- Speaker #0
Bonjour à tous et à toutes, bienvenue dans cette nouvelle émission du Grand Sourire sur Modulus Radio, au cœur des entretiens de garancières 2026. Les entretiens de garancières et le congrès essentiel des chirurgiens dentistes, mais également, il faut le savoir, ouverts aux assistants et assistantes dentaires. Nous sommes ensemble pour 50 minutes d'échange et de débat avec des invités très très sympas. Mais ce n'est pas leur seule qualité, loin de là, puisque ce sont des professionnels d'un niveau que Djokovic lui-même apprécierait. Je voulais faire un petit hommage à mon sportif préféré. Tout d'abord le docteur Anne Benhamou. Bonjour Anne.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Tout va bien Anne ?
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
Pas facile parce que, il faut le savoir, pendant les entretiennes garanties, vous avez quand même multi casquettes. Vous êtes à la fois invité du Grand Sourire, ce qui n'est pas rien, mais vous êtes aussi président des entretiennes garanties en 2026.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Ça se passe bien ?
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Il y a le monde que vous voulez, les séances, tout.
- Speaker #1
On est au top.
- Speaker #0
Magnifique. On remarque, avec une présidente comme vous, forcément, ça se passe bien.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Également avec nous, le docteur Nora Alnaud. Bonjour Nora.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Ça va ?
- Speaker #1
Ça va super bien.
- Speaker #0
Plaisir de vous recevoir. Une bretonne, ça c'est chouette. On connaît une autre Nora, nous, au grand sourire. C'est Nora Hamzaoui. Mathieu ?
- Speaker #2
C'est qui ? Non, je plaisante.
- Speaker #0
Ça lui fera plaisir. C'est une copine à toi, non ?
- Speaker #2
Oui, c'est une collègue. Je ne l'ai jamais croisée encore.
- Speaker #0
Ah bah, mais elle aimerait bien te croiser. On m'a dit qu'elle voudrait te rencontrer. en tout cas on la salue bien entendu parce qu'elle nous écoute bien sûr et last but not least le docteur ahmed rabier bonjour ahmed bonjour je crois plaisir de vous rencontrer ahmed et de vous accueillir sur le plateau du grand sourire vous venez de lorraine vous ahmed de chartes de chartes pour être précis pourquoi j'ai dit lorraine c'est pas mais non faut que je révise faut que je veux vraiment que je révise mes fiches mais vous êtes bien garagiste on On est d'accord ? Oui, c'est ça. Exactement. Et également avec nous évidemment le chroniqueur dentaire Mathieu Lemoyne. Bonjour Mathieu !
- Speaker #3
Salut Geoffroy, comment ça va ?
- Speaker #0
Ça va, j'ai hâte d'écouter vos chroniques Mathieu. Et de l'autre côté du plateau, on retrouve celui qui clôture nos émissions, toujours avec fougue et brio, l'œil qui frise, le sourire en coin, l'humoriste le plus drôle de l'équipe, le seul en même temps, Mathieu Polo. Bonjour Mathieu !
- Speaker #2
Bonjour, vous allez bien ?
- Speaker #0
Ça y est, je t'ai piqué un peu là. Et ensemble, nous allons aborder un sujet nécessaire, les femmes du dentaire, entre contraintes. et des filles, un quotidien encore complexe. Et c'est donc avec nos trois invités d'exception que nous allons aborder tout cela. Nous allons débuter cette émission en vous présentant, chers invités, c'est la rubrique « À pleine dent » . Alors, votre point commun aujourd'hui est que vous êtes tous les trois des femmes. Enfin, sauf Ahmed, évidemment. Voilà. On va commencer par le docteur Anne Benhamou. Anne, vous êtes née à Casablanca, où vous passez vos huit premières années. Vous êtes... Votre adolescence se déroule en France, où vous faites notamment le conservatoire de danse classique. Une passion qui devait vous amener jusqu'à l'opéra, mais votre père a voulu que vous ayez un métier, un vrai. Un père fort qui vous alléguait une rigueur forte. Comme métier, vous avez toujours voulu faire de la chirurgie. Mais votre père, là encore, n'a jamais voulu que vous fassiez médecine, car vous étiez une princesse. Donc, hors de question d'être dans un bloc. Déjà, une première difficulté en tant que femme, c'est intéressant. Enfin, vous avez gagné une cause et vous faites dentaire. Vous avez eu votre doctorat... à garantir, donc vous êtes ici chez vous triplement. Vous en sortez d'ailleurs major de promotion, félicitations. Et curieusement, une fois dentiste, votre père accepte que vous fassiez médecine. Alors vous vous inscrivez, quatrième année, mais pendant l'été, vous allez aux Etats-Unis et vous faites un cours sur les implants. Et alors là, c'est le coup de foudre, les implants. Et aujourd'hui, vous êtes chirurgien dentiste. Votre passion, c'est votre métier et c'est notamment la relation avec vos patients. C'est vraiment ce qui vous anime.
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment ça,
- Speaker #0
c'est la relation avec le patient. Et vos hobbies, c'est l'art, la peinture, les concerts, les musées, le sport. Il faut savoir quand même qu'Anne a pendant des années fait du sport de combat comme le Krav Maga. On est quand même sur une femme forte. Et nous avons aussi avec nous docteur Nora Allnaud. Alors Nora, vous êtes diplômée à la fin des années 2000 à la fac odontologique de Rennes. Ados, vous vivez la grande période d'urgence. Alors là, on a Noah Wilde, Georges Clounet, alias docteur Carter et Ross. Ça nous ramène en enfance, enfin presque pour certains. Et cela vous a donné envie de travailler dans le médical. Vous avez eu votre concours médecine, mais votre caractère très manuel, vous avez fait dentaire.
- Speaker #3
Exactement.
- Speaker #0
Après votre doctorat, vous avez fait l'internat en chirurgie orale, vous devenez assistante à la fac, puis vous prenez la voie du libéral. Aujourd'hui, vous exercez à Saint-Grégoire, à côté de Rennes.
- Speaker #4
Exactement.
- Speaker #0
À 300 mètres d'un campus de l'Académie d'art dentaire, quand même, il faut le dire, notre partenaire. C'est pratique et vous y recrutez vos AD. Bien entendu, musicienne, guitare, piano, chant, danse, tennis, voile, une touche à tout avec de l'énergie à revendre, ça fait plaisir, bravo Nora. Et nous avons également avec nous docteur Ahmed Rabier. Ahmed. Parent médecin, gynéco-pédiatre, tout comme Nora, vous vouliez faire médecine, mais avec une orientation manuelle. En 2019, vous reprenez un cabinet à chartes, 6 fauteuils. Le cabinet constitue aujourd'hui de 11 fauteuils sur 750 m², une quinzaine de personnes, dont 4 praticiens et une praticienne, avec chacun une spécialité. Et 10 AD, un équipement digne d'une clinique dentaire. Magnifique développement. Mais ce développement, vous ne l'avez pas fait seul. On en profite pour saluer votre associé, Frédéric Chamier. Je n'ai pas écorché son nom, ça va ?
- Speaker #5
Non, c'est bon. En effet, je n'aurais pas pu faire tout ça tout seul.
- Speaker #0
Anne a été une de vos profs lors d'un début d'implanto. Oui. Et je crois que, pas seulement d'ailleurs Nora, vous avez aussi Anne. Alors qui n'a pas eu Anne comme prof ? Moi je n'ai pas eu Anne comme prof, je n'ai pas eu ce plaisir. Et c'est là d'ailleurs... Ah bah sinon vous feriez de l'implanto. C'est pas fini, vous avez raison.
- Speaker #1
Je sais pas, je peux t'enseigner autre chose, c'est pas que l'implanto dans la vie.
- Speaker #0
Ah bah oui, Krav Maga tiens, on revient des cours. La danse classique ? Ça serait pas mal. Et c'est pendant d'ailleurs ce début d'implanto que vous avez rencontré Frédéric, votre associé. où beaucoup de choses se passent, sur les formations de Anne Benhamou. Vous avez plongé dans la chirurgie les premières années, puis aujourd'hui essentiellement la prothèse, votre associé y a repris la chirurgie. On salue également votre épouse Mounia, qui est chirurgienne dentiste, ce qui n'est pas anodin pour notre sujet. Et votre vision sur le sujet sera justement très complémentaire, car vous travaillez avec un environnement très féminin, puisque vous avez une quinzaine d'assistantes dentaires. Votre épouse est chirurgienne dentiste, vous en tant que spectateur de tout cela, vous avez une vision extérieure qui sera très intéressante.
- Speaker #5
On va essayer un tout petit peu.
- Speaker #0
Maintenant qu'on vous connaît mieux,
- Speaker #3
on va passer à la chronique de Mathieu. On parle de quoi ? Geoffroy, aujourd'hui, on parle des femmes dans le dentaire. Et je commence avec un chiffre tout simple. 1 sur 2. En France, au 1er janvier 2025, un chirurgien dentiste sur 2 est une femme. Et oui, en 2012, elle représentait seulement 39%. de la profession, ça bouge et franchement, tant mieux. Parce qu'on vient de loin, Geoffroy, on vient de loin. Au 19e siècle, aux Etats-Unis, des écoles dentaires refusaient l'entrée des femmes. Alors, on va en citer une, Lucie Hobbs, une pionnière, dont je vous en parlerai un petit peu plus tard, en a fait les frais. Avant même de lui demander si elle était capable de soigner une dent, on avait décidé que ce n'était pas fait pour elle, tout simplement. Aujourd'hui, les femmes soignent, opèrent, enseignent, dirigent des cabinets. Alors, on va se dire, affaire réglée. On range le sujet et on passe à la météo ? Pas tout à fait. Tout simplement parce qu'être la moitié de la profession, c'est une chose, pouvoir y trouver pleinement sa place à toutes les étapes de sa carrière, c'en est une autre. Une grossesse à organiser au cabinet, l'envie de prendre des responsabilités, l'équilibre entre le boulot et tout le reste, qu'est-ce qui facilite les parcours et qu'est-ce qui les complique encore ? Avec au passage un petit cliché à laisser en salle d'attente, les femmes seraient forcément plus douces, l'écoute et la délicatesse... Ça se travaille. Ce n'est pas une option cochée à la naissance. Aujourd'hui, on va donc parler du quotidien, des obstacles, mais aussi des réussites et des bonnes idées à partager dans toute l'équipe d'Enterre. Alors, première question qu'on pourrait poser notamment à nos invités, qu'est-ce qui a vraiment changé et qu'est-ce que vous aimeriez ne plus avoir à expliquer en 2026 ?
- Speaker #0
Merci Mathieu pour cette entrée en matière. On va commencer par notre échange numéro 1. Ma première question, ça va être pour vous Anne. là on a vu Mathieu qui nous a parlé un petit peu du sujet vie pro, vie perso On est tous confrontés à ça, hommes ou femmes. Qu'est-ce que ça change en tant que femme, la gestion de la vie pro et vie perso, quand on est praticienne ou assistante dentaire dans cet univers médical ? Est-ce que les choses ont évolué par rapport à votre vision d'une époque et d'aujourd'hui, les nouvelles générations et ce que vous avez connu aussi, cette notion de gestion de la vie pro, vie perso ?
- Speaker #1
Je pense que les choses ont énormément évolué, oui, bien sûr. Si je me fie aux jeunes générations, la gestion de la maison et des enfants sont partagées, chose qui n'était pas à mon époque le cas. Donc aujourd'hui, si je me réfère par exemple à mes enfants, ils partagent tout. C'est-à-dire que s'il y en a un qui reste avec le bébé, le lendemain, c'est l'autre. Ils prennent leur RTT en fonction de ça. Toute leur vie est organisée en partage, ce qui n'était pas le cas à l'époque. À l'époque, il fallait que je me débrouille avec les courses, la maison, les enfants et mon boulot.
- Speaker #0
Et alors, comment on se débrouille à cette époque-là ? Parce qu'on parle d'une époque qui, finalement, n'est pas si lointaine. On parle de quoi ? Il y a 15 ans, 20 ans ?
- Speaker #1
Oui, mais... Alors... Je suis un cas un peu particulier parce que j'ai réussi à faire beaucoup de choses en même temps. Mais aujourd'hui, je pense que ce serait même encore plus facile parce qu'on a plein de choses pour nous aider. On peut faire les courses sur Internet, on n'a même plus besoin d'y aller. A l'époque, ce n'était pas pareil. Il fallait que j'aille au supermarché, je mettais les enfants dans le caddie et puis j'y allais. Ce n'est plus comme ça aujourd'hui. Aujourd'hui, le soir, dans mon lit, je clique sur trois clics et puis la livraison est faite. Les choses ont vraiment changé. On a besoin d'une babysitter aujourd'hui. Il y a des trucs sur Internet, deux heures après, il y a une babysitter qui arrive à la maison. C'est plus pareil. Alors qu'avant... C'était vraiment toute une organisation. Partir faire une conférence en province, il fallait que je trouve qui allait rester avec les enfants, qui allait aller chercher à l'école, etc. Aujourd'hui, les choses ont quand même beaucoup changé.
- Speaker #0
Donc, 2026, les choses ont évolué. Et quand on a préparé l'émission avec vous trois, ce qui ressort sur ce sujet-là, c'est une notion fondamentale d'organisation, en fait. Nora, vous me disiez que vous aviez un collègue médecin qui vous avait dit, tu verras, dans quelques temps, tu seras encore mieux organisée. Et au début, vous n'avez pas forcément compris ce qu'il voulait dire, mais après, au fur et à mesure, vous l'avez intégré.
- Speaker #4
C'est vrai qu'au début, c'était peut-être en début d'activité et puis il me dit ça et moi je me sentais déjà super organisée. Mais c'est vrai que je ne m'attendais peut-être pas à tous les challenges que la vie allait m'apporter, notamment les challenges de la vie de famille, le challenge d'une association, de gérer des équipes. Et finalement, c'est vrai que si j'apporte un regard en arrière, c'est vrai qu'aujourd'hui je suis beaucoup plus organisée que je l'étais parce qu'il n'y a pas le choix en fait, on est au pied du mur et même si on est sur une profession qui se féminise. C'est pas une solution. Il reste des difficultés quand même. Et je pense que l'organisation, c'est la clé de voûte qui fait qu'on est heureux et au travail et en mode de vie perso.
- Speaker #0
Et ça, plus prégnant que chez l'homme, c'est-à-dire en tant que femme, vous avez le sentiment que cette organisation est plus nécessaire. C'est-à-dire le conseil qu'on pourrait potentiellement donner, vous me dites, c'est à des nouvelles praticiennes qui viennent de terminer leurs études ou des assistants dentaires. C'est de dire quoi qu'il arrive, passez d'abord par la gestion d'une bonne organisation. Quel moment gérer quel problème, prioriser les tâches, et ça d'une manière plus appuyée que si on est un homme ?
- Speaker #4
Je ne suis pas sûre que le genre soit déterminant. Je ne suis pas sûre que le fait d'être un homme ou une femme amène cette contrainte nécessairement. Parce que comme l'a dit Anne, on a quand même aujourd'hui des messieurs qui sont des papas et des maris qui sont vraiment exceptionnels. Et on a beaucoup de chance comparé aux générations précédentes. Mais je pense que ça dépend surtout de son contexte finalement. Ça dépend de son contexte. de faire plein de choses, de faire de la formation, d'être compétent, de participer à des congrès, à des formations, on sera obligé d'être organisé, qu'on soit homme ou femme, et qu'on veut profiter de sa vie de famille et de sa vie personnelle. Mais c'est vrai que peut-être que c'est une tendance féminine d'être ambitieuse et de devoir répondre à différentes injonctions en même temps.
- Speaker #3
Vous la sentez comment, Nora, cette nouvelle génération ?
- Speaker #4
Ah bah moi je la sens super ! Superbe, forcément ! Mais comme l'ancienne était parfaite aussi, je pense qu'on a tous un contexte de vie qui fait qu'on est en réaction par rapport à ce qu'on vit. Et après, chacun réagit différemment et c'est la façon dont on va pouvoir réagir qui fait qu'on pourra le vivre de bonne manière, j'imagine.
- Speaker #0
Et finalement, est-ce que par rapport à ce que vous dites, homme ou femme, quoi qu'il arrive, savoir prioriser, gérer... Les problèmes, quand ils arrivent au fur et à mesure, est le secret d'une organisation optimale pour gérer sa vie pro-vie perso. Finalement, ça concerne les deux genres aujourd'hui. Mais les hommes ont à apprendre sur cette gestion de l'organisation. Des femmes, notamment d'expérience, qui, elles, en ont fait un élément, un mantra absolu. Avec, comme vous le disiez, Anne, une époque où c'était plus que nécessaire pour y arriver. Et donc aujourd'hui, vous devez être des modèles, quelque part, des personnalités comme vous, Anne. sur cette organisation sur laquelle les hommes praticiens doivent prendre exemple pour pouvoir s'organiser ?
- Speaker #1
Alors en fait, je pense que les hommes ont pas... Au départ, je pense, le même besoin que nous, les femmes, on a dans notre tête, il faut qu'on s'organise, il faut qu'on sache ce qui va se passer à chaque temps de la journée. Les hommes, c'est pas pareil, ils font la même chose, mais ils vont pas penser à ce qui va se passer à chaque moment de la journée, ils vont le faire. Alors que nous, on a besoin de le savoir en avance, ça nous rassure. Les hommes, ils sont peut-être moins... Tu me diras ce que tu en penses à mettre. C'est là où c'est intéressant d'avoir à mettre sur le plateau quand même. C'est très important parce que moi j'ai trois fils donc je sais comment ils fonctionnent. Et eux, alors bon c'est mes enfants, ils m'ont vu fonctionner toute ma vie. Mais quand même je vois qu'ils s'occupent parfaitement de leur maison, de leurs femmes, de leurs enfants pour ceux qui en ont. Mais ils ne se disent pas, tiens à 10h il va se passer ceci, à midi il va se passer cela. A 13h je vais vite faire entre deux trucs de cabinet, je vais aller faire ça. Ils le font. Mais ils le suivent le déroulement de la journée. Alors que nous, on a besoin d'être cadrés. Nous, les femmes, c'est peut-être comme ça qu'à l'époque, j'ai réussi à le faire.
- Speaker #4
Moi, je dirais que c'est plutôt le regard sur ces parcours de travailleuse, finalement, qui peut des fois être plus impactant que la nature de qui fait quoi et comment il le fait. Mais c'est plus le regard que peuvent avoir certaines personnes dans la société et qui peut des fois nous donner ces injonctions un petit peu difficiles et on peut se sentir des fois... différentes dans nos rôles de femmes par rapport à l'activité d'un homme. C'est plus ce regard que finalement la capacité à s'organiser. Mais il faut le faire.
- Speaker #5
Ce qui est intéressant, tu mentionnais que tu as trois fils, qu'ils ont vu comment ça fonctionnait. Moi, je vais parler en tant qu'homme dans cette émission, je vais essayer de ne pas dire de bêtises, mais globalement, je suis marié avec une chirurgien d'antis spécialisée en orthodontie. Clairement, la nouvelle génération aide beaucoup. On a pas du tout les mêmes concepts générationnels aujourd'hui que je vois moi à mon échelle mes parents, où en fait la maison c'était ma maman qui je devais gérer tout et mon père qui avait beaucoup de gardes donc moi ils étaient médecins, donc beaucoup de gardes à gérer les déplacements professionnels c'était obligatoire aussi et c'était forcément ma mère qui devait gérer ça. On arrive après dans notre vie de couple, en tant que chirurgien dentiste, où on a également un praticien on vit entre deux praticiens à essayer de faire attention à ça et malgré tout Merci. Ce qui s'est passé en fait dans ma vie personnelle, c'est qu'en fait il y a eu un moment dans ma vie où j'ai eu énormément de conférences par exemple, où je me suis déplacé énormément, j'avais l'impression pourtant de plutôt bien gérer les choses. Mais en fait c'est là où c'est important aussi d'avoir la communication dans le couple avec sa partenaire, parce que c'est là où en fait on a eu plusieurs discussions où en fait elle m'a quand même signifié que pour elle c'était pas suffisant, qu'elle avait aussi des ambitions, qu'elle avait aussi ses envies, et que pourtant moi j'avais l'impression d'être beaucoup mieux que mon père. Vous voyez ce que je veux dire en termes de gestion ? Mais en fait, ce n'est pas que ce qu'on a vu qui compte. À la fin de l'histoire, c'est quand même la communication dans le couple qui va faire qu'on va mettre la barre au bon endroit. Et je pense que c'est ça ce qui a changé beaucoup aussi. C'est-à-dire que oui, les mœurs sont changées entre les hommes et les femmes, mais en fait, la communication est devenue plus importante aussi. Je suis complètement d'accord avec toi. Anne,
- Speaker #0
on va vous confirmer ?
- Speaker #1
Ah oui, complètement d'accord.
- Speaker #0
Ahmed, votre constat, ce que vous dites, dans ce que vous pouvez... constatée au quotidien en travaillant dans un environnement très féminin, c'est qu'en fait vous ne voyez pas de réalité fixe, que c'est variable en fait. Finalement c'est plus une question d'organisation que de genre.
- Speaker #5
En fait, oui.
- Speaker #0
Vous rejoignez ce que dit Laurent ?
- Speaker #5
Tout à fait. A mon échelle, c'est vrai que j'ai un cabinet qui fait qu'il y a pas mal d'assistants dentaires. Je n'ai pas eu la chance de recruter d'assistants dentaires encore, donc je n'ai pas de comparatif. Mais en termes d'organisation, en réalité, ce n'est pas tant le genre qui va jouer C'est plus le contexte social, familial, qui va faire qu'on va avoir des gens qui vont être beaucoup plus organisés, parce qu'eux aussi, ils ont plus d'aide de la famille, entre autres. Par exemple, je vois très bien que, alors c'est à l'échelle de patron, entre guillemets, salarié, je vois très bien qu'il y a des personnes qui sont plus souvent absentes pour enfants, parce qu'il y a un enfant qui n'a pas bien, ou il y a des choses à gérer, parce qu'en fait, elles sont toutes seules. Donc en fait, elles n'ont pas trop le choix. Alors que j'ai des gens qui ont trois enfants et qui ne sont jamais absentes parce qu'il y a les grands-parents, il y a le mari qui travaille de nuit, qui peut être là la journée, ce genre de choses. Donc en termes d'organisation, j'aime à croire que tout le monde essaye d'être organisé et de donner le meilleur de soi-même, mais que le contexte fait que la vie fait que parfois c'est plus difficile.
- Speaker #0
Donc en fait, ce qu'on peut mettre en conclusion de cette première partie d'échange, c'est que... dans les différents cabinets quand on travaille avec un environnement féminin avec des femmes, que ce soit nos associées praticiennes ou que ce soit les assistantes dentaires, le cas échéant c'est de s'intéresser au contexte de la personne, de s'intéresser à la personne pour savoir si elle est déjà accompagnée d'une certaine manière, familialement accompagnée avec un conjoint ou une conjointe qui fait le job aussi avec elle et que Finalement, il n'y a pas de réalité absolue aujourd'hui en 2026, contrairement à une époque, comme vous disiez Anne, et que c'est vraiment l'environnement qui va compter.
- Speaker #1
Ceci étant, tu vois, à la question qu'il a posée tout à l'heure, je pense que si on pouvait changer ou ajouter quelque chose, moi j'ajouterais aujourd'hui à la faculté des cours d'organisation, des cours de la vraie vie, tu vois, des cours de vraie vie qu'on n'a pas, parce qu'ils sortent, c'est vrai, ils sont très jeunes. Moi je les vois, là, pendant le congrès de garancières, il y a eu au moins dix jeunes filles qui m'ont dit Madame, on peut vous poser une question ? Comment on devient docteur Benhamou ? C'est mignon comme question, mais si tu veux, il n'y a pas...
- Speaker #0
Preuve d'une belle réussite, bravo !
- Speaker #1
Non, mais c'est mignon, mais ça veut dire que peut-être qu'il manque la vraie vie. On en avait déjà parlé, parce que moi, quand je me suis installée, je ne savais même pas, à l'époque, on remplissait à la main les feuilles de sécu, je ne savais rien. J'ai dû apprendre sur le tas, dans mon cabinet, avec le patient en face, en disant, attendez, je lis, je vais essayer de comprendre comment est-ce qu'on remplit cette feuille. Mais je pense que voilà, si un jour on me demande mon avis, je pense que je rajouterais des cours d'organisation.
- Speaker #0
Mais est-ce que ce n'est pas le rôle aussi qui est joué, notamment, je le vois dans l'évolution, notamment on parle des entretiens de garancières depuis deux ans, où on trouve de plus en plus de séances, ce qu'on appelle soft skills, comportementales. On a vu, il y avait une séance sur la communication en cabinet nanterre ou des choses comme ça. Cette émission que l'on fait aujourd'hui, justement. Et comme ce n'est pas fait, comme vous dites, dans les instances universitaires, eh bien c'est fait par des associations. On va maintenant faire une première... petite pause dans cette émission avec notre partenaire
- Speaker #6
Académie d'Art d'Enterre. Fondée par Isabelle Dutel, meilleure ouvrier de France, nous formons chaque année près de 1000 étudiants et professionnels partout en France au métier de prothésiste et d'assistant dentaire ainsi qu'à l'optimisation des techniques cliniques et comportementales du praticien. Alors n'attendez plus, rejoignez les 500 entreprises qui nous font déjà confiance. Retrouvez toutes les informations sur nos formations et nos stages sur www.academieardentaire.fr L'Académie d'Art Dentaire Isabelle Dutel
- Speaker #0
Et nous voilà de retour sur le plateau du Grand Sourire. C'est maintenant le moment de la rubrique Sourire en coin.
- Speaker #3
Allez, on va retrouver notre chère et belle Lucie Hobbs. Pour vous qui nous rejoignez, c'est toujours une dentiste. On reste aux Etats-Unis, on reste au 19e siècle. Et pour que vous sachiez, Lucy Hobbs est à la base une institutrice. Alors, comme je vous le disais tout à l'heure, elle demande à entrer dans une école. Et vous savez, on lui dit non, parce que c'est une femme. Et là, la honte commence. Pour examiner des dents, ils avaient quand même une drôle de façon de regarder les candidatures. Un dentiste du nom de Samuel Wardle accepte de lui apprendre le métier. Alors, Lucy se forme et ouvre en 1861 son propre cabinet. avant même d'obtenir son diplôme. A l'époque, on pouvait apprendre par apprentissage. Alors, je précise le contexte historique, ne partez pas ouvrir un cabinet parce que vous avez réussi quand même à détartrer une cafetière. Ça, c'est important, ce n'est pas le même métier. Alors, elle travaille, elle fait ses preuves, et finalement, une école, enfin une école, accepte de l'accueillir. Et c'est seulement en 1866, elle devient la première femme du monde diplômée d'une école dentaire. C'est quand même assez exceptionnel. Pour avoir le droit d'apprendre le métier, elle a d'abord dû montrer qu'elle savait déjà le faire. On avait alors finalement inventé le poste junior avec 5 ans d'expérience. Alors ça, c'est quand même assez exceptionnel. Mais attendez, La suite est encore meilleure. Lucy épouse James Taylor et elle lui apprend la dentisterie. De base, c'est l'homme qui apprend à la femme. Et là, on apprend que finalement, c'est la femme qui apprend à l'homme. On voit le rôle de la femme dans la société qui évolue. Alors oui, la femme qu'on ne voulait pas former forme finalement son mari. Ils s'installent ensemble au Kansas. et ouvrent leur propre cabinet. Alors, leurs conversations privées, on ne les connaît pas, mais je vous propose peut-être une petite restitution absolument, absolument pas historique. Alors, on peut imaginer James qui dit, « Chéri, tu peux regarder, je crois que j'ai fait une petite bêtise. » Et Lucie, elle peut lui répondre, « C'est au cabinet ou dans la cuisine que je sache quel gant prendre quand même ? » Et puis, imaginez aussi un patient de l'époque qui insiste, « Je préférerais, madame, être soignée plutôt par monsieur. » Et elle pourrait lui répondre, aucun problème, absolument aucun problème. De toute manière, s'il ne sait pas, il me demandera. Alors ça, on voit aussi cette façon extraordinaire de changer la société. Puis derrière la blague, quand même, il y a quand même eu un sacré parcours. Un confrère lui ouvre une porte, elle construit sa carrière, puis finalement, elle transmet son savoir. Alors, vous savez, moi, ce que j'aime, c'est qu'elle n'a pas eu besoin de faire un grand discours pour en démontrer les préjugés. Elle a ouvert son cabinet. Et quand il a fallu recruter un homme compétent, C'est elle-même qui l'a formée, tout simplement.
- Speaker #2
Merci Mathieu.
- Speaker #3
Mathieu Polo ? J'aime pas trop. Ce que j'allais dire, j'allais dire,
- Speaker #2
j'aime pas trop. Tu commences à être drôle, tu commences à marcher sur les plates-bandes. On verra, on tombe à planer tout à l'heure.
- Speaker #3
Je crois qu'il voudrait te piquer ton poste un petit peu. On se rend compte que c'est quand même quelque chose de très compliqué de faire de l'humour.
- Speaker #2
Mais on le voit avec toi.
- Speaker #3
Ne parlons pas de ta calvitie Mathieu.
- Speaker #0
On revient sur un humour professionnel. Nous allons passer maintenant à l'échange numéro 2 avec nos invités et je voudrais qu'on parle notamment de la relation au patient en tant que femme. Nora, quand on a préparé cette émission, vous disiez qu'en tant que femme, peut-être qu'il existait une envie pour que, en tout cas vous vous le sentez comme ça, pour que les gens soient bien, vraiment, qu'ils soient heureux et parfois, en voulant le faire, on accepte parfois des choses qui peuvent déboucher sur des relations qui génèrent une certaine tension. Vous pouvez nous en parler ? Alors moi je pense qu'en effet en quelques années de pratique j'ai vu un petit peu de tout. J'ai beaucoup vu les gens qui venaient pour voir le docteur Nora, monsieur Nora, et en pensant qu'Alno était mon prénom. Ah oui d'accord. Et souvent en consultation, et ça m'arrive encore maintenant, où on va me dire au bout d'un moment, mais attendez c'est vous qui allez m'opérer ?
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'on vous prend pour l'assistante dentaire ?
- Speaker #0
Ah bah oui, très très très souvent. Et donc je leur dis bah oui, sauf si vous voulez pas de moi, a priori ce sera moi. Donc ça je le vois encore souvent.
- Speaker #1
Alors ça Nora je vous arrête, c'est quand même incroyable cette expérience que vous nous donnez. donner là parce que ça veut dire, et là il y a une vraie différence pour le coup entre hommes et femmes même en 2026, c'est-à-dire que vous nous dites, il y a parfois des patients qui, du fait de mon nom et mon prénom, ne savent pas si je suis un praticien ou une praticienne et donc sont étonnés de me voir et peuvent à un moment donné me prendre pour l'assistant dentaire. Mais ça n'arriverait jamais à un homme. C'est-à-dire qu'on ne pourrait pas prendre un homme pour l'assistant dentaire alors même qu'on le rappelle qu'il y a quand même 2 à 3% des assistants dentaires qui sont des assistants.
- Speaker #0
Ah bah maintenant oui, on en a. Moi j'ai une amie qui a un assistant qui s'appelle Ange, qui est adorable d'ailleurs, donc bonjour au passage. Mais c'est vrai que je pense que si Ange prenait un jour une consultation pour sa praticienne, pour lui rendre service, le patient n'y verrait que du feu. Oui c'est ça,
- Speaker #1
on pourrait croire que c'est lui le chirurgien hantiste. Donc ça c'est une vraie différence quand même, mais sociétalement parlant, pas psychologiquement pour vous.
- Speaker #0
Heureusement ça n'arrive pas tout le temps, mais ça arrive régulièrement. Donc il y a eu beaucoup ça, il y a eu aussi forcément, plutôt au début... où on fait une consultation, puis on voit le patient revenir quelques jours plus tard avec un des associés hommes. Et l'associé me dit, je suis désolée, il a préféré avoir mon avis. Bon, on vivra avec. Ça,
- Speaker #2
c'est quelque chose que vous vivez quand même.
- Speaker #0
Alors, plus maintenant. Mais au début de mon activité, ça pouvait arriver. Alors, c'est peu arrivé, mais ça a pu arriver. Et puis, on parlait des patients à qui on veut rendre service. On a envie de se donner complètement parce qu'on est exigeant avec son travail. Et heureusement, je pense que dans la grande, grande, grande majorité des cas, ça nous est rendu. C'est-à-dire que je pense que j'ai 99,9% des patients avec qui j'ai une très belle relation. Et puis d'autres, peut-être, je ne sais pas, qui pensent que peut-être ils peuvent... Mais c'est des gens qui, à la base, sont malsains. C'est-à-dire que je ne pense pas que c'est le fait, moi, d'être une femme en santé qui m'expose à ça. C'est des gens qui, de toute façon, se comportent certainement mal dans leur vie de tous les jours, mais qui peuvent, de temps en temps, venir grignoter, Et détériorer cette relation praticien-patient. Et c'est là où je pense qu'il faut savoir faire un pas en arrière et leur dire très calmement, poliment, parce que je pense que c'est ce qui me caractérise, et je ne suis pas capable de violence ou d'impolitesse, mais leur dire calmement, écoutez, je ne me sens pas à l'aise dans notre relation. Soit on arrive à trouver un terrain d'entente, soit je pense qu'on va devoir arrêter, je vous orienterai vers quelqu'un d'autre, et on se quitte bons amis et on en reste là.
- Speaker #1
C'est un vrai sujet parce que, Ahmed, quand on a préparé cette émission, vous me disiez que la différence pour vous débute déjà avec le patient. Lorsqu'on est une femme, vous, vous le constatez avec notamment votre épouse, mais pas seulement, aussi les femmes que vous avez au cabinet dentaire. Il y a un besoin de faire tout de suite leur preuve. Et je crois d'ailleurs que Mounia, votre épouse, a souvent eu une première approche du type « Mais vous êtes l'AD ou le praticien ? »
- Speaker #3
Oui, c'est ce que racontait Nora, c'est vrai que c'est le grand classique. Surtout quand on finit, quand on est un peu jeune et qu'on vient de finir ses études. Je crois que beaucoup de femmes chirurgiennes dentistes ont eu cette remarque, mais vous êtes l'assistante dentaire ou le chirurgien dentiste, c'est le grand classique. En plus, moi, mon épouse, elle fait 1m60, elle est plutôt fine, donc en fait, c'est quelqu'un qui a l'air plus... C'est pas une grande, vous voyez ce que je veux dire ? Elle n'a pas un grand gabarit. Et donc, c'est vrai que ça a même... Alors là, je vais parler côté chirurgien dentiste praticienne et côté assistante. En fait, côté chirurgien dentiste praticienne, ça a même amené à, je pense, plus s'orienter vers l'orthodontie. Et elle se sent beaucoup plus à l'aise par exemple avec les enfants, parce qu'en fait avec les patients, c'est plus compliqué. Et Nora, ce qu'elle disait aussi, elle l'a totalement ressenti, c'est qu'en fait on essaye de donner le meilleur de soi-même. Et parfois, mais je suis totalement d'accord avec son analyse, ça dépend des personnes et ce n'est pas la majorité des personnes. Ce sont des gens déjà de base qui viennent pour essayer de négocier des choses ou avoir plus. Et en fait, ils vont se permettre un peu plus avec une praticienne, j'ai l'impression qu'avec un praticien.
- Speaker #1
Mais ça veut dire que là, pour le coup, le genre, de ce que vous dites, c'est quand même incroyable. Parce que le genre, pour votre épouse, va à un moment donné influer sur le choix d'un métier ou d'une orientation qu'on fait professionnelle.
- Speaker #3
Après, chacun le vit à sa manière. Il y en a qui n'auront vécu un peu la même chose et pour autant, elle n'est pas partie en orthodontie. Mais chacun va le vivre à sa manière. Et puis après, elle a trouvé aussi un épanouissement dans le milieu de l'orthodontie. Elle trouvait ça passionnant. Ce n'était pas un second choix. C'est ça ce que je veux dire. Mais par contre, ce que je voulais dire en conclusion, c'est que autant la première partie, on disait qu'il y a une évolution des mœurs et des mentalités hommes-femmes, dans notre expérience de couple, de nos enfants, de nos proches, autant le patient attend toujours une assistante dentaire et attend toujours... Alors maintenant, ça a quand même tendance à évoluer... Malgré pourtant qu'il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes aujourd'hui en chirurgien dentiste, ils sont toujours dans l'attente d'un chirurgien dentiste praticien. Autant cette histoire de genre pour les patients, il y a quand même une grosse différence d'un chirurgien dentiste. Moi je parle de ceux qui viennent de finir, surtout une fois qu'on a de l'expérience et qu'on prend confiance et qu'on mature la chose, on le ressent beaucoup moins je trouve. Mais quand on vient sortir de la fac, un chirurgien dentiste homme et un chirurgien dentiste femme vont vraiment avoir une expérience différente avec les patients. Je pense, après mesdames, à vous de me dire ce que vous en pensez, mais c'est ce que j'ai ressenti à travers l'expérience de mon épouse et les assistantes dentaires que je gère, où en fait, pour eux, c'est une évidence que ça va être une assistante dentaire. Ce ne sera pas un assistant. Il y aurait toujours, si j'ai un assistant dentaire, ce n'est pas ce qui a fait que je n'en ai pas recruté, c'est juste qu'il n'y a pas eu l'opportunité, mais il y aurait toujours, si c'est un assistant dentaire, ce serait intéressant d'avoir le point de vue d'un assistant dentaire.
- Speaker #1
On pourrait penser que c'est un praticien.
- Speaker #3
Oui, je pense.
- Speaker #4
Moi, je n'ai pas eu d'intervention, j'ai fait un petit séjour, une petite opération et salon d'ailleurs. sous anesthésie générale et moi à chaque fois quand il y a un monsieur qui m'accueille d'ailleurs je sais pas pourquoi vu que je sais pas si c'est le médecin par principe j'appelle le monsieur docteur parce que une fois sur deux c'est pas le docteur et plein de fois j'apprends plus tard je comprends plus tard que c'était l'aide soignant ou l'infirmière ce qui me pose pas donc moi en tant que patient je peux vous dire que j'appelle souvent les gens docteur que ce soit femme ou homme parce que je sais pas donc dans le doute je trouve plus respectueux de dire docteur s'il se présente pas
- Speaker #1
Voilà, c'est juste pour dire que... Merci, mais t'as raison, c'est intéressant d'avoir l'avis du patient. Anne, vous nous dites que, vous remarquez évidemment qu'il y a une énorme majorité d'AD femmes, bien sûr, mais ce qui veut dire que dans un cabinet dentaire comme le vôtre, s'il y a deux ou trois dentistes femmes, plus les AD, le cabinet dentaire sera certainement 100% féminin. Mais ce qui veut dire aussi, Anne, que ça peut être compliqué par rapport à ce que nous disent Ahmed et Nora, par rapport à l'agressivité... passive entre le patient et la praticienne, même si ce n'est pas forcément physique, vous le dites, ce n'est pas forcément que physique, vous venez de nous le dire, mais ça peut poser problème, parce qu'on est dans un environnement 100% féminin, il y a une agressivité qui arrive, comment on le gère ça ?
- Speaker #5
Moi, quand j'ai commencé, il n'y a pas un patient qui est rentré qui me disait, il arrive ? Je regardais, je me disais, mais qui ? Ben, votre père ? Ah non, non, mon père, non, il n'y a pas eu papa d'antihistère. Ou alors, il arrive, je dis, qui ? Ben, votre mari. C'est-à-dire qu'au départ, ils avaient vraiment du mal à comprendre que j'étais praticienne. Donc ça, c'est pour rebondir sur ce que tu dis, c'était vrai, et encore plus vrai. Il y a 25 ans, donc ça c'est certain. Aujourd'hui, les choses ne sont plus pareilles parce que les gens regardent sur Internet qui vous êtes avant d'arriver. Exact, ça c'est vrai ça. Ils savent que c'est une femme et quand je les croise dans les couloirs du cabinet, parce que je ne fais pas l'accueil, ils me disent « Ah bonjour docteur ! » et à chaque fois je me dis « Mais comment ils me connaissent ? » Et après je me dis « Mais on s'est déjà rencontrés ? » « Oui bien sûr, je vous ai déjà checké, je vous ai vu sur Internet, etc. » Et vous n'avez pas changé, parce que forcément il y a des photos qui doivent être un peu anciennes, j'imagine. Et donc en fait, ils savent à qui ils s'adressent. déjà, c'est plus pareil. Ils ne cherchent plus un homme maintenant, quand ils arrivent au cabinet. Et puis bon, je fais un métier particulier, je ne fais que de la chirurgie. Donc j'ai des praticiens qui réfèrent. Ils réfèrent au docteur Anne Benhamou. Donc ils savent où est-ce qu'ils vont. Je trouve que c'est beaucoup plus aujourd'hui rentrer dans les mœurs. Même si, Amel, tu as raison, il y a des choses qui sont ancrées chez eux, bien sûr. Mais alors, comme vous le savez, j'ai un congrès qui s'appelle le Symposium National d'Implantologie au Féminin. Parce qu'à l'époque, moi, je me suis vue refuser l'accès d'un congrès parce que j'étais une femme.
- Speaker #1
C'est pour ça que vous avez créé le SNIF ?
- Speaker #5
C'est pour ça que j'ai créé le SNIF, parce que je me suis fait refuser un podium parce qu'on a dit une femme en chirurgie, pas question.
- Speaker #1
On était en quelle année ?
- Speaker #5
2006, c'est l'année où j'ai créé mon congrès.
- Speaker #1
On était déjà champion du monde depuis 7-8 ans.
- Speaker #2
Et on vous avait donné la raison pourquoi vous avez refusé le congrès ?
- Speaker #5
Ah bah les femmes ne font pas de chirurgie.
- Speaker #2
Ah non,
- Speaker #5
parce que la chirurgie était l'apanage des hommes. Alors j'ai créé un congrès où j'ai mis que des femmes sur le podium pour me venger. Bon, c'était juste la première année. Maintenant, le congrès existe toujours. C'est une plateforme incontournable de l'implantologie maintenant. Alors par contre, je veille à ce qu'il y ait sur le podium le même nombre de conférenciers que de conférencières. Voilà, je veille à la parité. Je ne suis absolument pas féministe, loin de là.
- Speaker #1
C'est une très belle réponse du coup.
- Speaker #5
Et j'ai fait un film qui était très drôle sur les femmes implantologues. Sont-elles des hommes comme les autres ? Parce que ça m'avait beaucoup contrarié cette histoire quand même. Et on a interviewé des gens, on a fait des micro-trottoirs, on a interviewé les gens dans la rue. Et on leur disait, vous avez déjà été soigné pour vos dents par un homme et par une femme, est-ce qu'il y a une différence ? Et... 100% des réponses c'était non c'est pareil, les femmes sont plus douces, on est plus en confiance, notamment les femmes qui portaient des prothèses etc. Mais par contre les hommes c'est plus costaud, moi je préfère quand c'est un homme qui m'opère. C'est dingue, c'était en 2006, en 2026 c'était il y a 20 ans, mais en 2006 c'était ancré quand même comme ça.
- Speaker #0
Oui parce que ce que Anne ne dit pas c'est que là on parle de l'aspect patient mais il y a aussi dans la formation, c'est-à-dire que moi comme toi Anne je fais que de la chirurgie et c'est vrai que... Alors... Je pense que quand toi tu as commencé, on en a parlé pour se connaître en privé, Anne a vraiment essuyé les plâtres quand elle a commencé l'implantologie. C'était probablement la seule en France, je pense que tu as été la première diplômée en implanteuse de France je crois. Et c'est vrai que moi, ma génération, c'était un peu plus facile, mais ça restait quand même un petit peu réservé aux hommes, ou alors à des femmes qui pouvaient peut-être être des fois, avoir un comportement adopté, un peu bonhomme quoi. Et c'est vrai que rencontrer des femmes comme Anne, qui est la féminité incarnée, c'est vrai que ça fait plaisir parce qu'on se dit, après tout, non.
- Speaker #4
Elle fait du Krav Maga,
- Speaker #0
après. Et alors, justement, est-ce que c'est un attribut masculin ? Je ne pense pas, au contraire.
- Speaker #1
Alors, justement, on parlait, tu disais, Mathieu, Krav Maga, tout à fait, la relation patient-praticienne. Ahmed, ce que vous définissez, c'est que vous, dans votre cabinet, la gestion des patients nerveux, voire agressifs, est évidemment plus complexe. En tout cas, vous le définissez comme ça. en tant que femme assistante mentaire, par exemple. Et vous, vous avez des consignes que vous donnez à vos AD ? Si elles ne se sentent pas à l'aise, c'est quoi ?
- Speaker #3
Si elles ne se sentent pas à l'aise, si elles sont toutes seules et ne se sentent pas à l'aise avec la patiente, elles sortent de la pièce et viennent me chercher. Il n'y a pas de problème. En fait, c'est automatique.
- Speaker #1
Mais on est obligé de le définir en amont.
- Speaker #3
Non, mais sans le définir, il y en a qui vont... J'ai en tête plusieurs de mes assistantes. Il y en a qui vont être moins à l'aise plus rapidement, d'autres qui vont un peu plus cadrer le patient. Merci. Est-ce que c'est une question de genre ou est-ce que c'est une question de caractère ? Je ne sais pas, mais en tout cas, c'est l'apanage, si vous voulez, de la gestion du personnel, de dire quand ton collaborateur ou ta collaboratrice n'est pas à l'aise, il faut qu'ils viennent en référer à toi pour que tu as ce devoir quand même de protection, entre guillemets. Et oui, alors après, vraiment, ça dépend des personnes. ça dépend des personnes mais je pense malgré tout quand je viens Il y a certaines personnes, et ça je pense que mesdames vous l'avez vécu vous aussi, mais je ne sais pas si c'est encore une fois dû au genre, le comportement avec les assistantes dentaires ou les secrétaires est drastiquement différent avec le praticien. C'est lamentable, c'est vrai. J'ai parfois des assistantes et des secrétaires qui voient le planning, on fait un briefing la veille de la journée, on voit le planning et on dit, ah non, il y a lui, il est insupportable, il est très mal élevé, et moi quand je le vois, quand je vois le planning, je dis, bah non mais il est adorable. Il n'y a pas de problème ? Quel est le problème ? Et en fait, il y a vraiment ce... Alors c'est difficile à dire à quel moment le genre intervient et le statut, entre guillemets, intervient. C'est pas le genre. C'est pas le genre, je pense. C'est pas le genre. C'est juste que... Non mais ce qui est intéressant,
- Speaker #1
c'est que le statut intervient. Et Yann, vous dites, c'est pas le genre, effectivement. On peut volontiers le croire et l'espérer, d'ailleurs. Mais par contre, même si c'est le statut, la réaction de la personne... personne, si je suis... un homme ou une femme, finalement, dans la gestion, sera différente. Parce que si j'ai en face de moi un homme agressif parce que je suis assistant ou assistante dentaire et qu'il veut parler au praticien ou à la praticienne, si je suis assistante dentaire, peut-être que je vais le gérer d'une façon et si c'est assistante dentaire, ça va peut-être être plus compliqué.
- Speaker #3
Après, au final, je pense, et c'est ce qu'a dit Anne, elle a dit, oui, je vois ce que tu veux dire Ahmed, mais moi, non, c'est pas exactement comme ça. Je pense aussi que ça dépend du savoir-être de chaque patient et d'où il provient. En fait, le patient qui va venir... comme ça sur Doctolib parce que c'était le premier rendez-vous où quelqu'un qui vient adresser, qui a fait ses recherches, ne va pas du tout avoir le même comportement. Après,
- Speaker #2
je pense qu'il ne faut quand même pas se voiler la face. Alors là, en plus, je parle en tant que com, je pense qu'il faut quand même qu'on ne se voile pas la face malgré tout. C'est que le masculin, aujourd'hui, veut dominer. Ça, malheureusement... Pas qu'aujourd'hui. Pas qu'aujourd'hui, effectivement. Heureusement, les choses s'améliorent un petit peu, mais je pense qu'il ne faut pas se voiler la face. L'être masculin, aujourd'hui, a des comportements qui doivent être améliorés, que ce soit auprès de la société, mais aussi auprès d'une praticienne. Ça, je pense qu'on se dit, oui, c'est peut-être pas une question de genre, alors, après un bon entendeur, mais je pense que l'homme, petit h, doit s'améliorer dans le comportement vis-à-vis de la femme, et d'autant plus quand on parle avec un professionnel de santé. Donc, c'est un vrai discours, après, c'est un vrai sujet.
- Speaker #1
C'est une magnifique intervention Mathieu, on va arrêter notre deuxième temps d'échange sur ça et on va passer à l'interview décalée avec nos invités. Allez, une petite interview décalée pour apprendre à mieux vous connaître, une alternative du tac au tac, on va commencer par vous Anne, ça vous va ?
- Speaker #5
Ça me va toujours.
- Speaker #1
Eh bien formidable. Alors Anne, enseignement ou pratique ?
- Speaker #5
Ah c'est pas sympa !
- Speaker #1
Ah je sais, ça commence bien.
- Speaker #5
Faut que je réponde ? Alors pratique.
- Speaker #1
Allez pratique. Lundi ou vendredi ?
- Speaker #5
Lundi.
- Speaker #1
Sniff ou entretien de garancière ?
- Speaker #5
Ah c'est pas sympa !
- Speaker #1
Joker.
- Speaker #5
On a le droit de joker ou pas ?
- Speaker #1
Alors vous avez le droit d'avoir une réponse pour 2026 et une réponse pour 2027.
- Speaker #5
Non parce que je suis présidente pour deux ans.
- Speaker #1
Ah bah voilà, alors 2028. Allez on va dire entretien de garantie cette année. Alors c'est compliqué,
- Speaker #5
le SNIF c'est mon bébé et ça représente quelque chose de très particulier. Les entretiens de garantie c'est toute ma vie, la faculté c'est toute ma vie. Donc c'est compliqué, la fac elle est ancrée en moi depuis que j'ai 20 ans et le SNIF depuis que j'ai... Pas tellement longtemps de plus.
- Speaker #3
Encore un choix pour une femme, soit son bébé, soit toute sa vie. Voilà,
- Speaker #5
c'est ça. Allez, on prend la réponse.
- Speaker #1
Vélo, voiture ou métro ? Préparer ou improviser ?
- Speaker #5
Improviser
- Speaker #1
Laboratoire de prothèse, Made in France ou Napor ?
- Speaker #5
Made in France C'est vrai que vous êtes une fervente défenseuse du Made in France Nora,
- Speaker #1
c'est à vous, vous êtes prête ?
- Speaker #0
Prête
- Speaker #1
Facebook, Instagram ou rien du tout ?
- Speaker #0
Ah, à l'heure actuelle rien du tout parce que je pense que pour vivre heureux il faut vivre caché n'est-ce pas ? Mais par contre c'est vrai que j'hésite beaucoup en ce moment à créer une page Instagram professionnelle et j'en ai pas encore les contours
- Speaker #1
Et bien échanger avec notre ami Mathieu Lemoyne qui est le professionnel de la communication dentaire. Mer ou montagne ?
- Speaker #0
Mer.
- Speaker #1
Danse, tennis ou voile ?
- Speaker #0
Ah, non, danse parce que ça me permet de conjuguer avec la musique, donc danse.
- Speaker #1
Excellent. Empreinte numérique ou empreinte traditionnelle ?
- Speaker #0
Pareil, ça va faire rire les gens qui me connaissent bien au cabinet. Empreinte numérique depuis récemment.
- Speaker #1
Omnipratique ou chirurgie ? Chirurgie On l'a compris Été ou hiver ?
- Speaker #0
Été
- Speaker #1
100% Bretagne ou Côte d'Azur ?
- Speaker #0
100%
- Speaker #1
Bretagne Forever J'ai été sympa J'ai été sympa Ahmed vous êtes prêt ? Allez Chien, chat ou rien ? Rien pour le coup
- Speaker #3
Cinéma ou Netflix ? Cinéma Cineur ou Alcaraz ? Cineur Oh là là c'est dur ça C'est un vrai sujet en ce moment. Quand même, c'est génial.
- Speaker #1
Je vais aller à contre-courant, Siner.
- Speaker #3
Praticien ou entrepreneur ?
- Speaker #0
On peut changer selon les années comme les entrepreneurs.
- Speaker #1
On rappelle que votre cabinet c'est près de 20 personnes en fait. Oui,
- Speaker #0
elle est entrepreneur.
- Speaker #1
Vendredi ou lundi ?
- Speaker #0
Lundi.
- Speaker #1
Souvent les entrepreneurs, ceux qui créent, Adbenambo, lundi. Merci de vous être prêté au jeu, on va passer maintenant à l'échange numéro 3. Et alors là je voudrais aborder, on a vu déjà des sujets fort passionnants. qui nous permettait de voir, et on le verra dans la conclusion, que vie perso, vie pro, finalement, le genre aujourd'hui en 2026 n'avait pas trop d'importance, mais que la relation au patient, elle, était plus complexe en tant que femme, parce qu'il y avait beaucoup plus de paramètres. Là, Ahmed, je voudrais vous entendre sur l'aspect managérial, homme-femme. Donc, vous êtes un homme, vous managez des femmes, essentiellement, on l'a vu. Quelle est la logique du genre dans cette configuration ?
- Speaker #0
La question épineuse. La logique du genre dans cette configuration. Non, non. Moi, en termes de management, j'ai surtout managé des femmes. Honnêtement, que ça. Les seules personnes qu'on a entre guillemets managées, ce sont des praticiens hommes qu'on a eu au cabinet. Mais c'est très différent. C'est une relation entre confrères. Ce n'est pas vraiment du management salarial. Si on doit se contenter du management salarial, je pense que la clé pour que les choses se passent bien quand on grossit en termes de structure. Mais est-ce que c'est lié au genre ? Encore une fois, je n'ai pas envie de poser quelque chose qui... pourrait être mal interprété. Mais en tout cas, il est important de, c'est marrant, un peu comme dans le couple, de communiquer. C'est-à-dire qu'avant que les choses dégénèrent, je vois, disons, différentes façons de manager et de ce que je vois, il y a des façons de manager où la communication arrive bien trop tardivement et donc ça part un peu plus dans le conflit. Donc en fait, plus on va sentir qu'il y a un conflit qui est en train de monter ou une tension qui est en train de monter et qu'on va réussir à la désamorcer, mieux ça va être pour gérer ses salariés. Et en fait, là où ça devient tendu, c'est quand on laisse quelque chose pourrir comme ça, qui est là, mais qui a un non-dit. Et tôt ou tard, en fait, ça explose. Après, la chose que j'ai encore beaucoup de mal à gérer, moi, personnellement, encore au jour d'aujourd'hui, et d'ailleurs, aujourd'hui, on s'est entouré au cabinet d'un directeur qui gère maintenant aussi avec nous l'équipe, parce que là, on commence à être quand même assez nombreux, Ce sont les tensions... que tout le monde a vécu dans ses cabinets entre le personnel, entre les assistantes en particulier, ou parfois entre une praticienne et une assistante. Ça, c'est assez complexe à gérer parce qu'on n'est pas légitime, en plus, parfois, dans la tension qui s'est créée. On n'a pas notre mot à dire et donc je n'ai pas forcément de clé. Et je ne sais pas s'il y a vraiment une solution à parfois des tensions qui se font entre salariés, où en fait, tu vas écouter l'un, tu vas écouter l'autre. Tu vas essayer de régler le problème, mais quelque part, le problème, t'es pas dans le problème. Je sais pas comment dire, mais c'est un peu plus compliqué à gérer. J'ai pas de solution encore.
- Speaker #1
Et votre management, Ahmed, là vous managez 100% de femmes. Si c'était 100% d'hommes, est-ce que ça serait le même management ? Ou vous avez une attention particulière du fait que vous managez une entreprise avec que des femmes ?
- Speaker #0
J'ai pas connu autre chose, c'est très difficile à dire. Je pense que ça serait différent, peut-être, oui. Je pense que ça doit être différent. Je pense qu'une boîte d'informatique où il y a une majorité d'hommes, parfois, va être différente. J'ai mon meilleur ami qui gère une boîte d'informatique de développement où il n'y a que des développeurs et aucune développeuse. En effet, de ce qu'il me dit, j'ai l'impression quand même que c'est différent. Mais ça a son lot de problèmes également qui sont autres. Mais est-ce que je pourrais gérer autrement ? Je ne sais pas. C'est très difficile à voir. Donc c'est différent,
- Speaker #1
mais ce n'est pas forcément plus simple ? Non,
- Speaker #0
je ne pense pas. Je pense que les codes sont différents. Je pense qu'il y a des problématiques différentes qui viennent aussi. Je pense que de ce qu'il me raconte, il y a peut-être moins de conflits hommes-hommes que ce que moi je vis dans mon cabinet, qui peuvent arriver. Mais il a d'autres problèmes qu'il m'évoque, où en fait, il va peut-être avoir moins de régularité parfois. Encore une fois, est-ce que c'est une question de genre ou pas ? Je n'en sais rien. Moi, je sais que dans notre équipe... on n'a pas ces problèmes de ponctualité par exemple parce qu'on met tout de suite les choses au clair est-ce que lui il a des problèmes de ponctualité parce qu'il ne met pas les choses au clair ? Impossible, on part dans un truc
- Speaker #1
Votre exemple à vous Anne, parce que vous vous avez un cabinet pour le coup 100% féminin donc le fait de manager des femmes en tant que femme, est-ce que pour vous c'est quelque chose qui est différent que si vous aviez un, deux hommes dans votre cabinet ?
- Speaker #2
Moi je trouve que ce serait presque ma La plus grosse difficulté de mon activité de tous les jours, c'est de devoir gérer des conflits entre assistantes, comme il dit, alors que je ne sais même pas le comment du pourquoi, sans s'impliquer, donc c'est gérer quelque chose sans s'impliquer parce qu'on n'est pas concerné, c'est pas facile. Il y a eu des hommes au cabinet, il y a eu zéro tension. Il n'y avait pas, alors c'est vrai qu'ils étaient un peu perdus au milieu des femmes, mais ça nous arrivait d'avoir des, quand on a eu des collaborateurs ou des assistants, on a, eux n'ont pas de conflit. Et c'est vrai que nous, en tant que gestionnaire aussi de cabinet, parce qu'il ne faut pas se cacher, il ne faut pas se voiler la face, on est aussi gestionnaire de nos cabinets, pour moi c'est ce qu'il y a de plus difficile. Alors on fait des progrès, on fait plus de réunions, effectivement le secret c'est la communication, on essaye de communiquer. Mais après, on ne peut pas rentrer dans les compatibilités de caractère entre deux personnes. Une qui va se donner à fond, pour qui son métier est très important, qui veut progresser. Et une autre, pour qui c'est juste un moyen de gagner sa vie, qui s'en fiche, qui arrive le matin, qui va rester dans son coin avec son téléphone et qui va être là quand on a besoin d'elle. Il y a des gestions qui sont difficiles.
- Speaker #1
Nora, dans votre expérience, vous êtes dans une maison médicale ?
- Speaker #2
Ah non, c'est un centre hospitalier, mais privé.
- Speaker #1
Centre hospitalier privé et vous, vous avez la charge du département ?
- Speaker #3
Alors pas du tout, nous en fait on est, ah oui pardon, on a la charge du département chirurgie orale
- Speaker #1
Donc vous avez dans cette centre hospitalier privé, dans cette clinique privée, vous avez des hommes et des femmes Vous voyez les différences de management qu'il peut y avoir ou pas ?
- Speaker #3
Alors en fait nous c'est particulier parce qu'en fait c'est une très grosse clinique où toutes les spécialités sont représentées Mais finalement on fonctionne avec notre cabinet privé à l'intérieur Et donc je pense que pour rejoindre ce que disait Anne tout à l'heure Moi, personnellement, je ne me sens pas apte à donner des conseils de manageria parce que déjà, on n'a pas été formé. Et je pense que c'est vraiment le gros point noir des études médicales en général, pas que dentaire, c'est qu'on n'a aucune formation sur le fait de manager des personnes. Et quand j'en parle autour de moi à des gens dont c'est le travail, que je leur dis un petit peu, voilà, il s'est passé ça, on a fait ça. Mais à chaque fois, ils sont atterrés. Ils se disent, non mais franchement, mais vous êtes débiles. Ce n'est pas comme ça qu'on gère une situation. Et c'est vrai qu'on est très mauvais, déjà, de 1. Et en plus... En fait, comme pour moi, j'ai une petite structure au sein de cette grosse structure. Finalement, moi, je ne gère que ma salariée qui est mon assistante depuis 10 ans, avec qui j'ai une super belle relation. Et on est plusieurs associés avec chacun notre assistante. On ne partage qu'une secrétaire. Donc finalement, je n'ai pas voix au chapitre de donner des conseils, puisqu'on a la chance qu'on ait finalement une petite équipe au sein d'une grosse équipe. Et que dans notre petite équipe, on a la chance d'avoir des filles qui s'entendent hyper bien et qui sont vraiment l'âme du cabinet. Et je pense que si elles ne s'entendaient pas, ça pourrait être très compliqué.
- Speaker #0
froid Moi, j'ai quand même... J'aimerais rajouter un truc, peut-être une question pour vous, mesdames. C'est vrai que moi, d'un point de vue plus extérieur, et avec l'expérience de mon épouse et des chirurgiennes dentistes qu'on a eues au cabinet, j'ai quand même senti quelque chose qui, pour vous, est plus délicat à gérer. C'est la relation... Alors, encore une fois, moi, je parle d'AD femmes parce que j'ai eu que des AD femmes, mais la relation chirurgienne dentiste praticienne et AD femmes, où en fait, on a... on est toujours assez proche de nos assistantes tu parlais de ton assistante que tu connais depuis 10 ans et il y a parfois cette difficulté de en fait on discute de tout, de rien, de la vie parce qu'on passe la majorité de notre temps avec nos AD en réalité et quand il faut mettre le switch entre guillemets patron où il faut un petit peu remettre un cadre parce qu'il y a des choses qui n'ont pas été faites qui ne nous apprécient pas c'est plus délicat en tant que praticienne je trouve, en tout cas je sais que mon épouse on en parle pas mal et c'est des choses qui sont plus délicates Par rapport à un homme où moi, en fait, on va avoir exactement les mêmes relations AD sur l'identisme. Et le jour où il y a, j'aime pas ce mot, mais besoin de taper du poing sur la table, de remettre les points sur l'élite, c'est plus simple. C'est plus facilement accepté par les AD. Est-ce que vous avez ressenti ça ou pas vous ?
- Speaker #3
En fait, moi, c'est plus que je trouve que c'est quand même, dans le monde de la santé, finalement, on vit quand même beaucoup ensemble. T'es beaucoup en binôme. par la force des choses, tu te connais beaucoup et c'est vrai que des fois, même s'il y a quelque chose où tu te dis, ça, il faudrait que je recadre, quelque part, tu es un petit peu dans l'humain aussi. Je pense que Anne, toi aussi, des fois, tu as peut-être un petit peu de scrupule. Tu te dis, bon, allez, je vais... Et comme tu disais, ça mène à laisser couler des situations qu'il ne faudrait pas. Mais pour voir les équipes du bloc de la clinique à laquelle je travaille, mais qui ne sont pas moi, mes salariés, mais pareil, en fait, il y a souvent des tensions entre la direction et les équipes infirmières ou infirmiers. Parce que des fois, les plannings ne sont pas faits comme ils le souhaiteraient. Et en fait, les tensions, elles existent. Et je pense que c'est un petit peu inhérent au métier de la santé. Peut-être plus que d'autres entreprises où on est peut-être moins ensemble. En fait, on a moins besoin les uns des autres. Là, on est des vies. Je suis d'accord,
- Speaker #2
mais je pense que sa question, c'était, est-ce que parce qu'on est des femmes... C'est plus compliqué parce que c'est vrai qu'entre femmes on se parle de nos enfants, on rentre dans une intimité qui est plus importante avec nos assistantes. On partage tellement que c'est compliqué. Mais c'est compliqué de recadrer et moi à chaque fois, elles savent ce qui m'énerve. Maintenant, au bout d'un moment, on essaie de vivre... On se connaît, on essaye de ne pas s'énerver les unes les autres. En tant que femme, on est peut-être plus souple sur les retards, sur parce qu'il y a un bébé qui est malade, etc. Et parce que nous, on est passé par là, donc on sait ce que c'est. Et en même temps, c'est vrai que c'est compliqué. C'est compliqué quand on a des relations comme ça, très proches, de dire, je suis désolée, ça aurait dû être fait, ça n'a pas été fait. En fait,
- Speaker #0
vous avez des discussions, c'est vrai, qui sont plus intimes. Il y a plus d'identification puisque vous avez parfois les mêmes problèmes, les mêmes problématiques. que nous. On va avoir des relations amicales, proches, mais c'est vrai que je surprends parfois des discussions entre une chirurgienne dentiste et un assistante où je n'aurais pas eu ce genre de discussion parce qu'on se met nous-mêmes une barrière pour ne pas qu'il y ait aussi de malentendus.
- Speaker #3
Je pense que c'est lié aussi à l'absence de formation initiale sur le sujet.
- Speaker #1
Alors vous parliez Nora de la formation initiale, oui, il me manque, on l'a défini aussi, de soft skills tout à l'heure, là de management qui est aussi du soft skills, il y a la formation continue. Anne, j'ai une question pour vous. Les femmes acceptent-elles de consacrer du temps à la formation continue quand elles sont professionnelles de santé ?
- Speaker #2
On y travaille. Ce n'est pas encore ça, mais on y travaille.
- Speaker #1
Pourquoi ? Parce que le temps qu'elles ont,
- Speaker #2
elles préfèrent pour l'instant le consacrer à leur famille. C'est compliqué. Déjà, elles donnent pas mal de temps au cabinet, ce qui est nouveau parce qu'elles donnent beaucoup de temps au cabinet maintenant, les femmes. Mais c'est compliqué la formation continue. Parce que quand elles ont du temps... Il y a la famille, il y a les enfants, il y a la vie. Parce que moi quand je vois mes enfants, ils me disent non, non, non, mais là ça, ça fait... Les vacances, ça fait partie de la vie, c'est même pas une question. Il y a des choses qu'il faut... Et les générations d'aujourd'hui, elles préfèrent prendre une après-midi, partir faire du vélo avec les copains, plutôt que d'aller se former, ça c'est certain.
- Speaker #1
Nora, vous confirmez ?
- Speaker #3
Oui,
- Speaker #2
alors en fait c'est ça,
- Speaker #3
c'est qu'il y a un manque de temps parce qu'on veut être partout en même temps. Et quelque part, je pense que si on devait prioriser, on est déjà sur un métier qui évolue beaucoup. Moi je vois comparé à quand j'ai fait mes études et maintenant, par exemple le numérique c'était les balbutiements quand j'étais à la fac. Donc on est obligé de se former en termes de compétences techniques et c'est vrai que si aujourd'hui on a un choix à faire entre tiens je vais faire un congrès qui va m'apporter des compétences techniques ou je vais aller sur du soft skills ou sur autre chose d'épanouissement, et bien finalement je vais aller d'abord vers les compétences techniques et ce qui va me rester du temps pour le soft skills, ça sera toujours le parent pauvre en fait et c'est ça qui est un peu dommage. Mais je pense qu'aujourd'hui si dans l'académie d'art dentaire... Vous ouvrez un truc Soft Skills Management pour les dentistes. Vous devriez avoir du succès.
- Speaker #1
C'est une très bonne nouvelle, Nora, parce que ça existe. On branche à dentiste avec la formation continue pour les assistants dentaires, mais aussi les chirurgiens dentistes. Et vous allez retrouver du management. N'hésitez pas à aller voir. On va arrêter ici notre troisième temps d'échange. Je vous pose une petite conclusion par rapport à tout ce que nous sommes dit. La relation vie pro-vie perso pour la femme qui est professionnelle de santé, finalement, en 2026. Elle s'apparente à ce qu'on peut connaître en tant qu'homme, mais il y a une énorme évolution. Évidemment, on revient 20 ans en arrière, ce n'était absolument pas le cas. Mais aujourd'hui, heureusement, les choses ont changé. Malheureusement, il y a encore la relation homme-femme qui est toujours là, un peu complexe, à la fois dans ce qu'on imagine, de ce qui est ancré, les images qu'on peut avoir. Et oui, en tant que femme professionnelle de santé, parfois, il est difficile de se positionner. et de montrer que je suis chirurgien de dentiste et je ne suis pas assistant dentaire. Je suis assistant de dentaire et vous me devez le respect. Je suis une profession de santé et de toute façon, entre hommes, femmes, entre hommes, hommes, entre femmes et femmes, on se doit le respect. Et malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Et il existe encore des logiques qui peuvent à un moment donné bloquer. On l'a vu sur la formation continue, on l'a vu aussi dans la logique de la chirurgie où vous l'avez dit, Anne. Et bien, ce n'est pas encore ça, même si les choses ont évolué. Mais la chirurgie pour les femmes, il y a quand même encore, on l'a vu quand on a préparé l'émission, on voit qu'il y a beaucoup d'hommes en implanteau et beaucoup de femmes en paro et que c'est quelque chose qui reste encore malheureusement dédié, qu'il faut à un moment donné continuer à fissurer. Voilà pour cette conclusion. On va maintenant passer à la dernière rubrique de notre émission. C'est le rictus de Mathieu Polo.
- Speaker #4
Dans les années 80, les trois quarts des dentistes étaient des hommes, j'ai fait mes devoirs maison. Aujourd'hui, en 2026, les femmes représenterait 51% des dentistes. Depuis un an, vous êtes majoritaire, mesdames, bravo. Les monarchies ont fait que pendant des siècles, les couronnes, c'était pour les hommes. Aujourd'hui, ce sont des femmes qui les posent. Pendant des milliers d'années, les hommes ont dit aux femmes, fermez-la. Aujourd'hui, ce sont les femmes qui leur disent, ouvrez grand. Et pour certains hommes, ça doit pas être facile. Prenez par exemple Gérard, 57 ans, DRH d'une entreprise de fabrique de trombones. Pas l'instrument de musique, je vous parle bien de l'accessoire qui a ubérisé la graffe. Sur LinkedIn, sa spécialité c'est remettre l'humain au cœur de l'entreprise. Mais dans la vie, c'est d'interrompre Magali au bout de 8 secondes pour reformuler exactement ce qu'elle venait de dire. Et bien à la manière d'Alice qui suit le lapin blanc, Gérard suit l'assistante dentaire en blouse blanche dans un monde merveilleux, la salle de soins. Et là pour Gérard, c'est un tout nouveau monde qui s'ouvre. 45 minutes à écouter une femme parler, deux rouleaux de coton dans la bouche, un aspirateur à salive sous la langue, et pas la moindre possibilité de lui couper la parole. C'est plus un détartrage, c'est de la rééducation. Et il en faut pour déconstruire un Gérard, triple champion de France de bro-creating. Vous connaissez le bro-creating ? Je vais vous expliquer. C'est un nouveau mot-valise, issu de la fusion entre le mot bro, littéralement mec en anglais, et appropriating, appropriation. Alors qu'est-ce que c'est ? Je vais vous le dire. C'est une situation professionnelle dans laquelle un homme s'approprie le travail ou la parole d'une femme et en reçoit le crédit. Est-ce que ça vous est déjà arrivé ? Non, je sais pas.
- Speaker #1
J'imagine plein de fois.
- Speaker #4
Non mais... Je sais pas. Tais-toi, je parlais à Ahmed.
- Speaker #1
Attendez, parle exemple.
- Speaker #4
Mais j'ai plus fou encore, vous saviez qu'on peut être misogyne involontairement ? Je vous jure, écoutez, ça c'est une histoire vraie. Ce mois-ci, j'étais dans un magasin de bricolage, je devais visser une étagère chez moi et j'avais besoin de savoir si pour faire tenir une cheville mollie dans du placo alvéolaire, Il fallait tenir compte de l'épaisseur du parement ou de la plage de serrage. Qui ne s'est jamais posé cette question, finalement ? Bref, je suis en tête de gondole et au bout du rayon, j'aperçois deux employés disponibles. À gauche, une jeune femme et à droite, un monsieur de quelques années de plus, des auréoles sous les bras et un petit bide à bière. Alors vous savez, il semble être ce genre de mec qui, en cognant un peu sur un mur, à ce pouvoir magique digne d'un Marvel, a détecté si le mur est porteur ou non. Et a le répété sans cesse à qui veut bien l'entendre. Un mur porteur man, si vous voulez. Eh bien, sans y réfléchir, mon cerveau m'a fait m'orienter spontanément vers l'homme. Mais à mi-chemin, j'ai pris conscience de ce cliché immonde dont s'était rendu coupable mon cortex préfrontal. Donc en acte de résistance, je dirais, en quelque sorte, j'ai oubliqué vers la jeune femme. Je lui ai décrit mon problème et elle m'a dit, je vous jure que c'est vrai, « Désolé, je sais pas, faut demander à mon collègue. » Qu'est-ce que vous voulez ? Parfois, c'est la réalité qui est misogyne. Alors en même temps, j'étais chez Monsieur Bricolage, tout était dans le titre. D'ailleurs, on peut être progressiste tout en s'interrogeant, est-ce que cette enseigne aurait eu... autant de succès si elle s'était appelée Madame Bricolage. Et si le roi Merlin s'était appelé la reine Merlin. La vraie conclusion, c'est que le gars m'a dit, vous inquiétez pas, les chevilles mollies vont tenir sans aucun problème. A présent, je dois aller acheter du mastic de rebouchage, parce qu'histoire vraie, l'étagère s'est effondrée. J'ai recroisé le gars la semaine dernière, il m'a dit, c'est la faute de mollies, encore une gonzesse. Mais revenons au domaine qui est le nôtre, l'intitulé exact du thème du jour, j'ai bien regardé Geoffroy. C'était les femmes dans le domaine du dentaire, entre contraintes et défis. Alors j'aime beaucoup ce thème parce que vous savez, il a splanné un doute assez savoureux sur le sujet de l'action. Est-ce que ce sont les femmes qui font face à des défis ou est-ce que c'est le défi désormais, le nouveau défi, c'est de faire face aux femmes ? Je vous jure, lisez attentivement le sujet, c'est tout juste si on ne comprend pas les femmes dans le dentaire, faut-il s'adapter ? Vous allez dire que je suis de mauvaise foi, mais je vous assure, j'ai bien fait mon travail, j'ai fait un benchmark sur internet des usages de l'expression entre contraintes et défis, Geoffroy. Les premiers résultats de Google renvoient au titre d'article suivant. Le manque de budget en entreprise entre contraintes et défis. L'achat d'un logement sur plan entre contraintes et défis. J'ai même vu un peu plus bas, fixer une étagère avec une vis molly dans un placo alvéolaire entre contraintes et défis. Ah non, ça c'est mon historique, pardon, excusez-moi. Mais ça c'est un détail, l'essentiel c'est que vous mesdames réussissiez chaque jour à gagner du terrain sur celui des hommes, et ça c'est bien. L'entrée massive des femmes sur le marché du travail vous a rendu plus indépendante des hommes, mais certains prétendent que cela vous aurait asservi davantage au capitalisme. Apparemment, on vous aurait regardé un jour et on vous aurait dit « Bonne nouvelle, mesdames ! Vous n'êtes plus obligés de rester à la maison pour faire les corvées. Dorénavant, vous pouvez faire les corvées avec votre mari éventuellement, et en plus faire 40 heures par semaine pour un salaire inférieur. Félicitations ! » Je ne sais pas si c'est vrai, mais ce qui est sûr, c'est que la société voudrait que les femmes travaillent comme si elles n'avaient pas d'enfants et élèvent leurs enfants comme si elles n'avaient pas de travail. En plus... En plus d'un quotidien difficile, parce que le quotidien d'une dentiste, vous en avez parlé mesdames, n'est pas toujours facile j'imagine. Alors ça doit être des patients, on l'a vu, qui entrent dans le cabinet, voient la praticienne en blouse blanche et vous demandent « le docteur arrive » , vous en avez parlé. C'est gérer le planning, les urgences qui s'ajoutent, l'URSA fait rentrer le soir pour entendre parfois « qu'est-ce qu'on mange ? » . Mais pour quelle raison, madame, on serait plus à ce sujet, ce qu'on mange ? Passer la journée à regarder dans des bouches donne pas plus d'indications sur ce qu'on doit mettre dedans le soir. Et au-dessus de tout ça, il y a le fameux plafond de verre dont tout le monde parle. Il faut bien quelqu'un pour essayer de le casser, au moins de le creuser, patiemment, à la fraise. Voilà pourquoi la société, je pense, a vraiment besoin de femmes qui ramènent leurs fraises.
- Speaker #1
Bravo Mathieu, merci pour ces magnifiques cryptus comme d'habitude. La 13ème émission du Grand Sourire se termine en live aux entretiens de Garancières. Merci à nos trois formidables invités dont la qualité n'a eu d'équivalent que le plaisir que nous avons eu à les accueillir. Merci à toute l'équipe de Modulus, nos chroniqueurs, Mathieu Lemoyne, Mathieu Polo, Laura, notre directrice des programmes, Julien, notre producteur exécutif et Lucas, notre ingé son. Merci à notre partenaire, l'Académie d'Ornithaire, qui forme la plupart des prothèses dentaires de France et un grand nombre d'AD. Je vous invite à écouter souvent, tout le temps, même Modulus Radio, qui donne le sourire via l'appli Modulus.fr. Vous y retrouvez de la bonne musique, des infos, des épisodes d'entretien et canantisme produits par Dr Florence Echeverry, des épisodes de Capsule Radio produits par le Dr Vendourne et des nouveautés comme l'atelier du sourire animé par le dynamique prothéiste dentaire Christophe Cossaillon que l'on salue et également sur Modulus TV, les experts du sourire sur notre chaîne YouTube. En attendant tout cela, vous retrouverez la prochaine émission du Grand Sourire et n'oubliez pas, gardez le sourire !