- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur le podcast Hector, le podcast qui parle souffrance au travail sous toutes ses formes et sans tabou. Aujourd'hui, je vous retrouve dans un épisode spécial que j'ai enregistré il y a quelques mois avec Clémentine, à l'occasion d'un challenge organisé par notre hébergeur Ausha. Clémentine est coach de vie et hôte du podcast Légitime. Et dans cet épisode, nous vous proposons une discussion sur la thématique Peut-on être soi-même au travail ? Entre partage d'expérience et conseils, bonne écoute !
- Speaker #1
Bon bah du coup, salut Pauline, j'espère que tu vas bien. Je suis ravie de t'accueillir ici, enfin de t'accueillir et puis on s'accueille mutuellement finalement, mais pour parler de l'authenticité au travail, oser être soi au travail. Et on va commencer directement dans le vif du sujet. En fait, pour toi, est-ce que c'est possible d'être authentique au travail ? Enfin pour toi, c'est comment tu l'as vécu toi dans tes expériences déjà ?
- Speaker #0
Moi, dès mes premières expériences dans le monde du travail, c'est-à-dire mon premier stage que j'ai fait qui était dans un grand groupe, j'ai tout de suite voulu rentrer dans le moule, faire bonne impression, tu vois, et répondre un peu au code de l'entreprise. Et du coup, dans ma tête, ce que je me disais, c'était il faut que je sois d'une certaine façon et il y a certaines choses de moi que je ne peux pas montrer ou que je ne peux pas être, tu vois. Et du coup, je faisais quand même... Il y avait une image que je voulais donner de moi, une image professionnelle. Et un autre truc que je ne faisais pas du tout, c'était parler de ma vie perso avec mes collègues. Vraiment, j'avais vraiment mis une limite où j'en disais le moins possible parce que je ne voulais pas qu'ils le sachent. Et pour moi, ce n'était pas pertinent dans mes relations avec mes collègues à ce moment-là. Après, j'ai commencé dans une entreprise en tant que salariée. C'était une plus petite entreprise, tu vois. C'était vraiment... On était à peu près 15 salariés. Et là, du coup, c'était plus facile d'être moi. Tu vois, c'était plus facile d'oser être moi-même. Et en fait, j'avais l'impression que l'ambiance, le groupe me le permettait. J'étais toujours discrète. sur ma vie privée, un peu moins quand même. Et puis ça dépendait aussi selon les collègues. Mais ça, c'est toujours un truc que j'ai voulu garder le plus pour moi possible, sans rentrer dans trop de détails, tu vois. Mais là, c'est vrai que c'était plus facile d'être authentique et d'être moi-même. Et puis après, on pourra en reparler plus tard, mais c'est vrai que j'ai eu des expériences où j'ai subi du harcèlement, ce qui fait qu'après ça, c'est encore plus dur. après ça d'être soi-même, parce qu'il y a une vraie remise en question. Et aujourd'hui encore, tu vois, je fais hyper attention à ce que je dis. J'essaie d'être pas un personnage, mais tu vois, j'essaie de pas blesser les gens et surtout de pas dire des choses qu'on puisse après me reprocher.
- Speaker #1
Ok, ok, ça marche. Ouais, donc déjà, il y a quand même pas mal de choses intéressantes qui me sautent à l'oreille, évidemment. tout ce qui est rentrer dans le moule, j'ai pas envie de décevoir, j'ai pas envie de blesser les gens, j'ai envie d'avoir une image professionnelle. C'est marrant parce qu'en fait, c'est des choses en soi, ça veut tout et rien dire finalement, parce que ça veut dire quoi être professionnel ? Est-ce que c'est si tu portes des couleurs ou si t'es habillé en noir ou si t'es bien coiffé ou pas ? Est-ce que t'es plus ou moins professionnel que quelqu'un d'autre ? Je sais pas. Mais du coup, tu me dis dans... ton expérience, donc dans ce grand groupe là t'avais beaucoup de mal finalement tu mettais un peu un masque c'était pas la vraie Pauline de ce que j'entends et dans la plus petite entreprise c'est un peu plus simple d'être, enfin de montrer certains aspects de ta personnalité, c'est ça ? il y a des choses que tu montres plus que...
- Speaker #0
Ouais tout à fait, après je dirais pas que j'étais une fausse Pauline j'étais juste une Pauline pas dans sa comp... Pas en entier, tu vois. Je montrais, je sais pas, allez, 30% de la Pauline et le reste, c'était plus pour l'ordre de mon privé, quoi.
- Speaker #1
Ok, ça marche. Donc est-ce que le fait d'être authentique pour toi, ça veut dire dévoiler un petit peu justement ce côté privé, ce côté plus... intime, vie perso finalement ?
- Speaker #0
Je ne sais pas parce que tu vois, quand j'ai préparé cet enregistrement avec toi, je me suis demandé qu'est-ce que c'est pour moi d'être authentique, d'être moi au travail. Et j'ai eu beaucoup de mal à répondre à cette question. Et puis après, j'ai un peu regardé du coup des articles, etc. Et il y a un truc qui... qui a fait écho, tu vois, c'est être soi au travail, c'est être la même personne dans sa vie pro et dans sa vie perso. Donc si je me base sur ça, j'essaye d'être la même personne, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a un côté de moi qui a peut-être un peu peur du jugement des autres, tu vois, du regard des autres et qui, du coup, n'arrive pas à être la même des deux côtés.
- Speaker #1
Ouais, parce que c'est ce que j'allais dire, en fait. Comment tu fais pour ne pas être toi au travail ? Parce que personnellement, moi, je ne sais pas comment faire pour ne pas être moi. Donc, comment tu fais pour ne pas être toi ? Qu'est-ce que tu te dis ? Donc, tu me dis, tu as la peur du jugement. Qu'est-ce que tu te dis, en fait ? Ou qu'est-ce que tu t'empêches de faire ? Qu'est-ce que tu t'empêches de dire ? C'était quoi, en fait ? Comment tu fais ?
- Speaker #0
Ouais, je pense qu'il y a des choses que je dis pas, mais je trouve que c'est toujours un peu difficile aussi de savoir qu'est-ce que tu peux dire ou pas au travail aussi, sans parler du jugement des autres, mais aussi de parler du contexte du travail, tu vois. Est-ce qu'on peut parler de tout au travail ? Est-ce qu'on peut parler de religion, de sexualité ? Enfin, tu vois, ce genre de choses au travail. Moi, personnellement, je trouve que c'est toujours difficile de parler de ça au travail et c'est surtout que... J'ai pas envie de lancer aussi des débats sur des sujets avec des gens dont j'ai pas envie de discuter, tu vois. Et ce qui fait qu'il y a des choses que je garde pour moi parce que je considère que mes collègues n'ont pas à le savoir. Et que du coup, ça n'a pas à impacter mon travail au quotidien.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et du coup, ouais, ça va être... Bah tu vois, il y a des discussions que je vais entendre au déjeuner et puis... Je ne vais pas forcément être d'accord ou tu vois, je vais avoir un avis sur le sujet, mais je ne vais pas forcément le donner parce que, encore une fois, je n'ai pas envie de rentrer dans ces conversations-là.
- Speaker #1
Ok. Et ça, par contre, dans la vie perso, c'est quelque chose que tu aurais plus de facilité à faire, du coup, de donner ton avis, ton opinion, enfin de dire Non, là, par contre, je ne suis pas du tout d'accord avec toi
- Speaker #0
Ouais. Mais ça dépend de l'énergie que j'ai envie de donner à cette conversation-là.
- Speaker #1
Ouais, ouais, tu choisis un petit peu tes combats, tes batailles, au final il y a des choses où tu te dis, oui là j'ai envie d'échanger parce que ça va être intéressant et peut-être que ça va me mener quelque part, chacun peut apprendre potentiellement, ou non, de toute façon la personne elle est fixée sur ses idées, ou même toi, enfin techniquement, toi aussi tu peux être très stable sur tes idées et du coup ça sert à rien, on va aller dans le mur et oui j'ai pas envie d'avoir une conversation un petit peu, c'est quoi le mot déjà ? bloqués finalement, où il n'y a pas de débat finalement.
- Speaker #0
Oui. Mais après, ça m'arrive quand même de le faire. Là, l'année dernière, j'étais dans une émission de freelance et je parlais beaucoup avec... Bon, j'étais en freelance, donc ce n'est pas mes vrais collègues, mais les gens avec qui je travaillais. On parlait, on débattait, on parlait de sujets, tu vois, de féminisme, d'écologie, de trucs comme ça, tu vois. On n'était pas forcément toujours d'accord. Mais c'était intéressant. Et encore une fois, là, je me sentais à l'aise avec les gens avec qui j'étais. Et du coup, je m'ouvrais, tu vois. Donc, j'ai l'impression que le contexte et les gens avec qui je suis jouent énormément sur quand est-ce que j'ose ou pas être moi.
- Speaker #1
Je pense que c'est super important de pointer ça du doigt, l'environnement et le lien social que tu peux avoir avec certaines personnes ou pas. Parce que, comme tu dis... Je pense qu'il y a des personnes, tu le sens, que tu vas pouvoir être un petit peu plus démonstrative ou en dire un petit peu plus, échanger un petit peu plus en confiance. Alors qu'il y a peut-être des personnes, tu vas te dire, elle, je ne sais pas trop, je ne la sens pas trop. Ou en tout cas, on n'est pas sur le même délire où je vois bien que peut-être elle est très pro et qu'elle ne veut pas du tout entendre parler de la vie privée des autres ou de mes réflexions personnelles. Donc automatiquement, tu ne vas pas te diriger vers ces gens-là. On est bien d'accord. Et c'est vrai que personnellement, si je prends mon exemple, je pense clairement qu'il y a certains domaines d'activité où tu peux peut-être être plus authentique que d'autres, en tout cas qui te donnent plus cette opportunité-là. Moi, j'étais dans le tourisme à la base. Le tourisme, je pars du principe qu'on est sur déjà un domaine qui favorise, on va dire, l'ouverture d'esprit. Où t'es quand même dans une idée de, je vais découvrir une nouvelle région, un nouveau pays, une nouvelle personne. Je veux dire, moi j'étais en office de tourisme, en agence de voyage, donc forcément, il y a une idée d'ouverture d'esprit. Et des gens qui sont tous plus ou moins calés sur les mêmes valeurs de partage, d'échange. C'est vrai que moi, j'ai jamais eu cette sensation de me dire, oulala, attention, attention à ce que je dis à ces personnes-là, garde ça pour toi, garde le perso pour toi, garde ce type de sujet pour toi. Alors si, ça peut arriver, mais parce qu'effectivement, il y a des personnes où je sens qu'on n'est pas du tout connectées et je rentre pas là-dedans parce que, comme tu dis, je vais pas me fatiguer à parler avec quelqu'un qui est pas intéressé non plus dans ce que je propose. Mais c'est vrai que j'ai jamais eu ce blocage parce que je me suis toujours sentie dans un environnement qui était relativement bienveillant. Parce qu'on va pas se mentir, c'est pas les bisounours. Il y a toujours des gens où bon, voilà, eux tu sens qu'ils sont pas là pour s'amuser, ils sont pas là pour être sympas, mais ça c'est autre chose. Mais en soi, mon environnement était toujours bienveillant et assez ouvert. Et puis, il y a aussi le fait que moi, j'ai pas mal bougé. Donc, je débarquais toujours dans de nouvelles villes, nouveaux postes, etc. Et du coup, je préférais voir mes collègues comme des possibilités de faire des connaissances, finalement, que comme c'est des collègues. En fait, je n'ai jamais catégorisé mes collègues comme c'est que des collègues, le pro, c'est le pro, le perso, c'est le perso. J'ai jamais fait ça, j'ai jamais réussi ni testé de faire ça, je pense. Et je pense que du coup, ça m'a enlevé une certaine barrière. Mais parce que, comme je te dis, c'est un domaine aussi qui est très, très ouvert. Comme tu dis, un grand groupe de cosmétiques ou même si je pense à l'hôtellerie, par exemple, quand tu es en palace ou 5 étoiles, je pense qu'il y a des choses que tu ne peux pas te permettre. C'est une culture d'entreprise qui est beaucoup plus stricte et soumise à des codes que dans d'autres endroits où ça va être un petit peu plus relax, un petit peu plus... ouvert à tout type de personnes, personnalités, styles, etc.
- Speaker #0
Ça fait vachement écho ce que tu me dis, parce que c'est vrai que moi, j'ai toujours eu envie, je ne sais pas si c'était un besoin, si c'était une limite que je me suis mise, tu vois, mais de me dire mes collègues, c'est mes collègues, et mes potes, c'est mes potes, et de vraiment séparer le truc. Alors ça m'est arrivé de créer des liens d'amitié avec des collègues, tu vois. Mais c'est vrai que j'ai souvent voulu mettre, tu vois, une limite à ça. Et je ne sais pas du tout d'où ça vient, tu vois. Mais ça, je me souviens dès que j'ai commencé à travailler, quoi. Ce n'est pas un truc qui est venu suite à une expérience qui a mal tourné, tu vois. Mais c'est vraiment... C'est tout de suite, quoi. Et puis, j'ai un peu ce truc de me dire, si je donne trop d'informations perso... on peut l'utiliser contre moi, tu vois. Mais ça, je sais que c'est une croyance. Ça ne m'est jamais arrivé personnellement, mais c'est plus un truc du t'entends des gens dire ça, ou tu vois, ou t'as entendu des histoires comme ça. Du coup, tu dis, moi, je ne veux pas que ça m'arrive, quoi, tu vois. Toi, ça ne t'est jamais arrivé, un truc comme ça, une mauvaise expérience parce que tu avais trop partagé ou quelque chose qu'on avait utilisé contre toi ?
- Speaker #1
Non, parce qu'en fait... En fait, je vais te dire, je suis à l'aise avec ce que je partage. Je suis totalement OK avec ce que je partage. Et comme pour le coup, je te dis, je ne sais pas ne pas être moi. Donc, c'est-à-dire que moi, je suis quelqu'un déjà qui est très dans le partage et dans l'échange. Donc, de toute façon, si ça ne va pas, déjà, tu vas le voir sur ma tronche. Si le matin, j'arrive et que ça ne va pas, tu vas le voir sur ma tronche. Donc, déjà, il y a déjà une information qui est donnée avant même que j'ai ouvert la bouche. Et je ne vais pas faire semblant. Parce que même si j'essayais de faire semblant, ça se verrait aussi. Donc déjà, voilà. Ensuite, moi j'ai jamais eu de mal à partager ce qui allait pas. Genre si ça va pas, je le dis. Aujourd'hui ça va pas, il y a moyen que je sois pas trop dispo pour vous, que je sois pas très agréable. Après, je pense que là où il faut faire attention, c'est que pour moi l'authenticité, alors c'est pour moi, mais l'authenticité, ça veut pas dire que tu vas tout révéler sur toi. sur ta vie perso, sur tes moindres secrets, tes moindres doutes, tes états d'âme, etc. Pour moi, l'authenticité, c'est, comme tu l'as dit tout à l'heure exactement, je suis au travail comme je suis à la maison. J'allais dire dans la vie de tous les jours, mais en fait, regarde combien de temps tu passes au travail. Et je pense que c'est aussi pour ça que je voulais pas mettre cette barrière, collègue. amis, parce que putain, tu passes 8-9 heures au boulot, je pense que tu passes beaucoup plus de temps avec tes collègues qu'avec ton conjoint, ta conjointe, tes amis, etc. Si tu crées pas un lien social, un minimum, encore une fois, à révéler tous tes sombres secrets, mais juste si tu peux pas avoir un soutien, ou si tu mets tout de suite une méfiance envers tes collègues, ben déjà je trouve que tu renvoies cette image méfiante et donc... finalement ça fait miroir et la personne en face qui avait peut-être envie de se confier, elle va se dire non, elle n'a pas l'air ouverte à la discussion. Et en plus, tu te prives, je pense, de soutien et de moments où tu vas avoir des clients difficiles ou même ton manager qui est un petit peu con de temps en temps. Ou pas, mais quand tu peux être face à des personnes un petit peu désagréables, c'est bien de pouvoir compter sur un ou deux collègues, parce que c'est ça aussi, c'est pas forcément tous tes collègues avec qui ça ira bien, mais... Mais du coup, ouais, j'ai jamais eu de soucis. Enfin, en tout cas, rien qui m'a marquée intensément parce que je sais ce que je partage et je suis totalement à l'aise avec ça. Et si ça va pas, et même si j'ai envie de pleurer, ou s'il m'arrive un truc grave, je vais le dire ou pas, je m'en fiche. Après, les gens en face, ils le prennent, ils le prennent pas. Et quand bien même on pourrait me dire Ah, putain, la meuf, elle est hypersensible, arrête pas de pleurer ou Elle est toujours en train de parler de ses états d'âme oui ! Bah c'est moi en fait. J'ai pas honte. En fait, c'est vraiment ça. Oui, je suis comme ça. C'est un fait. Et je le prends pas mal qu'on me dise t'es sensible ou quoi. C'est vrai. C'est vrai. Donc qu'est-ce que quoi ? J'ai pas à avoir honte. Je suis comme ça. Et à partir de ce moment-là, je pense quand t'es à l'aise avec le fait que bah oui, c'est moi. Et tu peux pas retourner un truc contre moi étant donné que 1, je suis au courant de qui je suis. Et 2, bah... Je n'ai pas d'autres mots que oui, c'est moi. Donc, je n'ai pas honte de qui je suis. Je pense que c'est vraiment ça qui est important. C'est d'être à l'aise avec l'image que tu as de toi, l'image que tu as l'impression de renvoyer.
- Speaker #0
Je rebondis sur ce que tu disais tout à l'heure sur bien t'entendre avec tes collègues. Moi, je pense que tu peux créer des relations avec tes collègues, des bonnes relations avec tes collègues. Et moi, j'avais des bonnes relations avec certains de mes collègues avec qui aujourd'hui, je suis toujours en contact et tout. certains sont devenus des... et certaines sont devenues des amis et d'autres, c'est des relations de travail, tu vois ?
- Speaker #1
Oui, je vois. Oui, oui. Mais c'est comme dans la vie perso, tu vois, il y a des gens où ça va rester des connaissances et il y en a, ça va se transformer en amis. Tu vois, tu prends un cours de danse, il y a des gens, tu vas... ça veut dire que t'es le meilleur pote pour la vie et puis il y en a d'autres, t'es content de les voir au cours, mais bon, ça s'arrête là. Après, je pense que c'est une question de... de feeling aussi, tu vois, il y a des gens où tu vas vite te sentir en confiance avec ces gens-là, et tu vas te dire, ok, elle, je vais voir, je vais commencer à échanger des petites banalités, je vais commencer peut-être à parler un petit peu de perso sans trop en dire, ou peut-être que les gens aussi, ils t'envoient ce sentiment de confiance, tu vois, s'il y a quelqu'un qui commence à se confier aussi à toi, ou en tout cas qui commence à parler un peu de son perso, ben peut-être que tu vas dire... Tu vas sentir dans la conversation, j'ai envie de participer, j'ai envie d'échanger avec cette personne-là. Et du coup, tu vas créer ce lien petit à petit. Et il y en a d'autres, tu n'auras pas envie. Clairement, tu n'auras pas envie ou tu seras juste contente de discuter avec eux à la machine à café. Peut-être du dernier film qui est sorti, parce qu'en soi, c'est perso sans trop l'être, puisque ça reste du général. Mais je pense que tu choisis ce que tu as envie de partager. qu'il y a des gens où tu vas sentir, savoir, que tu peux leur faire confiance, ou en tout cas qu'ils sont plus aptes à la discussion et à créer un lien un peu plus particulier. Et même si après, quand tu quittes l'entreprise, tu t'écartes un petit peu, ça ne veut pas dire que ce n'était pas sincère, c'est juste que bon, après, la vie continue. Mais je pense que tu le sens quand même, quand tu arrives à créer, quand c'est possible de créer un lien avec... avec certaines personnes. Je dirais qu'il faut choisir ses alliés, en fait, dans ton entreprise, si possible. Choisir tes alliés, parce qu'il y aura toujours des gens avec qui ça matchera bien, et d'autres où tu... Bon, voilà. Faudra avoir le soutien de ceux avec qui ça matche bien pour supporter les autres.
- Speaker #0
Ouais et puis je pense que ce qui est aussi important de dire c'est qu'on peut pas s'entendre avec tout le monde et on peut pas plaire à tout le monde et c'est ok quoi. On choisit pas ses collègues. On se retrouve en plus quand on postule dans un travail, on rencontre peut-être 3, 4 personnes sur des entretiens de max une heure. Donc t'arrives dans une entreprise et t'es avec des gens que t'as pas choisis, que tu connais pas et il faut s'adapter et il faut voilà... Moi, j'aime bien observer et voir les gens qui sont autour de moi avant d'interagir, etc. Mais c'est OK de ne pas s'entendre avec ses collègues et de ne pas être sur la même longueur d'onde que ses collègues. Après, c'est vrai que, tu vois, ce que tu disais tout à l'heure, c'est vrai que c'est toujours plus cool quand tu as des bonnes relations avec tes collègues, quand tu peux échanger parce que tu vas à la machine à café, tu prends une vraie pause et tu échanges avec tes collègues et tout. Mais ce que je trouve important de dire, c'est que ça peut arriver que ce ne soit pas le cas. Et c'est OK. Et ce n'est pas forcément de sa faute. Tu vois, il y a eu un moment où je me suis beaucoup remise en question parce que j'avais l'impression d'être un ovni dans ma boîte. Je ne comprenais pas pourquoi moi, je ne fitais pas. Et c'est ma coach qui m'a dit en fait, tu travailles avec des gens qui n'ont pas les mêmes valeurs que toi. Et j'ai trouvé ça hyper vrai et ça m'a enlevé un poids de fou, tu vois, parce que justement, j'avais ce truc du, en fait, genre ma personne ne fit pas. Et donc, du coup, j'essaie de m'adapter, de changer, tu vois, pour essayer de rentrer dans le moule, comme je disais tout à l'heure. Et en fait, ça ne fonctionne pas non plus parce qu'en fait, être soi, c'est aussi être en accord avec ses valeurs. et écouter ses valeurs et écouter ses limites, je pense.
- Speaker #1
C'est ça. C'est exactement ça, en fait. C'est vrai qu'on a tendance à... On est un petit peu nombriliste, finalement, parce qu'on est toujours là à se dire, ouais, mais c'est moi, c'est ma faute. C'est, comme tu dis, c'est moi qui ne matche pas, qui ne fit pas dans l'entreprise. Alors, oui, oui, c'est peut-être toi, mais parce qu'effectivement, tu ne partages pas du tout les mêmes valeurs avec cette entreprise ou avec tous tes autres collègues. Ça arrive, les petites erreurs de parcours. surtout quand on connaît pas forcément trop bien ses valeurs de base mais c'est justement grâce à ces erreurs de parcours que tu dis ah oui mais en fait ça je veux pas le tolérer ça c'est pas du tout moi c'est pas ma façon de travailler c'est pas ma façon de voir les choses tu vois si l'honnêteté c'était une valeur super importante pour toi et qu'on te demande dans un boulot de mentir pour essayer de vendre des trucs ou et ben ça va pas matcher du tout et là tu vas dire j'y arrive pas Ah ouais, mais j'ai mon salaire quand même qui tombe à la fin du mois, est-ce que je dois partir ? Est-ce que c'est moi qui n'ai pas compris comment il fallait faire ? Non, c'est juste que ça va complètement à l'encontre de tes valeurs, c'est pas comme ça que tu fonctionnes. Donc comme tu dis, c'est bien de rappeler que parfois c'est juste que les gens ils te correspondent pas. Ça c'est un truc que je me tue à dire, c'est que avant de te demander si tu vas plaire aux autres, demande-toi si eux ils te conviennent, ils te correspondent. Pourquoi ça serait toujours à toi de te plier à un truc ? Après, si tu es capable d'embrasser les valeurs de l'entreprise parce que peut-être c'est certaines que tu n'avais pas vues ou exploitées chez toi, pourquoi pas ? Mais des fois, ça ne vient pas de toi effectivement et que comme tu dis, on ne peut pas plaire à tout le monde, on ne peut pas matcher avec tout le monde. La vie, c'est très nuancé en fait, ce n'est pas blanc, noir, machin, c'est très nuancé. Avec une personne, tu vas pouvoir être totalement en confiance sur un sujet, mais par contre, tu vas savoir que sur le perso, non. Non, ça par contre, j'en parle pas, parce que je sais qu'elle est pas apte pour ça, c'est pas son objectif aussi, parce que c'est ça aussi, dans tes relations avec les collègues, finalement, c'est à double sens, tu vois, toi t'as peut-être envie de partager, mais la personne en face, peut-être qu'elle a pas du tout envie, elle préfère séparer vraiment perso, pro, ou elle est pas à l'aise, enfin voilà, il y a vraiment, comme tu dis, différents types de personnalités, de façons de fonctionner, et quand tu rentres dans une équipe, ben, tu t'attones, tu vois un peu comment fonctionne tout le monde, et tu vois si ça arrive à matcher. Et si ça ne matche pas, après, si on va plus loin, tu peux te poser la question. Est-ce que je matche aux valeurs de l'entreprise ? Est-ce que je suis vraiment à ma place dans ce boulot-là ? Est-ce qu'il n'y a pas une autre entreprise qui me correspondrait mieux ? Enfin, laissons la porte ouverte, quoi.
- Speaker #0
Et du coup, toi, quel serait, en tant que coach, parce que tu es coach, je le précise pour les gens qui ne te connaissent pas forcément, est-ce que tu aurais des solutions ou des pistes de réflexion ? pour aider les personnes qui, comme moi, ont du mal à être soi au travail, à oser être soi dans son entreprise.
- Speaker #1
Ben, déjà, je me demanderais, est-ce que j'ai envie, hein, de... Est-ce que j'ai envie d'oser en montrer plus ou pas ? Parce que là, on parle d'être authentique, de se montrer, etc. Si t'as pas envie et si tu t'en fous et que ça t'impacte pas au quotidien, bon ben, n'en parlons pas, hein, mais si t'as envie parce que tu sens que c'est dommage, que tu te prives d'un truc ou... Là, déjà, je me dirais, ben voilà, est-ce que c'est par rapport à mon domaine d'activité que, ben, je peux pas me permettre... d'être moi et là du coup est-ce que ce domaine il me convient ? Est-ce que cette entreprise elle me convient ? Est-ce que ça match avec mes valeurs ? Parce que ça peut être ok aussi si ta limite elle est pas dépassée en soi déjà se demander est-ce que c'est que par rapport à mon domaine d'activité ? Généralement c'est pas que ça non plus et généralement on en revient à la personne principale donc il va être toi-même et de dire, comme je t'ai demandé tout à l'heure qu'est-ce qui m'empêche d'être moi ? C'est quoi la différence ? Déjà peut-être faire ça C'est quoi la différence entre la Pauline du travail et la Pauline en perso ? Qu'est-ce qui fait que je donne pas mon opinion quand je suis dans le pro ? Comme ça, en fait, l'idée, c'est de faire dégager tes croyances. Quelles sont les croyances que j'ai qui font qu'aujourd'hui, je me permets pas d'être moi-même au travail ? Est-ce que c'est, ben justement, j'ai peur que ça se retourne contre moi ? Est-ce que c'est, ben j'ai peur de décevoir parce que j'ai un petit syndrome de l'imposteur, je me sens pas légitime, et du coup... Est-ce que c'est parce que t'as honte d'une partie de ta personnalité ? Donc te demander, ouais, pourquoi j'ose pas en fait ? Et comment je fais pour ne pas oser être moi ? Comment tu fais pour ne pas être toi ? Ça veut dire quoi en fait ? Genre qu'est-ce que tu te dis, donc pour tes croyances, qu'est-ce que tu fais ou qu'est-ce que tu ne fais pas ? Si vous n'êtes pas capable d'être authentique, d'être vous-même au travail, c'est probablement parce que, comme je disais, vous n'êtes pas à l'aise avec vous-même. En tout cas, il y a un truc où vous n'êtes pas à l'aise et vous vous dites ça. Faut que je le cache. Que vous n'ayez pas envie de dévoiler toute votre vie perso, c'est normal, ça fait partie de vos limites. Mais il y a des choses, si vraiment t'as pas envie de montrer ton petit côté foufou ou je ne sais quoi, ou mettre la tenue que t'adores porter, mettre du rose, des couleurs, des mini-juves, des décolletés, mais si t'oses pas aujourd'hui parce que tu te dis ça va faire ci, ça va faire ça, on va penser ça de moi, etc. C'est qu'il y a un problème avec ton estime de toi personnelle, avec l'image que t'as de toi-même. et dans ce cas là ça va être de réapprendre à te connaître de dire quels sont mes besoins, quels sont mes valeurs quels sont mes forces, aussi focus sur tes faiblesses, d'être sincère avec soi même déjà, de se dire ouais c'est vrai qu'il y a des choses c'est mes petites faiblesses, c'est pas là dedans que j'excelle et en soi c'est ok, ça fait partie de moi on vous demande pas de tout savoir, de tout connaître de tout maîtriser à la perfection d'avoir l'attitude pro par excellence, parce que même vos managers même les... N plus 1 plus 2, tout ce que tu veux. Ils ont aussi leur faiblesse et leur coup de mou, sauf qu'ils te le montrent pas forcément, mais ils sont tous dans le même bateau. Ouais, réapprendre à se connaître et à accepter tes forces, tes faiblesses. Mais il y a vraiment pour moi, c'est vraiment une histoire de connaissance de soi et d'accepter les parties dont tu as honte. Justement, en fait, c'est plus... C'est vraiment ça. Les parties dont tu as honte, demande-toi pourquoi t'en as honte et demande-toi plutôt, si elles sont là... à quoi elles te servent, tu vois ? Après, pourquoi t'aimerais plaire à Jean-Michel ou Martine à la machine à café ? Eux, il y a bien des choses qu'ils apprécient et que toi t'apprécies pas et tu vas pour autant pas les incendier sur la place publique, quoi, donc c'est un vrai questionnement sur soi, je pense.
- Speaker #0
Ouais, carrément, et tu vois, il y a un bouquin dont je t'ai parlé, ça s'appelle... Oser être soi même au travail de Catherine Testa. Et en fait, ce qu'elle dit dans le bouquin, c'est que oser être soi au travail, c'est oser être soi aussi tout court. En fait, c'est souvent quand on n'ose pas être soi au travail, c'est que déjà, on n'ose pas forcément être soi dans la vraie vie, enfin dans la vie de tous les jours, dans la vie perso. Et donc du coup, c'est en fait, c'est un travail à faire plus global quoi. Et il y a une citation que je trouve hyper belle qu'il y a dans son bouquin, c'est Le courage, c'est d'être toi-même chaque jour dans un monde qui te dit d'être quelqu'un d'autre. Et il y a aussi vachement de ça, je trouve, toutes ces injonctions de la société qui te dit Il faut être comme ci, il faut être comme ça. Être professionnel, c'est ça. Il faut se comporter comme ci et comme ça au travail. Et hors du travail, dans la vie. Ça aussi, c'est hyper compliqué à vivre et c'est du coup dur de sortir de ces injonctions pour...
- Speaker #1
être soi dans la vie et au travail quoi je suis totalement d'accord c'est justement une question que je voulais te poser ou à se poser Ok, t'es pas authentique au travail, t'arrives pas à être toi au travail, mais est-ce que t'arrives vraiment à l'être ? Est-ce que t'as l'impression d'être authentique avec tous tes amis de la même manière, avec ta famille ? Parce que honnêtement, il y a des trucs que je vais pas forcément partager avec mes parents, alors que je vais les partager à mes potes, où il y a des facettes de ma personnalité que je vais pas forcément montrer de la même manière. Alors du coup, c'est ça, se poser ces questions-là, et par rapport au... Ouais, aux injonctions de la société. Tu vois, ça me fait penser aux personnes qui ont des tatouages.
- Speaker #0
Pendant très longtemps, il y a plein de métiers, ou même dans la restauration, ou dans le service à la clientèle, si tu avais un tatouage, c'était Oh mon Dieu ! Et des piercings, n'en parlons pas. Oh mon Dieu, cette personne, elle va venir me braquer à la sortie. C'est sûr, elle sort de 15 ans de prison, là. Alors que pas du tout. Et ça commence à évoluer. Maintenant, le tatouage, ça prend une dimension beaucoup plus artistique. et que finalement, tout le monde de la jeune femme de 18 ans au petit papy de 95 ans peuvent être tatoués et c'est pas pour ça que t'es en train de... t'es pas un repris de justice quoi. Donc ça, comme tu dis, c'est très dur de sortir de ces images-là, mais c'est pas impossible. Mais effectivement, pour faire ça, il faut oser à un moment donné montrer autre chose, je pense. Donc soyez vous-même.
- Speaker #1
Merci Clémentine, en tout cas, pour ces super... échanges hyper riches j'ai beaucoup appris je pense que je vais avoir quelques travails sur moi à faire à la suite de cet enregistrement où est-ce qu'on peut te retrouver si on veut écouter ton podcast ou même prendre
- Speaker #0
rendez-vous pour un coaching avec toi yes pour le podcast alors vous tapez légitime au pluriel de toute façon je pense qu'on mettra les liens dans la description mais Et pour prendre rendez-vous ou ne serait-ce que me faire un retour sur l'épisode ou me poser des questions, sur Instagram, c'est etavecdessy. On vous mettra aussi le lien. Et parce qu'effectivement, avec Dessy, on pourrait refaire le monde. Donc, il est temps de refaire le monde, les gars.
- Speaker #1
Trop bien. Merci. Et moi, de mon côté, vous pouvez me retrouver également sur Instagram. C'est Hector-podcast et puis aussi sur LinkedIn et pareil sur toutes les plateformes de podcast, Apple Podcast, Spotify, Deezer, etc. Vous pouvez retrouver tous les liens dans la description. Merci d'avoir écouté cet épisode. On espère que ça vous a plu et puis à très bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.