- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast sur l'adaptation climatique de Tardigrade AI. Aujourd'hui, la relation entre santé et climat.
- Speaker #1
Quand on parle de changement climatique, on imagine souvent la fonte des glaces, les ours polaires, des images un peu lointaines. Mais les documents qu'on analyse aujourd'hui, notamment une étude de Tardigrade AI pour harmonie mutuelle et mutex, nous ramènent à une réalité beaucoup plus intime en fait.
- Speaker #2
C'est exactement ça. L'impact le plus direct, c'est sur notre santé et sur notre capacité à travailler.
- Speaker #1
Voilà, on passe du global au très très local.
- Speaker #2
Complètement. Ces sources ne parlent pas du climat de demain, mais bien des risques sanitaires et économiques d'aujourd'hui. La question centrale est stratégique. Comment est-ce que le monde de l'assurance santé, et donc les entreprises, peut s'adapter ?
- Speaker #1
D'accord, alors plongeons là-dedans. Parce que ce qui frappe tout de suite, c'est que ce n'est plus de la théorie. Les chiffres sont là, l'impact est déjà mesurable.
- Speaker #2
Oui, les données sont saisissantes. C'est pas de la spéculation. Prenons juste les vagues de chaleur. L'étude cite des chiffres américains.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Une chaleur extrême et hop ! Les visites aux urgences qui grimpent de plus 10%. Les hospitalisations de 7%.
- Speaker #1
Ah oui, c'est énorme. C'est tout le système de santé qui est sous pression du coup.
- Speaker #2
Absolument. Et c'est pas juste un problème américain, loin de là. L'Europe est en première ligne. Le bilan de 2023, il est lourd.
- Speaker #1
On parle de quoi ?
- Speaker #2
47 000 décès supplémentaires liés à la chaleur en Europe. Et rien qu'en France, c'est plus de 5 000 morts.
- Speaker #1
5 000 ? Ce n'est plus une projection, c'est un constat en fait.
- Speaker #2
C'est un constat. Et au-delà de la mortalité, il y a l'impact sur le monde du travail. C'est là que le lien avec l'économie devient incroyablement direct.
- Speaker #1
C'est le point qui m'a vraiment interpellée. On quitte la santé publique pour entrer dans la santé au travail, avec des conséquences très concrètes.
- Speaker #2
C'est un point crucial. Parce que pour une entreprise, ça change tout. Ce n'est plus une externalité, c'est un risque opérationnel direct.
- Speaker #1
Le document cite la Californie. Quand le thermomètre dépasse les 32 degrés, le risque d'accident du travail sur un chantier peut bondir de 15%.
- Speaker #2
15%, c'est considérable !
- Speaker #1
Énorme ! Une autre source parle de la Chine, où chaque degré en plus, c'est 1 à 2% de production industrielle en moins. On parle de milliards de dollars.
- Speaker #2
Donc on a les impacts physiques, les malaises, les accidents. Mais les documents insistent aussi beaucoup sur un autre aspect plus insidieux, le psychologique.
- Speaker #1
Et c'est fondamental de ne pas l'oublier ça. Les événements climatiques extrêmes, ça laisse des cicatrices. Invisibles mais profondes. L'exemple des inondations est assez parlant.
- Speaker #2
Très parlant. Quand votre maison est inondée, vous ne perdez pas que des meubles, vous perdez un sentiment de sécurité. Et l'étude montre que ça se traduit par une hausse des cas de stress post-traumatique, d'anxiété.
- Speaker #1
Des troubles qui peuvent durer des années j'imagine.
- Speaker #2
Des années. et qui sont directement liés à l'incertitude, la perte de revenus, l'arrêt du travail. La santé mentale est vraiment en première ligne.
- Speaker #1
D'accord. Et tout ça, mis bout à bout, ça aboutit à une conclusion ?
- Speaker #2
Inévitable.
- Speaker #1
Les dépenses de santé explosent.
- Speaker #2
Ce qui nous amène au cœur du problème pour les assureurs. Face à cette marée montante de sinistres, leur première réaction j'imagine c'est d'ajuster les comptes.
- Speaker #1
Inévitablement. La réaction la plus instinctive et la plus logique à court terme, c'est de répercuter la hausse des coûts sur les primes d'assurance. C'est comme essayer de vider une barque qui prend l'eau avec un seau qui coûte de plus en plus cher. À la fin, on peut plus payer le seau, quoi.
- Speaker #2
C'est une excellente analogie. C'est exactement le danger. À court terme, augmenter les cotisations, ça maintient l'équilibre. Mais à long terme, c'est une bombe à retardement pour le système.
- Speaker #1
Parce que si les prix montent trop, une partie des gens et des entreprises ne peuvent tout simplement plus suivre.
- Speaker #2
Précisément. On risque de créer une assurance santé à deux vitesses. L'étude le dit déjà.
- Speaker #1
Ah oui !
- Speaker #2
On voit des entreprises qui commencent à renier sur les garanties pour maîtriser les budgets. Ou pire, qui renoncent à couvrir les familles des salariés.
- Speaker #1
Donc on ne couvre plus les ayants droit.
- Speaker #2
Voilà. Le risque, c'est de ne plus assurer que les bons risques et de laisser les plus vulnérables sans couverture. C'est la négation même du principe mutualiste.
- Speaker #1
Le modèle purement réactif, celui qui rembourse les dégâts une fois qu'ils sont là, il arrive à un point de rupture en fait.
- Speaker #2
Il touche ses limites, oui. Face à un risque qui devient permanent et qui s'aggrave, la simple compensation, ça ne suffit plus. Il faut un vrai changement de paradigme.
- Speaker #1
Ce qui semble être une impasse. Si augmenter les prix mène le système dans le mur, il reste quoi ? Les sources proposent une porte de Sarti j'espère.
- Speaker #2
Heureusement oui. La solution c'est de basculer. De la réaction à l'anticipation. Le mot clé c'est l'adaptation.
- Speaker #1
Et pour ça, l'outil principal, c'est la donnée.
- Speaker #2
C'est la donnée. L'idée, c'est de ne plus seulement soigner les conséquences, mais d'agir en amont pour qu'elles n'arrivent pas.
- Speaker #1
Et c'est là que ça devient fascinant. L'étude pointe un « research gap » , un manque de recherche en Europe sur ces liens très fins entre le climat local et la santé au travail.
- Speaker #2
Exactement. Il faut passer d'une vision macro, du genre « il fait chaud en été » , à une analyse micro, extrêmement granulaire. C'est-à-dire ? de parler de la chaleur en général, il faut se demander à quelle température précise, dans ce bâtiment-là, pour ce métier-là, sur ce site industriel spécifique, le risque devient-il inacceptable ?
- Speaker #1
Mais concrètement, comment on fait ça ? Ce croisement en données, ça a l'air un peu abstrait.
- Speaker #2
Prenons un exemple très concret. Imaginez un grand entrepôt de logistique près de Lyon.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
L'assureur pourrait construire un modèle qui croise des données qui, jusqu'ici, ne se parlaient pas. D'un côté, la météo ultra locale, température, humidité. De l'autre, les données RH et santé de l'entreprise, anonymisées bien sûr. Les pits d'arrêt maladie, les accidents du travail.
- Speaker #1
Et le but du jeu, c'est de trouver des corrélations, d'identifier des seuils climatiques critiques.
- Speaker #2
C'est tout à fait ça. Le modèle pourrait révéler que sur ce site, quand la température interne dépasse 34°C avec 70% d'humidité pendant plus de 3 heures, les accidents augmentent de 20% et l'absentéisme 5% dans les 48 heures. Et là, soudain... L'alerte n'est plus canicule en France.
- Speaker #1
C'est une information précise et sur laquelle on peut agir.
- Speaker #2
Voilà, actionnable.
- Speaker #1
Ça change tout. Mais je me fais l'avocat du diable là. C'est formidable en théorie. Mais est-ce que c'est réaliste ? Obtenir ces données, les croiser, ça paraît d'une complexité technique et juridique folle.
- Speaker #2
C'est une excellente question et c'est le principal défi. La complexité est réelle. Mais les technologies existent. L'anonymisation des données de santé s'est maîtrisée. Le vrai changement, il est culturel.
- Speaker #1
C'est-à-dire ?
- Speaker #2
Il faut que les entreprises et les assureurs voient ça comme un investissement stratégique, pas comme une contrainte. Le but, ce n'est pas d'espionner les salariés, c'est de comprendre les risques pour mieux protéger tout le monde.
- Speaker #1
On passe donc d'une logique de dédommagement qui est subie à une logique de prévention active qui est un investissement maîtrisé.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Et donc, une fois qu'on a identifié ce seuil critique de 34 degrés dans notre entrepôt,
- Speaker #2
C'est là que la prévention devient concrète. Le directeur du site, il est alerté en amont et il peut déclencher un plan off-site. Décaler les horaires des équipes pour éviter le pic de chaleur, augmenter les pauses, installer une meilleure ventilation.
- Speaker #1
Des actions ciblées en fait.
- Speaker #2
Ciblées et peu coûteuses par rapport au coût d'un accident grave ou d'un arrêt de production.
- Speaker #1
C'est un changement de philosophie total. Et c'est là que l'analyse débouche sur cette idée de solution gagnant-gagnant-gagnant.
- Speaker #2
Oui, le document parle d'une opportunité win-win-win. C'est la conclusion logique. On transforme un problème qui semble insoluble en une stratégie où tout le monde y trouve son compte.
- Speaker #1
Alors, décomposons ce triple gain. Le premier win, c'est pour les salariés, évidemment.
- Speaker #2
C'est la protection de leur santé, physique et mentale. C'est la mission première, la plus importante.
- Speaker #1
Le deuxième win, c'est pour l'entreprise.
- Speaker #2
Exactement. En protégeant ses salariés, l'entreprise préserve sa performance. Moins d'arrêts de travail, moins d'accidents. La prévention devient un levier de performance.
- Speaker #1
Pas juste un centre de coût ?
- Speaker #2
Non, un investissement. Et le troisième win, c'est pour l'assureur lui-même.
- Speaker #1
Qui boucle la boucle ? Oui,
- Speaker #2
en agissant à la source, on maîtrise la sinistralité. En maîtrisant la sinistralité, on maîtrise la hausse des dépenses. Et du coup, on assure la pérennité du modèle, sans actionner la fameuse spirale inflationniste.
- Speaker #1
Ce qui est fascinant, c'est que les intérêts de tout le monde se retrouvent alignés finalement.
- Speaker #2
Parfaitement alignés contre un adversaire commun, le risque climatique.
- Speaker #1
C'est donc une approche qui replace vraiment la prévention au cœur de la stratégie, non plus comme une obligation un peu lourde, mais comme le meilleur investissement possible ? L'analyse se concentre sur ce tandem entreprise-assureur pour piloter ça ?
- Speaker #2
Ce qui soulève une question plus large. Pour aller plus loin, si notre santé est si directement liée aux risques climatiques locaux, quelle est la part de responsabilité des autres acteurs ?
- Speaker #1
C'est-à-dire ?
- Speaker #2
On peut penser aux urbanistes qui conçoivent nos villes, aux autorités de santé publique… ou même au système éducatif. La collaboration à tous les niveaux devient la clé.
- Speaker #1
Merci de nous avoir suivis sur le podcast de Tardigradaï. A très bientôt pour un prochain épisode.
- Speaker #0
Merci pour votre écoute. Retrouvez-nous sur le site www.tardigrade-ai.com. A bientôt pour un prochain épisode.