- Speaker #0
Le leadership du vivant pour vous accompagner, vous former et vous inspirer.
- Speaker #1
Bonjour Alain.
- Speaker #2
Bonjour Yann. C'est un peu stress pour moi. première qu'on fasse un podcast je ne sais pas comment c'est pour toi écoute j'arrive avec de la curiosité,
- Speaker #1
de l'envie et puis un petit peu d'analyse aussi effectivement
- Speaker #2
fait penser au parachutisme mais bon c'est un autre sujet dit on avait posé une intention c'est d'être le plus dans l'authenticité possible pour ce podcast et pourquoi j'avais envie de faire ce podcast avec toi parce qu'on a fait il ya environ trois ans une première mission ensemble on en a fait plusieurs entre temps mais et c'est là mais fortement J'ai fortement touché parce que j'avais compris déjà à ce moment-là que tu mets énormément d'attention et d'intention dans la relation au service du résultat. Et c'est un peu dans cette idée-là que j'ai envie de... de discuter avec toi sur le sujet de la relation au service du résultat ça te convient ?
- Speaker #1
carrément j'aime beaucoup cette polarité là on va l'explorer certainement on va aller dans la...
- Speaker #2
polarité certainement parce que ça c'est notre métier de coach aussi d'aller dans la polarité tout est polarité mais on va aussi en être dans le lien donc voilà allemand mais avant de commencer commençons avec ton propre parcours, où tu viens, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui, parce que je m'imagine que pas tout le monde est au courant de ça.
- Speaker #1
Alors je ne sais pas par où je dois commencer, mais je vais peut-être commencer de par où j'en suis aujourd'hui. donc mon métier moi c'est d'être coach professionnel je suis coach professionnel j'accompagne des équipes de direction individuellement ou collectivement à créer une nouvelle dynamique en se rémerveillant de qui ils sont et de ce qu'ils font et en s'appuyant particulièrement sur leurs forces et ce que j'aime bien et ça va être le thème de ce qu'on va aborder ensemble aujourd'hui C'est au service de déployer ou de redéployer la vitalité humaine et économique. Donc ça c'est mon quotidien. Je le fais au travers du coaching. Je le fais aussi au travers de formation. J'ai la chance d'être depuis un peu plus de deux ans. dans le cabinet international Mosaïque. On a à la fois la cabine de coaching, à la fois la partie formation de coach ou de leader coach. Et puis, bon voilà ce que je fais aujourd'hui. Après, d'où je viens ? Quel est mon parcours ? Peut-être que le podcast va durer trois heures si on fait ça. Non, non,
- Speaker #2
mais qu'est-ce que je pourrais dire ? Est-ce qu'il y a quelque chose que l'auditeur ne voit pas ? c'est quand tu pars d'émerveiller, ré-émerveiller il y a ton visage qui est tellement parlant mais c'est aussi ça quelles sont les grandes lignes de ton parcours qui t'ont amené à faire ce que tu fais aujourd'hui alors
- Speaker #1
moi j'ai Passer une première partie de vie professionnelle, une vingtaine d'années, dans un très bel écosystème, une très belle entreprise du Nord, t'es du Nord, tu les connais, une entreprise qui s'appelle Noroto, les centres auto Noroto, qui font partie de l'AFM. Et avec une ADN forte dans cette entreprise-là, alors j'imagine que c'est toujours le cas aujourd'hui, enfin, ça fait un moment que je n'y suis plus, qui est l'évolution interne. J'ai démarré un peu par la petite porte, moi, à l'issue de mes études. Je rentrais après un job d'été, tu vois, pour faire des vidanges, changer des pneus et changer des pots d'échappement, parce que j'avais qu'une envie, c'était d'éviter de faire l'armée. Moi, je suis une génération, je suis dans 77. Donc si tu faisais... si tu avais un CDI, tu ne faisais pas l'armée. Et donc, j'ai commencé ma vie professionnelle en essayant d'éviter de faire l'armée. Non, plus sérieusement, en voulant trouver un job. Et Noroto m'a accueilli en disant, tu sais, chez nous, il n'y a pas de limite, la seule limite, c'est toi. C'est ce qu'on m'a dit à un DRH à l'époque. Et en l'écoutant, je dis, en fait, c'est comme tous les DRH, certainement, ils disent ça, mais ce n'est pas vrai. Mais comme ils me proposent un CDI, tu vois, j'ai foncé. Et j'ai passé, je ne savais pas combien de temps je passerais dans cette boîte, et j'ai passé plus de 20 ans dans cette entreprise. Je ne me suis pas posé de questions, j'ai fait mon boulot. du mieux que je pouvais et puis effectivement j'ai évolué plutôt vite, plutôt très vite. J'ai été rapidement directeur de magasin, puis directeur de région, puis directeur général puisque je suis parti en 2010 en Russie. C'est un point marquant de mon parcours professionnel. En Russie en tant que directeur général pour Noroto pour créer les concepts de centre auto en Russie qui n'existaient pas. Et ça, c'est un point de bascule, parce que j'aime bien dire que j'ai passé six ans en Russie, mais j'ai passé six ans à l'école de l'inattendu, de l'incertitude, de l'instabilité. Et j'ai beaucoup, beaucoup appris sur moi, beaucoup appris sur les autres. Et c'est un vrai fondement aujourd'hui dans mon métier de coach. Donc ça fait partie... Quand tu me dis, tiens, par où je suis passé pour en arriver là où j'en suis aujourd'hui ? Ce point-là, ces six années-là de ma vie sont déterminantes. et ont créé un vrai point de bascule.
- Speaker #2
Tu peux en dire un peu plus sur ces six années, mais surtout sur le côté de la relation avec toi-même, la relation peut-être aussi avec ta famille, parce que tu n'es pas allé tout seul, mais la relation là-bas vis-à-vis la relation ici en France, qu'est-ce que tu as envie de partager là-dessus ?
- Speaker #1
J'ai envie de partager que ça a démarré par une surprise où je me suis déjà surpris moi-même. puisqu'en fait, dans ce parcours d'assessment interne, quand j'ai souhaité partir en expatriation, dans ces boîtes-là, il y a des parcours qui sont très bien organisés pour vérifier si tu as le potentiel, si tout va bien, si tous les voyants sont au vert. Et donc j'ai passé à plusieurs reprises des assessments en interne, avec des cabinets externes, pour au final, un jour, qu'on me dise, ben oui, vas-y, proposition et tu as rendez-vous avec une personne qui va te parler de l'expatriation. Et donc je suis allé ce jour-là à Lille rencontrer une personne qui m'a parlé de ce qu'était l'expatriation, de ce qu'était être directeur général pour ouvrir un pays. Donc un échange passionnant qui a duré à peu près une heure. Et puis à la fin de l'heure, il m'a dit « ben écoute, on ne t'a pas fait venir pour rien, on va te proposer un pays » . Et ce qu'il faut savoir, c'est que quelques jours avant, enfin pas quelques jours avant, mais quelques mois avant, avec mon épouse, quand j'ai commencé les assessments, j'ai senti qu'il fallait que je cadre un peu ma mobilité, que j'explique à quel endroit on allait être mobile et à quel endroit on ne le serait pas. Et donc on s'est mis devant la carte du monde, on a regardé et puis on s'est dit, ben où on va ? On savait pas, on était jeunes, on avait moins de 30 ans, et donc on dit on est mobile partout dans le monde, sauf en Chine et en Russie. Donc tu connais la chute, tu la connais. C'est-à-dire que ce jour-là, quand il m'a dit je vais te proposer un pays, je me suis redressé sur ma chaise, bombé le torse un peu pour l'écouter, et lui s'occupait de plusieurs pays, mais plutôt des pays méditerranéens. Espagne, Portugal, Italie, tu vois. Et d'un coup, il m'a dit, on pense à toi pour la Russie. Et je t'avoue, je n'ai pas su quoi lui répondre. Parce que je lui ai dit, c'est pas possible, ça fait des mois que je dis que je suis mobile partout dans le monde, sauf en Chine et en Russie. Il me propose la Russie. Et donc ce jour-là, je n'ai pas su quoi lui répondre. J'ai dit, écoute, je ne sais pas, laisse-moi un instant pour réfléchir. Il faut que j'en parle en famille. Et donc j'ai quitté ce... un peu précipitamment le bureau à Lille parce qu'il fallait que je prenne mon avion, j'ai appelé ma femme, j'ai dit « alors, alors, on t'a proposé un pays ? » « Oui, oui, ça y est. » « C'est où ? » « La Russie. » Et elle a eu cette phrase extraordinaire, elle m'a répondu Rappelle-moi, je suis en caisse à Carrefour. Elle a raccroché. Donc moi j'ai pris mon avion, le vol le plus long de ma vie, tu vois. J'étais à Lille, je revenais sur Lyon, une heure, et je voyais ma vie défiler. J'ai dit c'est bon, je vais atterrir à Lyon, ma femme aura divorcé, il y aura les valises sur le pas de la porte. Et pas du tout, quand moi j'ai atterri, j'ai même pas attendu, à peine posé sur le tarmac, je l'ai rappelé, alors, alors. Elle m'a dit c'est génial, Moscou c'est super beau, ça fait une heure que je suis sur Internet. Donc elle, elle était partie. Ça y est. Par contre, moi, le chemin était beaucoup plus difficile. Toi qui connais bien aussi l'expatriation, les pays étrangers, tu vois ce que ça peut donner. Et donc, j'ai eu un chemin beaucoup plus complexe, moi. La première expatriation, c'est un moment où je me suis dit, mais waouh, tous mes collègues qui étaient partis en expatriation, tous les copains que j'avais me disaient pareil, la première fois. La décision que tu prends, l'impact de cette décision sur ta vie, sur ta famille. Donc ça a été un moment complexe. Un moment complexe parce qu'il y avait une particularité, c'est que mon épouse était enceinte de notre deuxième enfant à ce moment-là, mais la famille ne le savait pas. Et donc voilà, j'ai réfléchi, on a eu la chance d'aller en Russie, faire un voyage de découverte sur place. et puis on a pris notre décision on a dit allez banco on va le faire et puis donc on a annoncé à notre famille voilà on a deux bonnes nouvelles la première c'est que On va avoir un deuxième enfant dans notre famille, et la deuxième bonne nouvelle, c'est qu'on part en Russie. Alors il y a une des deux nouvelles auxquelles ils étaient vraiment enchantés, je te laisse deviner laquelle. Et donc voilà, c'est comme ça qu'on est partis en 2010, créer le concept de Centre Auto. Moi j'avais pour mandat de développer Neuroto en Russie, avec la chance d'avoir une confiance de mes actionnaires, de ma gouvernance, et donc je suis parti d'une feuille blanche. Donc c'est assez vertigineux en fait, on m'a dit on sait pas ce qu'il faut faire, vas-y, on te fait confiance. Et donc je ne parlais pas russe, moi. Je parlais très mal anglais, comme un français qui parle anglais, tu vois. Where is the Brian ? The Kitchen ! Et donc les premiers mois ont été passionnants, j'ai eu la chance d'être bien accompagné avec quelqu'un qui s'appelle Philippe Herr, qui est super, qui avait lui vécu l'aventure d'Auchan, le démarrage d'Auchan en Russie. Et tous les deux on a fait un beau binôme pour démarrer. Et donc voilà, une aventure russe, au début pas facile, quand tu parlais du lien. Qu'est-ce que c'est difficile quand on est français, pas que français mais moi français, arrivant dans un pays dont je ne parle pas la langue, dont je ne comprends rien, réussir à créer du lien, réussir à se faire comprendre, ça m'a mis face à quelque chose d'extrêmement complexe, puisque le russe c'est pas une langue qu'on apprend en claquant des doigts, pour tout te dire, j'ai vécu six ans en Russie. Pendant à peu près deux ans, je ne comprenais rien. Enfin, la première année, rien du tout. Je ne savais pas quand est-ce que la phrase avait débuté, quand elle s'est arrêtée. C'était pour moi une vraie confiture. Au bout d'un an et demi, je commençais à comprendre quelques mots. Et puis au bout, je pense, de deux ans, deux ans et demi, ça allait beaucoup mieux. J'étais logé là-bas et ma propriétaire en négociait chaque année le contrat de location. Et donc la deuxième année, quand elle s'est assise pour qu'on renégocie la location, j'avais la chance d'être super bien accompagné avec une collaboratrice qui traduisait pour moi. Et ma propriétaire s'assoit, elle parle avec Svetlana, et puis en me voyant réagir, elle me regarde, et elle s'adresse en me regardant moi à Svetlana, Et elle dit, ah ça y est, votre directeur général, il a progressé en russe. En fait, c'est comme un chien, il comprend tout, mais il ne peut pas parler. Elle avait raison. Parce que je venais de comprendre ce qu'elle venait de dire, mais j'étais incapable d'ouvrir la bouche. Donc au bout de deux ans et demi en russe, j'aime bien dire que j'avais niveau chien. Je pouvais aboyer, je pouvais mordre des fois, enfin peut-être. En fait, je comprenais, mais je ne parlais pas. Et en même temps, j'avais aussi à développer le business, à développer ce centre autour qui n'existait pas. Et donc, il y a un temps où, au bout d'un an, on a ouvert le premier magasin. Et donc, j'ai passé des heures à observer les gens. Parce que d'abord, je ne pouvais pas leur parler directement, tu l'as compris ? Et donc, je faisais comme l'agent de sécurité, tu sais, dans les supermarchés, qui suit les gens, qui les regarde. Je voulais comprendre, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui fait que le client, il rentre dans mon... magasin, qu'est-ce qui fait qu'il ne rentre pas ? Quand il rentre, qu'est-ce qu'il se passe ? Il était au contact de mes équipes russes, je ne comprenais pas ce qu'il se disait. Donc j'avais besoin de trouver d'autres éléments de compréhension. Et donc je me suis intéressé, passionné, pour qu'est-ce qu'il se passe quand deux êtres humains se rencontrent ? Quelle énergie se dégage ? Et moi, vu de l'extérieur, entre guillemets, quelle interprétation possible j'en fais ? Et donc j'ai passé des heures à observer les gens, à observer au moment où le client se rapprochait de mon vendeur, comment le non-verbal s'activait, quelle énergie se dégageait de ça, et à essayer de comprendre à ce moment-là est-ce qu'on est en train de bien faire notre travail ou pas, sans avoir les mots. Donc après, la troisième année, je te rassure, je commence à parler russe, ça allait de mieux en mieux, etc. Mais pour rejoindre le point qu'on est en train d'évoquer là ensemble, et le lien avec la relation, le lien avec la performance, ta question m'invite à revisiter ça, tu vois, je n'avais pas vu de cet angle-là. Mais avant de générer du chiffre d'affaires, Parce que je me suis quand même réveillé, moi pendant 20 ans j'ai travaillé dans le retail, à partir du moment où j'ai eu des responsabilités managériales, c'est-à-dire au bout de 3-4 ans, pendant presque 17 ans je me suis réveillé tous les matins, je faisais deux choses, j'éteignais mon réveil et un instant après je regardais mon chiffre d'affaires sur mon téléphone, le chiffre d'affaires qu'on avait généré quand même. Donc ça crée un mindset quand même pendant 17 années. Oui ça formate. Ça formate un petit peu. Quand tu parles de performance, quand tu parles de résultat, j'ai ce mindset-là quand même qui est très ancré. Et arrivé en Russie, forcément j'avais l'œil sur le chiffre d'affaires. Et quand j'ai oublié de le faire, t'inquiète pas, il y avait des gens pour le regarder, d'accord ? Et donc je le savais, mais j'ai vraiment intégré ce jour-là que le chiffre d'affaires, ce n'est que la résultante de ce qui s'est produit avant. Alors on parle de l'expérience client, on parle de tout ça, mais même dans l'expérience client c'est le lien, c'est qu'est-ce qui s'est passé dans la transaction humaine qui a fait qu'à la fin, il y a un client qui achète ce qu'il est venu chercher. Ou il reste fidèle. Ou il reste fidèle, il revient, ou au contraire il n'est pas content. Et comment, c'est bien aussi de se le dire parce qu'on regarde beaucoup la fidélité. Ce que m'a appris moi ce premier parcours de vie, c'est que tout se joue dans des moments complexes, dans des moments où il y a du chaos. La fidélité avec un client, tu l'as vraiment. Quand ça se passe mal, et que ta réaction au fait que ça se passe mal, donne un message très clair au client qu'il est important. que tu t'excuses, que tu as pris ça en compte et que tu as corrigé son problème. Tu m'as parlé d'une anecdote ce matin, je ne sais pas si je peux en parler, avec ta télé, tu vois, tu as acheté une télé qui ne marche pas au bout de trois semaines, et au bout de plusieurs semaines, elle ne marche toujours pas. Donc là je fais l'hypothèse que l'enseigne auprès duquel tu as acheté la télé, je ne suis pas sûr que tu vas en acheter une demain.
- Speaker #2
Il y a d'abord la marque et après il y a l'enseigne. Donc il y a les deux qui sont maintenant un peu sous le feu.
- Speaker #1
Et ce qui crée la différence là, c'est la relation humaine. Indépendamment de l'enseigne, indépendamment de la marque, tu peux avoir une très belle marque, une très belle enseigne. Ce qui va faire la différence c'est entre deux humains. ce qui va se passer et donc ça ça me passionne il va falloir que tu m'arrêtes sur des sujets comme ça parce que je peux en faire 3 heures mais ça fait lien certainement avec cette polarité que tu évoques qui est cette
- Speaker #2
relation au service du résultat et de la performance et quand tu parles de cette relation Comment ça a influencé ta relation avec ta famille ? Parce que tu parles dans un autre pays, eux ils ne parlent non plus la langue je m'imagine. Qu'est-ce que ça a comme effet sur la relation ?
- Speaker #1
Alors moi j'ai une chance extraordinaire, j'ai un sparring partner dans ma vie qui est mon épouse. Ça fait plus de 30 ans qu'on est ensemble. Il y a plein de moments où j'ai pu douter de moi-même et où elle quand elle me regarde, elle ne doute pas une seconde. Et donc ça, il y a eu ça aussi, au tout début chez Mosaïque, on dit que tout est au commencement. Donc je ne m'attendais pas à parler de ma vie personnelle là, mais il y a une intention qu'on poursuit ensemble, et au service de cette intention-là, je vais en parler quelques instants. Dans la manière dont on a construit notre vie, avec mon épouse, on s'est dit rapidement, dès qu'on était étudiants, qu'on a commencé à vivre ensemble, on s'est dit, celui qui a la plus belle opportunité professionnelle, l'autre fait en sorte de l'accompagner. Alors très souvent, ça a été plutôt moi qui l'ai fait bouger, parce que j'ai beaucoup été muté. Mais elle aussi, elle était chez Décathlon au même moment, tu vois, Décathlon, elle aussi a pu saisir des opportunités, et donc je me suis mis en disposition pour elle, créer des conditions pour ça. d'où qu'est-ce que ça a changé au niveau de ma famille ? Le point de départ, c'est-à-dire qu'elle était partie avant moi en Russie, entre guillemets, tu vois, donc ça me donnait un point d'appui et de confiance. Ensuite, quand on est arrivé en Russie, mon épouse était enceinte à ce moment-là, donc elle avait la confiance de dire, j'y vais, je vais dans ce pays-là, enceinte, j'accoucherai comme des millions de femmes. J'accoucherai en Russie, j'accoucherai en Russie, donc elle avait une confiance à cet endroit-là, très très chouette. Et puis... Ce que ça vient chambouler, c'est que je disais tout à l'heure, la Russie, pour moi, ça a été six ans à l'école de l'inattendu, de l'incertitude et des fois de l'instabilité. Parce que s'il y a quelque chose qui ne change jamais en Russie, c'est que tout change tout le temps en permanence.
- Speaker #2
Ça ne change pas qu'à sa chance. C'est ça.
- Speaker #1
J'ai vu ton regard, j'ai dit attends, on va la refaire. Ce qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps en fait. Donc s'il y a quelque chose de stable là-bas, c'est que tout est tout le temps instable. C'est paradoxal, mais c'est ça. C'est ça. Alors, c'est déroutant, mais dans nos relations, du coup, parce que pour ma famille, c'était ça aussi. C'est-à-dire, wow, mais en fait, tout change tout le temps. En fait, ce qui est vrai hier est faux demain. Ce qui est faux aujourd'hui peut être vrai demain. Donc, ça demande une certaine agilité. Et donc, ça demande beaucoup de régulation. Ça demande de beaucoup communiquer, de beaucoup se parler. Donc, ça, on l'a vécu dans notre séance. Nul familial déjà. Bien évidemment, je vivais au boulot en permanence. Autre chose qui était très particulière et qui a joué dans la relation, c'est quand on part en expatriation, on y part avec une intention, qui est l'expatriation professionnelle, en tout cas pour mon cas. Et donc toute la famille se met au service de ce que j'ai à réaliser professionnellement. Donc ça crée une dimension, comment je vais le dire, une place. assez particulière de mon travail, de notre travail, au sein de la famille. Et donc moi jusque-là, j'étais... J'avais été un peu, j'allais dire, élevé, éduqué dans la croyance qu'on peut, tu vois, tu peux séparer. T'as une vie pro et t'as une vie perso. D'ailleurs, je me rappelle mes premières années de management, on disait, on formait les gens et on disait, tes soucis persos, ils doivent s'arrêter à la porte de l'entreprise, tu les reprendras ce soir, etc. Et puis là, ça, ça a volé en éclats parce que notre vie perso était en Russie parce qu'on y était pour le pro. Et donc, ça m'a invité à revisiter ça et eux aussi à... à intégrer mon activité professionnelle. comme faisant partie de notre vie personnelle. Alors que des fois, la famille, c'est un peu déconnecté. Papa va au travail. Ce qui se passe au travail, c'est pas au travail. Puis quand papa est à la maison, il est avec nous. Donc là, il fallait trouver un équilibre. Pas simple, parce que moi, les magasins étaient ouverts après 7 jours sur 7 en Russie. Il y a eu des périodes d'hiver. Alors, on n'a pas développé un gros réseau. Je suis parti au bout de 6 ans, on n'avait que 2 magasins, entre guillemets. On avait créé une business unit quand même. Mais ce que je veux dire, c'est que ça crée de la place. enfin ça Ça crée de la présence. Quand c'est ouvert 7 jours sur 7, quand une période d'hiver t'ouvre quasiment 24 heures sur 24, forcément, t'es impacté parce qu'il y a de l'activité à créer. Donc ça a créé pour ma famille l'obligation et l'invitation à revoir la place du travail au sein de notre famille et réciproquement. Et pour eux, de manière plus concrète dans leur vie de tous les jours, apprendre des nouvelles langues, apprendre des nouvelles cultures. Quand tu parles du lien, tu vois, le plus complexe ça a été au démarrage de se sentir étranger dans un pays étranger. C'est tant que tu ne l'as pas vécu ça. Quand tu es dans ton pays, tu regardes l'étranger comme un étranger et tu te dis, bah oui, il y a qu'à, il y a qu'à, faut que quoi. Et puis quand tu le vis, tu te rends compte à quel point l'accueil de l'autre est quelque chose d'essentiel. Parce que c'est toi qui as sa place, tu as quand même très envie qu'on t'accueille dans tes différences, dans tes croyances.
- Speaker #2
Ça résonne énormément quand tu dis ça. Oui,
- Speaker #1
exactement. Oui, toi qui es multiculturel aussi.
- Speaker #2
Oui, être accueilli, être dans un autre pays, je l'entends.
- Speaker #1
On a eu juste une anecdote pour rendre les choses concrètes. Ça fait quelques mois qu'on est à Moscou, on fait les courses au supermarché, à Auchan, à Ausha, et on entend un ou deux rayons plus loin que nous, on est dans une allée, je ne sais plus laquelle, parler français. On s'est mis à courir pour aller de l'autre côté, pour aller à la rencontre de ces gens qui parlaient la même langue que nous, qu'on ne connaissait pas. Et donc oser aller créer du lien à cet endroit-là, en France ça n'avait jamais venu à l'esprit de courir trois rayons plus loin parce que quelqu'un parlait la même langue que moi. Mais donc de vivre cette expérience-là pour ma famille, pour moi aussi, a créé une place toute singulière d'accueillir l'autre dans toutes ses différences. Il m'est arrivé une expérience similaire en revenant en France quelques mois plus tard. Ma belle famille se trouve sur Grenoble, où j'étais au supermarché à Grenoble. Et là, j'ai entendu des personnes à côté de moi parler dans une langue étrangère, l'arabe, il me semble. Je les ai regardées avec beaucoup d'amour, tu vois. C'est un mot un peu compliqué, l'amour, parce que quand je le dis comme ça... En français, on a le même mot pour dire j'aime ma femme, j'aime les pattes ou j'aime le sport. Au moment où je t'ai dit l'amour, chacun le mettra là où il veut. Mais en tout cas, cet accueil-là, cette compréhension, ça résonnait beaucoup. Mais ce n'était pas le cas des gens à côté de moi qui Ausha un peu la tête, grimassaient et qui devaient certainement se dire, mais qu'est-ce qu'il peut pas parler notre langue, cela ?
- Speaker #2
Donc tu es revenu de nouveau en France et après si je fais un fast forward vers le coaching, qu'est-ce qui t'a réellement amené à changer complètement de métier ?
- Speaker #1
En fait, je vais rester encore un instant et après on arrêtera de parler de la Russie, mais en Russie parce qu'en 2014, il y a eu l'indexation de... de la Crimée par la Russie, donc la crise géopolitique qu'on connaît, qui s'est intensifiée aujourd'hui, avait bien démarré bien avant, mais donc moi j'étais en Russie à ce moment-là, donc j'ai eu un moment compliqué cette année 2014-2015, avec un embarquement de l'Etat, embargo financier sur la Russie, avec des grosses crises géopolitiques. Donc dans mon business, ça a chahuté très très fortement. Et dans la gouvernance aussi, il y avait beaucoup de vent, de mouvement aussi de gouvernance à ce moment-là. Et je me suis retrouvé à un moment donné de ma carrière où je ne comprenais plus pourquoi je n'y arrivais plus.
- Speaker #0
J'avais beau faire exactement ce que je faisais avant et qui m'avait amené jusque là, et plutôt avec un certain succès en tout cas, ou en tout cas ça se passait bien pour moi, et d'un coup je faisais la même chose, mais ça ne marchait plus du tout. Et pire, on me reprochait d'ailleurs de faire exactement ce qu'on me félicitait de faire la veille. Quand je me reprochais, c'était mon nouveau boss de l'époque, etc. Et j'ai senti ce jour-là que j'arrivais à une espèce de plafond, tu vois, et ça m'a permis de rappeler quelqu'un qui, quatre ans avant, donc au début quand je suis arrivé en Russie, était venu me prospecter, comme on dit, qui était une coach, une française, qui s'appelle Valérie Brémond d'ailleurs, que je salue si elle nous écoute, et qui est venue me proposer ses services en me disant qu'elle accompagnait. des dirigeants français à Moscou, et moi assez rapidement, j'ai mis un peu d'or, tu vois, l'entretien a dû durer 2-3 minutes, et j'exagère, mais ça a été très court, et avec un peu de délicatesse j'espère, mais je dis non j'ai pas besoin, et merci. Et puis 4 ans plus tard, je l'ai rappelé en fait, en disant Valérie... Est-ce qu'on pourrait travailler ensemble ? Parce que là j'ai besoin. Donc ça, ça a été ma première rencontre avec le coaching, en tant que dirigeant, à un moment donné précis de ma carrière, où j'ai senti qu'il fallait que je désapprenne certaines choses, que je réapprenne d'autres. Donc je me suis fait accompagner, mon entreprise m'a payé un coaching, qui a été extraordinaire pour moi, parce que ça m'a permis de faire le point, de resynchroniser un peu mon équation personnelle et professionnelle. Ça a eu un impact énorme sur mon business, ça a eu un impact énorme sur moi déjà, je me suis senti beaucoup mieux. Et puis sur ma famille, l'impact systémique d'un coaching qui réussit. Et donc, quelques temps plus tard, j'arrivais au bout de mon contrat d'expatriation. J'ai demandé non pas à rentrer en France, mais aller là où je serais le plus efficace. On m'a proposé de revenir dans les équipes de Noroto France. Donc j'étais avec le codire élargi de Noroto France. Je m'occupais d'un gros périmètre, donc 1500 collaborateurs sur le réseau France, un quart de la France. Je fais ça pendant un an, il y avait des grosses réorganisations en cours, et puis il y a eu un point de bascule à l'été 2017, je suis rentré à l'été 2016, c'était 2017, il y a eu un événement concomitant entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle, qui m'a fait prendre une décision dont j'ai été le premier surpris, mais qui était de quitter Noroto. Et le coaching à ce moment-là... a été aidant pour moi parce que ce que j'avais vu dans le coaching trois ans avant avec Valérie, ça m'a permis de faire un point sur ce que je voulais, ce que je ne voulais pas, mon fonctionnement de ma vie idéale, de travailler un projet de vie avec mon épouse, à quoi il sert mon travail, à quoi on a envie qu'il serve dans notre vie. Et donc ce jour-là, quand il fallait que je prenne une décision un peu vertigineuse, grâce au coaching, ça m'a permis de décider vite. ce que je voulais faire, ce qui était ok, ce qui n'était plus ok pour moi. Et c'est comme ça que j'ai négocié mon départ, dans de très bonnes conditions, parce qu'on s'entendait bien, on était en bons termes, ne sachant pas ce que j'allais faire derrière. C'était par contre vertigineux pour moi. On venait de rentrer en France depuis un an, ma femme était en train de se réorienter, de faire des études, et je prenais la décision de faire une grosse bifurcation. Toi qui fais du parachutisme, c'est un peu comme si j'avais l'impression de sauter de l'avion sans parachute, tu vois, sur le coup.
- Speaker #1
Ou avec le parachute, mais pas savoir ce qui se passe dehors.
- Speaker #0
T'as raison, ouais, avec un parachute, pas savoir où on va, quelle est la météo...
- Speaker #1
Et qui l'a pliée !
- Speaker #0
Et c'est ça, et qui a plié le parachute,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Et ce qui m'a fait arriver au coaching, alors d'abord c'est que dans mon départ, ce que j'ai demandé... à mon employeur, c'est non pas d'avoir un outplacement classique comme on peut proposer quand tu es dirigeant pour changer d'organisation, mais ça a été plutôt de dire je trouve un ou une coach et vous me payez un an de coaching. Parce que je savais que je ne savais pas ce que je voulais faire et que le coaching allait être extrêmement utile pour moi. Et donc c'est ce qui s'est passé, j'ai trouvé une coach qui s'appelle Catherine Dédier, tu vois je cite aussi les deux coachs qui m'ont accompagné, c'est des gens qui ont compté aussi pour moi, il y en a plein d'autres, mais elles deux dans mon parcours ont compté. Et j'ai quitté Noroto, j'ai un premier projet, c'était de ne pas avoir de projet. Ça quand on est dirigeant, je ne sais pas si tu l'as déjà vécu toi Yohann, mais avoir comme projet pendant six mois de ne pas avoir de projet, ça a été le projet le plus dur de ma vie.
- Speaker #1
J'ai échoué personnellement. J'ai essayé mais ça n'a pas marché. Je voulais faire aussi six mois sans. Ça m'a tellement pris que j'ai... Et ça reste toujours un point sensible chez moi,
- Speaker #0
rien faire c'est très difficile pour moi. Ouais t'as raison, c'est-à-dire quand je dis ça en plus, c'est pas vraiment ça, c'est-à-dire que le projet que j'avais, c'était, je venais d'acheter une maison, Il y avait des travaux énormes à faire dedans, j'ai toujours rêvé de faire des travaux, mais j'avais jamais le temps parce que je bossais beaucoup. Et donc pendant six mois, j'ai fait deux choses. Je me suis occupé de mes enfants, ce que je n'avais pas fait depuis des années, ou très peu, en tout cas pas comme je voulais. J'ai pu dire à ma femme, vas-y, fais ta formation, moi je gère, t'inquiète. Comme disent les jeunes, je gère, t'inquiète. Donc j'ai amené mon fils le matin à l'école. Je revenais chez moi, je mettais mon bleu de travail. D'ailleurs, pendant des mois, on m'a appelé Pedro, tu vois. Amicalement, sympathiquement. Et bleu de travail, je faisais les travaux chez moi pendant six mois, j'ai retapé ma maison. Donc, en m'occupant les mains, je me suis dit, Je me suis libéré la tête et en disant à tout le monde je n'ai pas de projet, ça a mis de côté, parce que pour accompagner, et tu le fais aussi des fois des dirigeants ou des personnes en transition pro, être dans ce moment un peu vertigineux entre deux rives. tout l'entourage qui est sur une ou l'autre rive quand il nous voit au milieu de l'eau c'est cette image qui vient un peu à nous débattre il nous dit t'inquiète, tu sais nager, je ne suis pas inquiet pour toi et puis de toute manière très rapidement tu vas trouver et qu'est-ce que tu vas faire ?
- Speaker #1
et pourquoi tu ne fais rien ?
- Speaker #0
et chacun d'un côté de la rive, chacun nous fait ses peurs pourquoi tu vas à droite, maintenant tu devrais aller à gauche chacun nous renvoie ses propres peurs ses propres envies et donc on se sent à ce moment-là un peu seul, en tout cas moi je me sentais entre guillemets un peu seul ou en tout cas face à cette incertitude absolue et donc le fait de dire officiellement je prends la décision de ne rien décider pendant 6 mois, c'est une décision j'ai le projet de ne pas avoir de projet pendant 6 mois, c'est un projet le fait de dire que j'ai le projet de ne pas avoir de projet ça m'a permis de mettre tout le monde un peu à la bonne distance et moi aussi Et de manière à faire un travail un peu introspectif. Plus je reconstruisais ma maison, plus j'avais l'impression aussi intérieurement de retrouver de la solidité, d'ouvrir à du nouveau, de faire un peu de rénovation, tu vois, j'avais pas vu la symbolique, mais aussi faire un peu de rénovation et de me dire, tiens, qu'est-ce que j'ai envie de faire ?
- Speaker #1
Donc mettre des frontières quelque part, au-delà de toi, mettre des limites autour de toi.
- Speaker #0
Oui, ce qui me vient quand tu le dis comme ça, c'est ce qu'on... Ce qu'on a dans notre pédagogie, c'est-à-dire que pour que quelqu'un puisse déployer son plein potentiel, il y a besoin de deux choses. Il y a besoin de protection, il y a besoin de permission. Et donc maintenant, je mets les mots comme ça parce que, entre-temps, je me suis formé. et j'ai ce concept-là. Mais à cette époque-là, en faisant ça de manière un peu spontanée, c'est ce que j'ai fait. J'ai mis de la protection, c'est-à-dire hop, laissez-moi tranquille pendant six mois, ne me demandez pas de me positionner, etc. Puis j'ai aussi mis de la permission, c'est-à-dire que je n'ai pas de projet, donc au final je pouvais aborder absolument tous les sujets sans que les gens se disent « Ah, c'est ton nouveau projet ? » Et ça, ça m'a permis, je crois, d'être dans mon plein potentiel, dans ma pleine puissance, entre guillemets. Sortir de l'impuissance qui est « je ne sais pas, j'ai peur » ou « j'ai tellement envie que ça me paralyse » , sortir aussi peut-être d'une forme de toute puissance que les autres avaient tendance à approcher sur moi en disant « mais je ne suis pas un équipe pour toi, tu vois, tu sais faire, tu sais faire, il y a tellement de jobs, de toute manière, Merci. vu ton parcours.
- Speaker #1
Et pourquoi tu ne l'as pas encore ?
- Speaker #0
Et pourquoi tu n'y es pas encore ? Tu as raison. J'aime bien cette idée-là de dire que mettre cette forme de protection et de permission, ça crée un espace, une espèce de vide fertile, qui moi m'a permis d'être à l'écoute de ce que j'avais envie d'explorer. Mais je ne l'ai pas fait seul, parce qu'effectivement, au bout de six mois, j'ai appelé la coach, Catherine, en disant, ça y est, je suis prêt, on démarre. Et donc, je me suis fait accompagner en coaching. Sans ça, je ne sais pas où je serais aujourd'hui, ailleurs certainement. Mais il y a aussi s'entourer, ne pas rester seul, avoir quelqu'un qui nous... permet de trouver une manière de réfléchir, d'ouvrir des questions qu'on n'a pas ouvertes, de regarder des endroits où on n'a pas encore regardé, soit parce qu'on n'ose pas, soit parce qu'on ne veut pas, soit parce qu'on a peur, soit parce qu'on n'a pas du tout pensé à regarder là. Et c'est comme ça que, dans ce coaching-là, au bout de quelques séances, couplé à quelqu'un que tu connais qui s'appelle Dominique Gaveau, Dominique que j'ai connu quand je suis revenu de Russie en tant que dirigeant. J'ai intégré son club APM. Et au bout d'un Quand j'ai arrêté mon activité de neuroto, j'ai continué avec lui à l'APM. Un jour, il m'a proposé de faire ce qu'on appelle une tous-expert à l'APM, c'est-à-dire que c'est un des membres qui vient sur nos rencontres partager une expertise. Et donc je suis venu partager ce que la Russie m'avait fait découvrir, qui était applicable partout dans le monde. Et à l'issue de cette intervention-là, il m'a dit « Mais t'as pensé à te former au coaching, toi ? » Non, enfin, je connais le coaching parce que je suis accompagné, d'ailleurs, je suis accompagné en ce moment, mais... Il me dit, ben franchement, tu devrais, hein, regarde. Et donc, il m'a donné le contact de Mosaïque, d'International Mosaïque. Et je suis venu... Donc,
- Speaker #1
la première crème...
- Speaker #0
Exactement, elle part de là. Elle était plantée.
- Speaker #1
Ouais. Ok. Ce qui résonne chez moi, c'est que quand tu en parles comme ça, tu parlais de la Russie où tu as énormément été en observation et tout, où tu as appris quelque part à réguler.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que c'est le mot que tu as utilisé tout à l'heure. Dans notre mission qu'on a faite ensemble, c'était vraiment cette qualité que j'ai remarquée parce qu'on était vraiment dans une équipe où il y avait quand même un mélangement de conflits. Et cette capacité de sentir, de réguler, de adapter, de continuellement adapter le programme, mais avec moi de trouver les bonnes choses, ont été quelque part la clé de la réussite pour moi dans ce projet-là. Mais là, ça résonne énormément avec ce que tu as appris quelque part auparavant. Et je pense qu'on a appris plein de choses avant, qu'on met maintenant en plus en application dans notre métier. Je fais cette...
- Speaker #0
Merci de le remettre comme ça, parce que moi ça me permet aussi de revisiter, entre guillemets, mon parcours. Et ce qui me vient quand tu dis ça... C'est que les premiers mois en Russie... Pour moi, la Russie, c'est une aventure extraordinaire, c'est-à-dire qui sort de l'ordinaire. Ça ne va pas y aller, c'était Disneyland tous les jours, tu vois. Et ce que c'est venu chercher chez moi, dans mon rôle de dirigeant, c'est comme tout change tout le temps en permanence, comme il y a une incertitude omniprésente. Les premières semaines, les premiers mois, je pense que ça a dû durer six mois. Pendant six mois, à chaque fois que j'arrivais au bureau le matin, ou que je décrochais mon téléphone, ou que je regardais mes emails, il y avait une merde. Pardon, c'est un peu vulgaire ce que je dis, mais il y avait une merde. C'est un truc qui n'allait pas. Et au bout de six mois, j'ai compris qu'il fallait que je change absolument ma manière de voir ces difficultés. Parce que pendant 6 mois, c'était pour moi la big kata. A chaque fois qu'il y a un truc, c'était la big kata. Et au bout de 6 mois, j'ai basculé et j'ai passé à la big data. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'il y a un grain de sable qui arrive, ce n'est pas un problème de plus. C'est juste une nouvelle donnée qu'il faut mettre dans l'équation, il faut resynchroniser l'équation pour regarder qu'est-ce qu'on en fait. Et donc ça, chez Mosaïque, là les lois du vivant face à moi, il y en a une qui est tout est juste. Dans le tout est juste, ce n'est pas tout est juste au sens de justice, c'est tout est juste au sens de justesse. Et donc, si ça arrive là comme ça, soit je peux passer de l'énergie à essayer de combattre, à dire mais non, ce n'est pas possible, on va réussir à faire changer l'univers pour que ce ne soit pas comme ça. Bon, ça demande beaucoup d'énergie. Et en Russie tout particulièrement, c'est ce que j'ai vécu. Je m'épuisais. Par contre, dire ok, c'est comme ça, maintenant qu'est-ce qu'on en fait ? Comment on bascule sur, on resynchronise, on trouve une nouvelle réponse ? Et donc ça invite en permanence, en tout cas moi depuis ce moment-là, ça commence à dater maintenant, ça fait... 15 ans, 16 ans, je vois ma vie, les accompagnements que je peux faire, non pas comme un problème à résoudre, mais comme une espèce d'équation géante, vivante, qui évolue en permanence. Et chaque nouvelle information vient enrichir cette équation et demande à resynchroniser. Et quand je resynchronise, si a priori il n'y a rien à changer parce que ce qu'on est en train de faire est toujours d'actualité, il y a là, on continue. Si maintenant quand je resynchronise cet élément systémique qui vient d'être mis dans l'équation, et je m'aperçois que le produit de sortie doit être complètement différent, soit on s'obstine en disant non, je suis plus fort et je vais faire courber tout le monde, ou soit tu dis tiens, est-ce qu'on n'a pas une nouvelle manière de faire ? Merci de me le dire parce que ça me permet de réaliser la manière dont je fonctionne maintenant et ce qu'on a vécu ensemble. Je me rappelle très bien de cette équipe dans laquelle il y avait beaucoup d'enjeux, beaucoup d'envie, mais aussi beaucoup de crispation, de frustration. C'était chouette ce qu'on a fait.
- Speaker #1
Et ce qui est intéressant, quand tu parles de Big Kata à Big Tata, t'as juste monté d'une lettre, de C à D.
- Speaker #0
Et c'est vrai en plus.
- Speaker #1
Mais ça change beaucoup de choses. Quelles sont pour toi les limites dans la relation ?
- Speaker #0
Alors, je vais l'appliquer sur notre thème. Si on est sur un thème professionnel et avec cet équilibre qu'on est en train de chercher entre relation et résultat. Ce qui me vient, c'est les limites, c'est dès qu'on perd de vue l'intention. La relation pour la relation, c'est agréable, c'est sympa, mais ça ne fait pas forcément du résultat. Donc, si on met ça dans des accompagnements qu'on peut vivre, que je peux vivre, individuels ou collectifs d'ailleurs, quand on est juste sur l'axe de la relation, quand on cherche juste à... Juste, des fois, c'est déjà pas mal. Mais quand on est concentré que sur un axe qui est l'axe de la relation, ça peut être certainement plus agréable, plus plaisant, plus je ne sais quoi. Si par contre on a perdu de vue le deuxième axe, qui est l'axe du résultat, qui est l'axe de ce qu'on a à faire au service 2, ça se transforme concrètement dans des équipes Codir, Comex ou autres en fait ça devient quoi ? ça devient l'amicale du football du coin ça devient une association, ça devient plus une entreprise on est une famille, c'est super on s'adore, on passe des bons moments ensemble oui mais est-ce que ça produit de la valeur ? est-ce qu'économiquement ce qu'on est en train de faire va être durable ? mais c'est valable aussi de l'autre côté je pourrais aller voir l'autre axe si je suis que sur l'axe du résultat que je produis de la valeur, que je produis du capillaï, on aime bien ces mots-là, mais du chiffre d'affaires ou de l'épida, peu importe, et que je perds de vue l'axe de la relation, ok, peut-être qu'en ce moment on fait du résultat, mais à moyen long terme, ça va donner quoi ? Et donc, la limite de la relation, c'est si on n'est que sur la relation pour la relation, on est dans une espèce de boucle fermée. qui, de mon point de vue en tout cas, n'est absolument pas vertueuse et qui va devenir certainement contre-productif par rapport à ce qu'on veut faire. Donc il y a à trouver cet équilibre-là entre de la relation au service de quoi, quand on est dans une entreprise, au service de quoi, qu'est-ce qu'on a à faire ensemble d'essentiel, notre vision, notre mission, qui fait qu'on a besoin d'être en lien. Et la relation, ça ne veut pas forcément dire... Je t'adore et on va passer tous nos week-ends ensemble, on va devenir potes, c'est pas du tout ça. C'est comment on arrive ensemble avec qui je suis, qui tu es, ce que t'amènes, ce que moi j'amène, à créer une relation qui va être harmonieuse dans le sens où on va réussir à s'harmoniser et génératrice aussi de résultats. Donc la limite elle est là je crois, c'est dès qu'on a... Là on est en podcast donc c'est compliqué mais tu vois si je me bouche un oeil avec ma main, si je n'ai qu'un oeil je suis polarisé sur l'axe de la relation. C'est essentiel mais ce n'est pas suffisant. Si je me ferme l'autre oeil... comment j'ouvre les deux, comment je garde les deux au service de l'intention. Donc si la relation est au service de l'intention, ça fonctionne très bien. Si on perd de vue ça, dans une entreprise en tout cas, ça peut être très agréable, ça peut créer de belles amitiés. Et j'en ai, moi, des amitiés avec des gens avec qui j'ai travaillé, avec qui on a gardé contact. Mais c'est peut-être la limite, la limite essentielle. Après... En fait, j'avais un temps de réflexion parce que pour avoir aussi côtoyé beaucoup de business ou de franchisés, il y a souvent des relations familiales au sein même d'une franchise, l'homme, la femme, enfin le mari et femme. et donc il y a quand même des endroits où le silence que j'ai eu, donc la phrase que tu n'as pas entendue dans ma tête c'était j'ai trop envie de chercher les limites, c'était la question, c'était la limite est-ce que ça peut être limitant de travailler avec quelqu'un dont la relation est très forte soit parce que c'est mon frère, ma femme, etc donc il y a des métiers dans lesquels c'est ok et ça fonctionne très bien Après, dans notre métier de coaching, là, pour le coup, là, oui, ça va poser une difficulté. Si je suis beaucoup trop en proximité relationnelle avec cette personne, je ne peux pas correctement faire mon métier de coach. Donc, il y a à regarder aussi l'intention et la relation. On peut servir, on peut desservir en fonction de l'intention et de ce qu'on a à faire ensemble.
- Speaker #1
Ok. Je vais passer sur un autre onglet parce que ça fait deux ans qu'on travaille ensemble aussi sur les aspects... de l'IA et comment ça a été vraiment celui qui a mis le booster là-dessus, qui a poussé énormément. Qu'est-ce que tu as envie de partager sur l'IA et cette relation, donc aussi ce résultat ? Qu'est-ce que tu as envie de partager là-dessus ?
- Speaker #0
Oui, l'intelligence artificielle, moi c'est un sujet qui me passionne. Ça fait très longtemps que j'en entends parler en fait. 15 ans déjà, peut-être même 20 ans, on ne se voit pas vieillir, mais quand on entend parler de l'intelligence artificielle, par contre, il y a deux ans, deux ans et demi, c'est devenu une réalité pour bon nombre d'entre nous au travers de... de l'intelligence artificielle générative, en tout cas, donc ce qu'on appelle ChatGPT ou autre, parce que c'est devenu un modèle conversationnel, c'est-à-dire qu'on lui parle en langage naturel, on écrit en langage naturel, elle nous répond, ça paraît assez extraordinaire. En tout cas, il s'est passé des choses concrètes, visibles par tout le monde. Ce qui m'a moins rapidement passionné, ce qui me passionne encore... Ce n'est pas tellement l'IA en tant qu'outil technologique, même si tu me connais un peu geek. Oui,
- Speaker #1
un petit peu.
- Speaker #0
Donc j'aime bien aller au fond des choses, les comprendre, en faire l'expérience pour savoir de quoi on parle. Donc oui, j'explore l'IA assez intensément. IA générative et IA agentique, c'est-à-dire comment l'IA peut aussi faire des choses à notre place, pour nous ou avec nous. Mais ce qui me passionne tout particulièrement et qui devient presque un sujet de recherche, ce qui m'intéresse dans l'IA, c'est l'impact systémique de l'IA dans les relations interpersonnelles et dynamiques de groupe. Concrètement, ça veut dire, entre toi et moi, quand on collabore ensemble, qu'est-ce qui se passe de nouveau et de différent ? Si on met une IA, au milieu de notre relation. Qu'est-ce que ça change ?
- Speaker #1
Tu parles au milieu ou tu parles dans et crée un triangle ? Parce qu'au milieu, tu la mets entre nous.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vrai, tu as raison. Oui, ça dépend où on la place, effectivement. Je ne l'avais pas vu comme ça. Parce qu'effectivement, si on la place au milieu, ça m'ouvre pas mal de champs d'exploration. Parce qu'effectivement, elle vient des fois s'intercaler au milieu, c'est-à-dire que je ne te parle plus à toi directement, je vais parler à mon IA. Donc, qu'est-ce qui se passe sur notre relation ? Qu'est-ce qui fait qu'avant, si on travaillait ensemble, t'es mon collègue, mon patron, mon collaborateur, peu importe, qu'est-ce qui fait qu'avant, on avait un échange humain et qu'aujourd'hui, ben... Avant cet échange humain, je commence à m'adresser à cette machine.
- Speaker #1
Ce qui était déjà arrivé auparavant, parce qu'on s'envoyait des mails, même si on était un à côté de l'autre de temps en temps. Et ça se voit encore aujourd'hui.
- Speaker #0
Ça avait déjà commencé à ce moment-là. Et donc il y a effectivement au milieu, il y a à côté, il y a avec nous, en tout cas, cette intelligence artificielle telle que c'est en train de se développer. De là où je regarde, je ne suis pas un expert moi, je crée mon expertise par l'expérience. Donc mon expérience est celle des collectifs que j'accompagne, quand je dis ça. C'est que l'IA est en train quand même de prendre une place à part entière. Pour le moment, elle est encore très conversationnelle de manière écrite. Mais mon intuition, ma conviction, c'est qu'elle va très rapidement être présente au sein de l'IA. aussi de manière vocale parce que ça fonctionne déjà très très bien de manière vocale c'est peu utilisé, ça fonctionne très très bien ce qui me fait dire que ça va être le cas c'est que je sais que tu as aussi un adolescent j'en ai un aussi et quand je les vois fonctionner Alors, ados ou jeunes adultes, mais ils sont quand même beaucoup en mode vocal. On les voit mettre le téléphone à l'oreille, à la bouche, à l'oreille, à la bouche, parce qu'ils communiquent par vocaux. Et donc, cette génération-là, elle est aux portes de l'entreprise. Donc, dès qu'elle arrive là, ce mode de communication, puisque l'IA est tout à fait adapté pour ça, je suis assez convaincu que ça va devenir la norme d'interagir avec une IA en mode vocal. Je le fais aussi. Et donc ça veut dire qu'il y a un anthropomorphisme qui est en train de s'installer. L'IA, c'est plus juste un outil, c'est plus juste une machine, c'est quelqu'un qui me parle comme moi, comme toi, qui parle de mieux en mieux, qui parle en plein de langues, qui paraît intelligent, etc. Et donc, si je laisse de côté la... technologie, c'est pas le sujet, c'est qu'est-ce que ça fait du coup dans nos relations interpersonnelles, qu'est-ce que ça change, qu'est-ce que ça permet, qu'est-ce que ça empêche, qu'est-ce que ça autorise, etc. Et les premières expérimentations qu'on a pu faire, on en a fait ensemble beaucoup, j'en fais dans la masterclass. fait sur sur l'IA, enfin sur les intelligences mais dedans il y a l'intelligence artificielle, je suis surpris moi de voir à quel point des gens qui, des personnes formées à la relation, je pense aux coachs notamment professionnels et souvent des coachs très aguerris avec beaucoup de métiers, beaucoup d'ancienneté donc a priori beaucoup de recul sur la relation humaine, mais quand on met une IA et qu'on propose à cette IA d'interagir avec eux en mode vocal, D'un coup, c'est comme si tous les... On rigole tous les deux parce qu'on a des images qui nous reviennent des moments qu'on a vécu ensemble, d'accord ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Donc, tu disais...
- Speaker #0
Ça vole en éclats. D'un coup, les personnes se mettent à s'adresser à l'IA en disant « Mais tais-toi, mais je te terre, mais c'est pas possible quand même, tu respectes pas le fait qu'on est en train de se parler. » Donc en fait, ils sont en train de s'adresser à une machine qui pourrait être un grille-pain. D'accord ? Ce n'est que ça. Le mec est en train de parler, par contre. Et sans avoir le discernement à qui je m'adresse, comment je lui parle, comment je dois lui parler, comment je dois laisser, quelle autorité je lui donne. Puisqu'en fait, les gens comme les objets n'ont que l'autorité qu'on leur accorde. Quelle autorité j'ai envie de donner à cette machine sur ce qui se passe ? À quel endroit j'ai envie de la mettre ? Donc ce qui me passionne moi, c'est toutes ces questions-là, de qu'est-ce que c'est en train de changer, qu'est-ce que ça va continuer de faire évoluer, mais qu'est-ce que c'est en train d'impacter sur notre relation, à quel endroit on doit être conscient, comment on met de la conscience là-dessus. Après on choisit, pour moi chacun fera comme il aura envie de faire, mais je ne vais pas dire ce qu'il faut faire ou ce qu'il ne faut pas faire, mais juste d'avoir de la conscience de ce que ça change. Et dans ce que ça change, il y a les deux polarités. Est-ce que ça va changer positivement ? Est-ce que ça peut permettre de nouveau être différent, qui est assez extraordinaire ? Et qu'est-ce que ça peut changer aussi d'une manière peut-être beaucoup plus négative ? Qu'est-ce que ça va empêcher ou qu'est-ce que ça va détruire ? Et aussi certainement d'une manière assez extraordinaire. Donc mettre de la conscience à ce moment-là. Ça, ça me passionne. Et donc j'aime regarder l'IA, effectivement, sous l'angle de la relation. Et quand j'accompagne les collectifs pour ça, j'ai un cas d'une entreprise qu'on a accompagnée, puisqu'on l'a fait ici. nombreux donc on l'a fait à plusieurs coachs. On n'a pas beaucoup créé de dialogue pour l'instant autour de ça c'est à dire que cette phrase n'est pas de moi je sais plus où est ce que je l'ai entendu mais j'aime bien la réutiliser c'est que l'IA n'arrive jamais neutre dans une organisation. Quand on la met dans une organisation c'est un outil en soi mais elle n'arrive pas neutre parce qu'elle arrive chargée. des peurs de chacun, des enthousiasmes de chacun, des craintes et je ne sais quoi. Et donc ça crée juste le fait de dire, voilà Johan et Alban, vous travaillez tous les deux, j'ai une bonne nouvelle, maintenant vous avez accès à une IA d'entreprise, on l'a appelé chat mosaïque, voilà vous avez accès, etc. Qu'est-ce que ça change dans notre relation ? Quelle peur c'est en train d'activer chez moi, chez toi, ou quelle envie, quel enthousiasme ? Et on ne prend pas beaucoup de temps. En tout cas, ça démarre, heureusement, les entreprises qui le font, mais pour créer des espaces d'échange à cet endroit-là, pour recréer de la discussion, de la conversation, de la relation sur qu'est-ce que ça nous fait.
- Speaker #1
Et en quoi, pour toi, c'est important de le faire aujourd'hui, parce que c'est encore tout nouveau ? En quoi c'est important ?
- Speaker #0
Si je te témoigne ce que j'ai vécu, par exemple, on avait fait un très beau partenariat avec Orange l'année dernière. dernière à Marseille, on avait invité plus de 70 leaders de différentes entreprises qui sont venus pendant une demi-journée réfléchir et découvrir avec nous ce qu'on appelait l'IA au cœur du leadership. En quoi est-ce que l'IA... peut rendre notre leadership encore plus humain et vivant ? C'est une question, a priori, qui interpelle un peu, parce que souvent, on ne l'aborde pas de cette manière-là.
- Speaker #1
Oui, parce que c'est la tech qui est au cœur de l'humain.
- Speaker #0
Exactement. Et comment ça, l'IA va nous permettre d'être encore plus humain et vivant ? C'est quoi cette question ? Et donc, on a vécu une après-midi ensemble. Et on avait co-construit cette journée avec différentes thématiques. Et une des thématiques qui m'a, moi, vraiment impacté et marqué, et qu'on réutilise, et je réutilise, et qu'on a utilisé encore récemment avec un comité de direction qu'on a accompagné sur une thématique similaire, c'est qu'on a commencé par proposer aux personnes de venir se positionner. On avait créé trois zones. Une zone, est-ce que pour vous l'IA est une opportunité ? Est-ce que pour vous l'IA est une menace ? Ou est-ce que pour vous l'IA, vous ne savez pas vous positionner, vous êtes neutre, vous ne savez pas trop encore pour l'instant ? Et souvent, ce qu'on s'aperçoit, c'est que les gens vont se positionner, et forcément, il y a des gens qui vont à fond dans l'opportunité. Et quand on leur donne la parole, qu'est-ce qu'ils nous disent ? « Mais c'est génial, on va changer le monde, on va faire des trucs extraordinaires. » Donc, ils ont un enthousiasme vraiment très très puissant à cet endroit-là. Et puis, quand on donne la parole à ceux qui sont à l'opposé, qui se sont mis à « l'IA est une menace » , alors eux, ils nous expliquent aussi, avec la même intensité, la même force, la même conviction, que c'est catastrophique, en fait. en or. On fait rien ou si on fait ça comme ça, etc. Donc il y a vraiment, et donc ces deux pôles-là ont chacun leur vérité. Et quand on crée la possibilité aux personnes de s'exprimer, quand on crée les conditions favorables, à ce qu'il y ait une parole qui puisse être libérée au sens de « si je dis ça, est-ce qu'il va y avoir des conséquences pour moi de le dire à voix haute ? » « Est-ce que je vais être jugé ? » « Est-ce que je vais être viré ? » Donc si on crée les conditions favorables, parce que les gens sont en sécurité pour exprimer réellement ce qu'ils pensent, ce qu'ils ressentent, ce qu'ils imaginent, ce qu'ils veulent, etc. Et qu'on crée également les mêmes conditions pour que les gens qui, à ce moment-là, écoutent, se mettent vraiment dans une posture d'accueillir ce qui est dit. Alors sans jugement, c'est compliqué, en tout cas de suspendre un peu leur jugement un instant, d'ouvrir un peu les écoutilles, de se dire, tiens, j'accueille ce qui va être dit à cet endroit-là. Quand on crée ces espaces-là, il se crée des conversations d'abord courageuses, mais souvent fertiles. Et souvent il se crée une nouvelle dimension qui est qu'on s'enrichit les uns des autres de nos perceptions. Donc on harmonise un peu nos perceptions. Pas sur un consensus mou, sur on a bien vu les deux extrêmes là. Mais après qu'est-ce qu'on en fait ? Et quand on remet ça au service d'une intention, et l'intention par exemple qu'on avait poursuivie avec un comité de direction c'était comment... Peut-on faire de l'IA un allié au service de notre devenir ? C'est beau ça, d'imaginer ça, d'imaginer la pérennité, la prospérité de l'entreprise avec et grâce à l'IA. Quand on remet ça en perspective, les gens s'harmonisent. Et le fait, et c'est ce qu'on a vécu plusieurs fois, le fait, si moi je m'étais positionné dans les craintes, l'IA est une menace, d'entendre aussi tous les autres, mes collègues des fois, ou des pères ou autres, Exprimer ce qu'ils en font, les opportunités qu'ils voient, etc. Ça peut me donner des idées. Effectivement, ça, je ne l'avais pas perçu de cette manière-là. Ah tiens, ah ouais, je n'avais pas vu ça. Et de la même manière, ceux qui étaient dans les opportunités, entendre ceux qui sont dans les menaces, et j'ai un souvenir très vif d'une personne dont le rôle dans l'entreprise, c'était la sécurisation des données, c'était le respect de ce qu'on appelle la compliance, donc tout ce qui est RGPD, qui était de dire attention à cet endroit-là, etc. le fait d'entendre tout ça le fait que chacun se parle après les gens se réharmonisent et bougent un peu leur position et j'ai dans cette même équipe le souvenir de quelqu'un qui était plutôt en avance sur l'IA qui testait beaucoup de choses et à qui on laissait aussi beaucoup de latitude pour le faire et qui à l'issue de cette on avait passé une journée et demie avec ce comité de direction à l'issue de cette journée et demie Merci. me dit, en fait, je viens de me rendre compte, Alban, que depuis six mois, je roule à 200 km à l'heure sur l'autoroute, la fenêtre ouverte, sensature de sécurité. C'est l'image qu'il a prise pour dire, j'étais allé tellement loin, tellement vite avec l'IA, je n'avais pas réalisé à quel point, c'était grisant pour moi, mais j'étais effectivement en train de passer des red flags que je n'avais pas vus, parce que c'était un angle mort pour moi. Et je comprends maintenant qu'heureusement, il n'y a pas eu de crash, je n'ai pas crashé la boîte, mais ça aurait pu. Donc heureusement que j'ai entendu ma collègue m'avertir sur ces risques-là, etc. Et de l'autre côté, la collègue, elle me dit « Écoute, en fait, je suis rassuré. Parce que maintenant, je sais qu'ils ont entendu ce que j'avais à leur dire. Ils ont pris conscience de ça, etc. » Et donc, chacun s'était un peu décalé, tu vois, avait un peu bougé de sa position. Alors, c'est quand même rassurant qu'une personne qui s'occupe des protections des données, etc., reste quand même en vigilance, mais ça avait bougé. Et donc... Tous les sujets de transfo qu'il y a sur l'IA actuellement, il y en a beaucoup, souvent sont abordés en organisation sous l'angle « qu'est-ce que ça va changer sur notre métier ? » « qu'est-ce que ça va changer sur nos process ? » Très peu abordent l'angle de « qu'est-ce que ça va changer entre les hommes et les femmes de l'entreprise ? » et « qu'est-ce que ça ne doit pas changer ? » Parce que tu vois comme moi ce paradoxe qu'on appelle l'homéostasie, c'est-à-dire quand on a quelque chose qu'on a besoin de faire évoluer ou de régénérer, souvent il y a quand même d'abord à rassurer les gens et à se mettre d'accord sur ce qui ne va pas changer. Une fois qu'on a fait ça, on peut aller dans le changement. Même si on ne sait pas vraiment ce qui va changer, parce qu'avec l'IA, bien malin est celui qui sait comment ça va évoluer. Par contre, prendre un temps pour s'harmoniser et pour décider collectivement à quel endroit on décide, nous, d'utiliser ou pas l'IA. Et pourquoi ? Et au service de quoi ? Et à quel endroit, IA ou pas IA, ça, ça ne changera pas. Ça ne bougera pas, ça fait partie d'une manière de fonctionner. Et notamment, sous l'angle de la relation, c'est quand même assez essentiel de déterminer à quel endroit il y a ou pas il y a, ça ne changera pas cet aspect-là de notre relation. Et quel endroit ça pourrait l'améliorer ?
- Speaker #1
Au service du résultat.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Je ne sais pas combien de temps on est déjà en train de parler. On verra bien. J'ai encore juste un petit sujet que j'ai... J'ai envie de partager parce que quelque chose que j'apprécie énormément chez toi, c'est ta capacité aussi d'utiliser la low-tech, c'est-à-dire le dessin, pour animer les séances, pour animer, et comment ça crée quelque chose. Qu'est-ce que tu as envie de partager de ce dessin en lien avec la relation avec les autres ?
- Speaker #0
Écoute, moi le dessin il est rentré dans ma vie à plusieurs reprises, mais dernièrement de manière encore un peu plus intense. D'abord c'est pas du dessin pour le dessin, c'est-à-dire que je pense être un piètre dessinateur, en tout cas je le fais avec une intention très spécifique. Et plus j'ai avancé ces derniers temps sur l'IA, c'est depuis deux ans. Je suis allé loin, et je continue d'aller loin sur l'IA, sur l'aspect qu'on pourrait appeler high-tech, ce que tu évoquais là.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est vrai que souvent, chez Mosaic, j'ai... J'ai cette phrase qui me revient, que j'ai entendue et que je repartage aussi, qui est dans un monde de haute technologie, high tech, il est nécessaire qu'on soit aussi capable d'augmenter notre haute sensibilité et donc ce qu'on a appelé high touch, donc plus on a du high tech, plus on a du high touch, c'est ce qui nous a donné l'envie de faire cette masterclass sur les IA, pour montrer à quel point l'être humain a plein d'intelligence, que l'intelligence artificielle n'a pas forcément, et n'aura peut-être jamais. Mais ça, c'était donc ce binôme high-tech, high-touch. Et j'ai eu envie et besoin d'aller créer une troisième dimension, donc de passer de deux jambes à un pied de tabouret, une troisième dimension qui était, en tout cas pour moi d'abord, plus je vais dans le high-tech, plus j'ai senti que j'avais besoin d'aller dans le low-tech. dans quelque chose de diamétralement opposé. Et encore une fois, pas pour trouver un consensus mou, mais pour avoir ces deux polarités, pour tirer l'intensité de ces deux polarités-là.
- Speaker #1
Quelque part, des gardiens de fous ? On peut le dire comme ça ?
- Speaker #0
Oui, j'avais pas vu les gardes fous.
- Speaker #1
Parce que j'entends régulièrement utiliser le mot polarité dans tout ce que tu fais, donc j'ai comme l'impression que tu utilises ça comme des gardiens de fous.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. J'aime bien quand tu le dis comme ça, des gardiens de fous, parce que souvent on dit des gardes fous, mais j'aime bien quand on le dit comme ça, parce que... quelque chose qui est ce que ça me fait quand tu le dis comme ça c'est quand tu vois quand je m'entends dire garde fou j'ai l'impression que je suis un peu objet du truc c'est quelque chose qui ailleurs de moi quand je le répète comme et comme tu l'as dit des gardiens de fou dire que là je deviens sujet je deviens un gardien des fous mais oui effectivement Et ça, il y a eu deux événements concomitants qui m'ont donné envie d'aller beaucoup plus loin pour mettre le dessin à cette place-là. Le premier élément, c'est il y a un an. J'anime un séminaire avec une entreprise que j'accompagne, avec la branche européenne de cette entreprise. Ils décident de faire un séminaire à Barcelone. C'est quand même chouette d'aller faire un séminaire à Barcelone au mois de juillet. Ils me disent, écoute, nous on regarde et on a trouvé une villa qui nous semble sympa à une heure de Barcelone, un peu dans la nature. Ça va être un beau moment d'équipe, on réunit nos équipes. Et donc ça va être un chouette moment de reconnexion d'équipe. Et donc ce serait chouette si tu pouvais venir à cet endroit-là avec nous. pour contribuer à animer notre séminaire et à ce qu'on le fasse ensemble. J'ai dit super, il n'y a pas de problème. Et donc je dis oui, bien sûr, avec beaucoup d'enthousiasme. Et puis d'un coup, je m'attends à une villa à une heure de Barcelone avec une belle piscine. C'est un super lieu, mais c'est peut-être pas forcément un lieu de séminaire. Et donc je regarde, on partage le lien Airbnb. Et je vois un très beau lieu, mais qui n'est absolument pas fait pour animer un collectif. Il n'a pas été conçu pour ça. Il n'y a de mémoire, pas de connexion Wi-Fi. Il y a une belle piscine, mais qui est à 50 mètres de la partie habitation, avec un pool house, mais bon. Donc je resynchronise mon équation. Je me dis ok, nouvelle data intégrée, qu'est-ce qu'on fait ? Donc je prends plusieurs décisions. La première c'est d'y aller en train. D'abord écologiquement c'est mieux qu'en avion. C'est un peu plus long, c'est pas grave. Mais d'y aller en train parce que moi je prends une grosse valise et dans ma grosse valise, valises, je vais mettre plein de feutres, plein de matériel en me disant, ce sera sans écran de toute manière, il n'y a pas d'écran il n'y aura pas de présentation donc on va se débrouiller, on verra bien avec ce qu'on a donc ma valise était lourde quand même parce que j'ai beaucoup de choses je prends tout ce que j'ai autour de moi, des feutres, du papier plusieurs rouleau de paperboard, du scotch, un peu en mode Mike Giver, tu vois, j'aime bien ce côté un peu grisant. Et effectivement, ces trois jours de séminaire, je les ai accompagnés, je les ai animés uniquement au feutre et au papier et au scotch, etc. Ils ont adoré, ça s'est super bien passé, ça a créé une dimension décalée un peu, symbolique, très forte pour eux, qui leur a permis de rentrer dans leur sujet opérationnel business. mais par un petit pas décalé, qui est notre approche symbolique, parce que le dessin, la représentation, les pictos, emmènent dans un autre champ. Donc on peut parler très sérieusement de ce qu'on est en train de se parler, mais en le prenant de manière un peu décalée. Puis en plus, ça fait appel souvent à notre inconscient, qui sait déjà des choses qu'on ne sait pas encore que l'on sait, tu vois. Et donc ce point de bascule m'a fait dire, ok, à partir de maintenant, tous mes séminaires, toutes mes animations, tous mes coachings collectifs, je ne veux plus ouvrir un écran. J'en ai ras le bol de passer des heures à faire des slides. Je pense que je n'étais pas mauvais sur les slides. Mais ça me prenait une énergie folle. Il y avait toujours le stress de j'allume l'écran, est-ce que ça marche ? Le wifi, le rétroprojecteur, la luminosité, toutes ces galères-là, c'est fini. Maintenant, j'ai mes feutres avec de l'encre, des feutres rechargeables. Parce que si je vais sur le low-tech à fond, low-tech, il faut que ce soit durable. Donc avec une marque où tu peux changer les mines, tu peux recharger le feutre. Quelque chose d'éco-responsable, ça me parle aussi. Depuis plus d'un an, je n'ai plus fait un seul slide. Au début, je me disais, quand tu arrives dans un comex ou un codire, quand tu commences à dessiner au paperboard, est-ce que je ne vais pas passer pour un illuminé ? Et en fait, jusque-là, les gens adorent.
- Speaker #1
Si je ramène ça à la relation, on a pris une décision qui est plutôt en relation avec soi-même. Je ne veux plus ça. Et là tu vois l'effet sur les autres. Est-ce qu'il y a une anecdote qui peut être encore sur cette relation avec les autres, suite à cette décision que tu as prise par toi, qui est peut-être à partager avec les gens qui nous écoutent ?
- Speaker #0
Je t'ai dit, il y a deux événements qui m'ont fait venir à Holotech. Donc j'ai envie de te parler du deuxième, parce que je pense que ça a une résonance en tout cas au moment où tu me poses cette question. Le deuxième événement, c'est il y a quelques mois. Je fais partie toujours de l'APM. Il y avait la convention APM qui a eu lieu là à Paris, qui a réuni plusieurs milliers de dirigeants francophones, qui sont partout dans le monde, mais qui étaient là à Paris. À la fin de cet événement, Alors que jusque-là, tout était parfait, tu vois. Sur scène, il y avait le journaliste David Abiker qui était en train d'animer, et puis une philosophe aussi qui était en train de prendre la parole. Et d'un coup, il y a eu une coupure d'électricité.
- Speaker #1
Ok. Donc, patillard !
- Speaker #0
Alors là, pour le coup, tu vois, plus rien. Plus de lumière, plus de micro, plus rien. Il y a des milliers de personnes qui ont les yeux rivés sur une scène. Un présentateur qui a un peu... voilà, on sent une effervescence autour. Alors c'était l'anniversaire de l'APM, donc on a choisi de joindre l'anniversaire, il y a eu une ola, enfin tu vois les premiers réflexes comme ça. Et puis à un moment donné, il y a une personne qui s'est levée qui s'appelle Larenka, qui est une amie avec laquelle j'étais dans le club APM à Marseille, et qui chante admirablement bien, et qui a osé. se lever et déployer sa voix comme ça, a cappella. Et ça a été un moment absolument dingue pour la PM. Beaucoup disent que ça a sauvé l'événement. Ce qui s'est passé après derrière est super pour elle, est super pour la PM. Mais moi, ce que ça m'a fait ce jour-là, quand je suis allé prendre mon train de retour, j'ai dit « Waouh ! » Ça m'a fait penser à nos entreprises. La PM est une association, mais on pourrait imaginer que c'est une entreprise qui a investi beaucoup d'argent, certainement plusieurs dizaines de milliers d'euros pour organiser cet événement. Il y a plusieurs milliers de personnes qui sont là. Et tout tient juste sur un truc, il faut que la technologie soit de notre côté. Parce qu'une coupure de courant te met à terre tout ce que tu as imaginé depuis des mois, etc. Sauf que là, ce n'est pas ce qui s'est passé, parce qu'il y a eu un événement humain, quelqu'un qui a su se connecter à sa propre... à son propre potentiel, entre guillemets, si je le retraduis dans tes mots, qui allait chercher sa propre vérité, qui a saisi un peu son courage à deux mains, et qui a dit, allez, j'y vais, je me lance, et je mets ça au service des autres. C'était l'arenka à ce moment-là. Mais moi, ce que ça a éclairé, ça a été de dire, dans nos organisations, il y a un test C'est extraordinaire à faire. Je l'ai appelé le test du tableau électrique. Allez au tableau électrique, appuyez sur off un instant, tout va se couper. Et regardez comment vos équipes interagissent, se parlent, agissent, qui prend les devants, qui prend le leadership, qu'est-ce qui se passe à ce moment-là. Parce qu'à ce moment-là, quand on vient dans l'intensité du low-tech, quand on est juste dans la connexion humaine, On voit exactement, d'un point de vue systémique, comment mon organisation, elle bouge. Alors après, vous remettrez l'électricité quand même, il faudra rassurer tout le monde. Mais au moins ce temps-là, voilà. Et dans les accompagnements de coaching que je propose, individuels ou collectifs, et qu'on propose d'ailleurs chez International Mosaïque, il y a cette idée-là qui est comment on crée une bulle. Alors souvent, les personnes avec qui on travaille, les entreprises ou les commandités, on a besoin de créer de la déconnexion. Je crois tout l'inverse en fait. On a besoin de créer un moment d'une intensité de connexion rare, une intensité de connexion humaine. Et pour ça, il faut désactiver l'espace d'un instant, tout ce qui nous donne l'illusion d'être efficace et performant, toute cette technologie, pour aller regarder qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que ça produit notre équipe, quand il n'y a plus d'artifice, quand c'est juste d'homme et femme à homme. qu'est-ce que c'est quoi là ? Qu'est-ce qui se passe à cet endroit-là ? Qu'est-ce qu'il y a de chouette qu'on a besoin de reproduire ? Sur quoi on peut s'appuyer ? Qu'est-ce qu'on peut déployer ? Et puis peut-être, qu'est-ce qu'il y a à corriger ? Parce que, waouh, heureusement que c'est moi qui appuie sur le disjoncteur. C'était voulu, mais si ça arrivait à un moment donné qui n'était pas attendu ou qui était essentiel au stratège, waouh, ça peut être dangereux. Donc, cette intensité du low-tech, pour moi, alors le dessin, c'est juste, entre guillemets, C'est pas... Un outil, mais qui permet de créer les conditions d'une connexion humaine intense, d'une reconnexion humaine intense, pour enlever les artifices électroniques, algorithmiques, et pour voir la vraie relation, la vraie efficacité relationnelle, la vraie agilité relationnelle dans un collectif. Et pour aller sur ta question, donc l'anecdote, c'est qu'en fait, ce que, entre guillemets, l'ARNK a osé faire en prenant la voie... Et en chantant, aujourd'hui, moi, j'ose le faire avec mes feutres. C'est ma manière à moi de proposer ça. Et puis de le faire, de le faire vivre. Mais je vais un cran plus loin, parce que je crois que tout seul, on n'est pas grand-chose. Donc c'est de le transmettre. C'est comment, ce qu'on a envie. J'ai créé une formation qui s'appelle Un Dessin Mille Mots, pour International Mosaïque. Où ceux qui ont envie aussi de venir explorer l'intensité du low-tech à cet endroit-là, sont les bienvenus. Parce qu'on va pouvoir après être encore plus nombreux à faire vivre ces espaces-là à des équipes. Et ça mettra vraiment la relation au service de ce qu'ils ont à faire ensemble. Tu as dit quoi ? C'est marrant parce que tu n'as pas dit performance, tu as dit résultat. Il y a quelque chose au service de leur résultat, mais j'espère qu'il sera performance au sens d'encore plus de vitalité humaine et économique. C'est ce que j'ai dit à la performance.
- Speaker #1
J'ai envie de clôturer notre podcast. Et une façon dont tu le fais avec beaucoup d'enthousiasme, c'est aussi de dire « quelle est la pépite ? » Je t'entends toujours dire ce mot avec beaucoup d'énergie. Et je vais peut-être commencer pour te laisser aussi un peu de temps de te laisser réfléchir. Parce que ma pépite que je prends avec, c'est ce que tu viens de dire juste à la fin sur cette intensité de connexion. J'aime bien le mot intensité parce que c'est comme un régulateur. Tu mets de l'intensité sur la lumière. Donc, tu mets de la lumière sur la relation qui permet de mettre de la lumière sur le reste. C'est ça ce que je prends avec comme pépite. Donc, merci beaucoup. Et j'ai une deuxième pépite. J'aime bien le gardien de fou parce que ça me donne quelque chose. Mais bon, voilà. Je suis assez content. fait partie de mon histoire. Quelle est pour toi la pépite ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est ce qui vient de se passer entre tous les deux. Je ne sais pas combien de minutes on a passé ensemble. Mais c'est l'intensité du moment qu'on vient de passer là tous les deux. Cette capacité, quand deux êtres humains ont envie de poursuivre une même intention et se mettent à l'écoute l'un de l'autre, il se produit quelque chose auquel on ne s'attendait pas, une troisième dimension qui est mérage. Dans cette troisième dimension, il y a eu plein de choses pour moi. Je vais repartir avec... J'ai adoré tes gardiens de fous. C'est clair que je garde ça. Et puis tous les ponts aussi qu'on a fait ensemble et que tu m'as permis de faire au travers de tes questions sur regarder par où je suis. je suis passé, ce que j'ai fait dans mon parcours, qui fait que j'en suis là aujourd'hui et qui me donne envie de continuer à faire des choses demain. Donc cette capacité à regarder le temps non pas comme quelque chose de linéaire, mais comme quelque chose de beaucoup plus... Le mot est en train de m'échapper, mais holistique. J'ai l'impression, dans le temps qu'on vient de partager dans ce podcast, il y a un temps linéaire qui s'est écoulé. Peut-être qu'on a déjà perdu beaucoup d'auditeurs, mais ceux qui sont là encore, peut-être. En tout cas, moi, c'est ce que j'ai vécu, c'est-à-dire d'avoir vécu plein de vies dans une seule conversation et donc d'avoir quelque chose de très holistique et qui, du coup, l'intention... que j'aime bien avoir, c'est se rémerveiller de qui on est et de ce qu'on fait, je repars avec ça parce que tes questions m'ont permis de poser un regard sur moi qui me donne ce petit goût-là, ce petit goût de tiens, ah ouais, cool cool, chouette, donc ça me donne envie de vivre encore plein de choses avec les personnes que j'accompagne et qu'on accompagne ensemble au sein de l'International Mosaïque
- Speaker #1
Merci. J'ai juste envie, mais je ne sais pas comment la poser la question, mais aujourd'hui on voit quand même dans le marché, c'est assez tendu sur certains. Certains de mes clients, je pense que d'autres aussi disent, il y a plus de contrôle. Ça, naturellement, impacte la relation. Parce qu'il y a des gens qui disent, « Ouais, mais bon, on ne me fait plus confiance. » Qu'est-ce que tu as envie de donner comme petite option à ces personnes qui se trouvent peut-être dans cette situation-là aujourd'hui ? Qu'est-ce que tu as envie de leur donner comme option avec tout ton bagage, parce que tu as vécu plein de choses comme ça dans ta vie ?
- Speaker #0
Il y a une chose qui me vient dans la question telle que tu la formules. Quand je démarre avec une personne en coaching individuel, et encore plus quand j'accompagne un collectif, on a ce démarrage là où avec le respect de l'équipe concernée, des fois son N+, des fois la RH en tout cas, cette rencontre qu'on appelle multipartite à ce moment-là. Parce que ça me fait penser à ça. Parce que souvent quand on fait appel à moi ou à nous, c'est parce qu'il y a quelque chose qu'on a envie de voir différemment, on a envie que ça produise, on a envie qu'il se passe quelque chose de nouveau. Alors en ce moment quand même, il y a beaucoup de « on aimerait avoir plus de résultats, on aimerait que les équipes arrêtent de se taper dessus et que ça se passe mieux » . Ça démarre souvent de cette manière-là, en tout cas comme un problème à résoudre encore une fois. Et en ce moment, oui, c'est vrai que je trouve qu'il y a un niveau d'intensité qui est intéressant. Je ne sais pas ce que ce sera demain, mais en tout cas aujourd'hui c'est pas mal déjà.
- Speaker #1
Cata ou data.
- Speaker #0
La cata ou la data. Et donc moi j'aime bien prendre, écouter, acter, voilà, les ambitions qu'ils ont, les défis qu'ils ont à relever, c'est chouette, si c'est ce qu'ils veulent faire, c'est génial. Mais je quitte jamais, sans avoir posé cette question-là, c'est... Qu'est-ce que vous connaissez de vous ? Quelle qualité vous possédez déjà qui vous donne pleinement confiance sur votre capacité à y arriver ? Pour reconnecter les gens à leur force et si jamais il n'y a rien, c'est-à-dire si on me répond qu'il n'y a rien... Bon, ben merci, bonne journée, au revoir. Je pense que, en tout cas moi, je ne serais pas la bonne personne à cet endroit-là. Peut-être que d'autres, et en coaching il y a plein de personnes, il y a certainement des personnes qui seraient capables de faire quelque chose à cet endroit-là, donc allez les voir. Mais ce que je veux dire par là, c'est que quand c'est dur, et plus c'est dur, ou alors quand le défi est intense, quand l'enjeu est intense, On regarde souvent le creux, ce qui manque, la marche à franchir. Tu vois, c'est un peu l'image qui me vient, c'est que tu es en bas d'une montagne, on te dit, allez, go, dans trois mois, il faut que tu sois au sommet. Mais si à ce moment-là, je me sens un peu tout nu, sans chaussures, sans rien, à regarder la montagne, j'ai du mal à me dire, allez, go, je vais y aller. Enfin, je pourrais avoir du mal.
- Speaker #1
Se reconnecter à soi,
- Speaker #0
c'est quoi ? Il y a quoi dans mon sac à dos déjà ? Se reconnecter à ses ressources, à nos réussites. ...passer, parce qu'on en a tous, sinon on ne serait pas là aujourd'hui, donc qu'est-ce qui fait que ça va marcher quand ça va marcher ? Vous vous reconnectez à ça. Voilà, réactiver mes forces, mes particularités, mon unicité, les miennes et celles de mon équipe, ou les nôtres. Et à ce moment-là, quand à minima on a fait ça... on regarde la montagne différemment. Si je me rends compte que c'est déjà le huitième sommet que je franchis dans ma carrière, sans oxygène, etc., il y a peut-être des savoir-faire que je vais pouvoir transposer, des réussites auxquelles je vais pouvoir me reconnecter, où nous allons pouvoir nous reconnecter, etc. Et donc, voilà mon invitation pour répondre à la question dans des moments comme ça d'incertitude, dans des moments d'instabilité, dans des moments d'inattendu. C'est déjà se reconnecter à ses propres ressources individuelles et collectives, repartir de cet endroit-là, et puis faire émerger l'intention, parce que des fois on est pris dans les peurs, les craintes, etc. Mais se poser cette question-là, c'est essentiel pour moi de faire ça. Et qu'est-ce qu'il y a besoin de régénérer ? C'est aussi la question que je pose, de déployer, de revitaliser, de régénérer. C'est-à-dire que c'est déjà là, mais c'est comme un peu un tas de cendres. Un tas de cendres, et malheureusement, en ce moment, il y a beaucoup d'incendies en France, on le voit. Mais un tas de cendres, ce n'est pas parce que c'est de la cendre qu'en soufflant... un peu dessus ou correctement, la flamme peut revenir, l'intensité peut rejaillir. Et donc c'est intéressant de se reconnecter à cet endroit-là et de se remettre dans cette énergie-là. Et après, le défi reste à relever, faisant l'hypothèse que si on est ensemble, si on est en lien, si on est au clair sur nos intentions, les solutions, on va les trouver au fur et à mesure. On va faire un peu de big data.
- Speaker #1
En tout cas, un grand merci Alban pour ce temps, pour ça. ce moment, et à très vite.
- Speaker #0
Merci Yoann de ton invitation, et puis oui, à très vite, ça marche.
- Speaker #2
Le leadership du vivant pour vous accompagner, vous former et vous inspirer.