Speaker #0Il y a des douleurs qu'on apprend à terre tellement bien qu'elles finissent par parler à notre place. Ton corps a trouvé un langage, brutal parfois, incompréhensible souvent, mais jamais sans raison. Les compulsions alimentaires, la boulimie, l'hyperphagie ne sont pas des erreurs de fabrication, des ennemis à abattre. Ce sont les gardiens d'un ordre vital. Les réponses intelligentes à quelque chose de trop lourd à exprimer autrement. Il n'y a rien à déchiffrer. Ton système ne cherchait pas à te dire quelque chose. Il cherche juste à te maintenir en équilibre. coûte que coûte. Je m'appelle Titri et chez Bully Miracle, on ne combat pas les troubles alimentaires, on restaure l'équilibre pour qu'il n'ait plus besoin de l'exister. Bienvenue dans ce troisième épisode du podcast Bully Miracle. Dans cet épisode, j'ai envie de revenir sur la notion de traumatisme et en quoi nos traumatismes vont avoir un impact sur nos addictions, sur nos troubles du comportement alimentaire, en quoi est-ce qu'ils vont... influencer nos comportements en lien avec l'alimentation. Et pour aborder la notion de traumatisme, je vais aussi avoir besoin d'aborder la notion de valeur. Valeur, c'est un mot qui est parfois un petit peu galvaudé, surtout dans notre société actuelle. Moi, ce que j'entends par valeur, par système de valeur, c'est vraiment les choses qui sont nourrissantes, importantes pour nous. Ce n'est pas les valeurs morales. Donc dans cet épisode, je vais te parler des valeurs au sens de... Qu'est-ce qui te nourrit au quotidien ? Qu'est-ce que tu fais naturellement ? Vers quoi est-ce que tu places ton attention, ton argent, ton énergie, tes ressources au quotidien de manière spontanée et naturelle ? Et tu vas me dire, mais quel est le lien entre mes traumatismes et mon système de valeurs ? Et il y a un lien qui est immense. Chaque être humain a une hiérarchie de valeurs, a un système de valeurs qui lui est propre, qui correspond d'ailleurs bien souvent au vide. qu'il a perçues dans sa vie, à ce qu'il a perçus manquant dans son parcours. Et donc, chaque être humain va être nourri de manière singulière par différents aspects. Et tu vois bien qu'autour de toi, tu ne t'intéresses pas forcément au même sujet que tes proches, tu n'es pas forcément animé et tu ne prends pas du plaisir de la même manière à toutes les activités comme peut-être certains de tes amis. Et donc, chaque être humain a un système de valeurs qui lui est propre, qui lui est singulier. et qui vient le nourrir dans le quotidien. Et c'est un petit peu comme si on avait naturellement, je pense, quand on arrive sur la planète, une propension à se diriger vers ce qui nous inspire, vers ce qui nous anime, vers ce qui est intrinsèquement important pour nous, vers une vie inspirante. Et puis, dès notre arrivée sur la planète et dès notre plus jeune âge, on va commencer à être conditionnés. On va commencer à nous dire « Ah non, fais pas ci, ça démarre, ne serait-ce que moi j'ai des enfants petits avec l'âge de la marche, on va dire non, ne touche pas à ce meuble, non, ici c'est dangereux, etc. » Et petit à petit, on va être conditionné et on va perdre quelque part cet élan, cette intuition qui nous anime dans le quotidien, qui va nous détourner de cet élan. C'est entre autres notre bagage traumatique. Ce mot « bagage traumatique » , je sais qu'il est un petit peu galvaudé parce que pour certaines personnes, traumatisme, c'est forcément associé à quelque chose de grave. Et ça, c'est vraiment un point important, c'est que souvent, derrière traumatisme, on voit meurtre, viol, agression. On ne pense pas finalement qu'il puisse y avoir des traumatismes qui passent inaperçus d'un premier regard et qui n'ont rien à voir finalement avec des choses graves. Et je pense que ce qui va définir le traumatisme, bien plus que l'événement en tant que tel, ça va être la manière dont on a codé l'événement, la manière dont on a apprécié l'événement. Et ce qui fait qu'on est traumatisé, ce n'est pas la nature de l'événement, c'est la charge qu'on a associée à l'événement. Et cette charge, c'est très simple de la comprendre. Si l'événement a été codé comme... extrêmement douloureux, je suis très polarisée sur le fait que l'événement est négatif. Et à l'inverse, si l'événement a été codé comme extrêmement heureux, je suis très polarisée quant au fait que l'événement a été codé comme positif. Et ces charges positives et négatives que je porte dans mon bagage, elles vont conditionner mes comportements au quotidien, puisque à chaque instant, je vais chercher à me rapprocher de ce que j'ai codé comme positif, et je vais chercher à m'éloigner de ce que j'ai codé comme négatif. Et là, tu vas me dire, mais quel est le rapport valeur-charge et trouble du comportement alimentaire ? Eh bien, le lien est très important puisque... Tout ton bagage de trauma va conditionner tes comportements dans le quotidien, va conditionner la direction que tu donnes à ta vie, et quelque part, pour ne pas avoir d'addiction, pour ne pas avoir de troubles alimentaires, il suffirait de vivre une vie inspirée, de vivre une vie nourrissante pour nous, de vivre une vie dans laquelle on se sent à sa place, dans laquelle on est animé par ce que l'on exerce au quotidien. Et ce qui va se passer, c'est que... tout mon bagage traumatique, tout mon bagage de charge va petit à petit me distraire de ce qui m'anime. Parce que petit à petit, je vais cesser d'emprunter la voie qui m'inspire, la voie de mon intuition, au profit de la voie traumatique qui me préserve de la souffrance et qui me fait rechercher du plaisir. Et c'est un petit peu comme si, lorsque j'arrive sur la planète, je vis naturellement en adéquation avec mes valeurs intrinsèques. essentiel, je suis en vie, j'aime beaucoup cette analogie, et à mesure que j'avance, à mesure que mes charges traumatiques exercent leur rôle dans ma vie, je vais me détourner de ma vie, de mes valeurs intrinsèques essentielles, pour adopter une vie de merde, des valeurs dérivatives par mimétisme, des choses que j'ai codées comme étant plus positives que négatives ou plus négatives que positives. Et petit à petit, je vais me distraire de ma... je vais me distraire de mon chemin, je vais me distraire de ce qui est intrinsèquement nourrissant pour moi, au profit de la sécurité. C'est un petit peu comme si ma nature était duelle, j'avais une part de moi qui a ce besoin immense de se réaliser, qui a ce besoin immense de vivre une vie inspirée. On peut parler de notre part spirituelle, de notre part singulière, et une autre part qui est davantage une part... archaïque, chargée de notre survie, chargée de nous maintenir en vie sur la planète, qui, elle, regarde le monde de manière positive ou négative pour nous maintenir en vie, tout simplement. Et ce qui se passe, c'est que si tu souffres de compulsions aujourd'hui, si tu souffres d'addiction, d'impossibilité de pouvoir réfléchir avant d'agir, c'est très probablement que tu as troqué beaucoup de valeurs intrinsèques essentielles dans ta vie par des valeurs dérivatives par mimétisme en lien avec ton bagage traumatique. Ce bagage traumatique, d'où vient-il ? Qu'est-il ? Je sais qu'il y a des personnes qui me contactent en me disant « Moi, je t'ai entendu parler de traumatisme, mais je ne présente aucun trauma dans ma vie. J'ai eu une vie en apparence parfaite. D'ailleurs, j'adore ma vie, j'adore mon mari, j'adore mon métier, j'adore mes enfants. Je ne comprends pas pourquoi je compulse. » Et donc là, c'est vraiment important de revenir sur cette notion de charge. Pour moi, les charges, elles ne sont pas liées à la nature de l'événement, elles sont liées à l'interprétation qu'on a fait des événements. Et donc, dans ce bagage traumatique, on peut imaginer des traumas clairement identifiés pour les personnes qui ont vécu des traumatismes sur lesquels elles ont mis le doigt, mais aussi tous les événements qui ont été polarisés, qui ont été codés comme plus positifs que négatifs et comme plus négatifs que positifs, comme plus agréables que désagréables ou plus désagréables qu'agréables. Il peut y avoir tous nos conditionnements, sociétaux, familiaux, tout ce qu'on nous a mis dans la tête comme étant le bien, le mal. et qu'on a vraiment pris comme argent comptant, comme vérité universelle, et qui s'est inscrit quelque part dans ce bagage. En fonction de notre système de croyance, on peut également envisager que dans ce bagage traumatique, on porte également tout le transgénérationnel, toute l'histoire de notre lignée, voire même, pourquoi pas peut-être, toute l'histoire de l'humanité. On peut aussi imaginer, si on croit qu'on est un être spirituel et incarné sur Terre, que ce bagage traumatique, c'est aussi les mémoires de notre âme. tout ce qu'on a emmagasiné au fil des expériences. Et peu importe finalement notre système de croyance, ça ne change absolument rien au mécanisme, parce que même si on ne croit pas à tout ça, dès notre arrivée sur la planète, dès peut-être la vie intra-utérine, on va commencer à coder des choses comme agréables, désagréables, qui vont orienter nécessairement nos choix dans le quotidien. Et en orientant nos choix, vont nous distraire au profit de la sécurité, au profit du plaisir, de ce qui était peut-être profondément nourrissant pour nous. Et ce qui se passe, et ce qui est assez extraordinaire quand on y pense, et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai appelé mon entreprise Bully Miracle, parce que je crois profondément que les symptômes sont un miracle. au sens de la justesse de la vie, et je sais que ça peut être un peu difficile d'entendre ça quand on les vit, mais je vais t'expliquer pourquoi est-ce que je dis ça. Tout simplement parce qu'il y a un principe qui prévaut sur la Terre, qui est le principe d'homéostasie. C'est un principe qui est extrêmement bien étudié en science. C'est justement le fameux retour à l'équilibre de nos marqueurs qui nous permet d'être en pleine santé et d'être vivant. Et ce principe d'homéostasie, il va également avoir lieu sur les plans plus psychologiques, plus comportementaux, pas uniquement biologiques et cellulaires. Et ce qui va se passer, c'est qu'à mesure que je m'éloigne de mes valeurs intrinsèques essentielles et que je m'en éloigne au profit de mes valeurs dérivatives par mimétisme qui me maintiennent en vie en lien avec ce que j'ai codé dans mon bagage traumatique comme bon ou mauvais, je vais être ramenée à l'équilibre pour revenir vers mes valeurs intrinsèques essentielles. Et il va y avoir tout un tas de symptômes qui vont se manifester pour me ramener à l'équilibre et pour m'aider à me rapprocher de mes valeurs intrinsèques essentielles. Et parmi ces symptômes, il y a les addictions. Et je vais te citer tout un ensemble de symptômes pour que tu comprennes la dynamique et que tu puisses voir à quel point cette loi d'Homéostasie régit ton quotidien. À quel point l'ensemble de ces symptômes a un sens au sens de l'équilibre. Et parfois, je sais qu'on a tendance à se dire « Ah, mais que veulent me dire mes crises ? » etc. En fait, on s'en fiche de ce qu'elles veulent dire cognitivement parlant. Mais tant que les crises sont là, c'est qu'elles traduisent, tant que les compulsions sont là, c'est qu'elles traduisent un retour à l'équilibre. Ce retour à l'équilibre, il est biologique, on l'a vu dans les épisodes précédents. Il est aussi comportemental, mais il est aussi en lien avec ton système de valeurs. Et ça, c'est important de le comprendre. Il y a quelque chose qui est simple à appréhender, et je pense que tu peux voir facilement dans tes comportements, c'est que, par exemple, ta compulsion alimentaire, tu vas compulser sur les aliments dont tu te prives généralement. Au plus je cherche à contrôler mon assiette, au plus je vais compulser. Et d'ailleurs, il y a plein d'approches qui visent à restaurer les compulsions en restaurant la restriction, qu'elle soit physique ou cognitive, et qui fonctionne très bien, parce qu'en effet... Si j'arrive à ne plus avoir besoin de me restreindre, je ne vais plus compulser, puisque la compulsion est le retour à l'équilibre de la restriction, qu'elle soit cognitive ou physique. Mais le comportement compulsif nous permet aussi de réintégrer tout un tas d'autres choses, tout un tas de valeurs, tout un tas de traits, tout un tas de choses que peut-être on s'interdit d'être au quotidien, parce qu'on préserve notre sécurité et non pas notre inspiration. Et là, ce qui va être intéressant de regarder, c'est peut-être... quand je compulse, qu'est-ce que la compulsion me permet d'incarner ? Qu'est-ce qu'elle me permet d'être que je ne m'autorise pas à être dans le quotidien ? Par exemple, si dans mon bagage traumatique, j'ai codé que être feignant, c'était négatif, pour diverses raisons, parce que peut-être c'est quelque chose qu'on m'a beaucoup répété dans mon système éducatif, parce que peut-être j'ai vécu un traumatisme à l'école parce que j'avais pas bien travaillé. peu importe la cause, parce que peut-être j'ai raté une compétition sportive, peu importe la racine, si j'ai codé qu'être fainéant était dangereux, dans mon quotidien, je vais m'imposer d'être quelqu'un d'actif, proactif, qui fonctionne en force, qui doit mériter les choses, etc. Et je vais m'imposer d'être cette polarité-là, puisque j'ai codé qu'être fainéant, c'était négatif. Et du coup, pour revenir à l'équilibre, pour revenir à mes valeurs intrinsèques essentielles qui nécessitent d'être tout et son contraire pour pouvoir exercer sa mission, je vais avoir des symptômes qui vont m'être imposés, puisque je ne peux pas choisir d'être feignant, alors les symptômes vont me permettre de l'être. Et en l'occurrence, généralement une compulsion alimentaire, quand on compulse, on est un peu mou après. On est un peu léthargique, on n'a pas spécialement envie de faire des choses. Et ça, c'est un point qui est assez intéressant de mettre en lumière, que peut-être... la compulsion me permet de réintégrer la fainéantise. Ce sont des exemples, ça ne veut pas dire que chez toutes les personnes addictes, il y a cette charge-là. C'est juste pour que vous compreniez la dynamique entre traumatisme, valeur, et comportement addictif. Si par exemple, j'ai jugé la mollesse d'esprit, je valorise les gens très smarts et très vifs d'esprit, et je juge les gens un peu mous dans leur tête, c'est la même chose. Dans mon quotidien, je vais m'imposer à être tout le temps vif d'esprit, à travailler beaucoup, à être pertinent, etc. Et je vais avoir besoin d'addiction, de crise, d'alcool, que sais-je, de cannabis, peu importe, je donne des exemples. Généralement, il y a assez peu de cannabis avec les troubles alimentaires parce que c'est un petit peu la drogue des enfants sages. Mais je vais en tout cas adopter de manière compulsive le comportement qui me permet de réintégrer la mollesse d'esprit. Si j'ai du mal à faire des pauses dans ma journée, à être quelqu'un de passif, la compulsion va me permettre de réintégrer de la passivité que je ne m'autorise pas à vivre. Si la vie doit être dure, ça j'ai pu le coder par mes traumatismes, on n'a rien sans rien, il faut trimer pour y arriver, le plaisir c'est mal, ça je le vois dans beaucoup de religions, notamment dans les conditionnements qui ne sont pas des vrais traumatismes au sens propre, mais qui ont quand même façonné et conditionné notre bagage traumatique, notre bagage de charge. Le plaisir c'est mal, du coup si le plaisir c'est mal, je vais m'interdire le plaisir dans ma vie, je vais devoir avoir une vie de lutte, de don de soi, au sens je me fouette et je ne m'octroie aucun plaisir, et je vais avoir besoin de comportements pour me permettre de réintégrer le plaisir. Et si mon seul plaisir, aujourd'hui, ça passe par le chocolat et l'alimentation, je vais avoir besoin de l'alimentation pour intégrer du plaisir dans ma vie. Et donc, finalement, tout... tous mes comportements compulsifs sont une manière maladroite, mais juste, de réintégrer mon système de valeurs dans le quotidien. Système de valeurs que je ne m'autorise pas à vivre parce que je l'ai troqué pour le système de valeurs des autres, le système de valeurs de mes conditionnements, le système de valeurs de mon bagage traumatique. Et je vais avoir besoin, du coup, de ces symptômes, puisque je ne peux pas choisir de l'être, je vais le subir, pour maintenir cette homéostasie et ce retour à l'équilibre. Parce que quelque part, pour se sentir nourrie, j'ai besoin à la fois de pouvoir exercer mes valeurs intrinsèques essentielles, j'ai aussi besoin de pouvoir exprimer toutes les parts de moi. J'ai aussi besoin de pouvoir être à l'aise avec le fait d'exprimer toutes les parts de moi. Or, à chaque fois que je suis traumatisée, à chaque fois que je porte une charge, je vais m'imposer de ne pas être ce que je juge. Et je vais m'imposer d'être ce que je valorise. Sauf qu'en réalité, j'ai besoin dans la vie d'être tout et son contraire au juste moment. au moment opportun. C'est un petit peu comme si j'avais une immense trousse à outils qui est tous les traits du dictionnaire, tous les adjectifs du dictionnaire, tous les traits de personnalité du dictionnaire. Ça, c'est ma trousse à outils. Mais cette trousse à outils, à chaque fois que je suis traumatisée, à chaque fois que j'ai polarisé quelque chose en positif, négatif, c'est comme si je jetais certains outils de la trousse. Et le jour où je ferme le chantier de ma maison, il me manque des outils dans ma trousse. Je n'ai plus la faculté de pouvoir être Merci. tout et son contraire, parce que pour faire sa maison, on a besoin d'être actif, d'être passif, on a besoin d'être organisé et d'être aussi désordonné, de laisser de la place au chaos pour créer, enfin voilà, on a besoin de plein de choses, et à chaque fois que j'ai été traumatisée, j'ai éradiqué certains outils de ma trousse, et donc je n'ai plus la faculté de pouvoir vivre en adéquation avec mes valeurs dans une forme nourrissante pour moi. Et c'est d'ailleurs pour ça que dans le processus de guérison, on va avoir besoin de travailler sur son authenticité, sur cette faculté à pouvoir retrouver, restaurer les parts de nous que l'on avait mises à l'écart en lien avec ces traumas. Donc guérir d'un trouble alimentaire, guérir d'une addiction, va forcément impliquer le fait de pouvoir renouer avec une vie inspirante pour nous, et renouer avec une vie inspirante, renouer avec ses valeurs, renouer avec ses valeurs intrinsèques, ça va te demander un déconditionnement et une reprogrammation de tes traumatismes pour pouvoir travailler sur tout ce qui a été codé comme bon ou mauvais, qui t'éloigne aujourd'hui de la trajectoire qui est profondément nourrissante pour toi. Et souvent, on me dit, oui, mais c'est bien beau tout ça, mais comment moi je retrouve ce qui est important pour moi, ça fait des années que je vis à côté de ma vie, que je vis la vie des autres. En fait, généralement, on ne commence pas par savoir ce qui est juste pour nous, on commence par se défaire de ce qui ne l'est plus. Et peut-être que tu peux déjà commencer. dans ton quotidien, à te demander finalement tout ce que je m'impose d'être, tout ce que je m'impose de faire, qu'est-ce qui n'est plus, qu'est-ce qui n'est pas nourrissant pour moi ? Qu'est-ce que je fais par obligation, par injonction ? Il y a parfois des choses qu'on fait par obligation et injonction et on voit même pas qu'il peut y avoir une porte de sortie. Et peut-être déjà juste observer, regarder dans son écosystème du quotidien tout ce que l'on met en place par peur, tout ce que l'on met en place par quête. et cesser de jouer ce rôle-là va laisser émerger finalement ce qui est profondément intrinsèque et ce qui nous nourrit. Et parfois, on sait profondément ce qui nous nourrit puisque d'ailleurs, je pense que si on vivait trop loin de ces valeurs intrinsèques essentielles, on serait mort, on ne serait plus là. Donc, il y a forcément des choses déjà dans notre quotidien qui démontrent ce qui nous inspire. Mais je crois qu'avant même de se concentrer sur ce qui nous inspire, peut-être que ce qui est plus facile, c'est de se défaire de ce qui ne nous inspire plus et ce que l'on faisait par obligation, par quête. Et ce qui va être intéressant, c'est que ce retour à l'homéostasie à travers nos comportements addictifs, en réalité, il y a tout un tas d'autres symptômes qui vont prendre place en lien avec ce système de valeurs. À mesure que je m'éloigne de mes valeurs, à mesure que je m'éloigne de ce qui est intrinsèquement important pour moi, à mesure que j'emprunte la vie des autres, je vais avoir tout un tas de symptômes sur ma route, pas que addictifs. Il va y avoir des symptômes notamment dans mes relations. Dans mes relations, quand je suis une vie qui n'est pas la mienne, qui n'est pas inspirante pour moi. Et ça aussi, je ne l'ai pas précisé, mais ça aussi, ça va exacerber l'état d'alerte de mon système nerveux. Parce que c'est un petit peu comme si notre système nerveux, il était au service de notre évolution, au service de ce qu'on est venu exercer, de notre inspiration. Et donc à chaque fois que je prends place, je mets en place un comportement... Pour poursuivre le plaisir ou fuir la douleur, mon système nerveux reçoit l'information qu'il est toujours en danger et qu'il gagne à continuer à poursuivre et fuir, et donc je suis de plus en plus en alerte. Il va y avoir tout un tas de symptômes, pas que alimentaires, en lien avec le fait que je me distrais de ce qui est juste pour moi. D'un point de vue relationnel, et tu vas peut-être te retrouver dans ces symptômes aussi, il va y avoir très souvent une comparaison à mieux et à pire. C'est un petit peu comme si plus je suis en alerte, plus c'est la part archaïque de mon cerveau qui est aux commandes, moins c'est la part évoluée, consciente. qui a la faculté de réfléchir, moins c'est le néocortex, plus c'est l'amidale, le cerveau rutilien, et je vais du coup séparer, je vais me percevoir comme séparée des autres. Je vais percevoir le monde avec le positif et le négatif. Et donc je vais être sans cesse dans mes relations en train de me comparer à mieux et de me comparer à pire. Je vais sans cesse être en train de me placer au-dessus des autres ou au-dessous des autres. Je vais avoir beaucoup de mal à avoir des relations équanymes. Ça va avoir un impact très important sur les rôles que je vais jouer. C'est-à-dire que si je me place au-dessous de la personne, si je l'idéalise, si je la place au-dessus de moi, quelque part, je vais chercher à racheter ma dette. Et donc, je vais peut-être chercher à donner plus, à compenser l'absence de valeur que je ressens, à être davantage dans le don, à donner beaucoup et avoir plus de difficultés à recevoir. À l'inverse, quand je me place... Au-dessus, je vais avoir un côté peut-être un petit peu méprisant. Je vais vouloir m'éloigner des personnes que je condamne. Je vais être militant pour une cause extérieure en blâmant une autorité extérieure, etc. Donc dans mes relations, ça va avoir ce comportement-là entre quête de fusion et quête de repousser l'autre. Je vais à la fois avoir un besoin de fusion quand je place l'autre au-dessus et puis un besoin de rejet lorsque je place l'autre en dessous. Et il y a vraiment ce truc de comparaison, puisque c'est la partie archaïque du cerveau qui sépare pour mieux survivre. Au niveau de ma psychologie, généralement, c'est les montagnes russes émotionnelles. C'est-à-dire que je vais osciller entre idéalisation et désillusion. Pourquoi ? Parce que comme je suis polarisée, je poursuis des quêtes qui sont vaines. C'est-à-dire que je vais poursuivre des illusions de plaisir. Et donc quand je me retrouve confrontée au plaisir, par l'expérience, je me rends compte que ce n'est pas si extraordinaire. Moi, c'est ce que j'ai vécu pendant toutes mes années d'addiction. Et je me rends compte que c'est la désillusion. Et donc j'ossille entre excitation et désillusion. À tel point même que peut-être certains d'entre vous ont déjà été diagnostiqués comme borderline. En fait, le fait d'être borderline avec ces comportements extrêmes et ces états d'être extrêmes provient de ces charges traumatiques. où on oscille entre positif et négatif, et par l'expérience, à chaque fois, on est ramené à l'équilibre. On avait exagéré quelque chose, on pensait que ça allait être extraordinaire. À mesure qu'on vit l'expérience, ce n'est pas si extraordinaire, c'est la désillusion jusqu'à la prochaine quête d'idéal, où on oscille comme ça entre euphorie et effondrement. Donc ça, c'est d'un point de vue psychologique. D'un point de vue psychologique aussi, on va avoir tendance à procrastiner. à avoir du mal à s'engager dans un projet. Pourquoi ? Parce qu'encore une fois, notre corps est au service de notre évolution et de notre émancipation. Et donc, si on s'impose de poursuivre des directions qui ne sont pas la nôtre, si on s'impose de forcer dans une direction parce qu'on l'a codée positive, mais qu'en fait, elle ne nous inspire pas, naturellement, on ne va pas être concentré, on ne va pas être focus. On va avoir du mal à donner de l'énergie au projet parce que, tout simplement, ça ne nous nourrit pas. Ce n'est pas en lien avec nous-mêmes. Et d'ailleurs, vous pouvez regarder, ça c'est quelque chose qu'on fait tous naturellement, en fonction de votre système de valeur, si vous allez dîner avec des amis, vous n'allez pas retenir les mêmes choses. Vous n'allez pas retenir les mêmes sujets de conversation en fonction de ce que vous valorisez. Par exemple, moi quand je vais à un dîner avec mon mari, on ne retient pas les mêmes choses. Moi je vais retenir des choses autour de la parentalité, autour des enfants, autour de l'émotionnel, autour du vécu de certaines personnes, et lui il retiendra des choses en lien avec son système de valeur. Et pourtant, on a passé le même dîner. Et ça, c'est aussi important de l'avoir en tête. On va filtrer la réalité en fonction de nos valeurs, en fonction de ce qu'on valorise. Et donc forcément, si on s'impose dans le quotidien de poursuivre des objectifs par quête ou par rejet, naturellement, on ne va pas être focus, on ne va pas être concentré, on va procrastiner. On va avoir beaucoup de difficultés à prendre des décisions aussi, parce que quand on prend des décisions sur la base des plus et des moins, on a toujours besoin de l'avis des autres. Alors que quand on prend une décision Sur la base de son système de valeurs, on a pleinement conscience qu'il y a des contraintes et qu'il y a des bénéfices à... la direction qu'on va prendre parce qu'elle est inspirante pour nous. Et donc, on n'a pas besoin des autres pour décider. On n'a pas besoin de déblatérer pendant des heures, de demander conseil, d'avoir peur de se tromper, etc. parce que c'est intrinsèquement important pour nous. Et on a conscience que dans chacune des voies qu'on va prendre, il y aura du plaisir, il y aura de la douleur et on est prêt à épouser quelque part le positif et le négatif pour ce qui nous inspire. Donc, il y a tout un tas d'autres symptômes. La quête de sens. Quand on est sans cesse en quête de sens, c'est probablement que sa vie quotidienne n'a pas suffisamment de sens, n'est pas forcément en lien avec notre système de valeurs intrinsèques et qu'on a peut-être emprunté des voies qui ne sont pas complètement les nôtres. Ce retour à l'équilibre, il va aussi avoir lieu dans le symptôme d'absence de confiance en soi. Pourquoi ? Parce que quand on vit une vie qui n'est pas profondément inspirante pour nous, on va placer des objectifs sur sa route et des objectifs qui sont basés sur la base de choses qu'on a idéalisées, pas forcément sur la base de choses qui nous inspirent. Et donc parfois, on se place la barre très haut. On a paradoxalement une grande estime de nous-mêmes où on se dit, pour être heureux, il va falloir que je fasse ça, que je sois un peu une star, que je mette en place tout ça. Et donc forcément, il y a l'absence de confiance en soi qui arrive comme un symptôme pour nous montrer aussi que peut-être ce qu'on s'impose d'atteindre est irréaliste ou est peut-être un peu perfectionniste. Et cette non-confiance en soi ne peut exister que s'il y a une quête importante de choses à réaliser. Si on ne s'impose rien dans la vie, si on n'a pas d'attente à son propre égard, on n'a pas pas confiance en soi. On n'a pas besoin de se blâmer. On n'a pas besoin de se trouver nul, parce que nul, c'est toujours par rapport à une référence, par rapport à un objectif, par rapport à une quête à atteindre. Et donc, on ne peut pas se sentir nul s'il n'y a pas cet idéal à atteindre. Et donc, parmi les symptômes, il y a aussi ce blâme de soi, cette non-confiance en soi. qui paradoxalement est lié à une forte estime des objectifs qu'on s'impose de réaliser. Et ça, c'est très très dur de l'entendre, c'est très très dur de l'intégrer. Souvent, on rejette d'ailleurs cette information, parce qu'on est attaché au fait de ne pas avoir confiance en soi. Mais en réalité, si on n'a pas confiance en soi, c'est qu'on se fixe quand même des choses assez élevées. Et les choses qu'on se fixe, elles ne sont probablement pas intrinsèques. Elles sont probablement... Parce que quand on vit en adéquation avec ces valeurs intrinsèques essentielles, On n'a pas... il n'y a pas d'urgence, il n'y a pas d'attente. À l'inverse, quand on vit par rapport à quelque chose dans l'illusion que ça va nous apporter du plaisir, dans l'illusion que ça va nous minimiser notre souffrance, on place beaucoup d'attente et donc il y a des gros enjeux. Et parmi ces gros enjeux, il y a du coup la petite voix de l'intuition qui nous ramène à l'équilibre en se blâmant, tout simplement parce que c'est illusoire, la quête que l'on poursuit est illusoire. Parmi les symptômes relationnels que j'ai oublié de mentionner, il y a aussi ce sentiment d'être au centre de la vie de l'autre. Qu'est-ce que j'entends par là ? C'est le sentiment d'avoir le pouvoir, un pouvoir d'action sur l'état d'être des autres. Un pouvoir d'action sur l'état d'être des autres, mais aussi ce qu'ils vont penser de nous, etc. Et c'est profondément lié à quelque chose d'extrinsèque, ça. Comme pour nous-mêmes, on a le sentiment que les circonstances extérieures ont la possibilité d'influencer notre état d'être. et que nos relations ont la possibilité d'influencer notre état d'être, on va aussi projeter ça sur les autres. Et donc on va sans cesse être en train d'ajuster sa posture par rapport aux autres dans l'illusion que l'autre puisse se sentir mieux grâce à nous. On va se donner beaucoup d'importance. Et ça aussi, c'est lié à un système de valeur qui n'est pas forcément intrinsèque. Maintenant, la bonne nouvelle, c'est qu'il y a forcément des choses dans ton quotidien qui démontrent Ce qui est important pour toi. Et ça, tu peux le regarder grâce à tes symptômes, justement. Puisque tes symptômes viennent te ramener à l'équilibre. Les symptômes, quelque part, c'est les valeurs intrinsèques essentielles, c'est la vie qu'on ne s'autorise pas à vivre. C'est le décalage entre la vie que l'on vit et la vie qui est inspirante pour nous. Et ces symptômes viennent simplement tendre vers une vie qui est plus inspirante pour nous. Et ça, je sais que c'est très dur de l'entendre, c'est très dur de le regarder, mais... Peut-être que là où tu te dis « Ah bah j'ai fait ma compulsion, du coup je me suis privée d'un dîner » , en fait peut-être que ce jour-là, tu avais simplement besoin d'être seule avec toi, de lire, d'être chez toi, mais tu ne te l'autorises pas parce que pour être quelqu'un de stylé, il faut sortir. Pour être un bon ami, il faut être en lien avec les autres. Pour être quelqu'un de bien, il faut avoir une belle activité relationnelle. Et je t'invite vraiment, à travers cet épisode, à observer avec curiosité Quelle est la fonction de tes symptômes ? Qu'est-ce que tu fais ? que tes symptômes te permettent d'intégrer comme valeur intrinsèque, que tu ne t'autorises pas à vivre parce qu'il y a trop d'injonctions, parce que tu t'es raconté que tu étais quelqu'un d'autre, parce que tu t'es raconté que pour être réépanoui, il fallait x, y, z. Et très souvent, tes symptômes te permettent de te mettre à l'arrêt. Dans les troubles alimentaires, c'est quelque chose que je vois beaucoup. Ils te permettent de pouvoir être centré sur tes propres besoins. Par exemple, si tu es une mère de famille et que tu t'imposes d'être extrêmement présente avec tes enfants, Peut-être que ton hyperphagie, tes compulsions, c'est une bulle pour pouvoir prendre du temps pour toi dans la journée. Parce que c'est peut-être le seul moment de la journée où tu peux être avec toi-même. Alors tu manges parce que tu ne t'autoriserais pas d'avoir un temps pour toi sans rien faire. Mais peut-être que c'est de ça dont tu aurais besoin. Donc à travers cet épisode, je t'invite vraiment à changer de regard sur tes symptômes, à observer à quel point il y a un lien entre ce qui te nourrit intrinsèquement et tes symptômes. et ce que tu t'imposes d'être en lien avec tes traumas, en lien avec tes charges, en lien avec ton bagage. Je te dis à bientôt pour le prochain épisode.