Description
« Plaisanter sur la sexualité devant moi, ça me gêne. Ce n’est pas un sujet que j’ai envie d’aborder au travail. »
Dans ce 28e épisode du SAV des CSE, Alexis Maes reçoit Justine Dupuis, formatrice spécialisée dans la prévention des violences sexistes et sexuelles.
Comment réagir lorsqu’un salarié vient témoigner ? Comment accueillir sa parole sans l’interrompre ni la juger ? Et comment mettre en place une prévention concrète avant qu’une situation ne dégénère ?
📌 DANS CET ÉPISODE DU SAV DES CSE
Pour Justine, la prévention commence bien avant l’enquête.
Nommer les comportements qui posent problème : une remarque sexuelle, une blague sexiste, une situation qui met quelqu’un mal à l’aise ou un comportement que l’on finit par banaliser parce qu’il est devenu habituel.
Former et sensibiliser les équipes permet de remettre des mots sur ces situations.
Justine insiste aussi sur le rôle des témoins. Face à une remarque ou un comportement problématique, il est possible de dire que cela met mal à l’aise, de nommer ce qui vient de se passer ou simplement d’aider la personne à sortir de la situation.
💡 8 RÉFLEXES FACE À UN TÉMOIGNAGE
- Écoutez avec bienveillance.
Accordez toute votre attention à la personne, dans un lieu confidentiel. Évitez de faire autre chose en même temps, laissez-la parler et rassurez-la. - Notez les faits.
Transcrivez ce qui vous a été rapporté de façon factuelle, sans ajouter votre interprétation. - Identifiez le bon interlocuteur.
Selon l’organisation, il peut s’agir des RH, de la direction ou d’un autre interlocuteur prévu dans le protocole interne. - Utilisez les outils du CSE.
Lorsqu’une situation relève d’une atteinte aux droits des personnes, les élus disposent de moyens d’alerte qu’ils peuvent mobiliser selon les faits. - Recherchez les éléments utiles.
Dans le cadre d’une enquête, interrogez les personnes susceptibles d’avoir vu ou entendu quelque chose et cherchez les éléments permettant de comprendre la situation. - Laissez l’employeur décider des suites disciplinaires.
Le rôle de l’enquête est d’établir les faits. Les mesures prises ensuite relèvent de l’employeur, selon les conclusions et le contexte. - Cartographiez les ressources.
Médecine du travail, associations, référents, professionnels extérieurs : sachez vers qui orienter une personne selon ses besoins. - Sensibilisez les équipes.
Un dispositif d’alerte fonctionne mieux lorsque les salariés savent qu’il existe, comprennent son rôle et ne voient pas le signalement comme une faute.
🗣️ ÉCOUTER AVANT DE CHERCHER UNE SOLUTION
Justine rappelle qu’accueillir une parole ne signifie pas immédiatement enquêter ou qualifier juridiquement les faits.
La première étape consiste à écouter, reformuler si nécessaire, rassurer la personne et lui demander ce dont elle a besoin.
Elle recommande aussi de préparer en amont un protocole de signalement.
🎙️ L’INVITÉE
Justine Dupuis est formatrice spécialisée dans la prévention des violences sexistes et sexuelles.
Issue du métier d’infirmière et titulaire d’un master en éducation à la santé et prévention, elle accompagne aujourd’hui les entreprises dans la création de plans d’action, de protocoles de signalement et d’outils de prévention directement utilisables sur le terrain.
Vous pouvez la retrouver sur LinkedIn et sur justinedupuis.fr.
👉 LE SAV DES CSE
Dans votre entreprise, les salariés savent-ils réellement quoi faire s’ils sont victimes ou témoins d’une violence sexiste ou sexuelle ?
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