- Speaker #0
Je crois qu'on est pas mal au niveau du cadre. Salut à toutes, salut à tous et merci d'être là. Si je suis encore là aussi c'est parce que j'ai décidé de continuer l'aventure. En effet, vous avez été plusieurs centaines à écouter les deux premiers épisodes des aventures du fauteuil rouge. Et du coup, j'ai décidé d'entreprendre un troisième épisode. Dans ce troisième épisode, on accueille Anne-Sophie. Anne-Sophie... qui est passée du statut de salarié au statut d'auto-entrepreneur. Donc elle nous a fait l'honneur de venir s'installer dans le fauteuil rouge et de nous raconter cette nouvelle armature qui l'attend. Donc bonne écoute, installez-vous et surtout... n'oubliez pas de vous abonner à la chaîne Youtube le 7m2 ou pour les écoutes sur les différentes plateformes audio le fauteuil rouge, merci à vous la bise putain c'est bien ça bonjour à tous,
- Speaker #1
donc Anne-Sophie je suis aujourd'hui à la tête d'un petit organisme de formation mais avant tout je travaille le côté humain le côté responsable et inclusif pour les personnes en situation de handicap et les faire vivre le plus normalement possible en inclusion et en structure ?
- Speaker #0
Pour ne pas vous cacher les choses, j'ai connu Anne-Sophie dans le cadre de la formation. Et tu as longtemps formé, pas longtemps, tu as formé quand même quelques années dans des organismes où il y a des futurs... où il y avait... où il y a toujours d'ailleurs, parce que cet organisme existe toujours, les futurs travailleurs sociaux. Qu'est-ce que tu retiens de ça ?
- Speaker #1
Qu'ils ont tous la volonté d'arriver dans un milieu avec un idéal d'accompagner et qu'au fur et à mesure de leur évolution, de leur formation, ils se rendent compte de la réalité de leur terrain, de la réalité de l'accompagnement. Ils ont toute une réflexion sur leur... posture, sur leur éthique, sur comment agir sans, du coup, bouleverser tout le monde. Et du coup, d'avoir une vraie construction professionnelle, mais aussi personnelle derrière.
- Speaker #0
Et peu importe les formations dans lesquelles tu es intervenu. Peu importe.
- Speaker #1
Que ce soit le chef de service ou l'AES, donc l'accompagnant éducatif et social, il y a toujours, toujours, toujours une remise en question. et elle est toujours positive. Ce moment dans la formation où il y a le flop, je descends en bas et je me pose trop de questions, en fait, dans la pédagogie, dans la formation, il est nécessaire pour que la personne avance et elle puisse trouver son moteur.
- Speaker #0
OK, merci. Donc, le chemin de ce podcast-là, c'est d'évoquer les paradoxes et les clichés qu'il peut y avoir dans nos parcours et dans vos parcours de vie. Moi, je trouve qu'il y a un paradoxe entre un moment où tu quittes l'école, mais tu as décidé d'y rester et d'apprendre au futur professionnel. Donc, qu'est-ce qui te fait rester dans le côté... Qu'est-ce qui te fait rester dans le fait d'apprendre, de vouloir apprendre ? Merci, Nicolas, de trouver tes mots. Qu'est-ce qui te fait vouloir apprendre aux autres, en fait ? Qu'est-ce qui te motive ?
- Speaker #1
Le lettre-motif ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Le lettre-motif, c'est d'essayer de comprendre les gens et de les amener à une réflexion. C'est pas les transformer, c'est pas les aider à évoluer, c'est de les aider à faire une transformation. Ils sont là parce qu'ils ont une raison. Souvent, c'est pas la bonne raison. Et c'est de les amener à se transformer vers la bonne raison. Et pourquoi pas quitter l'école ? Parce qu'on est toujours... Alors, moi, je suis... passionnée d'apprentissage. Je n'ai pas été à l'école quand je voulais jeune. Aujourd'hui, c'est une revanche de toujours pouvoir aller à l'école, de toujours pouvoir apprendre et pouvoir donner cette transmission le plus simplement possible et ne pas avoir à dire je fais des grandes études parce que je suis notaire, machin. Non, je fais des études, mais je peux simplement transmettre les infos.
- Speaker #0
Je vais rebondir sur ce que tu disais il y a une minute. Les gens ne sont pas là souvent. Ils ne sont souvent pas là pour les bonnes raisons. Tu entends quoi par ce terme ?
- Speaker #1
Ils ont des histoires personnelles, souvent. Ils les amènent sur des parcours un peu dans le médico-social et ils viennent guérir, guérir ces histoires personnelles. Et souvent, ce n'est pas la bonne raison. Et on ne vient pas guérir, parce qu'autrement, on ne fait pas son métier. Et on vient du coup se former, se transformer, parce qu'on est dans de la transformation, on vient se formater à quelque chose de différent. Et là, on deviendra un bon professionnel. Et ceux qui ne sont vraiment pas là au bon endroit, souvent, on les repère très vite. Et on les accompagne à trouver une voie qui leur convient le mieux.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Et du coup, tu as été salarié de plusieurs... Enfin, ce n'est pas des entreprises, c'est des associations dans différents domaines. Mais en gros, dans le médico-social et le social quand même.
- Speaker #1
Et l'insertion.
- Speaker #0
Et l'insertion. Et qu'est-ce qui t'a fait franchir le cap ? de devenir indépendante et de créer ta société. Qu'est-ce qui t'a fait dire c'est maintenant, c'est à 35, c'est à 40 ?
- Speaker #1
Il y a une conjoncture personnelle.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Burnout et autres en se disant ok, je travaille énormément et est-ce que je travaille pour l'entreprise ? Mais ça n'a pas de sens. Ils n'en font rien. Et les JO. qui ont aussi, sur les Jeux paralympiques, qui ont mis beaucoup de choses en avant sur le handicap. Parce que moi, c'est la petite pépite que j'aime, c'est le handicap. Et je me suis dit, OK, on surfe sur le handicap, on surfe sur moi, mon envie de continuer à apprendre et transmettre. Eh bien, c'est maintenant, il faut y aller. Donc, pour ça, il fallait que je reprenne des études.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'ai refait, j'ai recontinué. Et une fois que j'ai eu mes études, j'ai dit, c'est bon.
- Speaker #0
Tu es reparti sur quoi ? Tu peux expliquer ?
- Speaker #1
Alors, j'avais un titre pro de formateur et je faisais de la formation comme ça avec. Et puis, mon expérience professionnelle derrière et mes anciens diplômes. Du coup, j'ai dit, allez, on repart. Donc, licence pro en sciences de l'éducation pour comprendre le formatage, pour comprendre l'apprentissage des personnes. Et surtout, pour ne pas faire un apprentissage descendant parce que ce n'est pas aujourd'hui ce qui est intéressant. Ce n'est pas suffisant. Donc, j'ai fait un diplôme universitaire d'ingénierie pédagogique de l'adulte pour aller former au plus près et comprendre le fonctionnement de la formation, que ce soit en distanciel, en présentiel, en synchrone, en asynchrone. Donc, c'est vraiment plein de choses tordues pour vous, mais qui permettent aux personnes de les adapter et de les capter.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et le but, c'est d'aller capter pour, du coup, que les gens restent en formation en adaptant avec eux.
- Speaker #0
OK. Et du coup, tu... Est-ce que tu peux nous dire en quelques mots ce que c'est ASG Learning ? Du coup, le nom de ta boîte, en fait.
- Speaker #1
Donc, ASG Learning, c'est mes initiales, Anne-Sophie Dité. Learning, l'apprentissage. Et l'idée, c'est d'aller par l'apprentissage, former les entreprises au handicap, à devenir anti-accueillant, à devenir référent handicap et autres. Et pour ça, on passe dans les entreprises, on va passer dans les associations. On va travailler en partenariat avec des entreprises adaptées, les ESAT, donc les services d'accompagnement par le travail, des choses comme ça. Et il y a une plateforme qui va être, premier trimestre 2026, mise en place pour se former tout en étant mobile, n'importe où où je suis, je peux me former au handicap, que ce soit sur la législation, mais sur un handicap visuel, auditif ou autre. Comprendre comment il fonctionne pour moi m'adapter. en situation d'emploi à la personne que je vais accueillir.
- Speaker #0
Ok, j'allais te poser une question, mais je pense que tu l'as expliqué ou tu as peut-être des choses à rajouter. Qu'est-ce qu'une formation handi-accueillante, du coup ? Qu'est-ce qu'elle inclut de plus qu'une formation à un formateur lambda ?
- Speaker #1
Eh bien, c'est savoir si les personnes en face, elles sont dyslexiques, dysorthographiques, d'altoniens. Si on a des déficients intellectuels, est-ce qu'ils sont capables de lire, pas lire ? Adapter ton déroulé. Adapter le déroulé. adapter aussi les tensions d'apprentissage, adapter les moments de mémorisation, la concentration, adapter les écrits, surtout, parce que si on a des gens avec des difficultés de lecture, on va faire attention à la typographie, on va mettre par exemple du FALC, du facile à lire, facile à comprendre. Voilà, c'est tout plein d'éléments, de petits bonus qu'on va venir former et adapter autour de la formation.
- Speaker #0
Est-ce que... Tu connais déjà le monde du handicap, mais est-ce que tu considères, ou en tout cas, est-ce que toi tu penses mettre en place des outils ? ou des méthodes ou des innovations par rapport à ce genre de formation-là ? Est-ce que c'est dans un petit coin de ton disque dur ?
- Speaker #1
C'est plus que dans le coin du disque dur. Déjà, pour tous les référents handicap sur cette plateforme-là, et même quand je le pratique en présentiel, systématiquement, je leur demande, est le site ou autre accessible avec ce qu'on appelle la norme RG2A ? C'est une norme d'accessibilité numérique. pour tout ce qui est justement déficient visuel, auditif et autres, en fonction de sa manière d'écrire l'image, d'écrire le texte, le lire et autres. Donc, tout ça, déjà, c'est paramétré prévu.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et on va aller plus loin pour la partie travailleurs handicapés, où on va aller créer des visuels spécifiques en fonction de formation. Par exemple, là, j'en ai une qui est en projet pour former... Un autiste et deux déficients intellectuels sur de la restauration, les gestes d'hygiène en restauration, c'est de faire avec eux des protocoles écrits, d'organiser et ne pas leur donner un bouquin avec un schéma et basta. C'est créer ensemble un protocole. Là, ils vont s'impliquer par plusieurs sessions et pour voir du coup répéter, répéter, répéter le geste pour qu'ils puissent l'ancrer après en eux pour avoir la connaissance.
- Speaker #0
Mais du coup, ce n'était pas prévu dans mes questions, mais ce n'est pas grave. Préparer une formation, c'est déjà long. Est-ce que passer par ce biais-là pour que les gens, le plus de population possible, puissent accéder à ces formations, ça demande un temps supplémentaire dans la préparation ? Oui,
- Speaker #1
systématiquement. C'est plus de la moitié du temps en plus.
- Speaker #0
Ok. Et tu dois aussi demander à ceux qui te sollicitent d'avoir une certaine rigueur. pour qu'ils donnent le listing des personnes qui sont susceptibles d'avoir ce type, pas des handicaps.
- Speaker #1
En amont, j'ai besoin de travailler en toute confidentialité, déjà, parce que le travailleur handicapé n'est pas censé me dire qu'il est en situation de handicap, n'est pas censé me donner sa pathologie, ce qui est logique, mais avec le service ressources humaines ou la politique de RSE, on travaille ensemble, main dans la main, pour pouvoir... avancé et donc en général même si je n'ai pas la pathologie j'ai le besoin spécifique j'ai besoin du besoin spécifique pour moi m'adapter on va revenir un peu sur la formation dans
- Speaker #0
le global dans sa globalité tu as quand même formé quelques dizaines de travailleurs sociaux on va dire aujourd'hui on parle constamment de blocs de compétences dans toutes les formations possibles Merci. Et du coup, on parle plus de bloc de compétences que de pensée critique, je trouve, en tout cas. Et d'autant plus avec l'intelligence artificielle qui peut faciliter le fait de répondre à un exercice. Tu penses quoi de ça ? Est-ce que, quelque part, si tu pars sur l'intelligence artificielle, est-ce que c'est facilitant ou ça te pousse à amener de l'information autrement ? Comment tu vois ça, toi, comme un frein ?
- Speaker #1
L'IA, elle va venir nous apporter des connaissances en plus. Elle va venir nous amener des pistes, mais elle va aussi nous amener des fausses informations. Donc, il y a toute une veille, toute une réflexion à avoir déjà sur la façon dont on va aller chercher l'information. Ça, ça va être la première chose. Alors, mettre les travailleurs sociaux en vigilance, c'est OK, vous allez sur l'IA ou autre. Parfait. Au contraire, utilisez-le. Maintenant, utilisez-le de façon adaptée, avec un prompt. Donc, l'on pronte, c'est la façon dont on va demander à l'IA comment travailler. Et puis surtout, surtout, vérifier les informations derrière. Parce qu'autrement, vous allez avoir des choses hallucinantes qui vont arriver. Et les biais d'hallucination, c'est ce qu'il y a de pire. Après...
- Speaker #0
Et continuer à développer l'esprit critique chez les gens aussi. Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
C'est bien de prendre de l'IA, mais c'est bien de prendre du recul. Et le recul, c'est le terrain, c'est le stage. Et si on n'applique pas notre réflexion... On ne va pas venir critiquer ce qu'on a lu. Parce que ce qu'on a lu, ça date d'il y a 5 ans, il y a 10 ans, il y a peut-être 6 mois, mais ce n'est plus valable aujourd'hui. Parce que la pratique évolue, les personnes qu'on s'occupe évoluent. Et on a besoin, du coup, de travailler cet esprit critique-là. Et si on ne le met pas en place, on est perdu. Et on n'avancera pas dans nos fonctions.
- Speaker #0
Merci bien. Quel cliché t'énerve sur la fonction de... de formateur, parce qu'on dit que le formateur, c'est celui qui parle pendant 8 heures, enfin, j'en ai de 7 heures généralement. Du coup, qu'est-ce qui peut t'agacer par rapport à ce cliché qu'on peut avoir, que les gens peuvent avoir ? Et on voit aussi, quand on arrive en formation, pour échanger avec certains formateurs, que la population, enfin les gens qui sont là pour être formés, quand on fait un tour de table, il y en a quelques-uns qui disent « Moi, je n'ai pas demandé à être là, vous n'allez rien m'apporter. »
- Speaker #1
C'est ça. Je n'aime pas le mot « formateur » . Ce n'est pas le plus joli mot du monde.
- Speaker #0
Tu le définirais comment ? Enfin, tu emploierais quel terme, du coup ?
- Speaker #1
Moi, j'aimerais le mot « facilitateur » .
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Parce que justement, la connaissance, tout le monde l'a aujourd'hui. On a tous la possibilité de connaître les informations. Par contre, nous, on a une posture de faciliter la transmission, de faciliter les biais de connaissances, de faciliter la coopération entre les gens, pour du coup transmettre, modifier la compétence, la connaissance, et pouvoir évoluer ensemble. Si on ne fait que du cours descendant, et ça, la posture du formateur, où moi, je sais, vous vous taisez, vous m'écoutez pendant 8 heures, je ne la supporte pas. Ça, c'est impossible. Par contre, on se met tous autour. On n'a pas de tas à rien du tout. On va venir limite pique-niquer dehors. Et moi, je vais vous amener quelque chose. Toi, tu vas m'apporter aussi autre chose. Et toi, avec ton expérience et un recul d'une structure que je ne connais pas, tu vas m'amener autre chose. Là, on va être dans l'échange et on va être dans la transmission. Et c'est ça qui est beaucoup plus intéressant dans la posture. Et c'est pour ça que ce n'est pas un formateur, mais un facilitateur.
- Speaker #0
OK. Et du coup, c'est un peu en décalage, mais ce n'est pas grave. est-ce que tu crois qu'on a perdu un peu de poésie dans le... dans ce métier-là.
- Speaker #1
Oui, parce que si on n'est pas passionné, la personne, elle ne va nous amener que de la connaissance descendante et elle ne va rien vous apporter de plus. Et à l'inverse, si la personne comprend, sait aller vous chercher, aussi à savoir aller chercher la personne, comprend pourquoi vous êtes là, ce que vous avez besoin, même si on va tout chercher un diplôme à la fin, pourquoi ce diplôme, comment, et en fonction de votre structure, comment je dois m'adapter, c'est là où c'est beau.
- Speaker #0
et c'est là où on crée quelque chose ok ça marche merci merci Anne-Sophie si tu devais sauver une seule chose dans la formation d'aujourd'hui ce serait quoi ?
- Speaker #1
c'est une bonne question ouais je sais merci les stages la mise en situation la mise en pratique ok en modifiant certaines choses quand même. Ou, parce qu'à la base, quand j'ai voulu créer mon entreprise, je voulais créer en même temps un établissement médico-social où les stages pouvaient être faits dedans. Ce qui n'est pas aujourd'hui possible parce que la RS a un nombre de places définies et ça ne se crée pas comme ça des places. L'idée, c'était que les stages, on n'est vraiment pas que, ok, j'apprends les gestes de tous les jours, je viens là pour observer et au fur et à mesure, je m'implique. Les stages, c'était aussi... pouvoir du coup mettre en pratique dès le début avec des objectifs même s'ils ont des objectifs, on sait que dès le départ ils ne les mettent pas en place et au bout d'une semaine je reviens, par exemple j'ai fait un moniteur éducateur, j'ai fait une sensibilisation à la photographie pour travailler l'estime de soi et j'ai pensé mon atelier je ne l'ai pas mis en place au bout d'une semaine mais j'ai pensé mon atelier, j'ai réfléchi comment le faire, je sais quel acteur mobiliser je sais quel usage aller chercher pourquoi, comment et en fait c'est tout de suite impliquer la personne dans son rôle. Ce n'est pas que de l'observation, c'est vraiment l'impliquer. Et parce qu'il apprendra mieux, il mettra tout de suite en connaissance et en pratique ses connaissances et il avancera sur une philosophie d'apprendre autrement.
- Speaker #0
C'est aussi un changement de... Ça peut être aussi un changement de direction de la part des associations ou des structures qui accueillent les stagiaires. Et le stagiaire a un véritable statut de stagiaire.
- Speaker #1
C'est ça. Un vrai rôle d'apprenant et un vrai rôle aussi…
- Speaker #0
Et d'être tutoré.
- Speaker #1
Exactement. Et on valorisera aussi la personne qui l'accompagne. Parce que la personne qui est là en tant que tuteur aujourd'hui, ce n'est pas que de l'administratif. On est là pour un vrai passage de relais.
- Speaker #0
Ok, merci. On va parler un peu plus de la personne. Donc de toi, du coup. Qu'est-ce qui te nourrit encore aujourd'hui dans tout ça ? Parce que tu as eu beaucoup de déceptions au niveau de la formation. Et du coup, qu'est-ce qui t'a dit ? Qu'est-ce qui t'a fait dire ? Allez, go. Je vais encore bouffer de la formation. Mais dans sa globalité. Pas forcément être face à un public pendant 7 heures.
- Speaker #1
L'humain.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
c'est de savoir qu'on peut transformer, savoir qu'on peut amener à vivre ensemble. Vraiment l'humain qui est le leitmotiv de tout ça.
- Speaker #0
Et du coup, tu as lancé ta boîte. Et donc, je suppose que tu en as. Quand je dis que tu en as, c'est que tu vas comprendre par rapport à la question d'après. Quand le doute s'installe, tu fais quoi ? Parce que là, tu es aux prémices de ton auto-entreprise.
- Speaker #1
Oui. C'est déjà le doute. Heureusement qu'il est permis. Se permettre, se poser les questions, mais savoir en parler aux bonnes personnes.
- Speaker #0
Est-ce que pour toi, il est plus permis en auto-entreprise, quelque part, qu'en étant salarié ?
- Speaker #1
Largement.
- Speaker #0
Oui ?
- Speaker #1
Largement, parce que c'est là où on va apprendre. C'est là où je me suis fait avoir les premiers mois. C'est là où, du coup, je me suis rendu compte que s'entourer était important, que dans l'entreprise, on n'a pas le temps, il faut tout de suite être rentable. que là, oui, on a une rentabilité, on a un retour sur investissement à avoir, mais sans ce doute, on n'avance pas et du coup, on ne se pose pas les bonnes questions.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'autorises plus en statut de femme indépendante ? Est-ce que tu t'autorises plus, je vais y arriver, à ne pas tout maîtriser ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai complètement délégué ce que je ne maîtrisais pas.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je manque... combrent pas de ce que je connais pas par exemple tout simplement la partie compta, la partie communication c'est pas mon rôle j'ai bien autre chose à faire et ça je le délègue et comme ça il n'y a pas de doute là-dessus il n'y a pas de stress, il n'y a pas d'angoisse je me suis entourée des personnes adaptées qui souvent je les ai rencontrées dans mon parcours ou alors sur des rencontres vraiment improbables et qui sont restés des gens qui m'ont marqué et qui m'accompagnent aujourd'hui. Mais autrement, je ne sais pas faire ou j'ai des doutes.
- Speaker #0
Tu délègues.
- Speaker #1
Je délègue. Ou je pose la question aux bonnes personnes.
- Speaker #0
Ça marche. Et tu nous parles de la façon dont tu aimerais amener tes formations dans ta future, au sein de ton entreprise. On sent une sorte, même une bienveillance. envers les personnes qui vont apprendre, envers ton entourage. Mais est-ce que tu appliques à toi cette bienveillance ?
- Speaker #1
Non, parce qu'il n'y a pas le temps. Pour être bienveillant envers les autres, il faut être productif en amont. Donc, ça veut dire énormément anticiper justement les possibilités d'adaptation possibles en formation. Si j'arrive sur une formation, je n'ai pas... un scénario, j'en ai dix. Comment tu fais pour choisir ? C'est les personnes en face. Quand elles font leur tour de table, quand elles se présentent, les humeurs, les choses comme ça, on va commencer soit par un jeu, une mise en situation où ça va calmer tout le monde et on va se mettre sur le même pied d'égalité. Soit on va commencer par lâcher tout ce qu'on a à lâcher quand on est en colère.
- Speaker #0
Tu aurais une anecdote à nous raconter ? Parce que je suppose que avant que tu sois en auto, entreprise, tu as dû enseigner, enfin, former sur différentes promotions et tu t'es dit, allez, mon déroulé, il est fait, j'y vais comme ça. Et tu arrives, tu sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas correspondre avec ton déroulé. Est-ce que...
- Speaker #1
C'est même pire. Je commence ma journée où je les avais 7 heures non-stop sur une... programmation et je faisais venir une intervenante sur une capsule de deux heures pour avoir un témoignage important. Ça, c'est auprès d'un public, les toutes premières petites mains médico-sociales, donc les AES.
- Speaker #0
Je tiens à dire que les toutes premières petites mains des AES dans la bouche d'Anne-Sophie, ça ne veut vraiment pas dire que c'est les gens en bas de l'échelle. C'est les meilleurs.
- Speaker #1
C'est mes pépites du quotidien.
- Speaker #0
Pardon.
- Speaker #1
Et donc le matin déroulait classique, tout va bien. Reprise après déjeuner, je présente la personne qui va intervenir et j'ai qu'une partie du groupe. Donc je m'inquiète, j'ai trois personnes qui me manquent, tout ça. Donc je commence à me dire, c'est bizarre, elles ont un quart d'heure de retard, c'est quand même pas cohérent. Elles savaient qu'on avait un intervenant, bon. J'en ai une qui m'appelle en disant on a eu un souci, on se gare, on arrive. Et en montant les escaliers, j'en ai une qui fait un malaise. qui a eu un problème de santé, j'ai dû l'appeler les pompiers. Intervention catastrophique. Tous mes stagiaires l'avoyaient. Il y a eu les soins qui ont été faits, elle a été emmenée aux urgences, mais après, reprendre une formation. reprendre une formation avec l'intervenante qui était là. On a fini dehors avec un jeu de cartes spécifique pour lâcher les émotions. L'intervenante s'est prise au jeu à faire le jeu avec nous. Ça a permis de le lâcher prise. Et en fait, au fur et à mesure, on a pu échanger avec l'intervenante sans faire un débat. Mais on a fait une discussion autour de son témoignage. Ça a été complètement différent, mais on a amené les choses autrement. Et on a pu capter l'attention malgré une grosse difficulté de journée.
- Speaker #0
Tu serais resté bloqué à l'incident de départ. Ta formation, c'était un calvaire.
- Speaker #1
J'aurais pu arrêter la journée, c'était fini.
- Speaker #0
Je comprends. OK, merci Anne-Sophie. Je pense qu'on a fait à peu près le tour de ce qu'on avait à dire et à découvrir de toi et de ta boîte. Mais j'ai un gimmick du fauteuil rouge. donc je vais te le faire à toi aussi je ne vois pas pourquoi tu échapperais si tu devais résumer ton métier et ton parcours surtout en un titre de film que tu peux inventer ou que tu peux dire par rapport à tes connaissances filmographiques je vais l'inventer ce sera plus simple vas-y double moi si tu peux il existe peut-être ce jeu Et pourquoi ce titre de film, du coup ?
- Speaker #1
Parce qu'il faut se dédoubler.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Souvent. Et souvent, on a l'impression que quelqu'un est beaucoup plus fort que soi, beaucoup plus compétent. Ce n'est pas vrai. Il a des compétences différentes. Et il sait les mettre en avant autrement. Et ce n'est pas de se sentir inférieur dans la formation. C'est qu'on est tous égaux. Donc, double-moi si tu as envie.
- Speaker #0
OK. Merci, Anne-Sophie, en tout cas. Merci à toi. D'avoir posé ton regard sur le fauteuil rouge. En petite phrase de conclusion, je pourrais dire parce qu'apprendre, je ne la connais pas par cœur, donc je vais la lire. Parce qu'apprendre, ce n'est pas juste retenir, c'est comprendre, douter et désapprendre parfois. C'est ce que tu as un petit peu dit tout à l'heure en début. Et du coup, juste un petit gimmick de fin. Comment fait-on pour te solliciter ? Par quel biais on peut passer ?
- Speaker #1
Le meilleur biais, LinkedIn. Là, on est beaucoup... Alors, j'y honte parce qu'il y a l'équipe autour de moi beaucoup plus présente, donc sur Anne-Sophie Gitté. On a ASG Learning qui fonctionne aussi très bien. Et depuis une semaine, on a lancé Andiref, qui sera le nom de la plateforme de formation pour les référents handicap, entre autres, avec des webinaires sur ces trois plateformes-là, sans aucun problème.
- Speaker #0
OK. Et ma dernière phrase dans les interviews, c'est... on termine par un dernier mot peu importe, un seul mot la joie et moi ce sera WC, merci à vous merci Anne-Sophie merci Anne-Sophie