la même trajectoire que toutes les boîtes tech avant eux, au final.
- Lulu
Oui. D'ailleurs, c'est Meta qui a sorti son agent personnel, son agent autonome Muse. Et il y avait une journaliste américaine, je crois, qui a fait les premiers tests. Et dès le test, elle n'avait pas encore commencé à s'en servir, que l'agent connaissait déjà sa localisation, son taf, son machin, un certain nombre de choses. On parie que l'article était assez éthique.
- Thomas
Cambridge Analytica 2.0.
- Manu
10.0 là, je pense.
- Lulu
Côté méta, ce n'est pas surprenant. Pour en revenir un peu justement sur l'accompagnement. Donc, justement, d'abord...
- Thomas
Tu parlais de l'impact émotionnel et TSA, et de dire qu'il fallait peut-être un peu y se passer et presque faire un groupe de paroles pour discuter, et de se dire non mais ça va aller.
- Lulu
Mais justement, on sait que derrière, les personnes prennent une certaine claque en fonction de leur niveau de connaissance et à quel point elles étaient immatures sur le sujet de l'IA. Mais derrière, ce n'est pas juste pour laisser prendre leur claque, c'est que tu vas leur présenter des alternatives et travailler justement, comme tu disais avant, sur le fait de est-ce que moi en tant que personne et en tant qu'entrepreneur, j'en ai besoin ? Est-ce que j'en ai besoin sur du perso, sur du pro ? À quelle hauteur et à quel endroit c'est pertinent ? Comme un Côté outils, comme une autre technologie, etc.
- Manu
Tout à fait.
- Lulu
Et du coup, j'aimerais bien savoir un petit peu, justement, un peu sur l'ensemble du bootcamp, tu vois, peu importe les différents niveaux, mais si tu as des questions, des problématiques que tu as vues revenir à beaucoup, voilà, sur le rapport...
- Manu
Du coup, je vais reprendre le fil de mon déroulé pédagogique, comme ça, je vais intégrer la réponse à l'intérieur de ça. Mais une fois que j'ai fait cette vulgarisation sur les enjeux méta et les enjeux pour les entrepreneurs et comment c'est utilisé par les entrepreneurs, Là, on rentre dans la phase, bon, maintenant que vous savez TSA, nous individuellement, qu'est-ce qu'on fait ? Et du coup, pour ça, il y a deux étapes. La première, c'est de passer par une étape de clarification de la structure de l'entreprise pour ne pas dire, voilà tout ce que vous pouvez faire avec l'IA, amusez-vous les potes, c'est parti, IA frugale. mais plutôt de partir de comment vous travaillez aujourd'hui et qu'est-ce que cette façon de travailler nous dit sur la façon dont on va être en relation avec les technologies de l'IA. Donc le troisième module, c'est je leur fais reprendre tout leur processus de travail de quand tu signes un client jusqu'à la fin de la mission avec ce client ou cette cliente, c'est quoi toutes les étapes par lesquelles tu passes. Et ensuite, on fait un scoring de lesquelles de ces étapes semblent être les plus à risque par rapport à l'IA. Et je prends l'exemple des traducteurs et des traductrices là pour dire en fait, les traducteurs et les traductrices adoraient leur métier avant. L'IA est arrivée, la façon dont les agences qui commandaient leur travail, les briefs, a changé. C'est-à-dire qu'ils ne venaient plus avec un fichier source et une problématique de traduction, ils venaient avec un fichier pré-traduit et ils voulaient que les traducteurs fassent le travail de correction. Donc en fait, leur métier du jour au lendemain, il a changé. Et du coup, là je dis, ça se trouve, vous aussi. la partie que vous préférez dans votre métier et votre système de livraison client actuellement est en train d'être bouleversée. Et du coup, il faut changer de positionnement, se préparer psychologiquement à peut-être une réorientation parce qu'en fait, ça va affecter toute la chaîne de travail. En tout cas, on se pose des questions à partir de là. Donc encore une fois, là, on n'est même pas sûr. Est-ce que j'implémente une solution technique chez moi d'IA ? Et si oui, laquelle ? Avec quelles pré-recommandations ? Et quelle configuration ? Mais du coup, il y a ce questionnement-là. Et une fois qu'on a passé ce truc-là de j'ai repris conscience de tous mes process de travail, surtout sur la partie livraison client, parce qu'en fait, sur la partie marketing, on peut mettre de l'IA partout en théorie et tout le monde serait content de le faire. Donc, c'est vraiment la partie livraison client qui, pour moi, est la plus importante à cadrer. Une fois qu'on a passé ça, là seulement, on arrive au stade de, si vous êtes en sécurité, et je mets des gros guillemets parce que je pense qu'on est toutes dans une forme de sécurité relative. Parce que bon, c'est juste une question de la progression technique jusqu'à où elle va aller tant qu'il y a des sous. Donc, je pense que beaucoup de nos métiers, au final, pourraient être transformés et vont être transformés par ces technos s'ils arrivent à continuer d'investir massivement comme aujourd'hui. Donc, personne n'est en sécurité totale. Donc, c'est juste une question de sécurité relative à court terme. Mais si on est en sécurité relative à court terme, là, on peut se poser la question de est-ce qu'il y a des endroits où je peux faire des gains, soit en termes de rentabilité, soit en termes de production, qui me permettent d'être plus ancré encore dans ce qui est humain chez moi, c'est-à-dire les tâches où j'ai le plus de valeur ajoutée personnelle, les tâches qui me poussent le plus à être en lien avec des personnes. Et moi, par exemple, je donne un exemple personnel pour illustrer, s'il y a des choses que je peux faire un peu plus vite avec des IA frugale basées en Europe, dans des data centers qui sont plus écologiquement responsables que ceux aux US, avec des modèles qui protègent mes données. peut-être que je vais faire ça pour gagner deux heures et passer ces deux heures à appeler mes clients individuellement pour les aider et passer plus de temps à faire du coaching, plus de temps à faire du soutien émotionnel, plus de temps à produire de la pensée critique parce que je n'ai pas juste déplacé des données d'un point à l'autre ou des conneries comme ça. Et c'est là où il y a un risque d'effet rebond qui est là pour tout le monde et il faut être assez intransigeant là-dessus parce que ça arrive à tout le monde de foutre le doigt et ça prend le bras. Mais j'essaye de les amener dans cette réflexion-là. Si on l'utilise, c'est dans des endroits très codifiés et restreints. Et à partir de là, se posent toutes les questions de les serveurs qui ne retiennent pas les données, comment on fait pour choisir les bons modèles en fonction de nos usages, comment on fait pour faire en sorte que ces modèles soient hébergés en Europe dans des data centers les plus propres possibles, quelles structures techniques on utilise pour se prémunir de TSA, aller vers l'open source, ne pas être prisonnier d'un écosystème fermé comme Cloud. Toutes ces questions, elles n'arrivent qu'à la toute fin. à ce moment-là. Je reboucle sur ta question du début Manu, quelles sont les problématiques qui reviennent pour tout le monde. C'est là où j'ai une frustration. C'est que j'ai la sensation, un peu comme ce que tu disais sur les automatisations, les gens rentrent par « je ne sais pas ce qui est possible, donc je ne sais pas quoi faire » , alors que moi j'essaie de leur sortir de cette perspective et de les mettre dans « en fait, qu'est-ce que tu fais déjà ? » et « est-ce que ça, c'est pertinent d'essayer de le faire ? » Plutôt que de se dire « montre-moi une vidéo avec toutes les possibilités de ce qui est possible de faire, et là je vais essayer ces TSA En fait, non, je ne veux pas que tu essayes des trucs nouveaux. Moi, je veux que tu ne fasses rien de nouveau. Et peut-être un tiers de ce que tu fais déjà, tu vas mettre un peu d'IA dedans pour que ça aille plus vite. Et à côté, tu vas faire du militantisme dans l'assaut du coin parce que tu as gagné deux heures. Moi, c'est ça l'idéal que j'ai envie de transmettre. Et c'est là où du coup, on va tester les choses petit à petit. Peut-être je vais changer un peu. Il faudra des cours complémentaires ciblés là-dessus. Voilà, c'est un peu ça l'intention. qui est la mienne, mais je vois qu'il y a ce réflexe parce que c'est le réflexe d'Internet global. Tout le monde a ce fonctionnement. Tu vas sur YouTube, c'est que des gens qui te montrent 1500 exemples de tout ce que tu pourrais faire. Et du coup, on est matrixé. Moi-même, je suis matrixé. Je vais sur mon YouTube, il y a des trucs, je suis en train de me dire « mais attends, ils peuvent faire ça ? » Et je me retrouve à regarder des vidéos pendant 45 minutes, alors que ce n'est pas mon intention. C'est normal que le réflexe pour mes clientes qui suivent notre bootcamp, ce soit ça. Mais moi, j'essaye de changer ce programme.
- Thomas
Surtout qu'en plus, je pense qu'on a tous essayé de récupérer des promptes, des skills.
- Manu
Évidemment.
- Thomas
Et au final, si ce n'est pas adapté pour nous, ça ne marche pas. C'est de la merde. On peut s'inspirer quand on… Quand on parle d'un besoin et de se dire, ok, moi j'ai ce besoin, je vais essayer de voir comment d'autres personnes y ont répondu, mais tout se construire soi-même, parce que sinon, c'est juste pas adapté, on va devoir reprendre, au final, on va perdre plus de temps qu'autre chose. Et aussi, ça c'était dans le guide de l'AFNOR justement sur IA frugale, c'est d'utiliser, de renverser un peu la charge et de se dire, il faut que je puisse prouver que... j'ai absolument besoin d'IA et que d'autres solutions ne fonctionnent pas. Plutôt que de se dire, OK, l'IA, c'est la première solution et je pars directement là-dessus. Et d'inverser un peu la charge et de pouvoir justifier son usage. Ça, c'est quelque chose qui est bien, mais c'est vrai que c'est... On arrive, on se dit, ah mince, il faut que je réfléchisse à mes process, mais quand est-ce que je mets les mains dedans et comment, en fait, c'est quoi le lien ? Comment est-ce que je peux mettre en place des trucs par rapport à mes besoins ? Parce que je ne sais pas exactement ce qu'on peut faire. Mais oui, c'est prendre le problème à l'envers et on se retrouve à peut-être mettre en place des systèmes qui ne collent pas et qui vont juste nous rajouter du taf en plus.
- Manu
Ben ouais, c'est le risque. D'où le fait de partir des process en premier.
- Thomas
C'est ça. Là, on peut renvoyer peut-être à l'épisode qu'on a fait avec Xavier. Donc là, c'est à l'échelle d'une agence de dev pour Elao. Et eux, c'est vrai qu'ils sont vraiment partis de leurs compétences. Bon, forcément, vu qu'ils font du développement, l'IA est assez pertinente pour développer. Mais eux, plutôt que de produire plus, ils prennent maintenant plus de temps pour définir les besoins et délivrer un meilleur produit pour les personnes avec qui ils travaillent. Et là, il y a un peu la réflexion de se dire, OK, mes équipes se crament. Enfin, il y a cette tentation, même si on ne met pas de pression, de toujours refaire. Surtout que c'est des tâches qui ont un haut fonctionnement cognitif. Tu as pu les phases un peu de plat où tu te reposes et tu réfléchis un peu aux problèmes. Là, tu es tout le temps à prendre des décisions où ça demande beaucoup de charge mentale. Et il dit, ça, on ne peut pas tenir sur la durée. Et là, forcément, on a gagné en productivité. Peut-être de réfléchir à passer la semaine de quatre jours, mais de garder le cinquième jour. en se disant maintenant qu'on a libéré du temps, comment est-ce qu'on le rend par exemple à l'open source ? Comment est-ce qu'on va donner ce temps à des assos, loin des écrans, mais qu'on puisse apporter quelque chose en contrepartie ? Et en plus, ça servira, nous, dans notre métier, à apporter des nouvelles perspectives, des nouveaux points de vue, et on retrouve un peu ce moment peut-être de plus plat, parce qu'on cherche beaucoup à automatiser toutes les petites tâches répétitives sans valeur ajoutée. Mais justement, c'est peut-être un peu ces tâches répétitives sans valeur ajoutée qui nous permettent d'être bons et de réfléchir.
- Manu
Et d'avoir un rythme humain. Parce que comme tu le dis très bien, le risque de l'IA en sortant tous ces trucs, c'est qu'en fait, tu as la capacité de ne faire que des tâches à haute valeur cognitive ou à haute charge cognitive. Et en fait, tu te flingues la tête à faire que des trucs intenses tout le temps. D'où l'enjeu, comme tu le dis très bien, qu'il faut repenser aussi sa façon d'organiser son temps. pour les utilisateurs risques les plus poussés. Moi, je ne pense pas qu'on... Pour moi, c'est des micro-cas isolés, les cas qui ont besoin d'aller dans ce genre d'usage intense. Ou alors, c'est que c'est un choix qu'ils ont fait. Je ne suis pas certain que ce soit le meilleur choix à faire, mais c'est un choix. Mais voilà. Mais si on fait ce choix, du coup, ça demande de reposer beaucoup d'autres questions derrière parce qu'on ne peut pas juste fonctionner comme avant avec cette technologie intégrée. Et c'est là où, à la fin du bootcamp, mon espèce de... Ce que pour l'instant, j'ai mis comme l'exercice final, c'est d'écrire sa charte d'utilisation de l'IA et de se mettre à l'intérieur des barrières et des règles. Par exemple, j'utilise l'IA que sur ses plages horaires et là, je ne l'utilise pas. Ce qui fait que du coup, si on fait ce genre de truc, on intègre des zones de respiration où on n'est pas, par exemple, en train de vibe coder du matin au soir. Tu sors de ça, ton cerveau est flingué parce que tu as pris de la dopamine tout le temps. Et voilà. et c'est pour ça que je pense notre logiciel productiviste par défaut dans lequel on baigne tout parce que le monde il baigne là-dedans ça plus l'IA ça va faire du mal à beaucoup beaucoup de gens Donc, c'est là où, pour moi, il y a une bascule sociétale qui est nécessaire. Ça se trouve, dans le futur, on vit dans un monde où l'IA est encore là, mais si elle est pensée pour créer un revenu universel, si elle est pensée pour nous permettre d'avoir une semaine de trois jours de travail, et enfin, à côté, on a de la production non rémunérée, mais culturelle ou associative, etc., et que c'est le cas par défaut pour tout le monde, ben, why not, tu vois ? Si on arrive à faire une version éco-responsable... que tous les data centers ressemblent à ceux d'infomaniacs, super, mais le risque, c'est qu'on ait l'IA et qu'on ait une vision sociétale politique pas tout à fait comme celle que je viens de décrire. Et là, bonjour les dégâts, quoi. Humains, mais aussi globaux.
- Lulu
Et justement, j'en profite pour rebondir sur la vision, un peu, à des niveaux, à des échelles, que ce soit étatiques et autres. Et l'IA, Amir, on exergue vraiment quelque chose qui est... était déjà présent dans les outils numériques, c'était laisser notre dépendance aux outils américains, notamment. D'ailleurs, on en avait parlé aussi dans un autre épisode sur les communs numériques, où la dépense européenne, enfin la dépense des boîtes européennes dans des logiciels et outils et services numériques partait à 83% dans des boîtes américaines, ce qui est bon de ce coup. Et Et du coup, justement, là, dans le bootcamp, tu abordes ces TSA sur la partie IA. Est-ce que ça a éveillé des questionnements et éveillé cette même réflexion, en fait, sur le rapport à la souveraineté, enfin, classique entre guillemets, sur les Côté outils numériques ? Et quel était un peu le rapport ?
- Manu
Je pense qu'il y avait beaucoup de gens qui étaient déjà là-dedans, dans le sens où, quand tu as des valeurs écologiques et ainsi de suite, il y a un moment donné où tu te... posent la question de la big tech. C'est des sujets qui vont ensemble. Donc, on a pas mal de clients qui sont plutôt genre protons ou qui vont vers la suite infomaniaque plutôt que la suite Google. Le challenge que nous, on a dans cet écosystème, c'est que du coup, les gens qui on voit au chapitre sont plutôt dans une vision américanisée de l'entreprenariat. Et donc, on part défaut des outils américains, sachant que parfois, les outils américains sont tout simplement plus développés et meilleurs parce que leur écosystème entrepreneurial... il est plus ancien que le nôtre. Et que du coup, quand je parle écosystème entrepreneur, je parle des gens qui sont solo, pas forcément des startups et tout. Mais du coup, les stacks techniques, ils ont un peu plus de maturité là-bas. Donc, et ensuite, les gens se mettent à utiliser ça. Il fait ça pendant des années, ils se créent une dette technique, c'est trop dur de transiter sur un Côté outils et t'es un peu prisonnier. Moi, y compris d'ailleurs dans ces enjeux-là. Mais, en tout cas dans notre clientèle, ce truc, il est déjà présent. Je pense que ça l'a accentué. Et de plus en plus, je me dis, un jour, je vais faire un bootcamp, quittons la big tech américaine et changeons nos outils. Parce que c'est des trucs que tout le monde a envie de faire, mais te créer l'espace-temps pour faire ce transfert-là, quitter la suite Google, aller sur la suite Infomaniac ou la suite Proton ou je ne sais pas quoi. Ça prend du temps de le faire bien et tu as envie de te restructurer et tout. Et du coup, je pense, créer un espace pour aider les gens à le faire, c'est un truc qui aurait de la valeur. Et je me dis de plus en plus qu'un jour, je ferai ça. Et ça me permettra de moi aussi le faire. en live avec les gens pendant le bootcamp si j'arrive à enseigner et suivre en même temps, ce qui n'est pas sûr. Mais moi-même, c'est un enjeu. Parce que par défaut, j'ai baigné dans un certain milieu, donc j'ai pris les outils de ce milieu et on s'est enfermé aussi. Oui,
- Thomas
et puis tu ne peux pas forcément non plus prendre le temps d'aller tester plein d'alternatives, faire plein de migrations de données. À un moment, par rapport à l'impact et la valeur que tu peux apporter à d'autres de personnes, ça ne sera pas forcément d'aller passer des semaines à tester et trouver le bon outil pour remplacer ce que tu utilises déjà.
- Manu
Tout à fait. Et après, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui prennent conscience, Manu, sur ta question sur la souveraineté, des enjeux qui se passent spécifiquement sur l'IA, et ils comprennent un peu mieux ce qu'ils voient passer autour d'eux. Genre, pourquoi est-ce qu'il y a des subventions sur les data centers ? même si on n'aime pas les data centers, mais du coup, ils comprennent, ah ok, c'est pour ça qu'il y a des financements et qu'on en voit un peu partout. Ils voient que c'est un sujet complexe, qu'il y ait géopolitique, les ressources, qui les a, elles sont dans quel pays, que les guerres sont organisées de ça. Ok, il y a les données, il y a des modèles. Ils comprennent qu'il y a des enjeux qui sont beaucoup plus larges et qu'aussi, il y a des tensions entre les sujets. Par exemple, le sujet de la souveraineté de l'IA, c'est difficile de le faire correspondre avec le sujet écoresponsable, parce que si on n'avait qu'une lecture écologique, on serait en mode les data centers c'est l'enfer, on n'en veut surtout pas chez nous. Et en même temps, quand tu rajoutes le truc de souveraineté, c'est... Voilà, ça se trouve... On va se faire défoncer par les autres puissances, les autres empires. Qu'est-ce qu'on fait ? Et en fait, c'est ce mélange-là qui crée énormément de complexité. Et ça, je pense que les gens en prennent conscience aussi parce que c'est un travail de se documenter là-dessus, de le comprendre. Moi, je passe énormément de temps de ma vie à bouffer du contenu sur ce sujet pour le vulgariser. Je sais que ce n'est pas le cas de beaucoup d'entrepreneurs. Donc, mon taf, il est aussi là. décider de comprendre ces trucs pour le vulgariser et de le faire à la fois sur l'échelle individuelle mais aussi l'échelle politique, géopolitique. C'est pas facile.
- Lulu
Oui, et puis c'est surtout de se dire, enfin, tout ce qu'il y a avec le Cloud Act, mais il y a beaucoup de personnes qui vont juste dire « Ouais, mais moi je m'en fous qu'ils prennent mes données, j'ai rien à cacher » . Et oui, alors si on vivait dans des démocraties solides et TSA, pourquoi pas ? Mais là, on va dire que les valeurs qui sont plutôt défendues, elles vont à l'encontre de ce qui est en train de se mettre en place et qui se met plutôt bien en place. Et se dire, en fait, ce n'est pas que nos données, surtout à l'échelle d'une entreprise. Il y a les données de nos clients et clientes aussi. Et qu'il y a une responsabilité là-dessus. À partir du moment où on va utiliser des outils numériques, d'autant plus l'IA, parce que ça peut servir aussi à l'entraînement des données derrière. il y a une responsabilité et on doit connaître les enjeux.
- Manu
Je ne vais pas rentrer, je pense, dans ce sujet-là, parce qu'il me semble que ce serait un bon sujet pour un épisode à part entière. Comment répondre aux gens qui disent, moi, mes données, je m'en fous, qu'ils les prennent ? Je pense qu'il y a bien deux heures à faire pour répondre à ces gens, donc je vais vous laisser ça pour un épisode futur ou passé, parce qu'il existe peut-être déjà.
- Thomas
Alors là, j'aimerais revenir sur un point que tu disais quand tu parlais des data centers et justement le rapport notamment à l'écologie. Puisque tu as écrit un bouquin sur le sujet et justement sur la posture entrepreneuriale et en fait, comment gérer ça ?
- Lulu
Pour ceux qui nous écoutent seulement, Thomas vient de montrer son livre. Oui,
- Thomas
je n'ai pas dit son titre.
- Manu
J'ai fait bugger Manu parce que j'ai mis le livre à l'écran et du coup, qu'est-ce que je fais ?
- Thomas
Je lis le titre, je ne lis pas. Bon, allez, voilà, c'est sauver sa peau, sa boîte. et la planète, pardon, je dirais sa planète.
- Lulu
C'est un peu,
- Thomas
oui. Oui, sa planète et la planète. Avant de beaucoup voyager, effectivement, la Terre reste sa planète. Mais du coup, l'IA est venue rajouter des problématiques, des enjeux et des questionnements écologiques par rapport à ceux qu'il y avait déjà juste avant. Et comment... Comment dire ? Comment est-ce qu'on peut aller plus loin sur le sujet niveau TF1 ? Je ne sais pas comment formuler ma question.
- Manu
Comment je fais cohabiter ces deux sujets qui sont complexes à faire cohabiter ?
- Thomas
Et comment ne pas se retrouver immobilisé devant l'espèce de charge de se dire « putain, mais en fait, c'est insurmontable, c'était déjà compliqué, maintenant ça l'est encore plus » . Tout à fait.
- Lulu
Et puis, il n'y a rien qui est fait pour que ça aille dans le bon sens. Moi, ça ne sert à rien que je fasse des actions dans un autre sens. Je suis écrasée.
- Manu
Globalement, le point commun central de ces deux sujets, c'est que c'est des sujets où on sur-responsabilise les individus et on invisibilise l'effet que ce sont des sujets qui sont structurels, systémiques et qui demandent une réorganisation sociétale complète. Et du coup... Il faut trouver le juste équilibre entre ces deux points, où d'un côté, c'est important d'essayer d'avoir le comportement individuel le plus propre possible, mais dans un système qui est cassé. Donc c'est vrai sur l'écologie au sens global, et c'est vrai sur l'IA comme un sous-sujet de plus en plus conséquent à l'intérieur du sujet écologique. Et aussi, du coup, en parallèle d'avoir l'usage individuel le plus propre, moi je pense que c'est plus important encore. d'essayer de faire des choses qui font qu'on a une bascule sociétale qui se produit. C'est la raison pour laquelle je parle énormément du lien entre entrepreneuriat et politique. Politique avec un P majuscule, c'est-à-dire comment on organise cette société. Et la politique avec un P minuscule, c'est les personnes qui en ont fait leur combat professionnel du quotidien, d'acquérir le pouvoir et de repenser la société. Globalement, la plupart du temps, historiquement en tout cas, les entrepreneurs se pensent dépolitisés, c'est-à-dire... je m'occupe de moi en tant qu'individu et je fais en sorte que j'ai ce qu'il me faut en tant qu'individu pour ma liberté personnelle et du coup, je ne suis pas affecté par le système. Et cette pensée, cette philosophie entrepreneuriale-là, c'est celle qui mène à j'en ai marre d'être taxé, j'en ai marre de contribuer à la sécurité sociale. je vais m'installer à Dubaï parce qu'il n'y a pas d'impôts et ainsi de suite. Donc globalement, les gens qui vont dans ce sens-là, c'est qu'ils n'ont pas du tout de compréhension du système politique dans lequel on vit et ils ont une lecture qui est très courte et individualiste. Donc moi, j'essaye de ramener un peu la complexité de la compréhension politique dans TSA et du coup, d'aider les gens à se retrouver et de se dire en fait, oui, c'est bien si on essaye de faire les choses de la façon la plus propre possible parce que ça montre des exemples qu'on peut vivre autrement. et qu'on n'est pas obligé de se soumettre au mode de vie par défaut qui nous est proposé, qui la plupart du temps est dégueulasse. Je donne un exemple. Prendre l'avion, c'est un des trucs qui est le plus fort en termes d'impact carbone qu'on peut faire en tant qu'individu. Tu peux très bien vivre sans prendre l'avion. Au final, si tu ne prends plus l'avion pour tes loisirs, pour tes voyages, pour tes déplacements et tu fais d'autres formes de voyage qui, sachant qu'on habite en France, sont tout aussi qualitatifs, c'est énorme de faire ça et ça montre un exemple superbe. positif pour réduire notre dépendance à ce mode de transport qui ne sera jamais tout à fait vert. Et du coup, ça ouvre la possibilité de créer moins la demande. Et du coup, il y a ce double truc de il faut jouer sur la demande, réduire la demande qu'on donne pour des trucs qui sont SaaS. Mais nous, en tant qu'entrepreneurs, on a aussi la possibilité de réguler l'offre. Et donc, si mon offre est la façon dont je travaille, je la structure de façon moins écologiquement. bête, disons, ça montre aussi l'exemple que, en fait, on peut travailler autrement. Et du coup, les gens qui veulent changer la façon dont ils expriment leurs demandes sur le marché, ça leur donne des offres plus alignées et ajustées. Et donc ça, globalement, ça crée des écosystèmes avec une pensée écologique qui grossissent, Et au sein du jeu actuel de l'offre et de la demande, on peut faire bouger les trucs. Ma conviction, c'est que faire ça, ça a une limite. Et que... Au bout d'un moment, pour que les choses changent à la hauteur dont elles ont besoin de changer, on ne peut plus juste jouer entre la demande dans le système actuel, et il y a besoin de repenser le système. Et c'est pour ça que tout à l'heure je disais que la position politique, elle est plutôt de gauche écologiste et de plus en plus radicale, parce qu'on voit que l'organisation actuelle du système ne propose aucune sortie face à ces enjeux-là, et qu'on a besoin d'un truc global. Sur l'IA, par exemple, la seule chose qui peut nous aider à résoudre les problèmes sociétaux qu'on a, y compris sur ce truc-là, c'est qu'il y ait une instance internationale de régulation où tout le monde se met autour de la table, comme pour la bombe nucléaire à l'époque, et prenne des décisions collectives de « bon, on arrête de faire de la merde, c'est pas parce que toi t'avances que moi je vais avancer, tout le monde arrête maintenant » . Et tant qu'on n'a pas cette instance internationale de régulation et que du coup tous les pays individuellement se disent « il faut qu'on ait ça » , en fait, que je l'utilise un peu plus ou un peu moins, des autres, ça ne va pas changer grand-chose en vrai. Donc, c'est bien de montrer des exemples qu'on peut le faire de façon beaucoup plus propre. Et c'est sûr qu'il y en a mille des exemples comme ça. Le local, les trucs chez Infomaniac, les plus petits modèles. Enfin, voilà, on en a parlé en long et en large en travers et c'est le sujet de votre podcast entier, j'ai l'impression, de toute façon. Mais si on fait ça et qu'à côté, on ne s'occupe pas des enjeux politiques de comment on met quelqu'un à la tête de notre pays et à la tête de l'Europe. puis à la tête de tous les autres pays dans le monde qui vont dire, il nous faut cette instance internationale, on sera bien gentils, mais on sera en train de jouer avec nos petits modèles sur des beaux data centers dans un monde qui est flingué quoi qu'il arrive.
- Lulu
Ça me fait penser, petite anecdote, ma nail artist. Déjà, j'aime bien parce qu'elle est très engagée et a plutôt des idées à gauche. Et déjà, quand on avait parlé d'IA, elle m'avait dit qu'elle utilisait L-E-R-I-A. Donc déjà, j'étais, oh waouh, trop bien. Quand il est donné des supports. Ouais, c'est vraiment ça. En plus d'être artiste et TSA, elle dit, moi, je l'utilise juste un peu des fois pour reformuler et TSA, et c'est cool. Et là, je crois que son mec avait réussi à aller voir justement Odisse au cinéma, puis dans la foulée, elle avait vu Oppenheimer, et elle disait, mais moi, je voulais pas forcément le voir, parce que déjà, ça m'angoisse, je sais ce qui se passe dans le monde, et j'ai vu le film, et au final, c'est un groupe d'hommes blancs qui ont pris une décision qui allait impacter toute l'humanité dans un bureau et qui n'ont pas consulté. Et je dis, c'est exactement ce qui se passe en ce moment avec les labos d'IA. C'est tout à fait ça. Et qui veulent imposer une vision de leur monde. Après, qui on est pour dire que notre vision est plus désirable que la leur ? Il y a quand même des études qui montrent qu'à partir du moment où tu respectes un peu plus les ressources et que tu ne crames pas la planète, A priori. on devrait mieux vivre, et pouvoir vivre, déjà. Mais c'est vrai que c'est des... Je pense qu'il y aurait moyen de faire tout un épisode aussi sur les questions. Qu'est-ce qu'on répond à toutes les oppositions ? Parce que par exemple, pour l'avion, se dire, si je ne prends pas l'avion, dans tous les cas, si je ne suis pas dedans, il va partir quand même. Ou alors quelqu'un d'autre prendra ma place. Ça peut être pareil avec l'IA, de se dire, si je ne l'utilise pas, de toute façon, tout le monde autour de moi l'utilise. Pourquoi est-ce que moi, en tant qu'individu, je devrais me priver des expériences et de ce que ça pourrait m'apporter ? Mais c'est de voir un peu plus loin et surtout de montrer, d'en parler et de montrer, par exemple, des itinéraires en train et de rendre désirable ce qui est faisable à côté. Et pas juste de se dire, c'est ça ou rien. Et comme ce que tu fais un peu dans le bout de camp, on remet l'humain au centre et on utilise l'IA si c'est nécessaire et que ça peut permettre d'amplifier des valeurs qu'on a, de ce qu'on a envie de porter, qui nous permettent peut-être d'aller plus loin et d'impacter plus de monde de manière bénéfique. Mais on n'est pas à dire que l'IA, c'est aussi un outil comme un autre, parce qu'il n'est pas neutre, clairement pas. Ce n'est pas genre ça vient remplacer les outils plus classiques. C'est ça que j'aime bien, c'est que même si on ne l'utilise pas, et que c'est ce que tu disais sur la page de ton bootcamp, qu'on peut ressortir en boycottant, mais on connaît les impacts, les enjeux, et on peut en parler même si on ne l'utilise pas. Et c'est même plus important que si nous, on n'a pas les capacités de faire autrement que d'utiliser ChatGPT ou Claude au moment-là, mais d'en parler autour de nous et d'influencer. Et peut-être que ces personnes-là auront les capacités d'aller plus loin et de faire mieux. Et quand nous, on pourra faire mieux, on le fera aussi.
- Manu
Et dans le but de la victoire politique dont je parlais. Mais tu vois, il y a un exemple que je trouve illustre très bien cette dissonance cognitive qui n'est pas facile à régler. C'est la structure que vous connaissez certainement qui s'appelle Data for Good. Je pense que vous voyez quelle est cette structure. C'est des data engineers qui utilisent la donnée pour essayer de faire du lobbying politique pour différentes finalités. Data for good, la plupart des devs qui bossent souvent de façon d'engagement associatif, donc gratuite pour conclure Data for good, c'est des gens qui utilisent l'IA pour coder plus vite les outils dont les lobbyistes ont besoin pour faire du lobbying. Et en faisant ça, du coup, ils sont capables de produire des trucs qui sont beaucoup plus... qui frappent. plus fort dans le lobbying pour essayer de faire une victoire politique qui régulerait l'usage de l'IA, par exemple. Et du coup, c'est là où en fait, est-ce qu'il existe une réponse pure et parfaite ? Non. Je crois que sur ce sujet, et sur tous les sujets écologiques, tant que nous vivons dans le monde qui nous encourage par défaut aux comportements les plus délétères, tout ce qu'on va faire, c'est faire des... En anglais, on dit des trade-offs. Je ne sais pas comment on dit en français, mais je donne un peu par là et je suis obligé de prendre un peu par là. Et en fait, il n'y a pas de truc où je ne peux que aller dans la bonne direction. En tout cas, c'est très difficile et ça demande beaucoup de ressources et ce n'est pas accessible à tout le monde selon nos privilèges, notre position sociale et ainsi de suite. Et du coup, la question, c'est plutôt dans nos cas individuels pour continuer de survivre dans le monde qui ne prend pas soin par défaut de nos besoins primaires et prendre soin de moi en tant que personne, donc survivre économiquement et survivre personnellement, tout en essayant de faire en sorte que... le monde sous mes pieds que je veux voir advienne, donc avoir une forme de contribution sociétale, qu'est-ce que je dois faire dans mon périmètre individuel pour que ce soit possible de la manière la plus pertinente ? Et c'est pour ça qu'on parlait de mon livre à la fin du bouquin. Il y a tout un chapitre qui est dédié à quelle est ta place, quelle place tu trouves dans cet écosystème. Et on n'aura pas tous et toutes la même place. Moi, par exemple, peut-être que ma place, elle est plus sur m'attraquer sur les réseaux sociaux pour faire en sorte qu'un max de gens... et face à eux la vision que je suis en train de défendre près de vous ici, et que pour ça, peut-être que c'est pertinent d'utiliser l'IA pour faire x100 sur ma visibilité, pour que 100 fois plus de personnes aient la prise de conscience. Peut-être que quelqu'un d'autre, son but, c'est boycotter complètement l'IA et construire un mode de vie absolument alternatif qui sort des systèmes financiers où il y a de l'autosuffisance et montrer, regarde, en fait, c'est pas si simple, c'est possible, et qu'en fait, ça inspire les gens autour d'eux, et c'est la meilleure manière dont cette personne peut contribuer. avec sa position unique et ses compétences et ainsi de suite. Ce n'est pas pour autant qu'on est des ennemis, on est des alliés et on a besoin de plein de représentations pour faire advenir les choses. Et je pense que c'est là aussi, on a besoin aussi d'entre camarades se serrer les coudes et ne pas dire toi tu fais de la merde, et toi tu fais de la merde, et toi tu fais de la merde, mais de dire en fait, on est tous en train de chercher une solution, on est d'accord sur le monde qu'on veut voir sur nos pieds, nos chemins pour y arriver, ils ne sont pas tous les mêmes et ils sont peut-être un peu chaotiques, mais faisons confiance qu'on essaye d'avancer dans la bonne direction ensemble. Et c'est là où il faut aussi avoir un peu de sens critique de soi pour se dire, est-ce que vraiment c'est dans cette Lulu ou est-ce que là, je suis en train de flancher un peu parce que c'est confortable de flancher sur ce cas-là ? Ça, c'est à chacun avec soi-même qu'il faut le faire. Et il y a besoin de gens très « radicaux » , j'ai envie de dire, qui sont proches de la racine de ce qu'on doit faire, c'est important qu'on les ait pour qu'elles nous rappellent à l'ordre. Et parfois, ce n'est pas confortable d'être appelé à l'ordre, mais c'est très utile et important d'être appelé à l'ordre de temps en temps. Moi, mes amis les plus loin dans la fenêtre d'Overton, qui viennent me taper sur la tête pour me dire qu'ils trouvent que j'ai un usage trop poussé de certaines choses. « Ah, t'es trop sur les réseaux, t'es trop entrepreneur, blabla, à vouloir faire des sous » , ça me fait du bien, en fait, parce que ça me permet de refaire le point avec moi-même, le « Où j'en suis avec ces trucs ? Est-ce que j'ai un peu glissé ? Est-ce que je me sens aligné avec mon approche ? Est-ce que je trouve que c'est utile ? » Ben si oui, je continue. Mais ça demande un peu d'assise personnelle.
- Lulu
Non, et ça, c'est très cool parce que ça dit aussi qu'on ne peut pas être parfait, parce que dans tous les cas, le système ne nous donne pas la possibilité d'être parfait et totalement… alignée avec ce qu'on veut mettre en place, que ce soit côté souveraineté, que ce soit côté impact écologique, mais que c'est pas une excuse pour pas essayer de commencer à faire des petites choses petit à petit, d'en parler, de se dire ok, là j'ai pas la capacité d'aller là où je veux, mais quand je pourrai et si le système me permet, bah j'ai envie d'aller là parce que c'est désirable, parce qu'il y a telle personne qui a plus de ressources que moi qu'il y ait et ça se passe bien. ça respecte plus l'environnement dans lequel elle vit, ça a l'air de plus respecter sa personne, et que dans tous les cas, on ne peut pas vivre individuellement parce qu'on dépend de tous les écosystèmes autour de nous. On est dans un écosystème et on ne peut pas juste penser qu'à soi. Alors après, bien sûr, si les besoins primaires ne sont pas remplis, il ne faut pas culpabiliser individuellement, dire « bah ouais... » arrête d'utiliser l'IA quand tu ne sais pas comment, en tant qu'entrepreneur, tu vas bouffer à la fin du mois ou que tu n'as plus de sous et que ça te permet peut-être un peu plus de communiquer et de trouver des clients et clientes. C'est là où c'est... Il y a beaucoup d'éducation je pense aussi à faire et puis d'encourager. Ça, c'est quelque chose que j'avais beaucoup aimé. Il faudrait que je la ressorte quand... Au Salon SME, l'année dernière, tu avais présenté un schéma avec les différentes manières d'agir et où est-ce qu'on peut se placer. Enfin, voilà, des côtés un peu plus radicals. Les personnes qui vont faire, les personnes qui vont décider, les personnes qui vont plutôt prendre la parole. Et ça, des fois, je me le ressors pour le regarder.
- Manu
C'est un schéma de Arthur Keller qui montrait à la fin de chacune de ses prises de parole. Ok. Je peux redire les rôles parce que c'est ceux que j'ai repris entre autres dans le livre. J'en ai rajouté parce que je trouvais qu'il en manquait. Mais du coup les rôles c'est les penseurs et les penseuses, donc les gens qui théorisent et modélisent le futur dans lequel on doit rentrer et comment on y rentre. Les faiseurs et les faiseuses, les gens qui prennent cette théorie et les appliquent dans le quotidien pour les tester, les améliorer, les confronter au réel, donc genre les gens qui font de la permaculture par exemple. Les gens qui ont pensé les modèles de la permaculture et les gens qui les font. et qui se rendent compte qu'en fait, une fois que tu le connectes avec un territoire donné, il y a des choses qui changent. Les inspirateurs et les inspiratrices, qui prennent ce que font les faiseurs et les faiseuses et le médiatisent pour que d'autres soient au courant et se mettent aussi à aller dans ce sens. Les organisateurs et les organisatrices, donc c'est les gens qui font en sorte que tous ces gens-là puissent se fédérer ensemble, créer des cellules, faire en sorte que du coup les infos passent au bon endroit, et ainsi de suite. Puis les facilitateurs et les facilitatrices, donc c'est les gens qui rendent le travail de toutes ces autres personnes un peu plus facile, en créant des outils. par exemple, ou en donnant de l'argent, patati patatou. Et le dernier modèle qui n'est pas cité dans le modèle d'Arthur Keller, c'est les militants et les militantes. C'est les gens qui, pendant que tous ces gens-là travaillent, eux, ils sont en train d'essayer de ralentir les autres qui font n'importe quoi. Et on a aussi beaucoup besoin de ces gens-là qui luttent contre le monde qu'on ne veut plus pour que les autres puissent être tranquilles pour créer le monde qu'on veut voir. Donc c'est ce schéma-là, je pense, dont tu parlais.
- Lulu
Oui, oui, exactement. Et ça peut, voilà, on ne peut pas être sur tous les fronts. Et on dépend de chaque rôle. Bon, après, on n'a pas à se mettre forcément une étiquette, mais on peut s'apaiser un petit peu là-dessus et que dans tous les cas, chaque petit pas, déjà, ça permet de rajouter une force qui va dans l'autre sens. Plutôt que de juste se dire, foutu pour foutu, de toute façon, autant que j'en profite et que je prenne au maximum ce que je peux. Mais je pense qu'une fois qu'on sait, de toute façon, on ne peut plus vraiment faire comme si ça n'existait pas. Et peut-être juste par rapport à ton livre, est-ce que tu penses que là, ça peut être une porte d'entrée pour des gens qui s'intéressent à l'IA ? Et que ça suit un peu au final la pédagogie qu'il y a dans ton bootcamp de déjà se poser la question par rapport à soi, son business. Est-ce que ça pourrait être une nouvelle, peut-être d'autres lecteurs et écrits que tu n'as pas pu toucher, qui pourraient lire ton livre en rentrant par le spectre de l'IA pour se poser la question de comment interagir et où se positionner ?
- Manu
Ce qui est sûr, c'est que les personnes pour qui la question écologique est dévoreuse et délicate sur l'intelligence artificielle, lire mon livre, ça leur ferait du bien, ça c'est sûr. Parce que ça donne un repère de comment je me positionne face à ce sujet, que puis-je faire concrètement et ensuite ça permet de se positionner du coup sur l'IA par la suite. De toute façon, je pense que ça ferait du bien à beaucoup de gens de lire ce bouquin, donc à moi de continuer sur le travail pour le diffuser. Merci à vous de m'y aider d'ailleurs puisqu'on l'a mentionné en long, en large, en travers. J'ose espérer qu'il y aura un lien dans la description pour le commander.
- Lulu
Il est déjà sur le portail, c'est déjà mis. Peut-être juste avant qu'on... Désolé Manu, je rajoute tes questions, mais on court vite.
- Thomas
Non, tu peux, mais c'est...
- Lulu
Désolé. Là, par exemple, qu'est-ce que tu pourrais donner comme conseil à une indépendante ou à un indépendant ? Ouais.
- Thomas
J'avais envie qu'on termine sur le sujet du bootcamp avant de venir là-dessus.
- Manu
L'actionnable, c'est bien à la toute fin de l'épisode. Je suis d'accord,
- Lulu
Manu.
- Manu
On conclut avec l'actionnable.
- Thomas
Il y aura deux trucs. Après l'actionnable, on a une petite question. La question à Lulu. Le temps file. On a beaucoup parlé juste en bootcamp des différents sujets de la transformation. pas forcément la transformation, mais en tout cas des prises de conscience que tu amènes et toutes les réflexions que ça peut porter. Et tu as évoqué déjà tout à l'heure le fait que c'était une première itération et qu'il y a des choses qui vont changer. Et justement, pour toutes les personnes qui ont envie de suivre ce bootcamp, qui ont manqué cette première version, est-ce que tu as déjà des idées en tête de sa prochaine mouture, du format qu'il aura et du coup... Quand est-ce qu'on peut l'attendre ?
- Manu
Alors, la prochaine itération en termes de date, je ne suis pas tout à fait certain encore de quand ça va se caler. J'aimerais bien faire une nouvelle session avant la fin de l'année 2026. La question, c'est est-ce que je vais réussir à le faire en parallèle des autres enseignements que j'ai pour les membres de notre mastermind, puisque eux, ils ont un autre bootcamp sur leur système marketing qui démarre à partir d'octobre et je les vois toutes les semaines pour ça. Est-ce que je vais être capable d'en diriger deux en même temps ? C'est la question avec laquelle je joue dans ma tête en ce moment. Peut-être que oui, peut-être que non. J'espère que oui, mais on va voir. En tout cas, le prochain format, je pense qu'il va intégrer une des premières réflexions, c'est que je pense que je vais l'allonger un petit peu pour avoir un peu plus d'espace entre chaque itération. Parce que moi, j'ai toujours la frustration de... Il y a l'info, l'intégration de l'info et le fait de faire quelque chose qui l'ancre dans ton quotidien. Et là, j'ai la sensation que... l'ambition de ce que je voulais transmettre. On a bien réussi à transmettre l'info, mais il n'y a pas pour tout le monde, parce que tout le monde n'a pas les mêmes rythmes, les mêmes réalités quand on suit un forum apédagogique comme ça. Tout le monde n'a pas trouvé l'espace de faire la partie intégration. Et du coup, je pense que j'ai envie de le découper un peu plus lentement encore pour bien dissocier les phases d'acculturation et les phases de mise en place de choses. Et que presque du coup, les gens qui viennent, quand il y a du temps bloqué dans l'agenda pour des lives, en fait, ce soit aussi du temps pour faire les exos en direct plutôt que de les laisser s'auto-organiser pour avoir le temps de faire les exos. Donc, je pense qu'il y aura un truc un peu comme ça qui va s'installer. Et puis, je pense aussi qu'il y aura des formats un peu plus cadrés et guidés par moi pour créer les réflexes d'intelligence collective et de partage, parce que là, j'ai un peu laissé en auto-organisation pour observer, et ma sensation, c'est que... Comme tout le monde n'est pas au même niveau sur chaque chose, que les personnes qui se sentent les moins avancées s'effacent naturellement, alors que les personnes qui se sentent les plus avancées prennent de la place, ce qui est chouette parce qu'il y a un transfert d'infos, mais ça a aussi de la valeur que les gens les moins avancés prennent de la place, moins avancés entre guillemets, parce qu'elles sont avancées sur d'autres choses, pas forcément techniquement. Mais en tout cas, je pense qu'il y a besoin que je crée un peu les codes de comment est-ce qu'on fait de l'intelligence collective de façon pertinente, ce que je fais en plein d'autres formats qu'on... pour les autres membres dans d'autres accompagnements. Mais je ne l'avais pas fait là parce que je voulais observer un peu comment SaaS passer. Et du coup, j'ai l'impression qu'il faut un peu montrer la voie pour que ça se passe bien. En tout cas, montrer des protocoles de base et en faire un et dire, je vous propose de fonctionner comme ça sur les prochaines sessions. de définir quelqu'un qui est en charge de ça. Donc je pense que ça va être un peu plus étagé dans le temps et avec des temps qui sont dédiés à l'écoute émotionnelle, ce qui se passe presque comme disait tout à l'heure, les cercles de parole, ce genre de TSA. Donc voilà, je pense que ce sera ça la prochaine mouture, sachant que les recommandations évoluent avec le temps aussi selon ce qui se passe. Du coup, forcément, peut-être que je vais devoir changer les recommandations qu'on fait à l'intérieur. avec les nouvelles découvertes que je fais ou les nouvelles évolutions de marché. Ce qui s'est déjà passé entre le début du bootcamp et la fin, j'ai déjà changé des trucs. Parce que ça bouge vite. Et on apprend en intelligence collective. J'ai découvert un routeur que je ne connaissais pas au début.
- Lulu
Ouais, Cortex, oui.
- Manu
Exactement. Ça vient de vous.
- Thomas
Mais oui, après, ça va tellement vite avec l'IA. Ce qui est intéressant, c'est que les concepts sont là.
- Manu
C'est ça qui est plus important. Une fois que les concepts y sont compris, les gens comprennent, mais c'est un nouvel outil qui fait les choses mieux dans les concepts de comment on veut les faire, par exemple. Le router Cortex, qui est Coloreup VS OpenAI Router, qui est ouvert à tout, évidemment, on va privilégier Coloreup. C'est facile, ça ne change pas la compréhension globale du système, mais ça change les pièces.
- Lulu
C'est vrai que moi, si je peux faire un retour aussi, parce que peut-être qu'il y a... Moi, je me posais cette question avant de suivre le bootcamp, de me dire, moi, en fait, la partie technique, je... pensent l'avoir, les réflexions, les outils. Oui, c'est sûr que tu l'as. Oui, mais je ne me considère pas forcément avancée parce que je baigne plutôt dans le milieu technique avec des personnes qui essayent d'automatiser tout leur business et qui mettent en place des usines à gaz avec de l'argentique partout. De juste dire, mais en fait, pourquoi tu as fait ça ? Parce que je pouvais et que c'est facile à mettre en place et d'autant plus facile maintenant. il n'y a plus vraiment... de friction à se lancer et à mettre en place des trucs. Donc, même moi, en tant que personne plus technique, j'ai vraiment apprécié parce que déjà, ça m'a fait du bien de me retrouver avec des personnes qui ont conscience de l'impact que ça a et que c'est pas juste parce qu'on peut, du coup, on en profite et puis on le fait. Et que en fait, d'apporter la partie technique, ça vient juste servir les valeurs. Et rien que pour ça, ça... Déjà, ça fait du bien. On se sent utile aussi en tant que personne un peu plus technique pour apporter des solutions et de se dire, « Ah ok, toi, tu as effectivement cette problématique-là. Tu n'as pas le temps d'aller écumer et tester plein de choses. Effectivement, il y a ça qui est plutôt cool et qui est recommandé. Ou alors, pour ça, tu n'as même pas besoin d'IA du tout. Il y a moyen peut-être d'utiliser l'IA pour rédiger un script qui, derrière, va te permettre de répondre à ton besoin et de ne plus dépendre de l'IA du tout derrière. » Et ça fait même se poser des questions sur son usage à soi, d'écouter. Ça fait du bien et j'ai d'autant plus envie de continuer de contribuer, ça c'est sûr. Et je trouve que c'est même plus... En tout cas, je me suis vraiment bien sentie là-dedans parce qu'il n'y a pas ce côté à être étiqueté comme la personne alarmiste qui dit que de toute façon, l'IA telle qu'on la connaît aujourd'hui, ça ne sera pas la même. ne peut pas juste continuer Zapier un abonnement à 200 balles et faire tout tourner dessus. Ça ne marche pas. Donc, s'il y a des personnes même qui sont plus techniques et qui s'en sortent, ça peut être un très bon moment même de réfléchir sur ces process, de venir et de quand même profiter de l'intelligence collective, parce que moi, ça m'a même moins fait réfléchir sur plein de choses.
- Manu
Ma perception, c'est que la valeur de ce qu'on apporte, elle n'est pas sur la technique. Elle est sur... Peu importe mes compétences techniques, mais la compréhension de à l'intérieur de quoi ça s'insère, ce qui en fait aussi d'ailleurs une offre complètement différente de tout ce qui est sur le marché, là où toutes les autres formes d'accompagnement sur l'IA, c'est « Ok, on va créer tes agents et tu vas voir, tu vas pouvoir prospecter super vite, là là là, c'est super ! Installe Cloud, voici ce skill ! » En fait, si tu veux, on te traite sur YouTube, c'est fini, tu vois ? C'est boring. Donc moi, j'ai la perception que c'est là qu'il y a de la valeur, donc je suis ravi que... Mon témoignage le valide, merci Lelu.
- Thomas
C'est surtout qu'en plus, tu as toute la dimension entrepreneuriale avec positionnement. Typiquement, la chartilla, des choses que j'ai vues passer, je ne crois pas l'avoir vu ailleurs, par exemple. Le fait d'aller créer sa propre chartilla en tant qu'indépendant.
- Manu
Oui, j'ai l'impression que, moi, ma conviction, c'est que ça va devenir une norme. Comme on a tous, par défaut, une politique de confidentialité obligatoire. pour moi demain, on aura tous et toutes une chartilla obligatoire dans nos business. Et que du coup, prendre de l'avance sur ça, de façon proactive, en parler, le montrer aux clients, envoyer une version assignée en début de chaque mission. En fait, ça te positionne comme quelqu'un qui a fait le taf, quoi. Et les gens se disent, ah, wow, c'est... Pour moi, ça montre la valeur perçue. Et l'endroit où j'ai envie d'aller un peu plus loin dans comment j'aide les gens à le faire et donner des... genre, presque donner un skill qui permet de faire ça, mais c'est que, du coup, on en fait une version à donner à notre IA aussi pour qu'elle nous empêche d'avoir les comportements qu'on ne veut pas et qu'elle nous encourage à faire certaines choses. Par exemple... Un des sujets sur lesquels on a bossé, c'est la déperdition des compétences et le fait de, par réflexe, demander à l'IA plutôt que faire soi-même. On pourrait écrire dans sa charte IA qu'on donne à son IA, si je ne te donne pas une version 1, tu me forces à te donner une version 1 avant de me donner une réponse. Et du coup, elle dirait, là, tu me demandes de t'aider à réfléchir sur la stratégie de lancement pour ton nouveau produit, mais tu ne m'as pas dit tes idées de base. Moi, je ne te réponds qu'à partir d'une idée de base, je ne peux pas te répondre à partir de zéro. Et on peut la contraindre à un comportement qui prend soin des trucs dont on veut prendre soin. Donc ça aussi, c'est des trucs où j'ai envie d'aller un peu plus loin dans comment le cadre à l'intérieur même de l'IA, sur les enjeux écologiques aussi, par exemple, de dire « T'es vraiment sûr que tu veux créer une image ? Parce que tu sais que c'est le pire truc que je peux faire. Donc j'ai besoin que tu valides une seconde fois avant que je le fasse. » Et que ça, ce soit encodé dans le contexte qu'on lui donne.
- Lulu
Est-ce que tu ne veux pas déjà aller regarder du côté des images sources ou des images stock ?
- Manu
Exactement, voici trois liens d'images libres de droit que tu pourrais utiliser.
- Lulu
Non mais carrément, c'est…
- Manu
J'ai juste été payé par ces plateformes pour mettre leurs liens dans mon skill. Pardon, mon côté démoniaque a pris le dessus.
- Lulu
Un des trucs que recommande l'Afnor, c'est avant même de construire une solution, c'est de voir s'il n'y en a pas déjà une qui existe. Tout simplement pour ne pas recréer, que ce soit avec IA ou pas IA. Mais moi, je me dis, quelqu'un qui me présente une charte comme ça, je me dis, ah ouais, ok, c'est un pro. C'est au niveau de la valeur. Et c'est même un positionnement aujourd'hui de dire qu'on utilise l'IA dans certains cas, que ça a été réfléchi, qu'on a choisi délibérément de ne pas utiliser d'IA. Et de ce que d'autres indépendants et indépendantes disaient, c'est que ça leur ouvrait des opportunités. Et que c'était pour ça que des personnes venaient justement les chercher. C'est cool de se dire, au début du bootcamp, je ne savais pas comment me positionner par rapport à l'IA. C'était quelque chose, je ne voulais pas trop en parler parce que je ne suis pas d'accord avec ça. Mais maintenant, je commence à vraiment prendre de la place, prendre la parole sur ces sujets. Et ça éveille des discussions avec mes clientes et clients. Et justement, ça augmente même encore plus la valeur perçue. Et maintenant, c'est presque un positionnement là-dessus.
- Manu
Tout à fait. Et pour faire ça, il faut muscler sa compréhension des sujets, pour se sentir légitime de le faire. Désolé Manu, tu étais sur le point d'ouvrir la bouche et j'étais coupé.
- Thomas
Non mais ce qui est très bien, parce que tu permets de faire la transition avec, alors l'avant-dernière question de Lulu, c'est justement que tu étais en train de se poser tout à l'heure sur la partie conseil, donc je te laisse la formuler.
- Lulu
Ouais, c'était, en fait, d'être quelqu'un qui s'habille, parce que tout le monde le fait, et qu'il sent quand même, qu'il ou elle sent qu'il y a une gêne. là-dessus, le côté dissonance cognitive, tu conseilles déjà de commencer par où ?
- Manu
Donc on se dit, c'est quelqu'un qui a commencé à avoir une utilisation, qui s'est renforcé parce qu'elle se rend compte que c'est utile et juste c'est un usage par défaut non réfléchi, c'est ça ?
- Lulu
Oui, et l'autre question à laquelle je pensais, c'était qu'est-ce qu'une personne peut répondre à un de ses clients ou prospects qui lui dit, je vais plutôt utiliser ChatGPT parce qu'il le fait pour moins cher. J'avais un peu ces deux questions-là qui se battaient et du coup, ça en fera trois.
- Manu
Je vais prendre le cas de « je suis indépendant, je l'utilise par défaut parce que tout le monde l'utilise, quoi faire ? » La première réflexion, c'est qu'a priori, si on est quelqu'un dans ce cas-là, je pense qu'elle va être sur une utilisation de l'un des trios américains par défaut, soit Claude, soit Chad GPT, soit Gemini. Donc ça veut dire qu'elle bosse soit avec Anthropic comme fournisseur, soit avec OpenAI comme fournisseur, soit avec Google comme fournisseur. Et là, du coup, la question à se poser, en tout cas, moi, ce que j'aimerais que chaque personne qui est dans ce cas-là se dise, c'est OK, est-ce que j'ai conscience des premières conséquences de cette utilisation ? J'utilise une boîte américaine. Il y a un truc qu'il faut que chaque personne aille voir, c'est le Cloud Act, comme tu disais. Qu'est-ce qui se passe avec les données que je donne dans ces outils ? qui les possèdent, où elles sont stockées, et ainsi de suite. La seconde chose qui déroule de là, c'est que, a priori, la plupart des indépendants qui utilisent ces outils ont des abonnements personnels, par exemple l'abonnement à 20 euros par défaut sur ChatGPT ou sur Cloud. Ça, du coup, il n'y a aucune protection de données dedans, donc c'est hors du cadre du RGPD. À partir du moment où vous avez une seule fois parlé... avec l'un de ces chatbots d'un cas client, vous faites une infraction à RGPD. En vrai, il y a peu de risques que vous soyez contrôlé, mais si vous étiez contrôlé, une infraction à RGPD, très très très très chère. Donc vous êtes en train de donner des données sensibles, et c'est interdit de les donner comme ça, parce que vous avez normalement une obligation de protection de données si vous êtes basé en Europe et que votre entreprise est en Europe. Globalement, à partir de là, 90% des indépendants, je pense, sont déjà dans une infraction sans le savoir. parce qu'ils ne maîtrisent pas les sujets de données là-dessus. Donc déjà, je pense, prendre conscience de ces TSA, ça permet dans un premier temps de se dire, bon, il faut que je change de solution. On peut avoir exactement le même usage, mais aller vers une autre solution. Et du coup, la priorité pour moi, ce serait de changer de solution de chat, de quitter ce trio américain et de se concentrer sur une solution de chat qui serait plutôt européenne. Plusieurs solutions, la solution Eurya d'Infomaniac. Ce ne sera pas les mêmes modèles et la même puissance, mais c'est une solution chat. Et pour la plupart des utilisations chat, ça suffit. Il y a aussi Mistral. Même si Mistral, bon, ils sont en train de changer de positionnement. Ils veulent plus être une boîte qui fait de la livraison de data centers respectueux en Europe. Et ils ouvrent à des modèles OpenAI source. Donc, ils ne sont plus en train de créer eux-mêmes leurs propres modèles et ainsi de suite. Bon, il y a des changements là-dessus.
- Lulu
Oui, ils font des partenariats aussi avec Total. Voilà,
- Manu
ils ont décidé de bosser avec Total.
- Lulu
Et ce n'est pas pour les énergies renouvelables, ce n'est pas pour aider là, c'est pour essayer d'optimiser les extractions.
- Manu
Mais disons déjà sur l'enjeu de protection de données, de passer des US à l'Europe, même avec Mistral, c'est déjà un bon pas.
- Lulu
Il semble que Mistral n'est quand même pas très sécurisé côté RGPD.
- Manu
Ils sont en Europe et normalement ils sont obligés d'être respectueux du RGPD de par leur usage à cet endroit-là, si tu es un utilisateur européen. Donc, c'est moins pire, disons. La prochaine étape, une fois que tu as fait ça pour moi, ce serait de te dire, bon, je suis encore prisonnier d'une solution fermée, je commence à m'intéresser aux solutions ouvertes, où j'ai un choix plus ouvert, et aussi où je peux être plus propriétaire de mon contexte et de la mémoire de ce que l'IA retient sur moi. Et donc là, on va vers le genre de solution qu'on met en place dans le bootcamp, où j'ai une interface qui est OpenCode, ou une autre interface, mais pour l'instant, j'ai l'impression que c'est la plus ouverte. Donc, une interface ouverte. que je peux connecter avec les modèles qui m'intéressent, héberger là où ça m'intéresse. Et du coup, je rentre dans un usage un peu plus granuleux et sur mesure. Et c'est aussi là où, en améliorant notre contexte, on réduit le nombre de tokens dont on a besoin pour des résultats similaires. Et donc, on réduit aussi l'usage qu'on fait en faisant tourner des serveurs jusqu'à peut-être un jour aller sur du local. Mais déjà, pour un usage par défaut de quelqu'un qui est dans le chat GPT, de passer sur ARIA ou même Mistral, mais... Ou Lumo aussi, de chez Proton.
- Lulu
Il y a Lumo aussi de chez Proton, qui est assez prometteur.
- Thomas
Oui, Lumo marche mieux. Et d'ailleurs, en parlant de RIA et Lumo, les deux ont intégré cette semaine un nouveau LLM qui est suisse, dont je n'ai plus le nom, je crois que c'est Apertus. Ah oui,
- Lulu
qui est conforme IA Act, ce qu'on peut évaluer et vérifier qu'il y a lui. bien pas de biais et stéréotypes.
- Manu
Tout à fait. Et ils sont en phase d'entraînement, donc il y a un truc de « utilisez-le pour nous donner des données pour qu'on l'entraîne, pour qu'on soit meilleur » .
- Thomas
Mais je sais que c'est d'ailleurs sur Proton, tu as le choix entre rester en confidentialité par défaut, parce que du coup, tout ce qui est Proton, c'est... Même eux n'ont pas de visu sur vos données.
- Manu
Tout à fait.
- Thomas
Mais il y a la possibilité d'activer une option pour justement alimenter les données anonymisées et leur... permettre d'entraîner des modèles européens, ce qu'il faudra faire de toute façon à un moment.
- Manu
Donc ça, c'est pour ce cas-là. Pour l'autre cas de mes clients me demandent d'utiliser l'IA ou me disent qu'ils peuvent utiliser l'IA à la place et du coup, ils utilisent ça comme un bargaining chip, un truc de négo, du coup, là, pour moi, la solution, c'est de renverser l'interrogatoire, disons, et du coup, de se mettre dans une posture de « En fait, moi, j'ai fait mon taf, donc je vais te poser des questions. » Et du coup, de se dire, d'accord, donc vous pensez utiliser le chat GPT, vous allez utiliser quoi comme abonnement et c'est pour quel genre de données ? Et de les laisser parler. D'accord, et du coup, j'ai vu sur votre site que vous aviez posé des engagements sociétaux, écologiques, enfin bref, les engagements qui sont les vôtres. Comment est-ce que ces engagements dialoguent avec votre utilisation de l'IA ? Et en fait, de renverser le truc et de se mettre en mode, je te questionne pour t'aider à décider si c'est le meilleur usage, c'est ce qui va assez vite leur faire se rendre compte qu'ils ont aucune idée de ce qu'ils sont en train de faire. Parce que 90% des clients qui veulent mettre de l'IA à la place de leurs prestataires, c'est parce qu'ils ont vu sur Internet ou ils se racontent l'idée que ça va être meilleur et que si nous, on maîtrise ces technologies, c'est le but du bootcamp aussi, que les gens comprennent ce qui se passe. et qu'on est capable de les questionner sur leur usage, ça se trouve, c'est l'usage le plus pertinent. Auquel cas, en tant que pro, notre réponse, ce serait de dire, je pense qu'en effet, il y a un truc qui est pertinent à faire. Je vous encouragerais, si vous allez dans ce sens, à bosser avec quelqu'un qui vous mettra une infrastructure dont vous êtes propriétaire, qui est moins écologiquement dégueulasse que si vous allez aux US. Donc, on les oriente vers la bonne solution qui est une infratech IA propre, mais dans 90% du cas, en fait, ils vont se rendre compte eux-mêmes, en fait. d'accord, on ne sait pas ce qu'on fait. S'il te plaît, aide-moi à savoir ce que tu fais.
- Lulu
Et si je choisis de quand même le faire, je le fais maintenant en connaissance de cause parce que je ne peux pas dire que je ne savais pas.
- Manu
Ce qui est OK en soi. Si la solution c'est de créer un système avec une automatisation IA, de toute façon, ils auraient tiré votre prix tellement vers le bas que ce n'est pas un bon client avec lequel bosser. Donc fine. Et c'est là où on revient sur les enjeux de positionnement dont je parlais tout à l'heure de Si ça, ça se répète sur votre marché, peut-être qu'il faut se poser la question d'un repositionnement des compétences que vous mettez en avant, des problèmes que vous cherchez à résoudre qui ne seront peut-être pas les problèmes d'hier, mais des nouveaux problèmes. Et là, effectivement, on est dans un monde qui va nous demander de faire ça peut-être tous les ans à partir de maintenant. Et c'est fatigant. Et du coup, il y a peut-être des gens pour qui ce n'est pas la meilleure solution d'être entrepreneur dans ce monde-là. Et c'est OK aussi. C'est une question existentielle, mais c'est une question légitime, je crois.
- Lulu
Et là, je ne peux que conseiller de rejoindre ta communauté, qui d'ailleurs est une partie qui est ouverte à tout le monde. On peut participer pour trouver. Enfin, ce n'est pas forcément qu'il y a un refuge où au final, on se retrouve dans une bulle où on pense tous pareil. Clairement pas, parce que chacun a ses compétences différentes, a une histoire aussi qui est différente, des business différents. Et c'est très effervescent. Et j'aime beaucoup aussi ce que tu es en train de mener sur la partie groupe locaux. vraiment de revenir à du présentiel, de pousser, de pousser ça pour trouver des alternatives.
- Manu
Mais ça y est.
- Lulu
Ouais, non, mais c'est trop cool. Enfin, c'est pour ça. Il ne faut pas hésiter, surtout que là, j'ai vu que tu avais mis en place une carte et TSA pour qu'on puisse trouver des personnes et se sentir moins seul.
- Manu
Que j'ai vibecodé avec l'IA, du coup.
- Lulu
Mais est-ce que, voilà, maintenant, en termes d'impact, si ça permet à des personnes de se rencontrer de continuer à faire vivre leur entreprise qui promouve des valeurs qui sont en accord aussi avec les tiennes et que tu as envie d'amplifier, j'imagine que ça vaut le coup.
- Manu
Je me raconte en tout cas qu'il y a... Un des trucs que j'ai mis dans ma propre chartilla, c'est que si j'utilise cette tech, je veux qu'elle m'aide moi ou les utilisatrices finales de ce que je crée. à se rapprocher de ce que c'est d'être un être humain qui vit dans un écosystème humain. Et que du coup, ma question 1, comme tu l'as très bien dit tout à l'heure, c'est est-ce qu'une solution existe déjà et que je n'ai pas besoin de la créer, si elle n'existe pas ? Et là, en l'occurrence, dans l'outil que j'utilise, il n'y a pas de carte par défaut. Il n'y avait pas d'outil qui me permettait de croiser les données de mon outil avec la carte pour que ce soit fait facilement. Mais j'ai utilisé des trucs, genre la carte, c'est un truc OpenAI Maps, je ne sais pas quoi, qui existait déjà.
- Lulu
OpenAI Street Map, oui, oui.
- Manu
Voilà. que j'ai repris. Et en fait, c'est juste la base de données avec une petite couche de CSS pour que ce soit joli et ça se croise comme ça. Donc c'est assez léger et ça m'a pas pris longtemps et ça m'a pas pris beaucoup de tokens à faire. Mais du coup, là je me dis ok, l'usage de ce truc, je l'espère, fait en sorte que des gens passent moins de temps sur l'écran et seuls et plus de temps avec des gens et peut-être que ça donne lieu à des projets parce que c'est que des gens qui ont des valeurs écologiques qui se retrouvent. Quand ils se retrouvent en local, ils vont faire des trucs chouettes. Est-ce que c'est une façon dont je me retourne le cerveau pour m'autoriser à faire une carte avec l'IA ? Peut-être, j'en sais rien, mais je ne peux pas partir sur autre chose que mes hypothèses de ce que j'essaie de faire de bien pour le monde. Oui,
- Lulu
et après, c'est tout le discours que tu as. Tu aurais pu très bien mettre l'accent en mode « Ah ben, j'ai utilisé l'IA pour me créer mon outil de carte » , mais ce n'est pas la finalité. Absolument pas,
- Manu
je ne fais rien à bronlex avec l'IA. Si j'aurais pu le faire sans l'IA, je l'aurais fait sans l'IA, avec plaisir. Complètement,
- Lulu
et c'est là où je me dis que c'est… Bien que, on va dire, le type de personne qui est dans ta communauté se saisisse aussi de ce qui est possible de faire avec l'IA. Parce qu'on va dire que ça vient amplifier le système sur lequel tu la mets. Donc, à l'échelle du monde, ça amplifie le système capitaliste et productiviste. Mais qu'est-ce qui se passe si on essaye d'amplifier les valeurs qui sont communes ? Et même là, on discutait... pas mal avec des personnes qui sont neuroatypiques ou même à l'échelle d'une entreprise, comment est-ce que plutôt que d'utiliser l'IA pour produire plus, comment est-ce que tu peux l'utiliser pour personnaliser l'information en fonction de la personne, de comment... manière de fonctionner pour qu'elle puisse elle-même mieux fonctionner. Donc, l'IA peut être aussi un vecteur d'inclusivité et d'accessibilité. Et c'est, encore une fois, sur quel système et sur quelle valeur on la met pour que ça amplifie TSA. Et de se dire que peut-être que les valeurs qui sont un peu plus à la marge et les combats qui sont menés, ils ont peut-être besoin d'être un peu amplifiés quand même. Et ça, ça me refait penser... C'est Michel Godard qui organise un événement. Chaque année, c'est le pod BXL. C'est un gars génial. C'était un événement autour du podcast où il y avait des enregistrements, du networking et TSA. Et lui, on va dire qu'il a des valeurs pas mal, vraiment très à gauche aussi, environnementales, sociales et tout. Et il fait de la formation sur... Comment utiliser l'IA quand on est podcaster ? Ou podcasteriste. Et il dit, j'ai des trackers qui me disent, ouais, mais tu promouves des trucs, l'environnement, les inégalités sociales, et tu utilises l'IA. Et il dit, ouais, mais en attendant, droite et extrême droite, ils l'utilisent aussi. Donc ça amplifie d'autant plus ce qu'eux font. Et nous, on est là, on se bat à essayer avec nos petits moyens. qui dit autant qu'on s'en serve aussi pour contrebalancer ça.
- Manu
En tout cas, c'est une posture qui me semble nécessaire dans le monde dans lequel on vit. Et c'est aussi une posture qui est nécessaire des gens qui boycottent et qui disent frontalement, il ne faut absolument pas toucher à cette merde. Et encore une fois, ça revient à que ces deux gens acceptent que les deux rôles sont utiles.
- Thomas
Super, on a fait un bel épisode.
- Lulu
Ouais,
- Manu
c'est pas notre plus long. C'est souvent un record que je détiens quand je passe dans les poules de caisse des gens. J'ai le record de l'épisode le plus long.
- Thomas
Je ne sais pas si c'est le cas de moi,
- Manu
mais c'est souvent un truc qui m'arrive.
- Thomas
On était déjà pas mal, parce que je crois que c'était H+, c'était avec Xavier ou Gaël, qu'on était déjà dans les 1h35 ou 1h40, tu vois. Mais effectivement, on va exploser le record avec toi. Et justement, avant de terminer cet épisode, est-ce que tu pourrais nous faire une recommandation culturelle de ton choix, que ce soit un livre, un album, un film, peu importe.
- Manu
Eh bien, je ne sais pas si vous avez vu le documentaire Netflix qui vient de sortir récemment sur l'IA.
- Lulu
Non.
- Manu
Ça s'appelle The AI Doc, How I Became. Et là, il faut que je dise le mot, il est très dur. Un... Ah, fuck. Il faut que je le lise en même temps. Je vais juste mourir Netflix devant moi. Parce que sinon, je n'allais pas réussir à le dire. Alors, attends, il est où ?
- Thomas
Ça s'amène dans le suspense.
- Manu
Oui. Movies... Il n'y a pas un truc où je peux voir ce que j'ai regardé réellement ?
- Lulu
Oh, ça s'est toujours caché. Parce que bon...
- Manu
Documentaire...
- Lulu
En plus,
- Manu
j'ai le son... Ne parlez pas un instant, parce que sinon, j'ai le son de Netflix qui se déclenche, c'est affreux. Non mais en fait, je vais juste taper The AI Doc. Ok, on y est. The AI Doc, or How I Became an Apoc... Apocaloptimist. Apocaloptimist. Et je trouve que ce mot, il est très chouette. Et le documentaire est vraiment super bien construit. Je suis passé par toutes les phases émotionnelles que j'ai décrites dans mon rapport avec Lya tout à l'heure. Vraiment, banger, je l'ai regardé Zapier. J'ai adoré. Mais comme je ne peux pas me restreindre de ne pas vous donner une référence livre aussi, je vais aussi vous donner une référence d'un livre que je vais vous montrer à l'écran. parce qu'il m'a beaucoup porté sur ces questionnements, c'est ce livre-là. Sarah O'Connor, We are not machines, the fight for the future of work. Et c'est très cool parce que c'est une journaliste qui dit « Moi, j'ai toujours cru que l'automatisation, c'était génial parce que SaaS nous aider à ne pas faire tous les jobs de merde et que du coup, on ne ferait que des jobs intéressants, etc. » Et le début du livre, c'est « Mais je crois que je me suis trompé. » Et du coup, elle part sur le terrain, par exemple dans les usines de Amazon, les entrepôts de Amazon. Et du coup, elle documente comment l'IA a transformé les métiers des gens dans les entrepôts d'Amazon. Enfin voilà, c'est fascinant. Je ne spoil pas ce que ça a changé concrètement dans les entrepôts d'Amazon pour vous donner envie d'aller lire les livres. Mais au final, l'automatisation n'est pas tout à fait au service de l'humain. Surprise, surprise. Donc ce livre, il est exceptionnel.
- Thomas
Trop bien. En plus, j'aime bien le fait qu'elle s'appelle Sarah Connor. Enfin, O'Connor pour le coup,
- Manu
mais ça va bien. Et voilà, vous avez des choses à consommer, les amis. Un docu et un livre.
- Thomas
Et bien merci.
- Lulu
Ensuite de tout le reste.
- Thomas
En plus de tout.
- Lulu
Et de ton livre aussi. On invite tout le monde à lire ton livre.
- Manu
L'autopromo, Sauver sa peau, sa boîte et la planète, le guide d'action écologique pour entrepreneurs. Aux éditions Erol, ça fait un an. Il est sorti le 4 septembre l'année dernière.
- Thomas
Bon anniversaire le livre. Merci. Et où est-ce qu'on peut suivre ton travail ? Eh bien,
- Manu
ma préférence, si vous êtes d'accord, c'est dans ma newsletter. J'écris toutes les semaines de façon assez approfondie sur des sujets qui touchent les entrepreneurs. Et souvent, la newsletter est en lien avec un épisode de podcast que je sors. Je ne sais pas quand cet épisode va sortir, mais je suis bientôt à un repositionnement de mon podcast que j'anime depuis 2019. Et globalement, j'ai beaucoup changé depuis 2019, donc il est temps que mon podcast change aussi dans son identité. Donc ça, ça va arriver bientôt. Et il y aura une série sur ce podcast sur l'IA. dont je vous donne le titre parce que j'essaye de jouer un peu avec la dimension politique aussi. Le titre, ça va être de la série, pas le titre du podcast, le titre de la série dans le podcast. Ça va être « Le grand remplacement, l'IA va-t-elle remplacer les freelances ? » Je pense que vous maîtrisez d'où je prends cette référence pour essayer de la détricoter et de montrer que l'autre référence est débile, celle-là l'est peut-être un peu moins.
- Lulu
J'aime bien et j'ai hâte d'écouter ça peut-être. que si c'est déjà sorti, l'épisode, il sortira le 9 octobre, je crois.
- Thomas
Le 9 octobre, quand on sera au PNP.
- Manu
Donc voilà, c'était l'utilisation pour le futur.
- Lulu
Je pense que mon moi du futur sera toujours aussi impatiente d'écouter ça.
- Thomas
Oui, et puis de toute façon, les personnes qui nous écoutent pourront déjà s'inscrire à la newsletter et s'abonner au podcast puisque tu fileras les infos pour basculer sur la nouvelle forme quand tu seras là.
- Manu
Il y a un lien en description, les amis, il y a un lien en description.
- Lulu
ça sera et puis pour rejoindre la communauté aussi parce qu'il y a énormément de personnes trop cool avec des valeurs qui font du bien et qui donnent envie de faire des choses à son échelle et de les partager et là en termes d'événements tu seras aussi nouveau au salon SME ouais deux jours au salon qui sera juste la semaine d'après où l'épisode va sortir
- Manu
13-14 octobre à Paris pareil, vous pouvez prendre des billets gratuits plaisir de vous y rencontrer et de papoter si vous venez.
- Lulu
Moi j'y serai normalement le mardi en tout cas.
- Manu
Trop bien
- Thomas
Moi parce que j'aurais été à Paname la semaine d'avant
- Manu
Oui, moi aussi j'y vais le moins possible
- Thomas
On est d'accord Merci beaucoup Thomas de nous avoir accompagné et pourtant d'avoir accepté notre invitation Et d'avoir battu le record
- Lulu
Tu vas peut-être garder pour un petit moment, je pense.
- Manu
Écoutez, j'espère que je ne vous ai pas trop fatigué, mais c'était un plaisir et un honneur de parler de TSA avec vous. Merci pour l'invitation et l'envie à ce podcast qui, je crois, est utile pour plein de gens et, voilà, il est réel d'être plus écouté, je crois. Vu ce qu'on...
- Lulu
On essaye. Enfin, c'est ce qu'on se dit. Merci beaucoup.
- Thomas
En tout cas, on commence très bien la saison 2, donc on va...
- Manu
Parfait.
- Thomas
On va continuer là-dessus. Merci à toutes celles et ceux qui nous ont écoutés. On vous souhaite une bonne journée ou bonne fin de journée, selon... Quand vous écouterez cet épisode, on vous retrouve la semaine prochaine avec Lulu pour un épisode... Là, aujourd'hui, on ne sait pas encore ce que ce sera.
- Lulu
Ce sera peut-être un débrief du forum. Voilà, c'est ça. Je pense qu'il va y avoir beaucoup de questions aussi sur comment le métier est en train de changer pour l'idée, enfin voilà. Et pas que.
- Thomas
Merci encore. Très bonne semaine.