- Speaker #0
Bienvenue dans Le Juste Rythme, le podcast qui explore le cœur, le corps et la tête. Je suis Marion Béchade, une femme, une mère, une entrepreneuse passionnée mais souvent débordée, en quête chaque jour d'un peu plus de sérénité. Un podcast pour se déculpabiliser et peut-être se donner une nouvelle impulsion. Cet épisode du podcast Le Juste Rythme est soutenu par l'Auberge Basque, un hôtel-restaurant, relais et châteaux, un lieu unique au cœur du Pays Basque. qui invite à ralentir, à se reconnecter à ses cinq sens et à prendre un temps pour soi, l'endroit parfait pour retrouver son juste rythme. Dans mon épisode avec Cathy Andrieux, nous avons parlé de son enfance à Carcassonne, de ses valeurs profondément ancrées, de fille de vigneron, et de cette notoriété arrivée trop vite avec les sitcoms cultes comme Hélène et les garçons. Elle revient sans détour sur le mannequinat, la lumière soudaine, puis ses choix de vie fort, privilégié. sa maternité, sa famille et s'autoriser à sortir du cadre. Nous avons aussi évoqué sa formation à 30 ans à l'école Boulle en architecture d'intérieur, devenue son deuxième métier. Une reconquête de soi, loin des cases à remplir et des injonctions. Le sport qui l'aide à canaliser son équilibre, son lien à l'énergie, aux animaux et à la nature. Le temps qui passe et le regard des autres, dont elle s'est peu à peu affranchie, ont également traversé notre échange. Un moment sincère, ancré, lucide et libre. Je vous laisse découvrir le juste rythme de Cathy. Bonjour Cathy. Bonjour. Avant que nous commencions notre échange, dans quelle énergie es-tu juste avant que nous...
- Speaker #1
Alors, l'énergie plutôt... un peu nerveuse, mais en confiance. Parce que quelqu'un nous a mis en rapport toutes les deux et j'ai extrêmement confiance en elle. Chère Isabelle.
- Speaker #0
J'espère que je vais être à la hauteur. Je suis sûre. Si tu devais décrire ton rythme actuel en trois mots, lesquels seraient-ils ?
- Speaker #1
C'est les travaux chez moi. Ça fait quatre mois qu'on est avec des artisans à la maison. Donc, plein de changements. Dans la réflexion de ce que je veux faire cette année, vers quoi je veux aller, j'ai envie de changements. Et donc, je fais beaucoup de sport parce que ça m'aide à réfléchir.
- Speaker #0
Axer sur le corps,
- Speaker #1
l'énergie et garder l'énergie justement.
- Speaker #0
Quelle sorte de sport tu fais ?
- Speaker #1
C'est de la barre au sol. C'est un petit lieu qui s'appelle Calonne. Ce sont des danseuses de cabaret qui ont ouvert ça et qui nous proposent leur entraînement de danseuse. C'est bien sportif.
- Speaker #0
C'est bien sportif, j'imagine. Quel enfant étais-tu à Carcassonne ?
- Speaker #1
J'étais introvertie. solitaire et très rêveuse. Je jouais beaucoup toute seule, je m'inventais des vies, je dessinais énormément. C'était vraiment ma passion. Et voilà, j'ai vécu à la campagne, en pleine nature, avec des parents qui travaillaient beaucoup. Donc j'étais plutôt libre et à faire ce que je voulais. Mais il fallait que je sois créative.
- Speaker #0
Et tu dis que t'étais rêveuse, du coup, quels étaient tes rêves ?
- Speaker #1
Ah, j'étais rêveuse, mais je m'inventais des vies. J'étais toujours dans ce parc, en train de jouer à l'indienne.
- Speaker #0
Tu endossais déjà des costumes.
- Speaker #1
Oui, je fabriquais des costumes, des casques, des cabanes, des... voilà.
- Speaker #0
Donc, tu as quand même bien suivi le fil conducteur. Oui, finalement,
- Speaker #1
en y réfléchissant, je n'ai pas trop fait ce lien, mais oui.
- Speaker #0
Les cabanes, on en parlera un petit peu plus tard. Quel souvenir de cette enfance t'ont le plus construite ?
- Speaker #1
Je crois que ce qui m'a construite, c'est vraiment le fait d'être seule avec moi-même. Enfin, oui, on est seule, on est avec soi-même. C'est un peu bête ce que je dis, mais de ne pas avoir de proposition d'activité, de ne pas être sollicité et de se retrouver comme ça. Je pense que ça m'a... Ça m'a amenée comme ça, la créativité et plus de savoir vraiment ce que j'aimais et ce que j'avais envie de faire. Donc le dessin aussi, énormément.
- Speaker #0
Et là, tu pratiques le dessin encore ?
- Speaker #1
Toujours, j'aimerais beaucoup plus. Et aussi d'être dans la nature. Ça m'a amenée aussi ce rapport à la nature.
- Speaker #0
Plus que l'océan du coup, comme on en a parlé hors antenne.
- Speaker #1
Oui, avant tout la campagne, la nature.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tes parents t'ont transmis qui te sont encore utiles aujourd'hui ?
- Speaker #1
L'honnêteté. J'aime bien être honnête envers moi-même et envers les autres. Et mes parents, ça les définit beaucoup. Ils sont très gentils aussi. Je pense qu'ils m'ont transmis la gentillesse, être gentil et bienveillant avec les autres. Et l'héracine, être enraciné.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui te permet au quotidien de rester enracinée, justement ?
- Speaker #1
Mon éducation. Je pense de savoir d'où on vient.
- Speaker #0
Jamais l'oublier.
- Speaker #1
Jamais l'oublier, ses racines. Mais moi, c'est une famille... Mon père est viticulteur, donc j'ai évolué dans une famille de paysans.
- Speaker #0
C'est drôle, on n'en a pas parlé, parce que mon père est vigneron aussi, en Bourgogne.
- Speaker #1
Et donc vraiment, voilà, viticulteur de père en fils. et donc... Vivant aussi avec mes grands-parents, ayant un jardin potager énorme, un poulailler. Je suivais ma grand-mère tout le temps dans le jardin. Donc j'avais ce rapport comme ça à la nature, aux choses essentielles qui étaient là.
- Speaker #0
La base.
- Speaker #1
Oui, la base. Ça, je n'ai pas oublié.
- Speaker #0
Revenir à l'essentiel toujours.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Un peu plus tard dans ton adolescence, le mannequinat est rentré dans ta vie ? Comment est-ce que ça s'est passé ?
- Speaker #1
Ça s'est passé un 31 décembre dans une boîte de nuit où un monsieur s'appelant Francis Moreno un homme qui a beaucoup compté dans ma vie me voit et me dit mais ce serait bien que tu fasses du mannequinat je suis styliste et je vais au salon du prêt-à-porter à Paris deux fois par an il faudrait que je rencontre tes parents parce que j'avais 16 ans donc je rencontre mes parents ... Je pars deux fois par an à Paris faire le salon du prêt-à-porter. Et puis, voilà, ils me présentent à des agences de mannequins qui veulent m'engager à 16 ans. Mes parents refusent en me disant « tu passes ton bac et après le bac, tu verras » . Et ils ont tellement rafé. Et donc, j'ai passé mon bac et après ça, j'avais envie de voir un peu le monde. Donc je suis rentrée comme ça dans une agence de mannequins pour voyager et voir le monde.
- Speaker #0
Et quel souvenir le plus marquant tu as de cette période-là ?
- Speaker #1
C'est plein de souvenirs, mais surtout un souvenir un peu de peur. Parce que je passais d'un monde très sain, terrien, dans la nature, à Paris. où je suis arrivée dans une agence où la première chose qu'on m'a fait comprendre, c'est qu'il fallait que je maigrisse. Donc tu vas arrêter de manger, tu vas boire de l'eau. Et d'accord. Et cet accent, c'est quoi cet accent ? Beaucoup de moqueries sur l'accent du Sud, etc. Donc un monde superficiel et dur. Donc j'étais un peu perdue. Je suis arrivée comme ça. Mais je me suis adaptée.
- Speaker #0
Et du coup, justement, quel rapport est-ce que tu avais à ton corps à cette époque-là ?
- Speaker #1
Alors avant ça, j'avais un rapport complètement décomplexé et très sain de mon corps, plutôt bien dans ma peau. Et quand j'ai démarré le mannequinat, j'ai démarré tous les complexes. Trop,
- Speaker #0
trop,
- Speaker #1
trop. Pas assez.
- Speaker #0
Toujours.
- Speaker #1
De vrai. Voilà.
- Speaker #0
Les injonctions.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et le regard justement qu'on a porté sur toi, est-ce que parfois tu as l'impression que ça t'a mis à distance de toi-même ?
- Speaker #1
Oui, sûrement. Ça crée tous les complexes, toutes tes peurs. Alors, je ne suis pas quelqu'un qui a... Je n'ai pas confiance en moi. Confiance, je pense que c'est quelque chose qu'on apprend, qu'on nous donne très tôt. Je n'ai pas eu ce boost. Oui, ce boost, cette confiance absolue. Donc forcément, ça appuie sur des choses qui peuvent déstabiliser.
- Speaker #0
Et t'amener des complexes que t'avais pas forcément.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Qu'est-ce que cette période t'a apporté, appris ou alors imposé très tôt ?
- Speaker #1
Se dépasser. C'est de dire, bon, ça fait mal, j'ai peur, mais j'y vais. C'est pas grave, prends du recul, on y va, tu verras bien. Donc, je suis allée plus loin que... Ça m'a amenée à aller plus loin. Dans une certaine limite. Mais dans ma limite. Je suis allée plus loin que... T'es sortie de ta zone de confort. Oui, complètement. Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Et si on revient à cette période de notoriété qui est arrivée très très jeune, à la période des sitcoms, de Hélène et les garçons, quand cette notoriété arrive, comment est-ce que tu la vis intérieurement ?
- Speaker #1
Très mal.
- Speaker #0
Tu peux nous en dire plus.
- Speaker #1
Alors déjà, ça arrive où je suis dans le mannequinat. On me contacte pour un casting. C'était chez AB Productions à l'époque. Je passe le casting en me disant que c'est pour de la figuration, pour faire des trucs comme ça. Et puis, on me convoque en disant, il y a une nouvelle série qui se met en place. On veut que tu fasses partie des trois filles. Est-ce que tu es OK ? Donc là, la zone de confort, elle va trop loin. C'est pas possible. Je peux pas aller plus loin que déjà l'image. Je ne suis pas comédienne, j'ai rien appris. J'ai un accent du sud beaucoup plus appuyé. J'ai des complexes aussi là-dessus. J'ai dit mais non, c'est pas possible. Je ne peux pas faire ça. Et donc pendant une semaine, la directrice de casting m'a appelée. Le producteur m'a convoquée. Et au bout d'une semaine, ils m'ont dit non mais il faut le faire. Donc j'ai dit oui. Mais j'ai dit oui, terrorisée. Donc déjà, je suis effrayée par ce nouveau métier que j'apprends, mais comme ça, sur le pouce, 26 minutes à tourner par jour, 26 pages à apprendre. Donc la mémorisation, les textes, les partenaires de jeu, tout ça qui est... Tout est nouveau, donc gros challenge.
- Speaker #0
Et à quel âge du coup ? T'as 18 ans ?
- Speaker #1
Là, j'ai 22 ans. Et vient un très gros succès, donc notoriété. Et c'est ça qui m'a fait arrêter au bout de six mois. Ce n'était pas finalement le travail, le challenge. C'était parce qu'avec la notoriété, on était énormément critiqués aussi.
- Speaker #0
Il n'y avait même pas encore les réseaux sociaux, c'est ça qui est...
- Speaker #1
Oui, mais il y avait très peu de chaînes. Donc, on était vraiment énormément regardés. Donc, c'était... Je prenais le métro. Les gens parlaient de moi à un mètre comme si j'étais derrière un écran. Enfin, tout était très particulier. On toquait à ma porte, je n'étais pas sur liste rouge sur les téléphones. Donc, j'avais des appels, j'avais des centaines d'appels par jour. Enfin, tout était mes puissances sans changer nos vies. Donc, moi, j'avais une vie, je sors chez moi, je prends le métro, je prends le bus. Enfin, voilà, je vis, quoi, normalement. Sauf que ce n'était plus possible. C'était très particulier. Donc, au bout de six mois, j'ai démissionné.
- Speaker #0
Et oui, je suis repartie. Tu es repartie. Je n'ai pas supporté. Et ton personnage, du coup, ils ont gardé ton prénom ?
- Speaker #1
Non, il est devenu Lali.
- Speaker #0
Ah, ok.
- Speaker #1
C'est Lali qui a repris le personnage.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Sous Lali.
- Speaker #0
Sous Lali, oui, voilà. Mais toi, le personnage Cathy, il portait ton prénom Cathy ? Cathy, exactement.
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas si Lali... Non, Lali ne m'a pas remplacée. C'est une autre fille qui arrive sur le campus qui s'appelle Lali et qui va faire partie du trio.
- Speaker #0
Du trio. Mais on se rappelle quand même de Cathy avec les cheveux courts.
- Speaker #1
Oui !
- Speaker #0
Et ça, tu avais déjà les cheveux courts ? Non, j'avais déjà les cheveux courts. Ah oui, bien sûr. C'était une signature quand même. On allait chez le coiffeur et on demandait la coupe. Ah bon ? Bien sûr. Est-ce que quand même, du coup, à 22 ans... Donc tu arrêtes au bout de six mois, mais est-ce que tu avais conscience à l'époque de l'ampleur du phénomène ? Ou est-ce que c'est avec les années, avec le recul que tu as plus ?
- Speaker #1
Non, j'avais conscience, mais je n'adhérais pas du tout. Moi, j'avais envie d'anonymat, j'avais envie de reprendre ma vie. C'est allé trop vite, en fait. Je pense que j'aurais assumé si on avait été préparé, et si c'était monté crescendo, et aussi dans la bienveillance, parce que ce n'était pas que de la bienveillance à l'époque. Aujourd'hui, ça l'est.
- Speaker #0
Vous n'étiez pas accompagnée de toute façon, psychologiquement ? Absolument pas. Vous étiez plutôt jetée dans l'arène.
- Speaker #1
Exactement. Donc après ça, après la démission, j'ai pris des cours de théâtre. J'ai fait le truc inverse.
- Speaker #0
Inverse.
- Speaker #1
Et j'ai essayé d'apprendre ce métier.
- Speaker #0
Mais ça t'a plu quand même ? Tu avais des sensations de plaisir ?
- Speaker #1
J'avais des sensations de plaisir liées à mes camarades de jeu. C'était des fous rires énormes. Parce que... On travaillait énormément, on travaillait 5 jours sur 7, on travaillait de 8h du matin, souvent à 22h, avec des textes à apprendre après. Donc ça créait aussi une fatigue générale, et donc énormément de fou, rien.
- Speaker #0
Tu te rappelles de ton premier jour de tournage ?
- Speaker #1
Oui, anniversaire de Cathy, c'était le titre. J'étais terrorisée.
- Speaker #0
Je me retrouvais avec cette caméra, du texte, sortir ma voix,
- Speaker #1
assumer sa voix et jouer.
- Speaker #0
Et en plus,
- Speaker #1
à l'époque, c'était du mot à mot quand même. Il fallait apprendre le texte par cœur et il fallait placer les riens. Donc on se parlait. On prenait une respiration pour qu'au montage, il place ses rires. Et on continuait. Comment te dire ?
- Speaker #0
Pas du tout naturel.
- Speaker #1
Voilà, c'était compliqué.
- Speaker #0
Oui, j'avais oublié ces fameux rires. Ah oui, mais ça,
- Speaker #1
c'est un truc, un petit détail particulier qui compte.
- Speaker #0
Et comment est-ce qu'on vit, après toutes ces années quand même, le fait d'être associée à ce rôle pendant des années ? On l'accepte. Oui, ça a pris un moment, cette acceptation. Ça a pris un moment.
- Speaker #1
On a envie de se détacher. On a envie de dire, mais je n'ai pas fait que ça. Mais c'est ça qui a marqué. Et aujourd'hui, il y a énormément de bienveillance. On fait partie des personnages comme ça, qui passent les années, qui sont toujours là. Donc, c'est quand même un phénomène assez particulier. Et les gens sont très, très gentils. Donc, c'est... Ouais, aujourd'hui, c'est mignon.
- Speaker #0
C'est que du bonus, quoi. Oui. Du plus.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu as eu le sentiment parfois que cette image t'avait enfermée ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Mais ça enferme, même si ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Quand tu as pris des cours de théâtre, tu espérais plus faire d'autres choses ?
- Speaker #1
Ce qu'il faut savoir, au départ, tous les castings vous fermaient les portes. On n'avait pas le droit de passer une audition, tenter notre chance. Alors qu'on vivait ça de façon plutôt injuste. On était sur un support où on tournait 26 minutes par jour, des textes à apprendre. Voilà, mais support sitcom, qui est très différent d'un support cinéma, où on tourne 3 minutes par jour.
- Speaker #0
On a le temps de sortir une émotion, de travailler.
- Speaker #1
Donc les gens n'ont pas vu l'efficacité de ce travail, de se dire, s'ils font ça, Si on les fait bosser sur 3 minutes par jour, je pense qu'ils vont sortir quelque chose. Mais on est dans des... Alors moi, aujourd'hui, je pense, mais en tout cas, il y a 30 ans, on mettait des gens quand même dans des cases. On ne pouvait pas faire deux métiers différents, on ne pouvait pas faire du cinéma et des séries télé. Aujourd'hui, on voit énormément d'acteurs de cinéma faire des téléfilms. Et qui demandent avec Netflix, avec tout ça. Ça a vraiment changé.
- Speaker #0
C'est une autre époque. Est-ce qu'il y a quelque chose de cette période que le public ne sait pas du tout ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. On va leur poser la question. Je ne sais pas.
- Speaker #0
Y a-t-il des choses auxquelles tu as renoncé pour te préserver, mais que tu ne regrettes pas ?
- Speaker #1
J'ai renoncé beaucoup de choses parce que j'ai fait un choix avant tout pour la famille.
- Speaker #0
Oui, tes enfants.
- Speaker #1
Oui, c'est ma priorité. Alors, je ne dis pas que j'ai raison, tort. J'ai une sensibilité où j'ai besoin de voir mes enfants, où j'ai besoin de voir mon mari, où j'ai besoin d'être au centre, de chapeauter, d'être là, d'être à l'écoute. Donc, c'est cette priorité que j'ai choisie.
- Speaker #0
Est-ce que, du coup, tu as eu peur d'être oubliée et, au contraire, de ne pas pouvoir changer d'étiquette ?
- Speaker #1
Peur d'oublier ? Ah non, ça, ça me dérange. Non, c'est pas... Oui, changer d'étiquette, ça demande... Non, pas non plus, parce que c'est envers soi. Moi, ce que perçoivent les autres, finalement...
- Speaker #0
ça leur appartient mais moi c'est moi avec moi-même c'est de m'autoriser aussi à changer de métier autant de fois que je veux tu vas pouvoir justement nous dire les autres métiers est-ce que le regard des autres a évolué avec les années sur toi ?
- Speaker #1
je pense que quand on est plus jeune il fallait que je sois aimée que ce soit important qu'on m'apprécie Aujourd'hui, ça m'est égal.
- Speaker #0
C'est ça que je voulais entendre.
- Speaker #1
Non, aujourd'hui, ce qui m'importe, c'est d'être centré. Et tant pis si ça peut...
- Speaker #0
T'être à nouveau enraciné.
- Speaker #1
Oui, et tant pis si ça peut déranger certains. C'est pas que je vais être désagréable, mais je vais être moi-même. Donc, c'est le prix à payer.
- Speaker #0
C'est le prix à payer. Est-ce que tu appréhendes aujourd'hui le temps qui passe ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. J'appréhende la vieillesse, avec tout ce qui va avec, peur de la maladie, de ne pas bouger comme je veux. Donc, forcément, on se prépare. On se dit, bon, là, je vais faire du sport, apprendre une langue pour faire travailler un peu mes neurones, changer, être actif. Être avec les autres. Mais oui, j'ai une appréhension. Alors, ce n'est pas tout le temps, mais j'y pense quand même. Bien sûr.
- Speaker #0
Tu es maman de trois enfants. Il y en a qui sont déjà très grands. Mais en quoi devenir mère, ça a changé ton rapport au travail ? Tu as déjà un petit peu répondu tout à l'heure pour dire que c'était ta priorité. Mais est-ce que devenir mère, ça a aussi changé ton rapport au jeu, au mannequinat, ou toutes ces choses-là ?
- Speaker #1
Ça n'a pas changé sur mes valeurs, mais j'ai le sentiment que mes enfants me font grandir aussi. C'est quand on décide d'être un peu, pas critiqué, mais un peu boosté, un peu bousculé, et qu'on se remet en question, ça fait évoluer aussi. Et quelquefois, dans l'adolescence, quand les enfants euh nous provoque un peu et tout ça, j'aime bien ce rapport-là, parce que ça nous fait grandir aussi. Qu'est-ce qu'on n'a pas dit, qu'est-ce qu'on n'a pas fait, ça nous renvoie à notre propre éducation, à ce que nous, on a vécu, et ça remue.
- Speaker #0
À notre propre adolescence aussi. Oui,
- Speaker #1
ça remue. Donc ça change à ce niveau-là, ça nous fait évoluer, je trouve.
- Speaker #0
Comme quoi, on grandit toujours.
- Speaker #1
Oui, je trouve. alors ça Moi, j'aime bien vieillir dans ce sens-là. Ce n'est pas avoir le regret d'eux, ou être nostalgique d'eux, c'est surtout, qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que j'ai appris ? Comment je me positionne aujourd'hui ? Et qu'est-ce que je peux faire encore ? Et je pense que ça, ce sera ça tout le temps.
- Speaker #0
Plus de sagesse, tu dirais ?
- Speaker #1
Oui, de recul, de sagesse, de se dire que ce n'est pas grave, allez, vas-y.
- Speaker #0
Ça, c'est les avantages de vieillir. On s'autorise plus. Est-ce que tu t'autorises à dire plus facilement non ? Oui. Juste parce que tu ne disais pas forcément...
- Speaker #1
Je n'avais pas à dire non avant. C'était compliqué pour moi de dire non. De dire non, là, je ne suis pas d'accord. Là, ce n'est pas pour moi. Je me faisais un peu trimballer comme ça. Mais quand même, ce serait bien pour ça, pour ça. Aujourd'hui, non.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Je suis ici parce que je dis oui. C'est un oui. Donc il y a le vrai oui et le vrai non. Tout le monde est gagnant,
- Speaker #0
je trouve. C'est bien.
- Speaker #1
On ne perd pas de temps.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu aimerais transmettre à tes enfants ?
- Speaker #1
Déjà ce qu'on m'a transmis, ce côté d'être honnête, gentille, de l'empathie. mais aussi se faire confiance. Je pense que c'est ce que j'ai essayé de faire. J'espère qu'ils ont ça. Je le vois quand même. C'est la confiance en eux. Se faire confiance. Quelque chose que j'ai...
- Speaker #0
Que tu esime que tu n'as pas manqué.
- Speaker #1
Oui. Et qui amène aussi tellement de possibilités.
- Speaker #0
Qui ouvre le champ des possibilités. Oui,
- Speaker #1
et qui ouvre aussi le nom, plus facilement.
- Speaker #0
On met des limites plus facilement. Oui,
- Speaker #1
complètement.
- Speaker #0
Après, il y a eu le retour sur les plateaux. Il y a quelques années déjà. À quel moment est-ce que tu as eu ce déclic où tu as pris la décision de revenir sur les plateaux de tournage de séries ?
- Speaker #1
On parlait des enfants. J'étais avec ma fille dans le sud, près de Carcassonne, dans notre maison familiale. Et Jean-Luc, le producteur, m'appelle et me dit « Écoute, j'aimerais bien que tu reviennes pour 5 ou 6 épisodes. Franchement, je sais, t'es pas sur les plateaux et tout ça, mais c'est très bien. »
- Speaker #0
Et vous aviez gardé le contact pendant quand même ? Non, mais il me rappelle,
- Speaker #1
mais il avait mon numéro. Et ma fille était en face de moi. Et je fais « Devine qui m'appelle ? » Le producteur me dit « Mais vas-y, maman, amuse-toi. » Et j'ai... était dans une période où j'avais beaucoup de chantier. Et j'étais fatiguée et stressée. Et elle voyait que je ne m'amusais pas. Elle me dit, mais maman, tu continues de faire ta déco et tout ça. Et puis tu fais cinq ou six épisodes. Et puis voilà, tu reviendras dans ta déco, tu vas faire les deux. Mais oui, mais quand même, j'ai peur. Ça fait un petit moment que je ne vais pas retourner. Mais tu vas retrouver tout le monde, tous tes amis, tous les gens que tu as perdus de vue, c'est quand même sympa. C'est comme ça que j'ai dit oui.
- Speaker #0
Tu dirais que c'est ta fille qui t'a donné l'autorisation ?
- Speaker #1
Moi, j'ai souvent très peur. Je suis très frileuse, donc j'ai du mal à dire oui, non, je ne sais pas. Oui, et ma fille m'a donné le fun. Le fun,
- Speaker #0
ok. T'as amusé.
- Speaker #1
J'ai amusé. Et elle a un regard aussi sur moi. C'est chouette d'avoir ce regard. Oui. Je peux évidemment l'avoir sur elle et sur mes enfants, qui quelquefois hésitent, et il suffit justement en le formulant que l'autre dise, mais non, enfin là, tu ne le sais pas, mais c'est pour toi, il faut y aller. Et j'ai fait ça, donc je suis restée bien plus longtemps, parce que ça fait quand même dix ans que j'ai repris. Mais j'arrive à faire les deux, en prenant moins de chantier.
- Speaker #0
Et du coup, en quoi ce retour, il est différent de ta première expérience ?
- Speaker #1
Il est différent parce que là, j'ai dit oui. Même si au départ, je disais hum hum. Mais j'ai dit oui. Et il est différent parce que j'ai toujours un pied dehors. Parce que j'ai toujours l'archi à côté. J'ai toujours quelque chose à côté. Et puis, très bienveillant avec aussi les comédiens qui ont vieilli aussi comme moi. La même équipe technique. Ah oui,
- Speaker #0
la même équipe technique aussi.
- Speaker #1
Je n'ai aucun stress à aller sur le plateau. C'est une petite réunion sympathique à chaque fois.
- Speaker #0
Tu dirais que c'est un peu comme une deuxième famille maintenant.
- Speaker #1
Oui. Je me laisse bichonner, on me maquille, on m'habille. C'est agréable. C'est plutôt sympa. Je passe sur les chantiers.
- Speaker #0
Du coup, tu as un petit peu répondu, mais avec l'expérience et les années, le temps qui passe, il est plus facile de poser tes limites.
- Speaker #1
Oui, vraiment. Mais je pense tout le monde, non ?
- Speaker #0
J'espère aussi.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
moi aussi, absolument. Beaucoup plus facile, honnêtement.
- Speaker #1
Je pense que c'est ça qu'on apprend.
- Speaker #0
C'est l'avantage de vie.
- Speaker #1
Et c'est tellement bon.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Vraiment.
- Speaker #0
C'est la base maintenant. Donc, l'aventure, les mystères de l'amour, c'est arrêté, mais finalement continue.
- Speaker #1
Alors, nous avons un producteur, nous avons fêté la fin des Mystères de l'Amour en décembre, qui nous annonce, vous allez tourner un petit pilote si vous êtes ok, qui va s'appeler Ami pour toujours, et on n'en sait pas plus.
- Speaker #0
Et ça, tu tournes demain ?
- Speaker #1
Je tourne demain, la semaine prochaine, je pense que je tourne jusqu'à fin février, et ensuite, on ne sait pas sur quelle chaîne, quoi, qu'est-ce, et moi, je m'autorise aussi à me dire... Est-ce que je continue ? Je ne sais pas. Je suis en pleine réflexion.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Ce début d'année 2026 avec plein d'énergie. Mais du coup, si jamais ça s'arrêtait, entre le moment où il y a la fin de l'aventure qui est annoncée et ce tournage de pilote, il y a eu un laps de temps où tu t'es dit c'est fini ? Ou vous avez tout de suite su que ça basculait sur autre chose ?
- Speaker #1
On a su, avant que ça s'arrête, que ça se terminait.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ce qui est difficile, quand on... Quand ça s'arrête, c'est de casser le rythme et de ne plus voir nos partenaires de jeu, qui, pour la plupart, à part Laure Guibert, que je vois régulièrement, qui vit à Paris, mais les autres ne vivent pas à Paris. C'est déjà plus compliqué de les voir. Et c'est tout ça ou c'est un petit deuil. C'est une parenthèse comme ça que je m'autorise, parce que je peux le faire, justement, de réflexion. Et maintenant, je fais quoi ? Donc c'est une fin de quelque chose. Là, il va se tourner un pilote. Qu'est-ce que je fais après ça ? Je ne sais pas, parce que j'ai déjà amorcé peut-être autre chose.
- Speaker #0
Le début d'autre chose. Et intérieurement, ce deuil, comme tu as dit, c'est quelque chose que... Intérieurement, est-ce que tu peux nous dire un petit peu comment tu l'as vécu ?
- Speaker #1
C'est un deuil. Alors, ce n'est pas un deuil perdre quelqu'un. Oui, mais c'est... Mais c'est perturbant. C'est un vide. En fait, qu'est-ce qu'on fait avec ce vide-là ?
- Speaker #0
C'est ce rituel-là, de se voir toutes les semaines, de tourner. Je n'ai plus ça. Donc, on se retrouve face à soi-même, qui ne me fait pas du tout peur, parce qu'on en parlait, la solitude et tout ça, c'est quelque chose dont j'ai besoin aussi. Mais ce rapport, ce côté sociable, d'être avec une équipe, on ne l'a plus. Parce que quand je travaille en archi, moi je travaille seule. Donc évidemment, je vois des artisans, je rencontre des clients. Mais c'est différent. Parce que là,
- Speaker #1
vous avez quand même tous grandi ensemble. Voilà,
- Speaker #0
et puis on joue ensemble, on se marre ensemble aussi. C'est ce plaisir-là qu'on n'a plus. Donc, il faut avoir cette période. Mais je ne m'en cache pas. Et je pense que le fait d'en parler à ses proches, de dire, en ce moment, je ne suis pas super en forme, je suis un peu nostalgique et j'ai tout ça, mais c'est normal, c'est ça et ça va passer. C'est aussi tous les intermittents qui vivent ça.
- Speaker #1
Aussi, oui. C'est le verbalisme. de le verbaliser, ça permet de mieux l'accepter ?
- Speaker #0
Ah oui, bien sûr. Oui, bien sûr. C'est de le passer. C'est d'accepter. Après, il ne faut pas rester bloqué dessus. Parce que justement, je disais en début de l'interview, je fais du sport. Parce que moi, le sport, ça m'aide l'activité physique à me recentrer et à avoir à nouveau de l'énergie. Pour dire, vers quoi je vais aller ? Réfléchir.
- Speaker #1
Oui. Est-ce que tu as conscience encore de l'attachement très fort du public aujourd'hui ?
- Speaker #0
J'ai conscience parce qu'aujourd'hui, on a les réseaux sociaux. Et c'est à travers ça que je vois à quel point des gens sont nosagiques et ont fait partie de leur vie, en fait, depuis longtemps. Donc, c'est touchant.
- Speaker #1
Oui, c'est touchant.
- Speaker #0
C'est touchant pour certains qui se mettent à pleurer en disant « on ne va plus vous voir » . Je dis « non, non, mais attendez, peut-être pas » . C'est un peu bizarre de ne pas les connaître, mais à la fois, eux nous connaissent à travers l'écran et ils ont mis quelque chose sur nous. Une époque, oui.
- Speaker #1
Et quelle place, du coup, occupe l'amitié dans ta vie ?
- Speaker #0
Elle est importante. Alors, j'ai une amitié. J'ai du mal à voir énormément de monde. Je ne suis pas un animal sociable. Je suis instinctive plutôt. Mais par contre, mes amitiés, je suis très fidèle. Et c'est très important, même si je ne vois pas souvent les personnes. Ces personnes sont très importantes. Ça fait même partie de la famille. Tu les vois pas souvent,
- Speaker #1
mais elles savent qu'elles peuvent compter sur toi. Ah oui,
- Speaker #0
je ne suis pas souvent joignable, parce que je n'aime pas très téléphone. Et quand je suis avec quelqu'un ou sur quelque chose, je ne réponds pas. Je ne peux pas être partout, je n'ai pas cette personnalité-là. Mais par contre, si quelqu'un m'appelle en me laissant un message, il faut que tu me rappelles, il y a un truc qui se passe et j'ai besoin de toi, je suis là. Je suis là, les amis ! Je leur dis d'ailleurs, parce que j'ai des reproches. On n'arrive pas à se joindre, qu'est-ce que tu fais ? J'ai besoin aussi de réflexion, d'être toute seule.
- Speaker #1
De te remplir à nouveau avant de donner.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Si on regarde une autre facette de ta vie, un autre métier, la déco. Comment est-ce que la décoration intérieure est-elle entrée dans ta vie ?
- Speaker #0
Elle a toujours été là. Tu dessinais des cabanes ? Je dessinais. Je faisais des légos, des misons,
- Speaker #1
et des misons.
- Speaker #0
Je voulais être archi, mais à l'époque, il fallait être bac C. Et je n'avais pas le niveau pour C. Donc, l'architecture des PLG est passée comme ça. Et puis est rentré le mannequinat, l'archi, après mon bas.
- Speaker #1
La série.
- Speaker #0
La série, tout ça, tout s'est enchaîné. Le fait d'être maman. Et puis, il y a eu un événement, la séparation. Parce qu'on est une famille recomposée. J'ai deux enfants d'une première union. J'avais 30 ans. Et là, c'est pareil, c'est des moments de vie où ça bascule. J'étais dans un... Le boulot ne marchait pas super bien. Et là, je me suis dit, je reprends mes études. Et donc, j'ai fait des formations à l'école Boulle en architecture d'intérieur. il fallait que je transforme et après ça j'ai commencé comme ça à avoir des chantiers, des petits chantiers un peu plus grands et j'aime bien j'aime bien entrer dans la vie des gens savoir comment ils vivent entrer dans la psychologie et leur créer leur cocon Ça va avec la famille.
- Speaker #1
Et comment est-ce que tu trouves ton inspiration ?
- Speaker #0
C'est souvent eux. C'est à travers des questions, ce qu'ils aiment, les couleurs, leur zoning, leur circulation, leur vie, comment ils fonctionnent, à travers des œuvres d'art, qu'est-ce qu'ils aiment comme œuvre d'art. Je leur pose pas mal de questions. Après, ça va être quand même avec ma sensibilité. Mais ils viennent me voir aussi pour ça. J'ai forcément une sensibilité dans les couleurs, dans les choses. Et voilà, ça va venir comme ça.
- Speaker #1
Et lequel de tes cinq sens tu utilises le plus quand tu travailles la décoration ?
- Speaker #0
J'aime les matières, le toucher, je pense. Je n'aime pas les trucs très lisses. La vue aussi, forcément, la couleur, la vibration des couleurs. Et le ressenti. Parce qu'un lieu, il y a des lieux que j'ai refusés.
- Speaker #1
Oui, parce que tout à l'heure, hors antenne tout à l'heure, lors de notre petite balade au rayon des coups, tu m'as parlé d'énergie, de lieu. Oui. Même l'énergie des gens.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Alors,
- Speaker #0
juste avant d'avoir repris la série, ça m'a autorisée à choisir aussi les gens. Parce qu'il y a une affinité, et c'est totalement instinctif. On sent les personnes ou on ne les sent pas. Il y a l'énergie du lieu. Ce n'est pas qu'il soit moche.
- Speaker #1
Moi,
- Speaker #0
j'adore les trucs à refaire. Mais il y a des endroits où je ne peux pas. C'est très particulier. C'est vibratoire.
- Speaker #1
Ça ne se discute pas.
- Speaker #0
Ça ne se discute pas. Et les gens, les clients, c'est hyper important de se faire confiance. Donc, quelqu'un qui va me dire, oui, moi, j'ai les finances. Je veux ça, je veux telle représentation. Alors, je marche plutôt avec les clients qui auront un budget limité. Mais c'est très important pour eux, à l'intérieur. Parce que ça va être chez eux. Et ce n'est pas pour une représentation, pour inviter. Ce n'est pas ça, en fait. C'est aussi quelque chose qui leur correspond vraiment. Donc ça, c'est important pour moi.
- Speaker #1
Ça, c'est ton leitmotiv.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu te présentes aujourd'hui aux inconnus ?
- Speaker #0
Naturellement. Je ne suis pas du tout dans la représentation. Non, je suis très naturelle. Et puis, ça passe ou ça ne passe pas.
- Speaker #1
Si on te demande ce que tu fais dans la vie ?
- Speaker #0
Les deux. J'ai d'un côté ce parcours de comédienne. Et puis, de l'autre côté, ce parcours de d'archi. Donc,
- Speaker #1
tu dis les deux.
- Speaker #0
Ah oui, je suis les deux parce que je ne peux pas dissocier les deux.
- Speaker #1
Comme on disait tout à l'heure aussi, on est toujours à tâche. Enfin, qu'est-ce que tu fais dans la vie ? C'est une question qu'on nous pose tout le temps.
- Speaker #0
Je n'aime pas du tout ça.
- Speaker #1
On n'aime pas cette question.
- Speaker #0
Et souvent, j'adore arriver... J'ai fait récemment un déjeuner, des gens qui nous ont invités, des parents, nos copains de mon fils et tout ça. Et j'ai adoré parce qu'il n'y a jamais eu... Une question. Tu fais quoi ? Dans les deux sens. Et c'est plus de l'instinctif. Alors forcément, le métier va venir parce que forcément, on travaille dans quelque chose, on va parler d'un événement, d'un truc qui fait que ça amène à parler de son métier. Mais ce n'est pas la question première.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
ça fait plaisir.
- Speaker #1
Et du coup, toi-même, comment est-ce que tu te définis maintenant, loin des étiquettes, justement ?
- Speaker #0
Je suis incapable de répondre. Comment je me définis ? Comme quelqu'un de très simple. Très instinctif, très simple, très naturel. Et j'aime ce rapport-là avec les autres. Que les autres soient le plus dénudés possible.
- Speaker #1
Par exemple.
- Speaker #0
J'ai compris.
- Speaker #1
Pas d'invitation.
- Speaker #0
Non, non.
- Speaker #1
À quoi est-ce que tu es le plus attentif dans ta vie actuelle ?
- Speaker #0
à l'équilibre des choses. On a des devoirs, mais on a des droits de faire des choses pour se faire plaisir. Je suis attentive à cet équilibre-là pour mon entourage, c'est-à-dire mes enfants, à leur rappeler ça. Attention, moi j'ai une fille qui est très très bosseuse et qui se noie quelquefois dans le travail et je lui dis attention,
- Speaker #1
ne t'oublie pas.
- Speaker #0
Il y a aussi autre chose. Cet équilibre, il est très difficile aujourd'hui. À Paris, c'est très difficile. Je pense que quand on vit à la campagne, on a tout de suite la nature qui rebooste, qui va dans la contemplation, dans quelque chose immédiat. En ville, c'est plus compliqué d'avoir ce moment où qu'est-ce qui te fait plaisir ? Pour un peu faire cet équilibre.
- Speaker #1
Est-ce que tu as des petits rituels que tu mets en place ?
- Speaker #0
pour te rappeler. Le sport, j'ai un chien, le sortir, me balader, qui est très important, l'animal rééquilibre beaucoup. Et quelquefois, quand il me voit partir en toupie, dans un stress, dans quelque chose, l'animal, il le ressent aussi. Il va être un peu déstabilisé. Et là, je redescends un peu. Ça m'équilibre. Je vais marcher, je monte de sacré cœur. On apprend avec lui, on fait un tour, on redescend. Ça redescend.
- Speaker #1
Donc ça passe par le corps, chez toi.
- Speaker #0
Ou méditation.
- Speaker #1
Méditation aussi, tu le pratiques.
- Speaker #0
J'aimerais bien le pratiquer quotidiennement, mais pour l'instant, je n'y arrive pas. C'est un objectif,
- Speaker #1
2026. Est-ce que tu as le sentiment d'être à ton juste rythme ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
C'est une quête en même temps.
- Speaker #0
Mais c'est ça, cette année, c'est ça. Oui,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #0
Quand on se revoit en 2021. Il va y avoir du changement.
- Speaker #1
On a hâte. Si tu pouvais parler à la jeune Cathy du début, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Fais-toi confiance. Et n'aie pas peur. Ça va bien se passer.
- Speaker #1
Est-ce que le temps t'a appris des choses que la notoriété ne t'avait pas appris ?
- Speaker #0
Elle est hyper compliquée cette question. La notoriété ne m'a rien appris, si ce n'est... Non, la notoriété m'a encore plus convaincue du rapport sincère entre personnes, c'est-à-dire en enlevant l'étiquette, en enlevant le fait d'avoir une notoriété. Ça a encore plus appuyé ce côté nature que dont tu as besoin toi,
- Speaker #1
de revenir à l'essentiel.
- Speaker #0
Oui, l'essentiel.
- Speaker #1
Avec quoi est-ce que tu te fous la paix aujourd'hui ?
- Speaker #0
c'est avec le regard des autres très franchement ça fait du bien à tout le monde je pense que c'est aussi une quête il y en a un qui dit ça c'est pas un philosophe qui est habillé en couleur comment il s'appelle ? est-ce que ça te parle Corine Sombrin ? qui a fait ils en ont fait un film qui est chamane Merci. Mais pas en prenant des drogues et tout ça, c'est à travers la musique et tout ça. Et elle travaille avec quelqu'un qui a ce truc, foutez-vous la paix.
- Speaker #1
Il y a un bouquin qui s'appelle comme ça, foutez-vous la paix.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, je trouve que c'est bien quand même de se foutre un peu la paix, parce qu'on a quand même l'impression de... Alors, il faut méditer, il y a du yoga, il ne faut pas manger ça, il faut faire manger... Il ne faut pas boire un alcool, il ne faut pas trop... Et au bout d'un moment, le plaisir, c'est quoi ? Qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? Donc on se fout la paix quand même. Évidemment, tout ça est bien, mais foutons la paix un peu.
- Speaker #1
Et quelle place a le plaisir dans ta vie ?
- Speaker #0
C'est important. C'est une quête aussi. Parce qu'on est très vite happé par plein de choses. On t'habille. le travail.
- Speaker #1
La roue du hamster, oui.
- Speaker #0
La roue du hamster, elle est importante. Après, on peut prendre du plaisir dans cette roue aussi. Oui,
- Speaker #1
il y a des personnes qui ont du plaisir à être justement dans un rythme comme ça, perpétuel. Après, des fois, tu es rattrapée par un pépin de santé ou autre chose, justement. C'est ça. Toi, tu es plus dans le... quand même, tu t'écoutes.
- Speaker #0
J'essaye. En tout cas, j'ai cet espace pour pouvoir y penser. Oui, mais j'ai aussi de la chance de pouvoir le faire. J'ai une situation familiale où je peux aussi m'autoriser ça. Donc, ce n'est pas tout le monde aussi qui peut se donner. Mais tu l'as donné aussi.
- Speaker #1
Enfin, tu t'es donné cette chance.
- Speaker #0
Oui, je me suis donné cette chance.
- Speaker #1
Parce que tu as fait un choix aussi.
- Speaker #0
J'ai fait des choix.
- Speaker #1
Voilà, tu as fait des choix. Quand tu as 22 ans, au bout de 6 mois, tu dis que tu pars.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'était quand même un choix super assumé. Oui,
- Speaker #0
ce n'était pas un choix financier.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
c'était allez on y va on en saute c'est pas grave oui même à 30 ans de reprendre mes utiles c'est des choix mais je pense qu'il faut non mais t'as fait des choix quand même très je trouve très affirmé 22 ans voilà 30 ans etc qui sont ouais en fait c'est des périodes de vie où il se passe des événements et qu'est-ce qu'on fait de ces événements soit ça nous plonge soit ça nous réveille et ça nous dit ah mais non mais vas-y, t'avais envie de faire ça je pense qu'en effet de plein de choses on a plein d'envie plein de trucs à explorer Tout le monde, j'en suis sûre.
- Speaker #1
Tout le monde, oui. Mais voilà, ce que je trouve chouette, c'est que tu donnais les moyens d'écouter tes besoins. Enfin, tu les as mis quand même.
- Speaker #0
J'essaye. Oui,
- Speaker #1
j'essaye. J'ai une autre question difficile. Prête ? Si ton rythme naturel n'avait plus à s'adapter à celui des autres, qu'abandonnerais-tu en chemin ?
- Speaker #0
Mon téléphone ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Les réseaux ? L'heure ?
- Speaker #1
L'heure.
- Speaker #0
Être en pleine nature ? Dans la contemplation ? Oui, pendant quelques temps, parce que j'aurais après y être...
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu retrouverais du coup ?
- Speaker #0
Les autres. Moi, j'ai besoin des autres.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, qu'est-ce que ça signifie pour toi, la fameuse expression « réussir sa vie » ?
- Speaker #0
C'est... ça ne veut... Réussir sa vie, c'est un truc...
- Speaker #1
Comme si on pouvait la rater.
- Speaker #0
Non, mais c'est ça. C'est-à-dire que c'est hyper culpabilisant pour certains qui pensent avoir raté leur vie parce qu'ils sont dans un truc. Non, c'est propre à chacun. Il n'y a pas de réussite. C'est essayer de s'épanouir dans ce qu'on est, au fond. dans notre environnement. Il n'y a pas de recette, je trouve. Non, non, je n'aime pas.
- Speaker #1
J'ai réussi ma vie.
- Speaker #0
C'est un peu bizarre.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter du coup pour 2026 ?
- Speaker #0
De m'offrir une liberté pour encore faire autre chose.
- Speaker #1
Je vois qu'il y a des yeux qui pétillent.
- Speaker #0
Oui, plus que quelque chose. L'architecture, c'est un métier de service. C'est un métier artistique, créatif, mais on se plie aussi aux exigences de nos clients et avec les artisans. C'est vraiment... On se plie à eux. La comédie, on se plie aussi aux souhaits des réalisateurs, Merci. du support sur lequel on travaille, d'un rythme, et peut-être aller plus dans l'artistique.
- Speaker #1
Affaire à suivre. Un objet ou un rituel qui te reconnecte à ton juste rythme ?
- Speaker #0
À mon juste rythme ? Peut-être l'animal, le chien. Ça me connecte à la nature, donc ça m'oblige à le sortir, à aller dans un jardin, dans quelque chose. Donc oui, peut-être que c'est pas mal ça.
- Speaker #1
Comment s'appelle ton chien ? Un objet ou un bijou qui te reconnecte à ta féminité ?
- Speaker #0
Ma mère m'a offert un bijou de famille ce Noël. C'est un bracelet, une gourmette en or. C'est tellement ma mère. C'est marrant, c'est la première fois que j'ai un objet comme ça où on sent la transmission. Et quand ma fille m'a vue avec ce bracelet, elle m'a dit, oh là là, c'est mamie. Je pense à mamie et tout ça. J'aime bien ce petit... C'est féminin. Peut-être ça. Je ne sais pas. Je ne suis pas très matérialiste. Ça me plaît, cette idée de transmission.
- Speaker #1
Une odeur qui te ramène immédiatement à ton enfance ?
- Speaker #0
Tout ce qui est romarin. Les herbes romarins, le thym. Ça me reconnecte tout de suite chez moi.
- Speaker #1
Au sud.
- Speaker #0
Le sud.
- Speaker #1
Ce qu'il y a sur ta table de nuit en ce moment ?
- Speaker #0
Des bouquins. Alors un plat réconfortant ? Un petit tagine.
- Speaker #1
Un petit tagine.
- Speaker #0
Un petit poulet citron. J'aime bien.
- Speaker #1
Une musique qui te met de bonne humeur ?
- Speaker #0
Freddie Mercury.
- Speaker #1
Une en particulier ?
- Speaker #0
Non, toutes. J'aime bien sa voix, c'est la pure énergie.
- Speaker #1
Un endroit où tu te sens pleinement toi.
- Speaker #0
Dans les forêts.
- Speaker #1
Et un mot qui résume ton état d'esprit aujourd'hui ?
- Speaker #0
Confiantin. Merci.
- Speaker #1
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous dans le juste rythme. J'espère que cet épisode vous a offert un souffle, un sourire ou une idée à glisser dans votre quotidien pour avancer un peu plus à votre rythme. Si cet échange vous a plu, parlez-en autour de vous et abonnez-vous à votre plateforme préférée. Laissez un commentaire, c'est ce qui permet au podcast de rayonner. Pour découvrir d'autres épisodes ou me contacter, rendez-vous sur le juste rythme. Si une femme inspirante vous vient à l'esprit, écrivez-moi, vous pourrez être ma prochaine invitée. A très bientôt et d'ici là, prenez soin de votre cœur, de votre corps et de votre tête.