- Speaker #0
C'est vrai que c'est pas parce que on a trop la confiance que l'accident ça arrive qu'aux autres. Parce que même si soi-même on fait attention, ça peut être un accident d'un conducteur qui va griller un feu, etc. Des fois la faute c'est des autres aussi. Nos urgences on voit et des victimes d'accidents ou de fautifs, ça peut être l'un ou l'autre. On sait jamais quand l'accident peut arriver et vaut mieux prévenir que guérir. Et des accidents graves de traumatisme crânien, on en voit presque toutes les semaines quand même.
- Speaker #1
Hello, bienvenue dans le passage, je suis Laure. Médecins, maman et la créatrice du média Le Coeur Net. Ici, on explore l'adolescence. Dans le podcast, on réfléchit ensemble aux grands sujets de santé. Et dans la newsletter, je vous propose des outils concrets, pratico-pratiques pour le quotidien. Aujourd'hui, on parle d'un sujet pas forcément simple, mais un sujet que j'avais vraiment envie d'aborder en ce début d'été. Parce que l'été, c'est beau, c'est libre, c'est les... premier grand moment d'autonomie pour nos ados. Et c'est aussi la saison où les urgences voient débarquer des situations qui auraient pu être évitées. Mon invité s'appelle FX Moronval. Il est urgentiste, youtubeur sous le nom DocFX, ce qui veut dire qu'il passe ses journées, ses gardes, à voir ce qui arrive vraiment au corps des jeunes, des ados. Et aussi, il passe ses soirées à expliquer sans filtre à des milliers de personnes ce qui se passe. Dans cet épisode, on va parler de noyade, de chaleur, de soirées qui tournent mal, de mélange de protoxyde d'azote. On va parler aussi des gestes qui sauvent, des bons réflexes. Et puisque j'adore la prévention, on va se dire aussi quelles conversations avoir avec son ado avant qu'il parte en soirée, en virée de vélo ou à la plage, en vacances, etc. Une chose importante avant de commencer, cet épisode ne remplace pas une formation aux gestes de secourisme. On va vous donner les grandes lignes, les bons réflexes. Mais vraiment, formez-vous. Le lien est dans les notes de cet épisode, dans le bonus podcast entièrement gratuit pour aller plus loin et trouver exactement où vous formez et vraiment aider nos jeunes. Mais en attendant une formation, si vous ne l'avez pas encore faite, je vous souhaite déjà une bonne écoute. Hello FX, merci d'être là.
- Speaker #0
Salut Laura.
- Speaker #1
Dis-moi, c'était quoi la chanson de ton adolescence ?
- Speaker #0
La chanson de mon adolescence, c'était plus... C'était un peu du métal, type Playmo, par exemple. Voilà, Team Nowhere, un truc comme ça.
- Speaker #1
Alors, il faut savoir que nous, on a exactement le même âge. On a fait notre première année de médecine ensemble. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
On était, on va dire, jeunes adultes.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et toi, ado, t'étais comment ? T'étais plutôt, je fais les 400 coups ou plutôt calme ?
- Speaker #0
Non, moi j'étais un peu à l'arrache sur pas mal de trucs en fait. Et plus en gros, l'objectif c'est de valider les choses, mais sans aller pousser à l'extrême et de profiter de la vie.
- Speaker #1
Et donc toi, tu es urgentiste. Alors, c'est comment l'été aux urgences ? À quoi ça ressemble une garde clairement en juillet par exemple ?
- Speaker #0
Alors, ce n'est pas la même population, parce qu'on a pas mal de gens qui sont partis. On a des touristes, nous, qui viennent, parce que moi je suis en Lévoge, donc on a une région assez touristique. Donc on a des gens d'autres régions qui viennent. Après, on a beaucoup de traumatologie, on a beaucoup de problèmes d'insolation. des malaises, d'accident de la voie publique, moto, etc. Donc, ce n'est pas la grippe. C'est moins des virus hivernaux, mais c'est animé différemment. Après, il y a aussi des festivals, il y a pas mal de choses.
- Speaker #1
On ne s'ennuie pas. On va y venir, justement. Alors, dans le podcast, la tradition veut que j'aille à la rencontre d'ados. J'aimerais bien que tu réagisses à leur petite phrase.
- Speaker #2
Moi, je ne porte pas de casque parce que l'intérêt, c'est quand même de protéger. Mais vu que moi, je sais bien faire du vélo, je n'ai jamais eu d'accident. Du coup, j'ai pris confiance et du coup, je n'en porte pas. plus mais je pense que maintenant je devrais faire peut-être plus attention.
- Speaker #1
Tes parents ils t'en parlent ?
- Speaker #2
Pas trop, non vu qu'ils ont confiance ils me laissent faire.
- Speaker #0
Ok après le casque c'est super important, c'est vrai que c'est pas parce que on a trop la confiance que l'accident ne s'arrive qu'aux autres parce que même si soi-même on fait attention ça peut être un accident d'un conducteur qui va griller un feu etc. Des fois la faute c'est des autres aussi, nos urgences on voit et des victimes d'accidents ou de fautifs, ça peut être l'un ou l'autre, on ne sait jamais quand l'accident peut arriver. Il vaut mieux prévenir que guérir. Et des accidents graves de traumatisme crânien, on en voit presque toutes les semaines.
- Speaker #3
Extrait numéro 2. Alors moi, une soirée, j'ai déjà eu un coma éthylique une fois. Ses amis s'en sont rendus compte. Et du coup, des mineurs, pas les parents, on appelait immédiatement les pompiers. Et ça a mis un petit peu dans une situation embarrassante parce que les pompiers ont su qu'il n'y avait pas d'adultes présents à ce moment-là.
- Speaker #0
Alors ça, ça arrive assez souvent. Le week-end, on a des ados qui nous appellent. On voit que c'est des soirées d'adolescents. Et puis, ils nous appellent. On sent bien qu'eux-mêmes, ils nous appellent. Ils sont souvent alcoolisés aussi. Et qu'il n'y a en effet des fois pas d'adultes sur place. Des fois, la situation est grave. Et le risque, c'est des fois minimiser la gravité. Et alors, c'est toujours bien quand même d'appeler. C'est important.
- Speaker #1
Oui, et puis, on ne nous reprochera jamais d'appeler les urgences si on pense qu'il y a un souci. Il vaut mieux appeler pour pas grand-chose, entre guillemets. Extrait suivant. Moi, je savais ce que c'était qu'une hydrocution. Et j'ai appris à mouiller la nuque et à y aller doucement quand elle est vraiment froide et qu'il y a un vrai changement de température.
- Speaker #0
Après, c'est vrai qu'il faut être vigilant. C'est vrai que des fois, on est jeune, justement, et on se sent un peu invincible. On se sent, bien sûr, on est en bonne santé. Enfin, la plupart du temps, on est en bonne santé. On se sent bien. On se sent justement un peu trop invincible et on a l'impression que le malaise, ça n'arrive qu'aux personnes âgées ou aux autres. Alors que soi-même, ça peut arriver à n'importe qui. Il y a un problème d'hydrocution comme ça. Donc, il faut être vigilant quand même. Et parce qu'après, lorsque le malaise arrive, encore une fois, on peut être dans des situations des fois compliquées, difficiles. Surtout si on est tout seul, ça peut être encore pire. Donc, il faut rester vigilant.
- Speaker #1
Extrait suivant.
- Speaker #4
Si quelqu'un perd connaissance en moi, je pense que non, je ne pourrais pas réagir. J'essaierais peut-être de la mettre en position interne de sécurité, mais à part ça, je ne pense pas pouvoir reconnaître les signes vraiment dangereux, distinguer comment sauver les victimes, j'ai envie de dire.
- Speaker #0
Alors c'est vrai que des fois les gens ne sont pas assez bien formés. Dans la situation d'urgence, dans la panique, on stresse encore plus, on panique encore plus. Donc si on ne sait pas quoi faire et qu'on n'arrive pas à juger vraiment la notion de gravité d'urgence, on peut toujours quand même appeler le SAMU, le 15. Et là justement, d'ailleurs il y a des ARM et des médecins qui vont répondre. Et en fait notre mission c'est justement d'aller guider les personnes, d'aller justement rechercher ces notions de gravité. Donc l'important c'est même si on ne sait pas, en tout cas de bien répondre au mieux aux questions. de décrire vraiment ce qu'on voit. Et après, la PLS, c'est vrai que c'est une technique spéciale pour mettre sur le côté qu'on peut faire tout seul, mais on peut guider nous par téléphone. Et souvent, le principal, c'est que la personne soit bien sur le côté. Si la personne est inconsciente, c'est qu'elle soit bien sur le côté. Après, que le bras soit dans telle ou telle position, au final, ce n'est pas très grave. Mais l'important, c'est qu'elle soit sur le côté. Donc, c'est ce qu'on fait passer comme message par téléphone.
- Speaker #1
C'est quoi ARM ?
- Speaker #0
Assistante de régulation médicale.
- Speaker #1
Ok, donc c'est les personnes qui sont au bout du fil quand on t'appelle.
- Speaker #0
C'est lorsque l'on fait le 15. Ce n'est pas un médecin qui va décrocher, c'est un ARN qui va prendre l'identité, nom, prénom, le lieu, qu'est-ce qui se passe, et poser des questions sur la gravité de l'urgence, et envoyer peut-être déjà à des pompiers un SMUR, et après passer l'appel au médecin en complément pour d'autres infos.
- Speaker #1
Merci Afix. Tu vois, toutes ces réponses-là, déjà, ça nous donne quand même des gros messages à passer aux jeunes. Parmi les messages déjà que je retiens, c'est qu'est-ce qu'on dit quand on doit appeler les urgences ? Ça, on peut en parler déjà très jeune, à nos jeunes. Est-ce que tu connais bien nos adresses ? Le code pour entrer ? Des trucs tout cons, mais avoir ces bons réflexes-là. Et puis aussi, dernière question, évidemment, dès qu'on peut, le plus jeune, le plus tôt possible, on se forme. Moi, je me suis formée, je me souviens, fin de collège, début lycée. Et je suis sortie de là. Il y avait vraiment ce truc où je me sentais vraiment mieux. Je me sentais... Tu vois, il y avait un peu ce truc où je détiens ces connaissances et je peux agir pour les autres. Il y avait vraiment ce truc.
- Speaker #0
Et c'est important aussi de se recycler. parce que lorsqu'on ne pratique pas, moi, je pratique toutes les semaines presque, donc on a les compétences qui se maintiennent. Mais lorsqu'on est formé au bout de 2-3 ans, on oublie et ça change aussi, on ne sait plus, on se confond, etc. Et après, des fois, on a peur de mal faire et on est tétanisé, on ne fait rien. C'est pour ça qu'il ne faut pas hésiter vraiment à appeler. C'est notre mission, à ce moment-là, au niveau du SAMU, de vraiment guider au maximum. Et c'est important, notamment si on parle de l'arrêt cardiaque, c'est ultra important de débuter un massage cardiaque parce que ce ne sont pas les pompiers qui vont arriver dans 7 minutes. Si on n'a rien fait, c'est... Tu sais très bien, c'est déjà gravissime. Donc, il faut déjà, dès la première personne, se laisser guider par téléphone si on n'est plus à jour sur les gestes d'urgence.
- Speaker #1
Et tu vois, j'ai une amie récemment qui vient de sauver un passant au bord d'un cours d'eau qui était tombé à l'eau, qui l'a réanimé et qui n'est pas soignante. Et ça, ça peut nous arriver à tous.
- Speaker #0
Oui, ça peut arriver à n'importe qui, n'importe quand. On ne le souhaite pas, mais lorsqu'on est là, et souvent, lorsqu'on conseille les gens par téléphone, Malheureusement, des fois les gens refusent, alors pas parce qu'ils ne veulent pas, mais parce qu'ils sont tellement effrayés de la situation, ils ont tellement peur, ils sont tétanisés et qui sont obsédés par l'idée « venez vite, venez vite, venez vite » et qui, à part ça, ne peuvent rien faire. En fait, quelqu'un qui va appeler, qui est pendu, il faut le décrocher rapidement. Et des fois, les gens sont tellement effrayés qu'ils disent « non, non, je ne veux pas, venez vite » . Et malheureusement, ça peut des fois être trop tard.
- Speaker #1
Bon, alors aujourd'hui, on parle de choses un petit peu glauques. On n'aime pas y penser. Mais tu vois, c'était important pour moi parce que toi, tu es dans l'action, tu es urgentiste. Moi, je suis dans la prévention et j'avais envie qu'on se retrouve justement pour parler de ces choses dont on n'a pas envie de parler, c'est clair, mais il le faut. Il faut aussi anticiper en parler à nos jeunes parce que ça existe. Et donc, je voudrais qu'on démarre par l'été, par la chaleur, par l'eau. Il y a pas mal de mythes, nos parents, grands-parents. Par exemple, est-ce qu'on doit encore attendre deux heures après manger avant de se baigner ? C'est une réalité ou pas ?
- Speaker #0
Alors ça, oui. Alors non, pas nécessairement. C'est vrai que ça peut être beaucoup plus rapide. Le plus important, c'est la façon dont on va rentrer dans l'eau. Et il ne faut pas que ce soit fait brutalement d'un coup. Il faut que ce soit quand même progressif. Après deux heures, c'est un peu long parce qu'il y avait cette notion de digestion, etc. Non, heureusement, on n'est pas obligé d'attendre deux heures pile poil. Mais il faut vraiment y aller progressivement. Parce que c'est la différence de température entre l'eau et le corps qui peut provoquer ce choc, en fait, qui peut être des fois... gravissime, voire des fois mortelle, parce qu'on peut se noyer.
- Speaker #1
On parle d'hydrocution,
- Speaker #0
mais pas nécessairement de zoos.
- Speaker #1
Et on entend quand même parler de noyade silencieuse. Ça ressemble à quoi, vraiment ?
- Speaker #0
Alors ça, c'est un terme qui doit être banni le plus. C'est une espèce de légende urbaine. Là, pour le coup, c'est vraiment de la légende urbaine. On parle aussi de noyade sèche, qui a été relayée énormément il y a quelques années sur les réseaux, qu'on voyait régulièrement, régulièrement par des journalistes qui, malheureusement, n'étaient pas experts et qui relayaient ce truc-là. Et c'était l'angoisse que l'enfant ait bu un petit peu d'eau, avalé un peu d'eau. et qu'il soit retrouvé décédé le lendemain avec de l'eau dans les poumons plusieurs heures après, alors que non, lorsqu'il y a une noyade, c'est immédiat, il y a une détresse respiratoire immédiate, les lèvres deviennent bleues rapidement, il ne va pas bien tout de suite, et ce n'est pas plusieurs heures après qu'il va se passer quelque chose. Éventuellement, s'il y a de l'eau qui est passée un peu dans les poumons, le risque éventuellement c'est d'aller développer une infection pulmonaire dans les heures qui suivent avec un peu de fièvre, mais pas d'aller jusqu'à faire une détresse brutale dans la nuit, non, c'est vraiment une... une légende urbaine complète.
- Speaker #1
C'est une légende urbaine, toutefois, on surveille nos jeunes qui se baignent, même ceux qui savent nager. Qu'est-ce que t'en dis, toi, par rapport à des jeunes collégiens, on va dire, qui ne seraient pas forcément très bien ?
- Speaker #0
Oui, parce que souvent, les ados n'ont peut-être pas notion du risque ou du danger. Encore une fois, on se sent facilement invincible. Sur la mer, il y a tout ce qui est courant, etc. On peut se laisser emporter. On a tous les ans des... Alors, même pas que des ados aussi, des adultes qui se font des fois emporter et qui n'arrivent pas à revenir sur le rivage. Et il y a naturellement le fait que... On fait confiance aux ados, mais il faut aussi qu'il y ait quand même une surveillance au niveau des parents, parce qu'il y a beaucoup d'accidents où, malheureusement, c'est les parents qui sont trop absorbés par leur lecture ou par le téléphone, et qui ne vont pas avoir l'œil sur les enfants et que le drame peut arriver assez vite.
- Speaker #1
Tu vois, moi, j'ai rencontré des gens qui ont créé un dispositif Vigipoof, de tête, tu connais ? Et en fait, c'est tout con, mais c'est nommer un adulte, alors ça passe par un brassard, mais en soi, c'est juste avoir cette intelligence de dire m de telle heure à telle heure, c'est tel adulte, ou alors je dois m'absenter, je dois checker des mails. Quelle que soit la raison, il y a un adulte qui gère. Et après, c'est vrai que les plus grands, on a tendance à faire confiance. Mais c'est vrai que c'est pas mal de... Moi, je sais que j'ai discuté avec mes enfants des traumas au moment de rentrer dans l'eau, de se cogner la tête sur les margèles, ce genre de choses. Je trouve que c'est important de leur en parler, qu'ils aient l'œil aussi sur un copain, par exemple, qui viendrait de sauter à l'eau. Dis donc, il est un peu comme ça. Je guette un peu les copains, quoi.
- Speaker #0
Oui, ça aussi, c'est des accidents. On en a de temps en temps aussi. En effet, des traumas des enfants qui vont être tétraplégiques ou des ados ou même des adultes après avoir plongé la tête qui va cogner au fond de l'eau. C'est vrai qu'on en a encore. Encore une fois, on se sent invincible. C'est l'été, on rigole, etc. Et puis, l'accident, de toute façon, l'accident, c'est toujours bête. Au niveau des urgences, à chaque fois que j'ai vu des gens qui ont eu des accidents, c'est toujours un accident bête. C'est jamais l'accident intelligent. C'est toujours des accidents bêtes. Et des fois, des conséquences plus ou moins graves. Et des fois, malheureusement, irréversibles.
- Speaker #1
Et en cas de noyade, c'est quoi les gestes dans les premières minutes concrètement ?
- Speaker #0
Ça va être de sortir la personne de l'eau, d'appeler les secours rapidement. Et puis après, ça va être de débuter une réanimation. Déjà, on privilégie la ventilation au début, du bouche à bouche, sa proximité. Et puis, même si le bouche à bouche, on dit que normalement, on ne doit plus le faire. Mais si on sait le faire, c'est mieux. Et puis après, c'est débuter une réanimation classique.
- Speaker #1
Et donc, si tu as un ado devant toi qui part, je ne sais pas, seul avec ses potes à la mer, ou alors à la piscine même ? Tu aurais tendance à donner quoi comme conseils principaux ?
- Speaker #0
Sauter dans l'eau, en effet, d'être vigilant quand on saute dans l'eau, de faire attention des fois aussi avec l'alcool, parce que des fois, on peut être piscine, fête et alcool, et on peut être désinhibé aussi avec l'alcool, avoir l'idée de sauter du toit de la maison ou faire des trucs un peu foufous comme ça. Voilà, l'exposition, l'hydrocution, on en a parlé, et puis d'avoir un peu toujours les yeux sur les uns les autres. Oui,
- Speaker #1
et puis dans ce contexte, on imagine aussi peut-être pas mal de chaleur. C'est quoi les signes de coups de chaleur ?
- Speaker #0
Alors, les signes de coups de chaleur... cette sensation de malaise, vertige avec des motettes associées, c'est le corps qui thermorégule mal et qui peut se terminer en drame aussi avec une mauvaise régulation du corps et pas jusqu'à l'arrêt cardiaque il y en a eu un il n'y a pas très longtemps sur un nirox là à Lyon avec des températures extrêmes donc il faut être vigilant quand c'est des troubles neurologiques et des sensations de malaise il faut arrêter l'effort immédiatement et s'allonger et le refroidir
- Speaker #1
Et donc déjà, on peut prévenir en s'hydratant bien, dire aux jeunes, dans ce contexte-là, t'emmènes ta gourde. Ça peut paraître la maman reloue, mais c'est vrai, il y a un peu de ça. Et peut-être, tu parles de signes neurologiques, mais effectivement, même déjà, je trouve que quand on est ado, on peut connaître déjà notre corps. On peut se dire quand même, écoute, si t'as des papillons, si t'as des flashs comme ça, pose-toi, assieds-toi au sol. Par exemple, un copain, évidemment. Souvent,
- Speaker #0
ça se fait en effet progressivement. Et puis le truc, encore une fois, j'insiste là-dessus, mais c'est vrai que des fois, on est ado, on se sent vraiment invincible. Il fait chaud, il fait beau, etc. Alors qu'on n'est vraiment pas invincible. Et les coups de chaleur, ça peut arriver aussi à des assez jeunes. Et ça peut, des fois, mal se terminer également.
- Speaker #1
Et on fait quoi, justement, si on a ce coup de chaud ? On va appeler probablement le SAMU, mais on fait quoi en attendant ?
- Speaker #0
En attendant, c'est qu'on s'allonge pour éviter de perdre connaissance. Et puis, on essaye de se mettre au frais. Et éventuellement, de mettre des linges un petit peu mouillées, en fait, au niveau des... au niveau des gros axes, au niveau du cou, au niveau de l'aine, pour déjà essayer de se rafraîchir un petit peu, si de rater aussi. Et puis voilà, on essaie éventuellement de surélever les jambes si on commence à perdre connaissance. Et puis on attend les secours.
- Speaker #1
Donc vous prenez note. Cet épisode, moi j'ai vraiment envie que vous l'écoutiez avec vos ados parce que tous ces petits réflexes-là, il faut les avoir en tête, mais on peut aussi les retrouver, j'imagine, sur ta chaîne YouTube. Alors là, on a parlé de la chaleur. Moi, j'aimerais bien maintenant qu'on parle un petit peu des accidents. Trottinette, vélo, scoot. C'est quoi qui arrive le plus souvent aux urgences en été ?
- Speaker #0
Alors là où je suis, moi sur l'épinal, on n'a pas trop de scooters. C'est beaucoup de vélos et de trottinettes. Alors, vélos, on en a énormément. C'est vrai que des accidents de vélos, on en a beaucoup, ça va très vite. C'est soit sur des courses de VTT. Nous, on a carrément des descentes en espèce de VTT, de montagne. C'est des pistes de ski qui sont transformées en pistes. de VTT. Souvent, on fait un peu le foufou là-dedans, donc on y va à fond. Et des fois, on a de la grosse traumatologie, on va avoir des luxations d'épaule, fractures, etc.
- Speaker #1
Du VTT de descente. Moi, j'ai tenté. J'ai tenté une piste rouge, habillée comme ça, en tortue, et je suis passée au-dessus du vélo. J'ai connu. Bon, j'ai pas eu de réurgence.
- Speaker #0
Des fois, ça se termine en hélico, des trucs assez graves, justement. Et on a aussi les accidents de trottinette. Mine de rien, on en a quand même de plus en plus.
- Speaker #1
Électrique ?
- Speaker #0
Ouais, trottinette électrique. Parce que ça va vite quand même, il n'y a pas toujours des casques, et puis on a zéro protection la plupart du temps. Donc lorsqu'on est percuté par une voiture ou on rate un tube, on part, c'est presque l'équivalent d'un accident de moto des fois. La cinétique est un peu moindre, mais quand même, ça fait des fois des gros traumas crâniens, des hémorragies cérébrales assez sévères.
- Speaker #1
Alors j'aimerais bien justement qu'on parle des traumas crâniens. Un trauma crânien léger, par exemple, l'ado il rentre à la maison, il est peut-être tombé au sol, sa tête a tapé le bitume, mais il revient sur ses jambes. Qu'est-ce que les parents doivent surveiller ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?
- Speaker #0
Déjà, il faut s'assurer qu'il n'ait pas perdu connaissance.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
c'est ultra important qu'il ne se soit pas réveillé plusieurs minutes, etc. Après, il va voir s'il y a des problèmes de santé ou pas, s'il y a des maladies. À chaque fois, c'est rare chez les adolescents, mais il faut être sûr qu'il ne soit pas sous anticoagulant. Il y a certaines maladies familiales où il y a quand même des adolescents qui sont sous anticoagulant. Donc ça, c'est un facteur de gravité. Et puis après, qu'il y ait une bosse, que ça soit un peu égratigné, ce n'est pas très grave. S'il y a une plaie au niveau de la tête, souvent, ça saigne énormément. Le cuir chevelu est très bien vascularisé. C'est impressionnant. Avec une petite plaie, on peut avoir un saignement assez abondant. Donc ça, souvent, les gens nous appellent parce qu'il y a besoin de faire des points de suture. Et puis après, s'il n'y a pas besoin de point de suture, c'est de désinfecter éventuellement localement, mettre un peu de glace là où c'est un peu gonflé. Si c'est une bosse, alors des fois, il y a des grosses bosses au niveau de la tête qui sont assez impressionnantes.
- Speaker #1
Des œufs de pigeon, comme on dit. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. C'est très impressionnant, mais ça, il faut savoir qu'on n'en fait rien. Au niveau des urgences, on ne fait rien du tout de ça. Ce n'est pas grave du tout.
- Speaker #1
Un peu de froid. Voilà,
- Speaker #0
ça va désinfler au fur et à mesure. Le plus important, c'est qu'il n'y ait pas d'hématome à l'intérieur du crâne. Et ça, on le verra avec des troubles neurologiques, avec des vertiges, des somnolences et surtout des vomissements qui vont apparaître et qui vont s'intensifier au fur et à mesure. À chaque fois, on demande d'assurer sur toutes les six premières heures. Et si c'est arrivé en fin d'après-midi, genre vers 20h, l'adolescent peut éventuellement aller se coucher, mais c'est bien d'aller le réveiller vers 1h du matin pour s'assurer que tout va bien, qu'il n'y a pas de problème.
- Speaker #1
On le réveille un coup, on lui demande de se lever un petit peu. Donc, la situation où le jeune n'a pas perdu connaissance, on ne va pas forcément aux urgences s'il parle bien, s'il vous paraît normal. On appelle peut-être un petit coup pour prévenir.
- Speaker #0
Et avant, si... On n'est pas obligé de se déplacer, mais si on a un doute, on appelle le 15. On peut, ça arrive régulièrement que les gens nous appellent pour savoir est-ce que je dois me déplacer ou pas. Et puis, on va dire que dans 80% des cas, il n'y a pas besoin de se déplacer. Mais après, nous, on reste disponible. C'est-à-dire que je dis aux gens, si il y a un souci dans les prochaines heures, c'est moi jusqu'au demain matin. Vous me rappelez, il n'y a pas de souci et on en discute.
- Speaker #1
De toute façon, de manière générale, quand il y a un doute, il n'y a pas de doute. C'est-à-dire que si on est inquiet pour notre enfant, qu'on se fait du souci, on consulte, on y va. Donc là, c'est quand il n'y a pas de perte de connaissance.
- Speaker #0
Et attention si des fois, en plus, l'adolescent a bu un peu d'alcool. ça peut des fois potentialiser il faut être vigilant parce que des fois ça peut modifier les effets neurologiques aussi donc on est encore plus attentif chez un ado qui est en plus alcoolisé en fait à ce moment là et bien dis donc s'il est alcoolisé qu'il a pris sa trottinette non mais t'as raison t'as raison de parler de ça et donc s'il y a une perte de connaissance là pour le coup on se rend aux urgences s'il y a une perte de connaissance oui c'est mieux parce que nous c'est un critère de scanner c'est à dire qu'on fait pas de radio Parce que la radio, on ne verra rien, on verra juste la boîte crânienne. Par contre, on fait un scanner cérébral qu'on ne fait pas à tous les gens qui se cognent la tête, parce que sinon, ça fait beaucoup d'irradiation pour pas grand-chose. Mais quand il y a des symptômes, comme je l'en ai décrit en fait.
- Speaker #1
Oui, des symptômes neurologiques. Et donc, s'il y a un message à faire passer aux parents, ce serait lequel, justement, par rapport à ça ? Le fait que la tête tape, bon, il y a le casque, évidemment.
- Speaker #0
Eh bien, s'il y a le casque, c'est mieux. Et puis, encore une fois, le message, c'est qu'au moindre doute, on appelle. C'est simplement ça. Et que la surveillance, ce n'est pas immédiat. Parce que des fois, lorsqu'il y a un petit saignement, parce que c'est ça qu'on redoute vraiment, c'est le saignement à l'intérieur de la tête, des fois il est à minima, il est vraiment minime, mais ça peut évoluer sur les prochaines heures, sur les six prochaines heures, et c'est une évolution qui sera progressive et de plus en plus intense, c'est-à-dire que l'état ne va faire que se dégrader. Ce n'est pas quelque chose qui va être mieux, qui va être moins bien. Si, par exemple, il a vomi une fois, Ça peut arriver de vomir une fois, c'est pas très grave, mais s'il va vomir 2, 3, 4 et ça va s'amplifier, là, c'est un élément inquiétant. Mais juste une fois isolé, des fois, les gens appellent pour ça, moi, je les rassure et je leur dis, si ça recommence, vous vous rappelez, on en discute, en fait.
- Speaker #1
Et ça me permet de soulever la question de, tu vois, est-ce que tu laisserais un ado partir seul dans tes montagnes, faire du vélo, du vélo de descente, tout seul, ou est-ce que tu penses qu'il vaut mieux être vigilant et d'y aller avec un pote ?
- Speaker #0
Ouais, ça dépend du parcours, ça dépend de... de la confiance qu'il a aussi. Il faut toujours être vigilant sur ceux qui sont trop confiants aussi. Parce que lorsqu'on est trop confiant, c'est des fois où on prend des risques, parce que justement on aime bien l'adrénaline aussi. Donc on pousse un peu ses limites et c'est là où on peut éventuellement se blesser, se faire mal. Après, lorsqu'on part vraiment tout seul dans des endroits un peu isolés, c'est bien quand même d'avoir un point de contact, de ne pas être trop isolé. Parce que si après, on voit le soir qu'il ne rentre pas, c'est là où on va commencer à s'inquiéter, les gens nous appellent, etc. Et on commence à rechercher, on s'imagine les pires scénarios. Donc, oui, lorsqu'on part sur des trucs, on sort des sentiers, c'est bien quand même de ne pas être tout seul.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est les mêmes conseils à donner par rapport à la baignade en mer. Ne pas partir tout seul dans des coins un peu reculés. En fait, l'idée, c'est aussi surtout de prévenir où on est, avec qui on est. C'est des trucs assez logiques. Mais j'espère qu'on vous donne quand même surtout des pistes pour ouvrir la parole. C'est ça l'idée. Après, c'est sûr qu'il ne faut pas penser au pire toujours, toujours. Mais il faut anticiper.
- Speaker #0
Mais il faut expliquer quand même les risques, des fois, c'est important.
- Speaker #1
Et donc, bloc suivant, j'aimerais bien te parler de la teuf, de la fête. Les jeunes, c'est quand même souvent l'été, c'est les festivals, tu en as parlé tout à l'heure. On parle d'ivresse aiguë, nous, dans notre jargon, chez un pré-ado ou un ado. D'ailleurs, c'est différent quand tu vois des très jeunes avoir une cuite ?
- Speaker #0
Alors nous, on a des urgences pédiatriques à part. Donc normalement, on ne les voit pas, nous, les ados. Même si on les voit, c'est que c'est... Enfin, les pré-ados, je veux dire. Si on les voit, c'est que c'est très grave. Après, l'alcoolisation chez les jeunes, souvent, c'est qu'il n'y a pas encore cette connaissance de la gestion de l'alcool et que les ados peuvent des fois tester des alcools forts et ce qu'ils ne savent pas, c'est que les pics de montée d'intensité de l'alcool, ça va apparaître seulement au bout de plusieurs minutes. Entre temps, ils ont rebus de l'alcool et c'est comme ça que très vite, on peut se retrouver en comédie parce qu'on va boire trop rapidement sans se rendre compte. Ils ne savent pas du coup gérer leur... leur prise d'alcool notamment. Et le risque, oui, c'est ça, c'est d'être vraiment en phase de coma. Et on voit des fois des comas assez jeunes. C'est vrai que c'est des fois un petit peu... Et c'est des fois plus un choc un peu pour les parents parce que quand on est obligé de les appeler aux urgences et qu'ils voient leur enfant, c'est sûr qu'ils sont énervés. Après, on voit qu'ils ont envie de sermonner assez difficilement. Mais l'objectif, c'est d'essayer aussi d'expliquer les risques et puis de dire, voilà, en gros, ça t'a servi de leçon. T'es vivant, il n'y a rien de grave. Tu n'as pas pris le volant, tu n'as tué personne en prenant le volant aussi, parce que ça, ça pourrait arriver, c'est déjà arrivé. Et la prochaine fois, il faudra être vigilant.
- Speaker #1
Tout à fait. J'ai fait un épisode de ce podcast avec Guylaine Benek, qui est sociologue, qui a écrit un livre sur sa première cuite. Et justement, c'est vraiment exactement ce que tu dis, avoir aussi une politique de réduction des risques en en parlant. De toute façon, on sait que ça existe dans les soirées. Est-ce que tu as bien mangé ? Est-ce qu'il y aura de l'alcool ou pas déjà ? Et s'il y en a, comment tu réagis ? Comment tu réagis si un copain... boit trop, est-ce que tu peux l'aider ? C'est ça exactement, le rapport au volant. Je viens de chercher aussi. Je viens de chercher s'il y a un problème. Ça, c'est important de le dire.
- Speaker #0
Parce que moi, j'ai déjà eu à appeler des parents en disant que ce sont des accidents de voiture assez graves. La voiture avait fait 4-5 tonneaux, la voiture n'est même plus méconnaissable. Avec une ado qui était à l'arrière qui avait été éjectée par la fenêtre et qui est malheureusement décédée. Et les trois autres dans la voiture. Et puis, ce qu'ils sont obligés d'appeler... On est obligé d'appeler les parents, ils disent « comment ça, elle est en soirée, elle était en train de dormir chez sa copine » . Ah ben non, sa copine, elle était dans la voiture et elle est décédée en fait. Donc là, on n'annonce pas comme ça au téléphone. Mais quand on fait des annonces comme ça, on appelle à 2-3 heures du matin, c'est le truc que redoutent un peu tous les parents aussi du médecin urgentiste qui va appeler dans la soirée et qui dit « il y a un souci » . Alors très vite, on dit que l'enfant va bien, mais c'est souvent un choc un petit peu à ce moment-là.
- Speaker #1
Mais tu vois, c'est aussi beaucoup la question du lien. Moi, j'en parle beaucoup dans le podcast. Si tu as des liens avec ton enfant qui... perdure et que tu arrives à l'entretenir. L'idéal, c'est vrai qu'après, on n'arrive pas à ces situations où ils te mentent. Vraiment, le message à passer, c'est de dire ça. Écoute, je te fais confiance, mais fais-moi confiance aussi. Si tu es en galère, ne monte pas dans une voiture où quelqu'un a picolé. C'est hors de question.
- Speaker #0
Et surtout, ça n'arrive pas qu'aux autres.
- Speaker #1
Oui, dans tous les milieux, toutes les vies. Moi, j'ai eu, dans le village dans lequel j'ai grandi, il y a eu un accident très grave comme ça, avec une voiture qui a pris feu et des jeunes dedans. Et c'est vrai que ça nous a vaccinés. On sait que ça arrive.
- Speaker #0
J'ai déjà vu moi aussi des adolescents comme ça, en soirée, ça se passe bien, il reprend le volant, il est alcoolisé, et puis pas de bol, du coup accident. Et sur l'accident là, où du coup derrière il y a un mort, un ou plusieurs morts, le conducteur qui est au volant, c'est homicide involontaire. Et là, on sait que sa vie, elle bascule complètement. Là, c'est en une soirée, ça va très vite, et il y a tout qui se met en marche après, et c'est le début de l'horreur après. C'est pour ça que la prévention, c'est ultra important aussi. Parce que des fois, nous, on les voit aux urgences après, le mal est déjà fait. Donc, on essaye de faire ce qu'on peut. Il y a déjà plein de choses qui sont déjà enclenchées à côté.
- Speaker #1
Il y a un autre sujet qui concerne les fêtes et dont on parle de plus en plus, c'est le protoxyde d'azote. On en parle vraiment, ça explose depuis deux ans aux urgences. Tu as vu déjà des situations ?
- Speaker #0
Oui, on en a déjà vu. C'est vrai que c'est consommé de façon un peu festif, avec une méconnaissance un petit peu des risques. Il y a des morts aussi régulièrement. Est-ce que c'est un effet euphorisant, rapide ? C'est banalisé aussi ? Je sais que des fois, en soirée médecine, c'est aussi utilisé. Encore pire, parce que du coup, en soirée médecine, on dit qu'on est médecin, donc en gros, on encadre un peu le truc, on banalise, voilà. Et puis des fois, ça se termine mal. Et il n'y a pas encore ce côté vu comme vraiment une drogue ou le côté vraiment dangereux, malheureusement. Alors après, il y a plein d'associations qui commencent à en parler, que ce soit même au niveau de la gendarmerie, de développer tout ça, mais c'est sous-évalué les risques.
- Speaker #1
Moi, j'en ai fait un dossier de ma newsletter sur le protoxyde d'azote. Il faut savoir qu'en fait, c'est des bonbonnes qu'on peut acheter en vente libre, puisque c'est des bonbonnes de cuisine à la base. Donc, on n'est pas censé en vendre aux mineurs, mais n'empêche que ça se procure très, très facilement par Snap. Et aujourd'hui, il y en a même devant les collèges, devant les lycées. Et moi, en ayant fait ce dossier, j'ai même questionné mon gamin de 12 ans. Je lui ai dit, mais est-ce que tu as déjà vu ce genre de bonbonnes ? Et il me dit, ouais, j'en ai déjà vu par terre dans les caniveaux. Et donc, pour vous dire vraiment que ça existe et que ça entoure les jeunes. Et comme tu dis... C'est des consommations hyper récréatives pour 15 secondes d'euphorie. Mais il peut y avoir des séquelles dramatiques. Donc, ça aussi, il faut en parler parce que les jeunes doivent savoir que c'est dangereux.
- Speaker #0
Il y a ça et un autre truc aussi. Tu sais, c'est tout ce qui est le PTC. On pète ton crâne. Bouddha Blue, c'est du cannabis de synthèse en cigarette électronique que les jeunes fument aussi. Pareil, on en trouve un peu partout. Et on en voit aussi, nous, énormément avec des fois des états dramatiques et aussi des entrées. Juste après avoir fumé une seule fois, avec des... Des fois, des entrées dans des vraies maladies psychiatriques, des décompensations de maladies sous-jacentes, etc. où des fois, ça termine mal aussi. Donc, c'est aussi sous-évaluer ce risque-là avec le PTC, je trouve.
- Speaker #1
Et c'est quoi, selon toi, les combinaisons les plus dangereuses ? Tu sais, il y a aussi le MDMA, il y a des mélanges aussi avec l'alcool. Alors,
- Speaker #0
difficile à dire parce qu'après, en fait, nous, lorsqu'on a des fois des intoxications graves, souvent, c'est un mélange un peu de tout. Après, la plupart, ça fait des troubles de conscience. Donc, au final, c'est rarement vital. Sauf si jamais ça fait des pauses respiratoires, après sur des drogues dures type héroïne, etc. Ça peut faire des arrêts respiratoires, des types overdose. Après, la plupart des mélanges, ça fait des troubles de conscience. Au final, avec un ou deux antidotes et puis une PLS, ça passe le lendemain. Après, ce qu'on n'aime pas trop, c'est les mélanges avec d'autres médicaments. Mais là, c'est plus à viser les suicidaires. Il y a certains cocktails de médicaments qu'on n'aime pas du tout parce que ça peut être dramatique des fois.
- Speaker #1
J'imagine bien. Et donc, qu'est-ce qu'on fait ? Tu vois, je me dis, qu'est-ce qu'on dit à nos jeunes s'ils devaient consommer ou alors s'il a un pote qui a consommé ? En contexte festif comme ça, c'est quoi ce qu'on fait en attendant les secours ? Parce qu'il y a des erreurs d'ailleurs classiques.
- Speaker #0
Un jeune qui ne va pas bien, c'est ça, en attendant les secours ? C'est surtout que l'état ne s'en tire pas. Souvent, comme je le disais tout à l'heure, c'est des troubles de conscience, donc c'est souvent mis en PLS. Après, des fois, ça pète aussi des crises d'épilepsie. Parce que ça peut diminuer le seuil épileptogène, donc on peut avoir un contexte épileptique en plus. Donc, c'est de gérer la crise d'épilepsie éventuellement. Et puis surtout, de ne pas essayer de cacher des choses. Enfin, il n'y a pas de honte à avoir. Et puis, parce que ça peut être encore pire, encore une fois.
- Speaker #1
Sur les réseaux, on voit pas mal de choses. Des gens qui disent donner un café, une douche froide, je ne sais pas, faire marcher. On laisse tomber.
- Speaker #0
Non, ça ne marche pas. Faire des pompes, boire du café. En fait, tout ça, c'est déjà dans le sang. C'est déjà en partie aussi métabolisé par le foie. donc il y a souvent des gens Il n'y a pas grand-chose à faire.
- Speaker #1
Et clairement, ce serait quoi les signes qu'un ado doit connaître pour... Voilà, il doit appeler le 15 immédiatement. Il ne doit pas se poser de questions. S'il voit un truc dans le genre.
- Speaker #0
À mon avis, lorsqu'il y a des troubles de conscience majeurs. Donc,
- Speaker #1
troubles de conscience, on va dire malaise, quelqu'un qui s'évanouit.
- Speaker #0
Qui n'est plus présent. Qui est délocution. Qui est somnolent. Qui a une modification de son comportement. Ou qui a des propos, pourquoi pas suicidaires. Parce que si, ça peut déclencher des idées. ça peut... des fois réveiller un mal-être, en soirée d'un coup, la personne va se sentir pas bien et elle va, j'en sais rien moi, avoir envie de sauter par la fenêtre comme ça, sur un truc un peu impulsif en fait. Et ça, on peut le voir aussi, dès qu'il y a des propos qui remontent à ce moment-là, où ça va pas, ou une décompensation psychiatrique aussi, ou quelqu'un qui va de coup se mettre à péter un plomb complètement, avec des propos totalement incohérents en fait, sur du PTC. Moi j'ai déjà vu des gens, des jeunes, avec un état, on dirait presque des animaux en fait, à hurler en fait, où les gens d'armes avait dû le... taser la personne deux, trois fois et malgré ça, il arrache le goupillon et qu'il reste encore dans un état d'excitation majeure. Lorsque la personne peut être en danger pour elle-même ou pour les autres et qu'on sent que ça ne va pas, il faut appeler.
- Speaker #1
Et puis de toute façon, encore une fois, même consigne que pour les parents, si on n'est pas bien, qu'on sent qu'il y a un danger, on appelle et on se laisse guider aussi.
- Speaker #0
Après, je ne sais pas si tu en as déjà parlé, il y a un numéro pour le... Après, c'est plus pour tout ce qui est suicide, c'est 31-14. C'est encore un peu à part, mais c'est un numéro un peu plus pour parler quand ça va pas aussi.
- Speaker #1
Et il y a donc les urgences. Tiens, c'est intéressant de reparler des numéros à connaître. Il y a aussi les numéros par message, quand on n'a pas la possibilité de parler. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?
- Speaker #0
Le 114, c'est ça ? Le 114, c'est vrai que c'est lorsqu'on a des situations un petit peu d'urgence et qu'on ne peut pas trop s'exprimer. Il y a un centre en France qui est à Grenoble. Normalement, c'est plus adapté pour les gens qui sont sourds, malentendants, qui ont des problèmes visuels. Il y a des gens qui peuvent communiquer directement. Et sur le 114, il y a une application sur le téléphone qu'on peut télécharger gratuitement. On peut se préenregistrer dedans et on peut communiquer plus facilement. Ah,
- Speaker #1
un par texto. J'imaginais aussi peut-être le contexte où tu ne t'entends pas parce qu'il y a une foule énorme. Ça peut fonctionner aussi ?
- Speaker #0
Ça peut, mais vu qu'ils ne sont qu'une Merci. La plateforme en France, des fois, ça peut être des temps un peu plus longs aussi. Je ne sais pas si c'est toujours le plus adapté. Après, c'est vrai que des fois, les gens nous appellent et on sent très bien qu'il y a beaucoup de bruit aux alentours, qu'on n'entend pas trop. On essaye des fois, il faut essayer de s'isoler. Parce que l'avantage, alors le truc, c'est que le 114, c'est une plateforme qui est globale. C'est-à-dire qu'après, eux, ils basculent vers 17, 18. Mais ce n'est pas des médecins en téléphone, ce n'est pas des secouristes spécifiquement. C'est pour ça que si on peut appeler d'emblée, qu'on peut... parler et appeler directement le bon numéro, si on peut le faire, on essaie de le faire. S'il y a un peu de bruit autour, que c'est une fête, on essaie de s'enfermer dans les toilettes, de s'isoler un peu. On parle un peu plus fort, mais on arrive au moins à se comprendre. Et s'il y a un truc de grave, on engage les moyens rapidement.
- Speaker #1
Bien sûr. Et donc, le numéro vraiment à faire, à connaître par cœur, c'est le 15. Le SAMU. Donc ça, c'est simple. Ou le 112 aussi.
- Speaker #0
Le 112, après, 15 et 112, les deux sont liés. Et souvent, 112, c'est plutôt lorsqu'on est à l'étranger. Oui.
- Speaker #1
Ok. Alors, comment on donne de l'autonomie à son ado sans le laisser s'enfiler ? Alors, tu vois, c'est un peu nos deux métiers qui se mélangent. Il y a des âges à partir desquels tu t'autorises ou t'autoriserais moins ? Sur quoi il faut être particulièrement vigilant, tu penses, toi ?
- Speaker #0
Là, on a déjà donné pas mal de points. En fait, on a déjà balayé pas mal de trucs. Après, c'est en fonction du risque à chaque fois de l'activité. C'est à dire ce que fait l'ado et puis en fonction de l'activité, d'essayer d'évaluer les risques potentiels. Et après, je pense, ça dépend aussi beaucoup des... Je pense que les parents connaissent un petit peu les profils de leurs adolescents, savent s'il a un caractère un peu impulsif, on fera attention à ce côté-là. S'il est un peu plus réservé à se laisser embarquer, on insistera à voir un peu où sont les faiblesses qui pourraient amener à un drame. Après, ce qui est intéressant, c'est que les ados regardent aussi beaucoup YouTube et ont beaucoup de YouTubers. Je trouve qu'il y a beaucoup d'YouTubers qui font attention à ça. Notamment, j'avais un ami à moi qui faisait beaucoup de trottinettes et qui disait... voilà, lorsque vous faites de la trottinette, vous mettez vos protect, vous mettez votre casque, voilà. Et les ados écoutent aussi beaucoup les youtubeurs, des fois plus que les parents. Donc c'est ça qui est intéressant, c'est qu'aussi, je pense qu'il y a beaucoup de youtubeurs qui ont pris cette connaissance de ce truc-là et qui sont aussi vigilants quand même. Et ça je trouve que c'est un très bon point pour les nouvelles générations de youtubeurs, de prendre cet aspect-là et qu'ils ont une responsabilité sur aussi, entre guillemets, l'éducation et qu'on ne peut pas faire n'importe quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est de l'influence éthique, comme on dit. C'est régulé aujourd'hui, d'ailleurs. C'est important de montrer. Nous deux, on est sur les réseaux, donc on connaît aussi ça. Ce qui est intéressant aussi, c'est peut-être d'avoir un regard critique. Si on voit quelqu'un, par exemple, qui ne porte pas un casque, ou une situation, ou dans un film, « Ah ben tiens, qu'as-tu pensé de ce personnage qui s'est laissé influencer sur... » Moi, je sais que j'aime bien aller sur le terrain en amont, mais bon, parce que c'est mon métier, j'ai cette facilité-là. Mais de dire « Est-ce qu'on t'a proposé déjà ça ? » je le fais avec certains patients j'ai aucun souci est-ce que vous consommez ? bon de toute façon moi c'est mon métier mais encore une fois parce que si on est parent on ne sait pas tout mais peut-être dire tout simplement si ça devait arriver il y a ça à faire il y a ci à voir je serai là etc des fois on dit le pacte sans jugement parce que tu me disais que tu appelles des fois des parents qui se retrouvent à revenir aux urges voilà les parents ils pètent des plombs parce que c'est pas forcément simple à gérer Bye
- Speaker #0
À trois heures du match. Et puis aussi, ils sont désolés, etc. Ils sont mal à l'aise vis-à-vis de nous. Il y a une sensation un peu de mal-être. Voilà, après, à chaque fois, nous, on s'y sort le fait que c'est bien que ça se termine comme ça et que tant mieux, qu'il n'y a rien de grave, en fait. On préfère quand ça se termine bien que des fois que ça se termine mal.
- Speaker #1
Donc, en gros, clairement, sur le moment, on va dire sur l'urgence, on ramène notre enfant, on le rassure, on rentre chez soi et tant mieux si tout va bien. Et puis, c'est vrai qu'il faut débriefer quand même un petit peu après à distance.
- Speaker #0
On peut nous guimer que ça sert de leçon quand ça se termine bien.
- Speaker #1
Ouais, ouais, on s'en souvient en général. Un petit vrai faux ? Allez. Est-ce qu'on peut laisser dormir un ado qui a trop bu ?
- Speaker #0
Oui, on peut laisser dormir, mais sous surveillance. C'est-à-dire qu'il faut absolument qu'il soit sur le côté, vraiment, pour éviter qu'il vomisse dans ses poumons, si sur le dos. Donc oui, on peut le laisser dormir, mais on le surveille quand même. On le surveille, on guette un petit peu qu'il ronfle.
- Speaker #1
Et qu'il ronfle bien. Et on reste à côté de lui, on le réveille au bout d'un moment ?
- Speaker #0
Pas nécessairement. Après, probablement, lorsqu'il va se réveiller, surtout s'il y a trop d'huile, il aura mal à la tête. Donc c'est bien l'hydrater à son réveil. Après, non, ça peut être des fois... Surtout que le taux d'alcool, c'est assez long des fois à être éliminé dans le corps. Donc après, il faut essayer de reprendre un rythme, c'est sûr, mais il faut le surveiller.
- Speaker #1
Parler des drogues à son ado, ça lui donne forcément des idées.
- Speaker #0
Alors non, pas du tout. Au contraire, de toute façon, les drogues, il entendra probablement parler avant que vous en parliez, je pense. Donc au contraire, ça montre que le fait d'en parler, ça montre que vous, vous connaissez les risques aussi et que vous êtes attentif à son parcours. Et je pense que c'est important d'en parler justement pour éviter qu'il fasse des erreurs.
- Speaker #1
Coup de chaleur, ça se voit tout de suite ?
- Speaker #0
Alors non, pas tout de suite. C'est souvent progressif. C'est rarement on-off et c'est quelque chose d'assez progressif. Donc justement, il faut être vigilant au premier signe pour éviter que ça s'aggrave le peu. le plus vite possible.
- Speaker #1
Sans casque, ce n'est pas grave si on roule doucement ?
- Speaker #0
Alors non, parce que même doucement, il suffit qu'il y ait quelqu'un qui arrive derrière et qui ne roule pas doucement, justement, qui roule vite et qui vous percute, ça peut faire un traumatisme en mode cinétique quand même. Donc, même en roulant doucement, casque.
- Speaker #1
J'aimerais bien ajouter que pour le coup, surtout avec des enfants et des pré-ados, on montre l'exemple, c'est évident. Moi, je sais que j'ai changé d'ailleurs pour tout te dire. Quand j'ai eu des enfants, je ne portais pas de casque à vélo avant et il y a une dizaine d'années, c'est moche. mais il y a une dizaine d'années quand j'ai eu mes enfants 12 ans même, je me suis mise à porter des casques mais tu vois on reconnait aussi nos erreurs et on se dit, quand tu vois quelques accidents qui se passent, tu te dis bon j'étais con Mon ado m'appellera si ça tourne mal J'espère,
- Speaker #0
je sais pas si c'est vrai ou faux mais on espère que en tout cas c'est un message qu'il faut faire passer qu'il ne faut pas que l'enfant ait peur de dire j'ai fait une bêtise donc je vais essayer de tout cacher et ne prenez pas mes parents mais que ce soit une personne de confiance et qu'ils savent que s'ils ont fait une erreur le parent est là justement pour éviter que ça s'aggrave et puis pour encadrer en fait
- Speaker #1
Merci FX.
- Speaker #0
De rien, c'est plaisir.
- Speaker #1
Dis-moi, on peut te retrouver où ?
- Speaker #0
Sur YouTube, tous les vendredis à 18h. Il y a plein de vidéos.
- Speaker #1
Allez voir, franchement, vous allez être méga au point. Et puis surtout, formez-vous, renseignez-vous la Croix-Rouge, etc. Allez vous renseigner auprès de votre mairie. Il y a régulièrement des sessions de formation. Tu peux peut-être m'en dire plus. Oui,
- Speaker #0
souvent, c'est ce qu'on appelle apprendre à porter secours. C'est des formations de trois heures qui sont faites Croix-Rouge, protection civile, pompier. S'amuser, il y en a énormément, on en trouve assez facilement. Et puis après, moi aussi, j'ai fait toute une série de vidéos sur YouTube, spécifiquement sur les gestes d'urgence. Vous les trouverez facilement sur la chaîne, il y en a énormément. Et l'avantage, c'est que c'est ça qui est important, c'est de se reformer régulièrement et de maintenir ses acquis.
- Speaker #1
Et demandez peut-être à vos boîtes aussi, parce que des fois, les entreprises font des stages.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. C'est souvent assez bien vu.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Grand plaisir.
- Speaker #1
A bientôt.
- Speaker #0
Salut !
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous êtes arrivé jusque-là, c'est peut-être qu'il vous a plu. Alors, n'hésitez pas à vous abonner à ce podcast, à lui laisser un avis 5 étoiles et un commentaire pour qu'il voyage davantage. Retrouvez-moi sur le cœur net, posez vos questions, partagez votre expérience et échangez avec une communauté franchement bienveillante. Et si vous voulez du concret, du précis, du vraiment utile au quotidien, inscrivez-vous à ma newsletter santé dans les notes de cet épisode. au programme. des tips, des docs, des recommandations médicales et psy pour vous éclairer et surtout vous aider vraiment.