- Manu
Bonjour et bienvenue dans Le Dernier Clic, votre podcast tech, IA et no-code. Je suis en compagnie de Lulu aujourd'hui pour vous parler des lunettes connectées. Salut Lulu, est-ce que tu vas bien ?
- Lulu
Salut Manu, ça va et toi ?
- Manu
Oui, ravi d'être avec toi pour notre premier vrai épisode thématique. Si vous n'avez pas encore écouté notre épisode 0 qui présente un petit peu le podcast et voilà ce qu'on va vous amener dans les prochains épisodes et dans cette première saison, je vous invite du coup à aller l'écouter. Aujourd'hui on va s'intéresser aux lunettes connectées. Alors pourquoi on a choisi ce sujet comme premier épisode ? C'était suite à une actualité, en fait je sais pas si vous en avez entendu parler, mais un journal suédois a enquêté sur les lunettes de Meta, les fameux... les fameuses méta Ray-Ban, et a fait pas mal de découvertes. Donc pour ceux qui sont déjà un petit peu au fait du fonctionnement de l'IA et de la tech, il n'y avait pas tellement de surprises en fait sur les coulisses de ce qui se passe en arrière-plan. Mais côté grand public, ça n'a pas beaucoup plu, et c'est ce qui nous a invités à nous questionner un petit peu sur ce sujet, et à l'aborder en fait pour un petit peu comprendre de base que sont les lunettes connectées. quelle est la promesse qui va avec, et un petit peu derrière, qu'est-ce que ça va impliquer pour nous, en tant que personnes, d'un point de vue, que ce soit professionnel, mais surtout personnel, sur ce premier état de fait. Et je vais donc en discuter avec Lulu, ma co-animatrice. Lulu, est-ce que tu veux bien nous présenter un petit peu les lunettes connectées, déjà nous dire un petit peu ce que c'est, déjà comme objet, à quoi ça ressemble, et un petit peu quelle est la promesse qui va avec ?
- Lulu
Eh bien, oui. Déjà, on se rend compte que c'est un sujet qui va toucher pas mal de choses. Et là, on est sur un objet qui ressemble vraiment à des lunettes. Donc, on ne se rend pas forcément compte qu'elles sont connectées. Ce n'était pas comme les Google Glasses qui étaient sortis en 2012, parce que les lunettes connectées, ce n'est pas nouveau. C'est quelque chose qui existe déjà depuis même les années 1980, on peut le retrouver. Et Google avait fait un essai en 2012 qui n'a pas forcément été très bien reçu par le public et qui avait déjà à l'époque fait l'objet de beaucoup de critiques, notamment pour l'atteinte à la vie privée et ce genre de choses, parce que les lunettes connectées au sens large sont dotées généralement d'une caméra. C'est le cas par exemple aussi pour les métas Ray-Ban, qui permettent de filmer tout ce qu'on voit. Donc c'est sûr, on peut se dire « ah bah c'est cool, j'ai plus besoin de tenir mon téléphone devant moi » et tout ça. Et ce qui permet aussi d'interagir avec l'environnement, il y a un micro dessus, qui permet soit de discuter avec, soit d'enregistrer des conversations, de passer des appels. Il y a aussi des haut-parleurs intégrés, donc on peut écouter de la musique. C'est vraiment le kit main libre du smartphone. Et effectivement, Meta, en tout cas Zuckerberg et tout ça, le présentent vraiment pas comme un objet simplement connecté au même titre qu'une montre, une smartwatch. Ils ont l'ambition de remplacer le smartphone. Vraiment, ça devienne notre nouvel objet. Ouais, de tech principale, où on réalise tout ce qu'on fait sur notre téléphone, mais avec des lunettes, en mode main libre. Voilà, leur slogan, c'est créer la prochaine plateforme informatique qui place l'humain au cœur de ses préoccupations. C'est bien joli dit comme ça, c'est tout mignon, c'est cool.
- Manu
C'est très méta, bien faire des grands discours. Mais d'ailleurs, je crois que c'était une citation du Zuckerberg qui l'avait présenté comme un appareil... qui doit devenir notre assistant personnel et qui sera là pour voir tout ce qu'on voit, pour entendre tout ce qu'on entend et pour nous conseiller au quotidien. Grosso modo, c'était quasiment la citation au mot près. Donc on est d'accord que sur, alors que ce soit Meta ou les autres, le concept de départ de ces lunettes, c'est vraiment de se dire, bon, le smartphone, il y a plein de choses qu'on fait aujourd'hui avec, mais ça implique de le sortir, d'avoir des apps, etc. L'idée ce serait d'amener ça sur un truc qu'on a en permanence sur la tête, qui est discret, qui est léger, et sachant que les premières lunettes, notamment les premières Meta Ray-Ban, n'avaient même pas la partie... on n'avait rien pour faire un affichage dans les lunettes dans elles-mêmes. On était vraiment sûr de l'enregistrement, donc vidéo, audio. Après, tu l'as dit, les haut-parleurs qui sont directement dans les branches des lunettes pour avoir le son près de l'oreille et aussi la partie micro. Et donc voilà, les premiers trucs qui nous vendent, c'est de pouvoir en gros filmer, prendre des photos, écouter de la musique, passer des coups de fil. Bien sûr.
- Lulu
Et avoir aussi, comme tu as dit, des éléments qui se rajoutent sur ce qu'on voit, sur notre environnement. Par exemple, je veux mettre un itinéraire et puis je peux suivre et j'ai directement les flèches qui se mettent sur mon écran, sur mon champ de vision. Et là aussi, on peut vraiment interagir avec les lunettes. Donc, ce n'est pas comme avec le smartphone, on est obligé de cliquer, ce genre de choses. Et ça, c'est vraiment permis. par la généralisation de l'intelligence artificielle qui permet d'interagir en langage naturel et d'effectuer des commandes, de lancer des instructions, etc. Et là, pendant cet épisode, on va surtout parler des rebats de méta, mais le marché est quand même en plein essor, ce n'est pas quelque chose qui est juste de niche. Et on voit qu'il y a des signaux et il y a... plus en plus de personnes qui en achètent. Et voilà, surtout constructeurs, même côté Chine, il y a énormément d'innovations. Là, il y a des... Je crois que c'était Rockid qui avait même fait un happening à New York avec ses lunettes à 300 dollars qui pèsent que 40 grammes. Là, maintenant, on est vraiment sur des lunettes qui ressemblent à des lunettes. Donc là, je pense que si on voit des gens dans la rue, on ne saura même pas et on ne saura pas forcément qu'ils en ont. ça pose forcément des questions de par les sociétés qui commercialisent ces lunettes, parce qu'on sait que le système économique, c'est la récupération de données utilisateurs. Pourquoi est-ce qu'ils font ces lunettes ? C'est un peu à se demander. Oui, c'est vrai, ils veulent nous libérer des écrans.
- Manu
Oui, il n'oublie pas quand même, c'est important. Là, pour revenir un petit peu sur les usages dont tu parlais, Donc justement il y avait le fait d'être assisté par exemple avec des indications visuelles à l'écran. Donc là tu as cité le cas du GPS et après tu disais que c'était renforcé maintenant justement par les usages associés à l'IA. Et c'est vrai qu'en fait les différents fabricants, les différents constructeurs vont amener différentes visions un petit peu des usages et en fonction aller se nicher quelque part sur certains de ces usages. Dans le sens où là sur les usages c'est vrai qu'on a parlé entre guillemets des plus... plus classiques, ceux qui sont le plus mis en avant pour la partie accessible, mais c'est vrai que certains amènent ça pour l'aspect notamment professionnel, de dire que ça va servir par exemple des médecins pour filmer des interventions, des consultations, des choses comme ça, pour l'apprentissage de leurs élèves, de dire qu'un technicien qui est en galère devant une machine, il va pouvoir être coaché en temps réel par quelqu'un de plus expérimenté dans la boîte. Ils mettent aussi en avant ce type d'usage-là potentiellement. d'un point de vue pro. Après, il y a des usages, tu m'avais un peu parlé aussi, notamment pour l'assistance, pour les malveillants et ce genre de choses. Oui, oui. Si tu avais quelques cas en tête.
- Lulu
Ça, je pense qu'on reviendra peut-être un peu après dessus. Je ne sais pas ce que...
- Manu
Comme tu as vu, c'était la site qui venait.
- Lulu
Après, c'est de l'accessibilité vraiment au sens large ou même avant de... parler d'aide aux personnes en situation de handicap, c'est on a nos lunettes, il y a quelqu'un qui nous parle dans une autre langue, et on a les sous-titres qui apparaissent directement sur les lunettes. Donc c'est sûr que c'est quand même quelque chose qui peut amener du bien et faciliter les communications. Enfin, voilà. Après, ce qui avait aussi fait pas mal parler de ces lunettes, c'est que Meta... envisager d'y mettre la reconnaissance faciale. Ils ne l'ont pas mis, mais ils envisagent de la mettre. On va dire que ils ont clairement dit que le contexte politique qui n'était pas tout à fait stable était favorable à ce genre de mise en place pour ces features.
- Manu
C'est qu'on est plus... Enfin, c'est pas juste qu'ils l'envisagent, c'est qu'ils ont plus ou moins dit. je crois que même que ça a été dit officiellement dans une des déclarations pour les prochaines versions qui compte l'intégrer dans des prochains modèles
- Lulu
Ouais, soit disant parce que c'est que les personnes qui ont un compte Facebook. Mais aujourd'hui, je ne sais pas combien il y a de comptes Facebook. C'est plus d'un milliard. Moi, j'étais restée sur ce chiffre-là. Et pendant des années, je ne sais pas si vous vous souvenez, avant, il fallait taguer les gens qui étaient sur les photos, dire qui c'était et tout ça. Donc là, on a bien entraîné les modèles de méta. Et là, ça serait de le faire automatiquement avec les lunettes. soit disant parce que ce moment gênant ou quand on rencontre quelqu'un, on ne se souvient plus de son nom. Et là, on a directement peut-être son profil Facebook, son profil Insta qui s'affiche. Et comme ça, on ne passe pas pour quelqu'un qui oublie ou ce genre de choses, mais ça fait un peu léger quand même comme usage.
- Manu
Après, tout à l'heure, justement, tu disais que la plupart de ces usages étaient amenés aussi et permis. à travers l'IA. C'est vrai que les lunettes redeviennent une possibilité en termes de produits, puisqu'il y a eu énormément d'évolutions technologiques depuis 2012, donc aujourd'hui, en termes de miniaturisation des composants, on a des nouveaux caps. Tu parlais tout à l'heure des Meta-Reban, qui ont deux caméras, mais... Je crois que c'est deux. Comme tu disais, qui ont vraiment des têtes de lunettes normales, de base. en croisant quelqu'un dans la rue, si on ne fait pas attention sur le côté aux deux petits cercles qui peuvent montrer la caméra ou le petit témoin lumineux quand on filme, on ne va pas les distinguer et les reconnaître. Et dans tous ces différents usages, que ce soit sur la partie assistance ou même sur les trucs de filmer et d'enregistrer, il y avait d'autres trucs qui me reviennent aussi, ils avaient mis en avant l'aspect un peu touristique, tu vas dans un bâtiment, tu regardes et tu peux demander... comment ça peut être l'assistant de méta mais voilà raconte-moi l'histoire de ce bâtiment ou raconte-moi tel truc et donc là sur les derniers modèles donc c'est vrai que les premiers n'avaient pas nécessairement d'affichage directement dans le vert enfin pour acheter l'information les dernières méta Ray-Ban display qui sont arrivés fin d'année ont rajouté cette partie là donc chez d'autres fabricants ils ont fait le parti d'avoir ça mais on en parle juste après mais déjà donc côté Meta, ils ont rajouté cette partie-là avec des nouvelles promesses, toujours dans la logique de ce que tu disais sur le smartphone, de dire maintenant tu peux lire tes textos directement dans le téléphone, tu peux faire une visio directement avec tes lunettes et ton verre. Et tout ça va de pair avec la partie IA qui est de dire, tout ce que je fais... Je peux demander en permanence conseil à l'IA, ou une analyse, ou une information, ou je ne sais quoi. Et voilà, qui fait que c'est devenu un écosystème entièrement lié aux lunettes. Et en fait, des lunettes connectées sans IA, aujourd'hui, ne ferait pas vraiment sens.
- Lulu
Ça serait compliqué à mettre en place, parce que ça voudrait dire de développer des interfaces qui soient ergonomiques. Et j'avais vu justement un article qui était super intéressant. Pendant les périodes où il y avait des grosses avancées en termes d'intelligence artificielle, on avait vraiment des régressions en termes d'interface utilisateur et on arrêtait d'innover de ce côté-là. C'est vrai que là, les lunettes, on n'a pas vraiment de boutons ou ce genre de choses à mettre en place puisqu'on peut tout contrôler en parlant et en interagissant avec. Et c'est comme une conversation avec un chatbot IA, sauf qu'on... parle et ça nous répond. C'est comme le mode vocal avec ChatGPT ou ce genre de choses. Et ce qu'on n'a juste pas mentionné, c'est le bracelet qui est vendu avec les métarebanes, le neural band, qui capte les muscles du poignet. Pour ne pas juste avoir tout le temps à parler, on peut faire certains mouvements de main. pour décrocher un appel, pour aussi écrire des textos, écrire des textes, en écrivant à la main, un peu comme avec son doigt, sur son jean, ou ce genre de choses. Je crois que Zuckerberg, il parlait de 30 mots à la minute. Alors après, je ne sais pas si dans les faits, c'est vraiment ça, mais c'est un peu l'équivalent de la souris pour Ordi.
- Manu
Ouais, justement 30 comptes par minute, moi, ça m'a pas mal fait rire, je trouve ça absolument ridicule. Je veux dire, c'est une régression par rapport à n'importe quel autre appareil que tu utiliserais, ou même par rapport à la voiture.
- Lulu
Oui, mais tu peux écrire, voilà, tu es assis, je ne sais pas, tu as besoin de répondre à un message, je ne sais pas, tu es à un dîner avec quelqu'un, et puis tu peux quand même taper sur ton jean, et la personne n'en saura rien.
- Manu
Oui, 30 mots par minute, il ne faut pas être patient quand même.
- Lulu
Oui, après, il y a la possibilité de dicter avec la voix. J'imagine que c'est juste pour quelques gestes. Alors, effectivement, il y a le fait d'écrire, mais le fait de capter les muscles du poignet. c'est déjà ce qui est fait sur quelques montres, et ça marche plutôt bien. Tu peux lancer un appel, tu peux lancer un minuteur, revenir en arrière, ce genre de choses. De toute façon,
- Manu
là d'emblée, on est dans une promesse de film de SF, vraiment, c'est-à-dire que tu vas bientôt pouvoir avoir toutes tes indications directement sur les lunettes. pouvoir tout contrôler justement à travers des gestes de la main, du poignet, ce genre de choses, sans avoir besoin de sortir un appareil, et tout capte ça. Et c'est vrai que tu parlais du fait qu'on a arrêté le travail sur les interfaces utilisateurs à certains moments et lors de certaines avancées technologiques. Là, c'est vrai que depuis l'arrivée de ChatGPT et des chatbots de manière générale, il y a quand même une grosse tendance sur le marché qui a été de se dire, bon, mais en fait, on va coller des chatbots partout et on va passer en mode conversion. conversationnelle partout, là où plein d'endroits personnellement ça me semble pas du tout pertinent dans bien des cas. Et une vraie régression par rapport à une action que tu fais en trois clics, maintenant il faut discuter avec la moindre interface pour arriver au même résultat. Dans des lunettes, j'entends que ce soit beaucoup plus commode en discutant et sur ces usages-là, même si du coup ça apporte d'autres contraintes. J'avais entendu, enfin vu lors de test justement, un gars qui disait que dès que c'était un peu trop bruyant au niveau de l'environnement dehors, mais en fait ton son tu l'entendais plus, ton appel tu l'entendais plus, et même, enfin que le rendu d'ailleurs, ça m'a surpris qu'a priori le rendu sonore était plutôt bon de manière générale, même si ça vaut pas des écouteurs ou un casque, ce qui est logique, mais que c'était en tout cas très satisfaisant, et probablement d'ailleurs un des meilleurs points par rapport à d'autres fonctionnalités qu'il peut y avoir.
- Lulu
D'ailleurs, ça m'a fait... Je sais que d'autres paires de lunettes, d'autres fabricants n'ont pas fait le choix de mettre des haut-parleurs, mais de passer par de la conduction osseuse. Et c'est vrai que je trouvais ça... J'ai un casque, conduction osseuse, et j'avoue que c'est assez génial quand... Avant, quand je faisais pas mal de vélos, de pouvoir quand même entendre l'environnement et quand même avoir un truc en fond et de la discussion. Donc c'est... Surtout que les gens autour de nous n'entendent pas. Je sais que certains fabricants passent par de la conduction osseuse. Peut-être côté chinois ? Oui. Parce que c'est vrai que là, comme j'avais pu dire, il y a une tendance. Pour donner rapidement des chiffres, on est à peu près à 10 millions de paires vendues, toutes marques. Donc aussi avec le marché chinois, le marché interne et ce genre de choses. Donc Meta qui dit qu'il veut remplacer le smartphone, smartphone, on est à 1,2 milliard de smartphones vendus par an. Donc voilà, ça ne va pas encore concurrencer, mais chaque fabricant veut prendre sa part du gâteau parce que si effectivement ça vient remplacer le smartphone, il faut être un peu les premiers. Mais il y a ce truc où on se dit... Jusque là, si une technologie ne nous plaisait pas, on pouvait juste se dire « t'as juste pas à l'acheter » . Sauf que là, même si on ne l'achète pas, on est concerné par ses lunettes. Et c'est de ça dont on voulait justement parler, faire se questionner, pour montrer que ça implique tout le monde dedans.
- Manu
On va arriver lentement, mais sûrement, effectivement, vers les dérives sur des usages, ce genre de choses. Mais j'aimerais revenir un petit peu justement sur Hard Job. Petite question, j'en profite. Tu parlais de ton casque avec la conduction osseuse. Ça donne quoi en termes de rendu ? Je n'ai jamais testé, je suis très curieux de savoir.
- Lulu
C'est très bizarre au début, parce que tu continues vraiment d'entendre ce qui se passe, mais c'est vraiment avec vibration. Par exemple, pour écouter des podcasts, pour écouter un petit peu de musique. Moi je trouve ça beaucoup moins confortable que des intras aussi. Et si on ne veut pas complètement être fermé de l'extérieur et ne pas porter un casque, ce qui est pratique quand on va dehors. C'est très très bonne surprise, ça tient bien sur la tête pour le sport et ce genre de choses. Ok,
- Manu
il faudrait que je teste l'occasion, ça me rend curieux. Donc pour revenir sur les autres marques là, c'est vrai qu'il y a plusieurs points de vue, on va dire, et plusieurs approches derrière de ces lunettes connectées. Donc celle que Meta impose c'est vraiment ce... c'est vraiment cet assistant personnel permanent et ce truc qu'on a tout le temps sur soi pour que ça capte toute notre vie et une des grosses promesses c'est de dire tu ne rateras aucun moment parce que tu pourras toujours prendre ta photo ou ta vidéo ou ton enregistrement de conversation à n'importe quel moment pour
- Lulu
ne pas oublier ta vie et bien les poster sur les réseaux sociaux pour montrer à tout le monde ta vie encore plus dans cette culture de l'instantané mais d'autres ont des approches un petit peu différentes euh...
- Manu
il ya notamment je crois que c'est rilke un fonctionnement en fait où du coup le je sais pas si leur dernier modèle sont encore filaire mais la plupart fonctionnait justement avec un câble du coup tu rejettes un tu valides soit ton smartphone soit ton ordinateur mais au lieu d'avoir quelque chose sur impression en fait ça va vraiment te projeter dans les deux lunettes l'équivalent d'un écran 120 pouces par exemple permet d'avoir un immense surface d'affichage et qui était destiné plutôt à des usages ben voilà type cinéma ou jeux vidéo et d'être dans un contexte beaucoup plus bête à la maison tu vas être posé t'as pas forcément de surface ou d'espace pour avoir des grands écrans et un certain confort tu vas pouvoir le faire juste avec une paire de lunettes ce qui m'a fait sourire quand j'ai vu ça parce que j'avais l'impression de retrouver un petit peu les promesses que google a fait avec son vision pro sauf que du coup le vision pro est un casque extrêmement onéreux C'est encombrant et avec une partie pris qui est plus de la réalité virtuelle pour le coup. Mais là, il y avait certaines choses qui revenaient là-dessus, sur le fait d'avoir ce côté grand écran, immersif, et t'es posé dans ta bulle. Il y en a qui sont très orientés là-dessus. Il y en a d'autres qui vont être orientés davantage sur la partie assistance, on va dire. qui se conforte un peu plus là-dessus. Là déjà, sur les usages, c'est vrai que c'est un sujet sur lequel je ne m'étais pas du tout intéressé jusqu'à ce que là, il y ait les polémiques sur ces derniers mois, qu'il y ait plusieurs sujets qui me fassent y penser. Mais de prime abord, ce n'est pas du tout un appareil qui me concerne, qui m'intéresse. Mais justement, j'aimerais savoir, de ton côté, sans qu'on aille, on parlera après un petit peu des dérives et de tout ce que ça peut apporter de mal, mais même sur ces premiers usages qui sont vendus, toi je sais que t'aimes bien la photo, est-ce que typiquement tu trouverais un intérêt d'avoir des lunettes et de te dire, comme ça n'importe où je suis je peux prendre des photos à la volée, plutôt que d'avoir mon réflexe que je me trimballe et ce genre de choses ?
- Lulu
C'est vrai que c'est des bonnes questions, après là j'ai un peu cette impression. méta-sœur sur la vague du digital detox et ce genre de choses en disant bon ben voilà on n'a plus notre smartphone dans les mains et on va pouvoir quand même continuer à prendre tout ce qu'on veut en photo et ce genre de choses je après moi justement ce que j'aime bien dans la photo c'est de prendre mon appareil de jouer avec mon objectif et de tout trouver le bon cadrage, ce genre de choses, et c'est rarement à hauteur de mes yeux. Déjà que j'ai l'impression d'énormément dépendre de mon téléphone pour me souvenir de certaines choses, j'aimerais pas juste me dire, c'est pas grave, là j'ai pas besoin de retenir, je suis en train de filmer, et puis c'est bon, je pourrais revoir après. c'est un peu comme quand t'es à la fac que t'enregistres ton cours avec un dictaphone et tu te dis bon c'est pas grave j'ai pas besoin de noter je vais le réécouter après et puis finalement non sauf que bon le dictaphone ça reste en local là c'est potentiellement envoyé à méta donc je sais pas il y a un peu ce côté oui ça serait cool de se dire bah je peux plus rien louper mais dans ce cas là on externalise vraiment tout et on se dit bah j'ai plus besoin de Merci. garder ce souvenir en tête, je me concentre juste de, est-ce que j'enregistre bien ce que je vois, est-ce que je vais pouvoir le montrer après, est-ce que je vais pouvoir le regarder, plutôt que juste être dans l'instant, et alors ça pourrait, je me suis dit, ok, voilà, effectivement, il y a les dérives et tout ça de pas mal, notamment... envers l'agente féminine qui est... C'était déjà possible avec des smartphones, c'était déjà ce qui était fait avec des caméras espions, ce genre de choses. Mais je me dis, est-ce que, par exemple, si moi je porte des lunettes, enfin, qu'une femme porte des lunettes, est-ce que ça pourrait l'empêcher de se faire agresser ou ce genre de choses ? Qu'est-ce qui se passerait en termes de légal derrière ? Est-ce que ça empêcherait et que ça ferait un petit peu réfléchir à... deux fois par exemple des agresseurs ou genre de choses,
- Manu
je sais pas j'ai essayé de retourner le problème dans l'autre sens ok c'est vrai que de prime abord là quand ils te vendent la plupart des usages c'est des choses que je comprends très bien pour un créateur de contenu en mode vlog et tout ça quoi quelqu'un qui filme en permanence et qui est influenceur et qui a besoin de Enfin, pas influenceur, mais en tout cas qui vit que de la création de contenu. Là, admettons, ça peut faire sens d'avoir un truc que t'as tout le temps arrivé et qui peut te permettre d'avoir ce que tu veux d'enregistrer en permanence. Pour le commun des mortels, déjà... Bon, après, je suis pas forcément représentatif, parce que je comprends déjà pas, en fait, cet engouement sur le fait de vouloir absolument montrer sa vie en permanence sur les réseaux sociaux et tout. Moi, ça, c'est un truc. mais Mais ouais, même comme ça, tu vois, justement, je m'interroge sur la pertinence de l'aspect soi-disant pratique. Et d'emblée, il y a quelque chose, si on parle de l'enregistrement, de se dire tout ce que je vais voir, je peux filmer, je peux tout stocker, tout enregistrer. Comme ça, quand j'ai besoin d'y revenir, c'est stocké quelque part sur un ordi, dans mon cloud ou je ne sais où. Et ce n'est pas des souvenirs perdus, ce n'est pas des images perdues, tu vois, j'ai accès. À côté de ça, déjà, c'est un... Induire deux biais. Le premier étant de ne pas vraiment profiter de ton moment puisque justement tu es déjà en train de le vivre numériquement. Et le deuxième étant de ne pas y prêter attention au même titre qu'on l'a vu par exemple avec l'enregistrement des réunions de manière systématique. Ce qui fait que tu sais que n'importe quelle réunion, tu auras un transcript disponible quelque part, tu pourras l'enlever. Mais à l'usage, à part quand tu l'as mis en place dans un process pour te dire « le transcript, je vais m'appuyer dessus pour aller chercher telle ou telle info dont j'ai besoin » , les 90% des gens ne retournent pas voir les transcripts de Réunion. C'est disponible, ça existe, mais en fait...
- Lulu
Oui, on a juste de la data. C'est ça.
- Manu
Oui, c'est ça. C'est que dès lors que tu ne fais plus l'effort de prendre des notes en même temps... Du coup, tu ne mets plus ton cerveau en mode réflexion pour capter cette information, la traiter, en faire des choses que ça te serve dans un contexte pro. Mais du coup, j'ai du mal à voir comment on pourrait ne pas avoir la même logique qui s'appliquerait sur le fait d'être dans la rue, de filmer, ce genre de choses, qui est déjà pas mal le cas avec les smartphones. Quand tu vois des gens qui passent leur temps en concert avec le portable à la main, J'y pensais justement. Tu prennes deux, trois minutes pour immortaliser le moment complètement, mais tu as vraiment des gens qui passent leur live avec la main en l'air. Je pense que tu ne dois forcément pas savourer le moment de la même manière puisque au bout d'un moment, ça... Oui,
- Lulu
c'est ça. Je me dis que les concerts seraient peut-être plus agréables si ces gens qui passaient leur temps libre en l'air avaient des lunettes.
- Manu
Oui, pour le coup, oui. C'est pas con.
- Lulu
Parce que c'est vrai qu'il y a une autre utilisation aussi, plus côté sport, et là tu as les Meta Vanguard, je crois qu'ils sont sortis aussi en même temps, et là c'est vraiment pouvoir filmer quand on fait du sport un peu extrême, ça vient remplacer la GoPro qu'on avait fixée sur son casque ou sur soi. Je crois qu'ils avaient fait des lunettes de ski, et je crois que ça filme genre en 3K ou ce genre de choses. Alors effectivement là ça peut être. cool parce que c'est directement, mais là on est sur un usage qui est pas forcément niche, mais voilà, d'avoir les mains libres, de pouvoir filmer, mais c'est déjà plus ou moins ce qui était fait avec une GoPro. Alors c'est vrai qu'on n'a pas parlé du prix non plus en termes d'accessibilité. C'est vrai que les Google Glasses à l'époque étaient extrêmement chers, donc c'était réservé vraiment à quelques personnes qui voulaient un peu... à se la péter auprès des potes, en disant « hé j'ai des lunettes, ouais c'est bien » . Mais là je sais pas si t'as les prix un peu en tête des lunettes.
- Manu
globalement on a les rebanne donc les rebanne maintenant il y a plusieurs déclinaisons parce qu'il y a eu deux générations et que là il y a le celle qui fonctionne avec le ruban enfin le truc au poignet dont tu parlais tout à l'heure c'est le modèle display qui est à 800 balles globalement 700 800 balles à peu près et enfin en gros l'entrée de gamme elle va se faire dans les 300 et après en fonction de ce qu'on va pouvoir prendre en termes de complexité d'usage comme on disait, il y en a qui sont orientés sur des trucs soit très sport extrême ce genre de choses, ce serait une catégorie de pricing sur ceux qui sont vraiment homme cinéma à la maison ce serait un peu différent mais en tout cas de ce que j'ai vu on est sur une fourchette moyenne qui va entre 300 et 800 euros de manière générale et après qui peut grimper beaucoup plus haut sur des cas un peu plus spécifiques oui puisque d'ailleurs je crois que c'est Meta aussi qui a annoncé un modèle avec Prada
- Lulu
il me semble.
- Manu
Après une mille balles, je ne sais plus ce qu'ils avaient de spécifique dessus. Voilà,
- Lulu
ils s'associent à des grands noms de la mode, des lunetiers aussi. Et c'est vrai qu'il y a aussi le marché chinois où je pense qu'ils testent un peu déjà à l'intérieur du pays avant de commencer à exporter. Mais là, on va être aussi dans des prix qui vont être très compétitifs avec une technologie aussi avancée. Maintenant, est-ce qu'on... Voilà, on a un peu parlé de tout ça, de tout ce qui est possible de faire. Maintenant, dans les faits, est-ce que ça marche ? Qu'est-ce qu'on en fait réellement ? Parce que j'avais entendu une personne qui disait « Je ne vois pas forcément à quoi ça peut servir, mais un peu comme toi, et qu'on est un peu dans une solution en quête de problèmes. » Voilà, c'est... Tenez, il y a ça. Cherchez des applications, un peu comme ce qu'on... j'ai l'impression avec l'intelligence artificielle, il y a ça, maintenant jouer avec et trouver des utilisations pour nous et puis on pourra les vendre après.
- Manu
Force est de constater, et on l'a dit tout à l'heure, il y a effectivement des usages et des cibles pour lesquels c'est pertinent. Maintenant, est-ce que ça doit concerner le grand public ? Ce n'est pas forcément le cas. Dans la partie professionnelle, même sur les usages que j'ai cités tout à l'heure, ça peut faire sens aussi. Le problème, c'est que dans la partie professionnelle, ça peut... D'emblée, ça pose un souci sur le fait que la personne devra les porter en permanence. Et pour en avoir un petit peu parlé comme ça, généralement, être fliqué toute la journée au travail, même si on va se servir de lunettes 4, 2, 3 moments clés, parce que ça peut nous dépanner, c'est quelque chose qui ne va pas forcément être appréciable et apprécié. On peut jouer aussi sur la responsabilité des personnes, parce qu'aujourd'hui, tu es technicien, tu fais ton travail de manière générale, alors tu as le droit à l'erreur. Globalement, ce n'est pas recommandé, il ne faut pas le faire, les erreurs ne sont pas souhaitables, mais en tout cas... tu as toujours ce bénéfice du doute ou le fait d'avoir appliqué une méthode, ce genre de choses, là où dès que tu commences à tout filmer en permanence, à tout tracer en permanence, la moindre petite erreur pourrait potentiellement te coûter cher, si on commence à empiler tous les petits trucs que tu n'as pas bien fait ou ce genre de choses. Et déjà sur le visage professionnel, c'est vrai que ça me questionne pas mal. ce qu'on pourrait en faire, et pour avoir vu déjà dans des boîtes, dans des industries, à quel point le badgeage, par exemple, peut déjà faire office de... pas de prison, mais en tout cas de gros système de contrôle sur plein de trucs, tu vois, les gens qui sont obligés de badger pour aller aux toilettes, pour moi, ça n'a pas de sens.
- Lulu
Oui, oui, oui. Au début, j'avais l'impression que c'était un peu une prison quand je badgeais, mais... Parce que j'ai travaillé dans un laboratoire d'agroalimentaire, mais là, je me dis, par exemple, il y a forcément des caméras aussi dans des bâtiments. Donc en quoi est-ce que c'est forcément différent ? Oui, là, il y a vraiment une atteinte à la vie privée, et je ne sais pas dans quelle mesure, en Europe, ça serait possible. Mais le fait de badger, après... Ouais, c'est vrai qu'après, il y a des dérives, enfin oui, avec tout. Et ça pourrait ramener sous couvert de c'est pour être sûr que vous faites bien votre travail, c'est pour vous assister dans certaines tâches clés. Oui, mais dans ce cas-là, on les met que pour les tâches clés. Il n'y a pas besoin de...
- Manu
Parce que tu vois le badge aujourd'hui, typiquement, tu as des écueils comme tu as filé ton badge à ton collègue, il a badgé pour toi, pour que tu pointes à l'heure, par exemple. Et demain, si tu dois faire ça avec des lunettes, tu vas voir un mec qui va se pointer avec trois paires de lunettes sur les yeux pour badger pour ses copains. Mais oui, j'entends que oui, de manière générale, en tout cas dans le milieu professionnel.
- Lulu
Pourquoi pas dans le milieu professionnel, mais ce n'est pas à Meta d'apporter cette solution. Dans tous les cas, ce n'est pas le rôle de Meta.
- Manu
Oui, dans ce sens.
- Lulu
De ce que j'avais vu après aussi, il y a eu énormément de tests sur les lunettes. Au final, assez peu de personnes qui remettent aussi en question ce que ça implique derrière, peut-être un peu plus récemment avec les actualités. L'aspect traduction en temps réel, ça marche, même s'il y a un léger décalage pour le moment, mais ça c'est une limite qui devrait être levée assez rapidement avec les avancées de l'intelligence artificielle dans tous les cas. Il y a aussi, forcément si on achète des lunettes méta, on est dans un système fermé. Il y a assez peu d'applications et on est dépendant de ce que Meta propose comme application et les partenariats qu'elle peut passer avec d'autres partenaires. C'est vrai que si on dit qu'on veut remplacer le smartphone, il y a encore un peu de chemin avant de remplacer absolument tous les usages qu'on a avec un smartphone, mais le nombre d'applications qui est énorme.
- Manu
Oui, d'ailleurs chose qu'on n'a pas dit au début, mais c'est qu'aujourd'hui, les lunettes n'ont pas les capacités... Alors, elles intègrent le matériel, donc on a dit haut-parleur, caméra, de quoi projeter dans l'écran, etc. Mais elles n'ont pas les capacités de faire tout le traitement IA et un certain nombre de traitements d'enregistrement, de stockage, etc. en direct. Donc elles sont quasi systématiquement couplées avec une application sur téléphone ou sur PC, finalement sur téléphone. pour envoyer les données et pour faire le traitement, et notamment les consignes par IA. En fait, on va parler directement à la lunette, mais le traitement, il ne va pas être fait dans la lunette ou dans le téléphone. Il va être procédé par inférence. Ça va transiter, ça va partir sur les serveurs de méta, et même ailleurs, et après, ça va revenir justement pour ensuite répondre et ce genre de choses. Et sur les usages, sur les trucs qui marchent bien, l'utiliser pour la traduction, ce genre de choses. C'est vrai que j'ai parlé tout à l'heure du fait que le rendu sonore était quand même pas mal, même si dans un environnement brillant, ça ne marche pas top. J'ai aussi vu pas mal de bons retours sur l'aspect photo, qui n'égale pas forcément un smartphone un peu milieu haut de gamme, parce que ça reste des lunettes. Mais en tout cas, c'était carrément satisfaisant et tout à fait au niveau. Sur la partie téléphonique aussi, visiblement, ça avait l'air plutôt efficace, en tout cas pour les appels, donc la captation avec micro. sur la... partie notif et vraiment fiché tête haute là sur des des messages ce genre de choses j'ai pas vu grand chose de très concluant on va dire mais bon ça reste mais ça reste récent c'est
- Lulu
ça moi c'est vrai que alors je sais pas toi si tu as un peu des objets connectés mais moi j'ai une smartwatch et effectivement je regarde toutes mes notifications dessus parce que ça me permet de pas forcément avoir mon téléphone tout le temps sur moi ou sortir de ma poche si ce n'est pas pertinent. Et là, c'est moins intrusif et j'ai aussi moins le risque de me perdre sur mon téléphone. Pour moi, ça reste un usage, mais je ne verrais pas l'intérêt d'avoir des lunettes plutôt que ma montre. Ma montre me convient très, très bien comme ça. Mais bon, la montre, elle récupère déjà énormément de données. Ça va être aussi, on commence à intégrer de l'IA dedans. En plus, il y a les données de santé. Et je pense qu'il y aura de toute façon des couplages entre lunettes, montres pour pouvoir se bio-monitorer complètement et être conscient de toute sa santé. Je ne sais pas trop comment tu te positionnes là-dessus.
- Manu
J'ai beau être un geek, je ne suis pas du tout porté sur les objets connectés. pour le coup c'est vraiment quelque chose qui me parle pas et même les montres connectées j'avais hésité à un moment pour l'aspect sportif et pour l'escalade mais en fait pour l'escalade c'est... absolument pas recommandé d'avoir des montres de ce type là parce que j'ai surtout vu des petites photos de gens à qui la vitre casse et qui se retrouvent avec du bout de verre un peu partout dans le bras quand tu es en pleine falaise et que ça t'arrive ça peut pas être un super moment et même pas en falaise d'ailleurs en sol ça peut pas être un super moment non plus mais non pour le coup après même tu vois la domotique et ce genre de choses toujours regarder avec un certain regard curieux et intrigué, parce que techniquement, c'est intéressant.
- Lulu
Oui, voilà.
- Manu
Ça permettrait effectivement des usages. Quand tu te projettes dans la partie SF, je me dis « Ouais, on pourrait faire plein de choses avec. » Mais au quotidien, je n'y trouve pas tellement d'intérêt, en fait.
- Lulu
Par exemple, est-ce que tu devrais faire une session d'escalade avec des lunettes connectées ?
- Manu
Je me suis demandé. En fait, je me suis dit que les lunettes connectées, c'est un truc… limite que j'aimerais bien essayer sur quelques heures mais vraiment avec tu vois avec augmente en augmentation en tout cas avec l'affichage tt à l'intérieur etc pour avoir le trip jeu vidéo pendant quelques heures tu vas me dire surtout regarde ton monde avec un petit regard de geek et de plein de plein d'interface plein de trucs qui se passe dedans même si ça sert pas à grand choses en réalité et Voilà un petit peu pour le délire et peut-être effectivement le temps d'une ascension, d'avoir tes petites lunettes parce que je sais qu'il y a des collègues qui le font d'avoir le petit smartphone dans la poche pour prendre une photo de Pierre-Henri Ducaillou. Moi je le fais pas parce que j'ai pas envie de finir avec le portable éclaté dans la poche parce que j'ai fait une chute. Mais voilà pour le délire, c'est un truc qui me ferait rire je pense une journée ou deux, mais que je me vois. absolument pas utilisés au quotidien. Oui,
- Lulu
oui, oui.
- Manu
Et même utilisés, enfin, à part pour le, encore une fois, pour le jeu, tu vois. Pour cette logique de se dire, c'est marrant, on a un petit bout de SF là, sur le nez, mais c'est un petit bout de SF qui correspond à la SF dystopique que j'adore en tant qu'œuvre culturelle et que je détesterais avoir dans mon quotidien.
- Lulu
Je me dis, par exemple, si tu as une montre encore en plus, tu peux avoir vraiment un aspect jeu vidéo, tu as tes constantes vitales en même temps sur ce que tu vois et tout ça. Là, j'ai pensé à un cas, vraiment, là, on serait plus dans la réalité augmentée, mais c'est plus genre jeu vidéo, tu es peut-être sur des jeux ou même des jeux de plateau où tu as tes lunettes et tu vois que ce qui te concerne toi. Et du coup, ça pourrait ouvrir de nouvelles portes côté jeu, pourquoi pas ? Ou si tu as deux personnes qui jouent et chacun voit que ces informations plutôt que devoir mettre en place des trucs ou je ne sais pas.
- Manu
Même du jeu de rôle, c'est quelque chose qui peut être rigolo. Parce que je fais une partie de jeu de rôle de JDR vraiment quand tu es en ligne. Mais en fait, ton maître de jeu, ton MJ peut te communiquer des infos par messagerie et machin. Quand tu es autour d'une table avec des potes, c'est plus difficile d'être discret. Des fois, tu le fais par texto, ce genre de choses. Là, tu pourrais l'avoir directement dans les lunettes. Après, oui, il peut y avoir des cas amusants et marrants ponctuellement.
- Lulu
Est-ce que ça vaut la contrepartie de ce que ça implique et qu'on va aborder ? Qu'on va aborder tout de suite ? Oui, peut-être la partie... Là, c'est assez trivial et on se dit, est-ce qu'on a vraiment besoin de ça ? Il y a quand même la personne qui disait, c'est une solution en recherche de problèmes. Après son podcast, il y a une personne de la communauté malvoyante qui l'avait contactée et qui est venue justement discuter avec elle parce que ces personnes-là, les méta-ray-ban, de par leur accessibilité en termes de prix, là par contre, ça a changé leur vie. En termes d'accessibilité, par exemple, de regagner de l'autonomie. Tu es au restaurant, tu es malvoyant, tu ne veux pas forcément avoir à demander à quelqu'un de cuire le menu pour juste pouvoir choisir ton plat. Et ça te lie ce que tu vois. Et ça, c'est vrai que quand on n'est pas concerné... On a du mal à se dire que c'est un peu gadget, sauf que dans ces cas-là, oui, c'est super important. Parce que j'avais vu que ça existe déjà en objet vraiment spécifique pour les personnes en situation de handicap, mais on est sur des devices à 3 500 euros. Ce n'est pas du tout le même prix. Et là, effectivement, l'aspect main libre, si par exemple, c'est une personne, elle va à l'aéroport, elle a son chien d'assistance et potentiellement une canne dans l'autre main et qu'elle doit lire des panneaux, là oui. Alors après, est-ce que c'est vraiment nécessaire d'avoir des lunettes et que ça ne peut pas juste être un autre objet ? Alors peut-être que Meta va jouer sur ce, on va dire, sur cet objectif d'accessibilité. C'est cool pour les gens et tout, mais leur cible principale, ce n'est quand même pas cette communauté-là, dans tous les cas. Je crois qu'ils avaient fait un partenariat... Non, c'est OpenAI qui avait fait un partenariat avec Be My Eyes. C'était une application qui est... Je crois qu'il y a 900 000 utilisateurs, donc de personnes malvoyantes, avec quasiment 9 millions de bénévoles, où en gros, les personnes... si elles sont dans une situation, elles vont filmer avec leur téléphone et quelqu'un dans le monde, idéalement qui parle la même langue qu'elle, va décrire ce qui est vu au travers du smartphone et la personne va entendre à voix haute. Donc ça, c'est quelque chose qui pourrait être fait avec des lunettes et ça peut être pratique dans ces cas-là. Mais est-ce que dans ce cas-là, on ne peut pas juste... développer des outils d'accessibilité pour les personnes en situation de handicap sans que ça implique vraiment tout le reste et qu'il faille un peu mettre la réglementation pour pouvoir y accéder. Oui, on peut filmer, et ça, on va en parler juste après, mais on peut cacher le témoin lumineux. Donc, on ne sait pas qu'on est filmé. Et voilà.
- Manu
Après, on pourrait rétorquer que pour pouvoir produire en quantité suffisante, on peut faire un film. Pour que ce soit rentable d'un point de vue industrie, il faut du volume. Et du coup, pour faire du volume, il ne faut pas l'adresser que aux personnes malvoyantes ou à certaines communautés et aller au-delà. En tout cas, côté méta, je pense que ça se réfléchit beaucoup quand même en termes d'industrialisation de masse. Mais effectivement, ça doit probablement exister. C'est vrai que là-dessus, on va tomber dessus, mais d'avoir des boîtes spécialisées sur ce type d'appareil. ou de playconnecter de manière générale pour des gens en difficulté ou pour des questions d'accessibilité ou ce genre de choses. Il doit forcément y en avoir. Mais après, tu en citais tout à l'heure, c'est vrai que parmi ceux qui existent, tu es souvent très écouteuse.
- Lulu
Par contre, j'ai écouté une autre personne qui était aussi malvoyante et qui avait utilisé des rebats de méta pendant un an. Et effectivement, ça l'avait énormément... aider. Mais quand elle a vu les dérives qu'il y avait, qu'il y a eu de la natation de données, elle avait décidé d'arrêter de les utiliser parce qu'elle voulait déjà, de par sa vie privée, elle voulait conserver quand même sa vie privée et de ne pas mettre celle de ses proches non plus en danger. Elle a décidé d'arrêter de les utiliser parce que même avec tout... la partie éthique et tout ça qu'il y a derrière. Donc, il y a un besoin du côté-là, mais tout le monde ne va pas prendre la contrepartie de continuer à les utiliser. Avec ce qui s'est passé, j'avais vu que je crois près de 60% des gens qui, s'ils avaient su que les données allaient être envoyées pour de la notation, n'auraient pas acheté ces lunettes. Donc, c'est quand même énorme. Il y a quand même une petite... Enfin voilà. les acheteurs ne sont pas totalement informés. Et ça, je pense que tu avais un peu regardé dans le document que tu avais lu en termes de réglementaire, comment c'était un petit peu...
- Manu
Mais même 60%, au final, ça ne me semble tellement pas assez. Oui ! Et oui, on tease un petit peu depuis le début cette histoire de dérive et ce qu'il y a sur les usages. Alors, on va peut-être parler d'abord des... des rives qui peuvent y avoir directement en terme d'usage, pas celles qui sont liées au fonctionnement même et celles qui ont amené la politique du moment et l'étude et l'enquête du journal suédois. Parce que le journal suédois, ce qui a mis en lumière, c'est vraiment lié à la conception des lunettes et comment ça se passe vis-à-vis de l'IA et vos traitements qui y est fait. Votre vie privée, globalement, vous l'oubliez. Mais tout simplement, là déjà, revenir sur ceux qui ont acheté des lunettes de manière... classique, on va dire, et qui déjà détournent et s'en servent de manière assez peu... Je n'ai pas de termes élégants, mais...
- Lulu
Détournés ?
- Manu
Ouais, détourné. Non, parmi les choses et les témoignages que j'ai vus revenir le plus, ça va être beaucoup d'interactions, je vais le souligner tout à l'heure, liées aux femmes. Avec peut-être les plus soft qui commencent, qui sont déjà assez malaisantes. Mecs qui vont aborder des femmes dans la rue pour leur demander soit leur numéro de téléphone, soit leur compte Insta ou Snapchat ou machin, enfin voilà. des différents réseaux sociaux, et qui filment ça en temps réel. Et derrière, qui vont, en fonction des réactions des personnes, poster ça du coup sur leur propre réseau, faire compte de réseau social pour rendre le truc des fois viral selon la réaction de la personne.
- Lulu
C'est vrai que c'était une trend, carrément.
- Manu
Oh Dieu, je ne voulais pas que c'était à ce point-là. Mais sachant que dans l'eau, il y en a certains qui vont... dire juste après avoir pris le numéro comme ça qu'il était en train de filmer et il ne dote pas. Dans les deux cas, ça donne des témoignages qui sont très glauques puisque du coup la personne se retrouve dans une situation où, quand elle n'est pas informée, soit elle ne le saura jamais, soit elle le découvre au hasard d'internet parce qu'elle apparaît dans une vidéo sans être prévenue. Et en fait, même quand elle est prévenue, elle passe de l'autre. souci qui est de se dire qu'en fait elle sait pas depuis combien de temps elle était filmée qu'est-ce qui a été enregistré, elle va tout requestionner, elle va se dire que du coup cette personne là, même si elle s'engage oralement à ne pas diffuser quoi que ce soit, alors déjà ça implique sur le moment de réagir, de dire je veux pas que ce soit diffusé et quand bien même elle le dit, la personne est libre tout simplement de pas le faire et de le diffuser quand même, et il va y avoir cette espèce de doute permanent de se dire, en fait ce truc là on me l'a volé et j'ai pas le choix Et peu importe ce que je dis, en plus de toute façon ça peut finir quelque part sur internet sans mon consentement. Ce qui est déjà d'emblée assez glauque. Et ça c'est la partie un peu plus soft parce qu'on est entre guillemets que sur de la prise de contact. Mais d'autres vont plus loin en allant justement se filmer dans des séances de drag. ou dans des lieux publics pour aller espionner et ce genre de choses. Donc là-dessus, je ne sais pas si tu avais d'autres...
- Lulu
Ça, forcément, même si on reste juste dans le lieu public, c'est filmer des gens potentiellement en manif aussi.
- Manu
Oui.
- Lulu
Ça peut être un objet de... On se retrouve tous avec une caméra de surveillance sur la tête, et même si on ne le veut pas, d'autres personnes l'auront potentiellement. Et si en plus, il y a la reconnaissance faciale, de savoir que telle personne était à tel endroit à tel moment, alors oui, on peut se dire, oui, mais ça, on pouvait déjà le faire avec le téléphone, c'est que... Ouais, mais là... on est encore un cran au-dessus et on réduit encore la friction de filmer quelqu'un, voilà, avec son téléphone, on s'en rend encore compte. Là, c'est vraiment dans l'idée de tromper quand même. Ça va encore un cran au-dessus, donc oui, on ne peut pas... Voilà, l'argument oui, mais ça, on pouvait déjà le faire avant, donc en soi, c'est pareil. Non, non, ça va encore plus loin, quoi.
- Manu
Ce qu'il faut bien rappeler, c'est que contrairement au smartphone qui est forcément visible, les lunettes en question... Donc à partir du moment où elles filment, on va parler que des modèles méta, mais quand elles filment, alors de par leur design aujourd'hui, si on n'est pas informé, qu'on n'a pas fait attention et qu'on ne connaît pas le modèle, on ne peut pas les reconnaître par rapport à des lunettes normales. Quand elles filment, elles ont une petite loupiote qui va s'allumer à côté de la lunette, mais qui reste relativement... Alors ça peut être visible en soirée ou ce genre de choses, mais dans un lieu public en pleine journée, vous ne les verrez pas, globalement. Et quand bien même, ça c'est très facile à détourner, à hacker pour masquer en fait tout simplement cette lumière-là. Donc l'enregistrement, il peut être fait n'importe où, n'importe quand, sans que ce soit identifiable. Et encore une fois, moins d'être près de la personne et d'avoir reconnu que c'était une lunette, si on est à quelques dizaines ou centaines de mètres, enfin centaines de mètres d'autant plus, mais même à quelques dizaines de mètres, on n'a pas moyen de le savoir, même beaucoup plus près, si on n'est pas... attentif et vigilant sur ce truc-là, on ne sait pas reconnaître.
- Lulu
Même sur Amazon, AliExpress, on peut acheter des stickers pour cacher cette petite loupe-cotte. Donc on voit tout de suite que les lunettes sont à peine sorties. On sait que ça va être utilisé pour des usages... détournée et pénalement répréhensible aussi. Parce que ça peut aller même tout simplement plus au sein du foyer ou ce genre de choses. Donc ça peut être aussi des relations intimes qui sont filmées. Alors la personne ne va pas forcément garder les lues naturelles, mais elle peut les poser par exemple sur la table de nuit ou ce genre de choses. Et ça, si encore une fois on n'est pas attentif, Même en étant attentif, c'est compliqué de s'en rendre compte, surtout si les lunettes, l'apparence a été un peu détournée pour qu'on ne s'en rende pas compte. On ne saura pas qu'on a été enregistré à notre insu. Potentiellement, après, ça peut être du chantage, ça peut être de se retrouver avec du contenu qu'on ne voulait pas avoir se retrouver sur Internet ou ce genre de choses. Et de se dire aussi, potentiellement, tout ce que je dis. c'est enregistré. Parce que c'est sûr qu'on parle beaucoup de l'image et ce genre de choses, mais lui qui a la reconnaissance audio, même si la personne n'enregistre pas, alors ça peut être comme les enceintes Alexa qui écoutent plus ou moins tout le temps, on peut exactement savoir ce qui se passe autour, les discussions, et voilà. Quand on voit un peu le glissement... Aux États-Unis, en termes de gouvernement et ce genre de choses, ça pourrait mettre en danger des personnes, notamment ce qui se passe avec l'ICE. De savoir, tiens, elle est à tel endroit. On couple tout simplement aux données qu'il y a. Surtout quand on sait que les GAFAM sont liées aujourd'hui au gouvernement, font partie même du gouvernement.
- Manu
On va revenir juste après l'exemple de l'œil, c'est très juste. Et je voulais quand même finir sur un autre usage. Justement, on commence à rentrer dans la reconnaissance faciale ou audio et des choses encore plus graves, on va dire. Même si dans les exemples que tu as cités, notamment sur la partie intimité, vie privée, c'est déjà assez sale. Mais là, aujourd'hui, les lunettes, il y en a essentiellement aux États-Unis. C'est là où elles ont été le plus vendues. Et typiquement, il y a des endroits, notamment des facs et des établissements scolaires, où ça s'est vite répandu, et où ça a impacté les étudiants, en amenant, selon les établissements, des cas un peu particuliers. Donc soit ils étaient littéralement interdits de tout objet connecté, les smartphones, les montres, les lunettes, les machins, les ordi, même les ordi, justement, ils n'avaient pas le droit de prendre leurs propres ordi. ils devaient s'en tenir à des crumbos qui étaient prêtés par l'établissement. Puisqu'en fait, petit à petit, on arrive à ce moment de glissement où tout le monde devient parano en se disant que, dans un cadre scolaire, n'importe qui peut pomper sur n'importe qui, demander à l'aide de l'IA de manière beaucoup plus discrète qu'avec un smartphone et ce genre de choses. Et donc, il y avait des... D'un point de vue prof, un côté qui devenait très punitif, et du coup, des élèves qui se retrouvaient à devoir refaire des travaux qu'ils avaient faits parce qu'il y avait toujours ce doute permanent. permanent de se dire est-ce qu'ils sont pas en train de tricher à l'instant ou là depuis une heure et du coup aussi en termes d'expression puisqu'en fait ce que constataient pas mal de ces profs là même dans les endroits où du coup c'était pas interdit, ces objets connectés en tout cas pas encore les lunettes mais que ça avait renforcé le fait que les gens se retiennent de s'exprimer notamment en amphi et en cours de par cette peur permanente de dire si je dis une connerie, je vais être filmé, ça va atterrir sur le réseau de suite. C'est déjà quelque chose qu'il y avait avec les téléphones qui étaient déjà présents. C'est vrai que les générations plus jeunes que nous sont d'autant plus concernées par ces problématiques. Mais en fait, les lunettes rajoutent une étape supplémentaire. On passe un niveau au-dessus concrètement sur cette parano et ce truc permanent de se dire, je peux être vraiment filmé n'importe où, n'importe quand. Et voilà. Côté scolaire et côté jeunesse, ça a déjà, sur les endroits où les lunettes sont utilisées, ça a déjà un impact fort sur le quotidien. Et justement, toujours en restant sur la partie scolaire, on va arriver un petit peu sur les dérives qui commencent à être un peu plus sales encore. Ces deux étudiants de Harvard qui avaient créé le projet qu'ils ont appelé la iXray Alors, c'était même pas sur les derniers modèles de lunettes Meta, donc pas celles qui avaient l'affichage T-Auto, donc vraiment des interfaces et des choses qui s'écrivent dans la lunette. C'est sur le modèle d'avant, donc qui n'avait pas cette partie-là, mais qui avait déjà tout ce qui était enregistrement audio et caméra. Et donc la partie IA. Et ils ont été un peu bricoleurs, donc ils ont pu connecter tout ça à... Du coup, il n'y a un peu plus performante que celle de Meta. d'origine et également à des bases de données alors public c'est peut-être pas le bon mot mais en tout cas légal puisqu'il va y avoir en fait sur internet vous avez certains avoir des bases de données qui prennent des informations publiques et qui les stocks et qui peuvent être consultés pour de la recherche et ce genre de choses et vous avez aussi ça reste légal là pour le coup c'est payant on appelle les data brokers donc c'est littéralement des gens qui vont à travers quand vous utilisez typiquement vous arrivez sur un site web et que vous acceptez des cookies et que vous acceptez vous allez voir qu'il y a je sais pas combien de fournisseurs dans le lot, il y a une partie de ces fournisseurs qui sont là en fait pour capter de la donnée pour après les revendre à des organismes qui vendent de la pub ou ce genre de choses je résume très grossièrement Et du coup les data brokers vont être justement des boîtes qui vont centraliser des informations comme ça, qui sont captées depuis plein d'endroits pour les revendre derrière à d'autres entreprises, ou même à des gouvernements et ce genre de choses. Il faut savoir que même le FBI, la CIA et autres utilisent aussi et passent aussi par des data brokers pour retrouver des personnes et des individus, parce qu'en recoupant assez d'infos, on peut géolocaliser et suivre à la trace des gens qui ont juste utilisé des applis. Android ou iPhone du quotidien, mais qui émettent de la donnée. Séparément, elles n'en donnent pas assez pour pouvoir être reconnues, mais quand on commence à les regrouper et à les recouper, on peut suivre quelqu'un à la trace. Et donc, ils sont branchés à ce type d'outils et ça leur permettait de faire de la reconnaissance faciale en temps réel. Vous avez notamment fait une vidéo d'exemple dans le métro, mais il y a eu d'autres cas. où il regarde quelqu'un et en fait l'IA va traiter l'information, interroger les différentes bases de données et en quelques dizaines de secondes, quelques secondes à quelques dizaines de secondes, va pouvoir récupérer des infos sur la personne à travers les infos qui sont publiques ou disponibles justement de cette manière-là et donc de pouvoir savoir littéralement vraiment son nom, son prénom, potentiellement son adresse. qu'est-ce qu'elle a fait de significatif d'un point de vue professionnel ou personnel. Et ça, ils l'ont mis en place quand il n'y avait pas encore justement la fiche HTT, ça marchait déjà très bien, ça marchait même trop bien. Donc ils avaient dit au début que le projet c'était plus à vertu informative et pour alerter sur le sujet. Ils mettaient aussi en place notamment, enfin ils donnaient des liens pour aller utiliser des outils qui permettent justement de... d'aller supprimer des données auprès des data brokers, puisqu'il y a des choses comme ça qui existent. D'ailleurs, ça pourrait potentiellement faire l'objet d'un épisode d'un jour, d'aller savoir comment on préserve un petit peu ces données personnelles en ligne et comment on essaie d'effacer un petit peu ce qui traîne sur Internet. Mais voilà, quoi qu'il en soit, ils avaient fait ce projet-là. Et en fait, l'année d'après, donc là, en août 2025, si je ne dis pas de bêtises, Ils ont annoncé un modèle justement de lunettes qu'ils ont fabriquées eux pour le commercialiser, qui n'a pas de caméra, donc ils ont essayé de jouer un petit peu là-dessus, sur le fait que la confidentialité allait être davantage préservée, mais en gros ils proposent exactement la même chose de manière audio permanente. C'est-à-dire que les lunettes ont l'enregistrement audio permanent, et tout va transiter justement par des serveurs, etc., pour pouvoir... interroger l'IA en permanence et même que le reste puisse être capté et enregistré pour avoir des moments utiles pour du pro, pour du perso, etc. Donc certes, la première personne qui est espionnée en permanence, c'est le porteur des lunettes, puisque les lunettes ne sont pas pensées pour qu'on arrête l'enregistrement audio. La logique de l'objet veut que ce soit systématique. Mais derrière, ça veut dire aussi que tous les gens qui vont être amenés à côtoyer cette personne pendant une journée vont être enregistrés à leur dépens. Et même si elles en sont informées, c'est un petit mouchard systématique.
- Lulu
C'est pas une entreprise qui avait voulu mettre ça en place ? Alors pas forcément sous la forme de lunettes, mais également... avec un petit collier qui se porte ou un bracelet et qui enregistrait absolument tout l'audio des employés pour accumuler les transcriptions de réunions, ce genre de choses. Il me semble que ça n'avait pas très bien été reçu.
- Manu
Curieusement.
- Lulu
Oui, mais c'était comme ça, au moins on peut recontextualiser facilement. Il y a toute la connaissance de l'entreprise. qui est stocké et tout ça.
- Manu
Enfin voilà. Ouais, bon, en tout cas, voilà le là sur cet exemple là. Donc bon, le deuxième, c'est un objet qu'ils ont fabriqué eux mêmes, qui est déjà qui fait partie des premières dérives de d'alternatives d'usage. Donc eux, je crois qu'ils n'ont pas encore été autorisés en Europe. En tout cas, parce que là, on était vraiment sur un produit intrusif en permanence. En revanche, leur premier bricolage qu'ils ont fait avec le casque Meta et tech alors pas accessible à tout le monde puisqu'il faut quand même un bagage technique s'y intéresser à les creuser mais c'est quelque chose qu'ils ont pu faire avec un casque à 300 balles qui est vendu dans le commerce et pas besoin de haute sécurité on n'est pas ils sont pas partis hacker un gouvernement pour avoir accès à ce genre de techno et voilà ça c'est déjà pas ouf on va dire Et pour revenir à l'ICE, effectivement, il y avait déjà des témoignages qui faisaient état du fait que la police de l'ICE, la brigade anti-immigration aux États-Unis de Trump, qui est assez violente, on va dire ça comme ça, qui avait déjà été vue avec des lunettes, puisque effectivement, au manif et ce genre de choses, c'est beaucoup plus facile de faire du repérage et de la reconnaissance faciale pour après ficher les gens et revenir par la suite. Sauf que... Aux États-Unis particulièrement, les incidences sont beaucoup plus importantes que chez nous, pour les personnes qui y sont concernées. Et c'est un peu... Déjà, sur les usages et ce côté vie privée, à travers tout ce qu'on a dit, vous l'avez déjà compris, mais se pose déjà toute la question de se dire, est-ce qu'en fait, on veut être filmé et fliqué en permanence ? Et sachant que dès lors qu'un gouvernement pourrait commencer à basculer d'une sombre manière, C'est... ça a des portées qui deviennent d'emblée très très dangereuses à tous les niveaux. Est-ce que, Lulu, je ne sais pas si tu veux ajouter quelque chose avant qu'on parle un petit peu justement de l'enquête suédoise ?
- Lulu
Non, je pense qu'on a à peu près couvert tout ce qu'on avait à peu près vu. Là, je réfléchis, mais non, il me semble qu'on peut tout de suite... passer aux dérives qui sont là pour le coup inhérentes au fonctionnement.
- Manu
Oui.
- Lulu
Et voilà, parce que ce n'est pas suffisant encore jusque-là. J'espère que s'il y a des gens qui voulaient s'intéresser et qui pensaient potentiellement en acheter, j'espère que vous allez y réfléchir à deux fois quand même. Et là, on va enfoncer le clou encore un coup.
- Manu
En tout cas, réfléchir si jamais vous faites le choix d'investir dedans pour diverses raisons. On a vu qu'il y avait des usages où ça pouvait être pertinent. Mais en tout cas, de bien réfléchir à comment vous allez vous en servir. Et d'autant plus avec ce qu'on va dire. Donc, pour essayer d'expliquer très simplement le fonctionnement des lunettes, sur la partie IA, j'entends, quand vous allez parler aux lunettes, justement, vous avez la donnée qui va transiter d'abord par les lunettes, qui va être renvoyée suite au téléphone. Mais, comme on disait, le moteur que vous avez dans les lunettes est dans... dans le téléphone ne va pas être en mesure de faire tout le traitement de l'analyse et donc de vous répondre sur votre, que ce soit en audio ou en vidéo, d'autant plus le cas en vidéo, ne va pas être en mesure de vous répondre directement. Et même sans la partie IA, le fait de, comment dire, juste de filmer et d'enregistrer, vous allez avoir, en fait de base vous n'êtes pas obligé à... première vue quand vous équipez les lunettes la première fois, de le connecter à votre application sur le téléphone. Mais si vous ne faites pas ça, vous n'allez pas pouvoir y stocker les images et tout ce que vous enregistrez. Donc même s'il y a un mini stockage local, vous allez être obligé à un moment donné, et si vous l'utilisez l'IA, d'activer l'application. Et donc tout ce que vous allez filmer, enregistrer, va transiter par votre application de téléphone et donc par les stockages de méta, donc vraiment par leur cloud. Et qu'est-ce qui se passe derrière ? C'est que le contenu en question, il va... être envoyé au service d'IA pour pouvoir vous répondre ou analyser ce qui se passe. Et il peut être analysé de deux manières. Je vais essayer de vous retrouver ce qui est écrit explicitement dans les mentions légales de Meta. Dans certains cas, Meta examinera vos interactions avec les IA, y compris le contenu de vos conversations ou messages avec les IA, et cet examen peut être automatisé ou manuel, entre parenthèses, humain. Et c'est là qu'on rentre dans la grosse problématique de Célénet pour le moment. En fait, il y a de manière générale dans les LLM, il faut savoir que tous les Ausha GPT, même les autres copains là, que ce soit chez Claude, Gemini et les autres LLM, pour faire de l'apprentissage soi-disant automatique, il est partiellement automatique, on va dire. Donc après, selon les usages, etc., ça peut être plus ou moins. Mais il faut savoir qu'il y a déjà des boîtes. Il y en a pas mal en Afrique du Sud. Donc là, concernant les lunettes méta, ça va se passer au Kenya. Mais sur les Ausha GPT et autres... ça va transiter donc par des entreprises qui sont là pour étiqueter et catégoriser le contenu qui est reçu par les IA pour qu'elles soient en mesure de mieux le comprendre et de mieux l'interpréter par la suite. Comment ça se traduit ? Donc dans un cas, ça rentre déjà dans les nets mais juste sur du chat GPT par exemple, vous lui envoyez une image, il répond à côté ou il comprend pas, vous avez quelqu'un, un shareholder, qui va voir la photo arriver sur son ordinateur et qui va entourer des éléments de la photo pour dire ça c'est une lampe, ça c'est une chaise, ça c'est un bureau, ça c'est machin. Même chose sur de la donnée audio et même chose sur de la donnée textuelle pour dire en fait non ce mot là il a été mal compris parce qu'en fait ça c'est un nom de marque, ça c'est un objet, ça c'est... Je suis désolé, je fais un résumé très grossier, très simple, mais dans le principe c'est ça. Il y a tout un process de détictage et de catégorisation de la donnée. Ce qui permet en fait petit à petit de rendre les IA plus intelligentes, tout simplement parce que leur bande de données, elles ont plus de jeux de tests et d'exemples pour savoir que ça c'est une chaise, que ça c'est une lampe, que ça c'est une personne, et ainsi de suite. Donc ça, quand on s'intéresse à l'IA, on le savait déjà. Et sur tous les modèles d'IA générative, à un moment ou à un autre, ça passe par là. Sauf que ce que le grand public ne savait pas, c'est que du coup... Du coup, en utilisant l'IA sur des lunettes connectées, ce traitement manuel, il est fait aussi, à un moment ou à un autre. Donc, on se retrouve avec deux cas qui ne sont pas terribles, on va dire. Dans le cas où ça ne part que chez Meta, sur des serveurs pour le traitement automatique, etc., vous avez quand même des données qui vont partir chez Meta, il restait probablement un bon moment, et très probablement servir aussi d'apprentissage pour la suite. C'est pour ça aussi que dans les mentions légales, il y a un autre endroit où Meta spécifie et vous annonce de ne pas citer, de ne pas donner d'informations sensibles justement quand vous utilisez ce type d'appareil, puisque derrière, ils comptent l'utiliser à diverses fins d'apprentissage et d'amélioration de leurs IA. Et donc l'autre partie, c'est ce fameux traitement manuel qui atterrit en fait dans certaines boîtes, dont Uno Kenya. où justement le journal suédois a été enquêté et recueillir des témoignages sous couvert d'anonymat. Parce qu'en fait les gens qui sont là-bas n'ont théoriquement le droit à rien, mais vivent dans une certaine difficulté financière qui leur impose plus ou moins de fermer leur gueule et de bosser à la chaîne dans un contexte numérique. Et en fait ce qu'ils sont amenés à voir c'est la vie privée des gens. C'est-à-dire qu'ils ont... Ils ont accès aux vidéos de vie privée, donc les moments où vous allez dans votre salle de bain, les moments où vous avez des ébats sexuels, les moments où vous allez aux toilettes, vos conversations au boulot ou personnel, etc. En fait, il y a un système normalement qui est mis en place pour flouter les visages, mais ce système ne marche pas toujours. Et que votre visage soit flouté ou pas, en tout cas, vous avez toute votre vie privée à un moment ou à un autre qui peut arriver dans la... main des gens, littéralement, et eux vont être chargés, justement, à l'écran de voir vos vidéos privées pour étiqueter la donnée ou la noter ou la commenter, etc., pour permettre aux IA de mieux les interpréter par la suite. Voilà. En gros, sur le principe, je ne sais pas, déjà Lulu, si ça t'évoque des choses, si tu veux compléter par rapport à ça.
- Lulu
Effectivement, il y a nos données qui se retrouvent euh... Pâques. qui sont plus privées. Et de ce que j'avais vu de certains témoignages, on peut se dire, oui, mais pourquoi est-ce que des gens enverraient des vidéos de quand ils sont dans la salle de bain ou ce genre de choses ? Mais il y a eu des moments où des gens ont activé la capture vidéo sans faire exprès. Et de se dire, si moi j'ai pu le faire sans faire exprès à certains moments et pas m'en rendre compte, d'autres personnes ont pu aussi. et soit oublié qu'on... est en train de filmer ou ce genre de choses, mais par exemple si on va, même en termes d'informations sensibles, on peut regarder nos papiers d'identité, on peut payer avec sa carte bleue, et voir le code de carte bleue qu'on fait aussi, il peut y avoir de l'usurpation. En fait, c'était déjà possible avant, mais ça va faciliter tous mes usages ou ces dérives. Et aussi, ce que je voulais peut-être rajouter, c'est que ce travail de labellisation, ce n'est pas forcément nouveau avec l'intelligence artificielle. C'était déjà fait aussi pour toute la partie algorithme, notamment pour les réseaux sociaux, pour pouvoir catégoriser si quelque chose devait être posté ou pas, ou modéré, ou ce genre de choses. Et il faut se dire que c'est des boulots... Merci. certaines populations sont obligées de faire pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Mais ce n'est pas juste dire « ah bah non, c'est un chat ou un chien » . Non, non, c'est des fois des vidéos qui sont très, très difficiles à voir. Et ça entraîne énormément de détresse psychologique chez ces travailleurs qui font de la labellisation et se dire « bon, bah, moi, en achetant ce produit, en utilisant tel outil, technologique, je dois savoir ce que ça implique quand même derrière. Est-ce qu'on a vraiment envie d'être à l'origine de ça ? Parce qu'en achetant, on veut que le service s'améliore. Ce n'est pas quelque chose de nouveau, mais c'est quelque chose qui se démocratise de plus en plus, et on a besoin de plus en plus de données humaines qui vont labelliser, qui vont corriger. De ce que j'ai vu, les employés qui... travaillait justement au Kenya pour la labellisation des données qui étaient envoyées depuis les lunettes. On a vu, on a écouté des choses qui n'étaient pas censées être écoutées, et c'est pas juste après, quand on part du taf, qu'on va oublier ce qu'on a pu entendre, des conversations qui pouvaient parler de crimes ou ce genre de choses. Enfin, voilà, on ne parle pas du mec qui a trompé sa femme, ça peut aller beaucoup plus loin. Et alors ?
- Manu
De toute façon, même sans aller beaucoup plus loin, c'est déjà dérangeant. Ces gens à la base n'avaient aucune intention, je pense, pour la plupart des cas, de se retrouver dans la vie privée, dans la vie intime des gens, à l'itère non-tourard de leur existence. Après, tu parlais aussi du fait de déclencher, de se mettre à filmer par inadvertance. En fait, c'est plus insidieux que ça, parce qu'à partir du moment où tu vas t'adresser à l'IA quelque part, si ça implique de l'image de toute façon elle va essayer de se baser sur l'image pour pouvoir te répondre même chose pour la partie son et ce qui fait que même si tes lunettes à partir du moment où elles sont allumées tu les ai sur le nez ou même posées sur une table de chevet d'ailleurs c'est arrivé c'était dans les exemples cités dans un des témoignages d'un mec qui avait posé sa paire de lunettes sur la table de chevet et du coup sa femme se déshabillait et se dénudait devant la paire de lunettes très probablement sans savoir qu'elle était là en train de filmer et encore plus elle désus années-lumière de savoir que ça finirait dans les mains de quelqu'un à tout bout de la planète. Mais voilà, c'est vrai que c'est... Et là, pour revenir juste un poil sur la partie légale, du coup, suite à cette enquête, il y a une classe Action qui a été lancée dans la foulée dans les jours suivants aux Etats-Unis. Donc là, aujourd'hui, on vous parle, on est à peu près mi-mars 2026, donc c'est beaucoup trop tôt pour savoir ce que ça donnera d'un point de vue légal, etc. Il faut savoir que Meta joue un petit peu avec les lignes, puisque c'est quand même noté dans leur mention légale un certain nombre de choses. Donc le traitement manuel, il est stipulé. Le fait qu'il ne faut pas rapporter de données sensibles, c'est stipulé. Mais derrière, là où la classe Action porte pour l'instant, c'est sur la partie en communication trompeuse, puisqu'ils ont mis en avant l'aspect confidentialité et le fait que les... la vie privée elle allait rester privée, etc. que c'était un assistant personnel. Par définition, un assistant personnel, on n'a pas envie qu'il expose tout aux bases. Dans le cadre des entreprises en question, il faut savoir que c'est quand même des boîtes aujourd'hui qui le font sous un cadre très strict, puisque les employés en question n'ont pas le droit d'avoir leur téléphone ou quoi que ce soit sur scène, justement pour limiter les risques de piratage et de fuite de données. Néanmoins, par exemple pour les utilisateurs européens, donc normalement tout ce qui passe par chez nous est censé être conforme au RGPD au niveau des données. du traitement des données personnelles. Et dans le cas présent, le Kenya ne fait pas partie des pays qui sont aujourd'hui en tout cas considérés comme pouvant apporter une infrastructure, une sécurité des données, une confidentialité des données équivalente à celle qu'on peut avoir en Europe. Donc voilà, on est assez curieux de voir comment ça évoluera côté méta. Moi ce qui m'intrigue de savoir aussi, c'est que hormis l'aspect légal, ça va être de... de voir à quel point les gens vont vouloir s'emparer ou pas quand même de cette technologie, malgré ce qui pourrait être fait d'un point de vue légal, et même en sachant qu'ils peuvent être filmés, que ça peut facilement, parce que là aujourd'hui c'est dans un cadre encore maîtrisé, la polémique elle a lieu, mais dans le cadre du fonctionnement normal, mais ça peut surtout dire que comme tout est piratable aujourd'hui, et que les piratages... sont devenus légion depuis quelques années, particulièrement depuis l'an dernier avec l'avènement de l'IA. Et ça ne va pas s'arranger. À quel point les gens vont quand même ou pas faire le choix d'aller vers ce type de techno ? Ça, c'est la chose qui m'intrigue et qui m'inquiète un peu aussi.
- Lulu
Sous couvert de gagner un petit peu, de rendre la vie plus facile jusqu'où on est prêt à... laisser sa vie privée, enfin, voilà, des données qui nous appartiennent. Alors, il y a souvent cet argument de « bah oui, mais moi, j'ai rien à cacher » . Ça va quand même beaucoup plus loin que ça. Cette donnée, surtout qu'en plus, il y a ce truc au niveau des yeux et de voir exactement ce que les personnes regardent. Donc, c'est de se dire « ah bah tiens, il a regardé telle publicité pendant combien, enfin, tant de temps, ça veut dire qu'il est potentiellement intéressé. » Enfin, voilà, ces données-là sont peuvent être vendues très très cher après à des boîtes qui vendent certains produits ou des annonceurs publicitaires. Ça avait été très bien fait dans une sorte de documentaire fiction derrière nos écrans de fumée, où chaque annonceur se bat pour essayer de donner la meilleure pub, ce type de pub dynamique qui se développe de plus en plus aussi. Et de savoir exactement... tout ce qu'on regarde, et là, c'est des informations au-delà de même de ce qu'on est conscient. C'est même des choses... Après, ça peut être utilisé pour manipuler des populations. C'est plus ou moins déjà ce qui est fait avec les réseaux sociaux, avec les données qu'on peut récupérer. Alors oui, on peut se dire que les gens ne sont pas exactement cités. C'était tout ce qui s'était passé autour du Cambridge Analytica. Les gens ne sont pas cités explicitement, mais on peut recouper de la donnée et dire tel groupe de personnes qui a tel centre d'intérêt, on peut leur montrer telle chose. Et ça peut influencer des élections ou favoriser des génocides. Ça, c'est des cas qui ont été documentés autour de Facebook, notamment. Et là, plus récemment, avec ce qui s'est passé avec Twitter X. Donc là, en fait, effectivement, on peut se dire qu'on n'a rien à cacher. Mais là, ça apporte de la donnée encore supplémentaire et même des choses qu'on ne maîtrise pas. On ne peut pas maîtriser ce qu'on regarde, combien de temps on va regarder. Après, c'est de savoir exactement où est-ce qu'on se trouve. Il y a quelqu'un qui nous filme, même si on n'en a pas, on peut savoir. Je crois que Meta, leur... leur outil de reconnaissance faciale. Ils ont un milliard de visages dans leur base de données. Jusque-là, ils ont récupéré de la donnée jusque-là, et là, c'est un peu le summum.
- Manu
C'est là où ça devient encore plus problématique. C'est que même si, à titre personnel, tu choisis de ne pas avoir ce type d'appareil chez toi, dès que tu vas dans un lieu public, tu peux être amené à être vu par quelqu'un qui porte des lunettes. Quand la reconnaissance faciale sera là, justement, à être reconnue, et du coup... que des boîtes et des gens et des données, notamment publicitaires, etc. Mais bref, au final, que des data brokers se retrouvent à nouveau avec des données sur toi, que tu n'as même pas émis à un seul moment à travers tes interactions à toi, c'est simplement en ayant croisé d'autres gens à des endroits clés. qui se rend en mesure de recouper encore davantage d'informations.
- Lulu
Est-ce que du coup, il y a par exemple une sous-culture qui va se développer et que ça va être normalisé de sortir par exemple avec des lunettes de soleil et un masque comme par exemple pendant la pandémie pour ne pas être reconnu ? Je crois que j'avais vu, c'était du maquillage qui avait commencé à être mis au point pour justement qu'il brouille. la reconnaissance faciale. Est-ce qu'on va revenir à là pour contrer cette reconnaissance ? Il y a eu aussi une application qui est sortie pour scanner les appareils Bluetooth autour de soi. Je ne sais plus exactement comment elle s'appelle, c'est Nerby Glasses, qui permet, on est dans un lieu par exemple public, et si on soupçonne ou qu'on veut être sûr de ne pas être filmé, on peut lancer un scan Bluetooth. Alors effectivement, c'est pas dans 100% des cas, ça marche pas forcément tout le temps, mais les lunettes connectées, notamment Meta, vont émettre une certaine signature qui peut être reconnue. Donc ça peut permettre un premier scan, c'est dire bon bah là effectivement autour de moi il y a X lunettes qui sont potentiellement en train de me filmer. Oui,
- Manu
mais malheureusement.
- Lulu
On remet sur le côté individuel. C'est chaque personne qui devrait être garante de sa vie privée et ce genre de choses.
- Manu
Parce que du coup, même ce type d'appli permettra de t'informer, de savoir que tu es filmé. Typiquement, si c'est un produit qui se généralise autant que des smartphones, de toute façon, ça ne changera pas de le savoir. Et après, mettre en place des brouillures portables, ce genre de choses, je ne sais pas trop comment ça pourrait...
- Lulu
Il y a quand même un problème aussi au niveau de la généralisation, mais est-ce que ça ne va pas encore agrandir le fossé au niveau de la fracture numérique ? Quand on voit qu'il y a déjà des personnes qui ont du mal avec les smartphones, on va dire qu'en termes de pouvoir d'achat, c'est compliqué en ce moment. Donc se dire, est-ce que ceux qui peuvent se permettre d'acheter des lunettes... vont avoir plus d'avantages que des personnes qui ont déjà du mal avec un smartphone. Mais aujourd'hui, dans notre société, si tu dis que tu ne veux pas de smartphone pour, je ne sais pas, pas être connecté, garder ta vie privée, tu te fermes complètement une partie des usages. Il y a plein de choses que tu ne peux pas faire aujourd'hui sans un smartphone. Donc c'est aussi toute cette question-là. Est-ce qu'on a envie de laisser ces lunettes prendre autant de place et être... obligé d'en avoir si on ne veut pas être un reclus de la société et ne pas pouvoir vivre en société.
- Manu
On verra, j'avoue, on verra un peu les tendances. Quelque chose qu'on n'a pas dit tout à l'heure, c'est que notamment, là, c'est Google et Apple qui comptent aller aussi sur ce marché-là. Les deux y travaillent déjà activement. Je crois qu'Apple a laissé fuiter deux, trois trucs et Google a fait des annonces récemment. Mais en tout cas, tout ça pour dire que tout ce qu'on a évoqué aujourd'hui et ce qu'on vient de dire notamment sur ce qui pourrait arriver et qu'on se permet de parler de généralisation alors qu'à l'échelle de la Terre, c'est encore que 7 millions. Mais en fait, il faut savoir que 7 millions de lunettes, c'est beaucoup plus de gens concernés indirectement et que ça fait partie des engouements, tu l'as dit tout à l'heure, au CES, donc au salon justement de l'électronique. Et du multimédia, là, de début d'année qu'il y avait aux États-Unis, ça fait partie des sujets très tendance.
- Lulu
T'en as quasiment sur chaque stand. Chaque constructeur veut son truc, quoi. Enfin, veut sa partie et aide de la tendance si ça vient à... A personne. Voilà, c'est ça.
- Manu
Sachant qu'Apple et Google, de toute façon, s'ils vont sur le canot, c'est qu'eux aussi, j'y crois. Voilà, comme manière. Et d'autant plus, Google avait déjà tenté il y a longtemps et s'était ramassé. Mais il n'y a pas de raison pour qu'aujourd'hui, ils n'aient pas envie d'y retourner avec le moyen technologique d'aujourd'hui. Et Apple avait fait un autre essai, ils ont pris un four avec le Vision Pro. Mais du coup, il y a quand même des technos et des choses qu'ils ont dû apprendre avec cet appareil-là qui pourraient complètement mettre en avant et tirer profit là. comme Meta qui a racheté Oculus il y a quelques années. Il y a eu tout le truc autour du Metaverse qui finalement n'a pas pris. Et là, plus récemment, ils se sont redirigés vers les lunettes, mais toute la technologie qui était prise autour du MetaQuest et ce genre de choses, ça sert dans les lunettes et de ce que j'avais vu au niveau des chiffres, ils ne s'attendaient pas à ce que ça marche autant. Ils ont eu des problèmes d'approvisionnement, ce qui fait aussi que Merci. Il me semble qu'elles ne sont pas encore commercialisées en Europe, parce qu'ils avaient déjà du mal à approvisionner au niveau du marché des États-Unis. Après, je pense qu'il y a aussi le cadre réglementaire, qui fait que c'est un peu compliqué de sortir ça chez nous, surtout s'ils prévoient d'ajouter tout ce qui est reconnaissance faciale. Après, ils peuvent le bloquer, mais encore une fois, si c'est possible, il y a des moyens. de détourner, de pirater, ce genre de choses. Et eux, clairement, dans le mémo interne, justement, où ils disaient qu'ils voulaient, enfin, qu'ils préparaient la reconnaissance faciale, c'est que, voilà, une période politique troublée constituerait un moment propice pour le lancement. On voit les intentions qu'il y a derrière. Là, en fait, c'est même... Ils ne s'en cachent même plus, en fait.
- Lulu
Ils n'en ont plus besoin.
- Manu
Non, c'est ça.
- Lulu
Ils n'ont plus besoin de s'en cacher. Et d'ailleurs, ça me fait penser à quelque chose que j'ai oublié de dire tout à l'heure, quand on parlait de l'étude du journal suédois. Mais après avoir fait ces découvertes et les interviews justement des employés, ils ont été interroger des vendeurs, justement en Suède, dans une dizaine de boutiques, qui vendaient les lunettes pour les questionner sur le fonctionnement de l'IA, etc. Et où est-ce que ça partait. En fait, rares ont été, je crois qu'il y a un ou deux... de personnes qui leur ont dit en toute sincérité ne pas savoir ce qu'il advenait des données et tous les autres ont systématiquement dit que non il n'y avait aucun problème de confidentialité que rien n'était renvoyé au mauvais endroit etc etc il ya vraiment des enjeux d'information aujourd'hui sur ce sujet là et c'est aussi pour ça qu'on avait envie d'en parler sur ce premier épisode d'aller sur ce premier thème objets connectés donc On abordera encore d'autres sujets divers et variés d'un point de vue technologique. Mais gardez en tête que les discours marketing sont toujours que des discours marketing et que les promesses n'engagent que les personnes qui y croient. Et Lulu, je ne sais pas si tu veux dire quelque chose de plus sur ce sujet-là, ou si on est bon pour aujourd'hui.
- Manu
Peut-être rapidement, c'est vrai qu'il y a le sujet des lunettes, mais c'est vraiment aussi prendre un peu de hauteur et se questionner où est-ce qu'on met la tech. Alors peut-être qu'à l'époque, les lunettes de Google n'avaient pas forcément fonctionné parce que le smartphone n'était pas encore omniprésent, ou en tout cas pas autant qu'aujourd'hui. Et aujourd'hui, effectivement, il y a ce truc de doomscroll, on veut un peu sortir, on veut moins d'écrans, revenir. à des choses beaucoup plus simples. Alors ça n'arrangerait pas les GAFAM, clairement. Donc peut-être qu'ils essayent de nous vendre des lunettes, on dit oui, revenir à l'essentiel, de ne plus penser à la technologie, que ce soit vraiment incorporé dans nos usages et qu'on n'ait plus ce smartphone qui presque nous encombre aujourd'hui. Et on peut aussi sortir le côté accessibilité, ce genre de choses. Mais j'avais vu encore cette personne malvoyante qui avait choisi d'arrêter d'utiliser les rébats de méta. Elle se disait, mais moi, il y a plein de moments où je l'utilise en accessibilité pour lire des informations médicales, comme des ordonnances ou ce genre de choses. Moi, je n'ai pas envie que ça se retrouve. dans une base de données ou ce genre de choses, parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'après, si ces données sont vendues à des assureurs, c'est encore plein de limites, plein de dérives qu'il peut y avoir. Et en plus, il me semble qu'il y avait un peu des gardes, pas des gardes fous, mais quand elles demandaient, par exemple, de lire des informations sensibles, pour, par exemple, des notices de médicaments, ce genre de choses. L'IA lui répondait qu'elle n'était pas en mesure de le faire parce que ça contenait, voilà, ça pouvait être, il ne fallait pas donner des mauvais dosages, ce genre de choses. Donc même pour ça, ça ne l'aidait pas en fait et ça bloquait. Donc ce qui fait que ce n'est pas pensé non plus pour cette communauté-là. tout ce que le discours, malgré tout le discours marketing aussi, qui peut s'en servir en disant, regardez comment ça a amélioré la vie de gens, vous ne voulez pas leur retirer maintenant quand même.
- Lulu
Tant de salauds.
- Manu
C'est ça. Vous n'êtes vraiment pas cool, tant de valides. Vous serez bien content de les avoir quand vous ne verrez plus rien. Vraiment ça. C'est vrai qu'on est rentrés, premier épisode du podcast, Merci. se dire, ouais, où est-ce que je veux mettre la tech ? Est-ce qu'il y a aussi, est-ce que je veux en mettre partout ? Est-ce qu'on les veut dans tous les objets qu'on a au quotidien ? Et c'était une... Je crois que c'est une scientifique qui comparait tout ce qui était intelligence artificielle, un peu comme le plastique, qu'on veut absolument en mettre partout, ce qui fait que ça sera beaucoup plus compliqué de l'enlever après, une fois que c'est mis. Et là, par exemple, dans le cas des lunettes, on est encore au tout début et c'est peut-être le moment de choisir et de dire que non, on n'en veut pas parce que ça reste quand même les consommateurs qui choisissent ou non d'acheter et de faire en sorte qu'un marché prenne ou pas. Et de se dire que maintenant, avant que ça soit généralisé partout et que, par exemple, on arrête de commercialiser des smartphones ou ce genre de choses, de peut-être se dire non, stop. Là, non, non, c'est le moment d'arrêter. Il faut continuer peut-être, je ne sais pas, d'interpeller les parlementaires, même en Europe, pour durcir les lois là-dessus et de ne pas laisser passer, pas que les lobbies fassent aussi en sorte que ça passe. Et de se demander, il y a déjà une surcharge d'informations aussi aujourd'hui. Donc, est-ce qu'on veut vraiment avoir tout le temps des informations en plus ? Alors que déjà, le smartphone, est-ce qu'on veut encore plus avoir la notification tout de suite devant ses yeux, pouvoir y répondre de manière instantanée, prendre des photos, les partager encore plus rapidement à sa famille, sur WhatsApp maintenant, qui appartient aussi à Meta. Puis on parle aussi d'accessibilité, rendre la vie plus simple, mais si chaque acteur de la tech construit ses lunettes, ça va quand même être des... ça va quand même être fermé, ça va être des écosystèmes qui sont fermés, donc où est l'accessibilité dans ce cas-là si quelqu'un qui a des lunettes méta ne peut pas communiquer avec une personne qui a des lunettes Apple ou Google, donc c'est quand même ce genre de questionnement qu'on peut laisser un peu peut-être en question ouverte et en réflexion pour les gens qui nous écoutent.
- Lulu
En conclusion, réfléchissez-y à deux fois. Et voilà.
- Manu
Pensez à ce dernier clic avant de valider votre panier et d'acheter ce type d'objet connecté.
- Lulu
Le dernier clic avant la fin du monde. Les lunettes font partie de la fin du monde.
- Manu
On pourra les filmer en 4K ou 8K, peut-être. Ce sera cool.
- Lulu
C'est vrai. Bon, Lulu, je te propose qu'on se retrouve la semaine prochaine. Prochain épisode, on parlera d'outils. Pour ceux qui n'ont pas écouté l'épisode de présentation, l'idée, c'est qu'une semaine sur deux, on abordera un sujet comme aujourd'hui, un sujet thématique qu'on ira creuser et fouiller davantage. Et une semaine sur deux, on parlera plutôt des outils qu'on utilise. Ce sera plus orienté aux outils de développement visuel, donc outils no-code et IA, mais toujours dans une logique de se dire... nous ce qu'on utilise au quotidien, ça nous permet de faire quoi ? Les dernières nouveautés qu'il y a dessus, elles apportent des changements, mais du coup, qu'est-ce que ça représente pour les boîtes et les personnes avec qui on bosse ? Et voilà, vraiment de l'aborder dans une approche un peu concrète, tout en ayant conscience un petit peu justement des différents changements qui se déroulent au quotidien et chaque semaine avec une IA qui est très très marquée et qui va très vite.
- Manu
Et qui est très très présente partout au détriment d'autres choses.
- Lulu
On aura le temps de revenir sur ces différents sujets. Merci Lulu. Je vais dire Loulou. Merci Lulu pour ce premier épisode et d'avoir partagé tout ça avec moi.
- Manu
Merci Manou.
- Lulu
On vous souhaite une bonne fin de journée ou une bonne journée selon quand vous écouterez ce podcast et on vous retrouve la semaine prochaine.
- Manu
A la semaine prochaine.