- Speaker #0
Bienvenue dans Le Juste Rythme, le podcast qui explore le cœur, le corps et la tête. Je suis Marion Béchade, une femme, une mère, une entrepreneuse passionnée mais souvent débordée, en quête chaque jour d'un peu plus de sérénité. Un podcast pour se déculpabiliser et peut-être se donner une nouvelle impulsion. Cet épisode du podcast Le Juste Rythme est soutenu par l'Auberge Basque, un hôtel-restaurant, relais et châteaux, un lieu unique au cœur du Pays Basque qui invite à ralentir à se reconnecter à ses cinq sens et à prendre un temps pour soi, l'endroit parfait pour retrouver son juste rythme. Dans cet épisode de Juste Rythme, je reçois Olivia Maillot pour parler d'un sujet très présent dans les parcours féminins, l'invisibilité. Pourquoi tant de femmes minimisent leur talent ? Pourquoi est-il si difficile de se montrer, demander une évolution, changer de voix ou parler de son travail sur les réseaux ? Nous abordons le rôle des normes sociales et des conditionnements qui poussent beaucoup de femmes à douter de leur légitimité. que l'on soit entrepreneuse ou salariée. Nous avons également parlé de bilans de compétences comme outils de reconnexion à soi, mais également des violences économiques souvent invisibles qui freinent l'autonomie et les décisions professionnelles. Un épisode avec quelques exercices pour celles qui sentent qu'elles ont du potentiel mais qui n'osent pas encore prendre leur place. Je vous laisse écouter notre épisode. Bonjour Olivia. Bonjour Marion. Bienvenue dans Le Juste Rythme. Avant que nous commencions notre épisode, j'aimerais savoir dans quelle énergie tu es aujourd'hui.
- Speaker #1
Ah, une énergie positive. C'est lundi, il fait beau. J'ai déjà eu un rendez-vous avec une cliente qui s'est très très bien passée. Donc je suis dans une bonne énergie ce matin.
- Speaker #0
Et si tu devais me décrire ton rythme actuel en trois mots ou en quelques mots, lesquels est-ce que tu choisirais ?
- Speaker #1
Mon rythme de travail ou mon rythme de vie ?
- Speaker #0
En général, oui.
- Speaker #1
C'est difficile. Je dirais irrégulier, ouvert à la découverte et attentif.
- Speaker #0
Olivier, est-ce que tu peux un peu nous présenter ce que tu fais maintenant et ce que tu faisais avant et du coup, comment est-ce que tu as cheminé vers ton activité actuelle ?
- Speaker #1
Oui. Mon activité actuelle est hybride. J'ai une première carrière en tant que juriste d'entreprise que j'ai occupée pendant 13 ans à peu près. Et depuis 12-13 ans aussi, je fais de la communication digitale. J'accompagne les entrepreneurs et les entrepreneuses à prendre leur place sur les réseaux sociaux et à utiliser les réseaux sociaux de façon professionnelle. Je me suis, il y a deux ans, spécialisée. En tout cas, je me suis adressée à une cible différente et beaucoup plus précise, qui est la cible des entrepreneuses de plus de 50 ans, pour vraiment travailler avec elles sur leur stratégie de communication et leur visibilité en ligne. Je me suis formée il y a quelques mois sur l'accompagnement des transitions professionnelles et je suis depuis janvier certifiée pour également faire des bilans de compétences. Donc j'accompagne. les femmes et les entrepreneuses à la fois sur leur questionnement de trajectoire professionnelle et de communication professionnelle.
- Speaker #0
Ok. Et qu'est-ce qui t'a amenée comme ça progressivement vers cette deuxième vie professionnelle ?
- Speaker #1
Alors, tu parles d'abord de la communication ou de l'accompagnement des transitions ?
- Speaker #0
Les deux, du coup.
- Speaker #1
Alors, j'ai été juriste pendant des années avec, à la fin, pas une perte de sens sur mon métier, parce que je savais pourquoi je le faisais, mais un ennui, un ennui profond. J'étais seule derrière un écran, je ne rencontrais pas grand monde, je rédigeais des contrats juridiques, etc. Voilà, donc j'arrivais à 40 ans, c'était l'année de mes 40 ans et je me souviens très bien. Je sortais d'une dernière mission en CDD dans une entreprise d'assurance que je n'aimais pas du tout. Et je me disais, tu vas avoir 40 ans, tu ne peux plus continuer à faire ça toute ta vie, ce n'est pas possible. Et donc là, j'ai réfléchi à une façon de travailler autre. Et j'avais déjà depuis quelques mois, quelques années, commencé à lancer un blog personnel. sur lequel je racontais mes déboires de femmes et puis également mes escapades dans la région Occitanie où je vivais à l'époque. Et là, je me suis dit, mais en fait, je vais faire de la communication digitale et je vais accompagner, moi qui écris bien, je vais accompagner les entreprises à rédiger leur contenu. Donc, en fait, ce n'est vraiment pas une perte de sens, mais un ennui profond qui m'a donné envie d'aller ailleurs. Et ces nouvelles compétences sur l'accompagnement des transitions professionnelles, c'est vraiment, j'avais besoin d'outils à un moment pour accompagner les femmes et pour aller plus loin. Quand elles me disaient, quand elles m'exposaient leurs freins, je ne veux pas me montrer, je ne veux pas parler de moi, j'ai peur qu'on me reconnaisse, j'ai peur de parler de moi, et j'espère pas dire ce que je sais faire, etc. Je sentais que je manquais d'outils. Et donc, j'ai été chercher des outils du côté du coaching et du côté de l'accompagnement, du bilan de compétences qui apportent pas mal d'outils pour lever ces freins-là.
- Speaker #0
Tu as dit que ça s'était passé lors de tes 40 ans. Est-ce qu'il ne se passe pas vraiment un truc quand même à 40 ans chez les femmes ?
- Speaker #1
Alors, 40 ans, première reconversion professionnelle. Et à 50 ans, deuxième, enfin troisième. Ce n'est pas une reconversion. En plus, je n'aime pas ce mot reconversion. Parce que je pense qu'on ne change jamais. De toute façon, notre vie professionnelle évolue. Mais voilà, c'est vrai qu'à 40 ans, je suis passée du juridique. À la rédaction web, à la communication digitale, à la communication, j'enrichis mes compétences avec la transition professionnelle à 50 ans. Il y a des paliers forcément, 40 ans, 50 ans, c'est des paliers importants dans la vie.
- Speaker #0
Dans la vie d'une femme plus, tu penses quand même ?
- Speaker #1
Alors je pense dans la vie d'un homme et d'une femme, certainement que les hommes et les femmes ont des façons d'aborder les choses différemment, de les vivre différemment. Et puis... Et puis la vie d'une femme à 40 ans, composée d'une cellule souvent familiale, de l'éducation des enfants, etc., je pense que ça a des conséquences différentes dans la vie des hommes et des femmes.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Et puis à 50 ans, pour le coup, il y a une vraie différence, c'est que nous, on a la préménopause et la ménopause. Alors les hommes ont aussi leur lot avec l'andropause, mais c'est vécu de façon totalement différente.
- Speaker #0
Pourquoi est-ce que tu as choisi de te spécialiser dans toutes les questions d'évolution professionnelle chez les femmes, justement ? Qu'est-ce qui t'a parlé ?
- Speaker #1
En fait, j'ai juste fait le constat de savoir avec qui je travaillais. À un moment, j'avais perdu un peu le fil, le goût de mon métier il y a trois ans. Les réseaux sociaux, les algorithmes, etc. m'avaient un peu fatiguée. Et donc, j'ai voulu remettre tout à plat. Et en fait, j'ai fait le constat que je travaillais avec des femmes qui avaient mon âge à l'époque 47 ans, aujourd'hui 50 ans, et que c'était ces femmes-là qui venaient me trouver, que c'était avec ces femmes-là que j'aimais travailler en fait. Donc ce n'était pas un virage où je ne me suis pas dit, j'arrête de travailler avec des hommes et je vais travailler avec des femmes. En fait, je travaillais déjà avec des femmes et j'ai juste pris conscience de ça et je me suis dit qu'il fallait que j'aille... m'adresser de façon plus précise auprès de ces femmes-là. Mais je travaillais déjà avec elles. Sauf que je n'en avais pas conscience. Je n'avais pas créé d'offres spécifiquement pour elles. Je n'avais pas créé de communication spécifiquement pour elles. Là, j'ai pris conscience des femmes avec qui je travaillais, des femmes qui voulaient travailler avec moi pour m'adresser plus précisément à elles.
- Speaker #0
Et quand est-ce que tu as su que tu étais à la bonne place dans ce que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #1
Tout ça, c'est très variable et selon un jour ou l'autre, je pense qu'on doute toujours de la bonne place. Et puis, c'est comme notre évolution professionnelle, la place varie d'une période à l'autre. En fait, c'est quand mes clientes me disent tout ce que je leur ai apporté, c'est-à-dire qu'elles ont retrouvé confiance en elles, qu'elles ont su structurer leur activité professionnelle, qu'elles ont pris la place sur leurs réseaux sociaux. qu'elles ont réussi à se montrer, qu'elles ont réussi, je pense, à certaines qui se cachaient, qui ne voulaient absolument pas se montrer. Et puis ça y est, elles commencent à publier en se montrant face caméra, en prenant la parole, etc. Et donc là, je me dis que quand j'ai réussi à débloquer tout ça et qu'elles y prennent du plaisir, parce que le but, c'est vraiment qu'elles y prennent du plaisir et que ça porte leur projet professionnel, je me dis que j'ai été à la bonne place.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'es toujours sentie légitime pour accompagner d'autres femmes ?
- Speaker #1
Je ne me suis pas posé cette question-là. Oui, en fait, elles viennent vers moi parce que j'ai traversé les mêmes galères qu'elles. Les galères de visibilité, les galères de communication, les galères de ne pas savoir ce que j'allais faire de ma vie. Quand j'étais plus bien dans le juridique, je ne savais pas ce que je voulais faire. Donc j'ai été perdue comme elle, j'ai été en manque de visibilité comme elle, j'ai galéré financièrement. avec mon activité d'indépendante comme elle, etc. Donc je suis légitime parce que je vis exactement les mêmes choses qu'elle. En fait, je ne suis pas meilleure qu'elle. J'ai juste, moi, pris le temps de travailler sur ma communication, sur mon activité professionnelle, sur mon positionnement. J'ai fait une publication il n'y a pas très longtemps sur Instagram en disant « je n'ai pas plus confiance en moi que vous, je suis juste plus entraînée » . Et c'est vrai que j'ai passé des étapes que certaines n'ont pas faites.
- Speaker #0
Et du coup, est-ce que tu dirais que pour être légitime, il faut s'entraîner ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui passent par l'entraînement, par le travail et notamment par la connaissance de soi. Et la connaissance de soi, pour moi, c'est vraiment prendre un papier, prendre un stylo et se poser les bonnes questions et faire des exercices.
- Speaker #0
Les exercices, on va en parler un petit peu plus tard. Qu'est-ce qui t'a le plus surprise quand tu as commencé à exercer ce nouveau métier ?
- Speaker #1
Sur la communication ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors, c'est lié en fait, transition professionnelle et communication. J'étais très surprise. Alors moi, j'accompagne beaucoup des entrepreneurs qui ont quitté leur métier par manque de sens. par suite à un burn-out, une mise au placard, etc. et puis qui se sont lancées dans l'entrepreneuriat avec un métier passion. Beaucoup se sont formées, donc elles se sont formées en prof de yoga, en sophrologue, en obstégeur, enfin voilà. Elles se sont lancées sur un métier passion et elles ont pensé que ça allait suffire à gagner leur vie, à vivre et à être... et à être indépendante et à être libre financièrement en fait. Et elles ont souvent minimisé que son cœur de métier, dans une semaine de travail, ce n'est pas la majorité du temps qu'on va passer. On va prospecter, négocier, faire de la comptabilité, faire du réseau, etc. Et donc je rencontre beaucoup, beaucoup de femmes qui ont minimisé tout ça. et qui sont en situation de détresse parce que leur activité ne décolle pas, qu'elles ne sont pas libres financièrement, qu'elles sont déçues. Et donc, du coup, ça leur met un coup au moral. Et puis, ça ne garantit pas leur estime d'elles. Au contraire, ça met à mal leur estime d'elles-mêmes.
- Speaker #0
Oui, donc tu dirais quitter le salariat, passer au statut d'entrepreneur, voilà si on n'est pas accompagné ça peut...
- Speaker #1
Oui, moi, je vois beaucoup de femmes qui ne sont pas accompagnées, qui ont été mal accompagnées, que ce soit en termes de formation, en termes d'organisme. Alors après, je parle d'accompagnement, donc ça peut être des accompagnements comme je les propose, qui sont des accompagnements payants, évidemment, mais il y a plein de structures en région qui accompagnent les porteurs et les porteuses de projets, qui sont des structures gratuites, des offres gratuites, etc. et donc qui aident quand même à structurer une activité professionnelle et puis à prendre toute la place aussi de la communication. Moi, je suis très surprise de femmes, alors je suis très surprise et je les comprends, de femmes qui me disent, moi, je n'aime pas les réseaux sociaux et je les comprends tout à fait. Sauf que selon leurs objectifs professionnels, selon si elles ont la possibilité d'aller chercher de la clientèle ailleurs, Les réseaux sociaux, ça va quand même être une étape indispensable la plupart du temps. Et donc après, à voir effectivement, selon les femmes, selon les cas, comment on se dépatouille avec ce « je n'aime pas les réseaux sociaux » . Est-ce que c'est indépassable ? Auquel cas, ce n'est pas grave, mais il va falloir trouver d'autres façons d'aller chercher de la clientèle. Et si c'est dépassable, comment on peut effectivement dépasser ça ? assurant une communication qui soit vraiment... Mon programme, il s'appelle Aligner. Donc, c'est vraiment une communication qui soit alignée avec son énergie, avec ses valeurs, avec ses objectifs, et avec son rythme. Et le but, c'est d'aller chercher du plaisir, en fait, dans sa communication.
- Speaker #0
De faire une communication au juste rythme.
- Speaker #1
Et le rythme, je rebondis là-dessus, le rythme est très, très important. Moi, je ne conseille jamais à mes clientes de se lancer dans une... dans une campagne avec trois publications par jour ou même une publication par jour. Il faut vraiment qu'elles respectent leur rythme et leur énergie, tout en prenant conscience des contraintes des algorithmes et des réseaux sociaux.
- Speaker #0
Mais qu'elles y trouvent du plaisir, effectivement.
- Speaker #1
C'est la base. De toute façon, sans plaisir, on ne tient pas.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une rencontre ou une expérience qui t'a marquée, qui t'a confortée dans ta voix ?
- Speaker #1
Je dirais que c'est une rencontre. Je dirais que j'ai eu un déclic quand j'ai eu une cliente, Patricia. Je ne sais pas si elle va m'écouter. Qui est dyslexique et que je l'ai appris après. En fait, Patricia, elle vit dans la Drôme. Non, elle vit en Ardèche, pardon. Et moi, je vis dans le Vaucluse. Et elle m'a dit, je veux que tu me formes. Je me suis dit, mais Patricia, on va faire ça à distance. Elle m'a dit, non, non, moi je suis dyslexique, j'ai besoin que tu me formes. Et que tu me formes, toi, en présentiel. Je lui ai dit, mais tu te rends compte, c'est loin quand même. Et en fait, Patricia était capable de faire quatre heures de route pour que je la forme et pour que je l'accompagne. Je l'ai reçue à la maison, avec le chien à côté, avec le chat à côté. On a déjeuné ensemble. Et là, j'ai compris qu'en fait, elle avait besoin... que je la prenne par la main, que je la rassure et que je sois à ses côtés sur toute la journée de formation sur sa communication. Et c'est là que j'ai eu le déclic et c'est aussi pour ça que les femmes, que les entrepreneuses qui se lancent souvent, elles prennent des formations et elles me disent que ça ne leur a servi à rien, en tout cas que ça n'a pas été suffisamment efficace. Parce qu'elles n'ont pas besoin d'être formées. Elles ont besoin d'être prises par la main. Elles ont besoin que je sois à côté d'elles, que je les rassure, que je leur explique ce qu'on peut faire ensemble, que je leur explique comment elles peuvent mettre en place leur communication, comment elles peuvent mettre en place un changement de trajectoire, une structuration de business, etc. Mais elles ont vraiment besoin d'être prises par la main. Une formation, souvent, qu'elles vont acheter, elles vont... Elles vont la lire, mais ça ne suffira pas. Elles ont vraiment besoin de plus.
- Speaker #0
Et ton avis sur le syndrome de l'imposteur, si j'enchaîne là-dessus ?
- Speaker #1
On l'a toutes. Je vais dire que c'est très commun à toutes les femmes que je rencontre. Ça provient tellement de causes différentes. C'est familial, c'est éducationnel, ça provient de la société de patriarcat. Il y a énormément de raisons propres à chacune qui fait qu'on a tout le syndrome de l'imposteur. Il est aussi très variable. Et puis là, je pense aussi qu'en tout cas, il y a des outils pour travailler sur ce syndrome de l'imposteur. Et si on n'arrive pas à détricoter toutes les causes qui parfois demandent plus qu'un travail en accompagnement, en transition professionnelle ou en communication digitale, On peut en tout cas... travailler sur certains points pour prendre du recul et je trouve que c'est ça qui manque auprès des femmes que j'accompagne qu'elles soient dans un questionnement sur leur parcours professionnel ou dans un questionnement sur leur communication c'est qu'elles n'ont pas de recul suffisant sur ce qu'elles font en fait elles font pas ce pas de côté moi je les aide à faire ce pas de côté en prenant conscience de leurs forces de leur faiblesse de leur réalisation de tout ce qu'elles ont de tout ce qu'elles ont réussi Et donc, on arrive à lutter contre ce syndrome de l'imposteur. Et j'ai notamment une anecdote. Quand je travaille avec elles sur leur parcours, sur leur profil LinkedIn, c'est très marquant parce qu'elles créent leur profil. Souvent, le profil LinkedIn est anciennement créé. Elles ne sont pas retouchées dessus, etc. Moi, je leur demande de revenir dessus avec moi. Et en fait, on va trouver en expérience leur dernière expérience, c'est-à-dire leur dernière formation et leur dernière expérience. Par exemple, professeur de sophrologue, enfin, sophrologue dans tel cabinet, etc. Et puis, il n'y a rien avant. Je leur dis, mais t'as fait quoi pendant 35 ans de vie professionnelle ? Ah ben, j'étais cadre chez Accor. Ah ben, j'ai géré ici. Ah ben, j'étais à l'étranger. Mais ça n'a rien à voir. Et en fait, elles passent... complètement sous silence 35 ans ou 30 ans de vie professionnelle. Et elles n'ont pas du tout idée, elles n'ont pas fait le travail des compétences transférables, ce qu'on appelle effectivement ce qu'on a acquis au cours de toutes ces expériences professionnelles. Et rien n'est à jeter. Et tout ce qu'on a fait pendant 35 ans, ça a fait de nous la personne que l'on est aujourd'hui, et qui on est, et c'est hyper puissant, c'est hyper fort en fait. Et donc, voilà, elles ont l'impression de repartir de zéro avec une reconversion. C'est pour ça que je n'aime pas ce mot reconversion, parce qu'on ne repart jamais de zéro et qu'au contraire, tout ce qu'on a vécu, même si ça n'a rien à voir avec sa vie professionnelle d'aujourd'hui, c'est hyper riche, c'est hyper puissant, c'est très dense. Il faut s'en servir.
- Speaker #0
Il faut s'en servir, complètement. Et c'est quoi la première phrase en général que tu entends quand les femmes arrivent pour une consultation, une première consultation avec toi ?
- Speaker #1
Je suis perdue.
- Speaker #0
Je suis perdue.
- Speaker #1
je suis perdue, c'est vraiment que ça soit sur transition professionnelle ou communication digitale, c'est je suis perdue je suis perdue, je pars dans tous les sens, je sais pas quoi faire, je suis perdue c'est vraiment ça.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qu'à ton avis elles osent jamais dire ?
- Speaker #1
A elles-mêmes ? Aux autres ?
- Speaker #0
Ben du coup, à elles-mêmes je dirais
- Speaker #1
Alors je pense que certaines se disent qu'elles ne Elles n'osent pas se dire qu'elles ont besoin d'aide ? Et donc du coup elles se disent je vais me dépatouiller toute seule, je vais m'en sortir toute seule et je vais avancer toute seule. Et pour certaines ça va être vrai parce qu'elles vont avoir la capacité à trouver du temps et à trouver de l'énergie pour se poser, pour réfléchir à leurs problématiques. Pour beaucoup ça ne sera pas le cas parce que prise dans un rythme de vie et puis quand on a la tête dans le guidon on n'arrive pas seule souvent. à s'en sortir et à prendre la hauteur nécessaire pour avancer. Donc je pense qu'elles n'osent pas s'avouer qu'elles ont besoin d'accompagnement et souvent elles n'osent pas dépenser de l'argent pour ça. Elles n'osent pas s'accorder le droit de se former, d'être accompagnées, de dépenser de l'argent pour ça et elles voient ça la plupart du temps comme une dépense alors que c'est un investissement.
- Speaker #0
J'aime bien cette phrase. À ton avis, elles viennent pour changer de métier ou pour changer la place dans leur vie ?
- Speaker #1
Alors, elles veulent changer de place dans leur vie, très clairement. Changer de métier, ça peut être le cas, mais ça peut être accessoire. Mais quand elles sont perdues dans un bilan de compétences, au départ d'un bilan de compétences, on va poser toutes les options possibles, on va les laisser rêver. Qu'est-ce que tu pourrais faire ? Si tu avais une baguette magique, tu ferais quoi en fait ? Ça peut être au départ complètement changer de métier. Il y a toutes celles aussi qui sont salariées ou en rupture ou au chômage etc. et qui se demandent si elles veulent être indépendantes ou pas. Alors souvent elles aimeraient bien être indépendantes mais elles se posent beaucoup de questions. Quelle activité ? Puis comment je vais vivre ? Comment je vais en vivre ? Comment je vais développer ça, etc. Et là, pour le coup, je trouve ça très, très sain qu'elle se pose toutes ces questions-là parce que je renvoie, contrairement à elle, celles qui vont effectivement se lancer sans se poser de questions. Et donc, du coup, après, au bout de quelques mois, peut-être se prendre les questions un peu plus violemment en pleine face.
- Speaker #0
Oui, déchantée. Est-ce que tout le monde est fait pour l'entrepreneuriat ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Alors là,
- Speaker #1
pour le coup... Très clairement non. Mais par contre, tout le monde peut s'accorder le droit de se tromper.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Et ça, je pense que c'est aussi quelque chose que les femmes ne s'accordent pas. C'est-à-dire le droit de se tromper. Pour autant, je déteste la phrase « quand on veut, on peut » et que tout est facile et que c'est facile de changer. Non, ce n'est pas facile de changer. Parce que ça demande un travail sur soi. énorme, ça demande de la disponibilité intellectuelle, émotionnelle et aussi financière. Ça demande de s'organiser financièrement, donc c'est possible de changer. Aujourd'hui, il existe plein de solutions pour s'organiser financièrement, mais ça sera possible pour certaines, ça ne sera pas possible pour toutes. Donc déjà, il faut... Moi, je trouve que cette phrase-là, elle est très culpabilisante. Si tu veux, tu peux, et si tu veux changer, tu peux, et tu peux le faire. Donc non, tout le monde ne pourra pas le faire, en tout cas, tout le monde ne peut pas le faire facilement. Donc il faudrait déculpabiliser les femmes qui n'acceptent pas tous les changements dont elles rêvent, parce que ce n'est pas si simple.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un profil, justement, pour entreprendre ?
- Speaker #1
Alors un profil, je ne crois pas qu'il y ait un profil. Il faut être capable d'aller chercher de l'énergie commerciale. Je pense que c'est ça la base. On met dans l'énergie commerciale un peu ce qu'on veut, etc. Mais si on n'est pas capable d'aller chercher des clients, d'aller prospecter, d'aller négocier, d'aller faire du réseau, etc. Si c'est quelque chose qui est trop violent pour nous, l'entrepreneuriat va être trop compliqué. Et après, je pense aussi qu'il faut être capable... Il faut être capable de gérer son insécurité financière. Ça, c'est un point important. Il y a beaucoup de femmes qui ne veulent pas gérer ça, qui ne sont pas capables de le faire ou qui ne se découvrent pas capables de le faire et qui ne sont plus sécures dans du salariat. Et c'est OK. Et on peut changer. Et moi, je suis adepte de... de... d'essayer de se tromper tout en sécurisant sa situation financière et familiale et environnementale derrière, etc. Mais il y a plein de façons d'exercer les choses. On peut être salarié et indépendant à côté, moi je l'ai été. On peut être indépendant dans une coopérative d'entrepreneurs et donc du coup on est salarié, je l'ai fait aussi. On peut être en micro, on peut faire du portage salarial. Voilà, il y a... plein de solutions en fait pour se lancer, pour trouver la meilleure voie pour soi en fait. Et donc je pense qu'il ne faut pas se refuser et bien se renseigner sur tous les statuts. Quand je parle de coopérative d'entrepreneurs, très peu connaissent en fait la coopérative d'entrepreneurs qui permet d'être salarié, qui permet de lancer son projet d'être salarié. Alors évidemment ça a un coût financiers Mais moi, très clairement, si je n'avais pas été à un moment donné entrepreudeuse dans une coopérative d'entrepreneurs, je n'aurais pas pu avoir un dossier pour acheter ma maison. C'est parce que j'étais salariée à ce moment-là que la banque a accepté mon dossier de crédit avec mon compagnon. Donc, il faut réfléchir, il faut bien réfléchir à tous les statuts et ne rien se refuser. Et aussi, on peut se lancer dans l'entrepreneuriat et puis six mois après, un an après, deux ans après, faire marche arrière, revenir dans le salariat ou faire deux activités en même temps.
- Speaker #0
Ce n'est pas un échec, c'est ce qui est important.
- Speaker #1
Non, ce n'est jamais des échecs. Et puis voilà, qu'importe le flacon, pourvu qu'on est l'URES.
- Speaker #0
Pourquoi est-ce que se montrer sur les réseaux Instagram, Facebook, je ne sais pas sur lesquels tu travailles, TikTok, tous, je ne sais pas.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, effectivement, mes clientes vont être davantage sur Instagram et sur LinkedIn.
- Speaker #0
LinkedIn, d'accord. Pourquoi est-ce que se montrer sur les réseaux ou parler de soi, c'est si difficile pour beaucoup de femmes ?
- Speaker #1
Parce qu'elles n'ont pas appris à le faire, parce que depuis toute petite, on leur dit reste à ta place, sois sage, ne parle pas de toi, ne fais pas l'intéressante. arrête de la ramener. Voilà, donc déjà, on leur a appris à être toute petite et à rester toute petite et à rester sage. Et puis qu'après, que ce soit à l'école, au lycée, à la fac, etc., on n'a pas appris aux femmes à se montrer, à parler d'elles, à être fière de leurs projets. Il y a toujours ce côté derrière. Déjà, il y a toujours... Un homme qui va prendre la première place, qui va passer devant. Il y a toujours la présomption d'incompétence quand c'est une femme qui parle en avant. Il y a aussi le risque, effectivement, de se montrer. C'est aussi prendre le risque que les autres parlent de soi, pas parlent de nous, en fait. J'ai plein de femmes qui me disent « Ah là là, mais si je me montre, que va dire ma belle-sœur ? Que vont dire mes voisins ? Vont me voir ? » Donc il y a toujours ces craintes-là aussi. de ce qu'on va récolter. Il y a plein de raisons pour lesquelles les femmes n'aiment pas se montrer, n'osent pas parler d'elles. C'est très lié au patriarcat.
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas aussi un petit peu français ? Aux États-Unis, par exemple, est-ce qu'il y a moins ça ? J'ai l'impression.
- Speaker #1
C'est possible. C'est possible. Pour le coup, je n'ai pas... Alors, effectivement, je connais assez... peu les Etats-Unis, mais effectivement, on voit des modèles de réussite où les entrepreneurs se montrent, se mettent en avant et pour le coup à outrance. Est-ce que c'est le cas des femmes aussi ? Pour le coup, je ne sais pas.
- Speaker #0
À ton avis, la peur principale des femmes, c'est du coup d'échouer ou d'être jugée ?
- Speaker #1
Ah, ça c'est une bonne question.
- Speaker #0
Ou les deux ?
- Speaker #1
Oh là là, ça c'est une excellente question. Alors la peur d'être jugée, elle est très très forte. Elle est très très forte. Je la placerais peut-être même en priorité par rapport à la peur d'échouer, je crois.
- Speaker #0
Pour elles, la peur d'échouer, en fait, ce n'est pas tant l'échec financier ou autre, mais ça va être la répercussion sur la confiance en soi. C'est là où elles ont vraiment peur d'échouer. C'est que déjà, leur confiance, elle est toujours un peu vacillante. Alors, si elles échouent, la pente peut être longue à remonter. Je pense que c'est ça qu'elles craignent. Mais la peur d'être jugée, même par leurs compagnons. elles le disent aussi beaucoup, très peu finalement, parlent de tout ce qu'elles veulent faire, de tout ce qu'elles veulent entreprendre avec leurs compagnons. Et puis, elles ne sont pas toutes soutenues par leurs compagnons ou par leur famille.
- Speaker #1
Et j'enchaîne là-dessus. Est-ce que nous, les autres femmes, on n'aurait pas intérêt à se soutenir toutes les unes les autres ? Le mot sororité, pour toi, c'est un vain mot ou est-ce qu'il y a un vrai truc ?
- Speaker #0
Non, il y a un vrai truc. Évidemment, il y a un vrai truc. Alors après, quand on va regarder, je sais ce qu'on va me dire, on va me dire oui, mais les femmes sont les premières à taper sur les autres femmes, sur les réseaux sociaux notamment, etc. Et c'est vrai. Les femmes peuvent être vraiment les pires ennemies de leurs femmes, de leurs consœurs, de leurs copines, etc. Mais de toute façon, oui, on a besoin de se soutenir. Et puis, on a besoin de se soutenir entre nous parce que les mecs, ils le font en fait. Eux, ils n'ont pas attendu. Eux, ils se cooptent. Ils travaillent en réseau entre mecs. Ils se font passer des adresses. Ils se font passer du business. Ils se font passer des conseils. Quand on voit dans certains réseaux d'entrepreneurs, moi, j'en ai fait pas mal, il y a vraiment un entre-soi masculin dans certains réseaux professionnels. qui est absolument palpable. On voit que les mecs, entre eux, ils se filent des contacts, ils se filent du business, ils se filent des contrats, etc. Donc nous, on a besoin, évidemment, d'être soutenus, d'être écoutés, mais aussi on a besoin de créer des réseaux solides pour avancer professionnellement, en fait.
- Speaker #1
J'enchaîne ta newsletter, bon, elle a changé de nom, mais ça plaît avant Invisible, non merci.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ce mot invisible, ça raconte ? de ce que beaucoup de femmes vivent ?
- Speaker #0
J'ai pris ce nom, j'ai créé le hashtag le mouvement invisible non merci, parce qu'il y a un sujet qui me tient à cœur, c'est l'indépendance financière des femmes. C'est un sujet éminemment politique et éminemment important, notamment chez les entrepreneuses, parce que quand on voit le... La rémunération des entrepreneuses en micro, c'est très faible en fait. Et l'indépendance financière permet à une femme d'être libre. Ça lui permet de rester avec son compagnon parce qu'elle part amour, mais ça lui permet de pouvoir partir si elle a besoin de partir. Ça lui permet d'être libre dans ses choix. Et que quand on est entrepreneuse, quand on est invisible, on n'a pas de client en fait. C'est basique. Là, on est vraiment sur du basique, sans visibilité, mais que ce soit dans un réseau professionnel, que ce soit auprès d'un réseau physique ou que ce soit sur les réseaux sociaux, quand on n'est pas visible, on n'a pas de client. Et quand on n'a pas de client, on n'a pas d'argent. Et quand on n'a pas d'argent, on n'a pas de liberté. Donc l'invisibilité, elle est importante pour moi à ce niveau-là.
- Speaker #1
Est-ce que ça rejoint du coup un peu le thème des violences économiques ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Quel premier conseil est-ce que tu donnes quand une femme est complètement bloquée ?
- Speaker #0
De hiérarchiser ses pensées, de prendre un cahier, un stylo et d'écrire. Moi, j'aime bien, je ne sais pas si on en est encore à la partie des exercices.
- Speaker #1
On y est.
- Speaker #0
Voilà. J'aime beaucoup l'exercice, alors qu'il y a des noms différents, qui va s'appeler l'écriture intuitive, le journaling, etc. Mais en tout cas, tout ce qu'on écrit fait passer l'idée embrouillée d'un cerveau à des choses qui vont commencer à se structurer sur une feuille de papier. Donc moi, je commencerais vraiment ce conseil-là, cet exercice-là, c'est écrire. Écrire, lâcher, ne pas regarder s'il y a des fautes d'orthographe, des syntaxes, etc. On s'en fiche. Ce n'est pas destiné à être relu, mais c'est écrire tout ce qui nous passe par la tête. Et petit à petit, les choses vont commencer à se débloquer, en tout cas à se structurer. Écrire les choses, ça permet de les noter, qu'elles soient réelles, qu'elles soient palpables. Et ensuite, on passe à un travail de structuration.
- Speaker #1
Et quelles erreurs sont assez fréquentes au début, quand tu commences à coacher quelqu'un, à l'accompagner ? Est-ce qu'il y a une erreur fréquente ?
- Speaker #0
Partir dans tous les sens et sauter des étapes. On ne réfléchit pas quand on est en bilan de compétences. On ne va pas réfléchir à un plan d'action dès la deuxième séance, sans savoir qui on est, quelles sont nos valeurs, quelles sont nos compétences. nos envies, quels sont nos besoins, etc. En communication, c'est pareil. On ne va pas se dire, ça y est, je vais écrire sur Instagram. Si on n'a pas réfléchi à ses objectifs, à les cibles qu'on veut toucher, à sa singularité en tant qu'entrepreneuse, à notre ligne éditoriale, etc. Il y a des étapes. En bilan de compétences en transition professionnelle ou en communication professionnelle, il y a des étapes. Alors, c'est fastidieux. On voudrait bien aller à la fin parce que c'est plus sympa, c'est plus fun. Mais si on ne passe pas par les étapes précises, notre communication ou notre positionnement professionnel, ça va finir par être bancal à un moment.
- Speaker #1
Et du coup, tu as dit qu'on commence par écrire. Et si tu avais toi aussi quelques exercices à nous proposer que déjà chacun peut faire pour y voir un peu plus clair ?
- Speaker #0
Alors, cet exercice du journalisme... du journaling ou de l'écriture intuitive, il est vraiment top. Après, j'aime beaucoup l'exercice qui va apporter des noms différents. Que ce soit à titre personnel ou professionnel, on va prendre une réalisation qu'on a réussie. Par exemple, j'ai organisé le mariage de ma sœur. Ça, ça va être pour le côté personnel. Ou côté professionnel, j'ai... Je ne sais pas, j'ai... J'ai trouvé deux clientes pour mon nouveau programme. Et là, toujours un stylo et un cahier. Et on va écrire et mettre noir sur blanc tout ce qu'on a fait pour atteindre ces deux réalisations-là. Mais souvent, les femmes, elles se cachent. C'est-à-dire qu'elles ne savent pas utiliser le jeu. Donc, elles vont mettre organisation, gestion, appel, etc. Moi, je les fais écrire avec G. J'ai organisé, j'ai géré et avec toute une liste d'actions. C'est très important de commencer toutes ces phrases par j'ai fait et de varier les verbes d'action. Et là, on se rend compte qu'en fait, on se dit, oui, c'est bien, j'ai trouvé deux clientes, mais bon, j'en voulais quatre, ce n'est pas terrible, etc. Mais quand on va faire la liste de tout ce qu'on a mis en place, de tout ce qu'on a fait, Il y a une certaine fierté parce qu'on se rend compte que tout ce qu'on a fait, c'est énorme en fait. Quand on minimise, oui, voilà, j'ai juste organisé le mariage de ma sœur. Non mais organiser le mariage de ma sœur, c'est effectivement, c'est gérer, c'est planifier, c'est faire la wedding planner, c'est gérer les horaires, c'est gérer les prestataires, c'est gérer un budget, etc. C'est énorme en fait. Mais quand tout ça, c'est dans notre tête, comme on est des femmes bien élevées, et à qui on n'a pas appris à se mettre en avant, on minimise tout. Quand on a tout ce qu'on a réellement fait, noir sur blanc sous les yeux, là on se dit « Ah ouais, mais en fait j'ai géré le mariage de ma sœur. » Bon, c'était pour lui rendre service, c'était pour lui faire plaisir parce que j'adore ma sœur. Mais en fait, j'ai fait un boulot de wedding planner. Et j'ai acquis des compétences et j'ai mis en place les compétences que je possède. Et donc c'est énorme. Et quand on se dit effectivement « J'aurais voulu avoir plus de clientes, j'en ai trouvé que deux, c'est pas terrible. » Mais quand on voit tout ce qu'on a fait, là, on se dit « ouais, mais c'est énorme, en fait, tout ce que j'ai mis en place » . Bon, ben là, j'ai mis ça en place pour en trouver deux. Ça permet aussi d'analyser, de prendre de la hauteur et de se dire « bon, ben, la prochaine fois, je veux quatre clientes. Qu'est-ce que je vais améliorer ? Où je vais aller ? Où ça a un peu pêché ? Où je vais aller amplifier les compétences que j'ai déjà mis en place ? » Donc, cet exercice, il est important. Et après, si je peux enchaîner avec un autre exercice, j'aime beaucoup le questionnaire miroir qu'on va soumettre à des membres de sa famille, à des proches, des membres de ses amis et à des proches professionnels. On va leur soumettre un questionnaire. Là, on met les questions que l'on veut selon sa situation professionnelle du moment. Citez-moi les cinq qualités que vous m'accordez. Quelles sont mes compétences professionnelles ? Quels sont mes traits de caractère personnel ? Selon vous, quelles sont mes valeurs ? A votre avis, dans quelle activité professionnelle me verriez-vous ? Et récoltez tous ces avis-là. très très fines qui se croisent, de gens qui ne se connaissent pas du tout entre eux, parce que vos collègues ne vont pas connaître vos amis et vos amis ne vont peut-être pas connaître les membres de votre famille, mais il y a souvent des choses qui vont se croiser et c'est plus puissant quand quelqu'un va dire que vous êtes compétente dans tel sujet, que vous êtes experte dans tel domaine, etc. Vous avez tendance à plus l'entendre que si c'est vous qui allez chercher vos propres compétences ou vos propres expertises.
- Speaker #1
C'est des exercices puissants.
- Speaker #0
Il est très puissant, cet exercice-là. Alors, on n'ose pas toujours. On a l'impression que les gens vont... Encore une fois, on n'ose pas. Mais les gens adorent faire ce genre d'exercice. Les gens qui vous aiment bien, ils vont le faire avec grand plaisir. Donc, n'hésitez pas. Il faut vraiment y aller.
- Speaker #1
Là, s'il y a des femmes qui nous écoutent, quel premier petit pas elles peuvent faire dès chez elles pour se dire qu'il faut qu'elles se fassent accompagner ? Ce serait quoi ?
- Speaker #0
Mettre noir sur blanc où elles en sont professionnellement. Alors, si effectivement elles sont perdues à titre professionnel, c'est ce qu'elles ressentent et ce qu'elles peuvent mettre en place derrière. pour peut-être être accompagnées par un bilan de compétences. Est-ce qu'elles ont du CPF ? Est-ce qu'elles peuvent demander un financement à leurs employeurs ? Parce que les employeurs financent les bilans de compétences. Est-ce qu'elles ont de la trésorerie peut-être pour se faire ce cadeau-là si elles n'ont pas de CPF ? Voilà, ce qu'elles peuvent mettre en place. Et pour celles qui vont avoir besoin de communication digitale, c'est où elles en sont professionnellement aujourd'hui. où en est leur activité, où en est leur business et où elles veulent aller. Et voir effectivement si elles peuvent y aller seules ou si elles ont besoin d'être accompagnées. Et là encore une fois, comment elles vont pouvoir trouver ce budget pour être accompagnées ? Est-ce qu'elles ont un peu d'argent de côté ? Est-ce qu'elles peuvent emprunter auprès de leurs compagnons ? Comment elles peuvent être accompagnées ? Comment elles peuvent se faire ce cadeau-là ? Et comment elles peuvent faire cet investissement-là ? Pas cette dépense. Ce n'est pas une dépense. Elles ne dépensent pas de l'argent pour elles. Elles vont aller chercher un investissement pour atteindre leurs objectifs.
- Speaker #1
Et du coup, cet investissement, juste pour avoir une idée d'une fourchette, un bilan de compétences, ça coûte combien ?
- Speaker #0
Alors, un bilan de compétences. Aujourd'hui, les règles sont en train de changer. Le bilan de compétences, il y a toutes sortes de formules. On va être aux alentours de 1 600, 1 900 euros. pour un bilan de compétences. Aujourd'hui, les règles ont changé. Le CPF, je crois que le décret vient de sortir, le CPF aujourd'hui est plafonné sur un bilan de compétences à 1 500 euros. Donc, elles peuvent être financées à hauteur de 1 500 euros. Au-delà, il va falloir effectivement qu'elles le sortent de leur poche.
- Speaker #1
Et ça se passe sur plusieurs séances ?
- Speaker #0
Un bilan de compétences, c'est sur plusieurs séances, c'est sur plusieurs semaines. Ce sont des séances... Tous les organismes de bilan de compétences vont avoir leur propre formule. Donc, il faut bien qu'elles choisissent le bon organisme et la bonne formule pour elles. La plupart du temps, ce sont des séances de coaching en visio ou en présentiel avec des exercices à faire entre chaque séance. Et là, il va falloir qu'elles choisissent parce qu'il y a des bilans de compétences qui vont être en six séances de visio et énormément d'exercices à la maison. ou plus de séances de coaching et moins de travail à la maison. Il faut faire attention, tous les bilans de compétences ne se valent pas. Il faut trouver l'équilibre entre les exercices à la maison, les tests passés à la maison, etc. et des séances de travail, de coaching en présentiel ou en visio. Ça, ça doit représenter quand même une part importante du bilan de compétences parce que c'est là où tous les nœuds vont se débloquer.
- Speaker #1
Et même parfois, les prises de conscience vont avoir lieu après la séance de coaching, mais entre deux séances de coaching.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Donc, pas trop d'e-learning et vraiment privilégier les séances de coaching.
- Speaker #1
On arrive à la fin de notre épisode, mais qu'est-ce que tu aimerais dire aux femmes qui nous écoutent et qui sentent que leur vie ne leur ressemble plus tout à fait ?
- Speaker #0
Qu'on est toutes pareilles, que ça nous arrive toutes, presque toutes à un moment donné, ou en tout cas... Même si on sait qu'on veut rester dans notre entreprise, parfois on n'y est plus bien à tel poste, etc. Il faut oser en parler. qu'il ne faut pas hésiter à prendre sa place, que ce soit en communication ou en entreprise, c'est pareil. Je parlais de visibilité quand on est entrepreneuse. Mais en entreprise, quand on n'est pas visible, ce n'est pas à nous qu'on va proposer l'augmentation ou la promotion ou le changement de poste, etc. Donc la visibilité, elle ne s'adresse pas seulement aux entrepreneuses, elle s'adresse à toutes les femmes en fait, elle s'adresse aux femmes qui sont salariées aussi. La visibilité va se travailler de façon différente, mais c'est vraiment prendre sa place, sa juste place. Et sa juste place, elle varie selon les époques. On ne va pas avoir besoin des mêmes choses à 35, à 50 et qu'à 65 ans. Mais c'est vraiment aller chercher sa juste place, qu'on soit indépendante, en création, salariée. Voilà, aller chercher sa juste place. J'adore cette fin. Merci beaucoup, Olivia. Merci, Marion.
- Speaker #1
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous dans Le Juste Rhythme. J'espère que cet épisode vous a offert un souffle, un sourire ou une idée à glisser dans votre quotidien pour avancer un peu plus à votre rythme. Si cet échange vous a plu, parlez-en autour de vous et abonnez-vous à votre plateforme préférée. Laissez un commentaire, c'est ce qui permet au podcast de rayonner. Pour découvrir d'autres épisodes ou me contacter, rendez-vous sur Le Juste Rhythme. Si une femme inspirante vous vient à l'esprit, écrivez-moi. Vous pourrez être ma prochaine invitée. A très bientôt, et d'ici là, prenez soin de votre cœur, de votre corps, de votre tête.