- Speaker #0
Foto-Elyséens, Foto-Elyséennes, salut et merci encore pour vos écoutes et merci encore pour votre attention portée sur le podcast du Fauteuil Rouge sur la chaîne du 7m2. Alors on continue l'aventure parce que vous êtes encore quelques centaines à nous écouter, donc c'est parti pour le septième épisode. Septième épisode où nous avons, où j'ai accueilli, pardon, Audrey. Audrey qui va nous parler d'une profession pas forcément évidente pour les gens à comprendre. parce qu'elle parle de l'intime. Donc, comme je peux le dire à chaque fois, rien de tel qu'Audrey pour présenter Audrey. Alors, installez-vous. Bonne écoute à tous. Et à bientôt. La bise. Ciao. Ton prénom ?
- Speaker #1
Audrey.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on reçoit Audrey. Et comme je le dis avec les autres interviewés, rien de tel qu'Audrey pour présenter Audrey. Audrey, salut.
- Speaker #1
Salut, merci à toi Nicolas de m'interviewer, de me donner cette opportunité. Du coup, comment je me présenterais ? Alors, la sensation d'être multiple déjà. Alors, il faut que je prenne le temps de voir. Je me présenterais d'abord comme une passionnée de l'humain. De manière générale, j'adore observer. Depuis toute petite, je crois, je me mettais sous la table, j'aimais beaucoup observer les relations. Très vite... J'ai été intéressée de comprendre les personnes qui se mettaient en colère, les personnes qui étaient plus calmes, de comprendre ce qui se jouait et la place du corps. Petite fille, j'étais tout le temps en train de faire des roues, de la danse, de la boxe, de plein de choses. Donc très vite, le corps a été important pour moi. Je suis karaté 4 et danseuse depuis toujours. J'ai toujours ce truc un peu ying et yong, on va dire, si tant est qu'on puisse dire énergie féminine et masculine. Mais en tout cas, ces deux éléments-là. la tête, le corps je suis à la tête avec mon mari Julien d'une famille recomposée, donc on est 6 au quotidien, ça envoie des watts là en ce moment ils sont tous ados donc là aussi c'est de belles expériences de corps et puis quand je te disais passionnée de l'humain j'en ai fait mon métier depuis tout le début parce que j'avais déjà à coeur de travailler sur l'humain mon grand-père en fait il a été élevé abandonné et donc il a eu une place à la DAS à l'époque. Et très vite, il nous a transmis quelque chose autour de les enfants, c'est l'avenir de demain. Donc nous, en tant qu'enfants, on a une super place. Et ensuite, moi très vite, j'ai voulu travailler dans la protection de l'enfance, puis dans le travail social. Et puis aujourd'hui, à travers tous ces chemins, des expériences que j'ai pu vivre, je suis en libéral depuis 2019 en tant que thérapeute de couple et sexologue dans le 28.
- Speaker #0
Ok. Merci à toi. Donc, on va y aller. Tu es prête ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Quand un couple arrive dans ton cabinet, qu'est-ce qui est déjà fragilisé ? Le couple ou la sexualité ?
- Speaker #1
Alors, en fait, la spécialisation que j'ai pu faire, c'est que justement, de mon regard, c'est difficile d'être thérapeute de couple sans être sexologue. Et inversement. Et pour moi, je vois vraiment le couple comme une trinité. Tu vois vraiment trois niveaux. Amis, amoureux, amants.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc déjà, quand je reçois un couple, c'est comme si j'avais déjà six personnes en face de moi. Le couple d'amis, le couple d'amoureux et le couple d'amants. Et je vais évaluer dans le premier rendez-vous, je fais un bilan de la Trinité, justement pour savoir si c'est plutôt les amis en eux qui se sont éloignés, la team, l'équipe, la projection vers l'avenir, si c'est plutôt les amoureux, le côté affectif, le côté passion, dépendance. liberté dans l'amour, ou si c'est plutôt les amants qui se sont éloignés avec des hérotypes différents, avec des corps qui se sont éloignés. Donc c'est intéressant ce que tu me dis, parce que je vais parfois avoir des couples qui vont m'avoir choisi pour le côté thérapie de couple et qui vont freiner sur la sexo, et d'autres au contraire qui viennent me chercher sur la sexo et qui vont freiner sur la relation, et du coup je viens toujours travailler tout en fait.
- Speaker #0
Ok, tu réponds un peu, parce que c'était un peu ma deuxième question, c'était est-ce que les gens viennent parce qu'en gros, je caricature, parce que les gens ne font plus l'amour ou parce qu'ils ne se comprennent plus ?
- Speaker #1
Les deux.
- Speaker #0
Les deux ?
- Speaker #1
Vraiment. Les deux. Je vais avoir des personnes qui vont vraiment venir avec le symptôme, il n'y a plus de libido, il n'y a plus d'énergie sexuelle, il n'y a plus de toucher, et ça crée de la frustration. Et très vite, en regardant les zéros types de Laura Pinson, donc il y a une collègue qui a créé des zéros types.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous expliquer en deux ou trois mots ce que c'est les zéros types du coup ?
- Speaker #1
En fait, les zéros types, c'est cette notion, déjà, éros, c'est l'énergie de vie. À l'opposé de thanatos, qui est l'énergie de mort. Donc héros, c'est comment je vois la vie, comment je suis dans l'énergie de vie. On en a huit, comme huit couleurs de l'arc-en-ciel, si tu veux. Et suivant nos histoires, suivant ce qu'on a développé, on a une couleur érotique qui est plus importante que les autres.
- Speaker #0
Qui est prédominante. Oui.
- Speaker #1
Même si on a tout, mais on n'a pas forcément tout développé parce qu'on n'a pas rencontré le bon partenaire, parce qu'on ne s'est pas autorisé du fait de notre histoire. de notre culture à développer toutes les couleurs.
- Speaker #0
Donc chaque couleur a une signification ?
- Speaker #1
Oui. On va avoir la couleur primale, c'est des personnes qui vont être dans la sexualité génitale dans le corps. On va avoir plutôt les personnes qui sont transgressives, qui vont utiliser le jeu dans la relation, la tension. On a les sensitifs, qui ont besoin de sensualité, de cinq sens, de cœur. Les éthérés, je ne sais pas si tu connais, on dit sapiosexuels. Les gens qui sont dans l'intellect, ils associent l'intellect au désir.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et puis les sublimés. La sublimation, c'est le fait de mettre son énergie sexuelle ailleurs, dans l'art, dans le travail, dans les enfants. Et enfin, les versatiles qui peuvent tout vivre. Donc Laura Pinson, elle exprime que, suivant notre héreotype, on n'a pas la même façon de voir la sexualité et de voir la relation. Et très souvent dans le couple, on vient chercher l'autre à la polarité différente, tu sais, pour se complémenter. Donc ça va dépendre de ce que je ressens, mais très vite. Dans le premier rendez-vous, alors que souvent les gens sont plutôt en colère, en tension, pour la plupart, on a fait une moyenne dans les interventions que j'ai pu avoir, ça fait 5-6 ans qu'il y a des conflits.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu sais qu'on a dit ça.
- Speaker #0
Pas 5-6 ans qu'ils sont ensemble, mais 5-6 ans qu'ils sont en conflit.
- Speaker #1
C'est ça. Donc avec plein de trucs sous le tapis. Donc l'idée de se dire, ok, on va regarder qu'elle est... Quelle est votre vision du couple ? Quelle est votre vision singulière ? Déjà, ça apaise tout de suite le qui a tort, qui a raison.
- Speaker #0
Donc, forcément, il n'y a pas que la sexualité. En 5-6 ans, il n'y a pas que la sexualité.
- Speaker #1
Non, il y a la relation, il y a ce qu'on a vécu, ce qu'on a maturé individuellement aussi. L'impact de la société aujourd'hui sur l'image du couple.
- Speaker #0
On en reparlera, on va le développer un petit peu plus dans l'interview. Et du coup, au premier rendez-vous, Qu'est-ce qui fait qu'un couple se dit, là, on a besoin d'être aidé ?
- Speaker #1
Il y a bien sûr la notion d'infidélité.
- Speaker #0
Ça revient souvent ?
- Speaker #1
Ça revient souvent. J'ai tendance à dire que 100% des couples que j'accompagne, il y a eu une infidélité. Je m'explique.
- Speaker #0
Oui, s'il te plaît.
- Speaker #1
En fait, à un moment donné, tu peux devenir infidèle à toi-même. Tellement tu t'es suradapté au monde de l'autre.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
tellement pour être aimé tu vas devenir quelqu'un d'autre et donc du coup l'infidélité elle est tellement à soi que tu t'y perds et puis il y a l'infidélité à l'autre pour moi il y a quatre niveaux d'infidélité l'infidélité relationnelle, quand on ne se parle plus, quand on ne se regarde plus quand on se fuit l'infidélité intellectuelle, lorsqu'on se confie à quelqu'un d'autre et qu'on n'a plus d'échange de discussion l'infidélité émotionnelle, quand on développe des sentiments amoureux pour quelqu'un d'autre et puis l'infidélité sexuelle Et dans tous les couples que j'accompagne, il y a cette notion d'infidélité, soit à moi, soit à toi. Mais il y a quelque chose qu'il n'y a plus, et souvent depuis longtemps.
- Speaker #0
Ok, ça marche.
- Speaker #1
Donc ça peut être principalement ça. L'autre raison, ça peut être... Il y a un événement de violence dans la relation qui s'installe, qu'il n'y avait pas avant.
- Speaker #0
Ok. Qu'est-ce que ça englobe, la violence ? L'événement de violence, qu'est-ce que ça englobe ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que ça peut être un événement de la vie qui fait que c'est une violence ?
- Speaker #1
Ça peut être ça.
- Speaker #0
Ou c'est un train au couple ?
- Speaker #1
En fait, il peut y avoir des événements autour du couple qui vont mettre de la tension dans l'édifice couple qui est déjà un peu abîmé, à l'occasion d'un deuil, à l'occasion d'infidélité d'autres membres du réseau, à l'occasion d'une modification professionnelle, à l'occasion du départ des enfants. Il y a des moments charnières qui vont toucher l'édifice du couple, les déménagements, de manière globale le changement. Et puis, il y a aussi quelque chose de... Je te disais en ouverture, enfin, je vous disais en ouverture que je travaillais beaucoup sur le corps. Et si, moi, j'ai un corps inflammé, si j'ai une maladie qui est en train de se mettre en place, si j'ai un système nerveux qui est dérégulé, c'est ce qui gère, tu sais, le combat, la fuite ou le figement, le système nerveux. En gros, c'est ce qui gère le frein et l'accélérateur du corps. Si j'ai ça dans mon corps, je vais devenir vibratoirement dangereux pour toi. Et donc... Tu vas me repérer plus comme un allié, mais comme un danger. Et donc, là où d'habitude, le conflit, on pouvait le gérer, on pouvait reparler, on pouvait pacifier, on n'y arrive plus. Jusqu'à glisser dans des violences. Et tout être humain peut devenir violent. Clairement, même sans être psychopathologiquement instable, même sans avoir...
- Speaker #0
C'est retrouver un peu son instinct animal, en fait, son instinct primaire.
- Speaker #1
Et on est dans un monde où on écoute de mon regard trop peu le corps. Beaucoup de personnes que je vais avoir, tu vois, sur des troubles sexuels, par exemple, vont à un moment donné se rendre compte que j'ai une éjaculation rapide, ok, ça marche, qu'est-ce que ça veut dire ton histoire et qu'est-ce que tu fais trop rapidement ? Je mange rapidement, je respire rapidement, je vis rapidement. Et comment j'ai peur du calme ? Et comment en ramenant du calme dans mon corps, mon trouble sexuel va partir ? Donc très souvent, je trouve qu'on oublie dans notre société la place du corps. Et moi, c'est ce que j'utilise beaucoup dans ma thérapie.
- Speaker #0
Ok. Quand un couple vient te voir, est-ce qu'ils viennent pour la même chose au départ ?
- Speaker #1
Non, très souvent. Tu sais, je te parlais des trois piliers, amis, amants, amants.
- Speaker #0
C'est une idée commune au départ quand même ?
- Speaker #1
Pas toujours.
- Speaker #0
Pas toujours ? Pas toujours.
- Speaker #1
L'idée commune au départ, c'est qu'on veut retrouver l'ancien couple.
- Speaker #0
Ok, c'est majoritairement pour ça.
- Speaker #1
Aïe, première désillusion, ça n'arrivera pas.
- Speaker #0
Ok. Parce que ?
- Speaker #1
Parce que on n'est déjà plus, dès que tu passes la porte d'un... Tu vois, là, on sera différent à la fin de notre échange.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Et donc, quand Marie et Margot, ou Marie et Marion, peu importe, quand un couple arrive et passe la porte de mon cabinet, à la fin, ils ne seront déjà plus la même chose. Et on s'est formé dans cette idéalisation... que tout va être parfait, tu vois, tous les continents, tout plein de choses.
- Speaker #0
Oui, comme les premiers jours de l'aventure amoureuse. Amoureuse.
- Speaker #1
Sauf que si...
- Speaker #0
On n'a aucun défaut de l'autre, en fait.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Tu sais, on est sous coq. Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Quand on est amoureux. Et le problème, c'est qu'on se construit dans cette idéalisation de je veux retrouver ça. OK, j'entends, c'est beau, mais ça n'arrivera pas. Ça n'arrivera pas parce que chimiquement, on n'est plus dans les mêmes choses, parce qu'on s'est construit, parce qu'on a grandi, parce qu'on a évolué. Et il faut accepter de faire le deuil de ça, déjà, de ce premier couple, de ce mythe un peu conjugal, pour en construire un plus réaliste et dans la matière, réalisable dans la matière. Je partage toujours au couple que le premier couple, à partir du moment, je ne sais pas si on prend Julien et Audrey, mon mari s'appelle Julien, si on prend notre couple à nous, par exemple, si on passe la porte d'un thérapeute, on est déjà Julien-Audrey niveau 3. Et puis niveau 4, et puis niveau 5. Parce qu'on va bouger, Et que comme, de mon regard, et je t'ai dit que je faisais du karaté, toute la notion japonisante, ça me parle, pour les japonais, la crise, c'est opportunité. En réalité. C'est une opportunité. Donc si tu considères que la crise est une opportunité, tu sais que tu seras déjà plus. Mais ça fait chier, parce qu'on s'est construit dans l'idéal.
- Speaker #0
On part dans un inconfort, en fait.
- Speaker #1
Et on se dit, mais moi, je veux retrouver ma femme qui était hyper désirante les trois premières années de notre vie. Mais ouais, il n'y avait pas la charge mentale, il n'y avait pas les enfants, il y avait cette sexualité reproductive. Et puis, vous êtes autre, le corps est différent. Je veux retrouver mon mari qui faisait plein de choses, plein de cadeaux qui étaient disponibles. Oui, mais peut-être qu'il n'est pas dans les mêmes conditions. Maintenant, c'est comment on peut accepter d'être autre et un peu la fonction phénix du couple, redevenir... Un peu plus soi-même aussi, parfois, parce qu'on s'est perdu. Donc ça, c'est la première désillusion.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Et est-ce que le problème, c'est souvent un problème de couple ou c'est un problème d'individu ? Des problèmes personnels qui se rencontrent, on va dire.
- Speaker #1
Oui, c'est intéressant ce que tu dis. En fait, on vient tous au monde dans le couple avec un scénario du couple. Tu sais, on a hérité de nos familles, de nos histoires. Donc, on vient avec... Je vais te nommer un de mes formateurs qui m'était cher, Yvon Dallaire, qui était psychologue canadien et spécialiste du couple, qui nous a quittés malheureusement il y a deux ans. Une image lui permettait de parler du couple, et je la reprends parce que je trouve que c'est intéressant. La notion d'un échiquier. T'as un échiquier, ok, c'est la place du jeu du couple. Et t'as un jeu de dames et un jeu d'échecs. Ok, ça marche. Par exemple, madame, c'est le jeu de dames, monsieur, c'est le jeu d'échecs. Et madame va dire non, non, le couple, c'est les dames. Monsieur va dire non, le couple, c'est le jeu d'échecs. Non, Et toute l'idée, c'est de dire ok, et si on faisait un nouveau jeu qui va s'appeler différemment et on va co-construire les règles ensemble. Donc, on hérite vraiment d'une vision du couple. Le couple, c'est comme ça. La place de la femme ou de l'homme, ou en tout cas, les rôles un peu genrés, ça doit être ça. Et le temps de déconstruire cette image-là, c'est ce qu'on fait vraiment en thérapie. Donc, il y a une part de l'héritage individuel. Il y a une thérapie qui s'appelle Imago, qui a été créée, du coup, au niveau des États-Unis. Imago, c'est... Comme si on se baladait, si tu veux, dans la vie avec un pochoir, en gros, avec tout notre monde infantile. Oui. Positif, mais aussi négatif.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et on va se balader comme ça et on va tomber sur une personne et pile poil, ok, t'es dans mon pochoir.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, en fait, pourquoi t'es dans mon pochoir ? Parce que tu représentes ma sécurité, mais aussi mon insécurité infantile. Et on peut penser, en tout cas dans Imago, c'est le cas, que je te choisis pour revivre mes blessures d'enfance, mais pour en sortir adulte. Ok. Donc... À l'occasion de nos premiers partenaires, finalement, on va revivre des trucs pour en sortir adulte. Sauf que très vite, on se dit c'est à cause de toi, c'est toi le mauvais, c'est toi qui me fais vivre, jusqu'au moment où, ah, ce que tu me fais vivre, ça me remet à un endroit de ce que moi j'ai vécu. Donc, je te dirais les deux. À la fois, je trouve qu'il y a beaucoup de choses qui sont de l'ordre de la personnalité, de la singularité, et à la fois, il y a tous les schémas sociétaux qu'on entend sur le couple, et les histoires, et les contes de fées, et tout ça. Donc, il y a des choses.
- Speaker #0
C'est encore un impact les comptes de fées.
- Speaker #1
Ah oui, clairement. Il y a encore ce truc-là. Il faut que l'autre soit comme ça, comme ça, comme ça, et qu'il n'apporte aucune frustration.
- Speaker #0
Oui, ce serait dommage.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Les couples... Ils viennent généralement pour réparer leur relation ou parfois ils viennent confirmer que ça ne marche plus.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Oui ? Oui.
- Speaker #1
C'est aussi mon job d'aider un couple à dire oui.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
C'est la fin d'un cycle. Vous ne faites plus partie du cycle. En tout cas, la forme de votre relation prend fin. Pour prendre une autre forme. De coparent. pour certains, d'ennemis pour d'autres, d'ex d'amis peut-être donc oui il y a certains couples à travers ce bilan je te disais des piliers amis, amoureux, amants je vais très vite moi voir sur les piliers ce qui est encore en bon état ce qui a pris des coups de bazooka ou ce qui est sécure ou pas et très vite au premier rendez-vous on va faire une photographie de chaque pilier à quel point c'est détruit ou à quel point c'est sécure Quand c'est trop détruit, déontologiquement, je vais le poser. Comme cette relation, elle est en train de devenir toxique.
- Speaker #0
Et ce n'est pas réparable.
- Speaker #1
Parfois, ça l'est.
- Speaker #0
Mais ça va être encore plus...
- Speaker #1
Mais parfois, c'est difficile. Et parfois, c'est aussi accepter qu'il y a eu trop. Surtout quand, je te parlais d'imago, c'est un exercice aussi où on met les couples en présence, les mains avec les mains, les yeux dans les yeux, et avec une forme de reformulation qui va faire que, à la différence des thérapies de couple où on triangulise, le couple me parle à moi, et ils n'arrivent pas à communiquer. Très vite, moi, je les mets en lien pour qu'ils créent le lien avec moi qui suis protectrice. Et dans les premiers rendez-vous, je me rends compte que le toucher des mains, c'est insupportable. Il va y avoir des messages du corps de l'ordre du rejet. Tu sais, j'arrive plus à respirer des rougeurs, des choses comme ça. Je me dis, ok, là, déjà, dans le corps, il y a quelque chose qui est difficile. deuxième chose, le regard, on ne peut pas regarder un ennemi normalement, tu ne vois pas longtemps tu dis ça,
- Speaker #0
c'est un côté scientifique ? oui,
- Speaker #1
il y a un côté scientifique, on est des animaux et par exemple, si tu prends les gorilles les meutes de loups, les Ausha, regarder en fait, le dominant par exemple c'est un risque de mort de confrontation,
- Speaker #0
de mort,
- Speaker #1
ok chez les gorilles, c'est le cas, tu vois par exemple donc il y a des couples où très vite, je vais me rendre compte que regarder l'autre dans les yeux, c'est insupportable il y a de la fuite et à... Ok. Troisième élément qui me laisse penser que c'est difficile, je leur laisse le temps de rentrer dans un souvenir. Tu sais, je te parlais du mythe du couple. C'est quoi le mythe du couple ? Comment vous vous êtes rencontrés ? Ce que vous avez aimé ? Et quand je leur laisse le temps, rien ne remonte. Rien.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Pas de souvenir. Alors là, je sais qu'il y a trois éléments qui me laissent penser que la relation, elle devient très difficile. Et quand elle devient très difficile, soit c'est que la personne, elle se protège pour des choses qui sont de son histoire. Ouais. Soit c'est qu'il y a eu trop. de toxicité dans la relation, voire trop de violence, et qu'il va falloir s'éloigner. Dans ces moments-là, éthiquement, et ça, c'est ma posture éthique, et plein de collègues ne seraient pas d'accord avec moi, mais je l'assume, mon but, ce n'est pas de maintenir un couple ensemble. Mon but, c'est de permettre à chaque individualité de se rendre compte si c'est encore OK, de recréer une nouvelle relation si c'est possible, ou de lâcher parce que ça devient trop. Et donc... Dès ce premier rendez-vous, très vite, les personnes vont se rendre compte, visuellement parlant, parce que c'est très visuel ce que je fais, que c'est adapté ou pas adapté. Ensuite, je fais toujours un rendez-vous individuel. Ça aussi, c'est un parti pris de ma façon de fonctionner. C'est que, de mon regard, on ne peut pas voir l'individualité d'une personne dans un rendez-vous de thérapie de couple, parce qu'il y en a un des deux qui va prendre le lead. Tu sais, qui est plus en colère, qui est plus éloquent, qui est plus triste, ou qui a appris à poser les choses. Donc je fais toujours un rendez-vous individuel où je vais regarder le rapport à l'amour, le rapport à la sexualité, le rapport au stress et l'histoire de vie.
- Speaker #0
Et il peut intervenir ce rendez-vous pas forcément au départ de la thérapie ?
- Speaker #1
Ouais, c'est la deuxième étape. La première c'est vraiment ce rendez-vous de couple où je fais le bilan. Le deuxième si les gens sont prêts à travailler avec moi et si on sent confiance, parce que je leur demande, est-ce que vous vous sentez en confiance pour travailler avec moi ? Ce n'est pas le cas, je ne suis pas la bonne personne. Je vais leur proposer un rendez-vous individuel. À l'issue de ce rendez-vous individuel, on va parler de chaque... C'est comme si, par exemple, si je te prends encore une fois, Julien et Audrey, c'est comme si je me dis, ok, Julien, ton monde, c'est du bleu. Ok, ça marche, j'ai compris. Audrey, ton monde, c'est du jaune. Je vais pouvoir vous aider à faire du vert. Si je ne le fais pas, je passe à côté de la relation. Et donc, le troisième rendez-vous, c'est de nouveau un rendez-vous de couple où je vais pouvoir leur redonner la vision conjugale, les écarts et les points d'ajustement.
- Speaker #0
Du coup, ton but ? Je prends le jaune et le bleu, là.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est de ne pas faire... de la personne jaune qui apprenne à faire du bleu, et c'est pas au bleu qu'il apprenne à faire du jaune, c'est d'arriver à mélanger le sable.
- Speaker #1
À mélanger les couleurs et à comprendre un peu comme un explorateur irait dans une nouvelle planète. Tiens, ok, moi je suis dans une planète jaune, mais c'est quoi le regard de l'argent dans la planète bleue ? C'est quoi le regard de la sexualité dans la planète jaune ? C'est quoi le regard de l'érotisme dans la planète bleue ? D'aller visiter les mondes de chacun jusqu'à créer un héros commun. je te rappelle, héros, c'est la vie, un héros commun qui va être un héros amical, amoureux et sexuel. Ou de se rendre compte, gars, ton héros, c'est du rouge, moi, c'est du rose clair. Ça ne va pas le faire.
- Speaker #0
Ça ne peut pas se croiser.
- Speaker #1
Et comment on peut faire pour ajouter du blanc ? Ou alors de se rendre compte que l'image que j'ai projetée de toi, c'était la mauvaise image. Dans le sens, je suis du bleu, j'ai toujours pensé que tu étais du bleu et je ne me rends compte que pas.
- Speaker #0
Oui, oui. Je vois l'image de l'huile et du vinaigre. À beau les mélanger, ça ne marche pas. Ok, ça marche, merci. Le problème numéro un que tu vois chez les couples, c'est quoi ?
- Speaker #1
Il y a un champ interprétatoire énorme. Parce que quand on est en couple, on a cet imaginaire qu'on connaît vraiment l'autre. Et que donc, déjà, l'autre doit tout savoir pour nous. Mais qu'on connaît toutes les solutions, qu'on connaît l'émotionnel, qu'on connaît le désir, qu'on connaît plus que l'autre ce que lui veut.
- Speaker #0
Et du coup, c'est de là qu'on perd la communication parce qu'on croit tout connaître, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
il y a ça. Et c'est vraiment difficile. Tout besoin universel, toi, moi, n'importe qui, on a besoin d'être entendu, reconnu, compris. Si on se sent ni entendu, ni reconnu, ni compris, on va s'éloigner jusqu'à perdre le lien complètement. Pas que le lien érotique, mais le lien. Et on est des animaux, j'en suis persuadée. On a évolué, il y a plein de choses, mais on est des animaux. Et l'idée, c'est que si on ne se comprend plus, on ne va même plus faire partie du même troupeau, puis vraiment même plus faire partie du même continent. Quelque chose comme ça qui s'éloigne. L'ocytocine que l'on produit avec quelqu'un normalement dans l'attachement va diminuer. Et donc tout le champ interprétatoire va augmenter parce qu'on ne se comprend plus, parce que les peaux ne se comprennent plus. Donc, de mon regard, le premier étape, c'est vraiment l'interprétation de faits. Et quand on revient sur les faits, le fait d'avoir un tiers qui va comprendre le monde de l'un, le reformuler, comprendre le monde de l'autre, le reformuler, aide à dire, ah ok, ok, c'était ça. Et la deuxième chose, c'est que j'ai le sentiment qu'il y a quelque chose autour d'avoir raison, dans le sens si même mon compagnon ou ma compagne dit de moi que je n'ai pas raison, je suis invalidée. Je ne sais pas trop comment travailler ça avec les enfants, mais il y a beaucoup de personnes en consultation qui vont me dire si je n'ai pas raison, je n'ai pas de valeur. Je suis une merde. Et si l'homme ou la femme que je suis censée aimer, qui est censée m'aimer, me renvoie que je n'ai pas raison, on est en perte d'alliance, on est ennemie. Il y a un truc très raccourci. Et je travaille beaucoup sur, ok, est-ce qu'on peut être en accord ou qu'on n'est pas d'accord ?
- Speaker #0
C'est ce que tu dis. Est-ce que, voyons l'évolution un peu de ce monde qui se polarise quelque part de plus en plus, est-ce que ça se retrouve dans la relation de couple ? Ça se polarise politiquement, ça se polarise sur tous les plans sociétaux. Est-ce que ça se retrouve aussi chez les couples ? Bien sûr. J'ai raison ou j'ai tort, il n'y a pas d'entre-deux, il n'y a pas de qui, c'est noir ou c'est noir. C'est ça.
- Speaker #1
Et comme... De mon regard aussi, ce que tu m'apportes à la société, c'est très juste. Comme tu sais, on a aussi notre cerveau qui a changé, la capacité de frustration, le côté scroll.
- Speaker #0
Le fait qu'on scrolle très vite.
- Speaker #1
Ça ne me plaît pas, je scrolle. Ça ne me plaît pas, je scrolle. Je n'ai plus de contact avec la frustration où j'y reste, même si c'est inconfortable, même si c'est plein de choses. On a plein de moyens de distraction.
- Speaker #0
Cette tendance, elle est aussi chez les couples du coup ? Oui,
- Speaker #1
chez les individus de manière globale, chez les adolescents beaucoup. et cette société un peu Kleenex qui va faire que j'aime pas, je zappe alors que de mon regard, si on regarde le système nerveux les choses qu'on n'aime pas c'est intéressant d'aller voir qu'est-ce que ça me fait vivre qu'est-ce qui fait que ça m'irrite qu'est-ce qui fait que je peux aller le chercher faut pas être masochiste à part si on fait du BDSM et qu'on est en sécurité faut pas être masochiste jusqu'à se faire très très mal mais l'évitement de toute frustration 1 Ça va être compliqué.
- Speaker #0
Ok, si ça marche. Est-ce qu'il y a un sujet que les couples... Quel est le sujet, selon toi, que les couples abordent le moins entre eux ?
- Speaker #1
La sexualité, c'est vraiment difficile. On peut avoir cette impression que la société est très sexuelle, qu'on parle assez facilement. On n'a jamais eu, je crois, autant d'associations à la sexualité.
- Speaker #0
Facilité à exceller, en tout cas. C'est ça.
- Speaker #1
Tu vois, il y a un podcast sur... On va parler de ce sujet-là. Il y a 50 ans, bien sûr que ça ne se faisait pas. On a des cercles d'hommes, des cercles de femmes. Et pour autant, parler intimement de sa propre sexualité, de son intimité, de ce que le corps ressent. c'est difficile. Des couples qui, en apparence, ont une bonne communication, en apparence, ont une belle sexualité, très vite, dans l'intime, c'est difficile parce que se livrer dans l'intime, c'est prendre le risque d'être abandonné, d'être jugé, d'être abîmé. Et il y a beaucoup d'évitements sur ce sujet-là. Pour certains couples, il y a des évitements sur le sujet de l'argent. Pour d'autres couples, sur le sujet des enfants. Il y a des notions comme ça sur les sujets politiques, mais le sujet le plus difficile, c'est vraiment la notion de la sexualité et de l'hygiène aussi.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
J'ai parfois des couples où le sujet de déconnexion sexuelle a pu être en lien avec l'hygiène ou le manque de prise en compte de la santé de son corps. Ok. Et on sait à quel point pour désirer un corps, on a normalement, à part dans des fonctionnements psychiques pervers ou dans des pathologies, mais à quel point on érotise plutôt un corps sain, en bonne santé. Et donc, j'ai des personnes parfois qui vont me dire « Je sens que j'ai une baisse de libido pour mon ou ma partenaire, mais il s'est mis à fumer de la weed, ce n'était pas le cas avant. Elle a changé de code vestimentaire. J'ai le sentiment qu'on ne se voit qu'en jog. » Il y a quelque chose de cet endroit-là où, tout simplement, j'ai difficile à faire une fellation avec mon partenaire parce qu'il y a des odeurs et je n'ose pas lui dire. J'ai difficile à faire un cunni à ma partenaire parce qu'il y a trop de pilosité et je n'arrive pas. Ou je me sens, le poids va impacter. C'est intéressant de comprendre aussi la fonction du silence. On ne veut pas abîmer l'autre, on ne veut pas s'abîmer soi. Il y a la notion de honte, de culpabilité. Il y a plein de choses qui se mélangent dans la sexualité. Après, les autres sujets tabous, il y en a moins sur les belles familles, les choses comme ça. Il n'y a pas de problème. On peut en parler. La place des enfants, ça peut être touchy comme ça peut être un sujet commun.
- Speaker #0
Dans les familles recomposées, ça doit être aussi. Dans les familles recomposées que tu reçois, ça doit être un véritable sujet aussi.
- Speaker #1
Clairement. Moi, ça a été mon expérience déjà. de vivre cette famille recomposée, de comprendre les enjeux, les places de chacun. à quel point quand tu rentres dans une nouvelle famille, en tant que famille recomposée, par exemple, moi, je suis rentrée dans la famille de Julien, j'ai pris aussi, quelque part, la place de son ex-femme, qui avait une identité, des relations. Tout le monde, il y a un deuil, même si ça peut être heureux ou malheureux, mais il y a quand même la fin de quelque chose. Les enjeux de place dans la fratrie, ça, c'est vraiment des familles que j'aime aussi accompagner. Je me suis spécialisée parce que c'est ultimement une expérience, mais parce qu'il y a encore plus de challenges dans les familles recomposées. Il y a moins d'espace, il y a moins de temps. il y a moins de thunes on va être clair aussi parce que on se fait alimenter de partout Noël on ne peut pas s'organiser on n'a pas les mêmes gardes on n'a pas les mêmes temps est-ce que ta famille fait des cadeaux ne fait pas de cadeaux il y a plein d'enjeux qui vont faire que ça rajoute encore normalement quand tu te mets en couple avant d'être famille recomposée tu as le temps d'édifier la relation tu sais tu as le temps de poser des choses tu as le temps d'être amant d'abord puis ensuite d'habiter ensemble puis ensuite de construire c'est le sommaire de ta vie quoi c'est ça Merci. Quand tu te mets en couple dans une famille recomposée, tu fais ça en même temps souvent que... Ça qui bouge. Donc, ça demande encore plus de challenge. Mais les familles recomposées et les couples de familles recomposées qui viennent me consulter vont être plus à même, je trouve, de travailler, de se remettre en question, de bosser parce qu'ils ont aussi l'enjeu de...
- Speaker #0
Pas une nouvelle fois.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu vois ?
- Speaker #1
Pas renouveler ce qui a déjà été renouvelé. C'est ça. Ok, ça va.
- Speaker #0
Et peut-être plus enclin à voir leur part de responsabilité dans la relation que dans les premiers couples.
- Speaker #1
Ou on accuse systématiquement. Oui. Quasiment.
- Speaker #0
Je trouve que ça bouge un peu ça. Oui. D'autant plus qu'il y a une étude qui prouve qu'on dit que 50% des couples se séparent en France, mariés. 73% des secondes coupes mariées, 93% des troisième coupes mariées, donc on se sépare de plus en plus. Mais c'est surtout, si on n'apprend pas, si tu bosses pas la relation, si tu comprends pas ce qui s'est passé, parce que ça va se reproduire, si tu comprends pas ce qui s'est passé, bah oui, ça va se repasser, ça va être encore plus, encore plus, encore plus. Donc, quand on apprend, C'est intéressant. Nous, après la séparation, on s'est rencontrés avec Julien après et on a fait une formation de couple. C'était pas vraiment une thérapie de couple, mais en fait, on a fait une formation en ligne sur le couple, comment ça formait et tout ça, dans l'idée de dire ok, c'est quoi ta part, c'est quoi ma part en miroir. Donc après, c'est assez facile, on est tous les deux des professionnels de l'accompagnement, mais quand même, ça nous a permis de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Si on ne l'avait pas fait, on serait séparés. Je peux te parler de nos premières vacances. On part tous les deux. Et à cette époque-là, on venait de racheter une voiture 7 places. Avant, tu sais, on suivait comme ça. On achète la voiture 7 places. On part en vacances. La première semaine, c'est l'horreur. On est dans un plus petit logement. Nos enfants, moi, mes filles, c'est la deuxième année qu'elles sont sans leur papa. Donc, c'est encore nouveau. Les enfants de 3e année. Donc, c'est nouveau. Et puis, les places sont plus petites. Et puis, bref, trop de choses. Et on s'est dit avec Jules...
- Speaker #1
Il faut faire avec plus de personnes.
- Speaker #0
Il faut faire avec plus de personnes, les habitudes de chacun, les envies, la fatigue, l'énervement, et puis les vacances, c'est tellement symbolique pour les enfants. Tu sais, c'est le moment où ils déchargent et en même temps, ils grandissent. Il y a plein de choses qui se passent. Et on s'est toujours dit, si on avait eu deux voitures, on s'est séparés. Parce que ça a été hyper dur la première semaine, mon Dieu. Moi, j'ai pris mes gamines, je suis partie sur la plage. Et puis, très vite, anniversaire de ma puce, ça switch, on fait un truc ensemble, et ça y est, c'était parti pour la vie. Mais si on avait eu deux voitures, j'aurais pris ma voiture, je me serais cassée. Mais là, on n'avait qu'une seule voiture, donc c'était pas possible. Donc, des conflits, il y en a, des tensions, il y en a. Si on apprend à pacifier, c'est ça aussi, c'est que souvent les couples me disent il ne faut pas de conflit. Alors, s'il n'y a jamais de conflit, ça veut dire qu'il n'y a pas de sécurité dans la relation. Donc, il y en est un peu. C'est pas un problème en fait de ne pas être décor. C'est pas un problème d'être en lutte.
- Speaker #1
Le conflit en lui-même, il n'est pas un problème ?
- Speaker #0
Non. S'il devient de la rage et de la violence, ok, là il y a un problème. Mais le désaccord, les tensions, ça a du sens parce que ça permet de se mettre à jour. La problématique, c'est pas tant le conflit. C'est quand tu n'arrives pas à pacifier et que tu restes sur ça. Parce que de mon regard, dans chaque conflit, encore une fois, tu as une opportunité de grandir ensemble.
- Speaker #1
Je vais rebondir là-dessus, justement, ça tombe bien. La question du ventre, elle est un peu en lien avec ça.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais elle peut amener quelque chose d'autre. Les moments où les couples commencent vraiment à s'inquiéter, c'est quand ? Quand ils viennent te voir, ils se sont inquiétés pour quoi, en fait ? La peur de perdre le couple, est-ce que c'est l'une qu'il y a d'autres choses ?
- Speaker #0
Alors, je vais avoir certains couples... L'un des deux va prendre le rendez-vous parce qu'il sent l'autre glisser. Glisser vers une dépression, par exemple. Ou glisser vers des comportements compulsifs, addictifs. Glisser vers quelque chose de l'ordre de Thanatos, de l'énergie de mort. Et donc, ils vont se rendre compte que là, il y a besoin d'un tiers. Et que j'ai beau le dire à mon partenaire, j'ai beau lui dire, comme ça vient de moi, c'est pas entendu. Et donc, comme moi, j'ai des rendez-vous individuels, je vais aussi très vite me rendre compte si c'est le couple qui dysfonctionne, ou si c'est les autres domaines de vie qui ne vont pas bien dans la vie de la personne qui vont impacter le couple. Quand je te dis les autres domaines de vie, on en a 5, tous et toutes, toi, moi, tous les êtres humains. Le domaine de vie conjugale, qui fait que les personnes consultent, alors parfois elles sont en couple, elles consultent parce qu'elles sont en couple, parfois elles ne sont pas en couple et elles consultent parce qu'elles ne sont pas en couple, mais le domaine de vie conjugale, il existe, même s'il n'est pas rempli. Tu vois, mais il est quand même dans la tête de quelqu'un.
- Speaker #1
Là, tu veux dire qu'il y a des couples légitimes qui viennent te voir ?
- Speaker #0
Oui, par exemple. Ok,
- Speaker #1
ça marche.
- Speaker #0
Et il y a aussi des personnes qui ne sont plus en couple, mais qui veulent travailler sur pourquoi je ne suis pas en couple ? Pourquoi je n'arrive pas à faire ? Ok,
- Speaker #1
ça va.
- Speaker #0
Ensuite, il y a le domaine de vie familiale. Comment je me sens dans ma famille ? Quelles sont mes relations avec ma famille, la famille de l'autre ? Le domaine de vie pro. Comment je me sens professionnellement ? Le domaine de vie sociale. Est-ce que je suis un être social ? Comment je me connecte ? J'ai des activités, voilà. Et puis, le domaine de vie personnelle. Comment je me sens seule avec moi-même ? Est-ce que j'ai du temps pour moi ? Et je vais très vite évaluer dans les rendez-vous individuels ? Est-ce que c'est le domaine de vie conjugale qui est le moins satisfaisant, genre 0 sur 10 c'est éclaté au sol, c'est l'horreur ? Ou est-ce que non, le domaine de vie conjugale, je suis à 6 sur 10 par contre en personnel, quand je suis seule avec moi-même ? Ou mon pro, je suis à 2 sur 10, ça n'a pas de sens, je suis perdue ? Ou familialement, j'ai une place dans ma famille qui fait que je suis le mauvais objet, je détruis ? Donc l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, a évalué que si nos 5 domaines de vie sont déséquilibrés à terme, il y aura un problème de santé mentale, de santé sexuelle, de santé relationnelle et de santé physique. Donc, j'invite toute personne qui écoute d'ailleurs à regarder comment je me sens. On va faire un rond comme ça, qui va représenter ton temps. Il y a déjà l'idée de se dire quelle part de camembert je donne à mes 5 domaines de vie. Est-ce que je les ai, les 5 domaines de vie, ou est-ce qu'en fait j'ai mon pro et mon familial et j'ai que dalle autour ?
- Speaker #1
Le but c'est de trouver un 20% d'équilibre.
- Speaker #0
Pourquoi ? Parce que quand tu as un équilibre, quand ça va mal au niveau conjugal, tu t'appuies sur les autres domaines. Quand professionnellement c'est la merde, tu t'appuies sur les autres domaines. Comme vraiment, au cabinet, j'ai un grand rond, un tapis comme ça, et je me mets au centre en disant, ok, là je suis dans mes cinq domaines de vie. Si par contre je suis déséquilibrée parce que j'ai mis toute l'énergie en pro, forcément c'est compliqué. Donc j'amène chaque individu à se recentrer. Et donc, j'ai perdu le début du propos que tu me disais, mon cerveau a fait des allégations, je suis partie certainement loin.
- Speaker #1
c'était je suis perdu aussi c'était quand les couples commencent à s'inquiéter ok ça marche soit parce qu'ils vont se rendre compte que leur partenaire est en train de glisser dans
- Speaker #0
de la colère, de l'addiction de la violence vers soi ou vers eux ou vers les enfants soit plutôt vers des perçus dépressifs ou soit parce que leur partenaire n'est plus dans la relation, il est absent Merci. ignorant, il n'y a plus avant il ou elle m'engueulait maintenant, tu fais ce que tu veux ça c'est un signe l'opposé de l'amour c'est pas la haine c'est l'ignorance dans la haine, même si elle peut être délétère il faut comprendre, il y a de la relation dans l'ignorance, il n'y a plus de lien Et l'ignorance, c'est fort. J'ai eu des couples où tu peux ne pas avoir une thune, je m'en tape. Tu peux crever la gueule ouverte, je m'en tape. Tu peux coucher avec qui tu veux, je m'en tape. Et pas des couples libertins, par exemple. Là, ça veut dire qu'il y a de l'ignorance. Et l'ignorance, soit c'est parce que je souffre tellement que je me ferme à tout le monde, soit c'est parce qu'il n'y a plus de lien. Donc ça, c'est la deuxième raison de prise de rendez-vous. La troisième raison, ça peut être sur des choses un peu plus légères. plus ou moins mais par exemple on a envie d'un enfant et on n'arrive pas à procréer donc l'aspect sexo va être intéressant on a un gros projet de déménagement donc du coup on a besoin de soutien on aimerait aller mieux encore mieux, il y a quand même des couples aussi qui vont bien mais qui ont envie d'aller encore mieux donc qui viennent nous consulter dans un côté un peu plus joyeux sexuel encore plus de désir, encore plus de connexion encore plus de fun Il y a des couples qui ont traversé une phase bien down parce qu'il y a eu des deuils, des choses comme ça, et qui se rendent compte qu'ils ont besoin de clés pour reconnecter. Et puis, il y a aussi des couples où l'un des deux est là pour soutenir l'autre dans ses troubles sexuels.
- Speaker #1
Ok, ça marche.
- Speaker #0
Donc, c'est assez différent. Mais il y a souvent un événement quand même qui va switcher.
- Speaker #1
On va parler du côté désir maintenant, homme-femme.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qui souffre le plus du manque de sexualité dans les couples ? Les hommes ou les femmes ? Ou c'est à tendance assez équilibré ?
- Speaker #0
Ce que je repère, c'est que les femmes que j'accompagne vont plutôt me dire... Elles vont plutôt se questionner identitairement quand elles n'arrivent pas à être mère. Les hommes vont se questionner identitairement quand ils n'arrivent pas à être amant. Il y a quelque chose de l'identité. qui est plus présent chez les hommes. Tu vois les hommes qui vont venir me dire j'ai un trouble érectile, j'ai des problèmes d'éjaculation, ils se sentent des demi-hommes, comme s'ils n'étaient pas virils. Il y a quelque chose vraiment de l'identité masculine. Les femmes, elles veulent plutôt dire j'arrive pas à lui donner ce que je veux, j'arrive pas à lui donner, mais ça parle rarement d'elles. Donc ça, c'est plutôt autour des troubles. Au niveau de la souffrance, ça va dépendre. Si c'est quelqu'un qui t'est construit dans... Je me sens validée, mais quand on a une relation sexuelle, tu vas être en souffrance si tu n'en as pas. Il y a des personnes qui sont dans une sexualité de validation. C'est-à-dire que je me sens validée quand on me désire. Si on ne me désire pas, je ne suis pas validée. Donc je suis, moins que rien, pas aimable, une merde. Ces personnes-là vont en souffrir, aussi bien les hommes que les femmes. Tu vois, c'est vraiment plutôt identitairement. Il y a des femmes ou des hommes qui se sont construits... dans l'adolescence et dans l'enfance, dans une difficulté d'estime de soi et de confiance en soi. Et en fait, au moment de l'adolescence, ils vont avoir retrouvé une part d'estime de soi à travers l'autre. Quand je suis en couple, j'ai de l'estime. Quand je suis draguée, j'ai de l'estime. Quand on a envie de me baiser, j'ai de l'estime. Ça peut aller loin parce que du coup, on peut aussi aller vers des personnes qui vont aller chercher des relations sexuelles non consenties juste pour avoir de l'estime. Mais en réalité, ils ne le consentent pas vraiment. Donc, ces personnes-là, quand ils sont dans un couple où l'autre ne désire plus, ça leur fait tellement mal. Parce qu'ils peuvent avoir des difficultés à entendre « votre partenaire n'a pas de désir » . C'est différent de « votre partenaire a du désir, mais pas pour vous » .
- Speaker #1
Ok, ça marche.
- Speaker #0
Ce n'est pas la même blessure. J'accompagne des hommes qui n'ont pas de désir, beaucoup. d'hommes qui n'ont pas de désir, ça s'appelle un désir hypoactif masculin.
- Speaker #1
Pas forcément des personnes qui avancent dans l'âge ? Pas forcément.
- Speaker #0
J'accompagne des hommes de 20 ans qui n'ont pas de désir. J'accompagne des hommes...
- Speaker #1
Ouais, il y a aussi cette tendance-là où on parle de...
- Speaker #0
de cette génération qui déjà ne veut plus d'enfants et qui la sexualité pour eux c'est pas quelque chose de primordial je l'observe avec des troubles hérétiques très jeunes sur des jeunes publics des vaginismes et des difficultés très jeunes alors moi la consultation elle va se faire à partir du moment où il y a une souffrance s'il n'y a pas de souffrance il n'y aura pas de consultation donc j'accompagne très peu de personnes asexuelles Par exemple, la sexualité, si je te rappelle, c'est vraiment quand on met quelqu'un dans un contexte érotique, où 99% de la population serait impactée, il y aurait de la dopamine dans le cerveau, une réponse sexuelle, de la chaleur. Pour les personnes asexuelles, il n'y aura pas de réponse sexuelle et pas de dopamine dans le cerveau. Pourquoi ? Parce que soit... elles n'ont pas développé le dernier stade psychosexuel, donc elles n'ont pas à peu près entre 10 et 17 eu cet espace pour se découvrir, désirer voilà, ou soit parce qu'elles ont déjà vécu des expériences sexuelles où elles se sont dit, c'est surcoté ça les blase, ouais franchement oui j'ai des hommes ou des femmes qui vont me dire 37 ans, un jeune homme, 37 ans il a vécu une vie érotique tellement ouf que 37 ans il a tout vécu donc il...
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
plus rien de l'actif.
- Speaker #1
Ok, ça marche.
- Speaker #0
Et puis, de mon regard, il y a un évitement relationnel chez les jeunes générations. Le Covid a beaucoup moins impacté la relation à l'autre. Et puis, je ne rentrerai pas dans le débat du féminisme, du masculinisme, de tout ça. Mais par contre, ce que je peux observer en cabinet, Je suis une sexologue qui a beaucoup d'hommes en cabinet, donc on parlait à mes collègues. Les hommes que j'accompagne, il y en a certains qui me disent « je ne sais plus, je ne sais plus. Je ne sais plus être en relation. Je ne sais plus si j'ai le droit de partager en sexologie ce qu'on appelle l'agressivité phallique. » Donc c'est la notion érotisme de la sexualité de la verge et de la sexualité pénétrante. Je n'ose plus exprimer parce que je suis associée au violeur libidineux blanc, je suis associée... Je ne sais plus comment faire.
- Speaker #1
Ça, tu le constates ?
- Speaker #0
Je le constate beaucoup et je ne sais plus. Je te parle d'un jeune homme qui a difficile à rentrer en relation. Peut-être, il n'est pas diagnostiqué, mais peut-être un petit trouble du spectre. Tu sais qu'on peut l'imaginer, en tout cas, plutôt Asperger, c'est quelqu'un qui est très adapté, mais qui peut être déjà en difficulté dans la relation. Et parler à une fille, il fait « Wow, il a 22 ans, très intelligent, plutôt un beau mec, en plus, tu vois. » Et je lui dis « Ok, c'est... » où est-ce qu'elles sont ? Où est-ce que vous pouvez les voir ? Maintenant, je vais à la salle de sport. Ça peut peut-être se faire à la salle de sport. Il se pose, il fait son sport et il voit une jeune femme et il la regarde de loin, mais sans être, et je lui fais confiance, sans être... Lourd. Sans être dans un truc hyper lourd et tout, en regardant, il a juste son cul et c'est ça ou quoi que ce soit. Et il y a une jeune femme qui le voit faire et qui lui dit, qu'est-ce que tu fais là ? T'es en train de la reluquer. Et lui, il perd tout.
- Speaker #1
Ben oui.
- Speaker #0
et il me dit je sais plus comment faire il y a ça et puis il y a ces jeunes femmes qui vont se rendre compte très vite parce qu'elles ont regardé trop tôt du porno scénarisé qu'elles scénarisent dans le sens alors à ce moment là il faut que je crie à ce moment là il faut que je elles ont perdu leur en fait elles sont objets de sexualité mais pas sujets, sujet c'est quand tu choisis tu choisis une menu, tu choisis ce que t'aimes,
- Speaker #1
ce que t'aimes pas tu choisis chier ou pas, tu choisis et elles peuvent être Merci.
- Speaker #0
Et ça, pour le moment, c'est plutôt féminin. C'est peut-être masculin, mais je ne l'ai pas rencontré. L'idée de dire, OK, ce que j'ai en support pour faire de l'éducation sexuelle, c'est le porno. Dans le porno, le comportement sexuel, c'est celui-là. Donc, je vais l'adopter parce que c'est ce qu'on a devant de moi. Mais très souvent, je vais ensuite avoir des consultations où il y a du vaginisme, donc des douleurs au rapport, ou une anorgasmie, j'arrive pas à orgasmer. Et quand j'ai les entretiens individuels, en fait, très vite, elles vont me dire, mais en fait, je ne sais pas si j'aime. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Parce que moi, je leur demande, qu'est-ce que vous ressentez ? C'est quoi les sensations ? Donc, elles ne sont pas dans leur corps. Elles sont ailleurs. Donc, il y a aussi ça. Donc, est-ce que c'est féminin, masculin ? De mon regard, le désir, il est aussi bien féminin que masculin. Ça dépend de ce qu'on a vécu dans notre vie. On n'est pas tous égaux face au désir. Donc, je te disais, on a les asexuels, on a les sexophobes qui ont du désir, mais il est associé à.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que des mauvaises histoires, parce qu'une odeur, parce que je sais pas quoi. On a les intermittents sexuels qui ont un désir qui monte, qui descend en fonction des années, en fonction de la luminosité, en fonction des partenaires, en fonction du menu qu'on leur offre. Il y a les sexophiles qui ont un rapport à la sexualité qui est de l'ordre de la passion. Ils auraient pu être mélomanes et être intéressés par la musique. Ils auraient pu être, je sais pas, oenophiles et être intéressés par le vin. Le vin, pardon. Ça existe peut-être avec le vent aussi.
- Speaker #1
Peut-être, oui. La chandeau.
- Speaker #0
Mais en tout cas, ils ont développé un rapport à la sexualité qui est de l'ordre de la curiosité. Donc c'est des personnes qui vont avoir envie de discuter de sexualité, de vivre, sans pour autant être pluriel, et puis on a les addicts sexuels, qui eux et elles ont 200% de désir, mais en fait ce désir n'est absolument pas récréatif, il est là pour gérer les angoisses.
- Speaker #1
Il est pulsionnel ?
- Speaker #0
Oui, il est pulsionnel. Il y a un truc à l'intérieur d'eux, énergie thanatos. de mort qui s'active, il y a trop de tensions trop d'anxiété et le seul endroit où ils peuvent le décharger c'est la sexualité c'est vraiment un évitement, j'ai fait mon mémoire en psychopathologie sur l'addiction sexuelle donc c'est vraiment un évitement de ce que je suis en train de ressentir qui va faire que je vais me défenostrer donc il faut que j'utilise l'autre pour que son corps me permette de retrouver la sécurité ma paix Et l'addiction sexuelle, pour le coup, on travaille plutôt à travers le regard aussi addicto et psychiatrie parfois.
- Speaker #1
Ok, question.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Les hommes veulent plus de sexe, mythe ou réalité ?
- Speaker #0
Mythe.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Franchement, mythe, parce que parfois, j'ai beaucoup d'hommes qui disent, mais en fait, j'ai juste envie d'être contre toi. Vraiment. Bien sûr que j'ai du désir, bien sûr que je te désire, mais on s'est tellement éloigné qu'à chaque toucher, j'attends pas forcément de vivre un moment de sexualité les seules personnes hommes ou femmes qui vont chercher un rapport sexuel pénétratif même si pour moi un rapport sexuel n'est pas que pénétratif mais en tout cas c'est parce qu'ils se sont construits dans la validation sexuelle, c'est ce que je te disais au départ est-ce que c'est prouvé ou pas que les hommes ont plus de désirs ? non, biologiquement c'est pas prouvé dans le cerveau c'est pas prouvé j'accompagne des femmes qui ont un désir hyper importants, qui peuvent faire l'amour 3-4 fois par jour, que leur cycle bouge, qu'ils bougent pas, et j'accompagne des hommes qui n'ont pas de désir. J'ai pas de désir du tout. J'ai par contre conscience que notre société fait que la santé mentale des hommes particulièrement, des femmes aussi, mais des hommes particulièrement, va mal. Parce que pas d'autorisation, pas d'accès. Et quand on a une santé mentale qui va mal, il y a un refoulement de l'énergie. et elle se part dans la sexualité. Donc, les chiffres montrent que 96% des agresseurs sont des hommes sur un point de vue sexuel. Est-ce que c'est du désir sexuel ? Pas toujours. C'est de la souffrance, probablement, qui entraîne de la psychopathologie, qui entraîne des agressions. Pour moi, mythe, parce que c'est pas réellement prouvé.
- Speaker #1
Et dire... Oui,
- Speaker #0
alors forcément, je vais aussi voir une partie des hommes. Il y a certainement plein d'hommes que je ne vois pas qui peut-être me diraient le contraire. Mon expertise ne me donne pas à voir ça.
- Speaker #1
Ok, ça marche. On parle beaucoup d'objets du plaisir maintenant, et ça c'est un peu démocratisé. Est-ce que ça fait partie de... La sexualité des couples, maintenant.
- Speaker #0
Quand tu dis objet, c'est... C'est le sex-toys. Parce qu'il y a la notion en sexualité d'objet et de sujet. Objet, c'est la partie sex-toys. Ça peut être une alternative pour plein de couples. Il y a pour autant des personnes qui vont se mettre en concurrence avec le sex-toys. Je peux accompagner par exemple des hommes ou des femmes j'ai peu dans mon cabinet de couples homosexuels j'en ai très peu, c'est une petite minorité donc mon expertise va plutôt sur les couples hétéros j'ai beaucoup d'hommes qui peuvent avoir des troubles érectiles ou des cancers de la prostate ou qui vont se mettre vite en concurrence avec un sex toys
- Speaker #1
Ok
- Speaker #0
Alors que vous êtes bien plus qu'un objet de silicone et qu'il y a bien plus de connexion, mais comme si, merde, s'il y a ça, à quoi je te sers ? Il y a vraiment ça qui peut exister. J'ai moins cet élément-là sur les femmes. Par contre, certaines femmes vont pouvoir me dire, je ne me suis jamais masturbée. Je ne me suis jamais autorisée. Vous, vous avez une verge qui est extérieure, un membre qui est extérieur, que vous pouvez toucher quand vous urinez, plein de choses. Beaucoup de femmes, c'est interne, on ne sait pas trop comment c'est. Il y a plein de croyances. Si je me touche, du coup, ensuite, les tampons, ça va me faire que je ne suis plus vierge. Mon hymène, il y a plein de croyances avec finalement le vagin et la vulve qui n'est pas visible. Donc, beaucoup de personnes vont se méconnaître. ça fait partie d'ailleurs du deuxième point de la santé sexuelle, il y en a sept. Le premier point c'est fantasmatique érotique, si j'ai pas de fantasmatique j'ai pas de dopamine, j'ai pas de réponse sexuelle. Deuxième point de la santé sexuelle, la masturbation. Si je me masturbe bien et que je connais bien mon corps, demain j'aurai pas de troubles. Par contre si je connais pas mon corps, je me masturbe pas et que je te donne mon corps, je risque d'avoir des troubles. beaucoup de femmes que j'accompagne sur du vaginisme ou des douleurs au rapport, je vais me rendre compte qu'elles ne sont jamais autorisées à connaître leur corps. Comme si je suis en couple, je te trompe. Il y a presque ça. Avec cette croyance-là. Et sortir du vaginisme, sortir du vaginisme, ça passe aussi par retrouver de la sécurité avec soi, avant de retrouver la sécurité avec l'autre. Au départ avec ses mains, ses doigts, parfois certains sex toys. Et là ? Quand j'accompagne un couple où madame a du vaginisme et que je dis ça, je vais avoir monsieur qui va dire, attends, pas de rapport avec moi, pas de toucher, pas de récréation, mais elle me sent évincée. Il peut y avoir un truc comme ça. Et dis-moi comment je te masturbe, je te dirai quel trouble tu vas avoir par contre. Beaucoup de gens se masturbe mal. Comment on se masturbe bien ?
- Speaker #1
Non, non, pas du tout. Non, non, c'était par rapport à une de tes phrases là. Ouais. Le couple, le terme couple, peut-il tuer le désir ?
- Speaker #0
On désire ce qui nous manque. On désire partir en vacances sur une île parce qu'on ne peut pas y aller. On désire du chocolat parce qu'on n'en a pas. On désire le corps de l'autre parce qu'il nous a manqué. Donc la fusion va abîmer le désir. Le, comment on va dire, manger le matin, le midi et le soir d'un plat que tu adores. D'un moment, tu vas t'enlacer. Est-ce qu'on est fait pour être avec un seul personne ? Pour interrogation. Si on est des animaux...
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il y a une réponse.
- Speaker #0
Non, je n'ai pas de réponse. Tu vois, j'accompagne des couples libertins qui vont vivre des moments sexuels avec d'autres, mais qui s'aiment très fort. J'accompagne des couples qui sont monogames, mais qui vont très mal. Donc, je n'ai pas de réponse à ça. Ni positif, ni négatif à donner. Tu vois, c'est vraiment chaque individualité. Ce que je peux remarquer, par contre, c'est que le désir s'est stèle vraiment dans le manque. Il y a des personnes dans un couple, l'un est trop désirant, du coup l'autre n'a pas l'espace pour désirer. Souvent je dis, si le désir il est là, en fait, pour le voir et pour l'exprimer, il faut de la place, il faut de l'espace. La fusion extrême, le fait que quand quelqu'un, par exemple, développe une dépendance affective envers toi, il y a trop de ton espace qui est bouffé. Si quelqu'un me dit, t'es tout mon monde, au départ, ça va me faire sourire, et très vite, je vais faire... Attends, ça serait bien que professionnellement, tu existes sans moi, que socialement, tu existes sans moi, que t'es aussi ton espace de famille, et que quand on se retrouve, c'est génial. Mais si par contre, je suis ton seul objet de survie, ça va éteindre le désir.
- Speaker #1
Ça marche. Si les couples étaient totalement honnêtes envers eux, sur leur désir, est-ce que beaucoup survivraient ?
- Speaker #0
Envers eux ? Dans le couple ou envers eux-mêmes ?
- Speaker #1
Dans le couple.
- Speaker #0
Si dans le couple on se disait vraiment ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En fait, ça dépend des blessures qu'on a eues. Dans un couple où on a développé un attachement sécure, on a confiance en soi, on a estime de soi, on est prêt à entendre les propos de l'autre parce qu'on comprend qu'on n'en est pas responsable. Par contre, quand on a une estime de soi, une confiance en soi qui est abîmée, le monde de l'autre, on en est responsable. Et là, du coup, c'est insupportable. Dans un couple qui va bien, où il y a l'attachement, et individuellement, on ne va pas trop mal, entendre que tu vois, quand tu fais ça, c'est un peu difficile pour moi, ça casse mon désir, c'est ok, ça marche. Comment je peux faire différemment ? Comment je peux faire différemment pour que ton désir s'exprime ? Ou ok, aujourd'hui, tu me dis que tu as eu du désir pour quelqu'un d'autre, que tu n'as pas été insensible à son charme, ça marche, ça parle de toi, comment on peut faire ? Il y a des couples où c'est insupportable. surtout si tu es mon seul objet de survie, que tu puisses me dire que ça, c'est insupportable. Est-ce que les couples se maintiendraient ? Je ne sais pas. Et en même temps, ceux qui ne se maintiendraient pas, peut-être que c'était leur chemin. C'est comme ça. C'était leur chemin.
- Speaker #1
Ça marche. Est-ce qu'il y a des situations qui t'ont marqué particulièrement dans des rencontres de couples que tu as faits ? Des couples qui t'ont surpris ?
- Speaker #0
Il y a plusieurs choses. Il y a des couples où j'ai été très touchée par de la violence.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
dans le couple, avec des couples où il y a eu de la souffrance pour aller jusqu'à des idéations suicidaires tellement c'était insupportable, de la dépendance affective et des violences. Il y a des couples où j'ai été très touchée suite au deuil d'enfant, un couple ayant perdu un enfant, un couple ayant vécu un IVG qui était très difficile. Ça, ça me touche beaucoup. Je suis très touchée dans les couples où l'un des deux a vécu des agressions sexuelles et l'autre est là, même s'il prend cher, dans le sens, quelqu'un qui a vécu une agression sexuelle, il y aura un lévé traumatique qui va faire que le corps de l'autre, même si je t'aime, il va devenir insupportable. Ça, ça me touche beaucoup, quand l'autre est vraiment là, en disant je suis là. Même si ça va être dur, même si plein de choses, je suis là. touchée par on va bien mais on va aller encore mieux ça je trouve ça génial je trouve ça génial même si le parfait est l'ennemi du bien mais dans un idée plutôt joyeux de dire et je fais des consultations de consolidation tu vois quand la crise est passée on consolide tous les 6 mois un an c'est une vraie joie je suis très touchée quand quelqu'un pour la première fois a un orgasme et me dit ça y est en fait j'ai libéré quelque chose en moi je m'autorise à être dans la joie
- Speaker #1
C'est cool, ça va être satisfaisant. C'est hyper chouette.
- Speaker #0
Et même si tout le chemin, c'est eux qui l'ont fait. Je ne suis pas responsable, je n'interviens pas dans les relations sexuelles de mes patients. Mais je ne m'ai pas touchée. Petite blague à part, c'est des vannes qu'on m'a fait quand j'ai commencé à faire ce métier-là. Mais tu es star du X, donc pas tout à fait.
- Speaker #1
Justement, je vais rebondir là-dessus. Est-ce qu'il y a parfois des moments drôles dans tes consultations ?
- Speaker #0
Ouais, il y a beaucoup de joie et heureusement, parce que l'héro c'est la vie, parce que moi je suis un peu dans la provoque aussi parfois, ou quand l'émotionnel est trop fort, parce que j'ai aussi des couples qui me racontent un souvenir érotique, tu vois, en me disant j'avais un couple où madame, plus de désir suite à un IVG qui a été très dur. Vraiment baisse de désir, madame elle associait la sexualité à la mort parce qu'il y a quelque chose qui s'est dépassé et elle n'arrivait plus à libérer cette image érotique en elle et donc plus à aller du tout vers monsieur. C'était très difficile et lui il le vivait comme... Déjà lui aussi était dans le propre deuil, même s'il ne le disait pas haut et fort mais perdre cet enfant ça a été dur pour lui aussi. Ne pas savoir quoi faire, l'impuissance, tout ça. Et donc cette connexion de vie là elle n'arrivait plus à exister. Et un jour, je lui dis, ok, ce serait quoi ? En fait, si vous n'avez pas peur, ce serait quoi le truc, le dingue que vous aimeriez faire ? Et elle me dit, j'aimerais vraiment, en fait, genre, m'attacher. Et du coup, qu'il soit là et qu'il arrive et je suis attachée, un peu offerte, dans quelque chose de très, pour autant, sécure. Ce n'est pas du tout un couple qui va aller vers le BDSM fort et de la douleur, mais dans la notion un peu de je-deux. C'est ça, dans la symbolique. Lui envoyer un message pour le provoquer, j'adorais faire ça. qu'est-ce qui vous empêche ? Il y a tout le regard sur soi. Qu'est-ce qu'on va penser de moi ? J'ai l'impression que mes parents me regardent au ciel. Toute la culture judéo-chrétienne. On lève ça petit à petit. Elle écoute des podcasts érotiques. Elle le retrouve et elle m'appelle en message en disant, bon, c'est la Saint-Valentin. J'ai envie de faire ça. Ok, ça marche. Qu'est-ce que vous pouvez mettre en place ? Qu'est-ce qui vous rassure ? Qu'est-ce qui ne serait pas rassurant ? Qu'est-ce qui serait menaçant ? On fait un peu le tour de tout ça. Et un fantasme érotique qui arrive pour la première fois. Génial, génial, génial. Et donc elle fait ce processus-là. Lui, il est pompier, donc en fait il rentre. Et en fait, elle s'attache, elle est apparemment dans un superbe robe, elle met un jeu, un sextoys, où d'un côté il y a une plume, d'un côté il y a une cravache. Avec un code un peu, elle met de la musique à fond et tout ça. Et heureusement, elle n'est pas nue, elle est dans une robe attachée. Et en fait, ce n'est pas son mari qui rentre, c'est le postier qui rentre.
- Speaker #1
Il est rentré ?
- Speaker #0
Il est rentré, il est rentré. et donc il a refermé tout de suite son mari est arrivé en même temps et donc du coup voilà mais elle était de dos parue tout ça tout ça mais bon voilà toc toc toc de façon suggestive voilà et ensuite ça est devenu un souvenir érotique qui les a fait décoller en fait et elle qui était victime d'un orgasme de j'y arrive plus a orgasmé s'est contactée et ça a libéré c'est hyper joyeux c'est hyper beau en même temps elle en rigole et et... Et voilà, j'ai d'autres souvenirs. Une dame qui me disait, plus âgée, qu'il y avait un jeune homme en amant. Elle ne trompait pas son mari, mais elle était seule et elle avait un jeune homme en amant. Et elle me disait, les premiers cunnilingus, qu'ils descendaient et puis ils remontaient comme ça en disant « Ça va, ça se passe bien ? T'aimes bien ? » Comme s'ils sortaient de son terrier. Toutes les deux minutes, je lui posais des questions. Et elle me disait « Je n'arrive pas à garder mon stéréo. » Et du coup, je n'arrive pas. Donc, c'est très joyeux et heureusement, parce qu'on aborde des choses de l'intime. et on te voit, c'est aussi mon job de ramener de la joie, je suis sérieux parce que j'ai pas du tout par contre pas l'idée de moquerie mais ouais c'est un boulot qui est hyper joyeux en réalité ok merci,
- Speaker #1
la dernière question le sexe dans le couple c'est souvent un lieu de rencontre ou un lieu de négociation ? ou une miseuse ?
- Speaker #0
ouais je pense qu'il y a les deux les deux en fait pour se rencontrer déjà il faut qu'on soit en sécurité ensemble et en sécurité avec soi Et ensuite, de négociations, de tests, d'expériences, en tout cas s'il n'y a pas de négociations et qu'on n'en est pas dans une fantasmatique érotique BDSM où on est tous en sécurité. Attention, il y aura des troubles sexuels. Donc, de mon regard, ça devrait être un lieu d'expérience, de test et de jouer. Je dis beaucoup, ça faut jouer pour jouir.
- Speaker #1
Donc, de négociation.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, de négociation à travers la joie.
- Speaker #1
À travers le jeu. Merci beaucoup. J'ai toujours un petit gimmick en fin d'interview. Je demande toujours si le revue était un titre de film. Ça serait quoi pour toi ?
- Speaker #0
Voyage au centre du cœur. Du corps, tu vois, voyage au centre du corps ou du cœur probablement. Du corps probablement parce qu'il y a tout. Voyage au centre du corps.
- Speaker #1
Comédie romantique, dramatique, documentaire ?
- Speaker #0
L'action ? Tout, en fait, il y aurait tout.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et du romantique, et de l'action, et du drame parce que ça fait partie de la vie. Et de la compréhension parce que j'ai vraiment moi ce besoin aussi, tu vois, de comprendre les choses, de les analyser de la profondeur.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
tout et je te dis d'un ouverture et c'est chouette qu'on finisse sur ça, je me sens tellement multiple que tout, toutes les musiques ça marche,
- Speaker #1
ok merci, et enfin le dernier la dernière phrase je demande toujours à mes invités de finir par un seul mot si tu avais un seul mot à donner à dire, ce serait lequel ? juste un seul mot, expérience ok ça marche Et pour moi, ce sera Génération. Merci beaucoup, Audrey.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci. Voilà, fin de l'épisode. Je vous donne rendez-vous pour le mois de mai, pour un autre épisode. Merci encore à vous. Et n'oubliez pas de parler du 7 mètres carrés. Ça me fera plaisir. Ça fera plaisir à tout le monde. La bise. Ciao les photogénes.